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« NE VOUS CONFORMEZ PAS À CE SIÈCLE »

 

Rom. 12:2 — Le gouvernement de Dieu

 

Paul Fuzier

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1944 p. 144

Table des matières :

1     Pas du monde

2     Écouter les avertissements

3     La grâce de Dieu et son gouvernement, ou discipline

4     Comprendre les motifs du gouvernement de Dieu

5     Gouvernement de Dieu sur la terre et sort éternel

6     Gouvernement de Dieu sur l’un, servant d’avertissement aux autres

 

 

1                        Pas du monde

Le Seigneur lui-même, dans la prière qu’Il adressait au Père en notre faveur, a défini notre position ici-bas : « Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17:14-16). Dans cette prière, Il nous place dans la même position que Lui devant le Père, mais aussi devant le monde. Combien peu cette position a été comprise, moins encore réalisée ! Dans le monde, mais pas du monde. Les circonstances qui auraient dû nous détacher de ce système dont Satan est le prince ont, au contraire, accentué notre conformité à lui. Le mal fait des progrès rapides et rend plus actuelle que jamais l’exhortation de Rom. 12:2 : « Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite. »

Que l’on nous permette de rappeler, en rapport avec cette exhortation de l’apôtre, divers articles de quelques-uns de nos conducteurs : Messager Évangélique, année 1918, page 33 ; année 1919, pages 255 et 361 ; année 1925, pages 207 et 380. Puissions-nous nous souvenir de ceux qui, fidèlement, nous ont « annoncé la Parole de Dieu », qui ont marché dans le chemin de la séparation du monde et de ses principes, afin que « considérant l’issue de leur conduite » nous imitions leur foi ! (Héb. 13:7). Relisons ces articles ; les enseignements qu’ils nous donnent sont encore davantage pour aujourd’hui qu’ils n’étaient pour hier. Citons encore celui-ci, tout récent : « Il saisit un chien par les oreilles » (Messager Évangélique, année 1943, page 211). Des circonstances particulièrement douloureuses viennent de nous fournir de saisissantes illustrations de ce verset 17 de Proverbes 26.

 

2                        Écouter les avertissements

Hélas ! généralement, nous lisons et nous passons... Nous nous arrêtons souvent bien peu sur les avertissements que Dieu nous donne par le moyen de sa Parole ou des écrits qu’Il met à notre disposition. En vérité, notre négligence est grandement coupable ! Comment nous étonner alors, lorsque nous moissonnons ce que nous avons semé ? — Il y a même parfois, plus que de l’indifférence. L’ennemi nous pousse à raisonner avec la Parole, c’est toujours « Quoi, Dieu a dit ?... » Mais Dieu nous montre dans les Écritures ce qu’il peut en coûter de raisonner et de désobéir. Il place aussi, sur notre route, des exemples qui sont autant d’avertissements — et il en est certains dont la solennité devrait nous rendre sérieux et attentifs. Considérons-les, non dans l’esprit qui conduirait à jeter la pierre à celui-ci ou à celui-là, mais avec le sentiment profond que Dieu nous parle, nous rappelant que « notre bourgeoisie est dans les cieux » et nous exhortant à penser « aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre » (Phil. 3:20 ; Col. 3:2).

 

