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Dons de l’Esprit ou Engouement pour du rêve

 

Le mouvement charismatique à la lumière de la Bible

 

Remmers Arend

 

Table des matières abrégée :

1     Préface : fonder son jugement sur la Bible

2     Qu’entend-on par « mouvement charismatique » ?

3     Le soi-disant « baptême de l’Esprit »

4     Le soi-disant « parler en langues »

5     Les soi-disant « prophéties » et « révélations »

6     Les soi-disant « guérisons par la prière »

7     Soyez remplis de l’Esprit

 

Table des matières détaillée :

1     Préface : fonder son jugement sur la Bible

2     Qu’entend-on par « mouvement charismatique » ?

3     Le soi-disant « baptême de l’Esprit »

3.1      Qu’en dit l’Écriture Sainte ?

3.2      Jean le Baptiseur annonce le Saint Esprit

3.3      L’annonce par le Seigneur Jésus Lui-même

3.4      Le jour de la Pentecôte

3.5      Mentions ultérieures du baptême du Saint Esprit

3.6      Résumé sur le baptême du Saint Esprit

3.7      Y a-t-il un baptême de feu pour les croyants ? Matt. 3:11 & Luc 3:16

4     Le soi-disant « parler en langues »

4.1      Une explication de vocabulaire

4.2      Qu’entend-on par « parler en langues » ?

4.3      Le témoignage du Nouveau Testament

4.3.1       Marc 16:17

4.3.2       Actes 2:4-13

4.3.3       Actes 10:46 et 19:6

4.3.4       1 Corinthien 12 à 14

4.3.5       Le don d’interprétation

4.3.6       1 Cor. 13:1-2 — la langue des anges

4.3.7       1 Cor. 14

4.3.8       Y a-t-il encore aujourd’hui un parler en langues ? — Éphésiens 4

4.4      Autres arguments sur la disparition des dons-signes et du parler en langues

4.4.1       Verbe au temps passé en Héb. 2:4

4.4.2       Les langues « cesseront » en 1 Cor. 13

4.4.3       Parallèle avec les miracles de Moïse à la sortire d’Égypte

4.4.4       Aucune mention des langues dans l’histoire de l’église

4.5      Et si on avait le parler en langues aujourd’hui…

5     Les soi-disant « prophéties » et « révélations »

5.1      Prophéties

5.2      Révélations

6     Les soi-disant « guérisons par la prière »

6.1      Les arguments des guérisseurs par la prière

6.1.1       Ésaïe 53:4,5

6.1.2       Hébreux 13:8

6.1.3       Exaucement de la prière

6.2      Guérison des malades par le Seigneur Jésus

6.3      Le don de grâce de guérisons selon la Bible

6.3.1       Miracles notoires

6.3.2       Question de la foi du malade. Guérison de non-croyants

6.3.3       Les cas de croyants non guéris

6.3.4       1 Cor. 12: des dons qui ne sont pas donnés à tous ; dons non permanents

6.4      Prière et guérison de Jacques 5:14-16

6.4.1       Une épître particulière dans un temps particulier

6.4.2       Appeler les anciens

6.4.3       Onction d’huile : un sens trivial

6.4.4       Confesser s’il y a péché

6.4.5       Péché à la mort

6.4.6       En résumé, sur Jacques 5:14-16

7     Soyez remplis de l’Esprit

7.1      Deux dangers : Engouement pour du rêve et dogmatisme rigide

7.2      Être dirigé par le Saint Esprit

7.2.1       Jean 16:13

7.2.2       Galates 5:18

7.2.3       Romains 8:14

7.2.4       La conduite par l’Esprit concerne tous les aspects de notre vie

7.3      Remplis du Saint Esprit

7.4      La puissance du Saint Esprit

 

 

1                        Préface : fonder son jugement sur la Bible

Le mouvement qu’on appelle charismatique progresse dans une grande partie de la chrétienté, à la fois dans les Églises protestantes et catholiques, et il est devenu aujourd’hui très influent. Le but de ces lignes n’est pas d’apporter une nouvelle contribution à l’origine, l’expansion et au danger de ce mouvement ; il y en a déjà assez. Il ne s’agit pas non plus de peser le pour et le contre des diverses réactions positives ou négatives ; c’est toute une sphère de problèmes en soi. Car pour ceux qui croient en la Bible et en Christ, il est assez troublant que beaucoup d’adhérents au mouvement charismatique soient des chrétiens nés de nouveau. Cette particularité fait qu’il n’est pas simple, bien au contraire, de porter un jugement d’ensemble. Mais comme déjà dit, ce n’est pas ici notre objectif.

La plupart des gens cherchent à simplifier les questions, ou autrement dit, à peindre des tableaux en noir et blanc. Une chose est bonne ou mauvaise. Or la plupart du temps, les choses ne sont pas aussi simples, et il faut prendre en compte bien des facteurs pour arriver à un jugement juste.

À ceci se rajoute que notre mesure pour juger se base la plupart du temps sur notre expérience des gens. Si ceux-ci font une bonne impression, alors ce qu’ils représentent est bon, et inversement. Une deuxième erreur fréquente est qu’on juge des choses par leurs effets. Si ceux-ci sont bons, alors la chose est bonne aussi, et inversement. Ces deux manières de juger sont subjectives, et on utilise sa propre expérience comme critère de jugement. Il est clair qu’il ne peut qu’en résulter des jugements différents ; de là provient la multiplicité d’opinion quand on parle du mouvement charismatique.

Comment le croyant doit-il dès lors arriver à un jugement valablement fondé de ce mouvement et de ses caractéristiques et de ses formes de manifestations ? y a-t-il un moyen d’évaluer objectivement ? Nous pensons qu’il y en a un : c’est la Parole de Dieu. Pour juger des idées et courants chrétiens, on ne peut fonder notre jugement que sur la Bible.

 

2                        Qu’entend-on par « mouvement charismatique » ?

L’origine du mouvement charismatique remonte au mouvement dit de pentecôte. Celui-ci naquit au tournant du 19ème au 20ème siècle en Amérique durant un mouvement de réveil dans une communauté baptiste de gens de couleurs, au cours duquel des membres de la communauté tombèrent en extase et parlèrent en « langues ». Dans toutes les diverses communautés de pentecôte l’accent fut mis sur l’activité du Saint Esprit qui se manifestait par ce qu’on appelle le « baptême de l’Esprit », le « parler en langues », et souvent les « guérisons par la prière ». La conversion et la sanctification personnelle dans la vie individuelle des croyants furent et sont des points sur lesquels on insistait et on insiste, et qu’on enseigne dans la plupart des milieux pentecôtistes.

À partir de 1960 environ, un changement intervint. Jusque-là les communautés pentecôtistes étaient des groupes plus ou moins bien définis dans lesquels on pratiquait l’enseignement mentionné ci-dessus. Cependant depuis ce temps-là, les idées des milieux pentecôtistes s’infiltrèrent dans les églises traditionnelles et dans presque toutes les communions chrétiennes extérieures aux églises. Ce « mouvement néo-pentecôtiste est souvent nommé le « renouveau charismatique ». Un flot d’écrits diffusa les idées pentecôtistes dans les autres milieux chrétiens ; du fait qu’un relâchement de la vie de foi était intervenu dans ces milieux chrétiens, il y eut un accueil en partie très enthousiaste pour ces idées qui promettaient une stimulation pratique des communautés.

Aujourd’hui on peut dire sans exagérer que dans la chrétienté, il n’y a plus guère de milieux où le mouvement charismatique n’a pas encore trouvé son entrée.

Le nom de « communautés pentecôtistes » remonte à Actes 2, qui relate qu’au jour de la Pentecôte, le Saint Esprit descendit sur les croyants pour former l’Ekklesia (= assemblée, communauté, église) de Dieu sur la terre. Du fait qu’à ce moment-là les disciples parlèrent dans des langues étrangères, on crut, dans le mouvement pentecôtiste, à une « nouvelle Pentecôte » qui remettrait en vigueur tous les dons miraculeux des premiers temps. Le nom de « mouvement charismatique » provient du mot grec « charisma » qui signifie « don de grâce ». De là vient donc l’insistance sur le fait que la possession et l’exercice des dons de grâce chrétiens ont à s’exprimer de la même manière qu’en Actes 2. Le Seigneur Jésus Christ a donné aux Siens un grand nombre de dons de grâce (Rom. 12:6-8 & 1 Cor. 12:4-11, 28-31 & Éph. 4:8-13). Sous le nom de « dons de grâce », les charismatiques pensent avant tout, sinon exclusivement, aux dons-signes comme le « parler en langues » et les « guérisons par la prière ».

Voilà pour le concept de « mouvement charismatique ». Comme déjà dit, nous ne voulons ni faire l’histoire de ce mouvement ni le présenter. Nous avons seulement à cœur de donner à nos frères et sœurs en Christ une explication claire et concise et fondée sur la Bible des passages sur lesquels les charismatiques s’appuient constamment. Les prétentions de ce mouvement doivent être testées par le seul critère déterminant : la Bible. Le meilleur moyen de réfuter les prétentions humaines dans le domaine spirituel est d’exposer la vérité.

 

3                        Le soi-disant « baptême de l’Esprit »

Dans le mouvement pentecôtiste on enseignait déjà, et cela est repris dans le mouvement charismatique, que par la conversion et la foi en l’évangile, le croyant devient la propriété du Seigneur Jésus, mais qu’il a besoin du baptême de l’Esprit comme seconde expérience de base chrétienne, et que celle-ci se manifeste par le « parler en langues ».

 

3.1   Qu’en dit l’Écriture Sainte ?

La Bible nous enseigne qu’une caractéristique particulière de l’époque ou dispensation chrétienne, est que Christ, après avoir accompli l’œuvre de la rédemption à la croix, est ressuscité et est monté au ciel et qu’Il est maintenant à la droite de Dieu, tandis que le Saint Esprit habite sur la terre dans les hommes rachetés.

Il n’en était pas ainsi dans les temps précédents. Certes le Saint Esprit a toujours été là où Dieu est actif. C’est ce qu’on trouve dès la première page de la Bible (Gen. 1:2). Mais alors Il n’habitait pas dans des hommes. Le premier homme dans lequel le Saint Esprit a habité, a été l’homme Christ Jésus, la Parole devenue chair (Jean 1:33). Là dernière nuit où le Seigneur Jésus a été réuni avec Ses disciples avant d’être fait prisonnier, Il leur enseigna, entre autre, qu’après être monté auprès du Père, une autre Personne divine viendrait à eux, l’Avocat ou Consolateur ou « agent d’affaires » qui demeurerait avec eux éternellement, « l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous, et qu’il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous » (Jean 14:17-18).

Le v. 26 nous dit expréssément que cet Avocat ou Consolateur, l’Esprit de vérité, est le Saint Esprit.

Le Seigneur explicite davantage l’activité du Saint Esprit dans les croyants :

« Mais le Consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites » (Jean 14:26). — « Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi » (Jean 15:26) — « Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité : car il ne parlera pas de par lui-même ; mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses qui vont arriver. Celui-là me glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16:13-14).

Mais cela ne pouvait avoir lieu qu’après que le Seigneur Jésus eût accompli l’œuvre de la croix, et soit remonté au Père : « Toutefois, je vous dis la vérité : Il vous est avantageux que moi je m’en aille ; car si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai » (Jean 16:7).

 

3.2   Jean le Baptiseur annonce le Saint Esprit

Jean le Baptiseur, comme précurseur du Seigneur Jésus, signala déjà cette venue du Saint Esprit : « Moi, je vous baptise d’eau [litt.: « dans l’eau »] pour la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales : lui vous baptisera de l’Esprit Saint [litt.: « dans le Saint Esprit »] et de feu. Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible » (Matt. 3:11-12 ; comparer Luc 3:16-17).

Dans l’évangile de Marc, c’est plus bref : « Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, vous baptisera de l’Esprit Saint. » (Marc 1:8).

On retrouve des paroles semblables en Jean 1:33 : « Et pour moi, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau [litt.: « dans l’eau »], celui-là me dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre, et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise de l’Esprit Saint [litt.: « dans le Saint Esprit »] ».

D’un côté Jean appelait le peuple Juif à la repentance ; d’un autre côté, il annonçait deux choses que le Seigneur Jésus ferait : Ceux qui se repentaient seraient baptisés du Saint Esprit, et alors ils pourraient être rassemblés comme du bon grain dans les greniers du Seigneur ; mais ceux qui ne recevaient pas le Seigneur Jésus avec foi, seraient baptisés de feu, et comme la balle ils seraient mis dans le feu inextinguible, c’est-à-dire qu’ils iraient dans la damnation éternelle.

On est frappé par deux choses dans la considération de ces versets :

a)             le baptême du Saint Esprit et le baptême de feu ne concernent pas la même chose. Le baptême de feu est le jugement et la condamnation éternelle des perdus (pour le mot « feu », voir Malachie 4:1 & Matt. 18:9 & Luc 16:23-24). L’utilisation du mot « baptême » dans ce sens présente peut-être pour quelques-uns une difficulté. Quand le Seigneur Jésus pense au jugement divin qu’Il doit subir à la croix, Il parle également d’un baptême : « Mais j’ai à être baptisé d’un baptême ; et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12:50).

b)             le baptême du Saint Esprit n’est pas décrit comme une expérience additionnelle, extraordinaire du croyant, mais comme le signe caractérisant ceux qui sont rassemblés dans les greniers célestes comme le blé (ou : froment). Cela est aussi confirmé par les autres passages qui s’y rapportent.

