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Méditations sur la PRIÈRE

 

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     Quelques réflexions sur Matthieu 6:1-18

2     Sept enseignements de Jacques sur la prière

3     Réunions de prières. Enseignements tirés d’Actes 4

4     Conditions et buts de l’exaucement

5     Foi, Prière, Jeûne

6     Persévérance dans la prière

7     Encouragement à la prière

8     Trois exhortations : choses à faire constamment

9     Toujours prier et ne pas se lasser (Luc 18:1)

10      Prendre garde, Veiller et Prier

11      Exhortations à la prière

 

Table des matières détaillée :

1     Quelques réflexions sur Matthieu 6:1-18

1.1      Activité. Les œuvres

1.1.1      Hypocrisie : Être vu des hommes

1.1.2      Activité extérieure - vie cachée (Marthe et Marie)

1.1.3      Les récompenses

1.1.4      Mais toi : responsabilité individuelle

1.1.5      Agir par la chair ou par la foi

1.1.6      Activité publique et recherche de soi

1.2      La prière

1.2.1      Vaines redites

1.2.2      Besoins matériels et besoins spirituels

1.2.3      L’Esprit nous est en aide

1.3      Le « notre père » et son application aujourd’hui. Le Seigneur enseigne à prier.

1.3.1      Pas un rite

1.3.2      Les trois premières demandes ont trait à la gloire de Dieu

1.3.3      Que ton nom soit sanctifié

1.3.4      Que ton règne vienne

1.3.5      Que la volonté de Dieu soit faite

1.3.6      Pardon

1.3.7      Entrer en tentation

1.3.8      Connaître et juger le mal

1.3.9      Avoir les sens exercés à discerner le bien et le mal. Absence de discernement

1.3.10     Avoir un esprit de prière

2     Sept enseignements de Jacques sur la prière

2.1      Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas. (4:2)

2.2      Quand il n’est pas répondu à la prière (4:3)

2.3      Manque de sagesse. Demander sans douter

2.4      Quelqu’un parmi vous est-il maltraité, qu’il prie (5:13)

2.5      Maladie et guérison

2.6      Confession et prière mutuelle

2.7      Exemple d’Élie

3     Réunions de prières. Enseignements tirés d’Actes 4

3.1      Une interdiction de parler et enseigner au nom de Jésus

3.2      Réunion de prière immédiate

3.3      Commun accord

3.4      Préparation de la réunion de prière

3.5      Précision des demandes. Appel à la puissance divine

3.6      Importance des réunions de prières

4     Conditions et buts de l’exaucement

4.1      Dieu ne répond pas toujours

4.2      Matthieu 18:19, 20

4.2.1      Si deux d’entre vous sont d’accord…

4.2.2      Réponse à la foi

4.3      Matt. 21:22 — Difficultés en apparence insurmontables

4.4      Jean 14:13, 14. Demander en Son nom

4.5      Avoir le sentiment de nos besoins

5     Foi, Prière, Jeûne

5.1      « À cause de votre incrédulité... ».

5.2      La prière.

5.3      Le jeûne.

6     Persévérance dans la prière

6.1      Quand le Seigneur ne répond pas tout de suite à la prière

6.2      Différents exemples de l’Ancien Testament

6.3      Différents exemples du Nouveau Testament

6.3.1      Fille de Jaïrus

6.3.2      Femme cananéenne

6.4      Application pour nous

6.4.1      On crie et le Seigneur parait ne pas entendre

6.4.2      Les disciples découragent

6.4.3      Le Seigneur répond autrement que ce qu’on attend

6.4.4      Adoration et soumission

6.4.5      Le Seigneur glorifié par notre foi. Grande foi, petite foi

6.4.6      La foi veut ce que le Seigneur veut. Réponse à la mesure de la foi

7     Encouragement à la prière

7.1      Secours de l’Esprit

7.2      Ce qui conditionne l’exaucement

7.2.1      La dépendance du Seigneur

7.2.2      La communion avec le Seigneur

7.2.3      La foi

7.2.4      Notre condition morale

7.3      Prières collectives, prières de l’assemblée

7.4      Encouragements particuliers

7.4.1      Recevoir miséricorde

7.4.2      Jean 14:13. Le Père glorifié dans le Fils

7.4.3      Romains 8. L’Esprit intercède

7.4.4      Apoc. 5:8. Des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints

8     Trois exhortations : choses à faire constamment

8.1      Réjouissez-vous toujours

8.2      Priez sans cesse

8.3      En toutes choses rendez grâces

9     Toujours prier et ne pas se lasser (Luc 18:1)

9.1      Besoin de prier davantage

9.2      Exemple d’Élie le prophète

9.3      Exemple de l’apôtre Paul

9.4      Épaphras

9.5      Notre Seigneur Jésus

9.6      Le Seigneur en prière dans l’évangile de Luc

9.6.1      Au baptême de Jean

9.6.2      Début du ministère du Seigneur

9.6.3      Choix des disciples

9.6.4      Il va parler de Ses souffrances et de sa mort

9.6.5      Avant la transfiguration

9.6.6      Quand les disciples demandent d’être enseignés à prier

9.6.7      Gethsémané

9.6.8      Sur la croix

10      Prendre garde, Veiller et Prier

10.1    Troubles dans le monde

10.2    Troubles dans l’assemblée

10.3    Veiller aux rapports fraternels. Philippiens 2

10.4    Glorifier le Seigneur pratiquement

11      Exhortations à la prière

11.1    Actes 1

11.2    Actes 2

11.3    Réunions de prières de l’assemblée

11.4    Conditions pour la prière

11.5    Persévérance dans la prière

11.6    Hébreux 4:16

11.7    Les uns pour les autres

 

 

 

 

1        Quelques réflexions sur Matthieu 6:1-18

ME 1958 p. 85

Les chapitres 5 à 7 de l’évangile selon Matthieu groupent l’ensemble des discours adressés par le Seigneur à ses disciples, alors qu’Il était « monté sur la montagne » pour « les enseigner » (5:1, 2 — cf. 7:28, 29) ; c’est pourquoi cet ensemble a été appelé le « sermon sur la montagne ». Dans la première partie du chapitre 6 (v. 1 à 18), le Seigneur les entretient des différents exercices de piété qu’ils sont exhortés à accomplir, soit envers les hommes : bienfaisance (6:1-4), soit envers Dieu : prière et jeûne (6:5-18). D’autres portions des Écritures (1 Pierre 4:7-11, pour ne citer qu’un exemple) nous présentent aussi ce double aspect de la vie chrétienne, l’un concernant nos rapports avec ceux qui nous entourent, l’autre nos rapports avec Dieu. Déjà la loi, dans ses deux grands commandements, demandait l’amour de Dieu et l’amour du prochain (cf. Marc 12:28-34 ; Luc 10:25-28) et les principes du royaume ne mettent pas de côté cet enseignement de la loi (cf. Matt. 5:17 à 48). Dans le royaume de Dieu, que le croyant est invité à « chercher premièrement » c’est-à-dire qu’il doit désirer avant tout en manifester, pour la gloire de Dieu, les caractères moraux — ces deux aspects de la vie chrétienne doivent être, l’un et l’autre, le fruit d’une réelle communion avec Dieu. Ce qui est fait pour autrui, aussi bien que ce qui concerne nos rapports avec Dieu, ne doit pas être accompli pour nous mettre en relief aux yeux des hommes mais « dans le secret » avec Dieu.

 

1.1      Activité. Les œuvres

1.1.1       Hypocrisie : Être vu des hommes

Le Seigneur, enseignant ses disciples, les met en garde contre l’hypocrisie qui peut caractériser certaines activités. Les hypocrites agissent avec ostentation, de manière à être « vus des hommes » et « pour être glorifiés par les hommes », alors que leur cœur n’est pas véritablement engagé avec Dieu (Matt. 6:2, 5 et 16). Sans doute, cela dépeint l’apparence extérieure, l’activité d’une profession chrétienne d’où la vie de Dieu est absente, mais nous nous tromperions si nous pensions que là se limite la portée de cet enseignement. Un danger sérieux guette ceux qui possèdent la vie divine et leur responsabilité est combien plus grande que celle des inconvertis ! Nous aussi, nous pouvons fort bien déployer une certaine activité extérieure, de manière à être « vus des hommes » et « pour être glorifiés par les hommes », sans qu’il y ait dans notre christianisme la réalité que Dieu veut y trouver. Il peut même arriver que l’activité déployée soit d’autant plus grande qu’il y a peu de réalité dans notre vie chrétienne, précisément pour cacher cette défaillance à notre entourage, peut-être aussi pour essayer de nous la dissimuler à nos propres yeux... Mais nous ne tromperons jamais Celui aux yeux de qui « toutes choses sont nues et découvertes » (Héb. 4:13). Que chacun s’interroge dans la présence de Dieu pour discerner quels sont, en définitive, les mobiles qui le font agir dans son activité chrétienne !

 

1.1.2       Activité extérieure - vie cachée (Marthe et Marie)

N’est-il pas vrai que, dans les temps où nous sommes, l’activité extérieure s’est largement développée, ambitionnant souvent de grandes choses qui dépassent la mesure de la spiritualité ? La vie cachée avec Dieu, si peu connue hélas ! a été parfois mal comprise et l’est sans doute de moins en moins ; un tel christianisme, le vrai, a été taxé de paresse et, imitant le monde religieux, l’on a cherché, avec de louables désirs certes, l’accomplissement de prétendues bonnes œuvres, des œuvres que les hommes voient et louent. Leur approbation, leurs louanges suffisent au cœur qui ne désire pas, avant tout et par dessus tout, l’approbation de Dieu.

Deux femmes habitaient la maison de Béthanie ; toutes deux aimaient le Seigneur mais l’état spirituel de Marthe différait beaucoup de celui de sa sœur et ce qui fait apparaître cette différence, c’est l’entrée du Seigneur dans cette maison. Tant il est vrai que dans la présence du Seigneur se trouve aussitôt manifesté l’état spirituel et moral de chacun. Marthe est animée par les meilleures intentions, nul ne peut le mettre en doute : elle veut recevoir dignement le Seigneur et s’empresse à servir, mais de telle manière qu’elle est « distraite par beaucoup de service ». Tout au contraire, Marie, « assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole » (Luc 10:38 à 42). Une telle attitude est effectivement considérée comme paresse coupable par ceux qui ne voient pas autre chose que l’activité à déployer dans le service et qui jugent d’après cela ; en effet, Marthe demande au Seigneur : « Dis-lui donc qu’elle m’aide », semblant ainsi Lui donner un ordre et Lui reprocher de ne pas se soucier de ce que Marie la laisse « toute seule à servir ». Bien qu’il n’y eût sans doute pas chez elle l’hypocrisie que stigmatise le Seigneur en Matthieu 6, cependant Marthe ne connaissait rien du service qui a l’approbation du Maître ; elle ignorait que, pour Le servir, il faut d’abord écouter sa parole, vivre dans sa communion, demeurer dans sa dépendance. N’avait-elle pas remplacé cette dépendance par une grande activité et n’y a-t-il pas là un grave danger pour nous croyants, encore aujourd’hui ? Puissions-nous imiter l’exemple de Marie, nos cœurs étant occupés de Christ et tenus près de Lui ! Nous pourrons alors servir avec intelligence et spiritualité lorsque l’occasion nous sera donnée de le faire, comme le fit Marie dans la scène de Jean 12 (v. 1 à 3).

 

1.1.3       Les récompenses

Après avoir dénoncé l’hypocrisie de ceux qui agissent afin d’être « vus des hommes » et « pour être glorifiés par les hommes », le Seigneur ajoute : « En vérité, je vous dis : ils ont leur récompense ! » (Matt. 6:2, 5 à 16). C’est au fond la seule récompense qu’ils désirent ; ils l’ont. Puis, encore chaque fois, mais se tournant directement vers le fidèle, Il adresse cette exhortation : « Mais toi... ». Toi, agis « dans le secret » et « ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (v. 3, 4 ; 6 ; 17:18). La récompense pourra être donnée déjà dans la vie présente, elle le sera en tout cas au tribunal de Christ et quel privilège de la recevoir de Lui, comme fruit de sa grâce ! Ce n’est pas la récompense qui est le mobile du fidèle, mais elle est un encouragement à cette activité « dans le secret » qui a l’approbation de Dieu et dont les résultats seront manifestés au jour de Christ, à sa gloire.

 

1.1.4       Mais toi : responsabilité individuelle

Ce « mais toi » s’adresse à chacun de nous. L’expression est fréquemment employée dans les Écritures, elle marque le contraste entre la part du fidèle et la condition d’un ensemble qui a failli quant à sa responsabilité devant Dieu ; nous la trouvons par exemple dans la 1ère Épître à Timothée (6:11) et davantage encore dans la 2ème (3:10 et 14 ; 4:5). Timothée, placé au sein d’une chrétienté déjà devenue semblable à une « grande maison » dans laquelle il y a des vases « à déshonneur », avait une responsabilité personnelle, qui est celle du fidèle encore aujourd’hui. Dans l’Épître de Jude, c’est : « Mais vous...» (v. 17, 20), expression qui s’adresse à un résidu pieux dans des jours de ruine, résidu séparé pour Dieu par la Parole et l’exercice habituel de la prière. Et lorsque le fidèle parle, appréciant la position qui est la sienne et la faveur que Dieu lui a faite, il peut dire : « Mais moi... » (Ps. 5:7 ; 52:8 ; 55:23 — Jonas 2:10 — Michée 7:7 — Habakuk 3:18, par exemple). — Ce « mais toi » de Matthieu 6:3. 6, 17 souligne la responsabilité individuelle de chaque croyant ; chacun doit y penser, assuré que l’exhortation est pour lui et qu’il est responsable d’y répondre. Gardons-nous donc de tout ce qui ne serait que la recherche d’une certaine apparence extérieure de piété sans qu’il y ait réalité et puissance ! Qu’au contraire, nous sachions faire le bien, prier, jeûner « dans le secret », connaissant en cela une vraie communion avec notre Dieu et Père et avec le Seigneur. Cultivons soigneusement cette pieuse activité « dans le secret », recherchant en toutes choses et en tout premier lieu, et pas seulement d’une manière superficielle, l’approbation de Celui « qui voit dans le secret ». À cet égard, ayons de saintes ambitions ! Et n’oublions jamais que si notre vie chrétienne n’est pas une vie de communion avec le Seigneur, dans sa crainte et sa dépendance, il n’y aura aucune puissance ni dans notre marche ni dans notre service.

 

1.1.5       Agir par la chair ou par la foi

Les disciples autrefois avaient été frappés d’incapacité dans leur service, car trois choses leur manquaient : la foi, la prière et le jeûne (Marc 9:18, 19 et 28, 29). La foi compte sur Dieu et sur Dieu seul, elle croit en sa puissance et ne croit qu’en sa puissance ; tandis que les moyens humains témoignent d’une certaine confiance, inavouée peut-être, en l’homme et en ses ressources. Un chariot neuf tiré par des bœufs, cela semble tellement mieux, pour porter l’arche, que les épaules des Lévites ! Mais les bœufs bronchèrent, Uzza étendit sa main pour saisir l’arche et fut aussitôt l’objet du jugement de Dieu, David s’irrita et eut peur de Dieu, et l’arche ne put être ramenée à Jérusalem. Tels sont les résultats de ce qui n’a pas été fait « conformément à l’ordonnance » ! Tandis que lorsque David et le peuple agissent dans l’obéissance à la Parole, Dieu aide les Lévites ; il n’est pas dit comment, mais un secours spécial leur fut accordé, celui que Dieu donne toujours à ceux qui se trouvent à la place où Il les veut et qui servent selon sa pensée. Quand on ne croit pas que Dieu peut tout et que seul Il peut tout, on essaie de faire, avec beaucoup de zèle, ce que l’on pense que Dieu ne pourrait pas faire ! — Par la prière, nous manifestons notre dépendance de Dieu et notre confiance en Lui ; dans le jeûne, nous nous abstenons de ce qui nourrit la chair et nous empêcherait par conséquent de discerner la volonté de Dieu (cf. Rom. 12:1, 2). Remarquons, à ce propos, que, bien souvent, nous sommes persuadés de ne pas agir par la chair parce qu’il n’y a rien dans notre action de ce qui caractérise « les œuvres de la chair » telles que les énumère Galates 5:19 à 21 ; mais la chair revêt d’autres aspects et, notamment, un aspect religieux qui est sans doute le plus dangereux de tous. C’est dans ce domaine que la présence de la chair est, plus que partout ailleurs, difficile à discerner : elle se dissimule sous les plus belles apparences de piété ; ce n’est pas autre chose que de l’hypocrisie. Bien des activités extérieures que l’on croit être spirituelles ne sont peut-être, au fond, que des activités charnelles. La chair se complaît toujours dans une grande activité ; si le jeûne n’est pas réalisé, dans le secret avec Dieu, la chair se manifeste, il n’y a plus le discernement de la volonté divine et l’on est ainsi amené à faire ce qui est mal, aux yeux de Dieu, tout en croyant fermement accomplir le bien.

 

1.1.6       Activité publique et recherche de soi

Mis en garde contre une activité extérieure qui n’est en définitive que la recherche de soi, soyons au contraire très zélés dans l’exercice d’une activité cachée avec Dieu ; il y aura là une source de prospérité dans nos vies spirituelles et, par suite, dans la vie des assemblées. L’action en public, lorsque nous y serons appelés, portera le cachet de l’activité exercée dans le secret. Bel exemple, à cet égard, que celui d’Élie ! Il prie « avec instance » et de manière si cachée que si nous n’avions que le récit de 1 Rois 17, nous ignorerions que son service a commencé par là (cf. Jacques 5:17, 18). Puis, au moment d’agir en public, il peut se présenter devant Achab, de la manière qui convient, et parler, et avec quelle sobriété, les paroles de Dieu. Qu’il prie dans le secret ou qu’il agisse en public, il se tenait « devant l’Éternel » !

 

1.2      La prière

1.2.1       Vaines redites

Après avoir exhorté ses disciples à ne pas agir « comme les hypocrites » mais plutôt à prier « dans le secret » le Père « qui demeure dans le secret » et « qui voit dans le secret », Il leur demande encore de s’abstenir de « vaines redites, comme ceux des nations ». Allusion certaine aux païens répétant toujours les mêmes choses devant leurs idoles, mais là encore n’y a-t-il pas un enseignement pour nous ? Sans doute, nous reprenons souvent dans nos prières des expressions habituellement employées, et il peut bien y avoir en cela le danger d’une certaine routine, mais ce n’est pas ce qui constitue à proprement parler de « vaines redites » : malgré la répétition, dans une prière adressée à Dieu par l’Esprit, d’expressions déjà connues, on éprouve néanmoins la fraîcheur bienfaisante d’une action spirituelle et l’on peut donner son amen de plein cœur, tandis que l’on souffre de ce que l’on a appelé la prière-récitation, généralement longue et fatigante, dans laquelle on ne sent vraiment pas l’action vivifiante de l’Esprit et qui n’a d’autre effet que de remplir le temps. Puissions-nous être gardés des « vaines redites » ! Ce n’est pas l’abondance des paroles qui peut suppléer à ce qui y manque et nous assurer l’exaucement (Matt. 6:7).

 

1.2.2       Besoins matériels et besoins spirituels

Par la prière, nous nous adressons à un Père qui connaît nos besoins mieux que nous ne les connaissons. Mais Il veut que nous soyons exercés avec Lui à ce sujet afin que nous en ayons le discernement et que nous puissions ainsi les lui présenter dans la dépendance et avec confiance. Le Seigneur disait à ses disciples : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (6:8). Savons-nous nous-mêmes, en toutes circonstances, de quoi nous avons besoin ? Peut-être, nous semble-t-il, de bien des choses, matérielles surtout, dont nous n’avons au fond aucun besoin, et qui seraient un piège pour nous si Dieu nous les accordait. Nous désirons souvent « ajouter une coudée à notre taille », nous agrandir dans ce monde, et c’est dans la plupart des cas une cause de souci (cf. v. 27). Tandis qu’au contraire, dans le domaine spirituel, nous serions parfois tentés de dire : « Je suis riche, et je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien » (Apoc. 3:17), ne connaissant pas notre véritable état et nos multiples besoins.