3                        La grâce de Dieu et son gouvernement, ou discipline

Sans doute, la grâce de Dieu demeure, elle s’est exercée à l’égard d’Adam, de Moïse ou de David et elle s’exerce sans cesse à notre égard, mais il y a aussi son gouvernement inflexible ; Adam, Moïse et David ont dû l’expérimenter et il en est de même pour nous. Le gouvernement de Dieu comprend à la fois des lois auxquelles nul homme ne peut échapper et la discipline à laquelle sont soumis tous les croyants. Le principe de ces lois générales nous est donné dans l’épître aux Galates : « Ne soyez pas séduits ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera. Car celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. » (6:7, 8). Héb. 12 nous parle de la discipline qui est la part spéciale des enfants de Dieu (v. 8) ; elle est vue sous deux aspects : elle est éducative et corrective, c’est-à-dire qu’elle embrasse, d’une part, tout ce que Dieu nous dispense pour nous former, nous instruire, nous éduquer et, d’autre part, les divers châtiments dont Il doit nous frapper quand nous avons besoin d’être repris. Il nous discipline « pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté » (v. 10). Ce n’est pas en cherchant à obéir à une loi que nous pourrons réaliser une marche dans la sainteté pratique, c’est seulement en laissant la vie divine agir en nous. Lorsque la vieille nature s’y oppose, la discipline devient nécessaire pour briser la chair, nous conduisant par ce moyen à « être saints comme Il est saint » (1 Pierre 1:14-17). Si nous sommes soumis, « nous vivrons » (Héb. 12:9) : d’une part, la discipline développe la vie spirituelle, d’autre part, elle peut aller jusqu’à la mort du corps — la soumission nous fera éviter cette triste fin et ainsi nous fera vivre. C’est dans ce double sens qu’il est dit : « et nous vivrons ».

Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera ! Dieu nous le rappelle d’une façon qui doit nous conduire à trembler, chacun pour soi, en pensant à ce que nous sommes et à ce que nous semons... Nous pouvons, dans notre folie, raisonner avec la Parole, l’interpréter d’une façon qui nous convienne et nous permette de faire ce qui nous plaît (car, en définitive, tout se ramène à cela), soyons bien assurés que ce n’est jamais nous qui aurons le dernier mot ! — Dieu usera de patience avant d’intervenir (Luc 18:7). Il pourra pardonner en grâce et selon la grandeur de ses bontés, mais nous aurons à subir les conséquences de nos fautes sous son juste gouvernement. On s’est parfois servi de cette image pour illustrer cette vérité : un fils jette en terre de la mauvaise semence alors que son père l’avait envoyé semer du blé. S’il confesse sa désobéissance, il trouvera certainement de la grâce dans le cœur de son père et sera pardonné. Mais qu’en sera-t-il au jour de la moisson ? Bien que jouissant d’un pardon sans réserve, le fils n’en éprouvera pas moins l’amertume d’avoir désobéi ; il récoltera ce qu’il a semé.

 

4                        Comprendre les motifs du gouvernement de Dieu

Il est difficile de discerner les motifs pour lesquels Dieu a dû agir en gouvernement à l’égard de l’un des siens. Cela demande une grande spiritualité et une communion intime avec le Seigneur : « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25:14). « Les hommes adonnés au mal ne comprennent pas le juste jugement, mais ceux qui cherchent l’Éternel comprennent tout » (Proverbes 28:5). « Le cœur du sage connaît le temps et le jugement » (Ecclésiaste 8:5). — Mais la chose importante est de savoir discerner ce que Dieu veut nous dire à chacun lorsqu’il agit en gouvernement et en discipline à l’égard de l’un de ses enfants — car il y a certainement une leçon à retirer pour chacun. Nous n’avons peut-être pas fait exactement ce qu’avait fait celui qui a été frappé, mais considérons bien nos voies : n’avons-nous pas fait pis à d’autres égards ? La tendance naturelle de nos cœurs est de chercher ce que les autres ont à apprendre — et nous nous trompons si facilement en cela... au lieu de regarder à nous-mêmes pour voir ce qu’il y a à juger dans notre propre cœur.

Nous passons aussi, bien souvent, avec quelque légèreté sur les circonstances dans lesquelles le gouvernement de Dieu s’exerce envers nous : ne pas y voir Sa main serait « mépriser la discipline ». Le danger opposé serait de ne pas y reconnaître le cœur du Père ; alors, nous perdons courage. Ce qu’il convient de faire c’est d’être exercés par la discipline pour apprendre tout ce que le Seigneur veut nous enseigner par son moyen (Héb. 12:5 et 11).

