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SUR LE PREMIER VERSET DU PSAUME 16

 

Paul Fuzier

Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1962 p.225

Table des matières :

1     Le Seigneur, modèle de prière

2     Expression de confiance

3     Expression de dépendance

4     Exhortation finale

 

Le Psaume 16 est un psaume de David. Le « doux psalmiste d’Israël » l’a composé conduit par l’Esprit Saint qui, longtemps à l’avance, exprimait prophétiquement les sentiments qui devaient remplir le cœur de Christ, homme ici-bas et serviteur parfait. Que ce psaume nous présente Christ, le chemin de Christ, son service, c’est ce dont nous ne pouvons douter : l’Écriture même nous en assure (Actes 2:25 à 28 et 13:35).

1 Pierre 2:21 nous dit : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces ». Puissions-nous considérer ce divin modèle afin que nous soyons rendus capables de l’imiter en quelque mesure, suivant ses traces dans un chemin où Dieu pouvait voir briller les perfections infinies du seul homme qui ait été ici-bas pour l’entière satisfaction de son cœur.

 

1                        Le Seigneur, modèle de prière

Il est bien remarquable que le premier verset du psaume 16 soit une prière. N’avons-nous pas là le secret de la marche de Christ comme homme et serviteur sur la terre ? Une telle marche implique un esprit de prière, la recherche de la pensée de Dieu, la connaissance de sa volonté pour y obéir, la jouissance de sa communion. L’Évangile selon Luc, dans lequel le Saint Esprit met tout particulièrement en relief le côté humain de la personne glorieuse du Fils de Dieu, ce qu’Il a été ici-bas comme Fils de l’Homme, nous le montre en prière dans sept circonstances différentes (3:21 ; 5:16 ; 6:12 ; 9:18 et 28 ; 11:1 ; 22:41 à 45) — sans parler de la prière qu’Il a fait monter vers son Père alors qu’Il était sur la croix (23:34).

Les trois évangiles selon Matthieu, Marc et Luc nous parlent tous trois du baptême du Sauveur au Jourdain, de l’appel des douze, de la scène de la transfiguration sur la sainte montagne ; dans ces trois circonstances, seul le texte de Luc nous montre le Seigneur priant. C’est donc bien le secret d’une marche fidèle que la réalisation d’une vie de prière et de communion avec Dieu.

« Garde-moi, ô Dieu ! » (Ps. 16:1). Telle est la requête de l’Homme Christ Jésus cheminant dans un monde où le mal règne et dans lequel l’ennemi exerce sa puissance et déploie ses ruses. Si Lui a éprouvé le besoin d’être gardé par son Dieu, à combien plus forte raison devons-nous l’éprouver nous-mêmes ! En considérant le sentier de l’homme parfait, nous sommes facilement portés à dire, pour essayer d’excuser nos manquements : une telle marche est impossible pour nous ! Lui était le Fils de Dieu, nous ne sommes que de pauvres créatures ! Ne perdons pas de vue cependant que s’Il était le Fils de Dieu et s’Il n’a jamais cessé de l’être, Il est venu ici-bas comme homme et c’est le sentier de l’homme devant Dieu qu’Il a tracé, en perfection sans doute et seul Il pouvait y atteindre, mais avec des ressources qui sont aussi à notre disposition afin que nous puissions « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2:6). L’une de ces ressources c’est bien la prière. N’avons-nous pas à répéter sans cesse, non comme une vaine redite mais avec le sentiment profond de notre faiblesse et des dangers auxquels nous sommes exposés, cette prière de notre parfait Modèle : « Garde-moi, ô Dieu ! » ? Si nous avions davantage conscience de ce que nous sommes et du monde dans lequel nous avons à cheminer, nous ne ferions jamais un seul pas sans demander : « Garde-moi, ô Dieu ! ».

Le vrai serviteur de l’Éternel, dont nous parlent le psaume 16 et l’évangile selon Marc, était levé longtemps avant le jour et, s’en allant à l’écart, « il priait là » (Marc 1:35). Il vivait une vie de communion avec son Dieu et c’est ainsi que, comme homme, Il apprenait à le connaître. C’est une telle connaissance qui conduit à la confiance, confiance sans laquelle la prière serait impossible ou, en tout cas, ne serait qu’une vaine forme sans puissance. Parce qu’Il peut dire en vérité : « Je me confie en toi », l’Homme parfait demande à son Dieu de le garder : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi ».

