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Ce que vous avez entendu dès le commencement

 

Paul Fuzier

 

ME 1949 p. 197. Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières :

1     Revenir à Celui qui est « dès le commencement »

2     Danger de la recherche de nouveautés

3     Se nourrir de Christ

 

1                        Revenir à Celui qui est « dès le commencement »

Dès le commencement de l’histoire de l’Église sur la terre, l’ennemi a déployé ses efforts pour essayer de ruiner l’œuvre de Dieu. Déjà l’apôtre Paul avertissait les anciens d’Éphèse : il savait qu’après son départ, entreraient parmi eux des loups redoutables qui n’épargneraient pas le troupeau — et que, par ailleurs, d’entre eux se lèveraient des hommes qui annonceraient des doctrines perverses pour attirer les âmes après eux. En présence de ce danger il y avait pour ces croyants, à la fois une ressource et une responsabilité. Une ressource : Dieu et sa Parole. Une responsabilité : veiller, en se souvenant des avertissements de l’apôtre (Actes 20:29-32). Assauts du dehors, ruses et artifices au dedans, c’est toujours la même double activité de l’ennemi dans tous les temps. La seconde n’est-elle pas la plus dangereuse ? C’est contre elle que l’apôtre Jean met en garde ceux auxquels il adresse sa première épître : « Maintenant aussi, il y a plusieurs antichrists... ils sont sortis du milieu de nous » (1 Jean 2:18-19) : Ces faux docteurs apportaient un enseignement nouveau, susceptible de séduire les âmes et qui, en fait, avait pour résultat de les détourner de « Celui qui est dès le commencement ». — Aussi, dans cette épître, l’apôtre insiste sur la nécessité, pour le croyant fidèle, de s’attacher à ce qu’il a entendu dès le commencement. C’est, en définitive, la même ressource et la même responsabilité que celles présentées par l’apôtre Paul.

La ressource que l’apôtre Jean indique dans sa première épître offre un double caractère, un caractère négatif et un caractère positif. Il commence sa lettre par cette parole : « Ce qui était dès le commencement…», et il la termine par celle-ci : « Enfants, gardez-vous des idoles ». — Se garder des idoles, c’est ne laisser pénétrer dans nos cœurs rien de ce qui y prendrait la place de Christ. Ces idoles sont parfois des choses qui ne sont pas manifestement mauvaises : il faut cependant nous en séparer si elles nous voilent la personne de notre Sauveur. Une même chose peut être d’ailleurs une idole pour quelqu’un, tandis qu’elle ne le sera pas pour un autre. Il n’est donc pas possible d’énumérer les idoles dont il faut se garder : chacun doit avoir affaire avec le Seigneur à ce sujet et s’examiner soigneusement devant Lui. Demeurer attaché à ce qui est dès le commencement, c’est s’en tenir aux vérités enseignées par le Seigneur lui-même quand Il était sur la terre et par les apôtres inspirés. C’est ce que nous avons reçu par la Parole et par le ministère, oral et écrit, d’ouvriers fidèles, suscités par le Maître pour « exposer justement la parole de la vérité » (2 Tim. 2:15).

 

2                        Danger de la recherche de nouveautés

Ce qui caractérise la chair, vue sous son aspect religieux, c’est un besoin d’activité comme aussi le désir d’entendre ou de dire des choses nouvelles. N’oublions pas qu’en vue d’accomplir ses desseins, l’ennemi se sert parfois de l’activité de la chair chez un croyant ; l’histoire de Pierre nous en offre un exemple bien connu (Matt. 16:23). Cela nous montre combien nous avons à veiller ! — Le service de la Parole est toujours, mais dans l’Assemblée d’une façon particulière, une chose extrêmement sérieuse. 1 Pierre 4:11 donne à cet égard un enseignement qu’il convient de méditer souvent. Parler « comme oracle de Dieu » c’est non seulement parler conformément aux Écritures, mais encore donner ce que Dieu veut donner à l’instant même. Quelle responsabilité pour celui qui ouvre la bouche dans l’Assemblée ! Y sommes-nous assez attentifs ? La Parole est une épée (Héb. 4:12), mais c’est l’épée de l’Esprit (Éph. 6:17). Nous ne devons donc nous en servir que dans la dépendance et sous l’action du saint Esprit. Il est nécessaire de le réaliser pratiquement pour être gardé de présenter ce qui viendrait de la chair — pour être gardé surtout de donner des nouveautés qui ne sont généralement rien autre que le fruit de notre imagination. Cela plaît au cœur naturel : n’y aurait-il pas quelque idole » cachée dont il faudrait se séparer ? Les choses nouvelles piquent la curiosité peut-être, mais n’édifient pas. Or, le but de toute action dans le rassemblement des saints, n’est-il pas l’édification de l’assemblée ? (1 Cor. 14).

