[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets ]

 

Le livre ouvert : à Nazareth et au ciel

Jour de la Grâce et Jour du Jugement

Luc 4:14-22 et Apocalypse 5:1 à 6:8

W. J. Hocking

Bible Treasury, N11 : Le livre ouvert à Nazareth et au ciel

 

1        [Des prophéties accomplies à l’ouverture de livres]

2        À Nazareth

2.1      La prophétie d’Ésaïe accomplie

2.2      Lecture de la prophétie Le concernant

2.3      Fermeture du livre

2.4      Les limites du Jour de Grâce

3        À qui peut-on faire confiance pour gouverner ?

4        Dans l’Apocalypse

4.1      La première venue de Christ pour l’Église

4.2      Le trône et l’arc-en-ciel

4.3      Le rouleau scellé

4.4      Le Lion de Juda

4.5      L’agneau qui a été immolé

4.6      Les multitudes qui adorent

4.7      L’Agneau ouvre les sceaux mais n’apparaît pas sur terre

5        L’Alpha et l’Oméga

 

 

 

1        [Des prophéties accomplies à l’ouverture de livres]

Si j’ai lu ces quelques passages, c’est parce qu’ils nous présentent notre Seigneur Jésus Christ sous deux aspects distincts faisant contraste. Dans l’évangile de Luc, nous Le voyons ouvrir le livre, en faire la lecture, et déclarer à Son auditoire l’accomplissement de la prophétie lue. Dans l’Apocalypse, nous Le voyons à nouveau s’avancer et ouvrir le livre, et les jugements de Dieu s’ensuivent. Dans les deux cas, il s’agit de la même Personne pleine de grâce, mais qui exerce deux fonctions totalement différentes.

Dans le premier cas, le Seigneur inaugure le jour de la grâce, dans le second, le jour du jugement. L’événement passé et l’événement futur sont tout aussi vrais l’un que l’autre, et tous deux font pareillement partie des voies de Dieu à l’égard des hommes ici-bas sur la terre.

Il faut se rappeler que c’est la même personne bénie et adorable qui met en œuvre à la fois les bénédictions actuelles de la grâce et les actions à venir de Dieu en juste jugement. Jésus le Sauveur, le Seigneur que nous connaissons et servons, est aussi l’agent désigné de la justice divine. Il est intéressant de voir que, dans ce que nous avons lu, ces deux grands sujets sont liés à l’ouverture de livres. Le livre implique que les affaires qui y sont écrites ont été réglées à l’avance. Les livres de Dieu traitent en grande partie de l’avenir et, à cet égard, ils diffèrent des livres humains. L’homme écrit le passé, l’histoire. Dieu seul peut écrire l’avenir, la prophétie. C’est donc le privilège des enfants de Dieu de connaître certains événements futurs, mais la manière dont les livres au sujet desquels nous venons de lire, sont introduits, nous montre qu’il n’y a qu’Un seul être capable de les interpréter correctement, et qu’Un seul être capable d’administrer les plans divins prévus dans le livre des desseins de Dieu.

La prophétie d’Ésaïe, écrite par ce prophète évangélique de Juda et de Jérusalem que nous aimons tous, bien que nous fassions partie des Gentils, est pleine de Christ en grâce et en gloire. Cependant, même sa prophétie a été scellée jusqu’à ce que le jour fixé arrive et que le Messie Lui-même apparaisse à Nazareth pour déclarer que l’Écriture était accomplie ce jour-là à leurs oreilles. «Le témoignage de Jésus est l’esprit de prophétie» (Apoc. 19:10). L’interprète doit être divin. Si les Écritures nous ont été données comme un don précieux de Dieu, nous avons néanmoins besoin de l’aide, de la puissance et de l’éclairage du Saint Esprit de Dieu pour les comprendre, et il ne refuse Son assistance à aucune âme diligente et dépendante.

