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CONSIDÉRATIONS SUR

 

LE RÈGNE ET LA FIN DES ROIS DE JUDA,

 

d’après le second livre des Chroniques

 

Paul Fuzier

ME 1976 p.29, 67, 96, 122. Les sous-titres ont été complétés par Bibliquest

 

Table des matières :

1     De Salomon à Athalie, les leçons du livre des Chroniques

2     David et Salomon

3     Ézéchias et Josias

3.1      Ézéchias

3.2      Josias.

4     Josaphat

5     Roboam, Abija et Jotham

5.1      Abija

5.2      Jotham

5.3      Roboam

6     Manassé et Asa

6.1      Manassé

6.2      Asa.

7     Jehoïakin et Joakhaz

7.1      Jehoïakin

7.2      Joakhaz

8     Amatsia et Amon

8.1      Amatsia

8.2      Amon

9     Ozias

10      Joram - Achazia - Joas - Achaz - Jehoïakim et Sédécias

10.1    Joram

10.2    Achazia

10.3    Joas

10.4    Achaz

10.5    Jehoïakim

10.6    Sédécias

11      Conclusion

11.1    Toujours des défaillances

11.2    La grâce de Dieu demeure

11.3    Quand la fin n’est pas belle comme le commencement

11.4    Retenir l’instruction

 

 

1                    De Salomon à Athalie, les leçons du livre des Chroniques

Après le règne de Salomon (1015 à 975 A.C.) le royaume fut divisé : Roboam régna sur Juda et Benjamin, Jéroboam sur les dix autres tribus (1 Rois 11:29 à 40 ; 2 Chron. 10:15 à 11:4) et l’Éternel fait dire à Roboam par Shemahia, homme de Dieu : « C’est de par moi que cette chose a eu lieu » (2 Chron. 11:4). En fait, elle était la conséquence des fautes commises par Salomon à la fin de son règne, ainsi que l’Éternel le lui avait déclaré (1 Rois 11:9 à 13). Mais les défaillances de Salomon ne sont pas mentionnées dans le second livre des Chroniques, qui met surtout en relief le déploiement de la grâce divine envers les rois de Juda. Par la bouche de Nathan, le prophète, l’Éternel avait fait connaître à David ce qui adviendrait après son départ, notamment au sujet de « sa semence » : « Lui, bâtira une maison à mon nom ; et j’affermirai le trône de son royaume pour toujours. Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils » (2 Sam. 7:12 à 14). Mais ces paroles ne pouvaient avoir leur plein accomplissement à l’égard de Salomon ; elles concernaient un plus grand que lui (cf. Héb. 1:5), le vrai « fils de David », Celui qui est tout à la fois « la racine et la postérité de David » (Apoc. 22:16). Pour sa venue en son jour, il convenait donc que fût maintenue la lignée de David et c’est pourquoi nous lisons : « Mais l’Éternel ne voulut point détruire la maison de David, à cause de l’alliance qu’il avait faite avec David et selon ce qu’il avait dit, qu’il lui donnerait une lampe, à lui et à ses fils, à toujours » (2 Chron. 21:7). Dans le second livre des Chroniques, nous voyons se déployer les efforts de l’ennemi pour essayer d’éteindre « la lampe » : tandis que se succèdent les rois de Juda, à l’égard de chacun se manifeste, avec plus ou moins de succès, le travail de Satan en vue du résultat auquel il aurait voulu parvenir mais qu’il ne pouvait atteindre, car Dieu veillait sur l’accomplissement de sa promesse. Ni les efforts de l’adversaire, ni les infidélités des rois de Juda ne pouvaient empêcher la réalisation du propos divin. En considérant ces différents règnes, certains d’entre eux tout au moins, nous disons avec l’apôtre inspiré : « Là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5:20).

Si la grâce de Dieu se déploie tout au long, si l’Esprit Saint n’omet rien de ce qu’elle a produit, même chez certains des plus mauvais rois, il n’en est pas moins vrai que Dieu apprécie la fidélité, désapprouve manquements et défaillances. L’un de nos conducteurs a remarqué que même « jusque dans la mort, Dieu exprime son approbation ou son mécontentement sur la conduite des rois » (Méditations sur le second livre des Chroniques, par H. R.page 194 — ouvrage qui pourra être consulté avec profit pour plus de développements sur les règnes des rois de Juda). C’est sur ce point que nous désirerions nous arrêter plus particulièrement. La fin de chacun des rois de Juda est généralement en rapport avec ce qu’a été le règne, une manifestation de grâce apparaissant visiblement en plusieurs cas. — Une telle pensée doit donner à réfléchir à chaque croyant : nous avons une vie à vivre, comment la vivons-nous et quelle sera notre fin ? Que la considération de ce sujet nous conduise à de sérieux et profitables exercices ! Ne nous bornons pas à l’étude historique des faits, « toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction » (Rom. 15:4).

 

 

Après les règnes de David et Salomon, le royaume étant divisé, dix-neuf rois se succédèrent sur le trône de Juda — avec en outre l’interrègne d’Athalie, épouse de Joram de Juda et mère d’Achazia, « conseillère à mal faire », « méchante femme » qui, après la mort de son fils, « se leva et extermina toute la semence royale de la maison de Juda » (2 Chron. 22:3, 10 ; 24:7). À ce moment-là, on aurait pu penser que « la lampe » allait s’éteindre, mais la providence de Dieu veillait sur Joas, fils d’Achazia, que Jehoshabath « déroba du milieu des fils du roi qu’on mettait à mort » (22:11). Disons tout de suite qu’Athalie eut une fin misérable, que pouvait bien expliquer sa conduite : « elle alla par l’entrée de la porte des chevaux dans la maison du roi, et là ils la mirent à mort » (23:15). — Ces dix-neuf rois régnèrent sur Juda de 975 à 588 A.C. (date de la prise de Jérusalem et de la destruction du temple), c’est-à-dire pendant une période de 387 ans (dont il faut déduire les six ans de l’interrègne dont nous venons de parler). Avant de nous occuper de la fin de ces dix-neuf rois, rappelons ce qu’a été celle de David et celle de Salomon.

 

2                    David et Salomon

Au début du chapitre 2 du premier livre des Rois, nous avons les dernières paroles de David à Salomon, son fils (v. 1 à 9) puis, il est seulement dit : « Et David s’endormit avec ses pères ; et il fut enterré dans la ville de David » (v. 10) ; nous avons davantage de détails dans le premier livre des Chroniques : « Et il mourut en bonne vieillesse, rassasié de jours, de richesses, et de gloire » (29:28). Ces expressions font ressortir, au moment où David, alors âgé de soixante-dix ans (2 Sam. 5:4) était retiré, la bénédiction apportée par la grâce divine sur ce règne de quarante années. — À propos de Salomon (et la fin de son règne nous en fait comprendre la cause), il n’est pas dit autre chose que ceci : « Et Salomon s’endormit avec ses pères ; et on l’enterra dans la ville de David, son père » (2 Chron. 9:31 — l’expression de 1 Rois 11:43 est à peu près la même).

Parmi les dix-neuf règnes qui ont suivi ceux de David et Salomon — ces dix-neuf rois ayant exercé leur autorité sur Juda — il en est un qui est sans doute le plus remarquable de tous, c’est celui d’Ézéchias. Si nous nous arrêtions sur ce qui est rapporté des rois de Juda au début de leur règne, nous mettrions sur le même plan Josaphat, Ézéchias et Josias, car ce sont les seuls rois dont il est dit qu’ils ont marché dans les voies de David, leur père (cf. 2 Chron. 17:3, 4 ; 29:2 ; 34:2). Mais si le commencement a été bon, la suite du règne a été entachée de quelques ombres, peu accusées chez Ézéchias, davantage chez Josias, plus nettes encore chez Josaphat.