Après avoir insisté sur le fait que tout dans l’assemblée doit être fait pour l’édification, un de nos conducteurs beaucoup apprécié écrit ceci : « Je pourrais dire ici que cela devrait en principe nous garder de l’envie de nous singulariser parmi les saints : telle, parmi les jeunes, la vanité de parler sur des passages difficiles. Sans doute, en insistant sur des portions de la Parole de Dieu qui revêtent ce caractère, on créera en passant une sorte d’intérêt factice, et de même en donnant d’un texte simple une application à laquelle personne n’avait songé auparavant. Ceci m’a toujours paru très mesquin ; je suis persuadé, en outre, que cela montre une absence à la fois de jugement de soi-même et du sérieux désir d’édifier les saints. Ce qu’il faut rechercher c’est ce qui fera connaître Dieu.... Quant à la nouveauté dans la prédication, ayant la prétention d’être originale, elle peut être ingénieuse et inattendue comme un feu d’artifice ; mais qu’est-ce, si nous ne pouvons nous y fier, ou savoir si elle est vraie ou fausse ? Combien les voies de Dieu en Christ sont différentes ! J’ai parlé de cela dans le but de donner une forme pratique au principe même qui était en question chez les Corinthiens. Ils étaient occupés de ce qui pouvait frapper et surprendre, et non de ce qui devait aider à la croissance de l’âme dans la connaissance de Dieu » (L’action du Saint Esprit dans l’Assemblée, par W. K., Messager Évangélique 1930 p. 324).

 

3                        Se nourrir de Christ

« Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive », a dit le Seigneur. Le résultat sera celui-ci « des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (Jean 7:37-38). C’est bien dans la mesure dans laquelle l’âme aura été occupée de Lui et rafraîchie par Lui, que Christ pourra être présenté. Il est « Celui qui est dès le commencement », la seule nourriture dont nous ayons besoin. Et le plus haut degré de développeraient spirituel, c’est de le connaître, Lui (1 Jean 2:13-14).

Nous comprenons donc l’importance de la nourriture que nous donnons à notre esprit. Bien des lectures intéressent, car elles présentent des nouveautés, mais ce n’est pas « le pur lait intellectuel » qui nous fera croître « par lui à salut » (1 Pierre 2:2), c’est l’aliment de la chair religieuse. Souvenons-nous de 2 Rois 4:38-44 : quand on s’éloigne de Guilgal, quand la chair n’est pas jugée et mise de côté, on cesse de s’attendre au Seigneur pour être nourri par Lui, et, avec témérité, on va chercher des coloquintes sauvages. On ne les connaissait pas ! Nourriture nouvelle. Mais le résultat est certain : la mort est dans la marmite ! Il faut apporter, en figure, le Fils de Dieu dans son humanité parfaite pour que l’âme soit à nouveau nourrie. Contraste frappant : celui qui apporte la vraie nourriture au peuple de Dieu, c’est celui de l’activité duquel on ne parle pas, qui est, demeuré à Baal-Shalisha, sans doute dans le secret et la communion avec Dieu, et qui apporte, en figure, « Celui qui est dès le commencement », Christ dans ses souffrances et dans sa mort, Christ ressuscité et glorifié, Christ le pain de vie. Alors, le peuple est rassasié.

« Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous : si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père » (1 Jean 2:24).