 

1.2.3       L’Esprit nous est en aide

Il est bien vrai que « nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient », mais nous avons — privilège que ne possédaient pas les disciples auxquels s’adressait alors le Seigneur — le secours de l’Esprit : « L’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée de l’Esprit, car il intercède pour les saints, selon Dieu » (Rom. 8:26, 27). Combien nous sommes heureux de savoir que « l’Esprit nous est en aide dans notre infirmité » et que nous nous adressons, priant par l’Esprit, à un bon et tendre Père qui « sait de quoi nous avons besoin, avant que nous le lui demandions » !

Ayant mis en garde ses disciples contre l’hypocrisie de ceux qui n’ont en fait d’autre but en priant que de faire étalage d’une belle apparence religieuse (en contraste : v. 6), puis contre les « vaines redites » de ceux qui « parlent beaucoup » sans exposer au fond de réels besoins (en contraste : v. 8), le Seigneur les enseigne à prier : v. 9 à 15. « Vous donc, priez ainsi. »

 

1.3      Le « notre père » et son application aujourd’hui. Le Seigneur enseigne à prier.

1.3.1       Pas un rite

Sans doute, le Seigneur s’adressait alors à des disciples juifs auxquels Il présentait les principes du royaume des cieux qu’Il allait introduire. La prière qu’Il leur enseignait était en rapport avec le caractère du temps dans lequel ils se trouvaient et leur position devant Dieu. Le Saint Esprit n’était pas encore descendu sur la terre comme Personne divine, de sorte qu’ils ne pouvaient être exhortés à prier « par l’Esprit », comme nous le sommes aujourd’hui, et avaient besoin d’être instruits quant à la manière dont ils pouvaient s’adresser au Père avec intelligence. Bien que la récitation de cette prière — ce qui d’ailleurs deviendrait un rite — ne convienne pas au temps dans lequel nous sommes aujourd’hui (remarquons, à ce propos, que dans le Livre des Actes il n’est pas question une seule fois de l’usage de la « prière dominicale » et que les Épîtres n’en parlent pas non plus), nous pouvons cependant la considérer avec fruit et en retirer d’utiles enseignements. Elle nous instruit quant au caractère des demandes que nous avons à présenter, « par l’Esprit », à un Père qui « sait de quoi nous avons besoin, avant que nous le lui demandions ». Les principes qui y sont contenus sont applicables au jour actuel.

 

1.3.2       Les trois premières demandes ont trait à la gloire de Dieu

Dans nos prières, comme en toutes choses, c’est à nous que nous pensons en premier lieu. C’est humain, dira-t-on, et en effet c’est bien selon l’homme. Combien grand est l’égoïsme de nos cœurs naturels ! Et nous allons même souvent, en fait, jusqu’à dire à Dieu notre volonté au lieu de Lui demander ce qui est conforme à la sienne. Nous prenons Dieu comme le serviteur de nos propres désirs et considérons la prière comme le moyen de les Lui faire connaître. Est-ce trop dire ? N’en est-il pas véritablement ainsi parfois ? — Dans la prière que le Seigneur enseigne à ses disciples, c’est la gloire de Dieu qui est tout premièrement en vue et qui fait l’objet direct des premières demandes ; c’est elle que le fidèle doit désirer et rechercher avant tout, et cela dans tous les temps. Cette recherche n’a-t-elle pas été l’objet de l’Homme parfait dans ce monde, du commencement à la fin de son sentier ? (cf. Ps. 16:1 à 8). Dans l’évangile qui retrace la vie, toute à la gloire de Dieu, de Celui qui a été ici-bas le Fils de l’homme, nous lisons que le Seigneur a enseigné cette prière à ses disciples comme une réponse à la demande qu’ils avaient faite : « Seigneur, enseigne-nous à prier, comme aussi Jean l’a enseigné à ses disciples ». Pourquoi avaient-ils demandé cela ? Parce qu’ils avaient vu le Seigneur lui-même « en prière dans un certain lieu » (Luc 11:1). Nous pouvons en être assurés, l’objet essentiel de sa prière était la gloire de son Dieu, c’est aussi le premier objet de la prière enseignée par Lui aux disciples et ce devrait être le premier objet de celles que nous pouvons maintenant formuler « par l’Esprit ». L’Esprit de Dieu nous donnera des expressions en rapport avec le caractère du temps dans lequel nous sommes et les besoins du moment, mais l’objet de nos demandes sera le même que celui des requêtes enseignées par le Seigneur à ses disciples : la gloire de Dieu. Notre premier « besoin » devrait toujours être la gloire de Dieu, la gloire de Christ.

Les trois premières demandes ont directement trait à la gloire de Dieu, à ses intérêts ici-bas et à la reconnaissance de ses droits sur la terre.

 

1.3.3       Que ton nom soit sanctifié

« Que ton nom soit sanctifié » — ou, en d’autres termes : Que ton nom soit honoré. C’est dans le même sens qu’il est écrit : « Je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi, et devant tout le peuple je serai glorifié» (Lév. 10:3), et encore : « Parce que vous ne m’avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux des fils d’Israël, à cause de cela vous n’introduirez pas cette congrégation dans le pays que je leur donne » (Nomb. 20:12 — cf. Deut. 32:51). L’acte de Nadab et Abihu, présentant « devant l’Éternel un feu étranger », celui de Moïse et Aaron, s’adressant au peuple dans les termes rapportés en Nombres 20:10, Moïse frappant ensuite le rocher par deux fois, au lieu de lui parler, nous montrent combien nous sommes en danger de désobéir — souvent en croyant bien faire, mieux faire... — et par suite, de déshonorer le nom de notre Dieu et Père. En attendant les jours heureux du règne, durant lesquels son nom sera sanctifié, demandons à Dieu qu’Il nous accorde la grâce d’être de ceux qui l’honorent par une marche fidèle, dans la séparation de tout mal. Qu’ainsi, par les siens, déjà son nom soit sanctifié ! Telle est la prière que nous avons à présenter à Dieu avant toute autre ; son Esprit nous conduira en cela, nous faisant discerner les dangers, les besoins particuliers, actuels, qui peuvent être en relation avec cette demande générale. C’est la gloire de Dieu qui devrait toujours être notre préoccupation essentielle, le principe directeur de notre vie dans ce monde.

 

1.3.4       Que ton règne vienne

« Que ton règne vienne ». — Sans doute attendons-nous la venue du Seigneur pour l’enlèvement des saints, selon 1 Thessaloniciens 4:16, 17. Et d’autre part, le règne (il s’agit ici du royaume du Père, de la partie céleste du royaume — cf. Matt. 13:43) ne sera établi en puissance qu’après l’exécution des jugements qui suivront l’enlèvement de l’Église de Christ. De sorte qu’en nous arrêtant sur cette deuxième demande de la prière enseignée par le Seigneur à ses disciples, nous pensons surtout au moment où les choses muables disparaîtront pour faire place aux choses immuables qui, elles, demeurent. Cela doit donc nous amener à un vrai détachement de cœur de tout ce qui nous lie à ces choses muables et à « servir Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte. Car aussi notre Dieu est un feu consumant » (Hébr. 12:26 à 29).

 

1.3.5       Que la volonté de Dieu soit faite

« Que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre ». — Le règne établi, la volonté du Père sera faite non seulement dans la partie céleste du royaume mais aussi sur la terre, qui sera ainsi bénie sous le sceptre de Christ. Dans l’attente de ce jour que nous appelons de nos voeux, il nous appartient à nous, enfants de Dieu par pure grâce, de prendre une place de soumission à la volonté de Dieu notre Père. Pourrions-nous vraiment désirer que cette volonté soit obéie de tous plus tard, si nous y désobéissions maintenant ? Retenons les exhortations de 1 Pierre 1:2, 14, 22.

Ensuite, les quatre dernières demandes sont en rapport avec les besoins propres des disciples. Le premier objet de la prière : la gloire de Dieu ; le premier de nos besoins propres à présenter à Dieu : « Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut », la nourriture, nourriture de nos âmes tout autant que nourriture de nos corps. « Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ? », tels sont nos soucis ; mais, dit le Seigneur : « votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ». Il est prêt à répondre à tous nos besoins matériels, désirant que nous pensions d’abord à notre âme, alors que nous faisons généralement le contraire. « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice » implique une vie spirituelle nourrie de Christ (cf. Matt. 6:31 à 34). La Parole est la nourriture de l’âme et, dans cette Parole vivante, il y a « le pain qu’il nous faut aujourd’hui », une nourriture appropriée pour chaque jour, en rapport avec notre état et nos besoins. La manne de la veille n’eût pas convenu, il fallait celle que l’Éternel envoyait « chaque matin » pour la nourriture de son peuple. Quelle expression de notre dépendance de Dieu pour la nourriture de notre âme nous avons dans cette demande : « Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut » ! Si nous ne savons pas discerner nos vrais besoins, surtout nos besoins spirituels, comment saurions-nous ce qui peut y répondre ? Mais « notre Père sait de quoi nous avons besoin, avant que nous le lui demandions » et seul Il peut nous donner chaque jour « le pain qu’il nous faut ». Si nous en avions davantage conscience, nous saurions mieux demander jour après jour : « Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut » et Celui qui jamais ne déçoit l’attente de la foi nous donnerait, chaque jour, la nourriture dont nous avons besoin. Verrait-on alors tant de vies spirituelles qui dépérissent faute de recevoir l’aliment nécessaire, ou parce que le croyant, et c’est encore plus grave, ne prenant pas « chaque jour le pain qu’il faut », prend au contraire tant de nourriture qu’il ne faudrait pas ?

 

1.3.6       Pardon

« Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs ». — Cette demande est en rapport avec le gouvernement de Dieu dans la vie présente. Il s’agit du pardon gouvernemental (cf. v. 14, 15) et non du pardon des péchés qui assure le salut éternel de l’âme ; car, en effet, il n’est pas possible que Dieu fasse dépendre le pardon de quelqu’un pour le salut de son âme du pardon qu’il accorde aux autres. Pour présenter cette requête, il faut une réelle droiture de cœur, le pardon étant exercé selon la nature et la mesure que nous donnent Éphésiens 4:32 et Colossiens 3:13. N’oublions pas que c’est de la mesure dont nous mesurerons qu’il nous sera aussi mesuré (Marc 4:24).

 

1.3.7       Entrer en tentation

« Ne nous induis pas en tentation ». — En d’autres termes, car « Dieu ne tente personne » (cf. Jacques 1:13 à 15) : ne permets pas que nous soyons placés dans des circonstances où nous succomberions à la tentation. C’est l’expression du sentiment de notre faiblesse qui nous conduit à fuir le danger. « Veillez et priez », disait le Seigneur aux disciples, « afin que vous n’entriez pas en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible ». Tel est le secret pour ne pas « entrer en tentation » : veiller et prier. Combien Pierre avait été prompt à déclarer : « Quand même il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai point » ! Ensuite, il ne sait ni veiller ni prier et, mis à l’épreuve, il fait l’expérience que « la chair est faible » : il succombe, reniant son Maître (Matt. 26:41, 33 à 35, 69 à 75). — Se défier de soi-même, apprendre pratiquement qu’en notre chair « il n’habite point de bien » (Rom. 7:18), qu’il n’y a aucune force en nous pour résister à la tentation, nous conduira à veiller et à prier. Par l’Esprit, nous présenterons à Dieu les demandes appropriées aux circonstances et aux besoins du moment, afin que nous ne soyons pas «         induits en tentation ».

 

1.3.8       Connaître et juger le mal

« Délivre-nous du mal ». — La Parole montre le mal tel qu’il est, afin que nous l’ayons « en horreur » (Rom. 12:9). Le mal est en nous, dans notre nature pécheresse, et il est tout autour de nous dans ce monde. Il porte atteinte à la gloire de Dieu et à l’honneur de son Nom, c’est surtout en cela que réside son caractère de gravité. Nous ne connaissons et ne jugeons réellement le mal qui est en nous que lorsque nous sommes en la présence de Dieu, et nous ne pouvons nous occuper du mal qui est autour de nous que si nous en sommes nous-mêmes séparés : Lot était sans force contre le mal, bien qu’« accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers » et « tourmentant de jour en jour son âme juste à cause de leurs actions iniques » (2 Pierre 2:7 à 9) ; tandis qu’Abraham, occupé du bien, jouissant de la présence de l’Éternel, pouvait intercéder pour les villes sur lesquelles allait fondre le jugement (Genèse 18).

 

1.3.9       Avoir les sens exercés à discerner le bien et le mal. Absence de discernement

C’est en étant occupé du bien que le croyant est délivré du mal et, pour être occupé du bien, il est nécessaire qu’il vive habituellement dans la présence de Dieu, se nourrissant de Christ, puisant dans la Parole les enseignements dont il a besoin pour marcher fidèlement dans un monde dont Satan est le chef et qui gît tout entier « dans le méchant » (Jean 14:30 ; 1 Jean 5:19). Comme nous savons peu réaliser ces choses ! Si même nous connaissons les enseignements des Écritures, nous ne les mettons pas toujours en pratique car la Parole n’a pas, d’une manière générale, l’autorité qu’elle devrait avoir sur nos cœurs et sur nos consciences. Bien souvent d’ailleurs ses enseignements ne sont pas connus, parce que nous lisons trop peu les Écritures en vue d’y chercher les instructions nécessaires pour la marche ; aussi, « devenus paresseux à écouter », nous avons souvent besoin que l’on nous « enseigne quels sont les premiers rudiments des oracles de Dieu » et, « inexpérimentés dans la parole de la justice », nous ne pouvons prendre que du « lait » et non « la nourriture solide » qui n’est que « pour les homme faits, qui, par le fait de l’habitude, ont les sens exercés à discerner le bien et le mal » (Hébr. 5:12 à 14). Triste état que celui caractérisé par cette absence de discernement du bien et du mal ! Il arrive alors que l’on fasse le mal inconsciemment, croyant même généralement faire le bien. « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui mettent les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres... » (Ésaïe 5:20) ; sans doute y a-t-il là des degrés de responsabilité mais, quoi qu’il en soit, c’est à ceux-là que s’adresse l’injonction du prophète, présentant « la parole de l’Éternel » : « Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez de devant mes yeux le mal de vos actions ; cessez de mal faire, apprenez à bien faire » (Ésaïe 1:16).

Cette absence de discernement qui conduit à considérer comme normal ce qui ne l’est pas, comme bien ce qui est mal, est la marque d’un bas niveau spirituel. C’est ce niveau qu’il convient de relever et pour cela, Christ doit être présenté à l’âme comme la nourriture dont elle a besoin, de manière à ce que la vie divine en nous se développe pour notre affermissement et notre accroissement spirituel ; alors, les affections pour Christ étant réchauffées, la conscience sera atteinte et amenée dans la lumière de Dieu, le croyant pourra voir les choses comme Dieu les voit, rejeter le mal et choisir le bien, cesser de mal faire et apprendre à bien faire. L’on entend dire fréquemment : en toute conscience, je ne vois pas le mal qu’il y a à faire telle chose ; et effectivement, l’expression est juste : pour « voir », il faut être dans la lumière, là seulement nous pouvons juger des choses comme Dieu en juge, porter sur elles la même appréciation morale. Il faut que la conscience soit éclairée par la Parole qui seule peut lui montrer ce qui est bien et ce qui est mal, aux yeux de Dieu. Si un croyant néglige la Parole, sa conscience n’est plus dans la lumière et il ne peut avoir « les sens exercés à discerner le bien et le mal ». Puissions-nous mieux discerner le mal et demander à Dieu qu’Il nous en délivre en nous occupant et nous nourrissant du bien !

Il est à remarquer que la première demande de la prière : « Que ton nom soit sanctifié », et la dernière : « Délivre-nous du mal » ont trait toutes deux à la séparation pratique du mal, ce qui est en rapport avec la gloire de Dieu étant présenté tout d’abord — « Que ton nom...», — ce qui nous concerne, ensuite — « Délivre-nous ... ». La séparation du mal doit être réalisée d’abord pour la gloire de Dieu, pour la bénédiction et la joie de nos âmes ensuite.

 

1.3.10    Avoir un esprit de prière

Dieu veuille développer en nous un esprit de prière ! La Parole nous exhorte à prier, à prier sans cesse, et nous dit comment nous avons à le faire. Soyons attentifs à ses enseignements, exercés quant aux demandes que nous avons à présenter, afin que, « priant par le Saint Esprit », nous laissant conduire par lui pour discerner les besoins de tous les temps et les besoins du moment, nous sachions demander, avec une entière liberté mais aussi une sainte crainte, ce qui convient et pour la gloire de Dieu, en tout premier lieu, et pour la bénédiction des siens ! Soyons ainsi conduits à vivre une vie de piété, « dans le secret » d’une vraie communion avec Dieu, afin que toute notre activité extérieure en porte le cachet.

 

 

2        Sept enseignements de Jacques sur la prière

Titre original : « Enseignements de l’apôtre de Jacques au sujet de la prière »

ME 1959 p. 141

 

L’Épître de Jacques met en relief la responsabilité de tous ceux qui font profession de christianisme. Quiconque a la vie de Dieu doit, par ses œuvres, en rendre témoignage devant le monde, montrant ainsi la réalité de sa foi ; par ailleurs, toute sa marche extérieure doit être le reflet de sa vie intérieure. En d’autres termes : d’une part, la vie de Christ que possède le croyant doit être vue dans l’accomplissement d’œuvres de foi ; d’autre part, la profession extérieure doit correspondre à une vie intérieure, faute de quoi elle ne serait qu’une hypocrite apparence, susceptible de tromper les hommes mais non Celui qui connaît l’état des cœurs. Cela juge bien entendu le chrétien qui n’a qu’une simple profession extérieure de christianisme mais aussi, ne le perdons pas de vue, le vrai croyant quand son comportement extérieur va bien au delà de ce qu’il connaît et réalise dans son cœur.

Cette Épître insistant de manière si particulière sur le côté pratique de la vie chrétienne, il est certainement instructif et édifiant pour nos âmes d’y chercher ce qu’elle nous enseigne au sujet de la prière. D’une part, en effet, la prière traduit les besoins et les aspirations de « l’homme intérieur », elle fait partie intégrante de la vie intérieure du croyant ; d’autre part, il n’est pas possible de vivre une vie à la gloire de Dieu, dans tous les détails de la marche ici-bas, sans le secours d’en-haut réclamé par la prière.

Puisse la méditation de ce sujet produire en nous des effets pratiques et nous conduire à être, beaucoup plus que nous ne le sommes, des hommes de prière ! Quel bien il en résulterait dans nos vies individuelles et dans la vie des assemblées !

 

2.1      Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas. (4:2)

Dieu, dans sa grâce, nous accorde tant de bienfaits, matériels et spirituels, qu’ils vont bien au delà de ce que nous demandons et peut-être même que bien souvent nous ne demandons pas. Que cela ne nous fasse pas perdre de vue le côté de notre responsabilité ! Dieu désire que nous soyons exercés quant à nos besoins et que nous les Lui exposions, manifestant ainsi notre dépendance de Lui et notre confiance en Lui. Il voudrait que nous ayons faim et soif de bénédictions spirituelles, des vraies richesses qu’Il est prêt à nous dispenser. Si nous ne sentons pas le besoin d’être spirituellement enrichis et comblés, Dieu peut arrêter, ou au moins limiter la pluie de bénédictions qu’Il aimerait répandre sur nous : « Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas ».

Peut être manquons-nous de pasteurs et de docteurs, d’hommes « fidèles qui soient capables d’instruire aussi les autres » (2 Tim. 2:2), d’évangélistes dévoués, annonçant l’évangile en toute pureté et avec les seuls moyens que Dieu puisse approuver. Peut-être les réunions sont-elles languissantes, sans beaucoup de vie et de fraîcheur ; peut-être est-ce parce qu’il y manque la liberté ou la dépendance de l’Esprit. Peut-être encore le rassemblement est-il abandonné trop souvent par un trop grand nombre, les réunions de prières sur tout, alors qu’elles devraient être les plus fidèlement suivies (si tant est que l’on puisse faire, à cet égard, une distinction entre les différentes réunions d’assemblée). Il est possible aussi que la séparation soit mal réalisée, parce que mal comprise par certains, et que cela nuise à la communion des saints et à leur témoignage. Mais nous n’en finirions pas d’énumérer tout ce que « nous n’avons pas » soit dans l’assemblée, soit dans nos maisons, soit pour ce qui nous concerne chacun individuellement ! Posons-nous la question : n’est-ce pas bien souvent parce que nous ne le demandons pas ? Dieu veuille nous exercer à cet égard, nous accordant de désirer avec ardeur les bénédictions spirituelles dont Il se plaît à combler ceux qui en ont soif et savent rechercher avec diligence ce qu’ils ont demandé. Qu’Il nous donne avant tout de demeurer dans un état spirituel et moral tel qu’Il puisse nous bénir richement ! Il y a peut-être aussi tant de choses qui nous font défaut pour que nous nous trouvions dans cet état et que nous n’avons pas parce que nous ne les demandons pas.