 

3.3   L’annonce par le Seigneur Jésus Lui-même

Nous avons vu que le Seigneur Jésus a annoncé aux disciples la venue du Saint Esprit avant d’accomplir l’œuvre de la rédemption. Après Sa résurrection, Il en a parlé encore plus nettement : « et voici, moi, j’envoie sur vous la promesse de mon Père. Mais vous, demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de puissance d’en haut » (Luc 24:49). Les expressions « promesse du Père » et « puissance d’en haut » désignent le Saint Esprit. Cela ressort clairement des deux passages suivants dans les Actes : « Et étant assemblé avec eux, il leur commanda de ne pas partir de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, laquelle, [dit-il], vous avez ouïe de moi : car Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint [litt.: « dans le Saint Esprit »], dans peu de jours… mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous » (Actes 1:4,5,8).

Ces passages montrent en outre que l’évènement arriverait peu après, et aurait lieu à Jérusalem. Mais le Seigneur Jésus ne parle pas à Ses disciples du baptême de feu, c’est-à-dire de jugement, mais seulement du Saint Esprit.

 

3.4   Le jour de la Pentecôte

Peu de jours après, « comme le jour de la Pentecôte s’accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. Et il se fit tout à coup du ciel un son [ou : mugissement], comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu ; et elles se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint, et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer » (Actes 2:1-4). C’est l’accomplissement de la prédiction de Jean et de la promesse du Seigneur Jésus.

Qu’arriva-t-il au jour de la Pentecôte ? Quatre choses sont mentionnées en Actes 2:2-4 ; nous allons les voir de plus près :

a)             « Et il se fit tout à coup du ciel un son [ou : mugissement], comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis ». Ce n’était pas proprement comme du vent, mais plutôt comme un souffle. Ce n’était pas comme lors d’un vent naturel, un mugissement discontinu, s’amplifiant et s’amenuisant alternativement, mais c’était un mugissement continu. Cette comparaison fait allusion à la puissance céleste, inspirante, stimulante du Saint Esprit, qui n’agit pas de manière impulsive ou par à-coup, mais de manière régulière. C’est la « puissance d’en haut » (Actes 1:8), qui se manifeste ici et qui remplit toute la maison. De même autrefois la gloire remplit le tabernacle et le temple au jour de leur dédicace (Exode 40:34 & 1 Rois 8:10-11). Dans Son entretien avec Nicodème, le Seigneur Jésus avait déjà comparé l’action du Saint Esprit au souffle du vent : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3:8).

b)             « Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu ; et elles se posèrent sur chacun d’eux ». En plus du souffle mugissant qu’ils ne purent qu’entendre, il y eut aussi quelque chose de visible : La lumière divine sous forme de langues divisées, comme de feu, leur apparut et se posa sur chacun d’eux en particulier.

Ce n’était pas le « baptême de feu », mais un témoignage clair qui parlait de lumière et de sainteté, mais en grâce ; car les langues divisées parlent déjà ici du rayonnement de l’évangile par-dessus les frontières d’Israël et vers toutes les nations. — Comme le son, le mugissement est comparé au souffle du vent, ainsi les langues sont comparées à du feu. Les deux étaient des signes extérieurs de la troisième apparition spéciale, qui, en soi, était invisible :

c)             « Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint ». Nous avons ici le baptême du Saint Esprit, l’accomplissement de la prédiction du Baptiseur et du Seigneur Jésus Lui-même. La promesse du Père est accomplie. Le Saint Esprit descend du ciel pour rester avec nous éternellement selon la Parole de Jésus. Parce que cela était quelque chose d’entièrement nouveau, ce fut accompagné des deux signes. La présence du Saint Esprit a un double sens. D’un côté Il habite dans la maison, c’est-à-dire dans l’assemblée de Dieu vue comme temple (voir 1 Cor. 3:16 & Éph. 2:22). Cela trouve son expression dans le souffle qui remplit toute la maison. D’un autre côté, le Saint Esprit habite dans chaque croyant individuellement (1 Cor. 6:19), ce qui est rendu clair par les langues divisées qui se posèrent sur chacun en particulier.

d)             « Et ils commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer ». Ce signe avait déjà été annoncé par le Seigneur en Marc 16:17 quand Il donna aux disciples la mission de prêcher l’Évangile à toute la création. Depuis la construction de la tour de Babel, les hommes de l’ancienne création étaient séparés les uns des autres par des langues différentes. Désormais allaient être annoncées en différentes langues les œuvres de Dieu dans la nouvelle création, les glorieux résultats de la grâce qui s’était révélée au degré suprême à Golgotha ! Toutes les nations devaient désormais entendre le message du salut, et non pas seulement les Juifs jusqu’alors privilégiés.

 

Voilà une esquisse rapide de ce qui eut lieu au jour de la Pentecôte quand le Saint Esprit fut répandu et que les croyants reçurent le baptême du Saint Esprit. Ce baptême n’eut lieu qu’une fois, et c’est par cela que naquit le corps de Christ sur la terre. Or il n’est pas de nouveau formé continuellement ! C’est pourquoi ultérieurement nous ne lisons rien sur un baptême renouvelé du Saint Esprit ! Chaque personne qui est aujourd’hui sauvée par la foi au Seigneur Jésus reçoit le Saint Esprit comme sceau, arrhes et onction (Éph. 1:13-14 & 2 Cor. 1:21-22). Elle devient par-là membre de Christ (1 Cor. 6:15,19) et est ajoutée au corps de Christ qui existe déjà sur la terre.

 

3.5   Mentions ultérieures du baptême du Saint Esprit

Jusqu’à Actes 1, le baptême du Saint Esprit était toujours mentionné comme un événement futur. Après l’événement de la Pentecôte décrit en Actes 2, ce baptême n’est mentionné que deux fois, en Actes 11:16 et 1 Cor. 12:13, et dans ces deux cas le baptême du Saint Esprit est vu rétrospectivement.

Actes 10 et 11 raconte comment l’évangile fut annoncé à un non-Juif, l’officier romain Corneille de Césarée. Hormis en Samarie (Actes 8), les disciples avaient rendu leur témoignage surtout en Judée. Il fallut une révélation divine pour que Pierre remplisse la mission de prêcher l’évangile aussi aux païens. Quand il arriva à Césarée, il annonça de bon cœur la bonne nouvelle à ces gens d’origine païenne.

Tandis qu’il parlait encore, le Saint Esprit tomba sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Il arriva la même chose qu’aux premiers chrétiens à Jérusalem qui étaient des Juifs (Actes 10:44 & 11:15). À cette occasion Pierre se souvint de la parole du Seigneur, comment Il disait : « Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous vous serez baptisés de l’Esprit Saint » (Actes 11:16).

En 1 Cor. 12:13 nous lisons pour la dernière fois dans le Nouveau Testament quelque chose au sujet du baptême du Saint Esprit. « Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour [l’unité d’]un seul Esprit » (1 Cor. 12:13). Le sujet de ce chapitre est le seul corps de Christ sur la terre, qui est composé de tous les croyants du temps présent qui ont reçu le Saint Esprit, mais aussi la multiplicité des membres et de leurs dons. Le seul Esprit opère dans des dons de grâce différents (12:4), et Il est aussi Le seul lien, qui en outre constitue le seul corps. Il ne s’agit pas ici des expériences de foi personnelles des croyants individuellement, mais du grand fait important que dans tous ces membres Un seul Esprit, le Saint Esprit, vit et les unit ensemble. Ici aussi nous voyons les deux côtés de l’habitation du Saint Esprit sur la terre. L’expression « nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit » exprime le côté individuel. L’expression « nous avons tous été baptisés pour être un seul corps » se rapporte à l’habitation du Saint Esprit dans l’assemblée comme un tout.

Au v. 12 le corps humain est considéré comme une figure du corps de Christ et de Sa tête. Plusieurs membres forment ensemble le seul corps. Au v. 13 il est alors expliqué comment cette unité est arrivée à exister : « par le baptême d’un seul Esprit ».

Cela fait référence au fait unique intervenu au jour de la Pentecôte en Actes 2.

 

3.6   Résumé sur le baptême du Saint Esprit

Pour conclure, résumons encore une fois ce qui est dit dans le Nouveau Testament concernant le baptême du Saint Esprit :

a)             Quand il est parlé du baptême du Saint Esprit, il s’agit toujours de la venue du Saint Esprit au jour de la Pentecôte. À cette occasion Il a fait Son habitation dans les croyants rassemblés, et a fait d’eux le corps de Christ, l’assemblée de Dieu. C’est un fait n’ayant eu lieu qu’une fois, et qui n’est pas répété.

b)             Chacun de ceux qui, aujourd’hui, croient l’évangile du salut, reçoit le Saint Esprit comme sceau et arrhes. Chacun est ajouté au corps de Christ, mais dans le Nouveau Testament, ce fait n’est jamais appelé baptême du Saint Esprit ni baptême de l’Esprit. La Parole de Dieu parle bien d’être rempli du Saint Esprit (voir chapitre spécial sur ce sujet, plus loin).

 

3.7   Y a-t-il un baptême de feu pour les croyants ? Matt. 3:11 & Luc 3:16

Nous avons déjà vu que le baptême de feu mentionné en Matt. 3:11 et Luc 3:16 n’a rien à voir avec le baptême du Saint Esprit. Le baptême de feu se rapporte au jugement et à la damnation éternelle des non-croyants. Quelle est donc la signification des « langues divisées comme de feu » mentionnées en Actes 2:3 qui se posèrent sur chacun des disciples lors de l’effusion du Saint Esprit au jour de la Pentecôte ? Bien que nous ayons déjà dit quelque chose à ce sujet, nous voulons encore considérer cette expression de plus près encore, de manière à obvier à diverses fausses interprétations, comme celle, souvent répétée, qu’il s’agirait de l’accomplissement de l’annonce de Jean « Il vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu » (Matt. 3:11 & Luc 3:16).

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles cette affirmation est fausse ; quelques-unes ont déjà été en partie mentionnées.

a)        Dans sa prédication de repentance, Jean le Baptiseur parle clairement de deux choses différentes, à savoir d’un côté de fruit pour Dieu (Matt. 3:8, 10, 12), qui conduit au salut et à la gloire éternels, et d’un autre côté de feu du jugement (Matt. 3:7, 10, 12). Le baptême du Saint Esprit s’applique au premier groupe, le baptême de feu au second.

b)        Lors de Sa dernière annonce de la venue du Saint Esprit, le Seigneur s’adressant à Ses disciples qui étaient tous croyants, ne parle que du baptême du Saint Esprit (Jean 15:3). Il en est de même en Actes 11:16 et 1 Cor. 12:13. Cela est en parfait accord avec ce qui a été dit au paragraphe précédent : au jour de la Pentecôte, les croyants ne reçurent que le baptême du Saint Esprit.

c)        En Actes 2:3 il n’est pas question de langues de feu, mais de « langues divisées comme de feu ». L’accent n’est pas mis sur du feu qui serait descendu, mais sur le fait qu’il s’agissait de langues divisées. Le mot langue renvoie bien au fait de parler. Au v. 4 il est question « d’autres langues (ou : langage) » qui ont été parlées. En grec, langue (langue, l’organe physique) ou langage (langue, langue qu’on parle) sont le même mot (glossa). La puissance du Saint Esprit s’est montrée en surmontant les conséquences de la confusion des langues à la tour de Babel (Gen. 11). Le fait qu’il s’agît de « langues divisées » est une indication que l’Évangile n’est pas restreint au peuple Juif, mais qu’il s’adresse à toutes les nations.

 

4                        Le soi-disant « parler en langues »

Les charismatiques prétendent en général que la suite directe du soi-disant baptême de l’Esprit (sujet traité au chapitre précédent) est le soi-disant « parler en langues ». Ici aussi nous devons malheureusement affirmer d’emblée que ce parler en langues des charismatiques n’est pas enseigné dans l’Écriture Sainte.

 

4.1   Une explication de vocabulaire

Parmi les dons que Christ exalté a donné à Son Assemblée, il est mentionné « diverses sortes de langues » ou « parler en langues » (1 Cor. 12:10, 28, 30 — on pourrait dire langages au lieu de langue). Le mot glossa utilisé en grec pour « langage » signifie d’abord « langue » au sens de l’organe partie du corps. Comme nous l’avons vu, le même mot glossa est utilisé en Actes 2:3 pour les langues divisées qui se sont posé sur les disciples. Habituellement il n’y a aucune difficulté, dans un texte du Nouveau Testament, à distinguer s’il s’agit de la langue comme langage qu’on parle ou comme organe de chair faisant partie du corps. En français, le mot langue a aussi les deux significations.