 

3                    Ézéchias et Josias

3.1   Ézéchias

Le début du règne d’Ézéchias est caractérisé par le rétablissement du culte (son premier acte, le premier mois de la première année de son règne, est d’ouvrir les portes de la maison de l’Éternel, qui avaient été fermées par Achaz, son père), la confession du péché, la purification de la maison de l’Éternel, la réorganisation de la sacrificature lévitique, la célébration de la Pâque. Après cet heureux début, Ézéchias est mis à l’épreuve par trois fois : d’abord en présence de Sankhérib, roi d’Assyrie, puis dans la maladie et enfin, dans la prospérité (2 Chron. 29 à 32). Au cours de la dernière épreuve, « Dieu l’abandonna pour l’éprouver, afin qu’il connût tout ce qui était dans son cœur » (32:31). En fait, Dieu ne lui a pas envoyé de châtiment mais l’a fait passer par ces trois épreuves, certainement nécessaires pour son bien. — Nous lisons à propos de la fin d’Ézéchias ce qui n’a été dit d’aucun autre roi : « Et Ézéchias s’endormit avec ses pères, et on l’enterra à l’endroit le plus élevé des sépulcres des fils de David ; et tout Juda et les habitants de Jérusalem lui rendirent honneur à sa mort » (2 Chron. 32:33). Il est enterré « à l’endroit le plus élevé » : l’expression a sans aucun doute une portée morale ; et honneur lui est rendu par « tout Juda et les habitants de Jérusalem ». Quelle fin remarquable ! Dieu, qui a été glorifié par la vie d’Ézéchias, honoré par sa fidélité, n’a-t-il pas dit : « Ceux qui m’honorent, je les honorerai » (1 Sam. 2:30) ? Aussi, Ézéchias a-t-il été honoré dans sa mort.

 

3.2   Josias.

Le règne de Josias a été également un très beau règne. Comme celui d’Ézéchias, il est marqué par un heureux réveil : Juda et Jérusalem purifiés, la maison de l’Éternel réparée, le livre de la loi retrouvé, l’humiliation réalisée et la pâque célébrée « le quatorzième jour du premier mois » (2 Chron. 34:35). Pourquoi donc Josias va-t-il ensuite s’engager dans le conflit que Neco, roi d’Égypte, avait avec le roi d’Assyrie à Carkemish (2 Rois 23:29) — conflit dans lequel il n’avait rien à faire ? Pourquoi refuse-t-il d’écouter « les paroles de Neco, qui venaient de la bouche de Dieu » ? Cela jette une ombre sur la fin de ce règne ; Josias est « grièvement blessé » dans la bataille où il s’est imprudemment aventuré, « et il mourut ». Certes, il est honoré dans sa mort, mais pas au même degré qu’Ézéchias : « on l’enterra dans les sépulcres de ses pères ; et tout Juda et Jérusalem menèrent deuil sur Josias. Et Jérémie fit des lamentations sur Josias ; et tous les chanteurs et toutes les chanteuses ont parlé de Josias dans leurs lamentations jusqu’à aujourd’hui ; et on l’a établi comme ordonnance pour Israël » (35:20 à 25).

 

4                    Josaphat

On aimerait pouvoir placer le roi Josaphat dans le même groupe qu’Ézéchias et Josias ; nous y serions conduits si, comme nous l’avons dit, nous ne nous arrêtions que sur le début du règne, mais les expressions, très sobres, employées à propos de la fin ne le permettent pas : « Et Josaphat s’endormit avec ses pères, et il fut enterré avec ses pères dans la ville de David » (2 Chron. 21:1 — en 1 Rois 22:51, nous avons à peu près la même expression). Pourquoi Josaphat n’a-t-il pas été honoré dans sa mort comme devaient l’être plus tard Ézéchias et Josias ? Le début de son règne fut sans doute très heureux : il « se fortifie contre Israël », « recherche le Dieu de son père, et marche dans ses commandements », « ôte de Juda les hauts lieux et les ashères », puis « envoie ses chefs... pour enseigner dans les villes de Juda ; et avec eux les lévites », de sorte que « Josaphat alla grandissant jusqu’au plus haut degré » (2 Chron. 17:1 à 12). Mais il eut une première défaillance : « il s’allia par mariage avec Achab » (18:1). Et il s’est ainsi trouvé entraîné dans toutes les circonstances si humiliantes dont il est question au chapitre 18 : il descend vers Achab — moralement il est en effet « descendu » — et Achab, qui le reçoit richement, le « persuade » de s’associer à lui dans la guerre qu’il veut entreprendre contre le roi de Syrie. Sans se préoccuper de savoir si la chose est selon Dieu, Josaphat s’engage ; il accepte le conseil des quatre cents faux prophètes et ensuite laisse mettre en prison Michée, le prophète de l’Éternel. Puis, comme Achab le lui avait demandé, il va à la bataille revêtu de ses robes alors que le roi d’Israël s’était déguisé ; c’est ainsi qu’il devient la cible contre laquelle vont se porter les coups de l’adversaire. Se voyant perdu, « Josaphat cria, et l’Éternel le secourut ; et Dieu les porta à s’éloigner de lui », tandis qu’Achab fut tué au cours du combat, ayant été atteint par une flèche tirée « à l’aventure ». — En fait, comme Jéhu, fils de Hanani, le voyant, le lui dira, il avait « aidé au méchant » et « aimé ceux qui haïssent l’Éternel » (2 Chron. 19:2). Cependant, « il s’est trouvé de bonnes choses » en lui, dans la suite : il ramena le peuple à l’Éternel et, après avoir entendu les paroles de Jéhu, loin de s’irriter contre le voyant, comme l’avait fait Asa son père, il s’est jugé et il est revenu à ce qu’il avait réalisé au commencement de son règne. De sorte que lorsque le châtiment de Dieu s’appesantit sur lui, il n’est pas pris au dépourvu : la crainte de Dieu le caractérise et il se tourne vers lui dans la prière et le jeûne. Ce châtiment se transforme ainsi pour lui en épreuve de la foi et il est amené à faire les expériences remarquables, si souvent rappelées, dont nous parle le chapitre 20. — L’histoire du règne de Josaphat, le fait qu’il a été peu honoré dans sa mort, tout cela nous montre combien est grave aux yeux de Dieu une alliance avec le monde religieux, l’acceptation de ses présents et une activité exercée de concert avec lui, même avec les meilleurs objectifs devant soi — d’une façon générale le « joug mal assorti » sous lequel le croyant ne doit jamais se mettre (voir 2 Cor. 6:14 à 18).

Il convient de souligner que les conséquences du faux pas de Josaphat furent plus graves encore pour les rois qui lui succédèrent. C’est son fils Joram qui avait épousé Athalie, fille d’Achab (18:1) ; il introduisit donc dans la famille royale cette « méchante femme », cette « conseillère à mal faire ». De tristes conséquences en résultèrent dans le règne de Joram et dans celui de son fils, Achazia (21:12 à 20 ; 22:1 à 9) — deux règnes à propos desquels il a été remarqué d’abord qu’on n’y trouvait « pas un seul fait qui ne doive attirer un jugement définitif sur Juda » et ensuite que Dieu, cependant toujours attentif aux « bonnes choses », ne pouvait reconnaître aucun bien chez ces deux rois (Méditations sur 2 Chron., p. 109). Que dire, par ailleurs, de la fureur meurtrière d’Athalie, « exterminant toute la semence royale de la maison de Juda » après la mort d’Achazia, de telle sorte qu’il pouvait sembler que Satan avait triomphé et que la « lampe » était éteinte ? Sans doute Joas fut providentiellement épargné, mais combien douloureuse fut sa fin ! (24:25). — Anticipant un peu sur la suite de notre sujet, nous donnons ici ces quelques indications pour faire ressortir les graves conséquences de la faute de Josaphat. Et sans doute vaut-il la peine d’ajouter encore ceci : un faux pas nous apparaît parfois comme chose de peu d’importance et ses conséquences sont sous-estimées — que le faux pas de Josaphat soit pour nous un avertissement utile ! Il a eu des suites douloureuses non seulement dans sa vie à lui mais encore dans sa descendance : chez son fils Joram et son petit-fils Achazia, comme nous venons de le rappeler ; chez son arrière-petit-fils Joas et même chez le fils de ce dernier, Amatsia, et son petit-fils Ozias. Quelle triste fin que celle de tous ces rois : Joram, Achazia, Joas, Amatsia, Ozias ! Et cependant, Josaphat s’était humilié et avait été restauré. On ne voit pas cependant qu’il se soit humilié sur ce point précis : « il s’allia par mariage avec Achab ». Or, c’était le point de départ ; c’est ce qui l’avait conduit à « descendre vers Achab à Samarie », à se laisser « persuader » de monter contre Ramoth de Galaad, à s’engager inconsidérément et à engager son peuple sans même avoir consulté l’Éternel, à mettre sur le même plan les quatre cents faux prophètes et le prophète de l’Éternel, à « aider au méchant » et à « aimer ceux qui haïssent 1’Éternel » ! Et c’est peut-être pour cela que les conséquences de ce faux pas ont pesé sur sa descendance.