 

5                        Gouvernement de Dieu sur la terre et sort éternel

L’exercice du gouvernement de Dieu ne touche en rien à la question du salut. Dans des cas comme ceux de Nadab et Abihu, Coré et son assemblée, Acan et les siens, Ananias et Sapphira, ou encore de ceux qui furent retirés pour avoir méconnu le caractère de sainteté de la table du Seigneur, la question du salut de l’âme n’est jamais mise en cause. Nous sommes seulement invités à y voir des actes solennels du gouvernement de Dieu au milieu de son peuple ou de l’Assemblée.

Mais il y a une objection parfois entendue : du moment que la question du salut n’est pas soulevée, celui qui est retiré — si solennellement que ce soit — jouit du repos, attendant la gloire. Pour lui aussi, mourir est un gain. Il ne peut donc y avoir acte du gouvernement de Dieu ou châtiment exercé puisque l’effet de cet acte ou de ce châtiment serait d’introduire celui qui en est l’objet dans une condition meilleure, dans la félicité de la maison du Père. Cette argumentation mélange dangereusement des choses tout à fait différentes. Elle est d’ailleurs — et cela doit suffire — en opposition complète avec ce que nous enseigne la Parole : si elle devait être retenue, il n’y aurait donc jamais aucun acte du gouvernement de Dieu qui irait jusqu’à la mort d’un croyant et il n’y aurait eu aucun acte du gouvernement divin dans les divers cas que nous venons de rappeler ! Enfin, ne perdons pas de vue la pensée si sérieuse du tribunal de Christ (2 Cor. 5:10) et n’oublions pas qu’il est dit de celui qui est sauvé comme à travers le feu qu’il en éprouvera une perte (1 Cor. 3:15). C’est une perte pour l’éternité !

 

6                        Gouvernement de Dieu sur l’un, servant d’avertissement aux autres

Nous voudrions surtout souligner que dans les divers cas présentés par la Parole, l’acte du gouvernement de Dieu nous est donné comme constituant un avertissement solennel pour le peuple ou pour l’assemblée (Lév. 10:3 : Nomb. 16:24-40 ; Josué 7:24-26 ; Actes 5:5 et 11 ; 1 Cor. 11:30-34). C’est donc bien comme étant un avertissement de Dieu pour nous qu’il nous faut considérer de tels actes du gouvernement divin. Les avertissements actuels nous sont nécessaires — ils sont d’autant plus nécessaires et d’autant plus solennels que nous sommes allés très loin sur le chemin de la conformité au monde, sous les prétextes les plus variés. Nous nous occupons de bien des choses qui ne nous concernent pas et nous nous en excusons en disant que nous n’y mettons pas notre cœur.... Quel profit peut-il donc y avoir à occuper notre esprit de ce que nous reconnaissons mauvais pour notre cœur ? — Mais aussi, le cœur suit vite l’esprit. Nous finissons par nous intéresser à ce qui ne devrait avoir aucun intérêt pour nous et à prendre hardiment parti soit pour l’un, soit pour l’autre dans des querelles dont nous ne redirons jamais assez qu’elles ne sont pas les nôtres. Nous agissons alors exactement comme le monde et on serait bien en peine de dire de nous ce que l’on disait de Pierre et de Jean (Actes 4:13). Aussi, d’humiliantes et douloureuses conséquences sont sous nos yeux et affligent nos cœurs : des cas identiques sont peut-être fréquents dans le monde, mais on peut se demander si on en avait déjà vu de semblables dans l’Assemblée de Dieu. « À toi, Seigneur, la justice, et à nous la confusion de face, comme elle est aujourd’hui » (Dan. 9:7). « Ne te souviens pas contre nous des iniquités anciennes ; que tes compassions viennent en hâte au-devant de nous, car nous sommes devenus fort misérables. Aide-nous, ô Dieu de notre salut. ! à cause de la gloire de ton nom ; et délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom » (Ps. 79:8, 9).