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La circoncision qui n’est pas faite de main — Colossiens 2:11

George Bell

 

Truth & Testimony 1994-11

 

 

 

1        [La circoncision à son origine]

2        Les lèvres circoncises

3        Un cœur circoncis

4        La circoncision pour le Seigneur

5        Oreilles circoncises

6        La circoncision qui met à part (séparation)

7        La circoncision du Seigneur Jésus

8        [Là où Israël a failli]

8.1      Les lèvres

8.2      Le cœur

8.3      La circoncision pour le Seigneur

8.4      L’oreille circoncise

8.5      La séparation

9        L’enseignement de la circoncision dans les épîtres

9.1      [Romains 2]

9.2      [Colossiens 2:11-12]

9.3      [Philippiens 3]

9.4      [Colossiens 3]

9.4.1        Des lèvres circoncises

9.4.2        Le cœur circoncis

9.4.3        Circoncis pour le Seigneur

9.4.4        Oreilles circoncises

9.4.5        La séparation

10     [Mauvais usage de la circoncision par les Galates]

11     [Caractéristiques essentielles de la «vraie circoncision]

 

 

 

1        [La circoncision à son origine]

La première mention de la circoncision dans la Bible se trouve en Genèse 17:10-14. Après un silence de treize ans, Dieu intervient et conclut une alliance avec Abram, alors que son serviteur est âgé de 99 ans. Treize ans auparavant, Abram avait écouté Saraï, sa femme, et avait tenté de produire une semence par le moyen d’Agar, la servante. Cette action aboutit à la naissance d’Ismaël, avec tous les désastres qui s’ensuivirent. Il s’agissait d’une descendance selon la chair, et non selon la promesse. Cet événement peut expliquer le silence de treize ans avant que Dieu intervienne dans Sa bonté, et qu’Il renouvelle Sa promesse sous la forme d’une alliance reposant sur une promesse de Sa part.

La foi d’Abram a été mise à l’épreuve à ce moment-là. Si sa patience avait cédé quand il avait 86 ans, qu’en était-il maintenant ? Il avait maintenant 99 ans. Toute l’affaire était devenue impossible en ce qui concerne l’homme et la chair. La puissance de Dieu devait intervenir pour que la promesse s’accomplisse. Cependant, notez combien de fois dans Genèse 17 il y a une affirmation de Dieu sur ce qu’Il fera. C’est l’affirmation d’une alliance inconditionnelle. Tout repose sur la volonté et le dessein immuables de Dieu.

Genèse 17:7 dit : «J’établirai mon alliance entre Moi et toi, et ta postérité après toi, en leurs générations, comme une alliance perpétuelle, afin que je sois ton Dieu, à toi et à ta postérité après toi». Il est dit que la circoncision sera «un signe de l’alliance entre Moi et vous» (17:11), et ce chapitre nous dit qui était impliqué dans le rite de la circoncision et quand il devait être accompli. Il est évident que la circoncision signifie que la chair doit être maintenue dans la place de la mort. La chair ne peut rien en rien contribuer à l’accomplissement de la volonté de Dieu. «Celui qui était âgé de huit jours» devait être circoncis, et le huitième jour est significatif d’un nouveau départ. Seule une nouvelle vie intérieure peut produire quelque chose d’agréable à Dieu.

La circoncision est donc devenue le signe d’une relation d’alliance entre l’Israélite et Dieu. Ce que l’on pourrait appeler une opération chirurgicale devait être pratiquée sur l’enfant mâle âgé de huit jours dans toutes les familles juives. Cette opération a commencé à être pratiquée avec beaucoup de diligence dans toute la nation, mais sa véritable signification a été rapidement perdue. Elle est devenue un simple rite extérieur sans guère de réalité intérieure. Son effet sur la manière de vivre était inexistant. Dieu n’a jamais eu l’intention qu’un rite extérieur soit observé sans réalité intérieure. Cela ne peut pas Lui être agréable.