 

2        À Nazareth

2.1       La prophétie d’Ésaïe accomplie

La circonstance où notre Seigneur parla dans cette synagogue de Galilée était très importante pour cette raison. Les communications de Dieu avaient cessé depuis longtemps. Depuis l’époque de Malachie, aucune voix prophétique n’était venue de Lui. Ce monde était pour ainsi dire laissé à lui-même, sans aucune communication venant d’en haut. Dieu s’est tu pendant quatre siècles et demi, ce qui est considérable. Revenez 500 ans en arrière dans notre propre histoire. Combien ce temps semble lointain, et quelle époque de ténèbres ! Il y a 500 ans, les gens n’avaient pas de bibles françaises à lire. Dans l’histoire des Juifs, une période de durée similaire s’est écoulée sans aucune voix venant du ciel. Toutes les prophéties concernant Israël étaient finalisées. Dieu n’avait plus rien à dire à Son peuple jusqu’à l’apparition de Jean le Baptiseur — la voix criant dans le désert et annonçant la venue du Messie.

C’est alors que le Béni apparut Lui-même, et Il se présenta devant les hommes de cette manière calme et sans ostentation qui est si caractéristique de Lui aux jours de Sa chair. Combien Sa mission était prodigieuse ! Il venait parler au nom de Dieu. Il venait se tenir dans ce monde comme le porte-parole de Dieu. Il venait faire cette annonce qui allait apporter la vie éternelle à des millions d’âmes précieuses. Il venait répandre l’amour de Dieu dans ce monde sombre et mauvais. Il allait chasser les ténèbres et délier les chaînes qui retiennent les hommes dans l’esclavage du péché. Or Il venait tranquillement dans le lieu obscur où Il avait grandi, à Nazareth. Il y avait vécu de nombreuses années, et y était connu comme le fils de Joseph le charpentier. Il entra dans la synagogue, selon Sa coutume, prit le livre des Écritures des mains du responsable de la synagogue et se leva pour lire.

Chers amis, n’omettons pas, en passant, de noter la leçon pratique. Car nous devons toujours chercher la leçon à recueillir lorsque nos bouches tentent de parler de la grâce et de la gloire du Seigneur. Jésus Christ. Ici nous remarquons Son attitude humble. Il nous faut apprendre à imiter cette humilité. La douceur est si importante lorsqu’un homme fait la volonté de Dieu, car lorsqu’il accomplit Son dessein, il n’a pas besoin de se montrer. Il suffisait à cette Personne Bénie d’être venu pour dire les paroles de Dieu, et c’est pourquoi Il se leva pour lire dans la synagogue de Nazareth. C’est ainsi que le livre fut ouvert par Lui, non pas à Jérusalem, mais dans la petite ville de Nazareth, d’où rien de bon ne pouvait venir, disait-on — un petit village au bord de la mer de Galilée, obscur à l’époque comme aujourd’hui.

 

2.2       Lecture de la prophétie Le concernant

Jésus se lève pour lire les prophéties évangéliques données par Dieu. Elles avaient été écrites 500 ans auparavant, et maintenant Il se levait pour lire ces prédictions qui Le concernaient. C’était bien une période merveilleuse dans l’histoire de ce monde. L’accomplissement de ce qu’Il allait lire devait apporter la vie et la bénédiction, la joie et la paix aux hommes partout dans le monde, et nous, ici ce soir, sommes des bénéficiaires des bénédictions qui ont commencé à être proclamées ce jour-là.

La manière du Seigneur pour faire l’annonce était simple. Pourtant, il y avait quelque chose en Lui qui Lui donnait de la puissance sur Son auditoire. Il avait parcouru la Galilée dans la puissance de l’Esprit, et c’est en tant que rempli de l’Esprit qu’Il se présentait devant eux, «plein de l’Esprit Saint». La Galilée et la Judée avaient déjà été témoins de Ses actes et avaient entendu Ses paroles sur la puissance de l’Esprit. Maintenant, dans la synagogue de Nazareth, rempli de ce même Esprit, Il ouvrit le livre du prophète Ésaïe et y lut les Écritures qui se rapportaient à Lui. L’accomplissement de la première phrase se voit dans le fait que l’Esprit du Seigneur était sur Lui.

Je pense qu’il y a quelque chose d’une profonde importance pratique à saisir dans cet événement. Considérons que l’Esprit de Dieu, la parole de Dieu et la Personne du Christ promis se rencontrent tous à la fois à ce moment précis.

