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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)

 

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 

«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17

 

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

 

 

132.     Peut-on dire que les saints de l’Ancien Testament étaient «en Christ» ? Doivent-ils ressusciter avec l’Église ?

La première chose à examiner, c’est la signification de l’expression «en Christ».

Dans le chapitre 14 de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus, parlant à ses disciples de la présence du Saint Esprit sur la terre, dit : «En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous». Il allait quitter ses disciples, retourner auprès du Père, et, du sein de la gloire, envoyer le Saint Esprit sur ses disciples, selon la promesse du Père. Le Saint Esprit, habitant dans les disciples, devait leur faire comprendre qu’ils étaient «en Christ». Cette expression suppose donc deux choses : d’abord, que le Seigneur Jésus est dans la gloire ; ensuite, que le Saint Esprit a été envoyé ici-bas pour habiter dans les croyants et demeurer avec eux éternellement (Jean 14:16) ; par conséquent, elle ne peut convenir au temps qui précède l’accomplissement de ces deux faits.

Le jour où le Saint Esprit descendit du ciel, selon la promesse du Seigneur Jésus, l’apôtre Pierre déclara aux Juifs qui se trouvaient alors assemblés à Jérusalem : «Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2:36). Dès ce moment, les mots «en Christ» expriment la position de celui qui reçoit, de la part de Dieu, le témoignage d’une rédemption pleinement accomplie par un Sauveur maintenant glorifié ; le Saint Esprit habite en celui qui, par cette foi, est devenu un enfant de Dieu ; il lui donne de connaître Dieu comme son Père et de crier : «Abba» (Galates 4:4, 6). C’est ainsi qu’il est écrit : «Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour» (Éphésiens 1:3).

«En Christ» est la position actuelle du croyant, et sa conduite doit en porter l’empreinte et correspondre à la nature de Dieu qui est lumière et amour ; en d’autres termes, il est appelé à reproduire Christ dans sa vie ici-bas, c’est-à-dire que si lui est «en Christ», réciproquement Christ est «en lui», ainsi que le dit l’apôtre : «Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Galates 2:20). Comparez aussi Romains 8:1 -10.

Il est évident que tout ce que nous venons de dire ne peut s’appliquer aux fidèles qui étaient sur la terre avant la venue de Christ, quelque précieux et intimes que fussent d’ailleurs leurs rapports avec Dieu. Ils vivaient «par la foi», la foi en un Christ Sauveur qui devait venir. Ils ont reçu témoignage par la foi et sont morts dans la foi, n’ayant pas reçu les choses promises, car ils attendaient le Messie qui seul pouvait les accomplir ; mais Dieu avait «en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous» (Hébreux 11:39, 40).

Venons-en, maintenant, à la seconde partie de la question. Le passage que nous venons de citer prouverait, si même il n’y en avait pas d’autre, que lorsque nous, chrétiens, nous jouirons de «la perfection», les saints de l’Ancien Testament y trouveront aussi leur part bénie. Le Seigneur Jésus, répondant aux sadducéens incrédules, leur prouva, par les Écritures, qu’Abraham, Isaac et Jacob vivaient et qu’ils devaient ressusciter d’entre les morts (Matthieu 22:31). Il disait aussi : «Plusieurs viendront d’Orient et d’Occident, et s’assiéront avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux» (Matthieu 8:11). Dans l’épître aux Éphésiens, chapitre 3, vers. 15, il est dit que «toute famille dans les cieux et sur la terre» est nommée du Père de notre Seigneur Jésus Christ. Les saints de l’Ancien Testament forment une de ces familles. Ils auront dans la gloire la part que Dieu leur a assignée.

Remarquons encore que, dans la 1° épître aux Corinthiens, l’apôtre, parlant du fait de la résurrection, ne dit pas «ceux qui sont en Christ», mais «ceux qui sont du Christ à sa venue» (chap. 15:23) (*). Les saints de l’Ancien Testament ne sont pas distinctement mentionnés dans ce passage, mais il est bien certain que tous ceux qui ont la vie par la foi seront ressuscités par Christ avant l’établissement de son règne.

(*) En 1 Thessaloniciens 4:16, l’apôtre parlant à ces chrétiens inquiets du sort de ceux d’entre eux qui s’étaient «endormis» (v.15), les désigne comme «morts en Christ» (Ed).

Si nous examinons aussi le passage de l’Apocalypse 19:6-9, nous voyons dans le ciel, pour les noces de l’Agneau, deux classes de personnes : l’épouse, «la femme de l’Agneau» (21:9), c’est-à-dire l’Église, et «ceux qui sont conviés au banquet des noces de l’Agneau».

Évidemment ce ne sont pas les mêmes personnes. Qui sont donc ces dernières ? Jean 3:29, nous le dira. Jean le Baptiseur était un de ces saints de l’ancienne économie (voyez Matthieu 11:9-11). Il n’était pas l’épouse (*), mais «ami de l’époux», et pourtant sa joie était parfaite. Nous pouvons donc encore conclure que les fidèles qui vécurent avant la première venue de Christ seront déjà ressuscités quand les noces de l’Agneau auront lieu.

Il est bien à désirer que les chrétiens réalisent davantage leur position bénie en Christ, afin qu’ils produisent des fruits à la gloire du Seigneur. Si notre position et nos privilèges sont plus élevés que ceux des saints de l’Ancien Testament, il est évident que notre piété et notre marche doivent aussi refléter le caractère céleste des bénédictions spirituelles dont nous sommes bénis en Christ.

(*) Qu’il s’agisse ici de l’épouse «terrestre» Israël (Ps. 45) ne touche pas le principe.