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COURTE ESQUISSE DU LIVRE D’ÉSAÏE

 

 

par J. N. Darby

 

Table des matières :

 

1     CHAPITRES 1 à 35

1.1      Chapitres 1 à 12

1.2      Chapitres 13 à 27

1.3      Chapitres 28 à 35

2     CHAPITRES 36-39

3     CHAPITRES 40-66

3.1      Chapitres 40 à 48

3.2      Chapitres 49 à 57

3.3      Chapitres 58 à 66

 

 

Il y a deux catégories de prophètes: les premiers, parmi lesquels se place Ésaïe, prophétisent lorsque Israël est encore reconnu de Dieu comme son peuple; les seconds quand il n’est plus reconnu. L’Assyrien est le grand ennemi mentionné dans la première catégorie, tandis que Babylone et les Bêtes occupent la seconde. (Voyez, par exemple, Daniel, Zacharie.) Dans cette seconde catégorie on ne trouve plus qu’Israël soit appelé le peuple de Dieu, sinon prophétiquement, quand il s’agit du millénium, mais, malgré cela, les prophètes continuent à être suscités pour ramener le peuple lorsqu’il s’est éloigné de l’Éternel.

Le livre d’Ésaïe se divise en deux grandes parties très distinctes l’une de l’autre, la première, 1-35, qui précède l’histoire d’Ézéchias (36-39), la seconde, 40-66, qui la suit. Ces deux parties diffèrent entièrement de caractère. Dans la première nous trouvons une histoire étendue des gentils, jugés prochainement par l’avènement de Nébucadnetsar, et, dans l’avenir, par un jugement beaucoup plus terrible; la seconde est une longue discussion avec Israël au sujet de ses péchés, avec l’affirmation que, malgré tout, la bonté de l’Éternel les recevra finalement.

Ces deux grandes divisions présentent chacune des subdivisions que nous allons indiquer à leur place.

1                    CHAPITRES 1 à 35

1.1   Chapitres 1 à 12

Les chapitres 1-4 sont une préface, dans laquelle l’Éternel reproche à Israël de l’avoir oublié, mais le chapitre 1 contient en même temps une promesse de délivrance; les rebelles et les pécheurs seront froissés tous ensemble, mais il y aura un Résidu.

Ch. 2. Dieu exaltera la maison de Jacob et Jérusalem aux derniers jours; les peuples y monteront; le jugement sera le moyen d’exécuter cette promesse. Le pays est rempli d’argent, d’or, d’idoles: Dieu jugera tout cela; il commencera par son propre peuple, preuve qu’il jugera les nations.

Ch. 3. entre dans le détail de toute la vanité, du luxe, des iniquités, qui amènent le jugement.

Ch. 4. introduit Christ et la bénédiction finale.

 

Ch. 5-6. Nous trouvons ici deux principes selon lesquels Dieu juge son peuple, principes aussi vrais pour les gentils et pour l’église extérieure, ou Chrétienté, que pour Israël, auquel ils s’appliquent directement.

Ch. 5. nous présente d’abord ce que Dieu avait établi lui-même (ce qu’il avait fait pour Israël, sa vigne).

Ch. 6. nous révèle un autre principe de jugement. Ce n’est plus: Est-on déchu de la première bénédiction? mais: Est-on prêt à rencontrer l’Éternel, le Seigneur? L’Éternel des armées se manifeste aux yeux d’Ésaïe, et le prophète dit: «Malheur à moi!» Ce Jéhovah était Christ lui-même. Un des séraphins purifie la bouche du prophète qui dit alors: «Me voici»; puis prononce le jugement sur Israël. Il est dit au Psaume 74 :9: «Il n’y a personne avec nous qui sache jusques à quand», personne pour compter sur la fidélité de Dieu envers son peuple. Le prophète dit ici: «Jusques à quand, Seigneur?» (v. 11). Il est la bouche de l’Éternel pour prononcer le jugement, mais il représente en même temps la foi qui compte sur Sa fidélité. Dieu lui répond en lui annonçant qu’il y aura un Résidu.