 

2.2      Quand il n’est pas répondu à la prière (4:3)

Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés. (4:3)

Si nous sommes en général peu zélés pour demander à Dieu des biens spirituels, nous le sommes par contre beaucoup plus pour le prier de nous accorder ce qui plaît à notre cœur naturel, mais qu’Il ne nous donne pas parce qu’Il sait que ce ne serait pas pour notre bien. Nous demandons et nous ne recevons pas. Il s’agit là de la prière qui n’est ni le fruit de la communion avec Dieu ni l’expression de la dépendance de Lui. Quel contraste avec celle qui peut être faite au nom du Seigneur en comptant sur ses promesses : « En vérité, en vérité, je vous dis, que toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, il vous les donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie » (Jean 16:23, 24). « Demandant mal », nous attendons cependant parfois l’exaucement parce que nous avons terminé notre prière à Dieu en disant : C’est au nom du Seigneur que nous te le demandons ». S’il ne s’agit que de l’usage d’une formule employée dans la pensée qu’elle nous assurera ce que désire notre cœur, nous n’avons pas prié en fait « au nom du Seigneur » et « nous ne recevrons pas ». Et pourtant la promesse est là : « toutes les choses que vous demanderez ». Mais dans cette expression ne peuvent être comprises que celles que le Seigneur sait bonnes et utiles pour nous et que par conséquent nous pouvons vraiment demander en son nom. Demander au nom du Seigneur, c’est demander ce qui est selon la volonté de Dieu car le Seigneur n’a jamais désiré autre chose. Alors seulement nous pouvons avoir l’assurance de l’exaucement. « Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5:14, 15). Tandis que « nous ne recevrons pas » si nous « demandons mal ».

 

2.3      Manque de sagesse. Demander sans douter

« Et si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu, qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et il lui sera donné ; mais qu’il demande avec foi, ne doutant nullement... (1, 5, 6).

 

Le verset 3 de ce chapitre nous parle de l’épreuve de la foi. Elle produit la patience et la patience doit avoir « son œuvre parfaite », afin que nous soyons « parfaits et accomplis » — c’est-à-dire n’ayant aucune volonté propre, entièrement soumis à celle du Seigneur — et « ne manquant de rien ». Si nous manquons de sagesse pour marcher ainsi, nous sommes exhortés à la demander à Dieu. Il veut nous l’accorder, cela nous est assuré. En douterions-nous ? Ce serait douter de Lui- même, de sa parole !

Pour toute notre vie pratique, notre marche dans ce monde, la sagesse d’en-haut nous est nécessaire afin que nous puissions « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2:6) ; Lui, notre parfait Modèle, pouvait dire en vérité : « Je ne puis rien faire, moi, de moi-même ; ... car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 5:30). Le croyant est exhorté à suivre le Seigneur dans ce sentier, il est responsable, « par une bonne conduite », de « montrer ses œuvres avec la douceur de la sagesse » (Jacques 3:13 — voir également le verset 17). Éphésiens 5:15 nous dit encore : « Prenez donc garde à marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ». — Combien nous avons à demander à Dieu qu’Il nous donne toute la sagesse nécessaire pour marcher ici-bas d’une manière digne du Seigneur ! Le faisons-nous avec assez de persévérance, avec assez de confiance ? Il convient en effet, nous dit l’apôtre Jacques, de « demander avec foi, ne doutant nullement ». La prière doit être l’expression de notre dépendance de Dieu mais aussi d’une entière confiance en Lui, la confiance de la foi. Celui qui n’a qu’une simple profession chrétienne, « cet homme-là » de Jacques 1:7, ne peut être exaucé car il n’y a pas chez lui — et il ne peut y avoir — la confiance de la foi. Mais ce qui est dit dans ce passage n’est pas seulement pour les chrétiens de profession, n’ayant pas la vie de Dieu, il y a un enseignement pour nous croyants. Cela doit nous amener à nous poser cette question : ne ressemblons-nous pas parfois à « cet homme-là » ? N’y a-t-il pas des doutes dans nos cœurs au lieu de l’assurance que Dieu répond toujours à la prière de la foi ?

Et les doutes que nous éprouvons quant à ce que Dieu peut accomplir ne nous conduisent-ils pas à une sorte de résignation à une vie chrétienne pauvre, étiolée et pratiquement stérile, ou à des prières sans grande conviction, « vaines redites » peut-être ? Nous ne pensons pas que Dieu exaucera nos demandes, encore moins qu’Il peut même « faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous » (Éph. 3:20). Si nous avions plus de foi, ne verrions-nous pas de merveilleux déploiements de la puissance de Dieu opérant en nous, nous communiquant cette sagesse qui nous manque en tant de circonstances et qui nous conduirait à mettre de côté notre volonté propre pour faire celle de notre Dieu et Père ?

Ces doutes, qui les sème dans nos cœurs si ce n’est l’ennemi, celui qui revient sans cesse avec le « Quoi, Dieu a dit ? » de Genèse 3:1 ? C’est seulement en « prenant le bouclier de la foi » que « nous pourrons éteindre tous les dards enflammés du méchant » (Éph. 6:16).

 

2.4      Quelqu’un parmi vous est-il maltraité, qu’il prie (5:13)

Telle est la grande ressource du croyant dans les tribulations qu’il peut avoir à traverser ; nombre de passages des Écritures sont là pour nous le rappeler, Romains 12:12 et Philippiens 4:6, 7 parmi tant d’autres. Et si c’est « en faisant le bien » que le fidèle est appelé à souffrir, « cela est digne de louanges devant Dieu », « car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2:20, 21).

Maltraité, le croyant est parfois conduit à murmurer, peut-être même, au mépris de l’enseignement de Romains 12:17 à 21, cherche-t-il à se venger de celui dont il a eu à souffrir. C’est ce à quoi incitent les pensées du cœur naturel. La vie divine en nous doit se manifester de façon tout à fait différente : « qu’il prie ». Et les sujets de prière ne manquent pas pour celui qui est maltraité : prier pour avoir la force, la patience de supporter jusqu’au bout, sans plaintes ni désir de vengeance — pour être rendu capable de glorifier Dieu dans l’épreuve, en manifestant quelques caractères de Christ, Celui qui « lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2:23). N’a-t-Il pas, Lui, prié pour ses bourreaux ? (Luc 23:34). Étienne, imitateur du parfait Modèle, ne l’a-t-il pas fait également pour ceux qui le lapidaient ? (Actes 7:60). Et l’apôtre Paul, imitateur de Christ lui aussi, n’écrit-il pas à Timothée : « Dans ma première défense, personne n’a été avec moi, mais tous m’ont abandonné : que cela ne leur soit pas imputé » ? (2 Tim. 4:16).

 

2.5      Maladie et guérison

« Quelqu’un parmi vous est-il malade, qu’il appelle les anciens de l’assemblée, et qu’ils prient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné » (5:14, 15).

Remarquons tout d’abord que ces deux versets, dont on veut se servir pour justifier le recours à maints guérisseurs, n’autorisent en aucune manière leur activité, pas plus qu’ils n’autorisent un malade à aller les trouver ou à les appeler. Que nous enseignent-ils ?

« Qu’il appelle les anciens de l’assemblée ». Il s’agit donc d’un malade qui connaît l’Assemblée de Dieu et ce qui en est l’expression dans la localité où il se trouve. C’est vers l’assemblée qu’il doit se tourner et ce sont « les anciens de l’assemblée » qu’il fait appeler. Aujourd’hui, il n’y a plus d’anciens établis parce que l’autorité apostolique n’est plus, qui seule pouvait les investir de cette charge (cf. Actes 14:23). Il est vrai qu’il y a cependant des frères auxquels le Seigneur a mis à cœur de remplir ce service dans les assemblées ; 1 Timothée 3:1 à 7 et Tite 1:6 à 9 sont les deux principaux passages qui nous donnent les caractères qu’ils doivent manifester afin d’être qualifiés pour cela. Bien que n’étant pas établis officiellement dans la charge, de tels frères sont pourtant reconnus comme anciens, ainsi que nous y exhorte 1 Thessaloniciens 5:12, 13. C’est donc à eux qu’il conviendrait de faire appel. Mais s’ils acceptent d’aller, ne serait-ce pas, de leur part, se reconnaître eux-mêmes comme « les anciens de l’assemblée » et peut-être une telle assurance serait-elle la preuve qu’ils n’en présentent pas tous les caractères ? De telle sorte que, nous le pensons tout au moins, l’état actuel du témoignage ne permet guère à « quelqu’un parmi vous qui est malade » d’user de la ressource indiquée dans ces deux versets. En considérant le verset suivant nous trouverons, semble-t-il, la confirmation de cette pensée, en même temps que l’indication du secours auquel un malade peut faire appel en tous temps.

Que devaient faire « les anciens de l’assemblée » appelés par un malade ? Prier pour lui, l’oindre d’huile au nom du Seigneur. Cette onction d’huile a troublé beaucoup de chrétiens. Elle se rattache sans aucun doute aux ordonnances lévitiques ; il ne faut pas perdre de vue à cet égard que l’Épitre de Jacques est adressée « aux douze tribus qui sont dans la dispersion » (1:1). Plusieurs de ceux auxquels écrivait l’apôtre, bien que possédant la vie de Dieu, étaient encore liés au système juif. Et cela aussi nous permet de penser que les versets 14 et 15 n’ont eu qu’une application limitée aux temps apostoliques durant lesquels il y avait encore, d’une part, des anciens officiellement établis et, d’autre part, des croyants demeurant attachés aux ordonnances mosaïques. Ce qui était important, c’était que l’onction d’huile fût faite « au nom du Seigneur », et que la prière fût « la prière de la foi ». Cela impliquait, de la part des anciens appelés, une jouissance de la communion avec Dieu, une spiritualité leur permettant de discerner en présence de quel cas ils se trouvaient.

La maladie pouvait être — et peut toujours être — un acte du gouvernement de Dieu, châtiment envoyé par Lui à la suite d’un péché commis et non confessé, ou encore discipline nécessaire pour amener celui qui en est l’objet à connaître quelque chose du but indiqué en Hébreux 12:10. Si les anciens, ayant la pensée de Dieu, jugeaient que le résultat de l’épreuve était atteint, ils pouvaient alors demander « avec foi », selon 1 Jean 5:14, 15 et « au nom du Seigneur », selon Jean 16:23, 24, la guérison du malade. Si des péchés avaient été commis — il ne s’agit pas, bien entendu, de péchés dont le caractère et la gravité eussent nécessité l’exclusion du coupable selon les enseignements de 1 Corinthiens 5 — ils étaient pardonnés, la discipline prenant fin. La prière des anciens de l’assemblée, dans un cas de ce genre, n’était pas celle-ci : « Seigneur, si tu le trouves bon, si telle est ta volonté, guéris ce malade » ; ils pouvaient, sans aucune réserve, demander la guérison car ils avaient la connaissance de la pensée de Dieu et savaient ainsi qu’Il pouvait et voulait guérir. Et cela nous conduit à poser la question : y a-t-il aujourd’hui des frères prêts à répondre à l’appel d’un malade dans une circonstance semblable ?

Et l’activité des guérisseurs modernes s’exerce-t-elle dans des conditions conformes à l’enseignement de ces deux versets ? Il est bien clair que non. — Demander la guérison d’un malade est d’ailleurs toujours chose extrêmement délicate, si même c’est toujours ce que notre cœur peut désirer. La maladie n’est pas seulement une des conséquences du péché, atteignant à ce titre tous les hommes indistinctement, elle est aussi un moyen dont Dieu se sert pour opérer un travail dans l’âme. Elle sera employée par Lui pour arrêter un incrédule sur un chemin de perdition et l’amener à la connaissance de Jésus comme Sauveur ; elle fait partie de la discipline à laquelle sont soumis tous les enfants de Dieu. Demander une guérison, chercher à l’obtenir quand même, et qui sait par quels moyens, lorsque Dieu ne l’envoie pas, n’est-ce pas en fait mettre de côté la volonté de Dieu et n’agir que suivant la sienne propre ? Est-ce là la sagesse ? C’est s’opposer au travail que Dieu voudrait opérer dans une âme, l’entraver en tout cas. L’apôtre a-t-il guéri Épaphrodite « malade, fort près de la mort » ? Le cas était grave cependant et, d’autre part, quelle ardente affection avait Paul pour celui qu’il appelle « mon frère, mon compagnon d’œuvre et mon compagnon d’armes » ! Mais il place toutes choses entre les mains de Dieu, attendant la délivrance de Lui seul (Phil. 2:25 à 27). N’a-t-il pas « laissé Trophime malade à Milet » ? (2 Tim. 4:20). Et alors que son cher enfant Timothée avait de « fréquentes indispositions » (1 Tim. 5:23), il se borne à lui donner un conseil mais n’exerce pas sa puissance en guérison, puissance qu’il avait cependant reçue de Dieu (voir par exemple : Actes 19:11, 12 et 28:8, 9). Nous pouvons être émus de compassion en voyant la souffrance chez d’autres, nous pouvons désirer ne pas souffrir nous-mêmes, car nous n’aimons ni souffrir ni voir souffrir, mais sachons regarder en-haut, demandant à Dieu ce qu’Il veut nous enseigner par le moyen des circonstances qu’Il permet, au lieu d’essayer de les forcer pour en changer le cours.

Et que dire du trouble que l’on provoque dans l’âme de plusieurs en les assurant qu’ils ne devraient pas être malades et que, s’ils le sont, c’est parce qu’ils manquent de foi, de piété, de zèle pour servir Dieu ? Il est bien difficile, dans la plupart des cas, de savoir pourquoi Dieu permet, ou envoie, telle ou telle maladie. Puissions-nous être gardés de mettre quelque obstacle que ce soit à l’accomplissement du travail qu’Il veut produire dans l’âme ! (voir Job 33:16 à 30).

 

2.6      Confession et prière mutuelle

« Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup » (5:16).

 

Que l’appel aux « anciens de. l’assemblée » n’ait été possible que dans les premiers temps de l’histoire de l’Église nous semble confirmé par l’enseignement du verset 16, faisant suite à celui des deux versets précédents. Il n’y a plus aujourd’hui d’anciens officiellement établis, mais Dieu a donné une ressource qui demeure : la confession des fautes, non pas à un ancien, mais « l’un à l’autre ». Ce n’est plus ici la prière des anciens de l’assemblée mais : « priez l’un pour l’autre ». Sans doute la ressource du verset 16 avait-elle sa place même lorsqu’était possible le recours aux « anciens de l’assemblée », et elle demeure, seule des deux semble-t-il, pour le temps actuel. Savons-nous en user ?

Que de croyants gémissent parfois sous le poids d’une faute non confessée ! Leur conscience est mal à l’aise et peut-être aussi ont-ils, de ce fait, à souffrir dans leur corps ? S’il s’agit d’un manquement envers Dieu ou à l’égard d’une autre personne, la confession à Dieu, selon 1 Jean 1:9, est toujours nécessaire et le pardon est assuré à celui qui le fait ; mais ne convient-il pas aussi d’aller, avec humilité et droiture, vers celui auquel il faut également confesser sa faute ? Et s’il s’agit d’un manquement qui n’est pas spécialement à l’égard de quelqu’un, celui qui l’a commis peut alors se confier à un frère pieux et sage, discret, lui confessant sa faute, lui ouvrant son cœur, soulageant sa conscience. Cette confession ouvre la voie à la prière, à laquelle Dieu répondra par la guérison s’Il avait envoyé la maladie comme discipline envers le coupable.

 

2.7      Exemple d’Élie

« Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous, et il pria avec instance qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois ; et il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit » (5:17, 18).

 

Les trois enseignements qui nous sont donnés dans le chapitre 4 (v. 2 et 3) et dans le premier chapitre (v. 5 et 6) se rattachent plutôt aux exercices de l’âme, à la vie intérieure du croyant ; les trois autres (5:13, 14 et 15, 16) aux circonstances pratiques de la vie chrétienne. L’exemple d’Élie est présenté en septième lieu afin d’illustrer la plupart de ces enseignements, pour nous les montrer dans la vie d’un « homme ayant les mêmes passions que nous ».

Certes, Élie n’était pas de ceux qui « n’ont pas » parce « ne demandent pas » ou de ceux qui « demandent et ne reçoivent pas » parce qu’ils « demandent mal ». Il n’était pas non plus de ceux qui doutent de la puissance et de l’amour de Dieu ; tout au contraire, il « demande avec foi, ne doutant nullement ». Sa prière est bien « la prière de la foi » pour la guérison du peuple malade et le pardon de ses péchés ; elle est la « fervente supplication du juste ». Sans doute demanda-t-il « avec instance qu’il ne plût pas », que la bénédiction fût retenue, mais s’il le fit c’est parce qu’il avait l’intelligence des pensées de Dieu, fruit de sa communion avec Lui. Il pouvait dire en vérité : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens » (1 Rois 17:1), de sorte que ce qu’il demande est en plein accord avec ce que Dieu veut faire ; il est donc assuré de l’exaucement. Élie n’a en vue que la gloire de l’Éternel et il aime le peuple d’un amour vrai, qui recherche son bien et sa prospérité ; il a une pleine confiance dans le Dieu auquel il s’adresse et auquel il demande ce qui est « selon sa volonté » (cf. 1 Jean 5:14, 15), de sorte qu’à sa prière, « il ne tomba pas de pluie » et, à sa prière encore, « le ciel donna de la pluie » (cf. le « sinon à ma parole » de 1 Rois 17:1). Puissions-nous l’imiter dans une intelligente, fervente et persévérante intercession en faveur du peuple de Dieu !

Que par ces enseignements, par cet exemple, nous soyons encouragés à la prière, à la « prière de la foi » ; qu’ainsi notre vie intérieure soit nourrie et enrichie et que notre marche extérieure en soit le vivant témoignage public !

 

 

3         Réunions de prières. Enseignements tirés d’Actes 4

ME 1968 p.260

3.1      Une interdiction de parler et enseigner au nom de Jésus

La puissance divine se trouve manifestée, par le moyen de Pierre et Jean, dans la miraculeuse guérison d’un homme boiteux dès le ventre de sa mère. Cette délivrance, opérée « au nom de Jésus Christ le Nazaréen », soulève l’opposition des chefs du peuple, des anciens et des scribes, avec le souverain sacrificateur à leur tête ; certes, ils ont devant eux, suffisant selon la loi, un double témoignage — d’une part, l’homme guéri et d’autre part, le discours prononcé par Pierre (Act. 4:8 à 12) — et, effectivement, « ils n’avaient rien à opposer » (ib. 14), mais, s’ils conviennent qu’un « miracle notoire » a été accompli par le moyen des apôtres, un miracle qu’ils ne peuvent nier, ils veulent cependant que « cela ne soit pas répandu davantage parmi le peuple » et enjoignent donc aux apôtres « de ne plus parler ni enseigner, en aucune manière, au nom de Jésus ». Pierre et Jean ne peuvent accepter d’obéir à un tel ordre : « Nous ne pouvons pas », disent-ils, « ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues » (ib. 16 à 20). Malgré cela, parce qu’ils craignaient de s’aliéner le peuple, les chefs les relâchent, non sans les avoir menacés.

 

3.2      Réunion de prière immédiate

Pierre et Jean vont-ils sur le champ continuer à rendre leur fidèle témoignage parmi les Juifs ? Non. En premier lieu, c’est vers « les leurs » qu’ils se dirigent : ils ne considèrent pas leur service comme leur affaire propre, ils ont à cœur de le poursuivre dans le sentiment de leur responsabilité personnelle devant Dieu sans doute, mais aussi avec la communion de l’assemblée et le secours de ses prières. Comme il est à désirer que le service soit toujours rempli dans un tel esprit ! Sans jamais oublier sa propre responsabilité, placer devant les frères, devant l’assemblée même dans certains cas, les circonstances rencontrées, les difficultés éprouvées et en faire, ensemble, un sujet de prières, c’est bien ce que nous devrions réaliser dans le service du Seigneur.