 

2        Les lèvres circoncises

Exode 6 nous rapporte les paroles de l’Éternel à Moïse lorsqu’Il l’appela à parler au Pharaon : «L’Éternel parla à Moïse disant : Entre, et parle au Pharaon, roi d’Égypte, pour qu’il laisse aller les fils d’Israël de son pays» (Ex. 6:10-11). La réponse à cet appel est très révélatrice. Moïse recula devant ce commandement en disant : «Voici, je suis incirconcis de lèvres, et comment le Pharaon m’écoutera-t-il ?» (Ex. 6:30).

Il est évident que Moïse avait saisi la véritable signification de la circoncision. Il ne s’agit pas seulement d’un rite extérieur à observer, mais d’une réalité intérieure affectant l’usage des lèvres. Était-ce un sentiment d’indignité à parler au nom de Dieu qui fit reculer Moïse, ou était-ce la crainte de l’homme ? Il est difficile de le dire. Mais quoi qu’il en soit, le message essentiel pour nous est qu’il avait compris la véritable signification de la circoncision. Ce que Dieu demande, ce sont des lèvres circoncises, c’est-à-dire des lèvres qui parlent pour Lui en dehors de l’activité de la chair.

 

3        Un cœur circoncis

Dans le livre du Deutéronome, la circoncision est à deux reprises en rapport avec le cœur. Israël se révéla être un peuple rebelle et au cou raide. Après l’horrible péché d’adoration du veau de fonte en Horeb, nous lisons : «Seulement l’Éternel s’est attaché à tes pères pour les aimer ; et Il vous a choisi, vous leur postérité après eux, d’entre tous les peuples, comme il paraît aujourd’hui. Circoncisez donc votre cœur, et ne raidissez plus votre cou» (Deut. 10:15-16).

Le deuxième passage du Deutéronome est le suivant : «L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, pour que tu aimes l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives» (Deut. 30:6). Ce verset est tourné vers l’avenir. Il n’y a jamais vraiment eu de jour où la promesse de ce passage a été accomplie en ce qui concerne Israël. Les termes de la Nouvelle Alliance viennent ici à l’esprit : «Je mettrai ma loi au dedans d’eux, et je l’écrirai sur leur cœur» (Jérémie 31:33). En ce jour-là, Israël sera une nation née de nouveau, et un véritable amour pour Dieu sera produit. Il sera alors vrai qu’Israël aura un cœur circoncis.

 

4        La circoncision pour le Seigneur

Parmi les prophètes, Jérémie est celui qui a le plus à dire sur le sujet de la circoncision. Elle est mentionnée trois fois dans ce livre.

«Circoncisez-vous pour l’Éternel...» (Jérémie 4:4).

C’est peut-être la référence la plus importante, car c’est l’objectif qui est devant nous. La valeur réelle de tout ce que nous faisons apparaît lorsque nous le faisons pour le Seigneur. On peut-être avoir apporté le plus grand soin à l’accomplissement de l’acte de circoncision, mais l’a-t-on fait pour le Seigneur ? Cette question peut être posée à l’égard des nombreux domaines de service dont nous nous occupons. Nous devons nous interroger sur nos motivations. Est-ce vraiment fait pour Lui ?

 

5        Oreilles circoncises

Jérémie 6:10 nous donne la deuxième référence de ce livre : 

«Voici, leur oreille est incirconcise, et ils ne peuvent prêter attention ; voici, la parole de l’Éternel est pour eux un sujet d’opprobre, ils n’y trouvent point de plaisir».

Cette fois-ci, il s’agit de l’oreille — une question d’obéissance à la Parole de l’Éternel. Combien ces mots sont solennels : « ... ils n’y trouvent pas de plaisir». Il n’est guère utile de se soumettre à des ordonnances extérieures et d’avoir l’oreille fermée à Sa Parole. C’était le cas d’Israël.

Plus tôt dans le livre, Jérémie écrivait : «Juda n’est pas revenue à Moi de tout son cœur, mais avec mensonge, dit l’Éternel» (Jér. 3:10). Ces paroles furent écrites pendant le réveil sous le roi pieux Josias. Il semble que l’apparence extérieure était bonne, mais chez beaucoup, le cœur et la vie n’étaient pas touchés.