On ne saurait donc placer Josaphat dans un groupe de trois rois, avec Ézéchias et Josias. Nous bornant à considérer ce qui est dit de leur fin, ce serait plutôt avec Roboam, Abija et Jotham que nous le rangerions ; mais en nous arrêtant sur les détails concernant ces divers règnes, il semble — eu égard à ce que nous lisons notamment dans les chapitres 17 et 20 — qu’il est convenable d’accorder à Josaphat une place à part, c’est pourquoi nous avons parlé de lui tout d’abord.

 

5                    Roboam, Abija et Jotham

À propos de chacun de ces trois rois, l’Écriture dit : il « s’endormit avec ses pères et fut enterré dans la ville de David » (2 Chron. 12:16 ; 14:1 ; 27:9) — en ce qui concerne Roboam et Jotham, les livres des Rois précisent : « enterré avec ses pères » (1 Rois 14:31 ; 2 Rois 15:38) ; cependant, de ces trois règnes c’est, semble-t-il, celui d’Abija qui paraît offrir, dans l’ensemble, les traits les plus satisfaisants. C’est donc de lui que nous nous occuperons en premier lieu, de Jotham et Roboam ensuite.

 

5.1   Abija

Dès le début de son règne, Abija engage la lutte contre Israël ; il stigmatise la conduite de Jéroboam et des dix tribus, les invitant à ne pas entrer en guerre contre l’Éternel. Puis, au fort de la bataille, alors que l’ennemi est « contre eux, devant et derrière », « ils crièrent à l’Éternel » et « Dieu frappa Jéroboam et tout Israël, devant Abija et Juda » (2 Chron. 13). Quelques indications sont données ensuite, qui paraissent marquer la fin de ce règne : « Et Jéroboam n’eut plus de force durant les jours d’Abija ; et l’Éternel le frappa, et il mourut. Et Abija s’affermit.. » (v. 20, 21).

 

5.2   Jotham

Le règne de Jotham n’est marqué par aucun fait très particulier ; tout l’ensemble du règne et la fin de ce roi sont présentés, dans les Chroniques, dans les neuf courts versets du chapitre 27. Jotham a surtout fait intervenir, a-t-on dit, maçons et hommes de guerre plutôt que les sacrificateurs de l’Éternel. Il ne semble guère avoir été occupé du culte : « Et il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, selon tout ce qu’avait fait Ozias, son père ; seulement il n’entra pas dans le temple de l’Éternel ; et le peuple se corrompait encore » (v. 2). Toutefois, ce témoignage a pu être rendu de lui à la fin de son règne : « Et Jotham devint fort, car il régla ses voies devant l’Éternel, son Dieu » (v. 6).

 

5.3   Roboam

Roboam, fils de Salomon, est le premier des rois de Juda. L’Écriture nous dit son désir de « faire la guerre à Israël » afin de reconstituer le royaume dans son unité ; mais « ils écoutèrent les paroles de l’Éternel » qui avait déclaré par la bouche de Shemahia, homme de Dieu : « C’est de par moi que cette chose a eu lieu » et ils « s’en retournèrent et n’allèrent pas contre Jéroboam » (2 Chron. 11:1 à 4). Cependant, après avoir « fortifié les places fortes » — « et il les fortifia beaucoup » — après que « le royaume de Roboam fut affermi, et qu’il se fut fortifié » (11:11, 12 ; 12:1), il y eut chez ce roi un regrettable changement : « il abandonna la loi de l’Éternel, et tout Israël avec lui » et il est ajouté : « ils avaient péché contre l’Éternel » (12:1, 2). Aussi l’Éternel dit à Roboam et à son peuple, toujours par la bouche de Shemahia : « Vous m’avez abandonné, et moi je vous ai aussi abandonnés aux mains de Shishak ». Cette parole a un heureux effet : « Et les chefs d’Israël et le roi s’humilièrent, et dirent : L’Éternel est juste » ; aussi, en présence de cette humiliation, « la parole de l’Éternel vint à Shemahia, disant : Ils se sont humiliés, je ne les détruirai pas ; je leur donnerai un peu de délivrance.. » (2 Chron. 12:5 à 16).

Après ces six rois, peut-être pouvons-nous placer Manassé et Asa — le premier des deux a très mal commencé mais bien fini, tandis qu’au contraire, après un excellent début, Asa a eu une fin regrettable.

 

6                    Manassé et Asa

6.1   Manassé

Manassé a régné cinquante-cinq ans (2 Chron. 33:1), c’est le plus long de tous les règnes des rois de Juda et même d’Israël. Le début du règne fut très mauvais. Peut-on, dans une certaine mesure au moins, trouver dans son jeune âge une circonstance atténuante ? Sans doute avait-il eu l’exemple si remarquable d’Ézéchias, son père, mais monté sur le trône à douze ans, il n’avait probablement pas pu en profiter beaucoup. Quoi qu’il en soit, les neuf premiers versets du chapitre 33 sont remplis de détails attristants : « Et il fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel... rebâtit les hauts lieux, qu’Ézéchias, son père, avait démolis... se prosterna devant toute l’armée des cieux » et cela, « dans les deux parvis de la maison de l’Éternel ». La maison de Dieu était profanée ; il alla jusqu’à y placer « une image taillée, l’idole qu’il avait faite ». « Il fit outre mesure ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, pour le provoquer à colère » et, en ce qui concerne le peuple, « Manassé fit errer Juda et les habitants de Jérusalem, en les induisant à faire le mal plus que les nations que l’Éternel avait détruites devant les fils d’Israël ». Quel affligeant tableau ! — L’Éternel cherche à l’arrêter dans une telle voie : « Il parla à Manassé, et à son peuple ; mais ils n’y firent pas attention ». Il est alors contraint d’agir : il envoie contre Manassé et son peuple les chefs de l’armée du roi d’Assyrie et « ils prirent Manassé dans des ceps, et le lièrent avec des chaînes d’airain et l’emmenèrent à Babylone » (v. 10, 11).

Cette discipline va porter d’heureux fruits : dans la détresse qui est la sienne, Manassé implore l’Éternel, « s’humilie beaucoup » et Dieu « se laisse fléchir par lui, écoute sa supplication, et le ramène à Jérusalem dans son royaume ; et Manassé reconnut que c’est l’Éternel qui est Dieu » (v. 12, 13). Dès lors, c’est un changement complet et la fin du règne est aussi heureuse que le début avait été attristant.

En premier lieu, Manassé comprend la nécessité de la séparation pour Dieu : « il bâtit la muraille extérieure de la ville de David » et même, entourant Ophel d’un mur, il « l’éleva très haut ». Puis, « il ôta de la maison de l’Éternel les dieux étrangers » qu’il y avait placés, jeta hors de la ville « tous les autels qu’il avait bâtis sur la montagne de la maison de l’Éternel et à Jérusalem », « mit en état l’autel de l’Éternel, et y sacrifia des sacrifices de prospérités et d’actions de grâces ». Il avait fait « errer Juda et les habitants de Jérusalem », maintenant « il commande à Juda de servir l’Éternel, le Dieu d’Israël ». En quelque sorte, il déploie ses efforts en vue de réparer, dans tous les détails, le mal qu’il avait fait au début de son règne, s’engage et engage le peuple dans le vrai chemin. Quelle humiliation et quels fruits manifestés du changement opéré en lui !

