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Christ — la force du croyant


Philippiens 4:10-20

 

Briem Christian

 

Gottes kostbare Gedanken p.129-137

 

1        «J’ai appris»

2        Prendre part à l’évangile

3        Nos besoins — Ses richesses

 

 

Les saints à PHILIPPES avaient envoyé, par l’intermédiaire de l’un d’entre eux, Épaphrodite, un don à l’apôtre Paul, qui était prisonnier à Rome et souffrait d’une grande privation. Nous ne savons pas en quoi elle consistait. En tout cas, l’apôtre arrive à en parler assez largement et d’une manière remarquable, mais seulement vers la fin de sa lettre aux Philippiens et en guise de conclusion, et il montre quels sentiments ce don avait suscités dans son cœur.

Nous voyons alors se dérouler devant nos yeux une image qu’on ne peut guère dépasser par la force morale, la beauté et le tact. Peut-elle avoir une influence sur notre propre vie ?

 

1        «J’ai appris»

Paul s’était «beaucoup réjoui dans le Seigneur» de ce qu’ils s’étaient souvenus de lui et ne l’avaient pas oublié (Phil. 4:10). C’est la dernière mention de la joie dans cette lettre de captivité si riche en joie. Lui qui invitait les autres à se réjouir en tout temps dans le Seigneur (4:4), était lui-même plein de joie, malgré le caractère éprouvant des circonstances pour lui.

Ce n’est pas à cause des privations qu’il parlait de cette chose, car il avait appris à être content dans les circonstances où il se trouvait (4:11). Il n’était pas arrivé à cet état en un instant. C’était plutôt le résultat d’une longue expérience du désert et d’une communion intime avec Dieu. Il avait appris à connaître Dieu d’une manière qui n’aurait pas été possible sans les épreuves. «J’ai appris» — c’est le langage d’un cœur qui est satisfait quant à Dieu et qui se réjouit de Lui au milieu du feu.

Parce qu’il avait appris, il savait aussi bien être abaissé qu’être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, il était instruit aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à souffrir des privations (4:12). Quelles expériences diverses et profondes sont ici visibles ! Les extrêmes de la vie humaine, les hauts et les bas d’une «traversée du désert» pénible — il était en communion avec Dieu à cet égard et prenait tout de Sa main. C’est ce qui le maintenait content et heureux.

Et puis cette phrase, la phrase clé du quatrième chapitre : «Je peux tout en Celui qui me fortifie» (4:13) ! Christ était le secret de sa victoire sur toutes les circonstances. «Non pas moi, mais Christ». C’est Lui qui lui avait dit : «Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité (ou : la faiblesse)». Il lui suffisait donc, au cours de toute la faiblesse qu’il avait à traverser, que la puissance de Christ demeure sur lui (2 Cor. 12:9).

Nous avons dans le v. 13 de Philippiens 4 comme le pendant de Jean 15 : «Séparés de moi», dit le Sauveur, «vous ne pouvez rien faire» (Jean 15:5). Sans Lui — rien ; avec Lui — tout. N’est-ce pas aussi valable pour nous ! Nous disons parfois : «Nous sommes de si pauvres êtres, nous ne pouvons rien faire». Cela peut paraître humble, mais c’est de l’incrédulité. Le Christ de Paul n’est-il pas aussi le nôtre ? N’est-il pas le même hier, aujourd’hui et éternellement (Héb. 13:8) ! Sa force demeure à notre disposition exactement comme elle l’était autrefois pour l’apôtre, si seulement nous marchons près de Lui et restons conscients de notre faiblesse. Il ne nous enverra jamais à un service sans nous donner la force de le faire. Ses missions nous confèrent en même temps la capacité de les accomplir. Si seulement nous pouvions nous aussi, en tout, mettre notre confiance en Lui et en Sa force ! Nous pourrions alors, avec notre Dieu, «franchir une muraille» (Ps. 18:29).

«Je peux tout en celui qui me fortifie». Quel triomphe et quelle différence avec la première lettre aux Thessaloniciens ! Là, nous avons comme événement final la venue du Seigneur — ici la lutte, les difficultés, les épreuves et la victoire sur celles-ci. Pourtant cela n’est-il pas tout à fait dans la ligne de cette épitre, le «livre de l’expérience chrétienne» ? Nous en aurons la confirmation lorsque nous arriverons au v. 19.

 

2        Prendre part à l’évangile

Ensuite, l’apôtre fait une éloge : «Mais vous avez bien fait de prendre part à mon affliction» (Phil. 4:14). Avec quel amour il fait allusion à leur don ! Il y voit une participation à son affliction, à sa condition de prisonnier à cause de l’Évangile. Non, il ne sous-estime pas l’amour et la sollicitude de ses frères croyants, bien que sa confiance soit dirigée vers Dieu. Dans un sens, il était indépendant de tous, car il dépendait de Dieu. Mais d’un autre côté, il se souvient que Dieu utilise des instruments, des serviteurs qui sont en communion avec Lui, pour accomplir Ses desseins. Et c’est ainsi que l’apôtre dit : «Vous avez bien fait». Cela nous rappelle la défense affectueuse du Seigneur envers la femme qui l’avait oint et à qui cela avait été reproché : «Elle a fait ce qui était en son pouvoir» (Marc 14:8). Peut-il y avoir une louange plus grande de la bouche du Maître ?