Après que les apôtres ont rapporté « tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit », il n’est pas question de savoir s’il est opportun ou non d’« avoir une réunion de prières », la prière de l’assemblée monte, immédiate : Et l’ayant entendu,« ils élevèrent d’un commun accord leur voix à Dieu ». Plusieurs se trouvaient là réunis, mais c’est une seule voix qui s’adresse à Dieu. Celui qui prie est la bouche de l’assemblée, ce qu’il exprime c’est ce qui remplit tous les cœurs. Le « commun accord » pleinement réalisé, la prière prononcée est celle de l’assemblée et non celle d’un frère.

 

3.3      Commun accord

Dans la circonstance qui nous est rapportée, il y avait sans doute un besoin précis et connu de tous avant que la prière ne soit formulée. Lorsqu’il en est ainsi, le « commun accord » est certainement plus facilement réalisé, mais ne devrait-il pas l’être aussi dans toutes les réunions de prières, qu’elles aient ou non un objet précis et préalablement connu de tous ? Pourquoi n’est-ce pas toujours le cas ?

Nous venons à la réunion de prières ayant été occupés de différents besoins et ayant à cœur de les exposer à Dieu. C’est une très bonne chose, mais est-ce suffisant ? Et est-il bien certain que tel besoin doive être présenté dans la réunion de prières de l’assemblée ? Peut-être serait-il mieux, pour une raison ou pour une autre, qu’il fasse l’objet de prières individuelles ? Ajoutons, d’autre part, qu’il peut fort bien arriver que des frères n’ouvrant jamais la bouche dans l’assemblée, ou encore les sœurs qui doivent y garder le silence, viennent à la réunion de prières sans avoir été occupés de besoins particuliers mais simplement pour entendre les prières qui y seront exprimées, avec sans doute le désir de s’y associer. Cela dénote une certaine incompréhension de ce qu’est la réunion de prières de l’assemblée.

 

3.4      Préparation de la réunion de prière

Comme toute réunion d’ailleurs, la réunion de prières « se prépare » et chaque frère, comme aussi chaque sœur, est responsable de cette « préparation » — préparation qui nécessite intérêt pour l’assemblée, pour tous les saints comme aussi pour l’œuvre de l’évangélisation, exercice individuel et prières individuelles, tout cela réalisé dans la dépendance et sous la direction du Saint Esprit. S’il en est ainsi, le Saint Esprit orientera les pensées et les cœurs vers les circonstances, les difficultés, les besoins qui doivent être placés devant Dieu par l’assemblée réunie. Il y aura alors un « commun accord » au sujet des requêtes à présenter et sur tout ce qu’il convient de demander à Dieu. Ce « commun accord » ne résulte donc pas d’une sorte d’entente préalable faisant suite à des entretiens fraternels — bien qu’ils puissent être utiles, nécessaires parfois, en relation avec certaines circonstances — mais essentiellement de l’action de l’Esprit dans les cœurs. Le même Esprit agissant dans le cœur de chaque frère et de chaque sœur produira une unité de pensées, de sorte que « la communion du Saint Esprit » sera vraiment réalisée et la prière exprimée ne sera pas une sorte de prière individuelle prononcée en public mais véritablement la prière de l’assemblée : ce sera la présentation de besoins qui sont sur tous les cœurs et à l’égard desquels chacun a été exercé. Lorsqu’il en est ainsi, c’est de plein cœur que l’assemblée peut ajouter son amen.

Nous insistons sur ce point important : les sœurs font partie de l’assemblée et ne doivent jamais perdre de vue que puisque c’est l’assemblée qui est réunie pour la prière, elles ont part à la prière de l’assemblée si même elles n’ont pas à ouvrir la bouche en public (sauf pour ajouter leur amen, prononcé dans le sentiment de la position de réserve qui est celle de la femme en général et, plus particulièrement, dans l’assemblée). Que les sœurs, tout comme les frères, « préparent » les réunions de prières de l’assemblée. Chaque fois qu’il en sera vraiment ainsi, il y aura de la puissance dans de telles réunions et de merveilleuses réponses à nos prières. Matthieu 18:19 se trouvera vérifié.

 

3.5      Précision des demandes. Appel à la puissance divine

Encore trois remarques tirées de ces quelques versets d’Actes 4. La prière de l’assemblée ne comporte certes pas un exposé de doctrine — comme la prière individuelle d’ailleurs — mais elle peut, comme ce fut le cas dans la circonstance rapportée dans ce chapitre, s’appuyer sur l’Écriture, citée avec intelligence et à-propos. D’autre part, nous voyons ici l’assemblée demander non pas l’exercice d’une action puissante contre les chefs du peuple ou pour la délivrance des apôtres menacés, mais l’intervention de Dieu pour que la Parole puisse être annoncée « avec hardiesse » : l’objet de la prière, ce n’est pas le châtiment des ennemis, ce n’est pas non plus le désir de circonstances plus favorables pour les serviteurs mais l’œuvre du Seigneur. L’assemblée prie pour qu’elle puisse se poursuivre avec puissance, quelles que soient les circonstances. Enfin, cette prière est une courte prière : dans un moment très difficile, une courte prière, présentée dans les conditions que nous venons de rappeler, permettait de faire appel à la puissance divine ; elle était entendue et exaucée. N’oublions pas, à ce sujet, ce que le Seigneur a dit Lui-même : « Et quand vous priez, n’usez pas de vaines redites, comme ceux des nations, car ils s’imaginent qu’ils seront exaucés en parlant beaucoup. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (Matt. 6:7, 8).

 

3.6      Importance des réunions de prières

En considérant un tel sujet, on peut regretter que certaines assemblées — si rares soient-elles — n’aient pas de réunion de prières ; qu’en tant d’autres — si nombreuses, hélas ! — la réunion de prières soit pratiquement abandonnée par bien des frères et sœurs ; qu’enfin nous sachions si peu, en général, ce qu’est véritablement la réunion de prières de l’assemblée et, surtout, que nous le réalisions si mal. Que Dieu, dans sa grâce, veuille nous réveiller et nous exercer à cet égard !

 

 

 

4        Conditions et buts de l’exaucement

ME 1967 p. 3

4.1      Dieu ne répond pas toujours

La prière n’est pas une sorte de blanc-seing dont le croyant pourrait se servir à sa guise pour obtenir n’importe quoi. Dieu nous aime trop pour se faire le dispensateur de tout ce que nos cœurs naturels peuvent désirer. Il est des prières auxquelles Il ne répond pas : qu’un croyant demande ce qui ne lui serait pas profitable, Dieu n’exaucera pas sa prière, sauf peut-être lorsqu’Il trouve bon de le faire passer par un chemin où, récoltant le fruit de ses actions, il apprendra — pour en retirer du bien à la fin — ce qu’il en coûte de faire sa volonté propre. Ce fut par exemple le cas pour Israël demandant un roi (cf. 1 Sam. 8:5 à 22 ; Osée 13:9 à 11). Mais en dehors de circonstances semblables, si un croyant demande ce qu’il pense être une chose bonne alors qu’elle lui serait nuisible, ou encore ce qui est seulement pour la satisfaction de désirs charnels, Dieu ne répondra pas et c’est par amour qu’Il laissera de telles prières inexaucées.

 

4.2      Matthieu 18:19, 20

4.2.1       Si deux d’entre vous sont d’accord…

Plusieurs passages des Écritures nous disent les conditions qui doivent être remplies pour que nos prières soient exaucées et également la raison ou le but de l’exaucement. Dans les versets bien connus de Matthieu 18: 19, 20, il s’agit de la prière de l’assemblée — les « deux ou trois » réunis au nom du Seigneur —, mais aussi de la prière de deux croyants : « deux d’entre vous ». Ce qui est vrai pour deux l’est tout autant pour un plus grand nombre. « Si deux d’entre vous sont d’accord… », telle est ici la condition de l’exaucement : il est nécessaire, pour que les deux soient exaucés, qu’ils aient une même pensée. Une pensée personnelle mais commune à tous deux ? Non. Cette même pensée doit être la pensée du Seigneur, discernée par le Saint Esprit. Il convient donc, pour qu’ils soient exaucés, que ceux qui s’adressent à Dieu le fassent dans la pleine communion de l’Esprit. Dans une réunion d’assemblée pour la prière, un frère peut fort bien « prier par le Saint Esprit », comme nous y exhorte Jude 20, sans que pour autant il y ait dans l’assemblée, au sujet de telle demande exprimée, cette communion de l’Esprit qui conditionne l’exaucement : des demandes peuvent être présentées concernant certaines difficultés ou circonstances particulières de la vie de l’assemblée, au sujet desquelles il peut arriver que des frères ou des sœurs aient une pensée manifestement différente de celle du frère qui prie et qui, en priant, est la bouche de l’assemblée (cf. Actes 4:24 : « Ils élevèrent d’un commun accord leur voix à Dieu… »). Ce frère, bien que « priant par le Saint Esprit » et ayant conscience d’avoir la pensée du Seigneur, se sentira arrêté s’il sait qu’il n’y a pas la pleine communion de l’Esprit dans l’assemblée au sujet de ce qu’il a à cœur de demander. Il n’oubliera pas que ce n’est pas une prière individuelle qu’il adresse à Dieu : priant dans une réunion d’assemblée il est l’organe de l’assemblée, c’est l’assemblée qui prie et non un frère. De sorte que s’il est exercé à propos de telle ou telle question dont il ne peut faire un sujet de prière en réunion d’assemblée parce qu’il sait que la communion de l’Esprit ferait défaut — il n’y aurait pas « l’accord » de Matthieu 18:19, le « commun accord » d’Actes 4:24 — il devra se borner à en faire un sujet de prière dans le particulier, peut-être à prier avec d’autres frères ou sœurs avec lesquels il y aura communion de l’Esprit. Un autre sujet de prière s’y ajoutera alors : que cela n’aggrave pas le manque de communion dans l’assemblée, ne favorise pas un certain développement de « l’esprit de parti », qu’au contraire Dieu veuille produire Lui-même la pleine communion de l’Esprit qui a fait défaut jusqu’alors. Se réunir avec quelques frères, dans les conditions que nous venons d’indiquer, demande, nous ne saurions trop le souligner, beaucoup de prudence et de sagesse ; il faut y être véritablement conduit par le Seigneur, n’agir qu’en vue du bien, étant gardé de tout ce qui serait susceptible d’aggraver un état de choses qui n’est pas selon Dieu.

Ajoutons que le passage de Matthieu 18 pose une base précieuse à l’exaucement : la présence du Seigneur au milieu de ceux qui sont rassemblés pour la prière. Communion de l’Esprit, présence du Seigneur, ayons à cœur de réaliser pratiquement l’une et l’autre, nous ferons l’expérience de la vérité de la promesse de Matthieu 18.

 

4.2.2       Réponse à la foi

Quelle est dans ce passage la raison de l’exaucement ? Pourquoi Dieu répond-Il à la prière ? « … elle — la chose qu’ils demanderont — sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ». Pour eux ! Quel encouragement pour « deux d’entre nous » à réaliser, avec la présence du Seigneur, cette communion de l’Esprit qui nous permet de demander ce que notre Père est heureux de nous accorder, l’Esprit Saint ne pouvant nous conduire à demander que ce qui est selon la pensée de Dieu. La prière concerne peut-être d’autres personnes que celles qui prient, des circonstances auxquelles ceux qui s’adressent à Dieu ne sont pas directement intéressés, qu’importe ! la chose sera faite « pour eux » : c’est une réponse à leur foi (cf. Marc 2:5 : « Et Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés »), c’est une récompense accordée à un service précieux et utile entre tous. Entrons davantage dans la valeur d’une telle promesse afin que nous soyons conduits à prier davantage, soit quelques-uns, soit en assemblée, dans la communion de l’Esprit. Quelle bénédiction nous goûterions dans l’accomplissement d’un aussi précieux service et quelle bénédiction serait répandue sur l’assemblée ! Que de difficultés pourraient être aplanies, que de situations réglées qui nous paraissent sans issue, Dieu intervenant en réponse à la prière et accomplissant dans les cœurs et les consciences le travail que seul Il peut opérer !

 

4.3      Matt. 21:22 — Difficultés en apparence insurmontables

Ce que nous venons d’écrire nous conduit à un autre passage où nous trouvons aussi une condition à l’exaucement, car il s’agit là précisément de la prière adressée à Dieu en présence de difficultés en apparence insurmontables : « Et quoi que vous demandiez en priant, si vous croyez, vous le recevrez » (Matt. 21:22). Qui ordonnerait à une montagne : « Ôte-toi et jette-toi dans la mer » avec la certitude d’en voir l’accomplissement ? Et pourtant le Seigneur nous dit, comme autrefois aux disciples : « Si vous avez de la foi et que vous ne doutiez pas… cela se ferait ». De même que le figuier (ib. 19 à 21) est une figure d’Israël responsable de porter du fruit pour Dieu mais incapable de le faire malgré une belle apparence religieuse (les feuilles), la montagne est aussi un symbole de ce peuple dans sa forte opposition à la prédication de l’évangile aux nations ; c’est seulement grâce à la prière de la foi que l’obstacle pourra être ôté, les disciples faisant alors l’expérience de la puissance de Dieu répondant à la foi. De la même manière, l’ennemi s’efforce aujourd’hui, d’une part d’entraver la diffusion de l’évangile et d’autre part, de troubler la paix parmi les saints afin de ternir le témoignage confié aux deux ou trois réunis au nom du Seigneur comme expression de l’assemblée. Que de « montagnes » nous avons souvent sur le chemin ! Dieu soit béni de ce que nous ne sommes pas sans ressources en face de tous les assauts et de toutes les ruses de l’adversaire ; la principale d’entre elles, et la plus efficace sans doute, n’est-elle pas la prière ? Mais pour que la prière soit exaucée, il faut que nous ayons la certitude qu’elle le sera : « si vous croyez ». Nous ne pouvons avoir cette assurance que si ce que nous demandons est selon la pensée de Dieu discernée par la foi : « Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5:14, 15). La foi a la certitude de l’exaucement parce qu’elle sait que ce qui est demandé est en accord avec ce que Dieu veut faire ; la réponse ne sera peut-être pas immédiate mais elle sera donnée « au moment opportun » (cf. Héb. 4:16) et, à l’avance, la foi possède déjà ce qu’elle a demandé et en jouit.

Le but de l’exaucement dans ce passage c’est le secours que Dieu veut accorder aux siens pour qu’ils puissent accomplir leur service, maintenir le témoignage qu’ils ont à rendre, en dépit de toutes les difficultés que l’ennemi place sur leur route. Puissions-nous vivre une vie de foi de telle manière que nous ayons assez de discernement spirituel pour entrer dans la connaissance de la pensée de Dieu, afin que nous ne demandions que ce qui est en accord avec elle !

 

4.4      Jean 14:13, 14. Demander en Son nom

Pour avoir ce discernement spirituel, il nous faut en effet vivre une vie de foi, une vie dans la dépendance du Seigneur et la communion avec Lui. C’est la condition de l’exaucement que nous donne un troisième passage : « Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils » (Jean 14:13, 14). Demander « au nom du Seigneur » ce n’est pas seulement employer cette expression en terminant une prière ; il ne suffit pas de prononcer ces quatre mots pour qu’effectivement nous ayons « demandé en son nom ». Il peut nous arriver de présenter certaines demandes que nous disons faites « au nom du Seigneur » alors que nous prierions peut-être différemment si nous réalisions une plus grande dépendance du Seigneur et si nous vivions dans une communion plus étroite avec Lui. Ayons à cœur de cultiver cette communion, nous aurons alors une connaissance de sa Personne, de son cœur, de ses pensées qui nous permettra de demander « en son nom » ; nous serons ainsi assurés de l’accomplissement de sa promesse : « Je le ferai ».

Ici le but, la raison de l’exaucement est d’un caractère bien plus élevé que dans les passages précédents : « afin que le Père soit glorifié dans le Fils ». C’est le Fils qui opère dans le cœur de l’un de ses rachetés, y développant des affections pour sa Personne, de telle manière que celui qui est l’objet de ce travail d’amour est conduit à une heureuse communion avec Lui et peut ainsi « demander en son nom », assuré de l’exaucement. Quelle gloire pour le Fils, et combien le Père est glorifié en Lui, qui veut et peut opérer une telle œuvre en des êtres tels que nous, aussi faibles, aussi inconséquents, aussi facilement entraînés vers d’autres objets que Christ ! Le Père a été glorifié par la vie de Celui qui a été ici-bas l’Homme parfait ; Dieu a été glorifié dans le Fils de l’Homme accomplissant l’œuvre de la croix, et maintenant le Père est glorifié dans le Fils exauçant la prière faite « en son nom » par l’un de ses rachetés !

 

4.5      Avoir le sentiment de nos besoins

Une année vient d’arriver à son terme, elle a été marquée par le déploiement de la bonté de Dieu et nous avons bien des motifs de reconnaissance et d’actions de grâces ; mais, de notre côté, n’avons-nous pas de nombreux sujets d’humiliation si nous considérons ce qu’a été notre marche individuelle comme aussi notre vie d’assemblée ? Demeurons exercés devant Dieu à cet égard, sans que pour autant le découragement nous gagne. Plus grandes sont les épreuves du chemin, plus profonde est notre misère, et plus nous avons besoin de regarder en haut. Que nos tristesses, nos détresses aient au moins ce résultat de nous amener à prier davantage ! L’un des signes les plus caractéristiques des jours actuels est sans doute notre peu de zèle dans le service de la prière. Au milieu de tant de difficultés, de tant de souffrances, l’on est frappé de voir les réunions d’assemblée pour la prière souvent négligées. Il semble que nous n’avons guère conscience de notre bas état ou que, si nous l’avons plus ou moins discerné, nous en prenons notre parti comme si les choses ne pouvaient être autrement que ce qu’elles sont. C’est probablement un des traits les plus affligeants des temps que nous vivons, si ce n’est le plus affligeant de tous ! Mais comment Dieu nous délivrera-t-Il si nous n’avons même pas le sentiment de nos besoins, ou si nous croyons devoir nous résigner à un état misérable ? Il serait d’ailleurs particulièrement douloureux de penser que notre niveau spirituel soit si bas qu’un tel état nous satisfasse et que nous n’ayons, au fond, rien à demander ! Certes, que des croyants suivent les réunions de prières par pure obligation, qu’un frère n’y ouvre jamais la bouche ou se borne à de « vaines redites », tout cela est sans grande valeur aux yeux de Dieu. Ce qui importe, c’est un réel exercice au sujet de notre état et de nos besoins — Dieu veuille nous réveiller à cet égard ! — exercice qui nous conduira à venir dans le lieu du rassemblement pour y goûter le privilège de la prière en commun, pour y exposer avec simplicité, avec ferveur, avec foi, dans la communion de l’Esprit, des besoins réellement éprouvés, pour crier à Dieu du sein de la faiblesse et de la souffrance. Quand nous pensons à tous nos besoins (pouvons-nous même les embrasser tous, tellement ils sont nombreux ?), à tant de sujets de tristesse, à notre état de ruine profonde, aux pièges de l’adversaire, ne devrions-nous pas sentir la nécessité de prier bien davantage ? Puissions-nous être conduits à prier beaucoup, individuellement et collectivement, pour l’Assemblée, pour les assemblées locales, pour nos maisons, pour tous les saints — et combien nous avons, avant tout, à le faire chacun pour soi ! Prions de telle manière que soient réunies les conditions de l’exaucement — elles sont très étroitement liées entre elles, nous avons pu le remarquer — encouragés par les motifs pour lesquels cet exaucement nous sera assuré !

S’il est un souhait que nous pouvons former au début de l’année qui commence c’est bien qu’elle soit caractérisée pour chacun de nous par une pieuse et intelligente activité dans la prière, elle sera certainement alors une année heureuse et bénie. Que Dieu nous en accorde la grâce !

 

 

5        Foi, Prière, Jeûne

ME 1970 p. 207

Un homme avait un fils lunatique qui souffrait cruellement, tombant dans le feu, et souvent dans l’eau ; il l’avait bien apporté aux disciples, mais ces derniers n’avaient pu le guérir. Cet homme s’adresse alors à Jésus, qui le délivre complètement. Après quoi, les disciples viennent interroger le Seigneur : « Pourquoi n’avons-nous pu le chasser ? » (Matt. 17:14 à 21).