 

4.2   Qu’entend-on par « parler en langues » ?

Les charismatiques ne sont malheureusement pas les seuls à mal comprendre et mal interpréter les déclarations claires de la Parole de Dieu. Depuis longtemps les théologiens ne savent rien dire de mieux. L’extrait suivant d’un lexique biblique moderne montre combien les déclarations de la Parole de Dieu sont peu comprises, ou autrement dit, combien on cherche à y faire entrer beaucoup de choses : —

« Parler en langues » : (glossolalie, du grec « glossa », langue, langage). Parler extatique dans une langue incompréhensible, balbutiée… L’expérience nouvelle des premiers chrétiens s’exprimait fréquemment dans un jaillissement de parler en langues extatique (Actes 10:46 & 19:6) qui fut considéré comme une forme d’apparition de l’Esprit du temps de la fin accordé à l’assemblée (1 Cor. 14:39). Il est vrai que Paul est très sceptique vis-à-vis du parler en langues, et insiste sur sa moindre valeur par rapport aux discours prophétiques compréhensibles par de simples chrétiens (1 Cor. 13:1 & 14:1-12).

Le récit de la Pentecôte (Actes 2:1-13) pose des problèmes particuliers.

Une rédaction plus ancienne du récit paraît avoir été tirée d’un ouï-dire. Les personnes présentes comprenaient le parler en langues chacune dans son propre langage (2:8). Luc fait de cela un miracle de langage : les apôtres parlent dans des langues différentes (2:4), anticipant ensemble la mission mondiale ». (Reclam Bibellexikon). —

 

Le lexique biblique des éditions Brockhaus émet un jugement bien plus prudent sur le parler en langues, mais ne donne aucune explication plausible.

Cependant il y a eu des voix qui ne se sont pas laissé entraîner par l’ignorance ou les préjugés relatifs à ce don dont témoigne le Nouveau Testament. Par exemple, le commentateur bien connu A.Bengel (1687 – 1752) dans son ouvrage biblique « Gnomon » écrit : Tout le long de ce chapitre, par le terme « langue », il faut comprendre « langage » ou « langue parlée ».

Nous voulons maintenant prouver à l’aide de passages du Nouveau Testament que ceci est l’explication simple et évidente du don de parler en langues.

 

4.3   Le témoignage du Nouveau Testament

Après cette introduction un peu longue, revenons à notre préoccupation principale, et cherchons ce que déclarent réellement les passages particuliers du Nouveau Testament qui mentionnent le parler en langues.

 

4.3.1        Marc 16:17

« Et ce sont ici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils prendront des serpents ; et quand ils auront bu quelque chose de mortel, cela ne leur nuira point ; ils imposeront les mains aux infirmes, et ceux-ci se porteront bien » (Marc 16:17-18).

Dans ce paragraphe nous avons « la grande mission » ou « grande commission » que le Seigneur ressuscité donne à Ses disciples (comparer Matt. 28:18-20). Il les appelle à prêcher l’évangile dans le monde entier. Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. C’est pourquoi Il est mort et est ressuscité (Rom. 4:25). Tous ceux qui croient et qui sont baptisés seront sauvés ; celui qui ne croit pas, sera perdu éternellement.

Les choses mentionnées — chasser les démons (voir Actes 16:18) + parler de nouvelles langues (Actes 2:4) + manipuler des serpents (Actes 28:3-6) + imposer les mains (Actes 3:7 & 5:12), etc. — tout cela arriva effectivement durant la vie des apôtres. Ils avaient été les premiers à croire, et étaient remplis du désir de gagner des âmes. Mais cette promesse n’était pas valable sur un plan général, au point que tout chrétien puisse se l’appliquer. Elle était valable en premier lieu pour ceux qui remplirent la grande mission du Seigneur. Si aujourd’hui un croyant manipulait un serpent cela ne se passerait pas comme pour Paul en Actes 28.

En outre il est important de voir la différence des paroles du Seigneur à la fin de l’évangile de Matthieu. Il parle là que toute puissance Lui a été donnée au ciel comme sur terre, et qu’Il sera avec nous jusqu’à la consommation (ou : accomplissement) du siècle (Matt. 18:18-20). Dans l’évangile de Marc, nous ne lisons pas du tout que le Seigneur opérerait des signes aussi longtemps que cela. Comme nous le voyons, les prédictions du Seigneur aux apôtres se sont accomplies presque littéralement. Toutes même ont été accomplies, pas seulement une ou deux ! C’est pourquoi il est remarquable qu’aujourd’hui seules certaines de ces choses sont mises en avant comme étant des dons particuliers.

Il s’agit ici de signes par lesquels, au commencement de l’époque ou dispensation chrétienne, Dieu confirmait que l’annonce de l’Évangile se produisait dans le cadres de la mission qu’Il confiait. De la même manière, Il avait légitimé autrefois Moïse comme étant Son serviteur par des signes devant le Pharaon. L’auteur de l’épître aux Hébreux rappelle ces signes aux environs de l’an 60, en disant : « Comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut, qui, ayant commencé par être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu, Dieu rendant témoignage avec eux par des signes et des prodiges, et par divers miracles et distributions de l’Esprit Saint, selon sa propre volonté ? » (Hébreux 2:3-4).

Les nouvelles langues mentionnées par le Seigneur en Marc 16, ne sont pas nouvelles dans le sens qu’elles n’aient jamais été entendues, ou qu’elles étaient nouvelles pour ceux qui les entendaient. Il s’agissait de langues qui étaient nouvelles pour ceux qui parlaient. C’était d’autres langues que celles qu’ils connaissaient jusque-là. Cela ressort aussi du mot grec utilisé pour dire « nouveau » (kainos). Il signifie quelque chose de nouveau dans la mesure où cela n’a pas encore été, ou en contraste avec ce qui avait lieu à sa place jusque-là. En grec, il y a un autre mot (neos) qui signifie également « nouveau », mais dont le sens est « jeune, frais, pas encore vieux ». Ce n’est pas ce que notre passage veut dire.

 

4.3.2        Actes 2:4-13

Ceci est confirmé par l’occurrence suivante du mot « langue ». Après l’effusion du Saint Esprit du ch. 2, les disciples commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur en donnait le don. Ces autres langues sont énumérées aux v. 8-11 ; il s’agit bien des nouvelles langues annoncées par le Seigneur en Marc 16:17. Les disciples qui parlaient araméen chez eux, et aussi grec (koine), parlaient maintenant environ 16 langues ou dialectes par la puissance du Saint Esprit.

On entend souvent l’opinion selon laquelle les disciples parlaient dans leur propre langue, mais que les auditeurs entendaient chacun dans sa propre langue. On utilise les v. 6, 8 et 11 à l’appui de cette opinion, car ces versets parlent d’entendre les discours. Cependant il est dit expréssément aux v. 6 et 11 qu’ils les entendaient parler dans leur langue. Deuxièmement nous avons lu au v. 4 qu’ils parlaient dans d’autres langues. Ce n’était donc pas un miracle au niveau de l’audition, mais un vrai miracle au niveau du parler.

Ce passage montre clairement deux choses : d’abord que les langues « nouvelles et autres » étaient des langues effectivement parlées sur la terre, mais des langues étrangères pour les disciples qui, jusqu’alors, ne les avaient jamais ni apprises ni parlées. Il ne peut donc y avoir aucun doute que nous avons là la véritable origine et le véritable but du don de parler en langues.

Deuxièmement il est clair que ce don à été donné par Dieu par le moyen du Saint Esprit pour annoncer « les choses magnifiques de Dieu », c’est-à-dire l’œuvre de Christ et les conséquences richement bénies pour ceux qui croient. Le résultat de cette prédication étonnante figure au v. 41 : « En ce jour-là furent ajoutées environ trois mille âmes » (Actes 2:41).

À ces hommes non instruits, Dieu a donc donné, d’une manière surnaturelle et spirituelle, la capacité de parler en des langues qu’ils n’avaient pas apprises.

Ils annonçaient dans ces langues les choses magnifiques de Dieu, c’est-à-dire l’Évangile.

Ils furent compris des personnes présentes, qui étaient des incroyants, parce qu’ils leur prêchaient dans leur propre langue.

Ce que le Seigneur avait annoncé en Marc 16:17 devint une réalité déjà au jour de la Pentecôte. On voit par-là très clairement l’intention de Dieu lorsqu’Il a donné le don de parler en langues. Il est donc faux et irresponsable de prendre ce passage d’Actes 2 comme une particularité ponctuelle et d’expliquer autrement tous les autres passages suivants. Non, c’est justement ce passage qui éclaire ceux qui suivent.

 

4.3.3        Actes 10:46 et 19:6

Dans le récit du salut apporté à Corneille et aux siens, il est aussi mentionné qu’ils parlèrent en langues et louèrent Dieu. Corneille était sans doute déjà un homme converti et né de nouveau avant la visite de Pierre. Mais il lui manquait la connaissance de l’œuvre accomplie de Christ, et donc de l’évangile du salut. En Éph. 1:13 il est dit clairement que sont scellés du Saint Esprit ceux qui ont cru à cette « parole de vérité, l’évangile de votre salut ».

Jusque-là, les païens ne jouissaient pas des bénédictions accordées par Dieu à Israël.

Pierre qui avait dû premièrement être lui-même enseigné à cet égard, annonça à Corneille et à sa maison que « quiconque croit en Lui reçoit la rémission des péchés par Son nom » (Actes 10:43). Corneille et les autres acceptèrent cela pour eux par la foi, et l’Esprit Saint tomba immédiatement sur tous ceux qui entendaient la Parole. Des gens provenant des païens, des nations, venaient maintenant « officiellement » à la foi chrétienne et dans le domaine de bénédiction de Dieu (les Samaritains d’Actes 8 n’étaient bien sûr pas des Juifs au sens strict du mot, ni non plus l’eunuque). Comme preuve de cela, on les entendit à ce moment-là parler en langues et louer Dieu. Dieu rendait par-là témoignage que Juifs et nations étaient bénis de la même manière en Christ. Corneille et les siens qui avaient accepté la Parole, reçurent le Saint Esprit comme les Juifs au jour de la Pentecôte. Pierre le confirme formellement dans son récit du chapitre suivant (11:15-16) : « Et comme je commençais à parler, l’Esprit Saint tomba sur eux, comme aussi [il est tombé] sur nous au commencement. Et je me souvins de la parole du Seigneur, comment il a dit : Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint » (Actes 11:15-16).

Le parler en langues n’était pas du tout un accompagnement nécessaire de la réception du Saint Esprit, sinon les Samaritains du chapitre 8 auraient dû également parler en langues. Non, c’était un signe que Dieu faisait participer les nations aux mêmes bénédictions et de la même manière que les Juifs.

La même chose est arrivée avec une douzaine de disciples à Éphèse (Actes 19:1-7), sauf qu’ici ce n’est pas Pierre ni l’un des douze apôtres appelés par le Seigneur sur la terre qui fut l’instrument de la grâce, mais Paul, l’apôtre des nations appelé par le Seigneur glorifié. Le prédicateur de l’évangile de la gloire n’est pas en retrait par rapport aux autres apôtres, mais il est sur le même terrain qu’eux.

Les disciples d’Actes 19 n’avaient pas encore reçu l’Esprit Saint parce qu’ils ne savaient même pas encore qu’Il était venu ! Ils connaissaient la prédication de Jean le Baptiseur et étaient baptisés de son baptême. Un chrétien n’est toutefois que quelqu’un qui possède le Saint Esprit, par lequel il est membre du corps de Christ. Mais ces croyants (car ils en étaient bien), se trouvaient pour ainsi dire encore sur le terrain de l’Ancien Testament. Le fait qu’ils aient cru ne voulait pas dire qu’ils étaient chrétiens. Jean le Baptiseur non plus n’était pas chrétien, ni David, ni Abraham ni Noé etc. Ils étaient nés de nouveau, mais cela ne suffit pas à faire un chrétien ! Un chrétien n’est pas seulement né de nouveau, c’est-à-dire né de l’Esprit, mais il a cru à l’œuvre du Seigneur à la croix et possède le Saint Esprit (comparer Jean 3:3,5 & Éph. 1:13 & Rom. 8:9b).

Dans cette occasion, Paul fut l’instrument pour amener ces gens nés de nouveau à la position chrétienne. Comme Paul leur imposait les mains, l’Esprit Saint vint sur eux et ils parlèrent en langue et prophétisèrent, comme cela était arrivé dans la maison de Corneille.

Par ces événements, nous voyons qu’aussi bien les Juifs que les païens, les non-croyants comme ceux qui croyaient déjà, tous reçurent le Saint Esprit par la foi en l’évangile de Jésus désormais annoncé. Le signe extérieur du parler en langues prouvait qu’ils étaient tous sur le même terrain que ceux qui maintenant appartenaient au corps de Christ sur la terre, à Son assemblée.

Or ceux qui reçurent le Saint Esprit ne parlèrent pas tous en langues ! Pour les Samaritains, l’eunuque, le geôlier de Philippes, on n’en trouve aucune mention. Selon le récit inspiré du livre des Actes, les passages mentionnés sont les seuls cas où il y eut du parler en langues, pour des raisons très compréhensibles spéciales à ces cas.

Il est dès lors tout à fait incompréhensible que presque tous les commentateurs du livre des Actes fassent une différence entre les événements du ch. 2 et ceux des ch. 10 et 19. Il n’y a guère de commentateurs pour contester qu’au chapitre 2 on parla réellement des langues étrangères qui n’avaient pas été apprises ; mais subitement aux ch. 10 et 19, le même mot (glossa) désignerait un « parler extatique pour glorifier Dieu » (A. C. Gaebelein) ou « un parler en langues dans un état d’extase » (W. Barclay) ! Nous n’avons aucune raison de douter que dans les trois cas il s’agît d’un parler en langues étrangères produit par l’Esprit.