Aussi est-il dit de Manassé qu’il « s’endormit avec ses pères, et on l’enterra dans sa maison » (v. 20). Peut-être ne convenait-il pas qu’il soit enterré « dans les sépulcres des fils de David », « dans les sépulcres de ses pères », comme un Ézéchias ou un Josias, ou encore « avec ses pères dans la ville de David » comme Josaphat. Mais aussi, on peut penser que Manassé, se sentant indigne de la sépulture royale eu égard à tout ce qu’il avait fait dans la première partie de son règne, avait désiré être « enterré dans sa maison ». S’il en est bien ainsi, on peut voir là un beau trait d’humilité, tout à l’honneur de ce roi.

 

6.2   Asa.

Asa a eu un règne qui, à l’encontre de celui de Manassé, a fort bien commencé, mais moins bien fini (2 Chron. 14 à 16). Le début du chapitre 14 décrit son activité pendant les dix premières années de son règne, durant lesquelles le pays fut « en repos ». Ces années furent mises à profit pour ôter de la maison de l’Éternel tout ce qui se rattachait à un culte rendu à des dieux étrangers, pour amener Juda à « rechercher l’Éternel, le Dieu de leurs pères », à « pratiquer la loi et les commandements », à réaliser une vraie séparation du mal. En outre, des « villes fortes » furent bâties et entourées « de murailles et de tours, de portes et de barres » ; une armée forte de cinq cent quatre-vingt mille hommes fut constituée. De sorte que, Asa et son peuple étaient préparés à faire face à une attaque de l’ennemi, attaque qui ne manqua pas de se produire (v. 9). En apparence, c’était beaucoup plus que ce à quoi Juda pouvait résister puisque « Zérakh, l’Ethiopien, sortit contre eux avec une armée d’un million d’hommes, et de trois cents chars ». Mais Asa regarde à l’Éternel et l’Éternel déploie sa puissance pour la délivrance du peuple et de son roi (v. 10 à 15). — Le chapitre 15 retrace la deuxième partie du règne : Asa « se fortifie », « fait disparaître les choses abominables de tout le pays de Juda et de Benjamin, et des villes qu’il avait prises de la montagne d’Éphraïm ». L’unité du peuple est réalisée, quoique dans la mesure où elle peut l’être dans un jour de ruine ; des âmes sont attirées parce qu’elles voient que « l’Éternel, son Dieu, était avec lui » (v. 8, 9). Asa se montre très ferme, allant jusqu’à ôter à Maaca, sa mère, « sa position de reine, parce qu’elle avait fait un simulacre pour Ashère » ; il « abattit son simulacre, et le broya, et le brûla dans la vallée du Cédron » (v. 16).

Le chapitre 16 donne le récit des dernières années du règne. Quelle ombre jetée sur les premières ! La foi d’Asa faiblit : il s’allie avec Ben-Hadad, roi de Syrie, pour être délivré de Baësha, roi d’Israël, qui était « monté contre Juda » (v. 1 à 3). Lors de l’attaque de Zérakh, l’Ethiopien, Asa s’était appuyé sur l’Éternel et avait fait l’expérience du déploiement de sa puissance ; il s’appuie maintenant sur un bras de chair ! Or, Dieu avait décidé de livrer en sa main l’armée du roi de Syrie ; Hanani, le voyant, le lui déclare, lui rappelant aussi l’expérience qu’il avait faite lorsqu’il s’était appuyé sur l’Éternel (v. 7, 8). Et il ajoute : « En cela, tu as agi follement ; car désormais tu auras des guerres ». Au lieu de s’humilier, « Asa s’irrita contre le voyant, et le mit en prison » (v. 9, 10). — Tout à la fin de son règne, Dieu lui envoie une discipline destinée à manifester l’état de son cœur : avait-il maintenant compris ce que l’Éternel lui avait déclaré par la bouche d’Hanani et était-il, au soir de sa vie, humilié de s’être confié en l’homme au lieu de s’abandonner à Celui qui l’avait si merveilleusement délivré au commencement de son règne ? « Asa fut malade des pieds, jusqu’à ce que son mal fût extrêmement grand ». Hélas ! c’est auprès des médecins qu’il cherche du secours, c’est-à-dire auprès d’instruments que Dieu pouvait sans doute employer pour le guérir ; mais il méconnaît que la puissance pour opérer ne pouvait être, et ne sera jamais dans les instruments, elle est en Dieu seul et c’est à lui que, au-dessus de tout, Asa aurait dû regarder. « Il ne rechercha pas l’Éternel, mais les médecins » (v. 12).

Quelle fut sa fin ? « Et Asa s’endormit avec ses pères, et mourut la quarante et unième année de son règne. Et on l’enterra dans son sépulcre, qu’il s’était creusé dans la ville de David ; et on le coucha dans un lit qu’on remplit d’aromates et d’un mélange d’épices composé selon l’art du parfumeur ; et on en brûla pour lui en très grande abondance » (v. 13, 14). Sans doute est-il enterré « dans la ville de David », mais « dans son sépulcre, qu’il s’était creusé ». Il y a abondance, « très grande abondance » d’encens, certes ; mais peu de bonne odeur pour Dieu, a-t-on dit à juste raison.

 

7                    Jehoïakin et Joakhaz

Peut-être pouvons-nous ranger ici deux des derniers rois de Juda.

 

7.1   Jehoïakin

Agé de dix-huit ans seulement lorsqu’il commença de régner, son règne a été très court : trois mois et dix jours. Seul celui de Joakhaz, dont nous allons parler ensuite, a été plus court encore puisqu’il n’a duré que trois mois. Jehoïakin « fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » : c’est tout ce qui est dit de son règne. La preuve semble faite de son incapacité à accomplir quelque chose qui puisse être agréable à Dieu ; de telle sorte que « le roi Nebucadnetsar envoya, et l’amena à Babylone, avec les objets désirables de la maison de l’Éternel » (2 Chron. 36:9, 10). Mais après une longue captivité, la grâce de Dieu s’est manifestée à son égard d’une façon vraiment remarquable ; le prophète Jérémie écrit : « Et il arriva, en la trente-septième année de la transportation de Jehoïakin, roi de Juda, au douzième mois, le vingt-cinquième jour du mois, qu’Évil-Merodac, roi de Babylone, l’année où il commença de régner, éleva la tête de Jehoïakin, roi de Juda, et le fit sortir de prison. Et il lui parla avec bonté, et mit son trône au-dessus du trône des rois qui étaient avec lui à Babylone. Et il lui changea ses vêtements de prison, et Jehoïakin mangea le pain devant lui constamment, tous les jours de sa vie : et quant à son entretien régulier, un entretien continuel lui fut donné de la part du roi de Babylone, jour par jour, jusqu’au jour de sa mort, tous les jours de sa vie » (Jér. 52:31 à 34 — voir aussi 2 Rois 25:27 à 30).

Voilà donc un roi dont le règne a été tel que le jugement de Dieu pèse sur lui : il est emmené sur une terre étrangère et reste captif pendant trente-sept ans ! Puis, objet d’une merveilleuse grâce, il est délivré et a la fin qui est indiquée dans les deux passages que nous venons de rappeler. S’était-il humilié profondément au cours de sa détention ? L’Écriture ne nous le dit pas.

 

7.2   Joakhaz

De ce roi, il ne nous est pas rapporté grand chose dans les Chroniques ; il est simplement dit qu’il était « âgé de vingt-trois ans lorsqu’il commença à régner ; et il régna trois mois à Jérusalem » (2 Chron. 36:1, 2). Le second livre des Rois ajoute : « Et il fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, selon tout ce que ses pères avaient fait » (23:32). C’est ce que nous avons trouvé dans les Chroniques pour Jehoïakin. Dieu s’était servi pour lui aussi du roi d’Égypte qui « le déposa, à Jérusalem, et frappa le pays d’une amende de cent talents d’argent et d’un talent d’or » (2 Chron. 36:3). L’Éternel avait déclaré à son sujet : « car il mourra dans le lieu où on l’a transporté, et ne verra plus ce pays » (Jér. 22:12). Nous ne voyons pas que se soit exercée envers lui la grâce dont le roi Jehoïakin devait être l’objet.