En effet, en envoyant les douze, Jésus leur avait dit qu’il leur donnait « autorité sur les esprits immondes pour les chasser, et pour guérir toute maladie et toute langueur » ; il leur avait donné des ordres : « ...chassez les démons... » (ib. 10:1, 5, 8). Pourquoi donc n’avaient-ils pu exercer l’autorité qu’il leur avait confiée ? Le Seigneur le leur déclare aussitôt ; c’est parce que trois choses leur avaient manqué : la foi (ib. 17:20), la prière et le jeûne (ib. 21).

« Et Jésus leur dit : À cause de votre incrédulité ; car en vérité, je vous dis : si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; et rien ne vous serait impossible » (ib. 20). La « montagne » est la figure d’une grande puissance, d’un obstacle insurmontable pour nous sur le chemin, s’opposant à la marche et au service des croyants, que ce soit au point de vue individuel ou collectif. Lui enjoindre de se transporter « d’ici là » témoigne, d’une part, d’une pleine et entière confiance en la puissance de Dieu, seul capable de déplacer la « montagne » et, d’autre part, d’une étroite communion avec Lui et de la connaissance de ses pensées, nécessaires pour savoir à quel endroit précis la « montagne » doit aller — en d’autres termes : pour que chaque chose prenne la place qu’elle doit occuper.

Dans nos vies individuelles, dans la vie de nos maisons, dans la vie des assemblées, n’y a-t-il pas parfois des « montagnes » sur le chemin ? Ce sont là autant de circonstances que le Seigneur envoie, ou permet, pour nous mettre à l’épreuve et manifester notre état spirituel. Lorsqu’il en est ainsi, nous sommes souvent, hélas ! aussi impuissants que les disciples autrefois ; et nous nous demandons : pourquoi ne pouvons-nous ôter l’obstacle du chemin ? pourquoi telle difficulté n’est-elle pas levée ? Sans doute parce que, comme aux disciples, nous font défaut une réelle confiance en Dieu et une étroite communion avec lui, la persévérance dans la prière et le jeûne. Ces choses se lient les unes aux autres, ne le perdons pas de vue.

« Et Jésus, répondant, dit : Ô génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous ; jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le moi ici » (ib. 17). Cet enfant était une image du peuple d’Israël, asservi à Satan et ne pouvant absolument pas se libérer de son étreinte. Le Seigneur éprouve une souffrance profonde en constatant d’une part l’état de son peuple et, par ailleurs, l’incapacité des siens à le représenter dans ce monde en déployant la puissance qu’il leur avait conférée pour cela. Aussi, il va mettre à nu l’état de ses disciples et ce qu’il leur dit est rempli d’instruction pour nous.

5.1      « À cause de votre incrédulité... ».

Il est bien vrai que nous doutons parfois de la puissance infinie de notre Dieu. Nous ne jugeons des choses, nous ne concevons de délivrances, en bien des cas, que selon notre pauvre petite mesure ; nous perdons de vue ce qu’écrit l’apôtre, savoir que Dieu « peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (Éph. 3:20). Nous le lisons, nous ne doutons pas que ce soit vrai puisque c’est dans la Parole inspirée. Mais pratiquement ? — Aussi, quand effectivement il y a une « montagne » sur le chemin, nous doutons si souvent que la « montagne » puisse être « transportée » ; il ne nous semble pas possible que Dieu puisse ôter un obstacle en apparence insurmontable, briser un cœur plus ou moins endurci, une volonté rebelle. Si nous ne doutions pas, nous verrions des merveilles de la puissance divine et nous pourrions être employés par le Seigneur — comme il voulait autrefois employer ses disciples — pour le déploiement d’une telle puissance.

Soyons caractérisés par une confiance sans réserve en la toute-puissance de notre Dieu, par l’heureuse communion qui nous donnera la connaissance de ses pensées et nous pourrons alors dire avec foi « à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; et rien ne nous serait impossible ». Dieu opère, en bien des circonstances, selon la mesure de notre foi (Matt. 9:29 : « Qu’il vous soit fait selon votre foi ») ; si notre foi était plus grande, plus active, nous verrions le déploiement de la puissance de Dieu pour ôter les « montagnes » !

5.2      La prière.

Il peut nous arriver d’essayer de déplacer la « montagne » en employant des moyens purement humains, sans avoir d’abord recherché la pensée de Dieu dans la prière. Et si nous prions, le faisons-nous avec assez de foi ?

Tandis que Pierre était en prison, « livré à quatre bandes de quatre soldats chacune, pour le garder » — quelle « montagne » ! — « l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui » ; mais ces prières, si instantes fussent-elles, étaient faites, semble-t-il, sans grande foi : lorsque Pierre vient heurter à la porte, ceux qui avaient prié si instamment pour lui disent à la servante nommée Rhode, venant leur annoncer que Pierre se tenait dans le vestibule : Tu es folle. Combien peu, au fond, ils comptaient sur l’exaucement de leurs prières ! Certes — la citation faite plus haut nous le montre — ils n’avaient pas demandé expressément la libération de l’apôtre, mais cette délivrance n’était-elle pas parmi les réponses que Dieu pouvait leur donner ? (Act. 12:1 à 17). Ne leur ressemblons-nous pas trop souvent ?

Pourtant Dieu a répondu malgré la faible foi de ceux qui priaient. D’une part, il est toujours vrai que « si nous sommes incrédules, lui demeure fidèle » (2 Tim. 2:13) ; d’autre part, le ministère de Pierre n’était pas terminé, c’est pourquoi Dieu le délivre.

5.3      Le jeûne.

Jeûner, c’est priver le corps de tout aliment. Au point de vue spirituel, c’est ne rien donner à la chair de ce qu’elle désire, ni aliment ni excitant. Si la prière fait intervenir Dieu, le jeûne met de côté l’homme, la chair avec ses ressources.

Que de fois dans les difficultés, en particulier au sein d’une assemblée, les choses se compliquent, les problèmes deviennent apparemment insolubles, parce que l’on donne à la chair la nourriture qu’elle aime ! Aussi ne soyons pas surpris de voir, dans de telles circonstances, l’activité charnelle faire de si grands ravages. Des réunions d’administration — qui devraient toujours présenter le caractère de sérieux et de gravité de toute réunion d’assemblée, bien que les frères soient seuls présents, car le Seigneur est là — des conversations entre frères (ou même entre sœurs, amenées parfois à s’occuper de questions qui sont de la compétence des frères et à exercer une action néfaste) peuvent être, si l’on ne veille pas, l’occasion de remarques déplacées, de blessures d’amour-propre, d’irritations n’ayant d’autre résultat que d’envenimer une situation déjà exerçante. Quoi de surprenant alors à ce que les « montagnes » demeurent, à ce que les plaies ne puissent être guéries ?

Si nous voulons « chasser le démon », « transporter la montagne », croyons à la toute-puissance de Dieu et comptons sur elle, prions avec foi et « ne prenons pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises », mais au contraire « revêtons le Seigneur Jésus Christ » ! (Rom. 13:14).

 

 

 

6        Persévérance dans la prière

ME 1971 p.179

6.1      Quand le Seigneur ne répond pas tout de suite à la prière

Le Seigneur répond souvent tout aussitôt à nos prières, tandis qu’en d’autres circonstances la réponse est différée. Dans ce dernier cas, facilement découragés, nous pouvons nous lasser de prier : il nous semble que le Seigneur ne nous entend pas et qu’il est inutile de persévérer. Certes, il nous arrive de demander ce que le Seigneur ne veut pas nous accorder parce qu’il sait que ce ne serait pas pour notre bien, mais il veut aussi parfois nous faire passer par des exercices utiles et profitables avant de nous envoyer « du secours au moment opportun » (Héb. 4:16). Notre foi est alors mise à l’épreuve : quelle gloire pour le Seigneur quand l’un des siens compte sur Lui malgré toutes les difficultés, toutes les impossibilités même, ne doutant pas que sa puissance est infinie et qu’il la déploiera à son moment. Toutes les apparences peuvent être contraires, le suppliant peut paraître éconduit, la prière peut sembler laisser le Seigneur insensible, qu’importe ! l’homme de foi ne chancelle pas, il compte sur Celui qui est fidèle, il sait qu’il répondra au moment choisi par Lui.

 

6.2      Différents exemples de l’Ancien Testament

La Parole nous présente maints récits illustrant les différentes manières selon lesquelles Dieu répond à la prière. Pendant le règne, quand la bénédiction millénaire sera répandue sur le peuple rassemblé dans sa terre, il y aura dans le cœur des fidèles une telle communion de pensées avec l’Éternel qu’il peut assurer : « Et il arrivera qu’avant qu’ils crient je répondrai, et pendant qu’ils parlent j’exaucerai » (És. 65:24). Si cette promesse s’applique littéralement à « la semence des bénis de l’Éternel » (ib. 23), elle a été accomplie déjà, en bien des circonstances, pour des rachetés de Christ dans le jour actuel. Dieu en soit béni ! — Après avoir entendu la parole d’Ésaïe, le prophète : « Donne des ordres pour ta maison, car tu vas mourir et tu ne vivras pas », Ézéchias « pria l’Éternel » et « versa beaucoup de larmes ». À cette prière, à ces larmes l’Éternel répondit aussitôt : Ésaïe « n’étant pas encore arrivé au milieu de la ville », l’Éternel le renvoie auprès d’Ézéchias pour lui déclarer : « J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes ; voici, je te guérirai » (2 Rois 20:1 à 7). La réponse est immédiate. Elle le fut aussi pour Daniel, bien qu’elle n’ait pu lui être donnée qu’au bout de vingt et un jours : Dieu avait sans doute permis l’opposition de l’ennemi pour que fussent manifestées la foi de Daniel et sa persévérance dans la prière et dans le deuil, car en effet il a « mené deuil trois semaines entières » (Dan. 10:2 et 11 à 13).

 

6.3      Différents exemples du Nouveau Testament

6.3.1       Fille de Jaïrus

Dans les Évangiles, nous avons, avec Jaïrus, un exemple de foi éprouvée : sa fille était « à l’extrémité », il convenait donc que le Seigneur vienne chez lui sans aucun retard. Mais tandis qu’il se dirige vers la maison de ce chef de synagogue, Jésus s’arrête parce qu’une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans avait touché son vêtement ; son cas était sans doute moins pressant que celui de la fille de Jaïrus, ce dernier ne manifeste cependant aucune impatience. Tandis que Jésus parle encore avec la femme, quelqu’un s’approche pour dire à ce père angoissé : « Ta fille est morte ; pourquoi tourmentes-tu encore le maître ? ». Quel coup terrible pour la foi de cet homme ! N’aurait-elle pu chanceler ? Mais aussitôt, Jésus la fortifie par cette parole : « Ne crains pas, crois seulement ». Et l’attente de la foi est alors couronnée ; la réponse va même au-delà de l’attente car, entré dans la maison du chef de synagogue, Jésus n’y a pas opéré une guérison mais une résurrection ! (Marc 5:21 à 43).

 

6.3.2       Femme cananéenne

Il serait facile de multiplier les exemples. Nous nous bornerons à en citer un dernier, particulièrement touchant et qui constitue un précieux encouragement à persévérer dans la prière ; c’est celui de la femme cananéenne (Matt. 15:21 à 28).

Cette femme faisait partie d’un peuple qui n’avait aucun droit aux bénédictions qu’apportait le « Seigneur, Fils de David ». Israël, alors qu’il allait entrer en Canaan, était invité à frapper, à « détruire entièrement comme un anathème », sans « faire grâce », sept nations parmi lesquelles était « le Cananéen » (Deut. 7:1 à 6). Cette femme devait donc prendre devant Dieu la place qui était la sienne pour que Jésus puisse user de grâce envers elle. Mais ce n’est pas ce côté que nous désirons considérer ; nous voulons voir dans cette femme une âme qui connait Jésus comme Celui qui est puissant, qui guérit et délivre — une âme qui vient avec un besoin précis et pressant, qui persévère dans la prière jusqu’à ce qu’elle ait la réponse que sa foi désire.

À quoi fait-elle appel ? À la « pitié » de Jésus. Elle connait quelque chose de ses compassions, de son cœur plein d’amour : pourrait-il demeurer sourd à sa prière, insensible à sa détresse ? Car elle est dans une grande détresse : sa fille est « cruellement tourmentée d’un démon ». Elle sait donc quelle est la terrible puissance de l’ennemi : elle en voit l’exercice dans un objet cher à son cœur, sa propre fille ! Qui peut briser une telle puissance et délivrer de l’étreinte de l’ennemi ? Jésus seul. C’est vers Lui qu’elle va, sachant sans doute qu’il a déjà en plusieurs circonstances déployé sa puissance en guérison (par exemple: Matt. 4:23 à 25 ; 8:1 à 17 et 28 à 34 ; 9:1 à 8 et 18 à 35).

Quel accueil reçoit-elle ? Rien pour l’encourager, au contraire. Après qu’elle a fait appel à sa pitié et exposé le besoin qui l’amène jusqu’à Lui, Jésus « ne lui répondit mot ». Sans doute, si nous considérons le côté typique de ce récit, Jésus ne répond rien parce qu’il était venu en grâce au milieu de son peuple et n’aurait pu prononcer qu’une parole de jugement à l’égard d’une cananéenne ; mais ce n’est pas, redisons-le, à ce côté que nous nous arrêtons. — Pas un mot de réponse ! N’y a-t-il pas de quoi décourager celle qui est dans la détresse et qui prie ?

 

6.4      Application pour nous

6.4.1       On crie et le Seigneur parait ne pas entendre

Faisons une application à ce qui nous concerne. Nous réalisons un peu les caractères du monde où nous avons à cheminer — Satan en est le chef — nous y éprouvons la puissance de l’adversaire : nous le voyons agir pour nous empêcher de vivre un vrai christianisme. Nous le voyons opérer au sein des assemblées pour y apporter la division dans les esprits et dans les cœurs, pour nuire au témoignage... Et nous crions au Seigneur : Aie pitié de moi ! Aie pitié de nous ! Tu vois à quel ennemi j’ai affaire, tu vois comment il agit au milieu de nous : l’assemblée — un objet particulièrement cher à nos cœurs, plus encore que ne l’était sa fille pour la femme cananéenne — est « cruellement tourmentée » par ce redoutable adversaire ! Seigneur, délivre-nous ! — Et ce cri de détresse paraît demeurer sans écho ! Il semblerait que le Seigneur n’entend pas : « Et il ne lui répondit mot ». Allons-nous nous décourager, cesser de prier ? Imitons l’exemple que nous donne cette femme !

 

6.4.2       Les disciples découragent

Non seulement le Seigneur ne lui a pas répondu, mais encore ses disciples sont venus pour Lui dire : « Renvoie-la, car elle crie après nous ». Aucun secours auprès du Seigneur, aucun secours auprès de ceux que pourtant il avait envoyés en leur donnant « autorité sur les esprits immondes pour les chasser, et pour guérir toute maladie et toute langueur », auxquels il avait commandé : « chassez les démons » (Matt. 10:1 et 8). Non seulement ils ne chassent pas le démon qui tourmentait la fille de cette femme, mais encore ils prient le Seigneur de chasser la femme qui les importune parce qu’elle crie après eux ! — Sans doute aimerions-nous parfois pouvoir compter sur l’aide de serviteurs du Seigneur. Quel désappointement quand il n’y a rien non plus de ce côté-là ! Se pourrait-il que des serviteurs soient importunés par les difficultés et par ceux qui les traversent ? Les disciples l’ont bien été... Vraiment, en certaines circonstances, tout est propre à décourager. Ne l’avons-nous jamais expérimenté ? Quoi qu’il en soit, ne nous laissons pas gagner par le découragement, ne nous lassons pas de prier !

 

6.4.3       Le Seigneur répond autrement que ce qu’on attend

Le Seigneur s’adresse ensuite à la femme, mais c’est pour déclarer : « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Tout d’abord, il n’avait rien dit ; ce silence pouvait être décourageant, mais il y avait cependant encore l’espoir que, lorsqu’il le romprait, ce serait pour donner une parole de réconfort, sinon d’entière délivrance. Hélas ! quand il s’adresse à la femme c’est en quelque sorte pour l’éconduire. Il semble confirmer la parole des disciples ; eux avaient dit : « Renvoie-la », Lui ajoute qu’il n’est venu ni pour elle ni pour les siens. Ne pouvait-elle comprendre que Jésus lui avait dit : Je n’ai rien pour toi ? — Lorsque, dans ce monde, nous nous adressons à quelqu’un, il nous en faut beaucoup moins pour que notre amour-propre froissé nous conduise aussitôt à tourner le dos à celui qui nous a accueillis comme la Cananéenne l’a été. Quand nous nous adressons au Seigneur par la prière, nous sommes vite découragés si nous n’avons pas la réponse attendue et nous ne comprenons pas toujours pourquoi le Seigneur, qui nous aime et ne cesse jamais de nous aimer, nous fait passer par des exercices douloureux qui éprouvent notre foi.

 

6.4.4       Adoration et soumission

Ce que fait alors cette femme est admirable ! « Et elle vint et lui rendit hommage ». Elle adore ! C’est la foi qui adore, qui adore Celui qui pourtant n’a pas répondu. La foi adore et persévère : « Seigneur, assiste-moi ».

Nouvelle épreuve pour celle qui, quoi qu’il en soit, espère toujours. Jésus lui répond : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ». Les Juifs avaient un profond mépris pour les gens des nations ; mais le Seigneur emploie une expression particulièrement forte : « chiens » ou, nous dit la note en bas de page : « petits chiens », plus méprisant que « chiens ». La femme va-t-elle dire : Mise à une telle place, je n’ai vraiment plus rien à espérer, je n’ai plus qu’à m’en retourner ? Non. Elle répond : « Oui, Seigneur... », acceptant ce qu’il lui a dit et s’y soumettant entièrement. Ne nous semble-t-il pas entendre le parfait Modèle, méprisé, rejeté par le monde et par les siens, s’exprimer ainsi : « Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Matt. 11:26) ? Elle prend la place la plus basse, celle où le Seigneur l’a mise. — N’est-ce pas là que le Seigneur voudrait nous amener en tant de circonstances où nous crions à Lui, sentant toute la puissance de l’adversaire, sans qu’aucune réponse ne nous soit donnée ? Persévérons toujours dans la prière, soumettons-nous à la volonté du Seigneur et prenons, dans l’humiliation, la place qui nous convient, sans penser : la place la plus basse est pour d’autres, pas pour moi !

 

6.4.5       Le Seigneur glorifié par notre foi. Grande foi, petite foi

Quel moment quand l’exercice est arrivé à son terme ! « Alors Jésus, répondant, lui dit : « Ô femme, ta foi est grande... ». Qu’il est beau le témoignage qu’il peut rendre à sa foi ! Ta foi est grande... Cette parole nous montre bien que ce récit nous est donné pour mettre en relief l’importance, la valeur de la foi aux yeux de Dieu, le prix qu’il y attache. Combien le Seigneur est glorifié par la « grande » foi de cette femme ! Toutes les circonstances avaient été disposées en vue de la manifestation d’une telle foi et pour la gloire du Seigneur. — Quand elle entend cette parole de Jésus, la femme cananéenne pourrait-elle avoir un regret quelconque d’avoir été accueillie tout d’abord comme elle l’a été, d’avoir connu les exercices qu’elle vient de traverser ?

Du centurion aussi le Seigneur avait pu dire qu’il avait une « grande foi », il n’en avait pas trouvé de semblable « même en Israël » (Matt. 8:10). Celle de la femme cananéenne ne nous semble-t-elle pas plus « grande » encore que celle du centurion, si nous considérons la persévérance que l’épreuve a manifestée ? — Tandis qu’à ses propres disciples le Seigneur a dû dire : « Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi? » (ib. 26).

 

6.4.6       La foi veut ce que le Seigneur veut. Réponse à la mesure de la foi

Quelle délivrance pour celle que rien n’a rebuté, qui a espéré toujours, qui a espéré malgré tout : « Qu’il te soit fait comme tu veux ». La foi veut toujours ce que veut le Seigneur et la réponse qu’il donne est à la mesure de la foi (cf. Matt. 9:29 : « Qu’il vous soit fait selon votre foi »). « Et dès cette heure-là sa fille fut guérie » : la puissance de Satan est brisée, le Seigneur en a triomphé et a déployé sa propre puissance en réponse à la foi d’une femme cananéenne !

