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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)

 

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 

«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17

 

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

 

Sommaire

 

40.          Luc 14:26 ; Marc 10:29, 30 ; Éphés. 6:1-4 ; Col. 3:20. Faut-il vraiment haïr son père, sa mère, sa propre vie ?

81.          Éphés. 1:4 ; Col. 1:22, 1 Jean 4:17. Comment ces passages s’appliquent-ils à nous ?

82.          Éphés. 4:8. Signification et comparaison avec 1 Pier. 3:19-21

83.          Éphés. 6. Le peuple d’Israël avant et après le Jourdain

84.          Éphés. 6:10-20. Quel est ce combat ?

85.          Éphés. 6:14, 16. La cuirasse de la justice, le bouclier de la foi

 

40.       Comment faut-il comprendre le passage : «Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses soeurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple» (Luc 14:26), et les passages parallèles dans Matthieu et dans Marc ? Doit-on voir quelque modification de ces paroles dans les directions apostoliques à l’adresse des parents et des enfants (Éphésiens 6:1-4 ; Colossiens 3:20) ?

A — Les Écritures étant toutes inspirées de Dieu (2 Timothée 3:16), il n’y a en elles aucune contradiction. Nous ne devons pas voir non plus dans les passages indiqués des épîtres de Paul, une modification de ce que le Seigneur dit dans les évangiles. Si l’on examine les chapitres 19 de Matthieu, 10 de Marc, on voit que les relations entre mari et femme sont clairement établies par le Seigneur, avant que la question de Pierre l’amène à faire ressortir le privilège de consentir à des sacrifices «pour son nom». De même il insiste sur la bénédiction préparée pour les enfants, montrant combien son coeur était tourné vers eux, et avertissant chacun de ne rien faire qui pût les empêcher de venir à lui. Dans l’évangile de Matthieu surtout, on découvre la large place qu’ont les enfants dans les pensées du Père ; ils sont au bénéfice de l’oeuvre du Fils qui est venu accomplir la volonté du Père en sauvant ce qui était perdu (chapitre 18:1-14). Il ne s’agit nullement d’être indifférent quant aux enfants ou de négliger de les élever dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur, bien au contraire. Et les enfants sont tenus d’obéir à leurs parents : leur obéir en toutes choses est «agréable dans le Seigneur».

Il faut donc chercher ailleurs l’explication des passages en question. Le Seigneur venait de montrer l’influence qu’ont les richesses sur le coeur de l’homme et il veut que rien ne nous empêche de le suivre. Le coeur ne fait pas tout naturellement l’abandon des choses qu’il aime. Il faut pour cela l’intervention divine ; ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Dans sa bonté il ne nous laisse pas à nous-mêmes. Des cieux il a considéré la terre (Psaume 102:19), et il a envoyé son Fils bien-aimé pour nous sauver. De plus, il nous attire à Christ (Jean 6:44). En même temps, le Seigneur nous avertit des obstacles qui s’opposent à la marche de la foi, des barrières élevées soit par notre propre coeur, soit par l’Ennemi de nos âmes, et il veut que nous pesions ces choses dans sa présence dès le début de notre carrière chrétienne. En Matthieu, le motif que le Seigneur place devant nous est «son nom». Dans l’évangile de Marc, le sujet est un peu développé du côté du service de la Parole, en ce que «l’évangile» y a sa place, aussi bien que sa personne. Le Seigneur déclare : «En vérité, je vous dis : il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou soeurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant, maisons, et frères, et soeurs, et mères, et enfants, et champs, avec des persécutions, et dans le siècle qui vient, la vie éternelle» (Marc 10:29, 30). On comprend qu’il ne s’agit pas de se soustraire à sa responsabilité, mais bien de faire des sacrifices, de faire comme pendant les temps de persécution. On entre alors pleinement dans le sens de cette écriture pour y puiser la force et la consolation dont on a besoin. Le principe moral demeure et a son application pour tous les temps, et l’âme pieuse qui suit le Seigneur dans un monde qui l’a rejeté, éprouve la réalité de ses paroles, et peut ajouter son témoignage à celui de tant d’autres à la gloire de Christ. Ce que l’on perd ici-bas, on le retrouve d’une manière plus excellente en communion avec un Christ souffrant et rejeté, et la récompense sera infiniment augmentée dans la gloire de son règne.