 

 

À propos de trois rois — Achazia, Amatsia et Amon — l’Écriture emploie l’expression : « on le fit mourir », ou une expression similaire (2 Chron. 22:9 ; 25:27 ; 33:24). Au sujet de l’enterrement de ces trois rois nous lisons, pour Achazia : « Et ils l’enterrèrent ; car ils dirent : Il est fils de Josaphat, qui rechercha l’Éternel de tout son cœur » — « Et ses serviteurs le transportèrent sur un char à Jérusalem, et l’enterrèrent dans son sépulcre, avec ses pères, dans la ville de David » (2 Chron. 22:9 ; 2 Rois 9:28) — pour Amatsia : « On l’enterra auprès de ses pères dans la ville de Juda » — « Et on le transporta sur des chevaux, et il fut enterré à Jérusalem auprès de ses pères, dans la ville de David » (2 Chron. 25:28 ; 2 Rois 14:20) — pour Amon : « Et on l’enterra dans son sépulcre, dans le jardin d’Uzza » (2 Rois 21:26 — aucune indication n’est donnée dans les Chroniques). — Mais, nous l’avons rappelé, le règne d’Achazia est parmi ceux dans lesquels il n’est pas un seul fait qui puisse avoir l’approbation de Dieu. Nous nous bornerons donc ici à dire quelques mots d’Amatsia et d’Amon, réservant le règne d’Achazia pour en parler avec ceux d’un Joram, d’un Joas ou d’un Achaz, parmi lesquels il est plus indiqué de le placer. — Ajoutons simplement ceci : si l’expression « avec ses pères » est employée pour l’enterrement d’Achazia, plutôt que « auprès de ses pères » employée pour celui d’Amatsia, c’est, semble-t-il, uniquement en raison de la piété de Josaphat ; 2 Chroniques 22:9 le souligne.

 

8                    Amatsia et Amon

8.1   Amatsia

Ce roi de Juda a succédé à Joas son père, dont le règne eut une bien triste fin ; ce n’est donc pas un bon exemple qu’il a eu sous les yeux. Il est dit de lui, au début de son règne de vingt-neuf années, qu’il « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, non pas toutefois d’un cœur parfait » (2 Chron. 25:2). Après que « la royauté fut affermie entre ses mains, il fit mourir ses serviteurs qui avaient frappé le roi son père », mais désireux d’obéir à la loi (cf. Deut. 24:16), il ne fit pas mourir leurs fils (2 Chron. 25:3, 4). — Puis il rassemble Juda « et il trouva trois cent mille hommes d’élite, propres pour la guerre, portant la pique et le bouclier », ce qui lui parut tout de même insuffisant puisqu’il « prit à sa solde, d’Israël, cent mille hommes forts et vaillants, pour cent talents d’argent ». Un homme de Dieu vient le mettre en garde contre cette alliance coupable et fait ressortir que « c’est en Dieu qu’est le pouvoir pour aider et pour faire tomber » ; mais ce qui préoccupe surtout le roi de Juda, ce sont ses cent talents d’argent ! L’homme de Dieu lui déclare alors : « Il appartient à l’Éternel de te donner beaucoup plus que cela ». Encouragé par cette parole, « Amatsia sépara la troupe qui lui était venue d’Éphraïm, afin qu’ils s’en allassent chez eux » ; mais ces hommes, ainsi renvoyés, « s’en retournèrent chez eux dans une ardente colère » et, plus tard, ils « tombèrent sur les villes de Juda, depuis Samarie jusqu’à Beth-Horon, et y frappèrent trois mille hommes et enlevèrent un grand butin » (v. 5 à 13). — Dieu avait donné la victoire à Amatsia qui avait « frappé dix mille hommes des fils de Séhir », mais « il apporta les dieux des fils de Séhir, et se les établit pour dieux, et se prosterna devant eux et leur brûla de l’encens ». C’est pourquoi la colère de Dieu s’embrase contre lui et un prophète est envoyé pour le reprendre, mais il lui répond avec insolence : « Est-ce qu’on t’a fait conseiller du roi ? Désiste-toi. Pourquoi te frapperait-t-on ? ». Le prophète se désiste, non sans avoir déclaré : « Je sais que Dieu a résolu de te perdre, parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas écouté mon conseil » (v. 11, 12 ; 14 à 16). — Dieu s’adresse ensuite à Amatsia par l’envoyé de Joas, roi d’Israël, mais il n’écoute pas non plus et pourtant « cela venait de la part de Dieu ». Aussi, dans le conflit qui l’oppose alors au roi d’Israël, le roi de Juda est vaincu et emmené captif à Jérusalem (v. 17 à 24).

Quelle fut la fin d’Amatsia, après un tel règne ? « Et, depuis le temps où Amatsia se fut détourné de l’Éternel, on fit une conspiration contre lui à Jérusalem, et il s’enfuit à Lakis ; et on envoya après lui à Lakis, et là on le mit à mort. Et on le transporta sur des chevaux, et on l’enterra auprès de ses pères dans la ville de Juda » (v. 27, 28).

 

8.2   Amon

Le règne d’Amon fut également un règne malheureux. Sa conduite rappelle celle de Manassé dans la première partie de son règne, mais « il ne s’humilia point devant l’Éternel, comme Manassé, son père, s’était humilié ; car lui, Amon, multiplia son péché ». Aucun détail ne nous est donné qui soit en sa faveur. Sa fin ? « Et ses serviteurs conspirèrent contre lui, et le mirent à mort dans sa maison » (2 Chron. 33:21 à 25). D’Amatsia il est dit qu’on l’enterra « auprès de ses pères dans la ville de Juda », mais comme nous l’avons déjà remarqué il n’est rien dit de l’enterrement d’Amon dans le second livre des Chroniques.

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9                    Ozias

Avant de parler des tristes règnes de Joram, Achazia, Joas, Achaz, Jehoïakim et Sédécias, il faut signaler celui d’Ozias dont le début a été bon. Monté sur le trône à l’âge de seize ans, Ozias (appelé Azaria en 2 Rois 15) a régné cinquante-deux ans (2 Chron. 26:3) ; son règne est le plus long des règnes des rois de Juda après celui de Manassé. La première période — contrairement à ce qui a caractérisé le règne de Manassé — a été marquée par une grande fidélité : Ozias « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel », « rechercha Dieu pendant les jours de Zacharie, qui avait l’intelligence des visions de Dieu » et, pendant ces jours-là « Dieu le fit prospérer » et l’aida dans les combats qu’il eut à livrer. « Il fut merveilleusement aidé jusqu’à ce qu’il devint fort » (v. 4 à 15). Mais, hélas ! « quand il fut devenu fort, son cœur s’éleva jusqu’à le perdre » et son orgueil le conduisit à « pécher contre l’Éternel » : il entra dans le temple pour faire fumer l’encens sur l’autel de l’encens, ce qui était le service des sacrificateurs et non celui du roi. Les sacrificateurs le lui ayant fait observer, au lieu de se soumettre « Ozias s’emporta » et aussitôt le jugement de Dieu s’abattit sur lui : « et comme il s’emportait contre les sacrificateurs, la lèpre éclata sur son front devant les sacrificateurs, dans la maison de l’Éternel, auprès de l’autel de l’encens » (v. 16 à 19). Il se trouve dans la position du lépreux dont il est parlé en Lévitique 13 : il est « impur » et doit « habiter seul, son habitation sera hors du camp » (v. 45, 46) ; de telle sorte que, d’une part, les sacrificateurs « le chassèrent de là » et d’autre part, « lui aussi se hâta de sortir, car l’Éternel l’avait frappé », tel le lépreux criant : « Impur ! Impur ! ». Le jugement de Dieu pèse sur lui « jusqu’au jour de sa mort ; et il habita, lépreux, dans une maison d’isolement, car il fut exclu de la maison de l’Éternel » (2 Chron. 26:21) — figure de la condition qui doit être, aujourd’hui, celle de quelqu’un qui a été exclu de la communion des saints (cf. 1 Cor. 5:9 à 11). Telle fut la triste fin d’un roi qui avait pourtant si bien commencé son règne ! Qu’est-il dit de son enterrement ? « Et Ozias s’endormit avec ses pères, et on l’enterra auprès de ses pères dans le champ de la sépulture des rois ; car on dit : Il est lépreux » (2 Chron. 26:23). Il reste marqué jusque dans sa mort par les conséquences de son péché : « Il est lépreux » et il est enterré « auprès de ses pères » et non « avec ses pères », « dans le champ » et non « dans le sépulcre des rois ».