 

Ch. 7 à ch. 9 : 7. Au chapitre 7, il est question de la venue de Christ. Dans les jours d’Achaz, le roi de Syrie et le roi d’Israël, fils de Remalia, montent contre Jérusalem. Le peuple s’en émeut, et l’Éternel leur enseigne ce qui allait arriver. Il annonce l’Assyrien qui va tout détruire, aussi bien la Syrie, que les dix tribus. Ésaïe sort au-devant d’Achaz avec Shear-Jashub (un Résidu reviendra), encourage le peuple au sujet de la Syrie et d’Éphraïm, et, en même temps, ordonne à Achaz de demander un signe. Sur le refus de ce dernier, le prophète donne comme signe la vierge enfantant un fils. C’est la réponse de Dieu. La prophétie déclare que l’Assyrien viendra détruire Israël, mais elle annonce en même temps la présence du Christ, preuve positive qu’Israël sera restauré. Emmanuel (Dieu avec nous) sera là, tandis que l’Assyrien renversera tout dans le pays. Tel est le sujet du chap. 8. Une fois le Christ introduit, c’est lui-même qui est la ressource. Les versets 11-15 parlent de sa première venue. Le jugement vient sur Israël, mais l’Éternel sera pour sanctuaire, l’Éternel sera pour pierre d’achoppement. Alors (v.17-18) il ajoute: «Voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés», tandis que «l’Éternel ... cache sa face de la maison de Jacob». Il en est de même aujourd’hui (Hébr. 2). Ensuite la misère d’Israël nous est présentée, mais Christ reste toujours devant l’oeil de la foi. Ch. 9 :1-7. Le prophète prend pour point de départ le temps où le Christ sera présent dans le pays, pour arriver au temps de son retour. Il introduit la délivrance des derniers jours et encourage le Résidu. Ce dernier avait le Christ (v.1-2), mais il l’aura à la fin, rétablissant le peuple dans la jouissance de toutes les promesses.

Ch. 9 :8 à ch. 12. Le prophète revient aux circonstances d’Israël, à son orgueil qui résiste aux jugements de Dieu. Il mentionne de nouveau Retsin, comme au chap. 7, et reprend l’histoire générale de ce temps-là. Les jugements se succèdent, et, malgré tout cela, il ne fera point cesser sa colère, mais sa main sera encore étendue (v. 12, 17, 21; ch.10 v.4).

Ch. 10 : 5-34, va jusqu’au jugement du dernier jour. Il commence par un appel à l’Assyrien (Ha! l’Assyrie!). Celui-ci se vante de tout ce qu’il a fait, mais le Seigneur dit: «Encore très peu de temps, et l’indignation sera accomplie, et ma colère, dans leur destruction» (v. 25). Ce sera la fin de l’Assyrien, mais, pour le peuple, ce sera la délivrance (v. 27). La destruction de Sanchérib, et, au commencement de l’histoire du peuple, celle des Égyptiens, ont offert quelque chose d’analogue (*). Dans les derniers versets tout est consommé; l’Assyrien (littéralement Sanchérib) est détruit (v. 28-32).

(*) La consomption (28 :22) est une expression remarquable que l’on rencontre aussi en Daniel 9 :27 et en Soph. 1 :18 : ce mot signifie le dernier jugement de Dieu pour introduire le règne de Christ, le temps où la justice régnera.

Ch. 11 nous présente toutes les bénédictions qui découlent de l’exécution du jugement; c’est le bonheur d’Israël sous le règne de Christ.

Ch. 12. Israël chante la délivrance.

 

Ici se termine la première subdivision de notre prophète. Je la résume: Après les quatre premiers chapitres, Dieu parle de l’iniquité d’Israël, sa vigne (5). Israël sera dévasté, un petit Résidu sauvé (6). Puis Christ est introduit; l’Assyrien entre en scène; le peuple est rejeté; Christ revient en puissance et en jugement, jusqu’à ce que la destruction de l’Assyrien mette fin à l’indignation (7-10). Enfin la joie d’Israël est proclamée (11-12). — Jusqu’ici nous avons eu l’histoire d’Israël.