 

6        La circoncision qui met à part (séparation)

La troisième référence à la circoncision se trouve en Jérémie 9:26 :

«L’Égypte, Juda, Édom, les fils d’Ammon et Moab, ... car toutes ces nations sont incirconcises, et toute la maison d’Israël est incirconcise de cœur».

La nation d’Israël était appelée à sortir des nations environnantes pour être un témoin de Dieu contre l’idolâtrie des nations. Ils devaient être un peuple séparé. Le prophète Balaam, tout faux qu’il était, fut amené à dire la vérité en ce qui concerne Israël : « ... voici, le peuple habitera seul, et il ne sera pas compté parmi les nations» (Nombres 23:9). Remarquez qu’en Jérémie 9:26, Juda est placé entre l’Égypte et Edom. Aucune distinction n’est faite et il n’y a donc pas de séparation. Les nations étaient littéralement incirconcises. Israël, bien que s’étant soumis au rite extérieur, était également incirconcis dans son cœur.

 

Les passages de l’Ancien Testament concernant la circoncision montrent clairement que nos lèvres, nos cœurs et nos oreilles doivent être impactés. Nous devons être un peuple à part et tout doit être «pour le Seigneur». La soumission extérieure à l’ordonnance de la circoncision, sans la réalisation de sa vraie signification spirituelle, n’a pas d’effet sur la vie pratique.

 

7        La circoncision du Seigneur Jésus

En poursuivant le sujet de la circoncision dans le Nouveau Testament, le fait frappant de la circoncision du Seigneur Jésus attire notre attention. Dans l’Évangile de Luc, qui met en lumière Sa vie parfaite en tant qu’homme, nous sommes introduits dans une compagnie pieuse de Juifs très différente de la majorité de la nation. C’est parmi ce Résidu que les parents terrestres du Seigneur Jésus se trouvaient. Il faut cependant garder à l’esprit que, conçu par le Saint-Esprit, Sa naissance était tout à fait unique. Ce qui a été examiné jusqu’à présent au sujet de la circoncision se rapportait au jugement de Dieu sur la chair. Nous devons être prudents quand nos pensées se tournent vers Christ. Il n’y a rien en Lui qui corresponde à la nature de la chair ; tout était saint, parfait et irréprochable.

Ayant été élevé dans un foyer juif pieux, où la loi était respectée et aimée, l’enfant Jésus a été circoncis le huitième jour. Cela nous rappelle les paroles de l’apôtre Paul : « ... né de femme, né sous la loi» (Gal. 4:4). Quelle merveille de voir le Fils de Dieu s’abaisser, se trouver dans des circonstances obscures et se soumettre à la loi en tant qu’Israélite pieux. Il devait en être ainsi si la rédemption devait être pour les Juifs comme pour les Gentils.

On a souvent dit que le Seigneur Jésus a été durant toute Sa vie, ce que l’homme aurait dû être pour Dieu. Il est également vrai de dire qu’Il a été tout ce qu’un Israélite pieux aurait dû être.

 

8        [Là où Israël a failli]

Considérons à nouveau les cinq domaines dans lesquels Israël, en tant que nation, a lamentablement failli, en n’étant pas fidèle à sa circoncision : 

Les lèvres ; le cœur ; «Pour le Seigneur» ; les oreilles ; la séparation.

En Christ, il y avait une vraie réponse à Sa circoncision. Là où Israël, en tant que nation, avait failli, Lui a triomphé.

 

8.1       Les lèvres

On a beaucoup écrit sur les paroles du Seigneur. Le passage bien connu du Psaume 45 vient facilement à l’esprit : «Tu es plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres : c’est pourquoi Dieu T’a béni à toujours» (Ps. 45:2). Combien de fois avons-nous rapproché ce verset de Luc 4:22 : «Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de Sa bouche» ! De nombreux passages de l’Écriture pourraient être cités en référence à ce qu’Il a dit pendant qu’Il était sur terre. Ses lèvres, sa langue, sa voix et sa bouche sont mentionnées.