Nous avons maintenant les rois dont l’histoire tout entière — à l’exception de Joas dans la première partie de son règne — a déshonoré Dieu et dont la fin est particulièrement douloureuse. Dans l’ordre chronologique : Joram, Achazia, Joas, Achaz, Jehoïakim et Sédécias.

 

10               Joram - Achazia - Joas - Achaz - Jehoïakim et Sédécias

10.1                   Joram

Fils premier-né de Josaphat, il avait épousé une fille d’Achab, Athalie, dont nous avons déjà parlé. L’influence de cette « méchante femme », « conseillère à mal faire », a certainement marqué les huit années de ce triste règne (2 Chron. 21). Si l’Éternel ne détruisit pas alors la maison de David, c’est « à cause de l’alliance qu’il avait faite avec David et selon ce qu’il avait dit, qu’il lui donnerait une lampe, à lui et à ses fils, à toujours » (v. 7). Mais l’Éternel, par « un écrit d’Élie, le prophète », reproche à Joram de ne pas avoir marché « dans les voies de Josaphat, son père, ni dans les voies d’Asa » qui était son grand-père, d’avoir « tué ses frères... qui étaient meilleurs que lui » et il lui annonce qu’il va le frapper dans son peuple, dans ses fils, dans ses femmes et dans tous ses biens. L’Éternel lui déclare en outre qu’il sera frappé lui-même « de grandes maladies, d’une maladie d’entrailles, jusqu’à ce que ses entrailles sortent par l’effet de la maladie, jour après jour » (v. 12 à 15). Il fut donc atteint par cette maladie, « maladie incurable » et « il mourut dans de cruelles souffrances ». « Et son peuple ne fit pas brûler pour lui des aromates, comme on en avait fait brûler pour ses pères » (v. 16 à 19). Un détail est donné encore : « il s’en alla sans être regretté ; et on l’enterra dans la ville de David, mais non dans les sépulcres des rois » (v. 20). Nous n’avons pas vu jusqu’à présent une aussi triste fin, terminant un aussi triste règne : alors que dans les Chroniques nous avons l’histoire de la grâce en relation avec Juda, alors que nous y voyons la grâce divine à l’œuvre pour manifester les « bonnes choses » que l’Esprit de Dieu se plaît à souligner, il n’y a rien dans ce règne qui puisse être relevé comme étant pour le plaisir de Dieu. Par ailleurs, Joram est le seul des rois de Juda dont il est dit qu’il s’en alla « sans être regretté » ! Quel contraste avec ce que nous lisons dans le livre des Proverbes : « La mémoire du juste est en bénédiction » (10:7) !

 

10.2                   Achazia

Achazia était le plus jeune des fils de Joram, mais tous ceux qui étaient plus âgés que lui avaient été tués (2 Chron. 22:1). Monté sur le trône à vingt-deux ans, il avait été depuis l’âge de quatorze ans (puisque Joram a régné huit ans) le témoin des mauvaises actions de son père, il avait vu sa fin douloureuse... D’autre part, sa mère était la méchante Athalie, fille d’Achab, petite-fille d’Omri. Mauvais exemple, mauvais conseils ! Il semble donc que la culpabilité d’Achazia se trouve en quelque mesure atténuée et peut-être est-ce en raison de cela que l’Éternel ne le maintint sur le trône que pendant une année : la preuve était faite qu’il était incapable de se dégager des mauvaises influences qui s’exerçaient sur lui. La Parole nous dit expressément : « Et il fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, comme la maison d’Achab » — influence d’Athalie, « car sa mère était sa conseillère à mal faire » ; influence aussi de tout son entourage : « car ils furent ses conseillers après la mort de son père, pour sa ruine » (v. 3, 4). Comme celui de son père Joram, le règne d’Achazia n’offre rien que Dieu ait pu approuver ; cependant sa fin ne fut pas aussi douloureuse que celle de son père, peut-être parce que Joram ayant eu sous les yeux l’exemple de Josaphat son propre père était plus coupable qu’Achazia qui, lui, nous l’avons remarqué, avait eu le triste exemple de Joram et de mauvais conseillers tout autour de lui. —Jéhu, « que l’Éternel avait oint pour retrancher la maison d’Achab », va exercer le jugement sur ceux qui s’étaient plus ou moins liés à elle : « il chercha Achazia qui s’était caché à Samarie ; et on le prit, et on l’amena à Jéhu, et on le fit mourir ». Il n’est dit que peu de choses au sujet de son enterrement : « Et ils l’enterrèrent ; car ils dirent : Il est fils de Josaphat, qui rechercha l’Éternel de tout son cœur » (v. 7 à 9). Ainsi que nous l’avons déjà relevé, c’est seulement en raison de la piété de Josaphat, son grand-père, que l’on prit soin de son corps !

 

10.3                   Joas

Joas était le fils d’Achazia. Après la mort de ce dernier, sa mère, Athalie, s’était levée et avait « exterminé toute la semence royale de la maison de Juda » (2 Chron. 22:10). Mais la providence de Dieu veillait sur l’un des fils d’Achazia, Joas, qui fut épargné et recueilli par Jehoshabhath, fille du roi Joram et d’Athalie, sœur d’Achazia et par conséquent tante de Joas. Jehoshabhath était la femme de Jehoïada, le sacrificateur ; tous deux cachèrent Joas « six ans auprès d’eux, dans la maison de Dieu », tandis qu’Athalie régnait (v. 11, 12).

Ainsi que cela a été remarqué, nous avons ici « comme un essai d’accomplissement des conseils de Dieu à l’égard de la royauté ». Dans la première partie de son règne, Joas est un type du Messie — préservé comme Jésus le sera plus tard, lors du massacre des enfants de Bethléhem — un type du Seigneur prenant le gouvernement de son royaume la septième année (cf. 2 Chron. 23:1 ; 24:1), l’année sabbatique, après avoir été caché six ans, tel le Seigneur avant sa manifestation future. D’autre part, nous voyons dans cette première partie du règne la sacrificature lévitique rétablie dans toutes ses fonctions et inséparable de la royauté (voir H. R., Méditations sur 2 Chroniques, p. 114 à 116). Sans doute y a-t-il la royauté d’une part et la sacrificature de l’autre —seul Christ dans son règne « portera la gloire, et il s’assiéra, et dominera sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône » (Zach. 6:13) — mais l’union de la sacrificature et de la royauté est si étroite qu’à sa mort Jehoïada, le sacrificateur, est « enterré dans la ville de David avec les rois » (2 Chron. 24:16).