 

 

7        Encouragement à la prière

ME 1974 p.141

Dieu sait bien ce que nous sommes et dans quel monde nous avons à vivre le christianisme ; aussi a-t-il mis à notre disposition toutes les ressources qui nous sont nécessaires, en particulier la prière, par le moyen de laquelle nous pouvons lui exposer nos besoins, nos exercices, tout ce à propos de quoi nous sentons notre grande faiblesse et même, en tant de circonstances, notre impuissance totale. Apprécions toujours mieux l’inestimable privilège qui est le nôtre de pouvoir, en tout lieu et en tout temps, faire appel à la puissance et à l’amour de notre Dieu et Père et sachons utiliser, davantage que nous ne le faisons parfois, la ressource qui a été celle des croyants de tous les temps et qui demeure à notre disposition jusqu’au terme du voyage.

Nous sommes souvent occupés de nos misères, des difficultés rencontrées... Que tout cela ne nous décourage pas, mais ait au moins ce résultat : nous conduire à prier davantage, réalisant l’exhortation de l’apôtre : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus » (Phil. 4:6, 7). — N’est-il pas vrai que l’un des traits marquants de la période de temps que nous vivons est notre peu de zèle dans le service de la prière ? Nos devanciers n’étaient-ils pas des hommes et des femmes de prières, beaucoup plus que nous ne le sommes ? Au travers de tant de peines et de souffrances, alors que nous avons tant de motifs de crier à Dieu, n’est-il pas surprenant — redisons-le encore, après que cela a été dit si souvent — que les réunions d’assemblée pour la prière soient, en bien des endroits, fréquemment négligées — que, même, dans certaines assemblées, peu nombreuses il est vrai, il n’y ait pas de réunions de prières ? N’est-ce pas un signe témoignant que, pour certains, il y a peu d’activité aussi dans la prière individuelle ? — Ne semblerait-il pas que l’on a pris son parti, avec douleur mais aussi avec quelque résignation, d’un état de choses très regrettable ? Nous préférons croire qu’il s’agit plutôt d’un manque d’ardeur dans un service qui cependant est utile entre tous. Que les lignes qui suivent puissent concourir à relever notre énergie défaillante et constituent, pour nous tous, un encouragement à la prière individuelle et à la prière collective !

Il y a, il est vrai, et nous sommes heureux et reconnaissants de pouvoir le souligner, des croyants malades, atteints parfois dans leurs corps de graves infirmités, certains d’entre eux couchés sur des lits de souffrances depuis des années et que le Seigneur laisse ici-bas alors qu’on soupire pour eux après la délivrance et qu’eux-mêmes la désirent ardemment... en fait, ne sont-ils pas parmi les serviteurs et les servantes les plus utiles, constituant en quelque sorte une « armée de combattants dans la prière » ? L’on peut se demander si ce n’est pas pour cela que le Seigneur les laisse. Quelle édification, quel encouragement à la prière on trouve auprès d’eux ! Veuille le Seigneur les soutenir, les réjouir et les bénir dans l’accomplissement d’un aussi précieux service ; qu’ils en aient déjà une récompense en attendant le jour de Christ !

Sans doute avons-nous affaire à un Père qui entend les balbutiements des plus jeunes de ses enfants, les comprend et y répond dans ses compassions infinies ; mais aussi, ne convient-il pas que nous nous adressions à lui avec intelligence spirituelle, exprimant des demandes en accord avec ses propres pensées, demandes auxquelles il se plaît à répondre richement ? L’apôtre écrivait aux croyants de Rome : « nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient » (Rom. 8:26), ce qui ne veut pas dire que nous ne savons pas formuler des prières mais que nous n’avons pas toujours le discernement de ce qui nous convient selon la pensée de Dieu. Ce manque de discernement a sans doute plusieurs causes ; il a comme conséquence de nous priver, en certaines circonstances tout au moins, de ce que Dieu nous dispenserait si nous savions le demander avec intelligence spirituelle. « Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas », écrit l’apôtre Jacques (4:2). Avons-nous conscience des vrais besoins qui sont les nôtres, de ceux de nos maisons, de ceux des assemblées ? Savons-nous les discerner et, avec persévérance, les présenter à Dieu dans la prière ? En bien des cas, si nous demandions, nous aurions, et si nous n’avons pas c’est parce que nous ne demandons pas. — Les exhortations à la prière sont si nombreuses dans la Parole ! Puissions-nous, les connaissant quelque peu, les mettre en pratique, réaliser en particulier la valeur de la prière « dans le secret » dont le Seigneur parlait à ses disciples (Matt. 6:5 à 15). Quelle puissance il y aurait, dans nos vies individuelles et dans la vie des assemblées, si nous savions davantage ce qu’est un tel exercice !

Par ailleurs, l’apôtre Jacques écrit encore : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal » (4:3). Demander « mal », la fin du verset nous permet de le comprendre, c’est demander pour la satisfaction de nos propres désirs et non pour le développement de la vie divine en nous. Lorsqu’il en est ainsi, il est bien vrai que « nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient ».

 

7.1      Secours de l’Esprit

Pour ne pas demander « mal » et, au contraire, « demander comme il convient », nous avons besoin du secours de l’Esprit qui habite en nous et qui « nous est en aide dans notre infirmité ». « Priant par le Saint Esprit », nous demanderons ce qui est bon et utile pour « nous conserver dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle » (Jude 20:21) et, d’autre part, nous aurons là une des pièces de « l’armure complète de Dieu », indispensable pour le combat que nous avons à livrer « contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6:11, 12 et 18). Nous pourrons alors faire l’expérience de ce qu’écrit encore l’apôtre Jacques : « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (5:16 à 18). L’apôtre rappelle l’exemple d’Élie, de sa « fervente supplication », à laquelle Dieu a pleinement répondu. Quelle intelligence avait Élie des pensées et de la volonté de Dieu — pour acquérir ce discernement, il « se tenait devant Dieu » (1 Rois 17:1) — combien grande était sa foi et quelle persévérance il a manifesté dans la prière ! N’ayant en vue que la gloire de l’Éternel, il était rempli d’un amour vrai pour son peuple. — Nous pouvons donc dégager de ces versets de Jacques 5 des enseignements utiles : ils nous disent quelque chose de ce qui conditionne l’exaucement à la prière. La Parole nous donne d’autres enseignements à ce sujet ; rappelons-en quelques-uns.

 

7.2      Ce qui conditionne l’exaucement

7.2.1       La dépendance du Seigneur

« Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai » (Jean 14:13, 14). — Pour pouvoir demander « en son nom », il faut dépendre réellement, pratiquement de lui ; c’est ce qui nous donne la connaissance de sa pensée, de ses désirs — le secours de l’Esprit est nécessaire pour cela — de telle sorte que la demande découlant d’une telle connaissance est assurée de l’exaucement : « je le ferai », dit le Seigneur. Précieuse certitude !

 

7.2.2       La communion avec le Seigneur

« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15:7). — « Ce que vous voudrez » : quand il demeure en Christ, quand les paroles divines demeurent en lui, le croyant ne veut pas autre chose que ce que veut le Seigneur. Ces « paroles », lorsqu’il en est ainsi pour nous, nous remplissent des pensées de Dieu, produisent en nous l’esprit et les pensées de Christ, de telle sorte que ce que nous désirons, ce que nous demandons, c’est ce que Christ veut. Aussi la promesse est certaine : « il vous sera fait ». Là encore, combien est nécessaire l’action de l’Esprit en nous !

 

7.2.3       La foi

« Si vous avez de la foi et que vous ne doutiez pas, non seulement vous ferez ce qui a été fait au figuier, mais si même vous disiez à cette montagne : Ôte-toi et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Et quoi que vous demandiez en priant, si vous croyez, vous le recevrez » (Matt. 21:21, 22). — Pour que la prière soit exaucée, il faut l’entière confiance de la foi. C’est, une fois encore, l’apôtre Jacques qui écrit, au sujet de celui qui prie : « Qu’il demande avec foi, ne doutant nullement ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et jeté çà et là ; or que cet homme ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur : il est un homme incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies » (1:6 à 8).

Qui ordonnerait à une montagne : « Ôte-toi et jette-toi dans la mer », avec la pleine certitude d’en voir l’accomplissement ? Cependant, comme autrefois aux disciples, le Seigneur nous dit : « Si vous avez de la foi et que vous ne doutiez pas... » On a vu dans la montagne un symbole d’Israël s’opposant à la prédication de l’évangile aux nations ; c’est seulement grâce à la prière de la foi que l’obstacle pouvait être ôté, les disciples faisant alors l’expérience de la puissance de Dieu répondant à leur foi. Aujourd’hui, n’avons-nous pas souvent bien des « montagnes » sur le chemin ? Ne perdons pas de vue les ressources qui sont à notre disposition pour que soient ôtées les « montagnes » et n’oublions pas que, pour que nos prières soient exaucées, il convient que nous ayons une foi entière en la puissance de Dieu, toujours disposé à nous accorder ce qui est selon sa volonté : « si vous croyez, vous le recevrez ». Si la réponse n’est pas immédiate, la foi possède déjà, cependant, ce qu’elle a demandé et elle en jouit : « Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5:14, 15).

 

7.2.4       Notre condition morale

« Et quoi que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous pratiquons les choses qui sont agréables devant lui » (1 Jean 3:18 à 22). — Si vraiment nous aimons « en action et en vérité », nous donnons la preuve que nous « gardons ses commandements » (cf. Jean 14:21, 23) et, dans cet heureux état moral, fruit de l’opération de l’Esprit en nous, notre cœur acquiert de l’assurance devant Dieu (1 Jean 3:19). Mais « si notre cœur nous condamne » (ib. 20), Dieu aussi, à plus forte raison, car il discerne tout. Nous avons donc, étroitement liées : l’obéissance comme témoignage d’amour et l’assurance, la confiance qui caractérise alors nos rapports avec Dieu (ib. 18 et 19, 20). Ce qui en découle, c’est l’exaucement de nos prières : « et quoi que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous pratiquons les choses qui sont agréables devant lui ». L’exaucement dépend donc de notre état moral.

 

7.3      Prières collectives, prières de l’assemblée

La Parole nous donne aussi des enseignements au sujet de la prière en commun. Le plus souvent rappelé est celui de Matthieu 18:19 : « Je vous dis encore que si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ». — Ce verset peut avoir son application à la prière de deux croyants, bien que le contexte — soit le verset 18, soit le verset 20 — nous montre que, dans sa portée première, il concerne la réunion de prières de l’assemblée. — Pour qu’il y ait l’accord dont il est question au verset 19, il faut la communion du Saint Esprit : elle est indispensable pour qu’il y ait une même pensée en ceux qui prient. D’autre part, lorsqu’il s’agit des prières de l’assemblée, il convient aussi que la présence du Seigneur soit pratiquement réalisée : verset 20 (soulignons le « car » qui est tout au début du verset et le lie au verset précédent).

Ce sont les « hommes » qui, dans le service public au sein de « la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant », sont exhortés à prier, à prier « en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement » (1 Tim. 3:15 ; 2:8). La première exhortation de l’apôtre relativement à ce service est celle-ci : « J’exhorte donc, avant toutes choses, à ce qu’on fasse des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes... car cela est bon et agréable devant notre Dieu sauveur » (ib. 2:1 à 3). La supplication, c’est la prière instante, l’expression de besoins pressants et impérieux ; la prière serait plutôt, semble-t-il, dans ce passage et comparée à la supplication, l’expression des besoins de chaque jour ; l’intercession est présentée à Dieu en faveur d’autres personnes, pour lesquelles il convient de faire appel à lui ; enfin, les actions de grâces ne doivent pas être oubliées : nous avons, en tout temps, tant de motifs de reconnaissance envers Dieu !

Dans les réunions de l’assemblée pour la prière, celui qui prie ne doit pas perdre de vue qu’il est l’organe de l’assemblée (cf. Actes 4:24 : « ils élevèrent d’un commun accord leur voix à Dieu » — c’est la voix de l’assemblée se faisant entendre par celui qui en est la bouche), que par conséquent ce n’est pas une prière individuelle qu’il prononce en public. Il s’abstiendra donc de formuler une demande s’il n’est pas assuré du plein accord de l’assemblée à ce sujet. Il devra se borner à en faire un sujet de prières chez lui, « dans le secret », ou encore prier avec d’autres frères avec lesquels peut être réalisée la communion de l’Esprit, ce qui demande prudence et sagesse, car il faut éviter que cela ne soit mal interprété et qu’ainsi se trouve aggravé un manque de communion dans l’assemblée.

La prière de l’assemblée étant un acte collectif de l’assemblée, il doit y avoir, avant même la réunion, un exercice spirituel à ce sujet chez chaque frère et chaque sœur concernant les besoins que l’assemblée sera amenée à présenter — ce qui est une « préparation » de la réunion, le Saint Esprit en chacun conduisant les exercices individuels. Si la chose est réalisée, il y aura dans la réunion des prières présentées dans la dépendance de l’Esprit, qui traduiront ce qui est dans le cœur de l’assemblée. Un frère, une sœur qui vient à la réunion sans l’avoir ainsi « préparée » dans son cœur, dans la dépendance de l’Esprit et la communion avec le Seigneur, peuvent être une entrave à l’action de l’Esprit dans cet acte collectif de l’assemblée. Cela est vrai d’ailleurs pour toute réunion d’assemblée. Quelle sérieuse responsabilité incombe donc à chacun, responsabilité si souvent méconnue !

 

7.4      Encouragements particuliers

7.4.1       Recevoir miséricorde

La réponse à la prière est donnée par Dieu « au moment opportun », mais en attendant qu’elle le soit, nous « recevons miséricorde » : nous avons le sentiment que Dieu nous est favorable, qu’il a compassion de nous. De telles assurances nous sont accordées comme encouragement à nous « approcher avec confiance du trône de la grâce » (Héb. 4:16). Dieu se plaît aussi à nous dispenser la force dont nous avons besoin dans un chemin difficile jusqu’à ce qu’il nous délivre entièrement ; c’est l’expérience que David avait pu faire : « Au jour que j’ai crié, tu m’as répondu ; tu as augmenté la force de mon âme » (Ps. 138:3). Rappelons également celle de Daniel « tournant sa face vers le Seigneur Dieu, pour le rechercher par la prière et la supplication, dans le jeûne, et le sac et la cendre... menant deuil trois semaines entières » (Dan. 9:3 et suivants ; 10:2, 3). Au cours d’une vision, « un homme vêtu de lin » lui apparaît, qui lui dit : « Ne crains pas, Daniel, car dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et moi, je suis venu à cause de tes paroles ; mais le chef du royaume de Perse m’a résisté vingt et un jours... Et comme l’aspect d’un homme me toucha de nouveau, et me fortifia, et il dit : Ne crains pas, homme bien-aimé ; paix te soit ! sois fort, oui, sois fort ! Et comme il parlait avec moi, je pris des forces, et je dis : Que mon seigneur parle, car tu m’as fortifié » (ib. 4 à 19).

 

7.4.2       Jean 14:13. Le Père glorifié dans le Fils

Jean 14:13, déjà cité, donne le motif le plus élevé de l’exaucement à la prière : « afin que le Père soit glorifié dans le Fils ». Quelle gloire pour le Père en Celui qui nous a sauvés, qui maintenant opère en nous, nous forme et nous amène — malgré toutes nos faiblesses — à présenter des demandes faites en son nom, de telle sorte qu’il peut les exaucer ! Quelle gloire pour lui et quelle gloire pour le Père, en lui ! N’y a-t-il pas là, pour nous, un encouragement tout particulier à la prière, à la prière faite « au nom du Seigneur » ?

 

7.4.3       Romains 8. L’Esprit intercède

N’y a-t-il pas aussi un encouragement de grande valeur dans les versets rappelés de Romains 8 ? D’une part, le Saint Esprit nous est en aide dans la prière ; d’autre part, l’Esprit « intercède pour les saints, selon Dieu », il « intercède par des soupirs inexprimables ». S’il est vrai que « nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient », quel secours divin nous avons dans cette double action de l’Esprit : son aide et sa propre intercession !

 

7.4.4       Apoc. 5:8. Des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints

Enfin — et c’est l’encouragement qui devrait avoir le plus de prix pour nos cœurs — il vaut la peine de rappeler ce que sont pour Dieu « les prières des saints ». Elles nous semblent si peu de chose... Cependant, elles montent vers Dieu comme d’agréables parfums ! Lorsque se déroule la scène céleste d’Apoc. 5, les « vingt-quatre anciens » sont vus dans l’exercice d’un service sacerdotal, ayant « chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints » (v. 8), prières des saints sur la terre au jour de la tribulation. — Que, par-dessus tout, ce que sont pour Dieu « les prières des saints » nous encourage à les faire monter vers lui, individuellement et en assemblée !

 

 

8        Trois exhortations : choses à faire constamment

ME 1975 p.1

8.1      Réjouissez-vous toujours

Il nous est facile de nous réjouir lorsque tout va aussi bien que ce que nous pouvons le souhaiter ; cela nous paraît impossible quand « le vent est contraire » ; et pourtant la Parole nous dit : « Réjouissez-vous toujours » (1 Thess. 5:16). En nous adressant cette exhortation, par la plume de l’apôtre inspiré, Dieu savait que nous aurions à connaître durant notre pèlerinage ici-bas peines et douleurs ; c’est donc bien la preuve que dans les circonstances les plus difficiles, même au travers de nos larmes, nous pouvons toujours nous réjouir. Nous ne le réaliserons que si nous nous réjouissons non pas dans les circonstances, mais « dans le Seigneur ». C’est pourquoi l’apôtre écrit dans une autre épître : « Au reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur... Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous » (Phil. 3:1 ; 4:4). Ce « encore une fois » montre l’insistance avec laquelle nous est adressée cette exhortation, insistance nécessaire parce que nous sommes davantage portés à nous réjouir dans les circonstances favorables, plutôt qu’à goûter la véritable joie chrétienne dont le Seigneur est la source et l’objet.

Il est au moins deux passages de l’Écriture dans lesquels nous pourrions être surpris d’entendre parler de joie, si nous jugions des choses comme il nous arrive parfois de le faire. Le premier se trouve dans le livre de Néhémie. Après le retour de la captivité, le résidu est mis en présence de la Parole, « retrouvée » aux jours de Josias par Hilkija, le grand sacrificateur (2 Rois 22:8 ; 2 Chron. 34:14, 15), maintenant « ouverte » et expliquée devant tous — « des hommes et des femmes, et de ceux qui avaient de l’intelligence » — par Esdras, le sacrificateur (Néhémie 8). Avec quel intérêt le peuple écoute la lecture qui en est faite : « depuis l’aube jusqu’à midi... tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la loi » (v. 2, 3). Et les fidèles, humiliés d’avoir méconnu tant d’enseignements donnés par l’Éternel à son peuple, menaient deuil et pleuraient ; aussi Néhémie leur dit-il : « Ne menez pas deuil et ne pleurez pas ! » (v. 9). Mais était-ce le moment de se réjouir ? Sans doute, car lorsque, dans l’humiliation et les larmes, un péché a été confessé, l’âme peut, dans l’assurance d’un plein pardon (cf. 1 Jean 1:9), retrouver la communion et à nouveau se réjouir. Néhémie dit encore à ces fidèles, affligés, manifestant un « esprit contrit », « tremblant à la parole » (És. 66, 2) : « La joie de l’Éternel est votre force » (Néh. 8:10). — Le deuxième passage est à la fin de la seconde épître aux Corinthiens. Après avoir lu ces deux épîtres aux Corinthiens et, en particulier, la fin du chapitre 12 et le chapitre 13, nous serions conduits à penser que la première des exhortations terminant la lettre aurait dû être : Pleurez ! Humiliez-vous donc ! Tout au contraire, l’apôtre écrit : « Au reste, frères, réjouissez-vous... » (2 Cor. 13:11). Sans doute le mal doit être jugé, jugé jusqu’à la racine et l’apôtre y exhorte les Corinthiens dans l’une et l’autre de ses deux épîtres. Mais plus sincère et profond sera le jugement du mal, plus tôt sera connue la joie qui suit et l’humiliation et la séparation du mal, après qu’il a été confessé, et plus grande sera cette joie. L’apôtre a confiance que les Corinthiens suivront ses exhortations et, par conséquent, pourront ensuite se réjouir.