 

4.3.4        1 Corinthien 12 à 14

En 1 Cor. 12 à 14, spécialement au ch. 14, l’apôtre a écrit très en détail sur le parler en langues. L’assemblée de Corinthe se composait principalement de païens convertis, et l’apôtre leur rendait témoignage qu’ils avaient été enrichis de toute manière en Christ, en toute parole et en toute connaissance, de sorte qu’ils ne manquaient d’aucun don de grâce (1 Cor. 1:5-7). Or bien qu’ils fussent si richement bénis par Dieu, ils étaient spirituellement dans un état misérable. Ils étaient divisés en partis (1:11-13 & 3:3-4), ils supportaient une fornication déshonorante (5:1-2 & 6:13-17), ils se traînaient devant les tribunaux (6:1-7), et plusieurs autres choses sont l’objet de la réprobation de l’apôtre dans cette épître.

À partir du ch. 12, l’apôtre les enseigne sur les devoirs des membres du corps de Christ, et il énumère différents dons dans les versets 8 à 10 et 28. Il est remarquable que, dans les deux cas, les dons de grâce de parler en langues ou d’interprétation des langues figurent à la fin de l’énumération. Le parler en langues n’était pas un don élevé, comme la parole de sagesse, ou comme les apôtres qui sont à la première place en tant que fondateurs de l’assemblée. Le parler en langues était un don-signe comme la guérison de malades, et pour exercer ces dons, il n’était pas nécessaire d’avoir une grande connaissance des pensées de Dieu : ils n’étaient pas donnés pour l’édification des croyants, mais comme signe pour les incroyants qui comprenaient ces langues étrangères.

Il est en outre frappant et important que Paul pose la question suivante en 1 Cor. 12:29-30 : « Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous [font-ils] des miracles ? Tous ont-ils des dons de grâce de guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? » (1 Cor. 12:29-30). À toutes ces questions la réponse à donner est : non ! Paul montre dans ce chapitre que tous les membres n’ont pas la même mission ni le même don. C’est pourquoi il est contraire à l’Écriture de dire, comme on le fait aujourd’hui, que tous peuvent ou même doivent posséder le don de parler en langues.

 

4.3.5        Le don d’interprétation

Une explication est nécessaire en rapport avec le don d’interprétation (1 Cor. 12:10,30). On pourrait objecter ceci à l’explication du don de parler en langues : s’il s’agit vraiment et simplement de parler des langues étrangères sans que le prédicateur ait à les apprendre, et qu’il peut les parler par l’Esprit de Dieu, alors l’interprétation serait purement une tâche de traduction. Or tous les traducteurs ont à apprendre cette tâche et à l’exercer, et il n’y a pas besoin de don de grâce pour cela. — Mais ce serait méconnaître que le parler en langues plus l’interprétation est quelque chose de semblable à la prophétie (le ch. 14 en dit davantage à cet égard). Le message qui est annoncé en langue étrangère ne doit pas être simplement traduit, mais aussi exposé (interprété). La Parole de Dieu n’était pas encore complète de sorte que de nouvelles vérités étaient révélées. Si cela avait lieu en langues étrangères, c’est-à-dire par le moyen du parler en langues, il fallait autant traduire qu’exposer. Voilà à quoi servait le don d’interprétation.

 

4.3.6        1 Cor. 13:1-2 — la langue des anges

En 1 Cor. 13:1 l’apôtre Paul écrit : « Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante ». Comme nous l’avons vu, les langues dans lesquelles les croyants parlaient étaient des langues étrangères humaines. Que veut dire l’apôtre Paul quand il parle de langue des anges ? Nous ne pouvons pas déduire de ce passage qu’il ait lui-même parlé une telle langue ! Paul a l’habitude de se donner en exemple pour expliquer quelque chose (comparer 1 Cor. 4:6 & Rom. 7:7-25). Ici en 1 Cor. 13 il ajoute au v. 2 : « Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi… », mais au v. 9 il dit : « Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ». Paul prend donc clairement un cas hypothétique à l’aide duquel il veut expliquer aux Corinthiens quelle est la portée du manque d’amour. C’est pourquoi il ne faut nullement faire dévier ses paroles pour leur faire dire que lui ou d’autres aient parlé la langue des anges, ou même que le « parler en langues » équivaut à la « langue des anges ». Si nous admettons que Paul ne possédait pas la connaissance de tous les mystères ni toute connaissance, mais qu’il suppose un cas qui n’est pas arrivé, alors la première phrase aussi est une hypothèse de ce genre. — Sur la question de savoir ce que sont ces langues des anges, nous ne pouvons nous avancer davantage. Il est cependant clair que ces êtres qui sont des esprits doivent disposer d’un langage comme moyen de communication (comparer És. 6:3 & Zach. 3:4 & Jude 9).

 

4.3.7        1 Cor. 14

En 1 Cor. 14 Paul entre dans des détails sur le parler en langues. Nous retirons de ce chapitre l’impression que les Corinthiens étaient aussi enthousiastes des dons de grâce accordés par Dieu, que des enfants qui ont un nouveau jouet. Cela se sentait spécialement fort avec le parler en langues. C’est pourquoi l’apôtre doit spécialement les reprendre sérieusement à cet égard. Ce chapitre n’est nullement une instruction à « parler en langues », mais c’est une exhortation sérieuse à utiliser correctement les dons de grâce donnés par Dieu à Son assemblée.

Comme nous l’avons vu, le don de parler en langues étrangères avait été donné par Dieu comme signe pour les incroyants. Les gens qui avaient entendu dans leur propre langue les « choses magnifiques de Dieu » devaient être par-là convaincus et amenés à faire demi-tour. 1 Cor. 14:22 le confirme : « c’est pourquoi les langues sont un signe, non pas aux croyants, mais aux incrédules ».

Cette section contient encore d’autres instructions importantes. Au v. 21 Paul fait une traduction libre d’Ésaïe 28:11-12 : « C’est en d’autres langues et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple ; et même ainsi, ils ne m’écouteront pas, dit le Seigneur » (1 Cor. 14:21). Il ressort du contexte d’Ésaïe 28 qu’Israël n’avait pas écouté les prophètes envoyés par Dieu. C’est pourquoi Dieu avertissait Son peuple, et Il annonçait un jugement punitif par le moyen de l’Assyrien qui, du point de vue d’Israël, parlait « avec des lèvres bégayantes et en une langue étrangère ». Israël devait en être humilié. Paul cite ces paroles apparemment dans un tout autre contexte. Mais maintenant, les Juifs n’avaient-ils pas rejeté quelqu’un de plus grand que les prophètes, à savoir leur Messie ? C’est pourquoi Dieu établissait par le don des langues un signe de jugement sur Son peuple terrestre qui allait désormais être mis de côté pour un temps. En même temps il devenait cependant clair que l’évangile de la grâce annoncé dans les langues des nations païennes, était destiné à tous les peuples de la terre. Or maintenant comme au temps d’Ésaïe, le peuple Juif dans son ensemble n’écoutait pas la voix de Dieu.

Par exemple au lieu d’aller au port de Corinthe pour y apporter l’évangile à tous les marins en provenance de tous les pays, et de leur parler en faisant usage de leur don de parler en langues, les Corinthiens s’amusaient à exercer ce don spectaculaire dans leurs réunions. Or là personne ne les comprenait. C’est pourquoi l’apôtre Paul les reprend. Tout le chapitre 14 traite des réunions d’assemblée à Corinthe comme cela ressort clairement des versets 4, 5, 12, 19, 23-35.

Il faut comprendre que ceux qui, dans une assemblée, parlent en langues, ne s’adressent pas à Dieu, mais aux hommes. Personne ne comprenait, bien que ce fût l’exercice d’un don de grâce donné par Dieu, et même que cela exprimât peut-être des mystères en esprit, c’est-à-dire des choses non encore révélées (1 Cor. 14:2). Les mystères dans le Nouveau Testament sont toujours des choses qui n’étaient pas connues jusque-là, mais qui sont maintenant révélées, et qui ne sont pourtant comprises que par des chrétiens ayant du sens spirituel (comparer spécialement 1 Cor. 15:51 & Éph. 3:3-5).

Celui qui parle en langue dans une réunion des croyants se borne à s’édifier lui-même. Est-ce là le but quand on parle dans une réunion ? C’est pourquoi Paul requiert que quelqu’un interprète ce qui est dit afin que l’assemblée reçoive de l’édification (v. 4, 5, 6, 9, 13). Il en est de même pour la prière et la louange dans une langue que personne ne comprend (v. 14-17).

Un argument supplémentaire de l’apôtre consiste à signaler l’impression produite sur des incroyants ou des ignorants par le parler en langues dans une réunion.

S’ils ne comprennent pas ces langues, ne diront-ils pas que ceux qui sont réunis sont hors de sens ? (1 Cor. 14:23). Finalement l’apôtre donne une instruction encore valable aujourd’hui. L’épître aux Corinthiens est adressée « à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe… ainsi qu’à tous ceux qui, en tous lieux, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ » (1 Cor. 1:2). Cette instruction est formulée de la manière suivante : « Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi. Et si elles veulent apprendre quelque chose, qu’elles interrogent leurs propres maris chez elles, car il est honteux pour une femme de parler dans l’assemblée » (1 Cor. 14:34-35). Combien sont nombreuses les communautés chrétiennes qui, aujourd’hui, s’assoient allègrement sur cette parole ! Or justement quand il est question du soi-disant parler en langues, les femmes jouent souvent un rôle prépondérant dans les réunions, ce qui va clairement à l’encontre de la Parole de Dieu. Ce seul fait devrait faire réfléchir tout chrétien sérieux. « Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu » (1 Jean 4:1).

Certes l’apôtre concède aux Corinthiens l’exercice du parler en langues dans leurs réunions (c’est un don de grâce de Dieu), mais il ne le fait que sous deux conditions : d’abord seulement deux, tout au plus trois peuvent parler l’un après l’autre, et deuxièmement il faut quelqu’un qui interprète. Si cela manque, il n’est pas permis de parler en langues à haute voix (1 Cor. 14:27-28).

Nous avons maintenant passé en revue rapidement ce que dit l’Écriture Sainte sur le don de grâce du parler en langues. C’est un don donné par Dieu qui, comme les dons de grâce de guérison, doit être exercé à Sa gloire et comme signe pour les hommes.

 

4.3.8        Y a-t-il encore aujourd’hui un parler en langues ? — Éphésiens 4

Nous ne trouvons pas dans le Nouveau Testament d’indication claire et certaine que les dons-signes comme le parler en langues et les dons de grâce de guérisons ne doivent plus exister dans les temps ultérieurs. Mais d’un autre côté il n’est écrit nulle part non plus qu’ils doivent subsister jusqu’à la fin de la période chrétienne ! Certains diront peut-être : ce n’est pas un argument ! En réponse à cela, nous attirons l’attention sur un passage où le Saint Esprit dit expressément que certains dons subsisteront : « Et lui, a donné les uns [comme] apôtres, les autres [comme] prophètes, les autres [comme] évangélistes, les autres [comme] pasteurs et docteurs ; en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Éph. 4:11-13).

Ici, le Seigneur Jésus voit devant Lui Son assemblée comme Son corps, et Il la voit depuis le moment où les apôtres et prophètes du Nouveau Testament en ont posé le fondement au commencement (Éph. 2:20 & 3:5), jusqu’au moment où sera atteinte la mesure de la stature [ou : la pleine croissance] de la plénitude du Christ. Voilà le but du ministère (ou : service) des dons. Mais cela sera-t-il atteint sur la terre ? Y aura-t-il ici-bas une unité de la foi et une unité de la connaissance du Fils de Dieu chez tous les chrétiens ?

Chaque lecteur peut trouver lui-même la réponse en considérant l’état présent de la chrétienté. Cependant quand l’Assemblée sera glorifiée (peut-être bientôt), et qu’elle sera unie à sa tête glorifiée dans le ciel, étant sans tache ni ride ni rien de semblable, alors Son but sera atteint ! Jusqu’à ce moment-là, le Seigneur, comme Sauveur du corps, s’emploie à l’édification de Son corps, par le Saint Esprit, par Sa Parole, mais aussi par le moyen des dons d’évangélistes, de pasteurs, de docteurs (ou : enseignants), et cela « jusqu’à ce que nous parvenions tous… ». Il n’y a pas un seul mot au sujet de langues ou de guérisons ! Ces dons-signes n’étaient pas donnés pour l’édification du corps, mais comme signes de la puissance et de l’activité de Dieu. Aujourd’hui, tous ceux qui veulent connaître les choses magnifiques de Dieu et Son action en salut peuvent ouvrir la Parole de Dieu complète. Ils y trouveront tout ce qui est nécessaire au salut de leur âme et à une marche bienheureuse.

 

4.4   Autres arguments sur la disparition des dons-signes et du parler en langues

Il y a en outre des arguments très forts pour montrer que les dons-signes du parler en langues et de guérisons n’avaient leur place que dans les premiers temps de l’assemblée de Dieu.