Le sacrificateur, Jehoïada, déclare : « Voici, le fils du roi régnera, selon ce que l’Éternel a dit touchant les fils de David » (23:3) et ce chapitre nous donne le récit des circonstances à la suite desquelles Athalie est mise à mort, Joas pouvant ensuite monter sur le trône. Son règne se divise en deux parties bien distinctes : la première, sous l’influence de Jehoïada, fut marquée par l’obéissance et la fidélité ; la seconde, après la mort du sacrificateur, fut vraiment attristante au plus haut point. Joas était sans doute de caractère faible, se laissant facilement guider par ceux qui l’entouraient et, plus particulièrement, par ceux qui avaient pris soin de lui dans des circonstances tragiques, alors qu’il était tout jeune. Il « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, tous les jours de Jehoïada, le sacrificateur » (24:2) et, notamment, il « eut à cœur de restaurer la maison de l’Éternel » (v. 4 — cf. Zach. 6, fin du v. 12 et début du v. 13), maison dans laquelle furent offerts « des holocaustes... continuellement, tous les jours de Jehoïada » (2 Chron. 24:14). — On ne peut pas ne pas être frappé par la bonté dont Dieu a usé envers Joas, après l’avoir préservé dans l’extermination de la semence royale : il a trouvé bon de prolonger la vie de Jehoïada jusqu’à l’âge de cent trente ans (v. 15), alors que la vie humaine ne dépassait guère, dans ces jours-là, soixante ou soixante-dix ans (David est mort à soixante-dix ans (2 Sam. 5:4) et les deux rois de Juda qui moururent les plus âgés furent : Ozias, à soixante-huit ans et Manassé à soixante-sept). Il semble bien que Dieu prolongeait les jours de Jehoïada afin que son heureuse influence marque de plus en plus sur Joas, de telle façon qu’il ait déjà atteint une certaine maturité à la mort du sacrificateur — duquel ce beau témoignage a pu être rendu : « Et on l’enterra dans la ville de David avec les rois, car il avait fait du bien en Israël, et pour Dieu et pour sa maison » (2 Chron. 24:16).

Mais après la mort de Jehoïada, le roi Joas écoute « les chefs de Juda » et c’est alors un changement complet : « Et ils abandonnèrent la maison de l’Éternel, le Dieu de leurs pères, et servirent les ashères et les idoles ; et il y eut de la colère contre Juda et contre Jérusalem, parce qu’ils s’étaient rendus coupables en cela » (v. 17, 18). L’Éternel envoie des prophètes pour les ramener, mais ils n’écoutèrent pas. Le fils de Jehoïada, Zacharie, se lève alors et, dans la puissance de l’Esprit de Dieu, adresse au peuple et à son roi un solennel avertissement : « Ainsi dit Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements de l’Éternel ? Vous ne réussirez point ; car vous avez abandonné l’Éternel, et il vous abandonnera aussi » (v. 20) ; mais son témoignage est rejeté « et ils conspirèrent contre lui, et le lapidèrent avec des pierres par l’ordre du roi, dans le parvis de la maison de l’Éternel » (v. 21, 22). Le jugement de Dieu va alors s’appesantir sur Joas par le moyen de l’armée de Syrie : « ils détruisirent d’entre le peuple tous les chefs du peuple, et envoyèrent toutes leurs dépouilles au roi, à Damas » (v. 23). « Ainsi les Syriens firent justice de Joas. Et quand ils l’eurent quitté (or ils l’avaient laissé dans de grandes maladies), ses serviteurs conspirèrent contre lui, à cause du sang des fils de Jehoïada, le sacrificateur ; et ils le tuèrent sur son lit, et il mourut ; et on l’enterra dans la ville de David, mais on ne l’enterra pas dans les sépulcres des rois » (v. 24, 25). — Nous lisons encore dans les Méditations sur le second livre des Chroniques : « Si un grand nombre d’entre eux (des rois de Juda), et pas toujours des meilleurs, fut enterré dans la ville de David et parmi les sépulcres des rois (même ces cas offrent, du reste, quelques nuances), d’autres furent privés de cette sépulture » (p. 194). Tel fut le cas de Joas : il n’est pas enterré « dans les sépulcres des rois » ; il n’est pas dit de lui qu’il fut « avec ses pères » ou même « auprès de ses pères ». La désapprobation de Dieu s’exprime jusque dans sa mort.

Remarquons que : Roboam a été enterré « avec ses pères », comme aussi Asa, Josaphat, Jotham —l’ont été également des rois comme Joram, Achazia et Achaz, dont le règne n’a pourtant pas été pour la satisfaction du cœur de Dieu (citons les passages concernant ces différents rois : 1 Rois 14:31 ; 15:24 ; 2 Chron. 21:1 ; 2 Rois 15:38 ; 8:24 ; 9:28 et 16:20). Tandis qu’Amatsia a été enterré « auprès de ses pères » (2 Rois 14:20 ; 2 Chron. 25:28) et Ozias également (2 Rois 15:7 ; 2 Chron. 26:23).

 

10.4                   Achaz

Dès le début de son règne, Achaz s’est conduit de telle manière que l’Éternel le livra d’abord en la main du roi de Syrie, puis en la main du roi d’Israël (2 Chron. 28:1 à 8). L’état du peuple était tombé si bas que la voix des prophètes ne se faisait plus entendre en Juda, tandis qu’un prophète se lève alors en Israël — chose rare depuis Élisée — et ce prophète, Oded, s’adresse à Israël en faveur de Juda (v. 9 à 15). Dans la suite du règne, nous voyons Achaz aller chercher du secours auprès des rois d’Assyrie (v. 16) ; aussi, « l’Éternel abaissa Juda, à cause d’Achaz, roi d’Israël, car il avait rejeté tout frein en Juda, et avait beaucoup péché contre l’Éternel » (v. 19). La fin fut plus mauvaise encore que n’avait été le début ; c’est un des règnes dans lesquels on chercherait en vain quelque chose qui ait pu être agréable à Dieu. Achaz « dépouilla la maison de l’Éternel... sacrifia aux dieux de Damas... mit en pièces les ustensiles de la maison de Dieu » et alla jusqu’à « fermer les portes de la maison de l’Éternel », se faisant « des autels dans tous les coins de Jérusalem » (v. 21 à 25). Aussi, « Achaz s’endormit avec ses pères, et on l’enterra dans la ville, à Jérusalem ; mais on ne le mit pas dans les sépulcres des rois d’Israël » (v. 27).

 

10.5                   Jehoïakim

Il est seulement dit de ce roi, dans le second livre des Chroniques, qu’il était « âgé de vingt-cinq ans lorsqu’il commença de régner ; et il régna onze ans à Jérusalem, et fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, son Dieu ». Le second livre des Rois (23:36, 37) ne donne pas d’autres détails sur ce règne. « Nebucadnetsar, roi de Babylone, monta contre lui, et le lia avec des chaînes d’airain pour le conduire à Babylone » et, à cette occasion comme d’ailleurs en plusieurs autres, le roi de Babylone emporta « une partie des ustensiles de la maison de l’Éternel, et les mit dans son temple à Babylone » (2 Chron. 36:5 à 8). Nous avons davantage de détails sur ce règne dans le livre du prophète Jérémie : « Et le roi Jehoïakim envoya des hommes en Égypte, Elnathan, fils d’Acbor, et des hommes avec lui, en Égypte ; et ils firent sortir d’Égypte Urie, et l’amenèrent au roi Jehoïakim, et il le frappa avec l’épée, et jeta son cadavre dans les sépulcres des fils du peuple » ; il brûla le livre de Jérémie (26:22, 23 ; 36:27, 28) ; nous y avons également quelques indications sur la fin de ce roi impie. L’Éternel avait déclaré à son sujet : « On ne se lamentera pas sur lui : Hélas, mon frère ! Hélas, ma sœur ! On ne se lamentera pas sur lui : Hélas, Seigneur ! et : Hélas, sa gloire ! Il sera enseveli de l’ensevelissement d’un âne —traîné et jeté par-delà les portes de Jérusalem » — « Il n’aura personne qui s’asseye sur le trône de David, et son cadavre sera jeté dehors, de jour à la chaleur, et de nuit à la gelée » (22:18, 19 ; 36:30). — Voilà un roi qui n’a été enterré ni « avec ses pères », ni « auprès de ses pères » ; c’est certainement une des plus tristes fins parmi celles des rois de Juda.