Puissions-nous, s’il y a des manquements susceptibles d’être un obstacle à notre joie dans le Seigneur, les confesser et nous en humilier, afin de pouvoir ensuite, vivant près du Seigneur, jouissant de sa paix et de sa communion, nous réjouir en lui, nous réjouir toujours. Que cette grâce nous soit accordée un jour après l’autre, tout au long de l’année qui est devant nous, si nous avons à la vivre ici-bas !

 

8.2      Priez sans cesse

Me réjouir dans le Seigneur, dira un croyant, j’y suis bien disposé, je le désire même ardemment, mais si vous saviez les épreuves douloureuses que je traverse, vous comprendriez que ce n’est guère possible. Ne le comprenons-nous pas quelque peu par expérience ? S’il est vrai que bien des rachetés sont tout particulièrement dans la fournaise, il est vrai aussi que nous avons tous, à des degrés divers, des sujets de peine et d’exercices, autant de choses qui nous apparaissent parfois comme d’insurmontables obstacles à la joie que nous aimerions goûter. Le Seigneur ne le sait-il pas ? C’est pourquoi il nous dit, par la plume de l’apôtre : « Priez sans cesse » (1 Thess. 5 :17). Ce qui semble être un obstacle à notre joie, apportons-le au Seigneur dans la prière instante et persévérante. C’est ce qu’écrivait aussi l’apôtre aux Philippiens : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications... » (4:6). Les expressions soulignées sont de celles qui ne comportent aucune exception : il n’est pas de difficulté, si grande soit-elle, que nous ne puissions exposer à notre Dieu et Père, un Père qui nous aime d’un amour infini et veut prendre soin de nous. Lorsqu’ensuite, « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, garde nos cœurs et nos pensées dans le christ Jésus » (ib. 7), qu’est-ce qui pourrait constituer un obstacle à notre joie ? — Remarquons que la paix de Dieu garde tout à la fois nos esprits et nos cœurs.

Il y a certes dans nos vies individuelles et dans nos maisons, comme aussi dans la vie des assemblées, bien des sujets d’exercice, et souvent bien des difficultés qui nous apparaissent insurmontables et décourageantes. Comment se réjouir, par exemple, dans une famille où les enfants se sont détournés du vrai chemin, leur conduite faisant pleurer leurs parents — comment se réjouir dans une assemblée au sein de laquelle l’ennemi a réussi à semer le trouble, à apporter la division dans les esprits et dans les cœurs, où les réunions sont généralement pesantes et n’apportent guère d’édification ? Quoi qu’il en soit, le Seigneur demeure toujours fidèle et c’est à lui qu’il faut regarder. Il est la source de notre joie et celui auquel nous pouvons tout dire, tout apporter par la prière. Notre Dieu reste au travers de tout « notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » (Ps. 46:1). Par conséquent et ainsi que nous y sommes exhortés : « Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun » (Héb. 4:16). Qu’il nous soit donné d’utiliser avec plus de zèle et d’ardeur cette ressource si précieuse, toujours à notre disposition, indispensable pour vivre un vrai christianisme ! Faisons-le individuellement et dans nos maisons, faisons-le dans les diverses assemblées locales ! Les réunions de prières ne devraient-elles pas, toujours et partout, être suivies avec beaucoup d’assiduité et de grands exercices, alors qu’il y a tant de sujets de crier au Seigneur, tant de besoins à lui exposer ? Pourquoi savons-nous si peu ce que sont des prières courtes, ferventes, exposant avec simplicité des besoins pressants, des circonstances qui nous paraissent sans issue mais dans lesquelles le Seigneur peut opérer avec puissance pour donner la délivrance ? Notre Dieu et Père « peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (Éph. 3:20), nous le savons bien, mais dans quelle mesure le réalisons-nous ? Il faut parfois avoir été amené à traverser de très grandes épreuves pour pouvoir dire, comme Job l’a fait après avoir connu les siennes : « Je sais que tu peux tout, et qu’aucun dessein n’est trop difficile pour toi » (Job 42:2).

 

8.3      En toutes choses rendez grâces

Au milieu de nos circonstances les plus difficiles, n’avons-nous pas bien des sujets d’actions de grâces ? Et pourtant, nous pensons souvent davantage aux circonstances qu’à rendre grâces. N’est-ce pas avec quelque indifférence parfois que nous jouissons des bienfaits dont nous sommes comblés tous les jours de notre vie ? Est-ce que nous sommes assez reconnaissants pour tout ce qui nous est dispensé durant notre pèlerinage ? Et par ailleurs, y a-t-il assez de louanges montant de nos cœurs vers Dieu pour l’amour dont il nous aime de toute éternité, nous ayant « élus en Christ avant la fondation du monde » — pour le don qu’il nous a fait de son Fils unique et bien-aimé — pour le don de sa Parole — pour le don de son Esprit ? Est-ce que nous bénissons assez notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ pour la manifestation de son amour dans le don de lui-même, pour tous ses soins de Berger fidèle, soins éprouvés dans le chemin en attendant qu’il nous prenne auprès de lui, dans la maison du Père où déjà nos places sont prêtes ? Que de motifs — et il en est tant d’autres encore — pour lesquels nous devrions sans cesse rendre grâces !

Même au sein des plus grandes difficultés, n’y a-t-il pas des sujets de bénir le Seigneur ? Sentir sa présence avec nous dans le creuset de l’épreuve, au sein de la fournaise, écouter sa voix d’amour qui console et encourage, apprendre à mieux le connaître, que de motifs nous avons de « rendre grâces en toutes choses » ! En toutes choses ! Là encore, il n’est pas d’exception.

L’apôtre ajoute : « Car telle est la volonté de Dieu dans le christ Jésus à votre égard » (1 Thess. 5:18). C’est ce que Dieu veut pour nous ; gardons-nous de l’oublier jamais !

Une année nouvelle vient de s’ouvrir. Aurons-nous à la passer ici-bas jusqu’à son terme, Dieu seul le sait. Nous attendons le Seigneur, qui se plaît à nous redire : « Oui, je viens bientôt ». Que cette attente soit pour nous une précieuse réalité et qu’en l’attendant du ciel, nous ayons à cœur de mettre en pratique ces trois exhortations de 1 Thessaloniciens 5 :

 

 

Réjouissez-vous toujours,

Priez sans cesse,

En toutes choses rendez grâces,

n’oubliant pas que « telle est la volonté de Dieu dans le christ Jésus à notre égard ».

Dans la mesure où il nous sera accordé de le faire, nous aurons véritablement une année heureuse et bénie. C’est bien celle que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres.

 

 

9        Toujours prier et ne pas se lasser (Luc 18:1)

ME 1975 p.261, 281

9.1      Besoin de prier davantage

Nous sommes appelés à vivre le christianisme dans un monde qui ne veut pas de Christ, un monde qui est le domaine de Satan et dont l’état va s’aggravant toujours davantage, un monde qui est déjà jugé parce qu’il est coupable d’avoir rejeté et crucifié le Fils de Dieu (Jean 12:31 à 33). Les dangers qui nous menacent apparaissent sans doute plus sérieux que ceux en présence desquels se trouvaient placées les générations qui ont été avant nous. En qui sont nos ressources pour être gardés tandis que nous cheminons sur le territoire de notre redoutable adversaire, si ce n’est en Dieu seul ? Nous devrions donc être conduits à prier beaucoup, à prier sans cesse, individuellement comme aussi en assemblée. Or, il est surprenant de constater que nos devanciers qui, d’une part, étaient spirituellement plus forts que nous ne le sommes et qui, d’autre part, avaient à faire face à moins de dangers que nous, eu égard à l’état du monde et du témoignage, étaient cependant, bien plus que nous, des hommes et des femmes de prière. Ne devrions-nous pas, tout au contraire, éprouver davantage qu’eux le besoin de regarder en haut pour faire appel à l’amour et à la puissance de celui « qui a le pouvoir de nous garder sans que nous bronchions » (Jude 24) ?

N’avons-nous pas besoin d’être réveillés à cet égard, d’avoir conscience, et de ce qu’est le monde dans lequel nous vivons, et de notre grande faiblesse, de réaliser par conséquent la nécessité qu’il y a pour nous de prier sans nous lasser ? Les exhortations à la prière ne manquent pas dans l’Écriture — nous les connaissons bien, si même nous les mettons trop peu en pratique — comme aussi les exemples de ceux qui ont été des hommes de prière. Nous nous bornerons à en citer quelques-uns, avec le désir que cela nous encourage à une vie de prière.

 

9.2      Exemple d’Élie le prophète

Rappelons tout d’abord l’exemple d’Élie. — Jacques, ayant souligné que « la fervente supplication du juste peut beaucoup », parle tout aussitôt d’Élie, « un homme ayant les mêmes passions que nous » (5:16 à 18) — c’est dire que nous pouvons tout aussi bien que lui, ayant « les mêmes passions » mais également les mêmes ressources, réaliser ce qu’il a réalisé. Il a prié « avec instance » et Dieu a répondu à ses prières. Les paroles qu’il adresse à Achab —« L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens... » (1 Rois 17:1) — donnent le secret de cet exaucement : Élie se tenait « devant Dieu ». Vivant dans la présence et dans la crainte de Dieu, il avait la connaissance de ses pensées et savait que ce qu’il demandait était en accord avec la volonté divine. Ne demandant pas autre chose que ce que Dieu voulait, il était assuré de l’exaucement. 1 Jean 5:14, 15 nous donne la même certitude : « Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées ». Élie ayant des affections profondes pour le peuple de Dieu dont il voyait le triste état, pouvait demander que la bénédiction d’en haut lui soit retirée pour un temps afin que la conscience du peuple soit atteinte et qu’un utile travail soit opéré en lui. Élie n’avait en vue que le bien du peuple et, avant tout, la gloire de Dieu ; il jouissait d’une communion si profonde avec Dieu que sa parole était identifiée à la parole de Dieu ! (1 Rois 17:1).

 

9.3      Exemple de l’apôtre Paul

En plusieurs occasions, l’apôtre Paul parle de son activité dans la prière : il faisait « toujours des supplications » pour les Philippiens, « priait toujours » pour les Colossiens, auxquels il disait le « combat » qu’il avait pour eux, faisait mention des Thessaloniciens dans ses prières, se souvenait « si constamment » de son « enfant bien-aimé » Timothée « dans ses supplications, nuit et jour », faisait « toujours mention » de Philémon dans ses prières (Phil. 1:4 — Col. 1:3 ; 2:1 — 1 Thess. 1:2 — 2 Tim. 1:3 —Philémon 4). Nous pourrions sans doute donner d’autres citations, mais le service de l’apôtre dans la prière n’est-il pas en quelque sorte résumé dans cette expression si souvent rappelée : « il y a ce qui me tient assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées » (2 Cor. 11:28) ?

 

9.4      Épaphras

Épaphras est aussi un exemple remarquable. Celui que Paul appelle son « bien-aimé compagnon de service », un « fidèle serviteur du Christ », un « esclave du christ Jésus » (Col. 1: 7 ; 4:12) avait enseigné les Colossiens, leur présentant « la grâce de Dieu en vérité » (ib. 1:6). Ayant fait connaître à Paul leur « amour dans l’Esprit » (ib. 8), il ne s’était pas borné à lui dire tout le bien que Dieu avait opéré à Colosses, il l’avait aussi mis au courant des dangers auxquels ces croyants étaient exposés : de faux docteurs développaient parmi eux des enseignements tendant à détacher les cœurs de Celui qui est le Chef du corps. C’est ainsi que l’apôtre a été amené, d’une part, à livrer le « combat » dont il parle au début du chapitre 2 et, d’autre part, à adresser aux Colossiens l’épître dans laquelle il leur présente Christ comme étant la Tête du corps, les exhorte à « tenir ferme le Chef » et à vivre le christianisme pratique qui découle de la connaissance d’une telle Personne. — Davantage encore : Épaphras exerçait aussi une utile activité en faveur des Colossiens, celle au sujet de laquelle Paul peut rendre de lui ce témoignage : « combattant toujours pour vous par des prières ». Il était « dans un grand travail de cœur » pour eux, comme pour ceux de Laodicée, exposés aux mêmes dangers (4:12, 13). Les affections de son cœur remuées, il ne cessait de penser à ceux qu’il voyait en présence des ruses et des pièges de l’adversaire, en danger de « ne pas tenir ferme le chef » ! Il ne se contentait pas d’en parler à l’apôtre, il utilisait cette ressource toujours à notre disposition : la prière. Pas une prière prononcée du bout des lèvres, sans exercice de cœur ; pas de « vaines redites »... Un véritable combat ! Et encore, pas un unique combat, pas la lutte d’un moment : il combattait toujours. Quelle énergie et quelle persévérance le caractérisaient ! — Il a été remarqué que le mot qui a été traduit par « luttez » en Luc 13:24 (« Luttez pour entrer par la porte étroite... ») l’a été par « combattez » (ou : combattant) en Colossiens 4:12 ; et il a été souligné que ce mot renferme la pensée d’une lutte jusqu’à l’agonie, comme l’exprime Luc 22:44 — sans que pour autant le combat d’un Épaphras dans la prière puisse être le même que celui livré par Jésus en Gethsémané.

N’y a-t-il pas des assemblées qui connaissent des circonstances difficiles, peut-être même très difficiles, des situations qui apparaissent sans issue... ? Puisse-t-il y avoir dans ces assemblées, comme aussi dans celles qui peuvent être au courant de leurs exercices, un véritable Épaphras, disons même : bien des Épaphras ! N’en avons-nous pas besoin, aujourd’hui plus que jamais ?

 

9.5      Notre Seigneur Jésus

Un dernier exemple. — Non pas certes celui d’un « homme ayant les mêmes passions que nous », mais l’exemple de l’Homme parfait, du Modèle que nous sommes exhortés à imiter. Fils éternel du Père, « sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9:5), il vient comme homme dans un monde ennemi. Dans cet « anéantissement », dans cet « abaissement » (cf. Phil. 2:7, 8), il a connu véritablement ce qu’est le monde, ses dangers et ses pièges, sa haine et son mépris, ce qu’est la puissance et ce que sont les ruses de l’adversaire. Sa ressource était en son Dieu et en lui seul : aussi, tout au long de son chemin, il n’est jamais sorti de la position de dépendance qui a son expression dans la prière. Comme cela a été souvent remarqué, dans l’évangile où il est placé devant nous spécialement comme étant le Fils de l’homme, nous le voyons en prière du commencement à la fin de son sentier. Sans aucun doute, il a prié beaucoup plus de sept fois, mais l’auteur inspiré de cet évangile nous le montre sept fois — sept est le nombre complet — en prière, alors qu’il cheminait sur la terre ; et il a ensuite adressé à son Père une huitième prière tandis qu’il était « élevé de la terre » sur la croix. Quel merveilleux ensemble est ainsi offert à notre méditation !

 

9.6      Le Seigneur en prière dans l’évangile de Luc

On comprend que le Seigneur ait dit à ceux qui l’entouraient « une parabole pour montrer qu’ils devaient toujours prier et ne pas se lasser » et c’est précisément dans l’évangile selon Luc que cela nous est rapporté (18:1). Le Seigneur ne nous adresse pas une exhortation que nous ne puissions suivre, il l’a réalisée lui-même dans sa vie comme homme ici-bas et il est devant nous un vivant exemple, le Modèle que nous avons à imiter. — Contemplons-le dans son chemin ! Sans entrer dans trop de détails, nous nous bornerons à rappeler brièvement ces différentes circonstances où le Seigneur est vu en prière, tout au long de l’évangile selon Luc — circonstances sur lesquelles chacun de nous pourra s’arrêter plus longuement et sans aucun doute avec beaucoup de profit pour son âme.

 

9.6.1       Au baptême de Jean

« Et il arriva que, comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi était baptisé et priant, le ciel s’ouvrit ; et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe ; et il y eut une voix qui venait du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (3:21, 22).

Lorsque a eu lieu ce qui nous est rapporté dans ces deux versets, Jésus « commençait d’avoir environ trente ans » (ib. 23). Les trente premières années de sa vie avaient été telles que le Père pouvait exprimer le « plaisir » qu’il avait trouvé en lui. Déjà à l’âge de douze ans, il était nourri, rempli de la Parole de son Dieu (ib. 2:46, 47) ; pourrions-nous douter qu’il n’ait été, aussi, zélé dans la prière et que, tout jeune encore, il ne se soit appuyé sur les deux ressources essentielles que sont la Parole et la prière ? Nous ne sommes donc pas surpris de le voir auprès du Jourdain, priant. Désormais, son ministère va commencer ; ayant pleinement conscience de tout ce qu’il va comporter pour lui, c’est l’attitude d’un homme en prière qu’il prend à un moment tel que celui-là : comme il éprouve le besoin de regarder vers son Dieu au début du chemin qui s’ouvre devant lui ! — Quel exemple pour chacun de nous, dès le commencement du chemin où nous sommes appelés à suivre le Seigneur et à le servir !

Priant et venant prendre place parmi ceux qui désiraient recevoir le baptême de la repentance, Jésus est introduit dans son ministère par un double témoignage : celui de l’Esprit Saint d’abord, celui du Père ensuite. Quelle responsabilité pour ceux qui l’ont rejeté !

Rappelons ici ce qui a déjà été noté : l’évangile selon Luc est le seul qui nous montre le Seigneur en prière dans trois circonstances importantes de sa vie ici-bas : lors du baptême au Jourdain, lors du choix des douze apôtres et, enfin, sur la montagne de la transfiguration. Chacun des trois premiers évangiles nous parle de ces trois circonstances — pour le baptême au Jourdain : Matt. 3:13 à 17 ; Marc 1:9 à 11 ; Luc 3:21, 22 ; pour le choix des douze : Matt. 10:1 à 4 ; Marc 3:13 à 19 ; Luc 6:12 à 16 ; pour la scène de la transfiguration : Matt. 17:1 à 8 ; Marc 9:2 à 8 ; Luc 9:28 à 36. Le texte de Luc est, chaque fois, le seul où le Seigneur est vu en prière.

 

9.6.2       Début du ministère du Seigneur

« Et sa renommée se répandait de plus en plus ; et de grandes foules s’assemblèrent pour l’entendre et pour être guéries de leurs infirmités ; mais lui, se tenait retiré dans les déserts et priait ! » (5: 15, 16).

Ici, le Seigneur est engagé dans son ministère : il guérit un lépreux, figure de l’homme dans la souillure du péché. Des foules viennent « pour l’entendre » et « pour être guéries de leurs infirmités » — ce sont là les deux activités essentielles du Seigneur ici-bas : la prédication de la Parole et le déploiement de sa puissance en guérison. Mais après avoir guéri le lépreux, son service envers lui achevé, Jésus ne recherche pas sa propre gloire (cf. Jean 7:18), il « se tenait retiré dans les déserts et priait ». Priant alors qu’il allait entrer dans son ministère (Luc 3:21) il est aussi en prière tandis qu’il l’exerce, après qu’il a rempli un service particulier. — Imitons-le quelque peu, priant avant de servir, pendant le service comme aussi après l’avoir accompli, et ne recherchant pas la gloire qui vient des hommes !

 

9.6.3       Choix des disciples

« Or il arriva, en ces jours-là, qu’il s’en alla sur une montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu. Et quand le jour fut venu, il appela ses disciples. Et en ayant choisi douze d’entre eux, lesquels il nomma aussi apôtres... » (6:12, 13)

Le Seigneur va prendre avec lui douze disciples qu’il « nommera aussi apôtres » et qu’il associera à son service. Comme il réalise l’importance d’un tel choix ! Aussi va-t-il « sur une montagne » — par excellence le lieu de la communion — « pour prier » : homme parfaitement dépendant, il éprouve la nécessité de regarder vers son Dieu afin d’être dirigé dans le choix qu’il est appelé à faire ; et il a conscience de la difficulté de ce choix à un degré tel qu’il « passa toute la nuit à prier Dieu » ! Comme homme, il convenait que, plus tard, il demeurât dans une pleine paix au sujet de la désignation des douze puisque, parmi eux, se trouvait « Judas Iscariote, qui aussi devint traître », qui était « voleur » et manifesta son hypocrisie dans la scène que rapporte Jean 12:4 à 6 : si Judas avait été choisi, cela avait été fait dans les conditions indiquées en Luc 6:12.