 

4.4.1        Verbe au temps passé en Héb. 2:4

Quand l’écrivain de l’épître aux Hébreux (rédigée au commencement des années soixante, au premier siècle de l’ère chrétienne) parle dans le passage déjà mentionné (2:4) de signes, de prodiges, de divers miracles et distributions de l’Esprit Saint, il s’exprime au passé : « un si grand salut… nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu, Dieu rendant témoignage avec eux par des signes… » (Héb. 2:3-4). Cela laisse entendre que ces choses extraordinaires dont fait partie le parler en langues faisaient déjà partie du passé à cette époque.

 

4.4.2        Les langues « cesseront » en 1 Cor. 13

Cette pensée est confirmée par 1 Cor. 13:8-10 : « L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin ».

L’amour divin demeure éternellement, car il est l’Être de Dieu. Mais le moment vient où ni prophétie ni connaissance à acquérir ne seront plus nécessaires : cela aura lieu quand ce qui est parfait sera venu, à la venue du Seigneur pour enlever les Siens. Alors il n’y aura plus rien de partiel, cela aura eu sa fin. Le verbe grec utilisé ici (katargeo) signifie aussi « anéantir, extirper, détruire » etc. Mais en contraste, il est dit des langues qu’elles cesseront. Le verbe grec utilisé ici (pauo) signifie aussi « délaisser, diminuer, arriver au repos » etc. La prophétie et la connaissance, tout ce qui est partiel, aura sa fin quand le Seigneur reviendra, mais les langues cesseront. C’est une indication supplémentaire que les langues cesseront à un moment autre que la prophétie et la connaissance, et cela ne peut que signifier à un moment antérieur — tandis que la prophétie et la connaissance partielle auront leur fin seulement à l’enlèvement de l’Épouse.

 

4.4.3        Parallèle avec les miracles de Moïse à la sortire d’Égypte

Mentionnons encore le parallèle entre les miracles que fit Moïse avant la sortie d’Égypte, et les signes que le Seigneur annonce aux Siens en Marc 16, qui ont tous trouvé leur accomplissement dans les premiers temps du christianisme et sont décrits dans le livre des Actes. Les signes et miracles en rapport avec la sortie du peuple d’Israël d’Égypte ne durèrent pas non plus. Comme en Héb. 2:4, Deut. 26:8 dit en regardant en arrière : « Et l’Éternel nous fit sortir d’Égypte à main forte, et à bras étendu, et avec une grande terreur, et avec des signes et des prodiges ». Du point de vue prophétique, la sortie d’Égypte est une image du commencement de l’Église chrétienne sur la terre. Il est caractéristique que le parallèle aille jusque dans de pareils détails.

 

4.4.4        Aucune mention des langues dans l’histoire de l’église

Dans les écrits des pères de l’église des trois ou quatre premiers siècles, on ne trouve aucune indication que le parler en langues ait duré plus que les premières décennies de la chrétienté. Seul Eusèbe (environ 260 à 339) fait une déclaration sur le parler en langues dans sa description de l’activité de l’hérétique Montanus qui prétendait être le Paraclet (Consolateur) promis. La vérité de la déclaration de 1 Cor. 13:8 par le moyen est ainsi confirmée très clairement par l’histoire de l’église.

 

4.5   Et si on avait le parler en langues aujourd’hui…

Pour conclure, une question sérieuse se pose à nos cœurs et à nos consciences. Les chrétiens sont déchirés et divisés entre eux. L’unité de l’Esprit n’a plus été gardée en général. C’est un fait profondément humiliant. Si Dieu rendait témoignage « avec eux » (Héb. 2:4) encore aujourd’hui par le moyen de ces miracles, où et dans quel groupe de chrétiens devrait-Il le faire ? Y a-t-il un groupe de croyants qui pourrait prétendre qu’il a gardé le premier amour, qu’il a gardé la Parole de Dieu et n’a pas renié le nom du Seigneur ? (Apoc. 2 & 3). Le plus élevé de ce que le Seigneur accorde dans l’épître à Philadelphie, c’est d’avoir peu de force. Si ces signes opérés de Dieu se reproduisaient encore aujourd’hui, ne s’ensuivrait-il pas de l’orgueil spirituel ?

La situation pratique est que les milieux où le « parler en langues » est compris comme un effet spécial de l’Esprit et où on s’efforce de l’appliquer, ceux-là parlent continuellement de ce qu’il manque autre chose qui est essentiel à la vie de foi et à la vie d’assemblée. Ce qui manque le plus aujourd’hui, c’est l’esprit de sobre bon sens, la pondération et l’attachement à la Parole de Dieu.

 

5                        Les soi-disant « prophéties » et « révélations »

« Mon peuple est détruit faute de connaissance » disait Dieu au prophète Osée (4:6). Malheureusement aujourd’hui aussi on doit constater un manque lamentable de connaissance des pensées de Dieu chez beaucoup de chrétiens. Combien de croyants sont-ils en mesure d’expliquer ce que l’Écriture, spécialement le Nouveau Testament, entend par « prophétie » ? C’est pourtant la condition fondamentale pour faire face à tant d’idées et de déclarations fausses ! Combien de croyants sont influencés et même entraînés par les prétentions des charismatiques à l’égard des soi-disant prophéties ou révélations ! Le sobre bon sens se révèle nécessaire, et l’exemple des Béréens nous montre la bonne direction encore aujourd’hui. Quand le grand apôtre Paul leur annonça l’évangile, ils reçurent la Parole avec toute bonne volonté, mais en même temps ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi (Actes 17:11).

 

5.1   Prophéties

Examinons d’abord ce que dit le Nouveau Testament des prophètes et prophéties. L’idée courante mais fausse est qu’un prophète est quelqu’un qui prédit les choses à venir. Cependant si nous lisons par exemple les livres des prophètes de l’Ancien Testament Jonas et Aggée, nous constatons qu’il n’y a que peu, voire pas du tout, de prédictions du futur. Jonas avait la tâche, sur ordre de Dieu, d’appeler les gens de Ninive à la repentance. Il était une sorte d’évangéliste.

Aggée reçut de la part de Dieu la mission d’appeler le résidu d’Israël devenu faible et mondain à se retourner. Seul le dernier de ses quatre oracles contient une vision anticipée de la fin des temps et du Messie (Aggée 2:21-23).

Certes la plupart des prophètes de l’Ancien Testament comme Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et Daniel ont annoncé des choses futures. Mais ce n’est pas la caractéristique principale d’un prophète. Un Élie ou un Élisée se sont adressés en premier lieu à a conscience du peuple. Élie dit au début de son service : « L’Éternel, le Dieu d’Israël est vivant, devant la face duquel je me tiens… » (1 Rois 17:1). C’est la caractéristique d’un prophète de se tenir dans la présence immédiate de Dieu, et d’être en communion pratique avec Lui. De cette communion avec Dieu, il peut dire quelles sont les pensées de Dieu qui mettent dans la lumière divine l’état actuel de celui qui reçoit le message. C’est ce que l’apôtre Pierre requiert des croyants : « Si quelqu’un parle, qu’il parle comme oracle de Dieu » (1 Pierre 4:11), c’est-à-dire qu’il prononce des paroles qu’il a reçues dans la communion immédiate avec Dieu, et qui sont donc appropriées à l’état des auditeurs au moment où il parle, pour toucher leur conscience. Le mot grec « logia » traduit par « oracle » désigne aussi l’oracle des dieux grecs païens.

Le ministère (ou : service ; ici et ailleurs) d’un docteur (ou : enseignant) est utile pour ceux qui sont disposés spirituellement et ont de l’intérêt pour les choses du Seigneur. Mais le ministère des prophètes atteint aussi les consciences de ceux qui sont devenus non-spirituels ou indifférents. « Mais si tous prophétisent, et qu’il entre quelque incrédule ou quelque homme simple, il est convaincu par tous, [et] il est jugé par tous : les secrets de son cœur sont rendus manifestes ; et ainsi, tombant sur sa face, il rendra hommage à Dieu, publiant que Dieu est véritablement parmi vous » (1 Cor. 14:24-25).

Ayant éclairci ce point, nous pouvons mieux comprendre ce qui est dit en 1 Cor. 14 sur la prophétie. Dans cette section l’apôtre met en garde les Corinthiens contre le danger de surestimer le don de parler en langues, et les invite à s’appliquer à prophétiser. « Poursuivez l’amour, et désirez avec ardeur les [dons] spirituels, mais surtout de prophétiser » (1 Cor. 14:1). Prophétiser est un don de grâce de Dieu. C’est à ce ministère que les Corinthiens devaient aspirer en premier lieu. Il implique cependant que tous ceux qui prophétisent soient en communion étroite avec le Seigneur. Celui qui exerce ainsi le ministère de prophétie « parle aux hommes pour l’édification, et l’exhortation, et la consolation… celui qui prophétise édifie l’assemblée » (1 Cor. 14:3-4). « Et que les prophètes parlent, deux ou trois, et que les autres jugent… Car vous pouvez tous prophétiser un à un, afin que tous apprennent et que tous soient exhortés » (1 Cor. 14:29,31). Ce ministère exige plus que tout autre en pratique d’avoir pour but la vie de foi de l’assemblée. Il s’ensuit que nous comprenons bien que l’apôtre écrive aux Corinthiens : « Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues » (1 Cor. 14:5). Mais ce ministère est aussi soumis comme tous les autres au jugement des autres croyants.

Selon le témoignage du Nouveau Testament, le ministère prophétique était aussi exercé par des sœurs (Actes 21:9 & 1 Cor. 11:4-5), mais seulement en dehors des réunions d’assemblée des croyants, car selon la Parole de Dieu il convient aux femmes de se taire dans les assemblées (1 Cor. 14:34-35).

 

5.2   Révélations

Au temps où les fondements de l’assemblée de Dieu sur la terre étaient posés, le don de prophète avait une position particulière qui se rapprochait des apôtres. En 1 Cor. 12:28-29, les prophètes sont nommés en seconde position après les apôtres dans la série des dons : « Et Dieu a placé les uns dans l’assemblée : - d’abord des apôtres, en second lieu des prophètes, en troisième lieu des docteurs » (comparer Éph. 4:11). En Éph. 2:20 les apôtres et prophètes sont désignés comme fondement de l’édifice divin : « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin, en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur, en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2:20-22). Le fait de cette position particulière que les prophètes ont en commun avec les apôtres est expliqué en Éph. 3:5. Il est question, là, du mystère de Christ, « lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit ».

Ces prophètes du Nouveau Testament ont reçu des révélations de la part de Dieu qui étaient nécessaires pour l’édification et l’enseignement de l’assemblée de Dieu. Ce qui était révélé aux apôtres et prophètes étaient des mystères (= secrets) jusque-là cachés en Dieu. En eux la sagesse de Dieu a été déployée pour les croyants du temps présent (1 Cor. 2:7), et toutes les richesses de la gloire de Dieu y sont contenues (Col. 1:26). Il est parlé du mystère de l’évangile (Éph. 6:19) et du mystère de Christ (Éph. 3:4 & Col. 4:3). Ce mystère contient la gloire de Christ, le Fils de l’homme à la droite de Dieu, et l’union avec Lui des croyants qui appartiennent à Son corps, Lui ayant été donné comme tête sur toutes choses à l’Assemblée.

Toutes les vérités liées à ce mystère glorieux ont été révélées aux prophètes du Nouveau Testament par l’Esprit de Dieu. Cela n’a pas eu lieu d’un coup, mais au cours des premières années de la chrétienté. Paul a été un instrument particulier, un vase choisi, que Dieu a préparé dans ce but. En rapport avec l’administration de la grâce de Dieu, ce mystère lui a été communiqué par révélation (Éph. 3:2) ; Dieu lui a accordé une intelligence spéciale dans le mystère du Christ (Éph. 3:4), et finalement la grâce lui a été donnée d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ, et de mettre en lumière devant tous quelle est l’administration de ce mystère (Éph. 3:8-9).

Le cercle des révélations de Dieu s’est achevé par la communication de ce mystère en rapport avec Christ et Son Assemblée. Comme serviteur de l’assemblée, Paul a été appelé selon l’administration de Dieu à compléter la Parole de Dieu (Col. 1:25). Il a mis en lumière des mystères jusque-là inconnus. Certes il n’a pas été le dernier écrivain du Nouveau Testament, mais après lui rien de fondamental n’a plus été révélé.

Tant que le Nouveau Testament n’était pas complet, de nouvelles révélations ont encore été données. C’est ce dont il est question en 1 Cor. 14, où Paul écrit : « Et maintenant, frères, si je viens à vous…, en quoi vous profiterai-je, à moins que je ne vous parle par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine ? » (1 Cor. 14:6). L’instruction des croyants est divisée ici en quatre parties différentes. La révélation est la communication de vérités nouvelles, jusque-là inconnues. La connaissance est la compréhension des pensées divines (comparer 1 Cor. 12:8). La prophétie comme la révélation peut contenir la communication de choses nouvelles et futures, mais elle peut aussi avoir pour but d’éclairer la conscience des auditeurs, comme nous l’avons vu. Mais prophétie et révélation, ce n’est pas la même chose ! Enfin, l’enseignement, c’est de l’instruction dans les pensées de Dieu, spécialement l’exposé ou interprétation de l’Écriture Sainte.