 

8.2       Le cœur

Le verset mentionné précédemment dans Deutéronome 30:6 montre que le cœur circoncis se rattache au fait d’aimer Dieu de tout son cœur. C’est ce que l’on a constaté avec bonheur en Christ. Il n’y a pas beaucoup de passages de l’Écriture qui font référence à Son amour pour le Père, mais nous en noterons deux, l’un dans l’Ancien Testament et l’autre dans le Nouveau. «Parce qu’Il a mis Son affection sur Moi, Je Le délivrerai ; Je Le mettrai en une haute retraite, parce qu’Il a connu Mon nom» (Ps. 91:14). Ces mots expriment l’appréciation du Père vis-à-vis de Son amour. «Mais afin que le monde connaisse que j’aime le Père, et selon que le Père m’a commandé, ainsi Je fais. Levez-vous, partons d’ici» (Jean 14:31). L’intimité entre le Père et le Fils, telle qu’elle apparaît dans ces versets, est merveilleuse. Cette communion qui était toujours présente avant la création des mondes, fut inchangée lorsqu’Il a été sur terre en tant qu’homme, et elle est la même aujourd’hui. Quelle expression il y avait en Lui de la vraie circoncision de cœur.

 

8.3       La circoncision pour le Seigneur

Cet aspect de la circoncision fait intervenir la question du but et de l’objectif. Pour le Seigneur Jésus, il s’agissait toujours de l’honneur de Son Père. L’évangile de Jean le montre de manière évidente. «Je fais toujours les choses qui Lui plaisent» (plaisent au Père — Jean 8:29). «Je ne cherche pas Ma volonté, mais la volonté du Père qui M’a envoyé» (Jean 5:30). «Celui qui cherche la gloire de Celui qui L’a envoyé, Celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en Lui» (Jean 7:18). «Je n’ai pas de démon, mais J’honore Mon Père, et vous, vous jetez du déshonneur sur Moi» (Jean 8:49). Le plaisir, la volonté, la gloire et l’honneur du Père, voilà ce qui était toujours Son objectif. Il avait un œil simple. Tout était «pour Dieu — pour l’Éternel, — pour le Seigneur».

 

8.4       L’oreille circoncise

L’Écriture fait référence à plusieurs reprises à l’oreille du Seigneur. «Au sacrifice et à l’offrande de gâteau, Tu n’as pas pris plaisir ; tu m’as creusé des oreilles ; tu n’as pas demandé d’holocauste ni de sacrifice pour le péché» (Psaume 40:6). Christ n’était pas dans une position de soumission avant Sa venue dans le monde, mais en devenant un homme, Il est devenu le Serviteur obéissant. Dans le prophète Ésaïe, qui donne les paroles du Serviteur de l’Éternel qui devait venir, le Seigneur dit : « ... Il réveille mon oreille pour que J’écoute, comme ceux qu’on enseigne» (Ésaïe 50:4). Il est frappant de penser au Seigneur Jésus comme à un disciple. Cette position est suggérée par le mot «qu’on enseigne». «Chaque matin» Son oreille était tournée vers Dieu pour recevoir des instructions. Jamais une parole n’a été prononcée ou un acte n’a été accompli en indépendance de Son Père.

 

8.5       La séparation

Il y avait une séparation évidente du monde chez Christ, mais pas de l’humanité dans le monde. Il était l’ami des publicains et des pécheurs. Mais Il se tenait à l’écart du système du monde dans son hypocrisie et son éloignement total de Dieu et de Sa justice. C’est ce qui a suscité la haine et l’antagonisme de l’homme. On pourrait également dire que le monde qu’Il a traversé n’était ni la source ni l’objectif de Sa vie. La parole du Père et ceux que le Père Lui avait donnés, voilà le centre d’intérêt qui L’absorbait. À deux reprises dans Sa prière de Jean 17, parlant à Son Père des Siens, il dit : «Ils ne sont pas du monde, comme Moi Je ne suis pas du monde» (Jean 17:14, 16).