Luc, comme toujours, insiste sur le principe au point de vue de la conscience, dans des termes incisifs. Il ajoute : «Et même aussi sa propre vie» (Luc 14:26), faisant ainsi ressortir qu’il ne faut rien permettre au coeur qui l’empêcherait de suivre le Seigneur. Il faut porter la croix, en suivant Christ, si l’on veut être son disciple.

B — Il est évident que l’on ne doit nullement chercher à diminuer la force de ces paroles du Seigneur. Ce n’est que dans l’évangile de Luc que nous trouvons le mot «haïr» introduit en rapport avec les relations naturelles ; Luc va plus loin que les autres évangélistes en montrant comment Dieu met fin à tout ce qui tient au «vieil homme». Il s’agit de le dépouiller, car il se corrompt selon les convoitises trompeuses (Éphésiens 4:22). Il faut un renoncement complet : la vérité qui est en Jésus suppose un changement radical, un renouvellement de l’esprit de notre entendement. Les vieilles choses passent, toutes choses deviennent nouvelles. Ce qui retenait le coeur et dominait les affections doit être soumis à une puissance supérieure où tout se règle selon Dieu et selon son amour parfait. Pour opérer ce changement en nous, il faut nécessairement que Dieu intervienne. Nous sommes par nature ténèbres ; et les ténèbres ne peuvent produire la lumière. Mais le chrétien est «lumière dans le Seigneur» (Éphésiens 5:8). Chez le vieil homme, le «moi» domine et règle tout ; chez le nouvel homme, le «moi» est mis de côté et remplacé par Christ (voyez Galates 2:20, 21). Or, nous avons beaucoup de peine à saisir la nécessité absolue pour nous de ce changement moral. Les foules croyaient qu’elles pouvaient suivre Jésus, jouissant de tous les bienfaits dont sa grâce les comblait sans que leur coeur fût changé. Voilà pourquoi le Seigneur montre toute la gravité de ce qu’elles avaient si légèrement entrepris. Il est facile de dire : «Seigneur, je te suivrai» ; mais plusieurs se retirent dès qu’ils commencent à s’apercevoir des difficultés de la course (Jean 6:66) ; ou bien on veut poser des conditions ; et lorsque Jésus dit : «suis-moi», on trouve des difficultés imprévues dans le chemin (Luc 9:57-62). L’homme croit qu’il peut se rendre agréable à Dieu et s’approcher de Lui : c’était la pensée de Caïn, qui apporta à Dieu les fruits de la terre maudite. Le Seigneur nous fait voir que le coeur est entièrement mauvais, en sorte qu’il faut haïr même sa propre vie : «Quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il a, ne peut être mon disciple» (14:33). Il n’est pas question ici de remplacer une affection et une responsabilité par une autre qui est plus forte, comme dans le cas du mariage (Matthieu 19:5). Il s’agit d’entrer dans une sphère nouvelle où tout est de Dieu et non pas de l’homme. On aime alors non pas pour la satisfaction personnelle qu’on tire de l’affection, mais selon la révélation que Dieu a faite de lui-même en Christ, puisant à la source intarissable de l’amour parfait dans la lumière de sa présence, et trouvant un objet divin et éternel pour le coeur dans la personne du Sauveur. Le Saint Esprit est le mobile de cet amour dans le coeur : toutes les relations naturelles se trouvent introduites dans cette sphère divine, car elles sont établies de Dieu ; mais elles sont assises sur une base nouvelle : le coeur y entre selon Dieu et ses pensées, et non pas d’une manière volontaire et charnelle.

Pour réaliser tout cela, il faut avant tout la nouvelle naissance ; puis, il faut être délivré de soi-même, afin de servir Dieu en nouveauté d’esprit (Romains 7:6) ; il faut ensuite de la vigilance afin de rester dans la dépendance de Dieu et résister aux séductions de l’adversaire : nous avons à revêtir l’armure complète de Dieu, à nous servir de l’épée de l’Esprit, à prier sans cesse. Dans l’évangile de Luc, il est précisé que l’on doit prendre sa croix chaque jour (9:23).

