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Les femmes dans l’évangile de Luc

 

Paul Fuzier

 

Table des matières :

1     Discerner ce qui est agréable au Seigneur

2     Les femmes dans les évangiles

3     Marie et Élisabeth

4     Anne, fille de Phanuel

5     La belle-mère de Pierre

6     La veuve de Naïn

7     La pécheresse dans la maison de Simon

8     Celles qui assistaient le Seigneur de leurs biens

9     La femme avec la perte de sang

10       Marthe et Marie

11       La femme courbée par un esprit d’infirmité

12       La veuve et le juge inique

13       La veuve avec deux pites

14       Les femmes au sépulcre du Seigneur

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME1943 p. 124 , 156

1                        Discerner ce qui est agréable au Seigneur

Ce que cherche l’oreille c’est le cœur qui l’acquiert. « Le cœur de l’homme intelligent acquiert la connaissance et l’oreille des sages cherche la connaissance » (Prov. 18:15). Vérité importante à retenir dans notre vie chrétienne. Sans doute, il est nécessaire que notre oreille soit toujours ouverte pour écouter, mais une riche connaissance des pensées de Dieu et de la personne de Christ sera acquise dans la mesure seulement où notre cœur sera en activité. Si le Seigneur est l’unique objet de nos affections, nous discernerons toujours ce qu’il convient de faire pour Lui être agréables et tout sera facile dans le chemin : témoignage, service, adoration. Tel est l’enseignement que nous pourrons retirer du sujet dont la méditation nous est proposée par le titre de cet article.

 

2                        Les femmes dans les évangiles

Les femmes nous présentent en général, dans les Écritures, le côté de la faiblesse, mais aussi celui des affections. Que de cas nous aurions à considérer à cet égard dans le Nouveau Testament surtout et plus particulièrement dans les Évangiles.

Il est bien remarquable qu’aucun autre évangile ne nous parle des femmes comme celui dans lequel est mis en relief le côté humain de la personne du Sauveur. Cela n’a rien de surprenant, car c’est bien en accord avec le caractère de cet Évangile. Le Seigneur Jésus y est vu comme un homme sur la terre, le « pauvre » (2:7-24 ; 8:3 ; 9:58) et, durant les jours de son abaissement, Il a rencontré des cœurs attachés à sa personne, d’humbles femmes qui, malgré leur faiblesse, l’ont aimé, l’ont suivi, l’ont servi. Quel exemple pour nous ! Il n’est plus sur la terre mais, dans un monde ennemi, Il reste le rejeté, méprisé et délaissé des hommes... Puisse-t-Il jouir de l’affection des siens ! Puissent nos cœurs s’attacher à Lui pour le suivre !

 

3                        Marie et Élisabeth

Les deux premières femmes dont il nous est parlé sont Marie et Élisabeth. Elles ont été choisies par Dieu pour l’accomplissement de ses conseils ; c’est le choix de sa grâce. Dans l’humble habitation de Zacharie, toutes deux sont occupées, de Celui qui va venir. Seules ces deux femmes réalisent la pensée de Dieu à ce moment-là ; l’objet du cœur de Dieu est aussi l’objet de leur cœur. Zacharie, muet à cause de son incrédulité, s’est privé d’une telle bénédiction ; sa bouche est fermée quand il convenait de louer le Seigneur. Seules, Elisabeth et Marie, retirées « au pays des montagnes », inconnues du monde dont elles veulent se tenir à l’écart, parlent « l’une à l’autre » de Celui qui fait brûler leur cœur. Un livre de souvenir a été écrit pour ceux qui pensent à son Nom !

Par le cœur, quelle connaissance elles ont acquise ! Cela les conduit à louer et exalter le Seigneur et le cantique de chacune d’elles exprime ce qu’elles ont ainsi appris de Lui. Elisabeth parle de Celui qui vient comme d’une personne connue ; elle sait qu’Il est le Béni, le Seigneur, le grand sujet de joie des siens et l’accomplissement de tout ce qui a été annoncé. Comme elle, ne pouvons-nous pas dire aussi : « Bienheureux ceux qui ont cru... » ? Car de la même façon que cela eu lieu lors de la première venue de Christ ici-bas, il y aura un accomplissement de toutes les choses qui ont été dites de la part du Seigneur. Le cœur acquiert ainsi la connaissance, connaissance qui fortifie la foi et devient une source d’encouragement et de consolations pour ceux qui l’attendent. Marie a aussi un cantique à chanter dans lequel elle célèbre, non pas comme Élisabeth ce que Christ est, mais ce qu’Il fera. Elle parle comme si déjà tout était accompli et c’est la foi seule qui peut voir les choses ainsi. Se réjouissant de ce qu’Il « a fait », elle loue son Nom et exalte sa miséricorde.