Aux premiers temps avant que le Nouveau Testament fût complet, des révélations plus fréquentes pouvaient bien arriver dans le ministère oral des croyants. « Quand vous vous réunissez, chacun de vous a un psaume, a un enseignement, a une langue, a une révélation, a une interprétation : que tout se fasse pour l’édification… et s’il y a eu une révélation faite à un autre qui est assis, que le premier se taise » (1 Cor. 14:26, 30). Depuis que le cercle des révélations et des communications divines par le moyen des écrivains du Nouveau Testament est clos, il n’y a plus de nouvelles révélations. Paul a été l’instrument par lequel la Parole de Dieu a été complétée. Dans le dernier livre de la Bible, il est dit expressément : « Moi, je rends témoignage à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu’un ajoute à ces choses, Dieu lui ajoutera les plaies écrites dans ce livre ; et que si quelqu’un ôte quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part de l’arbre de vie et de la sainte cité, qui sont écrits dans ce livre » (Apoc. 22:18-19).

Pour conclure, résumons encore une fois brièvement ce que dit le Nouveau Testament sur les prophéties et les révélations :

a)         Une révélation est une communication d’une nouvelle pensée de Dieu, encore inconnue jusque-là. Depuis que le Nouveau Testament est achevé, il n’y a plus de nouvelle révélation sur la vérité du christianisme.

b)        La prophétie ou ministère prophétique est un discours produit par le Saint Esprit et provenant de la communion directe avec Dieu, pour toucher les cœurs et les consciences de ceux qui écoutent et pour les édifier. Dans la mesure où il s’agissait de communications sur de nouvelles vérités au temps de la formation du Nouveau Testament, ce ministère ressemblait à celui de la révélation, et ce qui a été dit au point précédent est aussi valable pour ce ministère. Cependant dans la mesure où il s’agit « d’oracles de Dieu » (1 Pierre 4:11), c’est-à-dire que la Parole de Dieu est dirigée vers les cœurs et les consciences pour les placer dans sa lumière, nous croyons que ce ministère subsiste encore aujourd’hui.

 

Le grand nombre de soi-disant révélations ou prophéties non accomplies des prophètes chrétiens modernes devrait faire réfléchir tout chrétien qui éprouve de l’attrait pour ces choses. Certes il y a aussi beaucoup de prophéties et de promesses de Dieu dans l’Écriture Sainte qui ne sont pas encore accomplies. L’apôtre Pierre dit ceci à leur égard : « Et nous avons la parole prophétique [rendue] plus ferme, (à laquelle vous faites bien d’être attentifs, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur), jusqu’à ce que [le] jour ait commencé à luire et que [l’]étoile du matin se soit levée dans vos cœurs, sachant ceci premièrement, qu’aucune prophétie de l’écriture ne s’interprète elle-même. Car [la] prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pierre 1:19-21).

 

6                        Les soi-disant « guérisons par la prière »

Qui n’a pas encore entendu parler dans des conversations de soi-disant « guérisons par la prière » ? C’est un sujet de conversation quasiment inépuisable. Or nous affirmons que cette expression ne se trouve même pas dans l’Écriture Sainte. On pourrait objecter qu’en soi, il n’y a rien d’extraordinaire à cela. Mais cela nous donne l’occasion d’attirer l’attention sur le fait que des pensées non-scripturaires se rattachent facilement à des expressions qui n’ont pas l’appui de l’Écriture.

Or c’est justement ce qui arrive avec les soi-disant guérisons par la prière. On nous répète toujours la même question : « Dieu ne peut-il plus faire de miracles aujourd’hui ? ». Comme réponse je voudrais mentionner une circonstance qui s’est déroulée il y a bien des années dans une famille croyante en Frise orientale. Le cancer s’était déclaré chez une jeune mère de plusieurs enfants. Une série d’examens fut pratiquée pour aboutir à la conclusion que le cancer était déjà à un stade très avancé. Pour qu’on l’opère, cette femme croyante fut transférée dans une clinique universitaire très éloignée, bien que l’opération ne présentât guère de chances de succès. La femme était entièrement paisible dans sa confiance en Son Seigneur. Mais son mari et sa famille priaient inlassablement pour sa guérison, et avec une grande foi. Peu après son arrivée à l’hôpital universitaire, le professeur lui fit part de ce que de nouveau examens n’avaient absolument plus rien trouvé ! Les médecins se trouvaient en présence d’une énigme. Or la femme savait et témoignait de ce que Dieu était intervenu puissamment. Elle rentra à la maison et vit encore en bonne santé au milieu de sa famille.

Grâces soit rendues à Dieu de ce qu’Il opère encore aujourd’hui des miracles ! Mais pouvons-nous tirer précipitamment de cette affaire la conclusion qu’il y a un don de « guérison par la prière » ? Ici aussi nous désirons laisser parler l’Écriture Sainte.

 

6.1   Les arguments des guérisseurs par la prière

Ce sont presque toujours les mêmes arguments qui sont remis sur la tapis en faveur des soi-disant « guérisons par la prière ».

 

6.1.1        Ésaïe 53:4,5

En premier on dit que le croyant n’a pas à être malade puisque la guérison est incluse dans la rédemption, à l’appui de quoi on cite És. 53:4,5 : « Certainement, lui, a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs ; et nous, nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé ; mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris ». Ces versets sont partiellement cités en Matt.8:17 et 1 Pierre 2:24. En Matthieu 8 le Seigneur guérissait tous ceux qui souffraient « en sorte que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant… ». Dans sa vie le Seigneur Jésus se faisait un avec Son peuple Israël et avec les souffrances de ce dernier. Mais ce n’est pas le sens profond de la prophétie d’Ésaïe. Le mot grec hopos rendu ici par « en sorte que » signifie toujours dans l’évangile de Matthieu que ce qui s’est passé est bien dans le cadre de la prophétie citée, mais n’en est pas le sens unique et complet (voir Matt. 2:23), au contraire de la conjonction grecque dina « afin que » qui est toujours utilisée quand la prophétie citée de l’Ancien Testament est effectivement accomplie (comparer Matt. 1:22 & 2:15 & 4:14 & 21:4). Le vrai sens de la prophétie d’Ésaïe est expliqué en 1 Pierre 2:24 : « Qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts aux péchés, nous vivions à la justice ; par la meurtrissure duquel vous avez été guéris » (1 Pierre 2:24). Ici la Parole de Dieu, dans le Nouveau Testament lui-même, explique que la guérison doit être comprise de manière spirituelle et non pas corporelle. Il s’agit là de nos péchés. Le millénium apporte ensuite un accomplissement littéral.

 

6.1.2        Hébreux 13:8

Deuxièmement on cite souvent Héb. 13:8 : « Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement ». Cette parole est alors expliquée comme si elle signifiait qu’il n’y aurait pas de fin au temps des miracles et des signes. Dans ce sens Marc 16:18 et Jean 14:12 sont toujours valables et pour tous. On dit : Jésus a pardonné les péchés dans le passé, Il les pardonne dans le présent – mais les pardonnera-t-Il dans l’éternité ? Ça serait la conséquence logique si on pouvait expliquer ce verset de cette manière. Nous voyons combien sont dangereux de tels arguments superficiels. Oui le Seigneur est toujours le même ! Mais agit-Il toujours de la même manière ? Les manières d’agir et les révélations de Dieu sont-elles les mêmes dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament ? Le temps de la grâce est-il identique au règne millénaire ? Et finalement le commencement de l’Ekklesia de Dieu est-il comparable en unité et en force dans tous les domaines, avec le temps présent de morcellement et de déclin spirituel ? Nous avons déjà signalé en rapport avec l’appréciation du soi-disant « parler en langues » la particularité du commencement du temps de l’Église.

 

6.1.3        Exaucement de la prière

Troisièmement en se référant à la Parole de Dieu, on dit que Dieu exauce la prière de la foi, même quand il s’agit de guérisons de malades (comparer Jean 14:13, 14 & 1 Jean 5:14 & Jacq. 5:15). Nous avons déjà cité un exemple au début de ce chapitre. On pourrait en rajouter encore bien d’autres.

Oui, Dieu entend la prière de Ses enfants. Mais par la Parole de Dieu et par notre propre expérience, nous savons que Dieu n’exauce pas toutes nos prières. La prière du roi Ézéchias malade fut exaucée et il guérit (És. 38:1-5). La prière de David pour l’enfant issu de son adultère avec Bath-Shéba ne fut pas exaucée (2 Sam. 12:15-18). Dieu certes répond à toutes les prières, mais ce n’est pas toujours équivalent à un exaucement ! Il arrive si souvent que nous ne savons pas ce qu’il faut demander ni comment il faut le demander, et parfois nous demandons des choses insensées, voire contraires à Sa Parole. Dieu ne peut pas les exaucer pour notre bénédiction !

Les passages souvent cités de Jean 14:13, 14 et 1 Jean 5:14 parlent de prière au nom de Christ et selon la volonté de Dieu. En Matt. 18:19 nous trouvons la prière de deux qui sont d’accord sur une chose quelconque. Dans les trois cas l’exaucement est promis avec certitude. Mais comment se situe la réalité par rapport à cela ? Suffit-il, pour qu’elle soit exaucée de dire dans sa prière : « nous le demandons au nom de Jésus » ? Ou bien le sens n’en est-il pas bien plutôt que nous venons réellement dans la puissance et la communion du Seigneur avec le Père ? Cela peut-il être dit pour toute prière en faveur d’un malade ? C’est encore bien plus clair dans la prière selon la volonté de Dieu. En Jean 15:7 l’exaucement de nos prières dépend de ce que nous demeurons en Lui et que Ses paroles demeurent en nous. Cela signifie que nous vivons en communion avec le cœur et la volonté du Seigneur, que nous connaissons Sa Parole et que nous y conformons notre vie. C’est là une mesure très haute pour notre vie et pour l’exaucement de nos prières. Pouvons-nous toujours dire que nous correspondons à cette mesure ? D’après le contexte, Matt. 18:19 ne se rapporte qu’à la discipline dans l’assemblée.

Nous ne devons pas méconnaître cela. Sinon il suffirait que deux chrétiens prient en étant d’accord pour n’importe quoi, et ils seraient toujours exaucés, même si leurs demandes sont charnelles !

En Matt. 21:22 et Marc 11:24 aucune condition n’est posée, sinon la foi de celui qui demande. Mais cette foi doit avoir un fondement solide. Nous croyons en Dieu et en l’œuvre du Seigneur Jésus Christ à Golgotha et à notre salut éternel non pas parce que nous finissons par avoir une conviction précise, mais parce que nous nous tenons sur le terrain solide de la Parole de Dieu révélée ! Ainsi nous avons besoin d’un fondement biblique pour notre foi, si nous voulons prier sans avoir de doute.

 

6.2   Guérison des malades par le Seigneur Jésus

La plupart des récits de guérisons de malades dans la Bible se trouvent dans les évangiles qui nous décrivent la vie et la mort de notre Seigneur et Sauveur. Commençant par le fils du Seigneur de la cour en Jean 4:43 et suiv., jusqu’à la guérison des deux aveugles dont l’un s’appelait Bartimée (Matt. 20:29 et suiv. & Marc 10:46 et suiv. & Luc 18:35 et suiv.), on trouve les récits de guérisons de bien 32 personnes. En outre le Seigneur Jésus guérit d’innombrables autres personnes sans que les détails soient précisés (Matt. 8:16 & 14:34 & 15:29).

Dieu demeurait dans la Personne de Son Fils devenu homme au milieu de Son peuple terrestre Israël, dans un monde frappé par le péché et ses conséquences. Là où Jésus passait, les morts ressuscitaient, les malades guérissaient les pauvres étaient nourris et les pécheurs étaient amenés à la foi. « La puissance du Seigneur était là pour les guérir » (Luc 5:17) ; « et toute la foule cherchait à le toucher, car il sortait de lui de la puissance, et elle les guérissait tous » (Luc 6:19). Cette puissance de Dieu était un signe caractéristique de l’activité du Seigneur. Quand la femme qui avait la perte de sang toucha avec foi le bord de ses vêtements pour être guérie, Il demanda : « Quelqu’un m’a touché, car je sais qu’il est sorti de moi de la puissance » (Luc 8:46).

Plus tard dans les Actes, on trouve à bien des reprises dans le témoignage des disciples l’expression que le Seigneur était un « homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous » (Actes 2:22), et que « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui » (Actes 10:38).

La manifestation de la puissance de Dieu était une des caractéristiques de Christ durant Sa vie sur la terre, car en Lui, le Fils, Dieu nous a parlé à la fin de ces jours-là (Héb.1:1-3). Nous ne pouvons ici nous occuper que des guérisons de malades effectuées par Lui. Combien cela rendait clair le fait qu’Il était envoyé de Dieu ! Dans la plupart des cas, et de loin, c’était seulement la volonté du Seigneur qui était active quand les hommes venaient à Lui pour être guéris. Ils étaient libérés de possessions démoniaques (Marc 1:21 & 3:20 & 5:1 et 9:14 et v. suivants), purifiés de la lèpre (Luc 5:12 & 17:11 et v. suivants), guéris de leur aveuglement (Matt. 9:27 & Marc 8:22 & 10:46 et v. suivants) et de beaucoup de maladies.