 

2                        Expression de confiance

Demanderait-on à être gardé par quelqu’un en qui on ne peut se confier ? Dieu est digne de toute notre confiance, mais est-ce que nous savons assez nous confier en Lui ? Sans doute pas et c’est probablement pour cela que nous ne sommes pas caractérisés par l’esprit de prière qui conduisait l’Homme parfait à dire : « Garde-moi, ô Dieu ! » Notre confiance est plus facilement et plus souvent en l’homme et en des appuis visibles. Si nous manquons ainsi de confiance en Dieu, c’est certainement parce que nous le connaissons trop peu. David dit ailleurs : « Et ceux qui connaissent ton nom se confieront en toi » (Ps. 9:10). Pour se confier en quelqu’un, il faut d’abord le connaître. Dans les choses de cette vie, nul ne met sa confiance en quelqu’un qu’il ne connaît pas, tandis que l’on accordera volontiers une pleine confiance à celui que l’on connaît depuis longtemps comme une personne sûre et dont la fidélité a été maintes fois éprouvée. Cela, il nous arrive souvent de le faire, nous croyants qui avons pourtant lu tant de fois le passage de Jérémie : « Ainsi dit l’Éternel : Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras, et dont le cœur se retire de l’Éternel ! Et il sera comme un dénué dans le désert, et il ne verra pas quand le bien arrivera, mais il demeurera dans des lieux secs au désert, dans un pays de sel et inhabité » (17:5, 6). Nous ne devons avoir aucune confiance dans la chair (cf. Phil. 3:3, 4), que ce soit la chair en nous ou chez un autre. Une telle confiance nous amènera toujours à d’amères expériences. Par contre : « Béni l’homme qui se confie en l’Éternel, et de qui l’Éternel est la confiance ! Il sera comme un arbre planté près des eaux ; et il étendra ses racines vers le courant ; et il ne s’apercevra pas quand la chaleur viendra, et sa feuille sera toujours verte ; et dans l’année de la sécheresse il ne craindra pas, et il ne cessera de porter du fruit » (Jér. 17:7, 8). Tel a été Christ ici-bas ! — Si nous n’avons aucune confiance à faire à l’homme, nous sommes heureux cependant de pouvoir manifester une confiance fraternelle à un croyant fidèle, vivant de la vie de Dieu : nous nous confions en lui dans la mesure où nous trouvons chez lui ce qui est du nouvel homme. Nous reconnaissons en lui quelque chose qui est de Dieu et c’est là ce qui produit la confiance. Mais ce que nous pouvons être amenés à goûter ainsi dans nos relations fraternelles, nous devrions le réaliser, et dans une tout autre mesure, dans nos relations avec Dieu. En vérité, nous le connaissons trop peu parce que nous ne vivons pas assez près de Lui, dans une intime communion avec Lui. C’est dans cette communion que s’acquiert la connaissance, et la connaissance conduit à la confiance. Dieu est heureux de cette confiance que les siens mettent en Lui : « Il connaît ceux qui se confient en lui » (Nahum 1:7).

Le premier verset du psaume 16 est tout à la fois l’expression de la confiance et de la dépendance. Dans la prière, nous manifestons notre confiance en Dieu, nous témoignons aussi que nous dépendons de Lui.

 

3                        Expression de dépendance

Pas plus qu’on ne voudrait se confier en quelqu’un que l’on ne connaît pas, on n’aimerait dépendre de quelqu’un en qui on ne peut se confier. Il est bien vrai que nous savons trop peu ce qu’est une vie dans la dépendance de Dieu pour toutes les circonstances du chemin et cela parce que nous ne manifestons pas une entière confiance de cœur en Dieu et en Dieu seul. Si cette confiance nous fait défaut, nous l’avons vu, c’est parce que nous ne connaissons pas notre Dieu et Père de cette riche et précieuse connaissance qui ne s’acquiert que dans une vie de communion avec Lui. Puissions-nous considérer de plus près, dans les évangiles comme aussi dans les psaumes, le sentier parcouru par Celui qui est notre parfait Modèle ; et apprenons de Lui, afin que nous reprenions à notre tour, non pas seulement des lèvres, la prière que comme Homme ici-bas Il adressait à son Dieu : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi ».

 

4                        Exhortation finale

Communion, connaissance, confiance, dépendance, les quatre choses sont intimement liées les unes aux autres. Vivons dans la communion avec Dieu, recherchons-la, cultivons-la, c’est ce qui importe par dessus tout, c’est le point de départ ; nous apprendrons alors à le connaître ; le connaissant quelque peu, nous saurons nous confier en Lui et nous confiant en Lui, nous serons heureux de marcher dans sa dépendance. Alors, nous pourrons refléter quelques traits de notre parfait Modèle et dire avec Lui, en toute vérité : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi ».