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IL ME FAUT ÊTRE AUX AFFAIRES DE MON PÈRE

 

Philippe Laügt

ME 1986 p. 257

Table des matières :

1     Jésus jeune enfant

2     Un rejeton qui monte d’une terre aride

3     Lien entre le Père et le Fils dans Jean

4     Les œuvres de Mon Père

5     Rien d’autre que la volonté du Père

6     Le temps de Dieu

7     Sans se lasser

8     Pour que le Père soit glorifié et adoré

 

 

1                        Jésus jeune enfant

Jésus, âgé de douze ans, monte avec ses parents à Jérusalem. La fête de Pâque achevée, ils prennent le chemin du retour, « croyant qu’il était dans la troupe des voyageurs » (Luc 2:44). Mais après une journée de marche sans lui, ils découvrent leur erreur. Perdre le contact avec Jésus, voilà qui peut nous arriver aussi, hélas, et pour plus de temps encore.

Il faut donc rebrousser chemin et revenir à Jérusalem. Ce n’est qu’après trois jours de vaines recherches qu’ils le trouvent enfin dans le temple, où ils auraient dû premièrement se rendre. Il était inutile de le chercher ailleurs. Comme un parfait lévite, « selon tout le désir de son âme » (Deut. 18:6), Jésus était resté là où l’Éternel avait mis la mémoire de son Nom.

Bien que rempli de la connaissance divine, il n’enseigne pas encore avec autorité, mais garde l’attitude qui convient à son âge. Il écoute, il interroge les docteurs de la loi, montrant ainsi le prix que la Parole de Dieu a pour lui (Ps. 40:8). Et eux s’étonnent à juste titre de son intelligence et de ses réponses (Luc 2:47 ; Jean 7:46). Mais apparemment il ne s’était pas écoulé beaucoup de temps avant qu’eux-mêmes posent des questions et que Jésus leur réponde. Même à cet âge, la gloire de sa personne brille, elle ne peut être cachée.

Marie lui fait part de leur inquiétude : « Voici, ton père et moi nous te cherchions, étant en grande peine » (Luc 2:48). C’était faire état d’un lien de filiation vis-à-vis de Joseph qui n’existait pas. La réponse de Jésus : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » (Luc 2:49) met en évidence ce qui avait du prix pour lui. Elle établit aussi sa vraie relation et révèle ainsi quel sera le leitmotiv de sa vie. « Il me faut » : ces paroles sont l’expression de la détermination du Seigneur. Elles se trouvent souvent dans sa bouche, tout le long de son chemin vers la croix.

« Ils ne comprirent pas la parole qu’il leur disait ». Tout ce que Joseph et Marie avaient certainement vu en lui jour après jour n’aurait-il pas dû les éclairer sur cet attachement pour la maison de Dieu ?

Tout jeune encore, Jésus sait qu’il est le Fils de Dieu. Il jouit de sa relation avec le Père. Plus tard un quadruple témoignage lui sera rendu (Jean 5:33, 36, 37, 39). Mais celui dont l’ange avait dit à Marie : « La sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:35) n’a pas besoin d’une révélation extérieure ni d’une voix venue du ciel pour savoir qui il est.

 

2                        Un rejeton qui monte d’une terre aride

Contemplons-le à Nazareth où il accepte de descendre avec Joseph et Marie, tandis que la Parole lui rend ce témoignage : « Il leur était soumis » (Luc 2:51). Et là, pendant longtemps, il sera aux yeux des hommes le charpentier, le fils du charpentier (Matth. 13:55 ; Marc 6:3). Dans sa parfaite humilité, il dira plus tard à Jean, s’associant volontairement à ceux qui se font baptiser pour la repentance, lui qui pourtant était sans péché : « Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d’accomplir toute justice » (Matth. 3:15).

Pendant les années cachées de sa vie ici-bas, comme durant son service jusqu’à la mort de la croix, ce qui gouverne ses affections, son intime et constante préoccupation, tient dans cette précieuse déclaration, premières paroles qui nous sont rapportées de lui : « Il me faut être aux affaires de mon Père ».

Face à la ruine complète de l’homme, il va monter devant Dieu comme un rejeton et comme une racine sortant d’une terre aride (És. 53:2). Parfait en tout temps, il ne cesse de croître, de se fortifier, d’avancer en sagesse et en faveur auprès de Dieu et des hommes (Luc 2:40, 52). « Premièrement l’herbe, ensuite l’épi, et puis le plein froment dans l’épi ». Quand le fruit sera produit, mûr et parfait, tout à la gloire de Dieu, l’heure de la moisson aura sonné (Marc 4:28 ; Jean 12:23, 24).