 

10.6                   Sédécias

Nous voici au dernier des rois de Juda ; sa fin n’a pas été la même que celle de Jéhoïakim, mais elle est tout aussi douloureuse ! Sédécias eut un règne tout au long duquel « il fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, son Dieu ; il ne s’humilia pas devant Jérémie, le prophète, qui lui parlait de la part de l’Éternel ; et il se révolta aussi contre le roi Nebucadnetsar, qui lui avait fait jurer par Dieu ; et il roidit son cou, et endurcit son cœur pour ne pas retourner à l’Éternel, le Dieu d’Israël » (2 Chron. 36:11 à 13). Les sacrificateurs rendirent impure la maison de l’Éternel, se moquèrent des messagers de Dieu, méprisèrent ses paroles, se raillèrent de ses prophètes... Cela, « jusqu’à ce que la fureur de l’Éternel monta contre son peuple et qu’il n’y eut plus de remède » (v. 14 à 16). Ce fut alors la transportation à Babylone, telle qu’elle est dépeinte dans les versets 17 à 20 de ce chapitre du second livre des Chroniques. — Combien fut attristante la fin d’un tel roi, après un tel règne ! C’est encore dans le livre de Jérémie que nous avons le plus de détails à ce sujet : « Et l’armée des Chaldéens les poursuivit, et ils atteignirent Sédécias dans les plaines de Jéricho, et ils le prirent, et le firent monter vers Nebucadnetsar, roi de Babylone, à Ribla, dans le pays de Hamath ; et il prononça son jugement. Et le roi de Babylone égorgea les fils de Sédécias, à Ribla, devant ses yeux ; et le roi de Babylone égorgea tous les nobles de Juda ; et il creva les yeux à Sédécias, et le lia avec des chaînes d’airain, pour le mener à Babylone », où il fut « mis sous garde en prison, jusqu’au jour de sa mort » (22:5 à 7 ; 52:9 à 11). Pourrait-on penser à une fin de vie aussi douloureuse : la dernière vision qu’a eue Sédécias et qu’il a gardée jusqu’au jour de sa mort est celle-ci : ses fils égorgés !

 

 

11               Conclusion

L’ordre dans lequel nous avons présenté les rois de Juda ne saurait être d’une rigueur mathématique ; nous ne pensons pas qu’il puisse être considéré ainsi. Nous avons seulement essayé — et nous sentons bien l’insuffisance de cet essai, tant il est malaisé de résumer en quelques phrases l’essentiel d’un règne ; mais cette insuffisance même conduira le lecteur, nous voulons l’espérer, à se reporter dans la Parole au texte lui-même et ce ne pourra être qu’avec grand profit — nous avons essayé, disons-nous, de mettre en parallèle d’une part la fin et, d’autre part, les faits saillants de ces divers règnes pour faire ressortir que, généralement, la fin correspond à ce qu’a été le règne.

 

11.1                   Toujours des défaillances

En considérant ce sujet, nous sommes conduits à plusieurs remarques. Tout d’abord celle-ci : il n’est pas un seul de ces règnes qui ait été d’un bout à l’autre pour la pleine satisfaction du cœur de Dieu ; ceux dans lesquels nous trouvons la plus riche édification — celui d’un Ézéchias ou d’un Josias, par exemple — sont quand même entachés de quelques ombres. Christ seul a été l’homme parfait ici-bas et seul son règne, lorsque plus tard il sera établi, sera tout entier pour le plaisir et à la gloire de Dieu.

 

11.2                   La grâce de Dieu demeure

Mais, et c’est une deuxième observation, quelles que soient les faiblesses qui marquent les meilleurs règnes — de même que dans tous les temps les services les plus fidèlement remplis — la grâce de Dieu demeure ! Dans sa grâce, et bien que sans doute il considère les actes accomplis, il voit avant tout l’état des cœurs et les mobiles qui font agir. Il tient compte de tout — actes et mobiles des actes — et apprécie comme seul il peut le faire, avec un discernement parfait et une infinie miséricorde, ce qui a été réalisé par chacun. Cela explique sans doute que parfois la fin, la manière dont un roi a été enterré soit moins mauvaise que ce que le règne aurait pu le laisser craindre. Cela permet aussi de comprendre la fin remarquable d’un Ézéchias ou d’un Josias, l’honneur qui leur est rendu par « tout Juda et Jérusalem ». De telles fins illustrent ce que David avait écrit en son jour : « Prends garde à l’homme intègre, et regarde l’homme droit, car la fin d’un tel homme est la paix » (Ps. 37:37).

 

11.3                   Quand la fin n’est pas belle comme le commencement

Une troisième remarque : nous sommes encouragés en voyant comment Dieu opère pour amener dans le chemin de la fidélité un roi dont le règne a mal commencé. Ne le fait-il pas encore aujourd’hui dans la vie de tant de ses enfants et n’est-ce pas profondément encourageant ? On est réjoui et très reconnaissant en lisant le récit de la fin du règne de Manassé, après qu’on en a considéré le commencement ! Par contre, avec quelle douleur on s’arrête sur les dernières années de règnes tels que ceux de Asa, Ozias et surtout Joas, après des débuts si riches de promesses ! N’y a-t-il pas là un sérieux avertissement pour nous tous, en particulier pour des croyants encore au commencement de leur vie et qui ont eu un heureux départ, par exemple des enfants pieusement élevés par des parents chrétiens ? Que celui qui a bien commencé sa vie soit désireux de la bien continuer et de la bien terminer ! Que nul ne dise : j’ai du temps devant moi, plus tard je penserai à ma fin ! Le chemin qui s’ouvre devant nous apparaît si long à parcourir, lorsqu’il commence à peine... Mais une vie est courte, elle est vite vécue ! Moïse, mort à cent vingt ans, a écrit : « Les jours de nos années montent à soixante-dix ans, et si, à cause de la vigueur, ils vont à quatre-vingts ans, leur orgueil encore est peine et vanité ; car notre vie s’en va bientôt, et nous nous envolons ». Demandons à notre Dieu qu’il nous enseigne ainsi « à compter nos jours, afin que nous en acquérions un cœur sage » (Ps. 90:10, 12) et pensons à ce moment où nous dirons nous aussi : « Notre fin est proche, nos jours sont accomplis ; notre fin est venue ! » (Lam. de Jér. 4:18). Ne perdons pas de vue également que le jour de demain ne nous appartient pas et soyons gardés de nous conduire de manière telle que cette question puisse nous être posée, comme elle le fut autrefois à un peuple infidèle : « Et que ferez-vous à la fin ? » (Jér. 5:31). Qu’a fait, à la fin, un Asa, un Amatsia, un Amon, un Ozias, et que firent surtout des rois comme Joram, Achazia, Joas, Achaz, Jehoïakim ou Sédécias ? Pourtant, Dieu avait donné à chacun d’eux les ressources nécessaires pour marcher fidèlement dans son chemin !

 

11.4                   Retenir l’instruction

Ces récits des règnes et de la fin des rois de Juda nous ont été conservés dans l’Écriture inspirée, pas seulement pour nous intéresser dans l’étude que nous pouvons en faire, mais « pour notre instruction » et « pour nous servir d’avertissement » (Rom. 15:4 ; 1 Cor. 10:11). David a écrit, en parlant de son Berger : « il me conduit dans des sentiers de justice, à cause de son nom. Même quand je marcherais par la vallée de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi » (Ps. 23:3, 4) et Salomon s’exprime ainsi dans le livre des Proverbes : « Le juste est plein de confiance, dans sa mort même » (14:32). « Plein de confiance » parce qu’il suit le bon Berger, parce qu’il sait que sa place est prête dans la maison du Père, parce que le bon Berger est avec lui dans « la vallée de l’ombre de la mort », mais encore « plein de confiance » en pensant au moment où il devra comparaître devant le « tribunal du Christ » où « il faut que nous soyons tous manifestés... afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5:10).

Oui, comme l’a dit le poète chrétien, « dans le ciel il n’est qu’un souvenir », celui de la miséricorde divine ! Combien nous sommes heureux et reconnaissants de pouvoir compter sur le déploiement de cette miséricorde tout au long de notre vie et de savoir que nous en conserverons le souvenir éternellement ; mais que cela ne nous conduise pas à perdre de vue la responsabilité qui est la nôtre de vivre une vie qui soit, du commencement à la fin, pour la gloire de Dieu, pour la gloire de Christ ! Reprenons, chacun pour ce qui nous concerne personnellement, la prière exprimée dans le cantique :

 

Mon Dieu, toi dont la face

Toujours brille sur moi,

Accorde-moi la grâce

De vivre tout pour toi.

Jusqu’au jour qui m’appelle

À passer dans ton sein,

Fais-moi d’un cœur fidèle

Marcher en ton chemin.       P. F.