Le Seigneur béni, debout devant l’auditoire, tenait dans Sa main la parole écrite, et Il était Lui-même rempli de l’Esprit de Dieu. Il est certain qu’aucune puissance dans ce monde ne peut résister à une telle coalition. La puissance de Satan ne peut jamais résister à la puissance de Christ et du Saint Esprit, et comme sa grande puissance était active pour le mal en ce jour-là, elle l’est encore aujourd’hui. Mais il y a la plus grande puissance de Dieu en salut qui amène les hommes de ce monde à la vie et à la bénédiction par la parole de l’évangile.

Ne négligeons pas les choses vitales qui subsistent dans l’église de Dieu. Il y a beaucoup de choses qu’on avait dans les premiers temps et que nous n’avons plus, mais nous avons les Écritures, nous avons le Saint Esprit, nous avons, béni soit Son nom, le Seigneur Jésus Christ. Heureux le chrétien qui, à Son service, se contente d’être porté par ces forces. Elles sont, si je puis dire en toute révérence, à la disposition de tout croyant sincère dans le Seigneur Jésus Christ. Si vous êtes soumis, l’Esprit de Dieu vous utilisera pour la gloire de Christ et pour la bénédiction de vos frères chrétiens. C’est le même Esprit qui remplissait Christ lorsqu’Il parlait à Nazareth ce jour-là.

 

2.3       Fermeture du livre

Le Seigneur lut l’Écriture et ferma le livre. J’aimerais que vous preniez le temps de lire la prophétie d’Ésaïe et que vous observiez la sagesse de notre Seigneur Jésus Christ qui ferma le livre au bon moment, tout comme Il l’avait ouvert au bon moment. Et si nous aimons voir comment Il ouvrit le livre et par quel beau passage Il commença, nous devons aussi aimer voir comment Il ferma le livre et ne lut pas les mots terribles qui suivent : «le jour de la vengeance de notre Dieu».

L’an agréable était arrivé, le temps de la délivrance et de la prédication de l’évangile aux pauvres ; les aveugles devaient recouvrer la vue ; mais le jour de la vengeance n’était pas encore arrivé. Jésus ferma le livre, et le jour de jugement n’était pas encore arrivé. Le jour de la grâce, le jour de la joie et de la paix commençait avec notre Seigneur Jésus Christ ici-bas dans l’humiliation. Car Il était un homme venu présenter l’amour de Dieu ; Il passait jour après jour, au dedans et au dehors des lieux résidentiels, et par Ses paroles d’amour et de puissance, par Ses œuvres de guérison et de miséricorde, Il montrait aux hommes l’amour de Dieu pour ce monde. Le Seigneur était la lumière qui brillait dans les ténèbres. Pouvez-vous concevoir un instant combien la condition de ce monde serait terrible si la révélation faite par Christ nous était soudainement retirée ?

Il y aurait alors un retour à l’époque précédant la lecture de ces Écritures par le Seigneur, quand tout était sombre et obscur. Midi deviendrait minuit. Maintenant, la lumière du plein salut brille, et nous savons que Dieu est plein d’amour pour les hommes sur terre et qu’Il se réjouit quand les hommes se repentent. Nous savons que, dans une grâce infinie, Il envoie les paroles de la vie éternelle à tous les hommes de la terre, les attirant ainsi à notre Seigneur Jésus Christ. Nous connaissons ces choses par le moyen du Nouveau Testament.

Or c’est ici, à Nazareth, qu’a commencé ce jour de grâce. Il a commencé à ce moment-là et s’est poursuivi depuis deux mille ans. Pensez à quelle portion considérable de l’histoire de l’humanité cela représente. Remontez vingt siècles en arrière avant Christ ; Abraham venait de quitter la Mésopotamie. Presque tous les événements relatés dans l’histoire de l’Ancien Testament se sont produits au cours de cette période ; quand on arrive au Nouveau Testament, on trouve le récit d’un espace de temps beaucoup plus court. Le nombre d’événements rapportés est relativement restreint et ils ne se sont produits que pendant une cinquantaine d’années. Les communications inspirées de Dieu ont alors cessé, mais depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, la puissance invisible de l’Esprit de Dieu a amené les hommes à Dieu et à Christ par Sa parole. Il y a eu une puissance, une grande puissance travaillant dans toutes les directions et conduisant les hommes dans la joie de l’évangile. Si seulement nous réalisions davantage la valeur du jour dans lequel nous vivons, la liberté spirituelle dont nous disposons, les choses précieuses qui nous sont révélées comme étant les nôtres par grâce !