Telle est l’heureuse part de ceux qui peuvent se grouper « au pays des montagnes » — ne seraient-ils que deux, et même deux femmes, la plus faible expression du témoignage numériquement le plus réduit — loin de l’agitation du monde, pour être occupés de Celui qui vient, exalter sa personne et proclamer ce qu’Il a fait comme aussi ce qu’Il fera. Quelle part ! Elle est pour le cœur !

 

4                        Anne, fille de Phanuel

Dans le chap. 2, c’est Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Fort avancée en âge, elle n’a autour d’elle, si elle dirige ses regards en bas, que des sujets de tristesse : elle est veuve (Luc nous entretient de quatre femmes veuves : 2:37 ; 7:12 ; 18:3 et 21:2 — outre la veuve de Sarepta dont il rappelle l’histoire : 4:25) et elle est à la fin de l’histoire d’Israël avant la venue du Messie, longue succession d’incrédulités et d’infidélités. Mais elle ne s’arrête à rien de cela. Que fait-elle ? Sept choses :

1. Elle ne quitte pas le temple. C’est la présence du Seigneur qu’elle cherche — seule source de joie — et c’est dans cette présence qu’elle vit continuellement.

2. Elle sert Dieu « nuit et jour », incessant et précieux service dont le fruit sera en vie éternelle.

3. Dans le jeûne — séparée du monde et de tout ce qui le caractérise dans son esprit.

4. Dans la prière. Elle n’est pas indifférente à tant de sujets de tristesse. Comme pour Daniel, c’est sans doute l’un des motifs de son jeûne et l’un des thèmes de ses prières.

5. Elle loue le Seigneur. Quelle gloire pour Lui ! Car « celui qui sacrifie la louange le glorifie ».

6. Elle parle de Lui. Pour parler de quelqu’un, il faut nécessairement le connaître. Anne le connaît parce qu’Il remplit son cœur ! C’est par le cœur qu’elle a appris quelque chose de Lui et de l’abondance du cœur la bouche parle.

7. Elle attend la délivrance. D’autres aussi attendent... Elle va les encourager en leur parlant de la Personne aimée, après laquelle les cœurs soupirent.

Anne est de la tribu d’Aser. Elle a été pour la nourriture et la joie du cœur du Seigneur, « le pain excellent » et « les délices royales » (Genèse 49:20). Comment a-t-elle acquis cette connaissance de Lui et de ce qu’il convenait de faire à la veille du jour où Il allait paraître, si ce n’est par le cœur ?

 

5                        La belle-mère de Pierre

Nous avons, au chap. 4, la belle-mère de Pierre. Elle était « prise d’une grosse fièvre », nous dit Luc, le médecin bien-aimé. Image de l’état de l’homme pécheur, agité, sans repos, n’ayant pas la paix avec Dieu. Mais « on le pria pour elle ». Prions aussi pour les âmes qui périssent dans ce monde agité ! — Alors, le Seigneur qui se plaît à répondre à de telles prières, « se pencha sur elle ». Quelle tendresse dans cette expression ! Comme elle nous dit bien l’amour qui l’a conduit à s’abaisser jusqu’à nous. Il s’est penché sur nous dans notre profonde misère et nous a délivrés : « la fièvre la quitta ». Désormais, plus d’agitation ; c’est le repos, la paix avec Dieu.

Mais nous avons été délivrés pour quoi ? Quelle est alors notre responsabilité ?

1. À l’instant... Ne perdons pas de temps !

2. s’étant levée... Il y a une activité à déployer.

3. elle les servit... C’est le service auquel nous sommes appelés.

Il n’est pas écrit : elle le servit. Notre service embrasse le Seigneur et tous les saints. « En tant que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, vous me l’avez fait à moi » (Matt. 25:40).