1.2   Chapitres 13 à 27

Cette section nous présente le jugement des gentils.

Ch. 13 à ch.14 v.27, charge de Babylone.

Ch. 14 v.28 à 32, charge de la Philistie.

Ch. 15 à ch. 16, jugement de Moab.

Ch. 17, jugement de Damas. Vers. 12-14, le jugement de l’assemblée de toutes les nations, à la fin, accompagne celui de Damas (et aussi d’Édom).

 

Ch. 18. Ce chapitre est très remarquable. Israël se trouve au milieu de toutes ces nations qui sont l’objet du jugement. Alors entre en scène le pays qui se trouve au-delà de l’Euphrate et du Nil (les fleuves de Cush), c’est-à-dire une nation qui habite plus loin que l’Égypte et l’Assyrie, ces deux contrées ennemies d’Israël. Cette nation ramène le peuple juif dans sa terre. Il a l’air de pousser des rejetons; il rentre, en apparence, en possession de la Palestine, mais tout à coup le jugement tombe sur lui; et ces Juifs, revenus chez eux, sont tous ensemble abandonnés aux gentils qui viennent les butiner. Après l’exécution de ce jugement, Israël devient le peuple de l’Éternel.

Ch. 19 à ch. 20, jugement de l’Égypte.

Ch. 21, un caractère spécial de Babylone, jugé.

Ch. 22, charge de Jérusalem (non pas du peuple juif), quand l’Antichrist en aura pris possession.

Ch. 23, charge de Tyr.

Ch. 24, la terre d’Israël est complètement bouleversée. Toutes les nations s’assemblent contre Jérusalem, et Dieu les juge là, mais alors la bénédiction est introduite. Il visite (v. 21) l’armée des démons, en haut, les rois, sur la terre, et (v. 23) nous présente la conséquence de ce jugement.

Ch. 25 célèbre, comme aux chap. 11-12, les effets du règne de Christ, mentionné au v. 23 du chapitre précédent. Nous trouvons ici la bénédiction des Juifs, des gentils, et la résurrection des saints (v. 6-8). Les nations sont dans la lumière; les saints ressuscitent; l’opprobre des Juifs est ôté.

Ch. 26, chant de délivrance.

Ch. 27, destruction de Satan.

1.3   Chapitres 28 à 35

L’Assyrien arrive depuis le nord.

Ch. 28, il traverse Éphraïm, le pays des dix tribus, puis ch. 29, Jérusalem (sous le nom d’Ariel), et (ch. 30 à ch. 31) châtie le peuple qui s’en est allé en Égypte. Dans chacun de ces cas, le Seigneur intervient.

Ch. 32, Dieu va établir une dispensation toute nouvelle sur la terre: le règne de Christ.

Ch. 33, l’Assyrien est frappé.

Ch. 34, l’indignation de l’Éternel est sur toutes les nations. Détails de ce jugement.

Ch. 35, la bénédiction d’Israël.

C’est ainsi que se termine la première partie d’Ésaïe.

 

2                    CHAPITRES 36-39

Histoire d’Ézéchias. Nous trouvons dans ces chapitres deux principes: la Résurrection et la délivrance des mains de l’Assyrien. C’est un Christ ressuscité qui effectue la délivrance.

 

3                    CHAPITRES 40-66

3.1   Chapitres 40 à 48

Controverse de Jéhovah avec les Juifs (après l’éloignement des dix tribus), à l’égard de leur idolâtrie, dont Babylone est la source.

Ch. 40, Il console son peuple, et la controverse se termine au 48 par ces mots: «Il n’y a pas de paix, dit l’Éternel, pour les méchants». Il y aura un Résidu (ch.48 v.20-21), mais s’il y a des méchants en Israël, ils seront punis comme les autres hommes. — Avant l’exécution du jugement sur l’idolâtrie, le Christ est introduit (Fin du ch. 44).