 

2.4       Les limites du Jour de Grâce

Mais ce jour de grâce doit avoir une fin. Nous ne sommes pas dans l’éternité, nous ne sommes pas passés dans cette gloire majestueuse où il n’y aura pas de changement ; dans l’histoire de ce monde ici-bas, il y a un événement encore plus grand à accomplir. Aujourd’hui, la grâce règne. Dieu ne réprimande pas ouvertement le péché. Il y a les reproches silencieux de l’Esprit à travers la Parole, mais il n’y a pas d’événements providentiels frappants qui montrent le mécontentement spécifique de Dieu à l’égard des mauvaises voies des hommes. N’en a-t-Il pas déjà dit assez ? Sa parole n’est-elle pas suffisante ? Très certainement, chers amis. Dieu a dit tout ce qu’il fallait dire pour montrer aux hommes de ce monde quelle est Sa volonté et quels sont Ses sentiments à l’égard de leur conduite devant Lui. De plus, la même Parole déclare qu’il y aura un temps de jugement rétributif pour les hommes sur la terre. Le temps vient où le Juste Gouverneur de cet univers revendiquera Ses droits sur l’homme rebelle de manière éclatante.

Dieu a créé ce monde pour que les hommes y habitent. Il l’a peuplé d’êtres intelligents. Ceux-ci ont été placés dans une relation déterminée avec Lui, à l’inverse des bêtes qui périssent. Les hommes devaient gouverner le monde, faire la volonté de Dieu et être responsables devant Lui. Le jour vient où Dieu insistera pour que ces droits soient respectés, où Il introduira dans notre monde l’ordre, la justice et la paix, où ce monde et ses habitants évolueront tous ensemble dans un tout harmonieux et, pour ainsi dire dans une constitution unie, donnant leur gloire à Dieu là-haut. La terre présentera alors ce spectacle inhabituel dans son histoire, celui d’être en parfaite harmonie avec les cieux en haut. Un tel jour vient, Dieu l’a écrit dans Sa parole et Il le fera s’accomplir.

 

3        À qui peut-on faire confiance pour gouverner ?

Qui est compétent pour entreprendre de diriger et gouverner le monde de cette manière ? Les empires naissent et disparaissent. De grands souverains siègent sur un trône, mais leur règne est souvent peu glorieux et loin d’être efficace. Or il y a un Homme qui répond aux pensées et au dessein de Dieu quant à un gouvernement parfait. Il y a un Homme qui s’est distingué au-dessus de tous les autres sur la terre, un homme qui a entièrement prouvé Sa perfection. Il a été l’homme de douleurs et sachant ce que c’est que la langueur. Il a marché dans ce monde pour le bon plaisir de Dieu ; Il a souffert dans ce monde ; Il a goûté à toutes les épreuves que ce monde peut accumuler ; Il a souffert toutes les formes de souffrance que l’homme est susceptible d’endurer ; Lui-même, sur la croix, a porté nos péchés en son propre corps, et a ainsi goûté le plein jugement de Dieu contre des péchés qui n’étaient pas les Siens.

En assumant parfaitement des vicissitudes sans pareilles, cet Homme s’est acquis le droit de régner et de gouverner dans ce monde, et c’est pourquoi l’Homme qui a ouvert le livre dans la synagogue de Nazareth ouvrira aussi le livre dans le jour à venir.