N’est-ce pas par le cœur que nous pourrons comprendre — comme la belle-mère de Pierre l’avait compris — ce qu’il convient de faire ? C’est bien dans la faiblesse que nous pouvons servir (quelle force y avait-il chez la belle-mère de Pierre tout juste guérie de cette grosse fièvre ?) et nous réalisons quelque peu tout ce que notre service comporte d’imperfections. Mais pour servir, une chose est nécessaire : il faut aimer ceux que l’on sert. C’est dans l’affection de nos cœurs que nous pourrons discerner et accomplir ce que le Seigneur attend de nous !

 

6                        La veuve de Naïn

La veuve de Naïn (chap. 7) est dans une grande détresse, plus grande encore, semble-t-il, que celle d’Anne : elle est, comme elle, privée de tout ce qu’est un mari en tant que soutien et affection, mais encore son fils unique lui a été retiré. Profonde douleur pour un cœur de mère ! (Nous remarquerons d’ailleurs en considérant l’histoire des quatre veuves de cet Évangile que, chaque fois, nous allons plus loin dans la faiblesse et la souffrance). Sans doute « une foule considérable » est avec elle, mais quelle sympathie peut-elle lui procurer ? Bien peu de chose en vérité ! — quel changement quand elle rencontre Jésus, Celui qui, « la voyant, fut ému de compassion envers elle » ! Riche et efficace sympathie que la sienne ! Sympathie qui est accompagnée de puissance « Jeune homme, je te dis : lève-toi » et d’amour « et Il le donna à sa mère ».

Grande était la faiblesse de cette veuve et son cœur était brisé. Mais il vaut la peine d’aller jusque-là, car c’est là que le cœur acquiert la connaissance ! Ce n’est pas à l’intelligence de cette femme, à « son oreille », que quelqu’un a parlé de la sympathie de Jésus, de sa puissance, de son amour. Elle a connu cela par le cœur, au travers de l’épreuve !

 

7                        La pécheresse dans la maison de Simon

Un peu plus loin, dans le même chapitre, nous voyons le Seigneur entrer dans la maison de Simon, propre juste qui n’a aucun égard pour sa personne. Tandis qu’Il s’y trouve, une femme — elle n’a qu’un seul titre : « une pécheresse » — s’enhardit et pénètre dans cette demeure, car elle a besoin de salut, de paix, de pardon. Elle se tient derrière, à ses pieds ; elle pleure et arrose les pieds du Sauveur de ses larmes, puis les essuie avec les cheveux de sa tête, les couvre de baisers et les oint d’un parfum. Qu’est-ce que ce dut être pour le cœur du Seigneur ! En présence d’une scène d’un caractère aussi élevé, le pharisien parle « en lui-même », mais le Seigneur lui répond, car Il est Celui qui lit dans les cœurs. Il attire les regards de Simon sur cette pauvre pécheresse : « Vois-tu cette femme ? ». Cette parole n’est-elle pas aussi pour chacun de nous ? Considérons celle dont le Seigneur lui-même a pu dire : « elle a beaucoup aimé ». Et imitons-la quelque peu, il nous a tant été pardonné ! Quelle affection dans son cœur pour la personne de Jésus. Comme elle avait appris à le connaître par le cœur et à discerner ce qu’il convenait de faire en un tel moment ! Nous disons parfois que nous l’aimons et sans doute c’est vrai, malgré toute la faiblesse qui est la nôtre, car l’amour de Dieu a été versé dans nos cœurs. Mais trop souvent nous nous contentons de le dire. Cette femme n’a pas prononcé un seul mot tout au long de cette scène : elle n’a pas dit qu’elle aimait le Seigneur, elle l’a montré par des actes ! Témoignage muet. Combien il est plus puissant encore que celui s’exprimant par des paroles. Elle a beaucoup aimé !

 