 

9        L’enseignement de la circoncision dans les épîtres

Les épîtres nous éclairent davantage sur ce sujet. Les principaux passages sont tous de de l’apôtre Paul : Romains 2:28-29, Colossiens 2:11-12 et Philippiens 3:3.

 

9.1       [Romains 2]

Où que nous regardions, dans l’Ancien ou le Nouveau Testament, il est évident que Dieu recherche «la vérité dans l’homme intérieur». «Le Juif est celui qui l’est au dedans, et la circoncision est celle du cœur, en esprit et non pas dans la lettre, et la louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu» (Rom. 2:29).

 

9.2       [Colossiens 2:11-12]

Dans l’épître aux Colossiens, l’expression «circoncision qui n’a pas été faite de main» est intéressante. Ici, à la lumière du christianisme, nous nous détournons complètement de ce qui est physique et tangible pour nous tourner vers ce qui est spirituel. Dans ce v. 11 de Col. 2, la partie qu’il faut comprendre est «la circoncision du Christ». À quoi cela fait-il référence ? Dans la partie précédente de cet article, nous avons un petit peu parlé de la circoncision du Seigneur Jésus à l’âge de huit jours. L’expression de Colossiens 2:11 ne se réfèrent nullement à Luc 2:21. L’expression «circoncision du Christ» pourrait aussi être rendue par «retranchement de Christ» ; on retrouve cette expression dans des versets d’une prophétie de l’Ancien Testament qui nous sont familiers. «Car Il a été retranché de la terre des vivants, à cause de la transgression de mon peuple Lui a été frappé» (Ésaïe 53:8). «Après les 62 semaines, le Messie sera retranché, et n’aura rien» (Dan. 9:26). Si l’on considère ces deux textes, il apparaît clairement que les mots de Paul, «circoncision du Christ» visent la mort du Seigneur sur la croix — le lieu du jugement, où Il a été retranché.

Il faut lire le verset 11 de Col. 2 avec une grande attention. Je le cite intégralement : «en qui vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’a pas été faite de main, dans le dépouillement du corps de la chair par la circoncision du Christ». La croix de Christ n’est pas seulement le moyen par lequel notre culpabilité a été traitée et nos péchés pardonnés, mais c’est aussi le moyen par lequel la chair a été pleinement jugée. En nous référant à l’enseignement de la circoncision tel qu’il est présenté ici, n’oublions jamais ce qu’il Lui en a coûté pour qu’il en soit ainsi.

Il s’agit donc de la véritable circoncision, qui est reconnue au croyant dès le moment de la foi, lorsqu’il est uni à Christ là où Il se trouve maintenant. Cette circoncision a été décrite comme une circoncision de position, ce qui est vrai de tout chrétien.

Au v. 12 de Col. 2, l’apôtre parle du croyant «enseveli avec Lui» et «ressuscité avec Lui». Plus loin dans le chapitre, au v. 20, il est dit «mort avec Christ». Nous n’avons certes jamais été enterrés ni ressuscités concrètement, et nous ne sommes pas morts, mais Lui l’a été ! Ce qui est vrai de Christ est mis à notre compte. Ces choses ne seront jamais saisies par aucune capacité intellectuelle, mais seulement par la foi. La fin de Colossiens 2:12 dit : «par la foi en l’opération de Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts».

 

9.3       [Philippiens 3]

L’enseignement de circoncision de position se trouve également en Philippiens 3:3 : «Car nous sommes la circoncision, nous qui rendons culte par l’Esprit de Dieu, et qui nous glorifions dans le Christ Jésus, et qui n’avons pas confiance en la chair». D’après la suite de ce chapitre, il est évident que Paul a appris par expérience à ne pas avoir confiance en la chair. Il conclut que Christ seul est un gain.