Or dans le cas des malades qui cherchaient par la foi davantage que la guérison de leur souffrance corporelle, on ne trouve pas le mot normal pour guérir (en grec hiaomai ou therapeuo), mais un mot qui signifie aussi sauver (sozo en grec). Ce mot est aussi utilisé dans les épîtres pour le salut de l’âme. Quand la femme avec la perte de sang toucha le Seigneur par la foi, et fut guérie, elle tomba en tremblant devant Lui et reconnut devant tout le peuple ce qui lui était arrivé. Là-dessus le Seigneur déclara : « Ma fille, ta foi t’a guérie (ou : sauvée) ; va en paix » (Luc 8:48). Pareillement au sujet du démoniaque, il est rapporté qu’il fut délivré (ou : sauvé). Le Seigneur l’ayant alors invité à retourner dans sa maison pour raconter tout ce que Dieu lui avait fait, il alla et cria par toute la ville tout ce que Jésus lui avait fait (Luc 8:36-39). Dans le cas de l’aveugle Bartimée, nous lisons également qu’après l’avoir guéri, le Seigneur lui dit : va, ta foi t’a guéri (ou : sauvé). — Dans ces divers cas on reconnaît facilement que la foi de celui qui était guéri n’était pas seulement orientée sur une guérison corporelle, mais que sur la base de sa foi, il éprouvait également la guérison, le salut de l’âme. Sa foi ne concernait pas en premier lieu, ou exclusivement, sa santé corporelle, mais c’était la foi des hommes qui savent que, sans Christ, ils sont perdus.

 

6.3   Le don de grâce de guérisons selon la Bible

Comme nous l’avons déjà vu en examinant le soi-disant parler en langues, le Seigneur monté au ciel et glorifié a donné aux Siens différents dons de grâce. Tous n’avaient pas la mission de prêcher ou d’édifier les croyants, mais quelques-uns d’entre eux avaient comme don-signe de faire reluire la puissance et la gloire de Dieu. Cela est valable spécialement pour le don de grâce de guérisons. Le Seigneur le mentionne dans Sa mission de Marc 16:17-18. « Et ce sont ici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues… ils imposeront les mains aux infirmes, et ceux-ci se porteront bien » (Marc 16:17-18).

 

6.3.1        Miracles notoires

Quand Pierre et Jean guérirent un paralytique au temple, les chefs du peuple durent reconnaître que c’était un « miracle notoire » (Actes 4:16 ; voir aussi 4:30 & 8:6). En Actes 5:15-16, il sort de Pierre la même puissance que du Seigneur Jésus, « de sorte qu’on apportait les infirmes dehors dans les rues, et qu’on les mettait sur de petits lits et sur des couchettes, afin que, quand Pierre viendrait, au moins son ombre passât sur quelqu’un d’eux. Et la multitude aussi des villes d’alentour s’assemblait à Jérusalem, apportant les infirmes et ceux qui étaient tourmentés par des esprits immondes ; et ils étaient tous guéris » (Actes 5:15-16). Pareillement, il est dit de Paul en Actes 19:11-12 : « Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, de sorte que même on portait de dessus son corps des mouchoirs et des tabliers sur les infirmes ; et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient ». N’est-ce pas une confirmation de la Parole de Jean 14:12 : « Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes que celles-ci ; parce que moi, je m’en vais au Père ». Nous ne lisons nulle part du Seigneur que des malades fussent guéris pas Son ombre ou par des vêtements issus de Lui.

 

6.3.2        Question de la foi du malade. Guérison de non-croyants

Par ce passage et d’autres tirés du livre des Actes, il ressort d’abord clairement que la guérison des malades est à attribuer uniquement au rayonnement de la puissance de Dieu active chez les apôtres conformément à la promesse du Seigneur. Nous n’entendons parler d’une foi forte chez le malade que dans un seul passage, à savoir Actes 14:9. Quand Paul vit que le paralytique de Lystre avait de la foi pour être guéri (ou : sauvé ; sozo en grec), il lui dit à haute voix : Lève-toi sur tes pieds ! Ici le mot « sauver » paraît indiquer que l’homme vint aussi à la foi au Seigneur Jésus comme déjà mentionné plus haut.

Ensuite il faut conclure de ces passages (voir Actes 4:30 & 8:6-7 & 9:33-35 & 28:8-9), que les guéris étaient incroyants, et non pas de ceux qui étaient déjà sauvés.

Ces deux remarques échappent sans exception aux guérisseurs par la prière d’aujourd’hui, et à leurs adeptes. Les guérisons ont lieu la plupart du temps chez des croyants desquels on attend une forte foi en les guérisons. La « puissance » ne réside pas chez le guérisseur, mais chez le malade ! Si la guérison fait défaut, la culpabilité est souvent attribuée au malade et à sa prétendue carence en foi.

 

6.3.3        Les cas de croyants non guéris

Dans ce contexte, rappelons spécialement que le Nouveau Testament nous parle d’au moins cinq cas de croyants malades et qui ne furent guéris ni par le Seigneur Jésus ni par les apôtres : Lazare, Épaphrodite, Trophime, Timothée et Dorcas.

Lazare : « Dont le frère Lazare était malade » (Jean 11:2). Sa résurrection par le Seigneur ne change pas le fait qu’il devint malade. Cette maladie contribua à la gloire de Dieu (Jean 11:4).

Épaphrodite : « …parce que vous aviez entendu dire qu’il était malade ; en effet il a été malade, fort près de la mort, mais Dieu a eu pitié de lui … Pour l’œuvre, il a été proche de la mort » (Phil. 2:26-30). Paul ne dit pas qu’il allait de soi de guérir ce serviteur de Dieu !

Trophime : « J’ai laissé Trophime malade à Milet » (2 Tim. 4:20). Lui non plus ne fut pas guéri par Paul.

Timothée : « Ne bois plus de l’eau seulement, mais use d’un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions » (1 Tim. 5:23). Paul n’aurait-il pas pu guérir ce fidèle serviteur ?

Dorcas : « Et il arriva en ces jours-là, qu’étant tombée malade elle mourut » (Actes 9:37). Certes elle fut ensuite ressuscitée par Pierre, mais le fait reste que cette fidèle servante tomba malade sans être guérie, et finit même par mourir.

Ces cas de maladies chez des croyants confirment que les dons de grâce de guérisons étaient des signes par lesquels la puissance de Dieu fut manifestée aux non-croyants. Le croyant sait qu’il est dans la main de son Dieu et Père, et qu’il ne dépend pas de ces manifestations de puissance de Dieu.

 

6.3.4        1 Cor. 12: des dons qui ne sont pas donnés à tous ; dons non permanents

Tournons-nous maintenant vers la seule épître où il est parlé de dons de grâce de guérisons. Comme le don de parler en langues, les dons de grâce de guérisons ne sont mentionnés qu’en 1 Corinthiens, et cela trois fois (1 Cor. 12 9, 28, 30) :

Il n’est question que de « dons de grâce de guérisons » au pluriel, comme s’il ne s’agissait pas d’une capacité permanente, mais de dons accordés au cas par cas. Comme pour les autres dons, il en est de nouveau question à la fin du chapitre : « Tous ont-ils des dons de grâce de guérisons ? ». La réponse sous-entendue est : non ! C’était des preuves spéciales de la puissance de Dieu et tous les croyants ne les possédaient pas.

Pour ce don-signe de guérisons, ce qui est dit en Héb. 2:4 est aussi valable : « Dieu rendant témoignage avec eux par des signes et des prodiges, et par divers miracles et distributions de l’Esprit Saint, selon sa propre volonté » (on en a déjà parlé plus haut). Le Seigneur a promis aux apôtres qu’ils feraient de grandes choses. Comme nous avons vu dans les Actes, toutes Ses promesses se sont accomplies littéralement. Et une fois que la Parole de Dieu a été complétée (Col. 1:25), cette activité de Dieu sous forme de signes de puissance n’a plus été absolument nécessaire.

 

6.4   Prière et guérison de Jacques 5:14-16

On cite très souvent le passage de Jacq. 5:14-16 : « Quelqu’un parmi vous est-il malade, qu’il appelle les anciens de l’assemblée, et qu’ils prient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup ».

 

6.4.1        Une épître particulière dans un temps particulier

Ce passage n’a pas grand chose de commun avec les guérisons opérées par le Seigneur et Ses apôtres, dont nous avons déjà considéré l’origine et le but. Le point capital réside ici dans celui qui est malade. Il est au centre, et c’est de lui que tout dérive. Nous ne pouvons guère parler de miracle ici, c’est-à-dire d’opération directe de la puissance de Dieu. En outre nous ne devons pas oublier que l’épitre de Jacques a été écrite durant le temps de transition au commencement de l’assemblée, et même elle a été écrite aux douze tribus d’Israël parmi lesquelles se trouvaient un bon nombre de croyants chrétiens.

 

6.4.2        Appeler les anciens

Chez les Juifs, il y avait des anciens de communautés (voir Exode 24:9), et dans les premiers temps de l’assemblée des anciens furent mis en place par les apôtres et leurs délégués en différents endroits (Actes 14:23 & Tite 1:5). Aujourd’hui plus personne n’a autorité pour faire de telles nominations. Dans ces conditions, il n’est plus possible d’appeler auprès d’un malade des « anciens de l’assemblée » comme Jacques l’écrit. Mais nous pouvons bien demander de prier pour nous à des frères fidèles, pleins de foi, et qui s’acquittent encore aujourd’hui du service d’ancien.

 

6.4.3        Onction d’huile : un sens trivial

Il est dit ensuite que les anciens peuvent oindre d’huile. L’huile était utilisée médicalement dans les temps anciens. En Marc 6:13 les disciples oignirent d’huile beaucoup d’infirmes et les guérirent. Le Samaritain en Luc 10:34 versa l’huile (une sorte d’onction) et du vin (comme agent désinfectant) sur les blessures de l’agressé. Ésaïe se plaint en langage imagé que les blessures du peuple d’Israël n’ont pas été adoucies avec de l’huile (És. 1:6). L’huile n’a donc pas ici de sens typique (comme image du Saint Esprit) et à plus forte raison, elle n’a pas du tout un sens sacramentel comme celui d’« extrême-onction ». Le mot grec utilisé ici (aleipho) n’est utilisé dans le Nouveau Testament que pour une onction extérieure, corporelle, tandis que c’est un autre mot (grec : chrio) qui est utilisé pour l’onction de la part de Dieu. Jacques dit ainsi simplement que de l’huile (elle sert souvent de composant basique pour mélanger divers ingrédients) doit être utilisée et qu’on doit prier. Il n’est donc pas du tout enseigné ici de renoncer à l’art médical et à se confier seulement à des « guérisons par la prière », mais c’est juste le contraire. Les connaissances médicales qui sont indirectement aussi un don de Dieu, ne doivent pas être utilisées en dehors de la prière adressée à Dieu (voir 2 Chron. 16:12).

 

6.4.4        Confesser s’il y a péché

Alors Jacques explique que la prière de la foi guérira le malade, et que le Seigneur le relèvera, et s’il a péché, il lui sera pardonné. En outre il exhorte les malades à confesser leurs péchés, et il exhorte chacun à prier l’un pour l’autre afin d’être guéris. Il voit une liaison entre la maladie et le péché. Mais le « si » montre que ce n’est pas absolument le cas dans toutes les maladies. Il y a des maladies qui ont une origine organique, et d’autres qui proviennent de péchés et dont Dieu se sert pour discipliner les Siens. Si le patient parlait de sa maladie aux anciens, il ne fallait pas perdre de vue la possibilité que la maladie ait son origine dans un péché quelconque. Si c’était le cas, il fallait confesser le péché. Cela n’avait pas besoin de se passer en public, mais en tout cas en face de la personne contre qui on avait péché. On peut aussi déduire du v. 16 une confession allant plus loin, en tout cas pas nécessairement en présence d’anciens qui n’existent plus comme fonction officielle, bien que le service d’ancien soit tout à fait possible et nécessaire.

On a en 1 Cor. 11:30 un exemple particulièrement clair de maladies conséquences de péchés déterminés. Dans l’assemblée de Corinthe les frères et sœurs mangeaient et buvaient un jugement contre eux-mêmes, parce que lors de la Cène, ils ne voyaient pas dans le pain et le vin le corps du Seigneur. C’est pourquoi beaucoup d’entre eux étaient faibles et malades et plusieurs étaient même morts.

S’il devenait maintenant clair que la maladie avait son origine dans des péchés particuliers, une confession et une prière fervente pouvait guérir le malade, parce que, pour commencer, l’origine de la maladie correspondant à la volonté de Dieu était ôté. Ce principe est encore valable aujourd’hui. Certaines maladies, spécialement des souffrances de l’âme ont leur origine dans une absence de purification de certains péchés. Dans de tels cas, aucune psychologie ni psychiatrie n’aidera le malade, mais seulement la confession selon Dieu des péchés cachés, en remontant jusqu’à l’orgueil et à la propre volonté.