8                        Celles qui assistaient le Seigneur de leurs biens

Les trois premiers versets du chap. 8 ne se trouvent que dans l’évangile selon Luc. Dans cet évangile, Christ nous est présenté comme Homme, l’homme pauvre du Ps. 41. Ceux qui lui appartiennent sont appelés à le suivre dans ce chemin et à entrer dans la condition qui fut la sienne ; au milieu de ce monde, ils sont aussi « les pauvres ». (Il faut noter les divers passages de cet Évangile où il nous est parlé des riches et des pauvres, généralement mis en opposition : 1:52-54 ; 6:20-24 ; 12:15-34 ; 14:12-14 ; 16:1-13 et 19-31 ; 18:22-25 ; 19:1-10 ; 21:1-3). Le Seigneur Jésus, né dans une crèche, ses parents ayant offert pour Lui le sacrifice des pauvres, n’aura pas, durant son ministère, « un lieu où reposer sa tête » et, quand Il veut réunir ses disciples pour la pâque qu’Il a « fort désiré » de manger avec eux, Il n’a pas un logis pour ce repas au cours duquel la cène sera instituée ! Ici aussi, nous le voyons n’ayant rien. Quelques pieuses femmes ont eu le privilège de l’assister de leurs biens, sans doute celles qui l’avaient suivi depuis la Galilée, en le servant (Matt. 27:55-56). Mettre nos biens à la disposition du Seigneur, c’est encore notre privilège aujourd’hui. Ce qu’Il nous a confié, Il désire que nous l’administrions pour Lui, en pensant à l’avenir comme le faisait l’économe infidèle. C’est ainsi que nous pourrons nous faire des trésors dans le ciel.

Il y a deux classes de personnes dans ce passage : les disciples et les femmes. Les disciples « étaient avec Lui », c’est vrai et c’est très précieux ; mais seules les femmes, dans leur affection profonde pour le Maître, ont pu discerner le service qu’il fallait accomplir dans ce jour-là. Quelle connaissance acquiert le cœur !

 

9                        La femme avec la perte de sang

C’est le côté du témoignage qui nous est présenté au chap. 8. « Une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans » s’approche de Jésus. Son cas illustre l’histoire de l’homme pécheur et la multiplicité de ses efforts pour guérir. Triple résultat de ces efforts : elle a dépensé tout son bien, souffert d’un grand nombre de médecins et son état va en empirant ! Elle sent le besoin de venir à Jésus pour être en contact avec Celui en qui il y a une puissance de vie. À l’instant, elle est guérie. Mais il y a un témoignage à rendre. Elle doit dire :

1. devant tout le peuple… c’est un témoignage public.

2. pour quelle raison elle l’avait touché… confession de son état précédent.

3. comment elle avait été guérie instantanément… témoignage rendu à la puissance et à l’amour du Sauveur. Comment le rendre ? À ses pieds, dans la dépendance et l’humilité.

Elle est la faiblesse même (peut-il y avoir beaucoup de force en cette femme, dans le moment qui suit sa guérison, après les douze années qu’elle vient de passer ?) mais son affection pour Celui qui l’a délivrée la conduira à rendre non pas un témoignage qui lui est expressément demandé (car le Seigneur prononce seulement les paroles du verset 46), mais celui qu’elle a compris devoir être rendu. Sa foi, l’affection de son cœur, l’ont rendue intelligente et lui ont donné la connaissance du témoignage qui convenait.

 

10                  Marthe et Marie

Il suffit sans doute de citer le nom de Marthe et de Marie, sans qu’il soit besoin d’en rien dire. Une seule remarque : il est parlé d’elles dans trois scènes différentes que chaque lecteur connaît bien ; mais c’est seulement dans celle de Luc 10 qu’il ne nous est parlé que d’elles, Lazare étant laissé entièrement de côté. Peut-être est-ce, entr’autres raisons, parce que Luc a surtout en vue ce côté de la faiblesse et des affections, illustré par les femmes ? Chez l’une et l’autre il y avait une profonde affection pour Celui qui était entré à leur foyer. Servir c’est être avec Lui (Marc 3:13), c’est ce que Marthe n’avait pas encore saisi. La connaissance lui en a été donnée, acquise par le cœur, de telle sorte que plus tard elle pourra servir avec sagesse et discernement. Marie, aux pieds de Jésus, dans sa communion et la contemplation de sa Personne, l’oreille ouverte et le cœur tout vibrant d’amour pour lui, acquiert la connaissance nécessaire pour accomplir, le moment venu, avec l’intelligence de la foi, un service sans prix. Le nard pur dont elle a rempli son vase, n’est-ce pas la Personne même de Celui dont le nom est un parfum répandu ? Quelle riche connaissance de ce qu’il convenait de faire, de la Personne même du Seigneur ! La maison fut remplie de l’odeur du parfum...