L’Apocalypse est singulière, comme chacun sait, — singulière en ce sens qu’elle est pleine de ce qui était une parole étrange dans l’Ancien Testament, et plus étrange encore dans le Nouveau, à savoir le jugement de Dieu (És. 28:21). Ce jugement est varié dans sa forme, et est donné à connaître dans des visions. Dieu est un Dieu d’amour et de grâce infinis, et le jugement est Son dernier recours. L’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, est le livre qui dévoile les jugements à venir de Dieu sur ce monde qui est le nôtre. Il est analogue au livre de Daniel, qui a été écrit spécialement pour le peuple d’Israël et qui concerne les nations Gentiles. Jean a été chargé d’écrire ce qui se rapportait particulièrement aux églises et ce qui concernait les puissances politiques et religieuses de la terre. C’est pourquoi ce livre de l’Apocalypse nous intéresse. Quel est son intérêt, demanderez-vous ?

La principale raison pour laquelle ce livre devrait nous intéresser n’est pas de satisfaire une curiosité naturelle quant à l’avenir, mais c’est qu’il nous présente la gloire de Christ en tant que futur souverain de Dieu dans le monde. Si vous aimez le Seigneur, vous aimerez certainement penser qu’un jour viendra où Il aura Ses droits reconnus, et où Il sera Lui-même reconnu et adoré par tous les hommes. Ne souhaitez-vous pas que tous se prosternent à Ses pieds maintenant ? Je sais que oui, et le livre de l’Apocalypse montre comment, au temps de Dieu, tout sera soumis à Son autorité pacifique.

 

4        Dans l’Apocalypse

4.1       La première venue de Christ pour l’Église

Il est bon de noter que l’ouverture du livre aux sept sceaux et les visions qui suivent se réfèrent à ce qui se passera sur cette terre lorsque les membres du corps de Christ n’y seront plus. Les ch. 2 et 3 du livre de l’Apocalypse s’appliquent, comme il nous est dit clairement (Apoc. 1:19 ; 4:1), aux choses qui ont lieu pendant le temps présent, tant que l’assemblée de Dieu est sur la terre. Il y a sept églises en Asie auxquelles le Seigneur adresse Ses lettres. Et dans ces sept églises, on a une succession générale et un déclin jusqu’à la dernière, laquelle est si corrompue que le Seigneur la vomit de Sa bouche. Ce rejet n’est pas encore effectif. Son accomplissement est peut-être proche, mais il n’a pas encore eu lieu, et c’est pourquoi nous n’avons pas encore atteint les événements dépeints au ch. 4 et suivants.

Nous attendons la venue du Seigneur Jésus Christ, et le résultat de Sa venue sera l’enlèvement de tous ceux qui sont Siens. Ils seront emmenés dans une association céleste avec Lui dans la maison du Père, et vous les voyez au ch. 4 sous la figure des vingt-quatre anciens. Je dis cela en passant, afin que nous puissions comprendre où commence cette section où l’on voit l’Agneau en train de rompre les sceaux du livre ou rouleau de mystère.

L’accomplissement des visions commencera à se produire sur la terre après l’enlèvement de l’église de Christ. Mais je voudrais surtout attirer l’attention, non pas sur les événements prophétiques, mais sur le contraste frappant entre les circonstances de l’Apocalypse et celles de Luc.

 

4.2       Le trône et l’arc-en-ciel

En Luc 4, l’homme Christ Jésus enseigne dans la synagogue de Nazareth, sans gloire extérieure, sans aucun signe de dignité, de faste et d’excellence comme le monde en connaît. Mais dans les visions apocalyptiques, tout est totalement différent. L’apôtre Jean est enlevé du monde. Une porte s’ouvre et il est appelé à monter au ciel, et ce qu’il voit est de nature céleste. Il voit quelqu’Un sur le trône, et ce trône n’est pas le trône de grâce, car il y a des éclairs, des tonnerres et des voix qui tendent tous à maintenir les hommes à leur juste place, loin de ce trône. Un tel caractère n’est pas une invitation à s’approcher. Lorsque le Seigneur parlait à Nazareth, tous les hommes s’émerveillaient des paroles de grâce qui sortaient de Ses lèvres ; elles étaient douces et bienveillantes, elles étaient attrayantes et attiraient l’amour du cœur des hommes vers Celui qui parlait. Mais au ciel il y aura, comme il y avait au Sinaï, des tonnerres, des éclairs et de quoi terrifier, et Celui qui était sur le trône était glorieux quand on Le regardait, comme une pierre de jaspe et de sardius.