 

9.4       [Colossiens 3]

En Colossiens 3, nous avons un aperçu clair de la circoncision pratique ; par exemple «mortifiez» (3:5), et «renoncez» (3:8). Ces mots rappellent Josué 5:2-3 : «Fais-toi des couteaux tranchants, et circoncis encore une fois les fils d’Israël». Après avoir traversé le Jourdain, cette nouvelle génération d’Israélites devait être circoncise et ceci dut être fait à Guilgal, en vue de la conquête de Canaan. Il est intéressant de noter qu’après chaque victoire remportée, il y avait un retour à Guilgal.

S’il est vrai que ces expressions, «mortifiez» et «renoncez (ou retranchez)», sont considérées comme des actions accomplies, il y a toujours un besoin d’exercice et de renouvellement. Cela met en lumière un aspect de la responsabilité chrétienne souvent oublié. La chair est toujours prête à relever sa tête hideuse et a besoin d’être tenue dans la mort. Les paroles du Seigneur dans les évangiles sont très claires : «Si ta main droite est une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi» (Matt. 5:30, etc.). Combien ces paroles paraissent sévères. Personne ne penserait que le Seigneur faisait référence à la main littéralement, mais Ses paroles illustrent le jugement de soi si souvent nécessaire dans nos vies. Il s’agit d’une circoncision pratique. Ici, en Colossiens 3:5, elle est clairement décrite : «Mortifiez donc vos membres qui sont sur la terre, la fornication, l’impureté, les passions viles, la mauvaise convoitise, la cupidité, qui est de l’idolâtrie».

En Colossiens, les croyants sont vus comme étant en possession d’une vie nouvelle. D’autres passages de l’Écriture nous assurent de la présence et de la puissance du Saint Esprit, qui nous rend capables de vivre pieusement. Cette «mortification» (ou « mise à mort») s’accompagne de l’exercice plus heureux de «revêtir» : «Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité, vous supportant les uns les autres» (Col. 3:12). C’est le caractère du Christ, vu en nous. Sa vie a été le sujet de notre méditation dans la première partie de cet article, et nous avons considéré Ses lèvres, Son cœur, comment dans Sa vie tout était «pour le Seigneur», Ses oreilles et Sa marche séparée lorsqu’Il était ici-bas. Ces caractéristiques doivent maintenant être vues en nous qui sommes la vraie circoncision. En parcourant ce ch. 3 de Colossiens, ces cinq caractéristiques sont mises en évidence :

 

9.4.1        Des lèvres circoncises

«Ne mentez pas les uns aux autres, ayant dépouillé le vieil homme avec ses actions» (Col. 3:9). «Vous enseignant et vous exhortant les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu au Seigneur dans un esprit de grâce» (Col. 3:16). Ces deux versets ont pour objet la communion.

Le mensonge et la tromperie sont des marques du vieil homme. Au v. 9, le chrétien s’est dépouillé du vieil homme et de ses actions, et c’est pourquoi l’honnêteté dans nos relations mutuelles contribue à la confiance fraternelle.

Le deuxième verset a trait à l’enseignement mutuel, dans un esprit de joie et d’action de grâces au Seigneur. Il ne s’agit pas d’enseignement public, mais plutôt d’heureux échanges où tous ont pour objectif de rendre un culte approprié à Celui qui est le grand Donateur de tout.

 

9.4.2        Le cœur circoncis

«Par-dessus tout cela, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection» (Col. 3:14). L’amour est le trait d’union entre tous. Après avoir examiné les belles caractéristiques de Christ aux v. 12 et 13 que nous avons à revêtir, l’auteur conclut que l’amour est au-dessus de tout. Le verset auquel il a été fait allusion précédemment dans Deut. 30:6 associait le cœur circoncis à l’amour de tout cœur envers Dieu. En ce qui nous concerne aujourd’hui, notre amour les uns envers les autres sera à la mesure de notre amour pour Dieu. La chair n’y a aucune part. Si l’amour lie, l’activité de la chair fait le contraire : elle apporte des difficultés, mais l’amour les supprime.