 

81.       De quelle manière et jusqu’à quel point s’appliquent à nous actuellement les trois passages : Éphésiens 1:4 ; Colossiens 1:22 ; 1 Jean 4:17 ?

Le point de départ de l’enseignement, dans l’épître aux Éphésiens, est Dieu, ses pensées et ses conseils. «La bénédiction», comme on l’a dit, «tire son origine de Dieu lui-même : Dieu en est la source et l’auteur ; son propre coeur, si nous pouvons nous exprimer ainsi, sa pensée à lui, en sont l’origine et la dimension. C’est pourquoi nous avons en Christ seul quelque mesure de ce qui ne se mesure pas ; car Christ fait d’une manière complète les délices de Dieu ; le coeur de Dieu se déploie parfaitement et l’amour infini de Dieu s’exerce dans sa plénitude à son égard. La bénédiction donc est de Dieu, mais, en outre, elle est avec lui-même et devant lui, afin que Dieu satisfasse à son propre amour. Lui nous a choisis, lui nous a prédestinés, lui nous a bénis, mais dans le but de nous avoir devant lui, adoptés pour être ses enfants».

Dans l’épître aux Colossiens, le point de vue est un peu différent. L’homme qui vit dans le mal, sous le pouvoir des ténèbres, ennemi de Dieu quant à l’entendement, est envisagé comme étant l’objet de la grâce dont la source et le caractère sont développés avec beaucoup de détails dans l’épître aux Éphésiens. Par conséquent, la présentation des croyants, «saints et irréprochables», est ici une conséquence directe de la réconciliation qui, pour ce qui regarde les saints, a déjà eu lieu (*) par la mort de Christ. Seulement, une condition est ajoutée ici, condition bien propre à agir sur les consciences des Colossiens : «Si du moins vous demeurez dans la foi, fondés et fermes, et ne vous laissant pas détourner de l’espérance de l’évangile».

(*) La réconciliation de «toutes choses», qui fait aussi partie du dessein de Dieu, comme conséquence de la mort de Christ, n’a pas encore eu lieu.

Dans les deux cas, il est évident que l’accomplissement définitif de ces desseins de la grâce de Dieu ne saurait avoir lieu avant que Christ soit manifesté en gloire au milieu des siens. Mais la foi saisit ces choses dès à présent, et de même que nous jouissons dès maintenant de la relation avec le Père, nous avons aussi Christ comme modèle, afin de marcher devant Dieu comme lui a marché (1 Jean 2:6), afin que nous soyons «sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse», parmi laquelle nous avons à reluire «comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie» (Philippiens 2:15). Dans ce sens aussi, on trouve l’exhortation adressée à tous les chrétiens dans l’épître aux Éphésiens : «Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur» (chap. 5:1-2).

La première épître de Jean nous occupe de la vie telle qu’elle doit se manifester dans le chrétien. Les épîtres de Paul présentent la dispensation de Dieu dans laquelle cette vie se déploie ; les écrits de Jean nous font voir ce qui est déployé, la vie divine dans la communion du Père et du Fils. C’est ici donc que l’expression se trouve : «Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde». Et remarquez-le bien, il est dit : «Comme il est...», non pas «comme il était». Christ était sans péché comme homme dans ce monde, — nous avons le péché en nous ; toutefois nous sommes appelés à marcher comme il a marché», et Dieu nous a donné de son Esprit pour que cela nous soit possible. Mais actuellement Christ est dans le ciel, et en attendant qu’il soit «manifesté» en gloire, nous sommes «comme il est». Dieu nous voit comme ayant Christ pour notre vie et comme étant identifiés avec lui. C’est là une position parfaite qu’il nous a donnée. Pour ce qui regarde l’effet de l’oeuvre de Christ, on voit quelque chose de semblable dans Hébreux 10:14 ; mais dans l’épître de Jean, il s’agit de la vie divine et de sa manifestation pratique. Or la foi saisit le témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils ; on possède ainsi le Fils de Dieu et la vie qui est en lui ; puis, en se nourrissant de Christ, on manifeste cette vie en pratique, marchant par l’Esprit.