Paul se souvient lui-même et rappelle aux croyants de Philippes qu’ils l’ont soutenu matériellement dès le début de son ministère (Phil. 4:15,16). De toutes les assemblées, ce privilège n’avait été accordé qu’à eux, parce qu’ils étaient fidèles et dévoués, comme le montre déjà le début de l’épitre. L’apôtre n’oublie pas leur œuvre d’amour, comme il est également dit aux croyants hébreux : «Car Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour dont vous avez fait preuve pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore» (Héb. 6:10).

Mais il prévient un possible malentendu en ajoutant : «Non que je recherche un don, mais je recherche du fruit qui abonde pour votre compte» (Phil. 4:17). S’il parle avec éloge et gratitude, ce n’est pas pour susciter la disposition à faire d’autres dons. Il regarde plutôt leur don à la lumière du tribunal de Christ, il veille à ce que le fruit de leur amour soit autant que possible «mis à leur compte». Car un jour, le Seigneur, comme Il le dit Lui-même, «réglera les comptes avec ses serviteurs» (Matt. 25:19). N’aurons-nous pas, nous aussi, tout intérêt à entendre de sa bouche le «Bien, bon et fidèle esclave» ?

Paul lui-même se voit richement comblé, et est rempli d’actions de grâces : «J’ai reçu d’Épaphrodite ce qui m’a été envoyé de votre part, un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu» (Phil. 4:18). N’est-il pas étonnant que les mêmes expressions et les mêmes mots soient utilisés ici qu’en Éphésiens 5:2, pour désigner le sacrifice de Christ ? D’un côté, le sacrifice relativement petit des Philippiens, de l’autre, le sacrifice infini de Christ — peut-on les comparer ? Le Saint-Esprit le fait. Car l’un des sacrifices montait vers Dieu dans la bonne odeur de l’autre, le plus grand. Manifestement, leur libéralité leur avait coûté quelque chose selon l’allusion de 2 Corinthiens 8:2. Mais c’était l’amour de Christ qui les obligeait à agir ainsi. C’est pourquoi Dieu y prenait plaisir et voyait dans leur don l’offrande d’un parfum d’odeur agréable. Si nos dons et nos offrandes ne nous coûtent guère, ils n’ont que peu de valeur aux yeux de Dieu.

 

3        Nos besoins — Ses richesses

Il semble que l’apôtre voulait maintenant devenir lui-même le donateur à leur égard. Et du fait qu’il ne pouvait pas le faire par lui-même, il se réfugie en son Dieu chez qui il y a la puissance, et il dit : «Mais mon Dieu suppléera à tous vos besoins selon Ses richesses en gloire par le Christ Jésus» (Phil. 4:19). Paul ne peut rien rembourser aux Philippiens, mais le Dieu de Paul, Lui peut le faire, et Il le fera. Ce n’est pas un simple souhait, une prière, mais un fait et une assurance. Paul était en prison, mais il connaissait Dieu comme son Dieu. Il l’avait éprouvé dans les circonstances et les épreuves les plus diverses de sa course ; il avait fait mille fois l’expérience de Son amour, de Sa fidélité et de Son secours. Et c’est ainsi qu’il dit : «Mon Dieu». Ce Dieu — qu’il connaissait si bien, avec lequel il était intime — comblerait tous leurs besoins.

Au lieu de «besoin», on pourrait dire «détresse», «nécessité» ou «manque». Par deux fois, l’apôtre avait parlé de besoins dans son propre cas (Phil. 2:25 ; 4:16). Ils avaient été satisfaits en grâce par les dons des saints. Mais maintenant, il pense à leurs besoins, aux besoins des destinataires de sa lettre. Ce pouvait être des besoins physiques ou spirituels : Dieu suppléerait à tous, non seulement à ceux qu’ils connaissaient, mais aussi selon ce que Lui voit et connaît. Quelle vaste promesse ! Elle s’applique à Ses enfants en tout temps.

 

Mais remarquons le regroupement des mots ici : Nos besoins et Ses richesse sont mis en vis-à-vis ! Dieu ne donne pas en fonction de nos besoins, mais selon Ses richesses, c’est-à-dire selon ce que Lui est. Merveilleuse grâce ! Ses richesses comme sources d’aide pour nos besoins sont inépuisables.

Ces richesses, est-il ajouté, «en gloire par le Christ Jésus». Au ciel, nous n’aurons plus de besoins. Mais c’est justement selon cette mesure, selon Ses richesses en gloire, que Dieu comblera aujourd’hui tous nos besoins. Cependant, toutes les bénédictions de Dieu viennent sur nous «par le Christ Jésus» — c’est Christ en résurrection. C’est en Lui et par Lui, que nous entrons en possession pratique de ces choses. Non seulement Il nous a tout acquis par Sa mort, mais en tant que ressuscité et glorifié, Il est le moyen et le point de départ de toute bénédiction.

Notons donc les quatre points principaux de ce merveilleux verset, avec trois pronoms possessifs et une conjonction : «Mon Dieu» — «vos besoins» — «Ses richesses» — «par le Christ Jésus».

Très logiquement et de manière appropriée, l’apôtre termine le fil de sa pensée par une doxologie (louange donnant gloire) : «Or à notre Dieu et Père, soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen» (Phil. 4:20). Dans le verset précédent, il ne pouvait pas parler de «notre Dieu», car ses expériences avec Dieu pouvaient ne pas être celles de ses frères. Mais quand il s’agit de donner gloire à Dieu, il se joint à tous les saints et dit : «Or à notre Dieu et Père...». Nous nous joignons de tout cœur à la louange de Dieu