Jean a vu le trône du jugement, mais même là, il a vu le symbole de la promesse de Dieu à Son peuple d’autrefois, l’arc-en-ciel. Dieu n’a pas oublié Son ancienne promesse, et bien que nous ayons immédiatement connaissance de jugements dévastateurs sur la terre, Dieu tarde à exécuter pleinement ces jugements. Ils sont d’abord partiels, car l’arc-en-ciel est là, symbole de la miséricorde permanente de Dieu (Gen. 9:16).

 

4.3       Le rouleau scellé

Que vit ensuite le prophète ? Dans la main droite de Celui qui était assis sur le trône, il y avait un livre ou rouleau, scellé de sept sceaux, avec des inscriptions à l’intérieur et à l’extérieur. Il était plein d’une surabondance de malheurs et de lamentations. Pensez aux nombreux siècles remplis de péchés qui se sont écoulés depuis le jour d’Adam, à l’accumulation des jugements de Dieu, à l’aggravation de la culpabilité de l’homme au fil des siècles. Pensez-vous que l’homme se soit amélioré au cours de ce jour de grâce ? Le cœur de l’homme a-t-il changé ? Les hommes d’aujourd’hui ressemblent-ils davantage à Christ qu’à Son époque ? Y a-t-il moins d’effusions de sang, moins de meurtres, moins d’oppression aujourd’hui qu’il y a deux mille ans ? La réponse ne peut être que : « rien n’a changé ». La culpabilité de l’homme d’aujourd’hui est plus grande que jamais, et le cœur de l’homme est plus endurci. Rien ne peut purifier le cœur des hommes. Il leur faut naître de nouveau.

Dans la vision, Jean a vu ce livre aux sept sceaux, rempli des jugements de Dieu, retenus si longtemps par la longue patience de Dieu ; ce livre était dans la main de Celui qui était assis sur le trône du gouvernement du Créateur.

 

4.4       Le Lion de Juda

La question qui se pose maintenant dans les parvis célestes est la suivante : qui est compétent pour exécuter ces jugements différés ? Qui les lâchera sur cette terre coupable ? Il faut qu’il n’y ait aucune erreur, il ne faut pas les envoyer trop tôt sur la terre, il faut une sagesse infaillible dans l’exercice de cette fonction, et qui est compétent pour le faire ? Jean, en regardant et en écoutant, se rendit compte qu’il n’y avait personne de compétent pour entreprendre cette tâche effrayante de rompre les sceaux et de libérer les jugements dévastateurs de Dieu sur les hommes. Aucune créature dans le ciel, aucune sur la terre, aucune sous la terre, comme nous pouvons le comprendre, n’était capable d’assumer cette responsabilité. Jean pleura beaucoup, mais l’un des anciens vint lui dire : «Ne pleure pas ; voici que le Lion de la Tribu de Juda a vaincu pour ouvrir le livre». Lui, la racine de David, c’est Lui, Le seul à pouvoir le faire. Il est l’Unique parce que, étant le Fils de l’homme, le Père Lui a donné l’autorité d’exécuter le jugement. Le Père n’exécutera pas le jugement, mais «Il a remis tout jugement au Fils, afin que tous les hommes honorent le Fils comme ils honorent le Père» (Jean 5:22-23, 27).

 

4.5       L’agneau qui a été immolé

Ensuite, Jean a cherché à voir le Lion. Il s’attendait à voir un être puissant, majestueux et dominateur, mais lorsqu’il a regardé, il a vu l’Agneau. Je pense qu’il s’agit là d’un aspect magnifique de l’image céleste. Tout pouvoir est donné à Celui qui est entièrement doux et humble. Personne n’est descendu aussi bas que notre Seigneur Jésus et, par conséquent, personne n’était digne d’être exalté comme Il l’a été. Il a glorifié Dieu jusque dans les parties inférieures de la terre, et Il est Celui qui peut glorifier Dieu, et qui le fera, dans les parties les plus élevées. De même, si nous Le glorifions à l’heure de l’épreuve, nous Le glorifierons au jour qui est encore à venir (2 Thess. 1:10).