 

9.4.3        Circoncis pour le Seigneur

«Tout ce que vous faites, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes» (Col. 3:23). Ces paroles ont été écrites à ceux qui, à l’époque de Paul, étaient des esclaves (3:22). La vie d’un esclave à cette époque pouvait être difficile, et était fonction des dispositions du maître. Quoi qu’il en soit, ils étaient exhortés à travailler de bon cœur. Bien qu’ils aient un maître terrestre, ils devaient regarder en haut vers leur Maître céleste. C’est à Lui qu’ils devaient plaire. Une dignité remarquable était conférée à ces esclaves selon que Paul écrit : «car ... vous servez le Seigneur Christ» (3:24). Même si l’esclavage, tel qu’il existait à l’époque de Paul, n’existe plus, l’employé chrétien a toujours l’obligation de rendre ses services de cœur comme pour le Seigneur.

 

9.4.4        Oreilles circoncises

«Que la parole du Christ habite en vous richement en toute sagesse» (Col. 3:16). L’oreille doit être ouverte à la Parole ; de là naît l’obéissance. Quand la Parole habite le croyant, ce n’est pas un fardeau de lui obéir. Des mots similaires sont utilisés au sujet des jeunes gens en 1 Jean 2:14 : «Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, que la Parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le méchant». C’est par la Parole et en l’écoutant que nous sommes vainqueurs dans les conflits. Il s’agit ici d’une mission donnée, car le passage parallèle dans l’épître aux Éphésiens est «soyez remplis de l’Esprit» (Éph. 5:18). Cela implique également la puissance disponible pour vaincre. En citant à nouveau Jérémie 6:10, «leur oreille est incirconcise, et ils ne peuvent écouter». Dans notre passage en Colossiens, il est question de l’oreille circoncise et de l’obéissance qui en découle.

 

9.4.5        La séparation

«Parmi lesquels vous avez marché autrefois, lorsque vous viviez dans ces choses» (Col. 3:7). Ce verset est frappant, car il montre le changement net intervenu dans les vies des Colossiens croyants depuis leur conversion. Les caractéristiques décrites au v. 5 étaient leur mode de vie autrefois, mais elles étaient désormais révolues. Ceux qui les entouraient vivaient sans doute encore de cette manière, mais pour eux, il y avait une séparation ; ils vivaient différemment.

 

10 [Mauvais usage de la circoncision par les Galates]

En conclusion, dans l’épître de Paul aux Galates, nous apprenons que de faux docteurs tentaient de mettre les croyants des nations sous la loi, en disant qu’ils devaient être circoncis. Nous connaissons tous la véhémence avec laquelle l’apôtre a traité cette question. «Voici ce que je vous dis, moi Paul : si vous êtes circoncis, Christ ne vous profitera de rien. Car je déclare de nouveau à tout circoncis qu’il est tenu de mettre en pratique toute la loi» (Gal. 5:2-3). Le rite de la circoncision était devenu lié à la loi de Moïse et les Galates étaient en grand danger de se retrouver pris sous un joug de servitude. Ils avaient bien commencé, mais ils étaient entravés. La loi ne pouvait que les priver de leur liberté et détourner leur attention de la source de leur liberté, le Fils de Dieu, qui les aimait et s’était livré Lui-même pour eux.

 

11 [Caractéristiques essentielles de la «vraie circoncision]

L’apôtre utilise une expression très similaire deux fois dans les Galates et une fois dans 1 Corinthiens. Les conclusions tirées de ces Écritures sont les suivantes :

●         Galates 6:15 : «Ni la circoncision ni l’incirconcision ne sont rien, mais une nouvelle création» ;

●         1 Corinthiens 7:19 : «La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais l’observation des commandements de Dieu» (il va sans dire que, ici, les commandements ne sont pas ceux du Sinaï, mais représentent le mode de vie issu de la nouvelle nature) et,

●         Galates 5:6 : «Ni circoncision ni incirconcision n’ont de valeur, mais la foi qui opère par l’amour».

 

Ces trois affirmations éloquentes nous donnent les caractéristiques essentielles du chrétien, c’est-à-dire de la «vraie circoncision».