Être comme est Christ n’est pas un compte-rendu de la vie ou du service de tel ou tel chrétien, ni non plus un objectif que l’on doive s’efforcer d’atteindre, mais c’est une position acquise, selon la grâce de Dieu, et qui est vraie devant Dieu pour tous les croyants, et, par conséquent, le point de départ de la marche pratique, la mesure divine pour l’exercice de la conscience quant aux détails de la vie journalière chez ceux qui croient ce que Dieu dit. Si le dessein de Dieu et le résultat divin de l’oeuvre de Christ sont de nous placer devant lui «saints et irréprochables», le coeur du croyant, pénétré de cette grâce, comprend qu’il s’agit d’être saint et irréprochable dans la marche. Si, dans ce monde, nous sommes comme Christ est, il s’agit de reproduire la vie de Christ, ou, en d’autres termes, de marcher comme il a marché. Dieu nous a placés «en Christ». Il faut donc que Christ soit manifesté en nous. Paul pouvait dire : «Christ vit en moi» (Galates 2:20, et comparez Jean 14:20).

82.       Quelle est la signification d’Éphésiens 4:8 ? Y a-t-il quelque rapprochement à faire avec 1 Pierre 3:19-21 ? Et comment faut-il comprendre ce dernier passage ?

Disons d’abord qu’il n’y a aucun rapprochement à faire entre les deux passages. Le premier, cité du Psaume 68, nous présente l’effet pour nous de l’ascension de notre Seigneur Jésus Christ et sa session à la droite de Dieu.

Christ, dans sa mort, a vaincu Satan ; il l’a rendu impuissant (Hébreux 2:14) ; il a emmené captif l’adversaire. Dans la personne de Christ, l’homme est placé au-dessus de tout : toute autorité lui a été donnée dans les cieux et sur la terre, tout pouvoir de juger aussi, parce qu’il est fils de l’homme (Matthieu 28:18 ; Jean 5:27). Nous ne voyons pas encore la manifestation de cette autorité, car le Seigneur diffère le jugement pendant ce «jour de grâce» ; mais, en attendant, il fait valoir son pouvoir dans l’église et distribue les dons nécessaires pour l’édification du corps de Christ. Par la rédemption, Christ a anéanti la puissance de Satan sur les hommes ; et, il a envoyé le Saint Esprit pour unir les croyants à lui-même dans la gloire, en attendant le jour de la manifestation publique de sa puissance.

Quant à 1 Pierre 3:19, beaucoup de personnes se méprennent sur le sens de ce passage, faute de remarquer l’allusion évidente qui y est faite à Genèse 6:3 : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair». Le moment où l’Esprit de Christ prêchait était celui auquel ceux à qui il s’adressait étaient «désobéissants», c’est-à-dire le moment où Noé construisait l’arche : ils n’ont pas écouté le témoignage rendu alors, et à cause de leur désobéissance ils ont été gardés en prison depuis lors en attendant le jugement. Ils n’étaient pas encore en prison quand l’Esprit de Christ leur annonçait le jugement et quel était le moyen de l’éviter, savoir de cesser de mal faire, et de se tourner vers Dieu ? Dans le passage de la Genèse, «l’Esprit» et «la chair» sont en contraste, et c’est précisément sur cela que Pierre insiste. Il s’agit du témoignage pratique de tout chrétien dans ce monde, témoignage dont l’oeuvre de Noé est un exemple frappant : Noé, en construisant l’arche selon le commandement de Dieu, rendait témoignage contre le monde et annonçait le jugement qui allait venir (Hébreux 11:7). L’arche devait le mettre à l’abri de ce jugement, et le sauver à travers les eaux. Ces «eaux» sont une figure de la mort et du jugement. Or Christ est notre «arche». En lui et par lui nous sommes délivrés du jugement qui va frapper ce monde, mais, par sa mort, Christ nous a déjà délivrés. De même que l’arche passait à travers les eaux, portant Noé en sûreté jusqu’à une nouvelle terre, ainsi le croyant, associé à Christ dans sa mort, est amené moralement dans une sphère nouvelle où il a affaire à Dieu : il est «vivant à Dieu». Le baptême chrétien exprime cela.