Nous nous souvenons de la soumission du Seigneur lorsque les rois de la terre se sont levés avec leur puissance de persécution, et que les chefs se sont rassemblés contre l’Agneau. Il était alors comme une brebis muette devant les tondeurs. Tous étaient contre Lui ce jour-là. Ils Le frappaient, ils crachaient contre Lui. Mais Il fit la volonté de Celui qui L’avait envoyé, Il n’ouvrit pas la bouche. Y a-t-il jamais eu une douceur comme la Sienne ?

Le prophète voit le Seigneur dans le ciel comme un Agneau, et il Le voit comme un agneau immolé. C’est à Sa mort qu’Il est descendu le plus bas, et cette profonde humiliation est enregistrée dans le ciel, car le temps est proche où Sa gloire sera manifestée. C’est donc comme un Agneau immolé qu’Il est vu dans le ciel. C’est le même Jésus, à Nazareth, au Calvaire, au ciel — Jésus Christ, le même hier, aujourd’hui et éternellement.

Nous aimons certainement lire ces paroles. Nous aimons penser à l’Agneau de Dieu dans le ciel comme au Lion de la Tribu de Juda, à la Racine de David, au ciel tout entier Le proclamant digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux. Vous et moi savons que s’Il entreprend de l’ouvrir, il n’y aura pas d’erreur ; Il le fera bien.

Nous nous interrogeons parfois sur le mystère des jugements de Dieu. Il y a des gens que nous aimons et qui sont déjà sous le coup du jugement (Jean 3:18). Nos cœurs pleurent pour eux et nous prions pour eux afin qu’ils puissent sortir de la sphère du jugement pour entrer dans la grâce et la miséricorde de Dieu. Mais nous ne pouvons que prier pour eux, et laisser le résultat à Celui qui a été immolé.

 

4.6       Les multitudes qui adorent

L’Agneau est Celui qui a pris le livre de la main droite de Celui qui était assis sur le trône, et il est bon de noter l’effet de cet acte dans le ciel. Il s’agit forcément de quelque chose d’important pour émouvoir les multitudes célestes. Ici, sur terre, nous sommes peut-être émus par de très petits événements, mais au ciel, dans le lieu de gloire où tout est parfait, il faut que ce soit quelque chose d’immense pour susciter l’intérêt de tous. Lorsque l’Agneau a pris le livre, tout le ciel s’est mis à adorer. Pensez à ce spectacle de voir les millions d’âmes rachetées, ceux qui ont goûté à Sa grâce, qui ont marché, travaillé et L’ont attendu dans ce monde, et qui sont maintenant introduits dans la plénitude de Son amour en haut. Lorsqu’ils voient Celui qui les a aimés et est mort pour eux ainsi honoré, ils ne peuvent que Le louer et L’adorer. Ils sont si heureux qu’Il soit arrivé auprès des Siens. Ils sont si heureux qu’Il occupe la première place dans le ciel, et que personne d’autre ne soit jugé digne d’entreprendre cette tâche.

L’esprit d’adoration fait toujours grand cas de Christ, et a le cœur plein de Christ. Depuis le ciel, Dieu se réjouit de voir des hommes et des femmes tellement épris de Christ qu’ils se sentent obligés de L’adorer, et quelle meilleure activité que celle-là ? C’est l’anticipation de ce qui sera notre principale occupation au ciel. Les anciens, les anges et toute la création s’unissaient pour adorer l’Agneau.

Les quatre êtres vivants dirent : Amen. Et les anciens se prosternèrent et adorèrent. Tous se joignent à la louange et à l’adoration pour dire que le jour est sur le point de venir où l’Agneau brisera l’oppression et redressera tout ce qui est tordu dans ce monde.

Près de vingt siècles se sont écoulés depuis la croix, depuis la mort de Jésus, depuis que ce grand sacrifice a été offert. Des myriades de personnes ont été lavées dans le sang précieux de Jésus Christ, le Fils de Dieu, et sont entrées en possession des privilèges de la grâce. Pourtant, le péché n’a pas disparu de ce monde ; la mort est toujours là ; la douleur abonde. Et ces tristes faits ne sont-ils rien pour Celui qui est mort ? Ils sont certainement toujours devant l’Agneau de Dieu «qui ôte le péché du monde». Nous connaissons la tendresse de Son cœur, car Il dit encore : «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et je vous donnerai du repos». Il délivre du péché par Son œuvre de rédemption et Sa parole de pardon.