 

6.4.5        Péché à la mort

Finalement dans ce contexte, mentionnons encore un passage que nous avons déjà effleuré. Il s’agit de 1 Jean 5:14-17 : « Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées. Si quelqu’un voit son frère pécher d’un péché qui ne soit pas à la mort, il demandera [pour lui] ; et il lui donnera la vie, [savoir] à ceux qui ne pèchent pas à la mort. Il y a un péché à la mort : pour ce péché-là, je ne dis pas qu’il demande. Toute iniquité est péché, et il y a tel péché qui n’est pas à la mort ». Ici il nous est d’abord donné l’assurance que les prières selon la volonté de Dieu le Père sont certainement écoutées, même s’il s’agit d’un frère qui a péché par un péché qui a mis sa vie en danger. Que la confession soit ici mise en préalable, c’est bien compréhensible. Mais alors il est parlé de péché à la mort pour lequel on ne peut pas prier selon la volonté de Dieu. Qu’entend-on par-là ? On trouve un exemple de péché à la mort dans l’histoire d’Ananias et Saphira en Actes 5, et un autre dans le passage déjà cité de 1 Cor. 11:30. Il peut arriver que des enfants de Dieu déshonorent tellement Dieu leur Père dans leur vie, que Sa main en discipline les retranche de cette terre par la mort. Il s’agit donc de mort du corps, et nullement de damnation éternelle. Combien il est sérieux que dans un tel cas la prière pour la guérison ne soit pas selon la volonté de Dieu !

 

6.4.6        En résumé, sur Jacques 5:14-16

Résumons en trois points ce qui est dit dans ce chapitre :

1.         Dieu est Seigneur sur la vie et sur la mort, et en tout temps Il peut guérir les malades de manière miraculeuse sans intervention humaine. Mais tout en mettant notre confiance en Lui, nous pouvons aussi faire usage des connaissances médicales de notre temps.

2.         Au commencement de l’Ekklesia dans le Nouveau Testament, Dieu a donné les dons de grâce de guérisons à des instruments choisis, comme preuve pour les non croyants de la puissance de Dieu. Ces guérisons étaient des signes de Dieu, qui ne présupposaient pas la foi chez les guéris.

3.         La prière de la foi par les « anciens de l’assemblée » peut bien avoir lieu aussi aujourd’hui sous une forme semblable pour les malades et à leur demande, et souvent dans de telles circonstances, il faut commencer par clarifier la question de péchés cachés.

 

7                        Soyez remplis de l’Esprit

Nous ne voulons pas terminer ces considérations sans un mot d’encouragement. Dans les chapitres précédents, certains lecteurs ont peut-être trouvé trop dur de reconnaître l’index du maître pointé comme un signal d’avertissement. N’est-ce pas aujourd’hui une nécessité pressante, pour les enfants de Dieu, que de s’avertir l’un l’autre des dangers du dehors et du dedans ?

 

7.1   Deux dangers : Engouement pour du rêve et dogmatisme rigide

Malgré les avertissements nécessaires contre le danger de l’engouement pour du rêve et autres influences négatives du mouvement charismatique, nous reconnaissons chez beaucoup de vrais chrétiens, malheureusement induits en erreur, le désir sincère de faire place dans leur vie à l’action du Saint Esprit. Or nous avons vu qu’en le faisant, ils se sont écartés du sûr fondement de la Parole de Dieu.

Mais d’un autre côté, il y a le danger grave, dans une telle confusion, que ceux qui veulent tenir bon à ce qui est droit, tombent dans le piège d’un dogmatisme rigide, c’est-à-dire qu’ils soutiennent des opinions et des enseignements sans fondement dans l’Écriture ou qu’ils estiment inutile de s’assurer la présence d’un tel fondement.

Ce n’est qu’en tenant ferme à la Parole vivante de Dieu, et en y puisant notre discernement et notre force, que nous pouvons échapper à la fois au danger de l’engouement pour du rêve, et au dogmatisme rigide.

C’est pourquoi nous ne voulons pas terminer ces réflexions sans indiquer ce que dit l’Écriture Sainte sur la Personne et l’activité du Saint Esprit dans le croyant. Nous avons déjà fait quelques remarques importantes en rapport avec le baptême du Saint Esprit. Combien notre vie spirituelle est souvent sèche et sans force ! C’est pourquoi pour conclure nous désirons voir quelle source de force est le Saint Esprit.

 

7.2   Être dirigé par le Saint Esprit

Plusieurs passage du Nouveau Testament nous montrent des exemples pratiques de direction par le Saint Esprit, mais à ma connaissance il n’y a que trois passages qui nous enseignent expressément sur la direction par l’Esprit.

 

7.2.1        Jean 16:13

« Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité ». C’est ce qu’a dit le Seigneur Jésus à Ses disciples peu avant de les quitter. Jusque-là Il avait été Celui qui les instruisait des pensées de Dieu, mais ils n’en avaient pas encore compris grand-chose. Désormais un autre « Consolateur » (ou : Avocat ou Porte-parole) allait venir pour les conduire dans toute la vérité de Dieu. Comment cela eut lieu, nous l’apprenons dans 1 Corinthiens 2. Les conseils de Dieu sont des mystères pour les gens qui sont loin de Dieu. Dieu a d’abord révélé Ses secrets à Ses serviteurs par le Saint Esprit, et les a inspirés pour les écrire. Mais parce que ce sont les pensées de Dieu, elles ne peuvent être comprises que par ceux qui ont reçu l’Esprit de Dieu. Ce n’est qu’ainsi qu’on est en état de connaître les richesses des bénédictions de Dieu, et d’en jouir.

 

7.2.2        Galates 5:18

« Mais si vous êtes conduits par [l’]Esprit, vous n’êtes pas sous [la] loi ». La vie des Israélites était réglée à chaque pas par la loi. Il y avait constamment le danger de violer un commandement. Il en est tout autrement du chrétien. Il a la vie divine et éternelle, et l’Esprit Saint pour conducteur, qui lui ouvre la Parole de Dieu et veut lui donner indications et directions dans toutes les situations de la vie. La vraie liberté chrétienne consiste à être libre du joug du péché et de la loi et à ne faire que la volonté de Dieu sous la direction du Saint Esprit. C’est ce qui en était du Seigneur Jésus, aussi disait-Il aux Juifs : « Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8:36). Cette liberté, c’est l’obéissance de Christ !

 

7.2.3        Romains 8:14

« Car tous ceux qui sont conduits par [l’]Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu ». À propos du Fils unique et éternel de Dieu quand Il commença Son service public sur la terre, il est dit de Lui : « Or Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert, étant tenté par le diable quarante jours » (Luc 4:1). Lui qui, à cause de Son abaissement comme homme fut aussi le Premier-né, Il place devant nos yeux les privilèges et la responsabilité de la condition de fils dans toute sa grandeur. Comme fils de Dieu, nous sommes destinés à être conformes à l’image de Son Fils afin qu’Il soit premier-né entre plusieurs frères (Rom.8:29) ! Par Jésus Christ, Dieu le Père nous a d’abord destinés à la condition de fils pour Lui-même. Nous sommes des objets de la grâce, rendus agréables dans Son Fils Bien-aimé, à la louange de Sa gloire (Éph. 1:5 et suiv.). Quand un jour, Dieu réintroduira Son Premier-né sur la face de la terre, tous les fils de Dieu seront manifestés (Rom. 8:19 & Héb. 1:6). Maintenant notre tâche est de vivre dans la conscience de cette position élevée de fils dans un monde de ténèbres. La caractéristique des fils de Dieu est qu’ils sont conduits par l’Esprit de Dieu.

 

7.2.4        La conduite par l’Esprit concerne tous les aspects de notre vie

Cette conduite par le Saint Esprit dont parlent les trois passages cités, ne se limite pas à un « domaine spirituel » qui serait à considérer séparément de la vie quotidienne avec ses devoirs et ses soucis, mais aussi avec sa monotonie quotidienne. C’est une des ruses de l’ennemi de nous suggérer qu’il y a différents domaines dans notre vie, l’un terrestre et l’autre spirituel, et qu’ils doivent être séparés l’un de l’autre ! Combien le chrétien en vient facilement à penser que, dans ce domaine terrestre, il doit se laisser conduire par sa seule intelligence, tandis que dans le domaine spirituel il serait guidé par le Saint Esprit ! Non, nous sommes âme, corps et esprit la propriété du Seigneur. Notre corps est le temple du Saint Esprit, et dans ce corps nous pouvons et devons servir et glorifier Dieu en tout temps (1 Cor. 6:19-20).

 

7.3   Remplis du Saint Esprit

C’est par le sceau (ou : en scellant) que le Saint Esprit prend possession de chaque enfant de Dieu (Éph. 1:13 & 4:30). Or cela ne signifie pas encore être rempli du Saint Esprit. Être rempli du Saint Esprit n’est pas une « deuxième expérience », ce n’est pas une « deuxième bénédiction », mais c’est une nouvelle disposition journalière, une nouvelle ouverture. Paul écrit aux Éphésiens : « Ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit » (Éph. 5:18). Un homme ivre est entièrement sous influence de l’alcool. Ce n’est plus lui qui domine ses sens, mais c’est l’alcool. C’est ainsi que d’autres choses, des choses même « sans gravité » peuvent nous influencer, nous dominer et ôter le contrôle du Seigneur et de l’Esprit. Quel avertissement sérieux est contenu dans cette parole : « ne vous enivrez pas de vin ».

Or le Seigneur Jésus a le droit de nous avoir en entier sous Son contrôle et sous Son autorité. Par le moyen de Son Saint Esprit, Il veut nous influencer, nous dominer, nous conduire. C’est pour cela que nous devons nous ouvrir et nous livrer à Lui consciemment. Le chemin pour cela est : « soyez remplis de l’Esprit ».

Nous pouvons nous comporter vis-à-vis du Saint Esprit comme quelqu’un qui laisse sa maison à autrui, mais avec quelques pièces fermées à clef, ce qui en interdit l’accès à l’hôte. Mais ce que nous demandons à un hôte, nous n’avons pas le droit de le faire vis-à-vis du Saint Esprit. Il ne veut pas être un hôte, mais un propriétaire et un maître, qui régit toute notre vie, et l’aménage pour le Seigneur Jésus Christ. Chaque pièce de notre cœur doit Lui rester ouverte. Nous signalons encore une fois le danger de restreindre Sa présence à des domaines où nous avons besoin de Lui à notre idée ; et on se contente alors qu’Il nous accorde la conscience d’être enfants de Dieu et la jouissance de l’amour de Dieu, et qu’Il se serve de nous dans une mesure pour Son service. Mais nous Lui interdisons l’accès aux domaines tels que notre famille, notre travail, nos affaires. Nous ne Lui permettons pas de régir toute notre vie et de former nos cœurs pour Christ.

Or comment alors serai-je rempli de l’Esprit ? Bien sûr on peut prier pour. Mais se borner à prier sans disposition intérieure réelle à être tout pour le Seigneur est dangereux. Nous désirons nous garder de tout esprit d’engouement pour du rêve, mais aussi de tout dogmatisme rigide et dépourvu de vie spirituelle.

Le chemin pour être rempli du Saint Esprit n’est donc pas simplement une demande très sérieuse, mais c’est avant tout se donner au Seigneur Jésus ! Nous tendons à nous mettre en avant, et nous nous complaisons facilement à vouloir être vus comme des chrétiens spirituels, alors que dans le secret l’égoïsme et l’orgueil nous animent. Nos cœurs sont ouverts et libres et donnent toute liberté d’action au Saint Esprit en nous, seulement si nous reconnaissons et condamnons impitoyablement les racines cachées d’orgueil, de propre volonté, de recherche des honneurs et de cupidité.

 

7.4   La puissance du Saint Esprit

Ce n’est que quand nous nous livrons sans restriction au Saint Esprit, que nous recevons de la puissance. Combien nous manquons aujourd’hui souvent de cette puissance et de cette détermination spirituelles !

Le Saint Esprit nous donne de la puissance pour le service du Seigneur. Le diacre Étienne était un homme plein de foi et de l’Esprit Saint (Actes 6:5,8). Avec cette puissance spirituelle, il commença par accomplir pleinement son service de diacre. Le Seigneur put se servir de lui ensuite pour un service bien plus élevé. Mais pour cela aussi il était plein de l’Esprit Saint. Il a vu le Seigneur Jésus dans Sa gloire, et il reçut la force pour mourir pour Son Seigneur.

Être rempli de la puissance de l’Esprit Saint donne aussi de la joie. Combien d’enfants de Dieu n’ont plus de joie dans leur vie parce qu’ils refusent de se remettre tout entier à leur Seigneur et à la conduite de Son Esprit ! Quand les Juifs eurent chassé Paul et ses compagnons d’Antioche, les disciples furent remplis de joie et de l’Esprit Saint (Actes 13:52). Au lieu de se plaindre des mauvais traitements et de l’inimitié, ils se réjouissaient d’avoir pu marcher dans les traces de leur maître et de Le savoir auprès d’eux (comparer 1 Pierre 4:12-14). Comme chrétiens, nous pouvons souvent nous accrocher à telles ou telles choses extérieures, et cesser par-là d’avoir les regards fixés sur le Seigneur. Alors nous sommes accablés. « Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14:17). Cette joie ne peut pas rester cachée. Mais ce n’est pas de l’exubérance ni de la gaîté terrestres, mais une joie intérieure, continue et profonde, dont la source se trouve en Christ, et qui nous ranime, nous et d’autres. « Soyez remplis de l’Esprit, vous entretenant par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur ; rendant toujours grâces pour toutes choses, au nom de notre seigneur Jésus Christ, à Dieu le Père » (Éph. 5:18-20).