 

11                  La femme courbée par un esprit d’infirmité

Le chap. 13 nous parle d’une femme « ayant un esprit d’infirmité ». C’est bien une des formes sous lesquelles s’exerce la puissance de l’ennemi : l’homme est courbé sous son joug et ne peut se redresser. Christ seul peut lui apporter la délivrance. Guérie, que va faire cette femme ? Elle aussi, après ces dix-huit années, ne peut avoir beaucoup de force ; sa faiblesse est grande. D’autre part, rien ne lui est demandé. Mais par le cœur elle a saisi que ceux qui ont été délivrés l’ont été pour adorer. Elle glorifie Dieu ! Comment adorer si ce n’est avec des cœurs remplis de la connaissance de Celui qui a fait de grandes choses pour nous ?

 

12                  La veuve et le juge inique

Il faut toujours prier et ne pas se lasser. C’est ce que savait bien la femme veuve du ch. 18. Sa situation inspire peut-être davantage de compassion que celle de la veuve de Naïn : celle-ci était privée de son mari et de son fils bien-aimé, mais elle avait quelque sympathie autour d’elle, pas d’hostilité en tout cas ; tandis que celle qui nous occupe est en présence d’un juge inique qui, de son propre aveu, ne craint pas Dieu et ne respecte pas les hommes. Tout est contre elle et elle n’a plus aucun secours. Elle n’a vraiment pas d’autre ressource que la prière ! Le cœur comprend qu’il y a un chemin pour atteindre le cœur de Dieu ; il connaît Dieu comme le secours dans la détresse, toujours facile à trouver, et il crie à Lui « jour et nuit » jusqu’à ce qu’Il intervienne, car Il ne peut décevoir l’attente de la foi.

 

13                  La veuve avec deux pites

Des quatre veuves dont nous entretient l’évangile selon Luc, c’est bien celle du chap. 21 qui est dans la situation la plus critique — du point de vue humain. Privée de toute affection sur la terre, n’ayant plus aucun soutien ici-bas, sans espérance, elle est venue jeter au trésor « tout ce qu’elle avait pour vivre ». La voilà sans aucune ressource, dépouillée de tout. Mais il en est un qui « regardait ». Il lit jusqu’au plus profond de nos cœurs et son œil voit tout. Cette veuve, dans l’affection de son cœur, n’avait rien gardé pour elle et tout donné pour Lui : Il apprécie non d’après ce que nous donnons, mais d’après ce que nous gardons. Ensuite, pour le jour de demain, sa confiance était en Dieu seul. Quelle connaissance elle avait de ce que Dieu est, dans sa puissance et dans son amour, vrai Boaz, « un ami... homme puissant et riche ». Il ne suffit pas d’avoir entendu dire qu’Il pourvoit à tout, il faut le connaître pour pouvoir jeter deux pites au trésor quand on n’a plus que deux pites ! Répétons-le, c’est le cœur qui acquiert cette connaissance.

 

14                  Les femmes au sépulcre du Seigneur

Ce sont quelques femmes qui, de très grand matin, sont venues au sépulcre. Elles avaient suivi Jésus sur la terre et il y avait dans leurs cœurs une ardente affection pour sa Personne. Aussi, quelle détresse quand elles voient le sépulcre vide ! Mais c’est bien l’amour pour le Seigneur qui est le vrai chemin de l’intelligence spirituelle. Nombre de croyants restent étrangers à ce qu’enseigne la Parole — bien que parfois leur oreille soit ouverte pour chercher la connaissance — parce que la personne du Seigneur n’est pas l’objet de leur cœur. Ces femmes avaient certes bien des choses à apprendre, mais leur cœur était en activité. Il y a toujours, alors, une réponse d’en haut ! Deux anges sont envoyés pour leur dire que Celui qu’elles cherchaient, parmi les morts était vivant. Ils rappellent à leur souvenir les paroles qu’Il avait prononcées quand Il était encore en Galilée, de sorte qu’elles entrent maintenant dans la pleine connaissance de ce qui leur avait été annoncé.

C’est un riche sujet de méditations — à peine effleuré — qui est là devant nous dans cet Évangile. Puissions-nous le considérer non avec notre intelligence, mais en nous rappelant que c’est le cœur qui acquiert la connaissance. Ces quelques femmes sont autant d’exemples pour nous. Ce qu’il convenait de faire n’a été dicté à aucune d’entre elles, c’est par le cœur que chacune l’a discerné. Sans doute leur faiblesse illustre la nôtre ; Dieu veuille que l’affection de leur cœur nous caractérise aussi ! Alors, nous serons « remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre et croissant par la connaissance de Dieu » (Col. 1:9-10).