 

4.7       L’Agneau ouvre les sceaux mais n’apparaît pas sur terre

Or l’Agneau qui ôte le péché par le sacrifice de Lui-même ôtera aussi le péché par la puissance de Sa force irrésistible. L’heure est peut-être proche où l’Agneau ouvrira les sceaux et où les jugements se succéderont pour se déverser sur la terre comme les plaies sur l’Égypte coupable. Il s’agit de jugements providentiels, de famines, de guerres, de pestes et de mort. Ils s’abattent sur ce monde au fur et à mesure que les sceaux s’ouvrent, mais il est à noter que ces jugements ne sont pas exercés par l’Agneau en personne. Il ouvre les sceaux et les jugements suivent. Ils sont clairement le résultat de la rupture des sceaux par l’Agneau, mais Lui-même ne sort pas du ciel pour les exécuter.

Il faut attendre le ch. 19 de ce livre pour Le voir apparaître dans le ciel ouvert, avec une épée aiguë à deux tranchants sortant de Sa bouche ; Il vient alors en personne pour réprimer l’injustice dans ce monde. Mais à l’ouverture des sceaux, des jugements sont seulement infligés à la terre sur Son ordre. Ce sont des types du jugement de plus grande envergure qui suivra. Mais dans les limites des malheurs de la période des sceaux, nous voyons une marque de la miséricorde persistante de notre Seigneur envers ce monde, qui ne veut pas qu’aucun périsse.

Pendant ces jours sombres et nuageux, des messagers de «l’évangile du Royaume» voyageront auprès et au loin, appelant les hommes à se repentir rapidement. Mais le cœur des hommes, en ce jour-là, sera encore impénitent. Ils refuseront toujours de confesser leurs péchés, bien que la miséricorde de Dieu soit placée devant eux dans une imploration pleine d’amour.

 

5        L’Alpha et l’Oméga

Le caractère immuable de l’Agneau est ce que je veux souligner tout particulièrement en terminant. Il n’y aura pas de changement en Christ Lui-même, bien que Sa fonction puisse être différente. Il est toujours la même personne bénie, soit qu’Il témoigne de la grâce à Nazareth soit qu’Il s’occupe de jugement dans les cieux. Dans tout ce qu’Il entreprend, Il ne peut se changer Lui-même. Nous connaissons l’Agneau, nous L’aimons et nous attendons Sa venue du ciel. Beaucoup de choses nous causent de l’inquiétude ici-bas, particulièrement dans une crise comme celle que nous vivons actuellement, mais il y a toujours quelqu’Un vers qui nous pouvons nous tourner avec confiance. Nous pouvons être peu instruits dans les détails de la prophétie, mais le chrétien n’est pas nécessairement tenu à la connaissance des détails de la prophétie pour avoir la paix de son cœur.

La seule chose sur laquelle il fonde sa paix et sa joie, est que, soit en grâce soit en jugement, la Personne entre les mains de laquelle l’affaire est placée est Celui dont les mains ont été percées. C’est pourquoi nous avons toute confiance en Lui. Cela s’applique aussi bien aux questions nationales qu’aux questions personnelles. Toutes nos affaires sont entre les mains du Seigneur Jésus Christ, et c’est l’essentiel du message que je vous adresse ce soir. Le Seigneur Jésus Christ est notre Seigneur, Il est notre Sauveur, Il est celui en qui nous avons placé notre confiance et Il est celui en qui nous devons continuellement placer notre confiance.

Le Seigneur a préparé notre chemin. À la croix du Calvaire, Il a porté le fardeau de nos péchés dans Son corps. Il façonne maintenant les affaires quotidiennes de notre vie en vue de l’accomplissement de Son propre dessein de grâce, et c’est en Lui que réside notre avenir. Notre avenir est avec lui, et nous attendons Sa venue pour réaliser cette espérance. Sa venue signifie que nous serons alors là où Lui est, et une fois avec Lui, nous ne Le quitterons plus jamais, car «nous serons pour toujours avec le Seigneur».