Christ est ressuscité d’entre les morts, en sorte que, par sa résurrection, le chrétien a «une bonne conscience» ; il est en règle avec Dieu, ses péchés sont pardonnés ; et il est appelé à rendre témoignage, par une vie sainte, contre le monde qui l’entoure, «qui gît dans le méchant» et qui est sous le jugement.

83.       La position du peuple d’Israël avant le Jourdain et après le Jourdain, correspond-elle à deux états successifs chez le chrétien ? Ou le chrétien est-il appelé à combattre en même temps le combat dans le désert et celui d’Éphésiens 6 ? Ne semble-t-il pas plutôt que dans la position normale du chrétien, mort et ressuscité avec Christ, la lutte d’Éphésiens 6 soit la seule qu’il ait à soutenir ?

La position du peuple d’Israël avant et après le Jourdain, ne correspond pas précisément à deux états successifs chez le chrétien. Ce sont plutôt deux formes différentes de la piété (1 Timothée 4:8). Le chrétien mort au monde et ressuscité avec Christ a le désert à traverser ; de plus il doit prendre possession, en esprit, de tout le pays promis (Genèse 13:17 ; Hébreux 11:9, 13). Or c’est là le vrai rôle de l’espérance, cette puissante soeur de la foi. La foi possède et conserve le titre de propriété qu’elle a serré dans son coeur.

Pour ce qui est du combat, nous entrerons dans plus de détails. — L’épître aux Éphésiens, qui nous présente la position privilégiée du chrétien, non seulement vivifié avec Christ, mais encore assis en lui dans les lieux célestes, et béni en lui de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes (2:5-6 ; 1:3-4), nous montre en outre, au chapitre 6, que le lieu de notre repos et de notre bénédiction est aussi le lieu de notre combat ; car «notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes». Cette puissance voudrait nous empêcher de prendre possession de notre position normale et éternelle, dans la terre promise «en Christ».

Tout cela correspond parfaitement au beau type que Dieu nous a fourni dans l’histoire des enfants d’Israël, à qui, en tant que descendants d’Abraham, Dieu avait donné tout le pays de Canaan, — mais qui étaient appelés à en prendre possession, en luttant contre un ennemi puissant et tenace qu’ils devaient détruire. Voilà assurément pour nous, «le bon combat de la foi» (1 Timothée 6:12).

Dans le désert proprement dit, il n’y eut qu’un seul combat (*), celui contre Amalek, à Rephidim (Exode 17:8-16). Il fut livré tout au commencement de la traversée. Israël est resté vainqueur dans cette lutte, non par ses propres efforts, mais par la puissance de Dieu, représentée par la verge de Moïse, — la même qui avait fendu la mer Rouge. Cette puissance agit avec efficace pour opérer la délivrance de son peuple, en vertu de l’intercession de celui qui était sur la montagne, et dont les mains furent «fermes (ou fidèles) jusqu’au coucher du soleil». Du reste, Dieu lui-même se chargea de la guerre contre Amalek d’âge en âge (Exode 17:16). L’ennemi n’était pas détruit ; on le retrouve plus tard, à plusieurs reprises, dans l’histoire du peuple d’Israël. De plus, Dieu ordonna à son peuple de ne point oublier que quand tous les autres ennemis seraient exterminés, il devait alors (seulement alors) effacer la mémoire d’Amalek de dessous les cieux (Deutéronome 25:17-19). Or Amalek, petit-fils d’Ésaü (Genèse 36:12), était proche parent d’Israël. À cet égard, il est un emblème frappant de la «chair».

(*) Les combats de Nombres 21 et de Deutéronome 2 et 3, sont en réalité, bien qu’en-deçà du Jourdain, ceux d’une prise de possession de pays donnés en héritage à Israël (cf. Josué 1:4), et où s’établissent, comme par anticipation, les deux tribus et demi ; leurs guerriers s’engageaient à passer le Jourdain (Nombres 32) (Ed).