Là encore, quel exemple le Seigneur nous donne ! Dans les différents services que nous pouvons avoir à remplir et, tout spécialement, lorsque nous sommes en présence de circonstances graves et importantes, combien nous avons besoin de prier, de prier avec instance et persévérance ! Jésus a passé « toute la nuit à prier Dieu ». Toute la nuit !

 

9.6.4       Il va parler de Ses souffrances et de sa mort

« Et il arriva, comme il priait à l’écart, que ses disciples étaient avec lui. Et il les interrogea, disant : Qui disent les foules que je suis ? Et répondant, ils dirent : Jean le baptiseur ; et d’autres : Élie ; et d’autres, que l’un des anciens prophètes est ressuscité. Et il leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Et Pierre, répondant, dit : Le Christ de Dieu ! Et s’adressant à eux avec force, il leur commanda de ne dire ceci à personne, disant : Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté des anciens et des principaux sacrificateurs et des scribes, et qu’il soit mis à mort, et qu’il soit ressuscité le troisième jour. Et il disait à tous : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et me suive... » (9:18 à 23).

Le Seigneur approche maintenant du terme de son ministère ici-bas ; aussi va-t-il parler à ses disciples de ce qui est désormais devant lui : sa réjection, ses souffrances, sa mort et ensuite sa résurrection. Il leur dit également dans quel chemin ils auront à le suivre s’ils veulent « sauver leur vie » : v. 23 et 24.

D’une part, le Seigneur devait avertir ses disciples ; d’autre part, il ne fallait pas les décourager et les amener à refuser d’aller dans un sentier où ils auraient à souffrir. — N’y a-t-il pas dans nos vies chrétiennes, dans la vie des assemblées, des circonstances où nous sommes appelés à avertir, où il convient de le faire sans risquer de décourager ceux auxquels nous avons à nous adresser ? Exercés à cet égard, combien nous avons besoin de commencer par demander à Dieu qu’il nous donne lui-même les paroles à propos, celles qui toucheront le cœur et la conscience mais ne blesseront pas, ne décourageront pas ! Imitons l’exemple de Celui qui avant de faire ces déclarations à ses disciples — déclarations qui ne correspondaient en aucune manière à leurs espérances (cf. Luc 24:21) — éprouvait la nécessité d’être dirigé par son Dieu dans ce qu’il aurait à dire. Aussi, « il priait à l’écart ».

Nous l’avons vu en prière au bord du Jourdain, dans les déserts, sur une montagne, ici « à l’écart ». Homme parfait, il est toujours et partout en prière !

 

9.6.5       Avant la transfiguration

« Et il arriva, environ huit jours après ces paroles, qu’il prit avec lui Pierre et Jean et Jacques, et qu’il monta sur une montagne pour prier. Et comme il priait, l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc et resplendissant comme un éclair ; et voici, deux hommes, qui étaient Moïse et Élie, parlaient avec lui, lesquels, apparaissant en gloire, parlaient de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem » (9:28 à 31).

« L’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15: 33). Avant que le Seigneur « souffre beaucoup », « soit rejeté » et « mis à mort » (Luc 9:22), Dieu voulait donner à trois témoins, trois disciples, un encouragement à « prendre la croix chaque jour » pour « suivre » le Seigneur ; le Père désirait aussi donner comme un « échantillon » de la gloire qui sera celle de son Fils bien-aimé, gloire à laquelle auront part les saints, morts en Christ ressuscités et vivants transmués. La scène de la transfiguration va donc se dérouler ; elle a lieu tandis que le Seigneur est « monté sur une montagne pour prier » : expression de sa communion avec son Père et de sa dépendance de lui. Et la transfiguration a lieu « comme il priait ».

 

9.6.6       Quand les disciples demandent d’être enseignés à prier

« Et comme il était en prière dans un certain lieu, il arriva, après qu’il eut cessé, que quelqu’un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier, comme aussi Jean l’a enseigné à ses disciples » (11:1).

Enseigne-nous à prier ! N’avons-nous pas aussi à le demander au Seigneur ? Sans doute, il ne nous enseignera pas, comme il le fit alors pour les disciples, les paroles mêmes que nous aurons à prononcer en priant : le Saint Esprit n’était pas encore descendu sur la terre comme Personne divine, tandis que maintenant il est ici-bas, habitant dans le croyant et dans l’Assemblée, de sorte que nous prions « par le Saint Esprit » (Jude 20), qui nous conduit dans l’expression de nos demandes et « nous est en aide dans notre infirmité » (Rom. 8:26). Mais combien nous avons besoin que le Seigneur nous enseigne à l’imiter dans sa vie de dépendance et de prière ! Oui répétons-le : « Seigneur, enseigne-nous à prier » !

La prière, enseignée alors par Jésus à ses disciples nous montre que, dans nos requêtes, nous devons penser en tout premier lieu aux intérêts de Dieu, à sa gloire et à la gloire du Seigneur, avant de penser à nous et de parler de nos propres besoins. Ne l’oublions-nous pas trop souvent ?

 

9.6.7       Gethsémané

« Et sortant, il s’en alla, selon sa coutume à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit : Priez que vous n’entriez pas en tentation. Et il s’éloigna d’eux lui-même environ d’un jet de pierre, et s’étant mis à genoux, il priait, disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite. Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. Et étant dans l’angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre... » (22:39 à 44).

Gethsémané ! Le couronnement de cette vie de dépendance, d’obéissance, de prière ! Quel combat que celui dont seul il pouvait connaître, et a connu l’angoisse ! Quelles instantes prières que celles qu’il adresse alors à son Père ! L’auteur inspiré de l’épitre aux Hébreux écrit : « ayant offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété... » (5:7), tandis que Luc nous donne les deux parties de sa prière : « Père si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! » et ensuite : « Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (22:42). Il ne pouvait prendre la coupe de la main de son Père sans avoir la pleine conscience de ce qu’elle devait comporter pour lui et, d’autre part, en présence d’une telle coupe il était entièrement soumis à la volonté de son Père. Mais quel douloureux combat... Non pas certes avec son Père, mais l’adversaire était là qui aurait voulu l’arrêter dans le chemin de l’obéissance, l’empêcher de prendre la coupe. Il lutte à genoux, il prie « plus instamment » et connaissant « l’angoisse du combat », « sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre ».

Ici, il n’est pas question de l’imiter : seul il pouvait livrer un pareil combat et il l’a livré seul. Nous ne pouvons que nous prosterner et adorer !

« Et s’étant levé de sa prière, il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse ; et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et priez, afin que vous n’entriez pas en tentation » (ib. 45, 46). Si nous ne sommes pas appelés à l’imiter dans le combat de Gethsémané, par contre nous avons à retenir l’exhortation qu’il adresse ensuite à ses disciples et qui est aussi pour nous : « priez afin que vous n’entriez pas en tentation ».

C’est ici le terme du chemin qu’il a suivi comme homme ici-bas : la croix est maintenant devant lui ; mais du commencement à la fin de son sentier c’est un homme de prière que nous contemplons, Celui qui pouvait dire bien mieux que David autrefois : « Pour mon amour, ils ont été mes adversaires ; mais moi je me suis adonné à la prière » (Ps. 109:4). Quel homme parfait, parfaitement dépendant de son Dieu et Père ! Il s’est « adonné à la prière », comme aussi « à la crainte » de son Dieu (Ps. 119:38).

 

9.6.8       Sur la croix

« Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (23:34).

« Élevé de la terre » sur la croix, ayant enduré tout ce qu’il a dû endurer des hommes et en particulier de son peuple, c’est maintenant pour ses bourreaux qu’il prie, pour un peuple coupable du rejet et de la crucifixion de son Messie ! Les Juifs avaient eu plusieurs témoignages attestant que Jésus était bien le Fils de Dieu et, malgré cela, ils ont dit à Pilate : « Nous avons une loi, et selon notre loi il doit mourir, car il s’est fait Fils de Dieu » (Jean 19:7). Non, il ne s’était pas fait Fils de Dieu, il l’était ! Et cependant, le Seigneur se plaît à considérer le péché de la nation juive comme le « péché par erreur » pour lequel, sur la base du sacrifice, il pouvait y avoir pardon, et non comme le « péché par fierté », ou péché volontaire, pour lequel il n’y avait pas de pardon (cf. Nomb. 15:22 à 36). Peut-il y avoir plus merveilleux témoignage de la grâce qui était dans le cœur du divin Crucifié que cette prière adressée à son Père, en faveur de ceux qui l’avaient rejeté et mis à mort ?

En réponse à cette prière, un appel a été adressé à Israël après la résurrection et la glorification du Seigneur : le Saint Esprit, par le moyen de Pierre et Jean d’abord, d’Étienne ensuite, a invité le peuple à se repentir. S’il l’avait fait, « le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7:56) était prêt à revenir pour établir son règne de paix et de justice. Mais ce témoignage a été repoussé et Étienne, le fidèle témoin, mis à mort (ib. 57 à 60).

Considérons tout le long de son chemin l’Homme parfaitement dépendant, l’Homme de prière ! Puissions-nous l’imiter, au moins dans une mesure, vivant une vie de prière ! Que la grâce nous soit accordée d’en comprendre la nécessité pour nous-mêmes, individuellement et en assemblée, eu égard aux circonstances difficiles que nous avons à connaître présentement dans le monde où nous sommes, dans le témoignage, mais aussi et surtout, d’en comprendre la valeur et le prix pour notre Dieu et Père, afin qu’il soit glorifié par notre dépendance et notre confiance !

 

 

10   Prendre garde, Veiller et Prier

ME 1982 p.3

10.1  Troubles dans le monde

Ainsi que nous le chantons parfois, « l’Église est étrangère maintenant ici-bas : c’est un lieu de misère, de troubles, de combats... ». Nous sommes parvenus dans des temps où nous le réalisons davantage que dans les jours précédents. Dans bien des pays, c’est le désordre, l’agitation, la violence qui se déchaînent de toutes parts et prennent des proportions de plus en plus redoutables. Les hommes de ce monde, préoccupés, angoissés même, se demandent avec beaucoup d’anxiété ce qui va advenir. Nous, croyants, nous savons bien que tout ira de mal en pis, mais nous attendons la Venue du Seigneur, après laquelle les bouleversements apocalyptiques surviendront.

 

10.2  Troubles dans l’assemblée

Certes, nous ne sommes pas du monde, mais posons-nous la question : quel est l’état de l’Assemblée dans ce monde tourmenté ? Que de choses laissent à désirer dans bien des assemblées, qui ne manifestent guère les caractères que l’on devrait voir briller en chacune d’elles, qui ne rendent pas le témoignage qu’elles ont à rendre ! N’y a-t-il pas parfois des désaccords entre frères et sœurs, qui troublent la communion et sont une entrave à la paix ? Combien nous sommes loin de manifester les caractères des croyants tout au début de l’histoire de l’Assemblée sur la terre : « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières. Et toute âme avait de la crainte... Et tous les jours ils persévéraient d’un commun accord dans le temple... louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple » (Actes 2:42 à 47).

Reconnaissons-le, confessons-le avec tristesse et dans l’humiliation, nous ne vivons pas la vie chrétienne, la vie d’assemblée que nous devrions vivre. Trop souvent, nous nous laissons entraîner par le courant de ce monde et, au lieu de manifester les caractères que Dieu voudrait voir en nous, nous nous assoupissons et finissons par nous endormir, ne manifestant guère d’activité que pour agir à peu près comme le monde qui nous environne. Lorsque l’apôtre Paul s’adressait aux croyants de Rome, il y a plus de 1900 ans, il leur écrivait : « ...C’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru : la nuit est fort avancée, et le jour s’est approché ; rejetons donc les œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme de jour ; non point en orgies ni en ivrogneries ; non point en impudicités ni en débauches ; non point en querelles ni en envie. Mais revêtez le Seigneur Jésus Christ, et ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises » (Rom, 13:11 à 14). À plus forte raison pourrait-il nous adresser aujourd’hui les mêmes paroles ! De même que celles que nous pouvons lire au chapitre suivant : « Car nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu ; car il est écrit : « Je suis vivant, dit le Seigneur, que tout genou se ploiera devant moi, et que toute langue confessera hautement Dieu ». Ainsi donc, chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu » (14:10 à 12).

 

10.3  Veiller aux rapports fraternels. Philippiens 2

Veillons à cela. Veillons aussi à réaliser dans nos rapports fraternels, dans toute la vie de l’assemblée, ce que Paul écrivait aux Philippiens : « Rendez ma joie accomplie en ceci que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose. Que rien ne se fasse par esprit de parti, ou par vaine gloire ; mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres. Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2:2 à 8). Puissions-nous imiter notre divin et parfait Modèle !

Nous pourrions multiplier les citations de la Parole, qui nous exhortent à vivre une vie individuelle, une vie de famille, une vie d’assemblée répondant à la pensée de Dieu et étant pour la satisfaction de son cœur et la gloire de son Nom. Lisons-les avec grande attention, dans un esprit de prière et surtout, mettons-les en pratique dans la plus grande fidélité !

 

10.4  Glorifier le Seigneur pratiquement

Si le Seigneur n’est pas venu auparavant, nous voici au début d’un nouvel an de grâce. Que Dieu nous accorde, si nous devons le passer ici-bas, de vivre une vie qui le glorifie, qui glorifie notre Sauveur Jésus Christ ! Qu’à Sa venue, le Seigneur nous trouve tels que son cœur nous désire dans notre marche individuelle et dans la vie des assemblées, fidèles en toutes choses, veillant et priant sans cesse, l’attendant du ciel !

Rappelons en terminant les dernières paroles adressées par l’apôtre Paul aux croyants, à l’assemblée de Corinthe : « Au reste, frères, réjouissez-vous ; perfectionnez-vous ; soyez consolés ; ayez un même sentiment ; vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous... Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit, soient avec vous tous ! » (2 Cor. 13:11 à 13).

 

Abreuvés à la même source,

N’ayons ensemble qu’un seul cœur ;

Poursuivons notre heureuse course,

Les yeux fixés sur le Sauveur.

 

 

11   Exhortations à la prière

ME 1981 p.116

11.1  Actes 1

La première manifestation de la vie parmi les saints rassemblés a été, semble-t-il, la prière. Après avoir annoncé à ses disciples que le Saint Esprit viendrait sur eux, Jésus « fut élevé de la terre » (Actes 1:8, 9) ; les disciples « s’en retournèrent à Jérusalem » et « montèrent dans la chambre haute où demeuraient Pierre, et Jean, et Jacques, et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée et Simon Zélote, et Jude frère de Jacques » (ib. 12, 13). « Tous ceux-ci persévéraient d’un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères » (ib. 14).

 

11.2  Actes 2

Le jour de la Pentecôte, le Saint Esprit, personne divine, descendit sur la terre. Désormais, commençait l’histoire de l’Assemblée ici-bas. Qu’est-ce qui a caractérisé ces premiers croyants de l’Église ? Le chapitre 2 du livre des Actes nous le dit : « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (v. 42). — Le livre des Actes, en divers passages, nous parle de rencontres régulières pour la prière (3:1 ; 16:13), comme aussi de réunions de prières spéciales qui eurent lieu à l’occasion de circonstances particulières : au chapitre 4, après que Pierre et Jean eurent été relâchés (v. 23 à 31) ; au chapitre 12, alors que Pierre était en prison et devait, « après la Pâque », être produit devant le peuple, il nous est dit que « l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui » (v. 5, 12, 14 à 17).

 

11.3  Réunions de prières de l’assemblée

Comme aux premiers jours de l’histoire de l’Église sur la terre, les diverses assemblées locales ont, aujourd’hui encore, des réunions régulières pour la prière. Dieu veuille qu’elles soient suivies avec zèle et fidélité ! Puisse-t-il nous accorder des cœurs exercés à ce sujet, pour nous conduire à présenter les demandes qu’Il désire voir l’assemblée placer devant le trône de la grâce, demandes auxquelles Il voudra répondre, nous accordant « du secours au moment opportun » (Héb. 4:16). — Mais n’y a-t-il pas, dans la vie des assemblées, des cas particuliers qui devraient conduire à des réunions de prières spéciales de l’assemblée ? Sans aucun doute et certainement plus souvent que nous le pensons. Soyons bien assurés que si nous le réalisons, avec zèle et ardeur, chaque fois que cela nous apparaît nécessaire, le Seigneur répondrait et nous accorderait des délivrances qui nous confondraient et nous amèneraient à rendre grâces.

 

11.4  Conditions pour la prière

Diverses conditions doivent être remplies pour que Dieu puisse exaucer nos prières. Tout d’abord, il convient de prier avec foi : « Et quoi que vous demandiez en priant, si vous croyez, vous le recevrez » (Matt. 21:21, 22). Dans l’assemblée, il faut prier d’un commun accord, selon Matthieu 18:19, 20. Ensuite, si nous demandons « au nom du Seigneur », le Seigneur exaucera notre prière : « Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai » (Jean 14:13, 14). En vue de quel résultat ? Non seulement nous accorder la réponse que nous demandons, mais « afin que le Père soit glorifié dans le Fils ». Cela ne touche-t-il pas notre cœur ? — Jésus dit aussi : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15:7).

 

11.5  Persévérance dans la prière

Combien nous avons besoin de prier, de persévérer dans la prière ! Les deux passages déjà cités (Actes 1:14 et 2:42) nous montrent que les premiers croyants de l’Église le faisaient. Nous avons, par ailleurs, bien des exhortations à réaliser cette persévérance ; Jésus « dit aussi une parabole, pour montrer qu’ils devaient toujours prier et ne pas se lasser » (Luc 18:1 à 8). Dans les épîtres, Paul adresse aux croyants de Rome cette exhortation : « persévérants dans la prière » (Rom. 12:12) ; il écrit à ceux d’Éphèse : « Priant par toutes sortes de prières et de supplications en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints, et pour moi, afin qu’il me soit donné de parler à bouche ouverte pour donner à connaître avec hardiesse le mystère de l’évangile... » (Éph. 6:18 à 20) ; aux Colossiens : « Persévérez dans la prière » (Col. 4:2) ; à ceux de Thessalonique : « Priez sans cesse » (1 Thess. 5:17) ; à Timothée, son « véritable enfant dans la foi » : « J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions pour tous les hommes... » (1 Tim. 2:1 à 4). Citons également un passage de l’Ancien Testament : « Sur tes murailles, Jérusalem, j’ai établi des gardiens ; ils ne se tairont jamais, de tout le jour et de toute la nuit. Vous qui faites se ressouvenir l’Éternel, ne gardez pas le silence... » (Ésaïe 62:6, 7), comme aussi ce que David peut dire : « Au jour que j’ai crié, tu m as répondu ; tu as augmenté la force de mon âme » (Ps. 138:3).

 

11.6  Hébreux 4:16

Retenons l’exhortation d’Hébreux 4 et mettons-la en pratique : « Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun » (v. 16). Tout d’abord, nous avons l’assurance que Dieu a compassion de nous : nous recevrons miséricorde ; ensuite, « au moment opportun », au moment choisi par Lui, quand aura été accompli en nous le travail pour lequel il a permis les circonstances que nous avons dû traverser et qui nous amènent à crier à Lui, nous aurons le secours dont nous avons besoin.

 

11.7  Les uns pour les autres

Prions pour ce qui nous concerne, prions les uns pour les autres ! Il y a tant de circonstances difficiles, tant d’exercices douloureux au cours desquels nous avons fait l’expérience que Dieu écoute la prière, qu’il répond à nos prières, et les délivrances qu’il nous a ainsi accordées devraient être pour nous un encouragement à prier davantage, avec une pleine confiance en celui qui répond à nos prières selon la connaissance qu’il a de tous nos besoins, avec une sagesse parfaite et un amour infini !

Que ces différents passages de l’Écriture nous conduisent à prier sans nous lasser, à le faire suivant les enseignements que nous donne la Parole, ne perdant jamais de vue, en tout premier lieu, ce que sont pour Dieu les prières des siens, la valeur de nos prières pour Lui : « des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints » (Apoc. 5:8).

 

C’est du Père des lumières

Que descend tout don parfait ;

Il répond à nos prières,

À bénir il se complaît.