3.2   Chapitres 49 à 57

Controverse de Dieu avec les Juifs à l’égard du rejet de son Fils.

Ch. 49. L’Éternel a pris Israël comme sujet de son témoignage (v.1-3). «Et moi», dit Christ (v. 4), les Juifs n’ont point voulu de moi. Il prend la place d’Israël. Israël était celui en qui l’Éternel voulait se glorifier, mais il rejette le Christ; alors ce dernier le remplace et sera glorifié.

Ch. 50. Le divorce d’Israël, fruit de ce rejet du Christ. — Jéhovah était venu. Il n’avait pas cessé d’être l’Éternel, quand même il était devenu un pauvre homme humble, pour faire la volonté de Dieu.

Ch. 51. Il reprend ses voies envers Israël. La progression, dans ce chapitre, est bien remarquable. Au v. 1, nous trouvons ceux qui poursuivent la justice et qui cherchent l’Éternel. C’est le Résidu. Au v. 4, il y a progrès: Dieu les appelle de nouveau son peuple. Au v. 7, ils ne poursuivent plus la justice, mais ils la connaissent. Au v. 9, Israël dit: «Réveille-toi... bras de l’Éternel», confessant ainsi qu’il est au dernier degré de l’abaissement. Au v. 17, l’Éternel prend la cause d’Israël en mains: C’est toi, dit-il, toi Jérusalem, qui dois te réveiller.

Ch. 52. Un troisième «Réveille-toi». Nous avons ainsi, dans ces deux chapitres, le progrès d’un Résidu, tout petit à l’origine, jusqu’à la gloire millénaire de Sion. Au v. 13 de ce chapitre, nous trouvons le Christ. — Aux chap. 53 à 54, les Juifs reconnaissent qu’ils l’ont méprisé. C’est leur repentance, que nous, chrétiens, avons anticipée. Alors Christ jouira du travail de son âme et en sera rassasié.

Ch. 55 à ch. 57. Christ ayant été présenté dans son rejet et dans ses souffrances, nous trouvons ici un appel, adressé à tous (les nations comprises), à croire en lui. Cette sixième partie se termine par ces mots: «Il n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants».

3.3   Chapitres 58 à 66

Ch. 58 à 60. Bénédiction d’Israël aux derniers jours, accompagnée du jugement du mal au milieu de lui, mais avec la promesse d’une entière délivrance. — Aux chap. 59 et 60, nous trouvons le développement de la bénédiction terrestre. Quand il n’y a personne pour délivrer, lui se lève (ch. 59 v.17) en jugement, mais pour la bénédiction d’Israël.

Ch. 61 à ch. 63 v.6. Présentation complète et développée de Christ. Le chapitre 61 commence avec son humiliation, puis omet toute la période de l’Eglise, pour arriver à Sa venue en gloire à la fin. Ch. 62, Dieu se réjouit en bénissant Israël. Ch. 63 v.1-6, jugement spécial des méchants dans la terre d’Idumée. Ce jugement est la délivrance du peuple.

Ch. 63 v.7-64. Prière du prophète ou du Résidu, pour que le Seigneur intervienne de cette manière.

Ch. 65. Dieu répond en parlant de l’Évangile porté aux nations en suite du refus d’Israël de le recevoir. Le v. 13, distingue très nettement un Résidu qui reconnaît l’Éternel: ses serviteurs entrent dans la pleine bénédiction millénaire. Le mot «serviteur» est une clef pour la seconde partie d’Ésaïe: Israël a été établi pour être serviteur de Dieu; Christ remplace Israël sous ce titre; enfin le Résidu devient les «serviteurs».

Ch. 66 continue à parler du Résidu. C’est en vue de lui que le terrible jugement de la fin tombe sur les Juifs infidèles et sur toutes les nations idolâtres. Les fidèles d’entre les Juifs seront ramenés, tandis que les rebelles seront dans la géhenne en abomination perpétuelle.