L’histoire de ce combat à Rephidim, nous fait comprendre de quelle manière le chrétien arrive à la jouissance de son état normal, décrit en Romains 6:14 : «Le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce».

D’abord l’évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit... car la justice de Dieu y est révélée sur le principe de la foi, pour la foi» (Romains 1:16, 17) ; et nous lisons que, par la volonté de Dieu, «nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes» (Hébreux 10:10). Ensuite, nous avons un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur, qui peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux (Hébreux 2:17 ; 7:25). La mort de Christ et sa résurrection nous ont frayé le chemin pour nous amener en la présence de Dieu, de sorte que nous pouvons nous approcher de lui sans aucune crainte, la paix étant faite. Par l’intercession de Christ, nous sommes maintenus dans la place que son sang nous a acquise. C’est cette dernière chose que nous trouvons en type dans le secret de la victoire sur Amalek, dûe non aux efforts de Josué et du peuple, mais à l’action de Moïse, Aaron et Hur sur le sommet de la colline (Exode 17:10-12).

Mais nous avons aussi à faire, comme Josué, l’expérience personnelle de l’absolue incapacité où nous sommes de triompher par nous-mêmes en combattant contre Amalek dans la plaine. Il faut qu’en pratique nous apprenions notre entière insuffisance pour sortir de cette lutte, jusqu’à ce qu’enfin, dans le sentiment de notre impuissance, nous poussions le cri de désespoir : «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?» (Romains 7:24). Nous trouvons alors que la délivrance est acquise par suite de notre identification avec Christ, mort au péché et vivant à Dieu. Il est évident que toute cette expérience devrait être faite au commencement de la carrière chrétienne ; sinon, l’on ne peut comprendre ni que la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus nous a affranchis de la loi du péché et de la mort (Romains 8:2), — ni que la sacrificature de Christ est ce que Dieu a établi pour nous maintenir dans la place qu’il nous a donnée en Christ. Si nous marchons par l’Esprit, nous n’accomplissons pas les convoitises de la chair, et le fruit de l’Esprit se produit sans effort (Galates 5). Cette marche par l’Esprit est toujours accompagnée de la vigilance chrétienne ; car nous sommes tenus de mater le corps et «de mortifier nos membres qui sont sur la terre» (Colossiens 3:5) ; nous devons veiller, prier et nous nourrir de la parole de Dieu comme des enfants nouveau-nés.

L’histoire des enfants d’Israël entre la mer Rouge et le Jourdain, nous montre en détail de quelle manière les circonstances pénibles du désert, c’est-à-dire de la vie, peuvent fournir à la chair l’occasion de se manifester, par ses convoitises, ses murmures, sa rébellion, son égoïsme. Or il est écrit que «toutes ces choses leur arrivèrent comme types, pour nous servir d’avertissement», afin que nous ne fassions pas comme eux (1 Corinthiens 10:1- 13).

84.       En quoi consiste le combat dont il est parlé dans Éphésiens 6:10-20 ?

L’apôtre a développé, dans cette épître, quels sont, d’après les conseils éternels de Dieu et en vertu de sa grâce souveraine, les privilèges et les bénédictions que tout chrétien possède en Christ. Telle est la part du plus jeune dans la foi comme du plus avancé.

Ces privilèges sont ceux qui lui appartiennent soit comme individu, soit comme faisant partie de l’assemblée qui est le corps de Christ. Mais quels qu’ils soient, ils découlent du fait que Christ est actuellement assis dans les lieux célestes. C’est là que sont nos bénédictions. La position qui nous est faite devant Dieu en Christ est donc une position céleste, et, de plus, parfaite comme lui-même est parfait.

Être saints et irréprochables devant Dieu en amour, comme il convient à sa nature ; adoptés pour lui-même comme ses enfants par Jésus Christ ; rendus agréables dans le Bien-aimé ; héritiers en Christ de toutes choses ; scellés du Saint Esprit de la promesse comme arrhes de notre héritage, pour une pleine rédemption ; et, afin que nous puissions jouir de ces choses, ayant «la rédemption par son sang, la rémission des fautes», vivifiés avec Christ, ressuscités et assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ; voilà ce qui nous appartient individuellement. Nous sommes aussi membres de l’assemblée qui est son corps, unis pour avoir ensemble accès auprès du Père par un seul Esprit ; édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, pour être ensemble une habitation de Dieu par l’Esprit. Et comme tels, nous sommes appelés à «comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur», — et à «connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance» ; manifestant ainsi la sagesse de Dieu dans les lieux célestes et devant refléter sa gloire aux siècles des siècles. De plus nous sommes les objets maintenant de l’amour et des soins de Christ jusqu’à ce qu’il se présente à lui-même l’assemblée glorieuse, sans tache ni ride. Oui, tels sont nos privilèges bénis comme membres du corps de Christ.

L’apôtre demande à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, que les saints puissent connaître ces privilèges magnifiques, les réaliser et en jouir par la foi. Il leur montre que de leur position doit découler une marche qui soit en harmonie avec ce qui leur est donné en Christ, une marche céleste qui glorifie Dieu.

Mais il y a des adversaires doués d’une énergie et d’une volonté puissante pour le mal. Ils exercent leur influence et leur pouvoir sur un monde plongé dans les ténèbres et dont ils se servent en le dominant. Ce sont des adversaires qui, dans le domaine des choses spirituelles, s’opposent au chrétien et l’attaquent, moins par une action ouverte que par leurs artifices. (Voyez aussi 2 Corinthiens 11:14).

Ils cherchent à fourvoyer et à égarer nos esprits quant à la vérité, pour fausser notre position ; ils s’efforcent de détourner nos affections du ciel vers la terre, d’ébranler notre confiance pour nous empêcher de jouir des bénédictions qui nous appartiennent et qui résultent de notre position parfaite devant Dieu en Christ. Ils tentent de nous entraver dans la réalisation d’une marche céleste, séparée du monde, dans la sainteté pratique qui convient à notre appel céleste et dans laquelle seulement nous jouissons de la communion avec Dieu.

De là la nécessité de la lutte. Ce que nous venons de dire en indique suffisamment la nature. Il faut nous revêtir des diverses parties de l’armure complète de Dieu pour pouvoir résister.

Mais nous n’avons pas seulement à nous défendre pour maintenir nos privilèges et en jouir en demeurant fermes dans la vérité, dans la justice, la paix, la foi, la certitude d’un salut parfait. Il nous faut aussi avancer et attaquer les ennemis. Ainsi seront détruits «les forteresses, les raisonnements et toute hauteur qui s’élève» contre la connaissance toujours plus parfaite de Dieu, et toute pensée sera «amenée captive à l’obéissance du Christ» (2 Corinthiens 10:3-5). L’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu nous est indispensable. Par elle, nous pouvons répondre à chacun comme il faut, confondre ceux qui s’opposent, atteindre les consciences. Mais elle doit être maniée par l’Esprit ; il ne faut donc point attrister cet Esprit et vivre dans la dépendance de Dieu par la prière. Ainsi nous combattrons ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile, par des prières pour tous les saints.

Il faut aussi ne pas prendre soin de la chair pour satisfaire ses convoitises, avoir seulement à coeur la gloire de Christ et ses intérêts.

Veuille le Seigneur nous donner d’être de ceux qui combattent, sans s’embarrasser des affaires de la vie, pour plaire à celui qui nous a enrôlés ; et puissions-nous, après avoir tout surmonté, tenir ferme.

85.       Que faut-il entendre par la «cuirasse de la justice» et le «bouclier de la foi» (Éphésiens 6:14, 16) ?

La cuirasse garde le coeur qui sans elle, serait exposé aux traits de l’Ennemi. C’est «une conscience sans reproche». Voyez 2 Thessaloniciens 3:8-9 ; 1 Timothée 1:5, 19 ; Hébreux 13:18.

Le «bouclier de la foi» est la conscience de la grâce et de la faveur de Dieu maintenue dans le coeur.