 

3                        Lien entre le Père et le Fils dans Jean

C’est l’évangile de Jean qui met particulièrement en évidence l’union absolue du Père et du Fils, leur intimité (Jean 10:30). « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1:18). Quand la Parole devient chair pour habiter au milieu des hommes, alors le Fils laisse de côté pour un temps les gloires liées à sa majesté suprême dans le ciel. Il s’anéantit lui-même, prend la forme d’esclave, est trouvé en figure comme un homme, mais dans ce monde il est toujours dans le sein du Père. Il parle de lui-même comme du Fils de l’homme qui est dans le ciel (Jean 3:13). Et dans cette retraite cachée de l’amour, il est seul à connaître les affections profondes, les pensées d’amour du Père ; seul à pouvoir les révéler, par pure grâce, aux siens : « Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père » (Jean 15:15). Sa Personne (Jean 1:14), ses œuvres (Jean 5:19, 20), ses paroles (Jean 12:49, 50 ; 14:24), tout en lui révèle le Père. Il dira aux disciples : « Si vous m’aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père ; et dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu... Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jean 14:7, 9).

Son attitude constante, toute d’obéissance et de dépendance, est d’une merveilleuse beauté. Comme homme ici-bas, il se plaît à recevoir du Père ce qu’il a lui-même créé et qui, à ce titre, lui appartient (Col. 1:17, 18). En lui est la vie (Jean 1:4) mais le Père lui donne d’avoir la vie en lui-même (Jean 5:26). « Comme le Père réveille les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu’il veut » (Jean 5:21). Il en est ainsi de ses brebis, ces hommes qui sont tirés du monde (Jean 10:29 ; 17:6). Il les reçoit de la main de son Père, veille sur eux et, avant de s’en aller au Père, les lui confie (Jean 17:11). Mais il peut dire : « Je leur donne la vie éternelle,... et personne ne les ravira de ma main » (Jean 10:28).

 

4                        Les œuvres de Mon Père

La création était sortie du néant, parfaite aux yeux de Dieu, et il s’était reposé de toute son œuvre (Gen. 2:2, 3). Mais l’entrée du péché dans le monde, avec son cortège de souffrances, de misère et de mort avait bientôt interrompu le repos divin. Aussi Dieu s’était-il proposé en lui-même une œuvre de rédemption. Et il nous est accordé d’entendre, avec adoration, le Fils déclarer en entrant dans le monde : « Voici, je viens, — il est écrit de moi dans le rouleau du livre — pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10:7). Il dira dans l’évangile : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille... Il me faut faire les œuvres de Celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler » (Jean 5:17 ; 9:4). Par des œuvres admirables et une activité inlassable, l’Envoyé du Père manifeste sur la terre l’amour et la grâce de Dieu. « Chez notre précieux Sauveur, il y avait un vrai dévouement de cœur, une affection, un service exempt de la plus petite parcelle de recherche de soi-même. Ce à quoi l’homme aspire avec tant d’ardeur n’existait absolument pas en Lui. Il pouvait dire : Je ne reçois pas de gloire des hommes (Jean 5:41) »  (JND)

Le zèle pour la maison de Dieu le dévore. Au lieu d’être une maison de prière, le temple est devenu, du fait de la cupidité de l’homme, une maison de trafic. Jaloux de la gloire de Dieu, le serviteur parfait en chasse les marchands (Jean 2:13-17).

 

5                        Rien d’autre que la volonté du Père

Sa joie est d’accomplir la seule volonté du Père. Elle dicte à cet Homme obéissant le moindre de ses mouvements (Jean 5:30 ; 6:38 ; 8:28). Quand les disciples l’invitent à prendre un peu de nourriture, quoique lassé du chemin, il répond : « J’ai de la viande à manger que vous, vous ne connaissez pas... Ma viande est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4:32, 34). En vérité, il vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Ce qui nous entrave souvent dans la réalisation d’un service diligent, c’est notre propre volonté, la recherche de notre propre intérêt. Invités à suivre ce parfait modèle, à l’imiter pour plaire à notre Dieu et Père, nous sommes toujours à deux mille coudées de lui (Jos. 3:4). « Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt », dit le Seigneur à ceux qui l’engagent à monter à la fête afin de se montrer au monde (Jean 7:3-6). « La satisfaction, l’exaltation et l’avancement du moi, tels sont toujours les principes des actions des hommes » (JND). Eux ne montaient pas à la fête pour répondre à la pensée de Dieu, pour se tenir devant lui, mais ils cherchaient leur propre avantage. L’homme aime à paraître, il n’en est pas ainsi de Jésus. Toutefois sa gloire suprême sera manifestée tout à l’heure aux yeux du monde entier, lors de la vraie fête des Tabernacles.

 

6                        Le temps de Dieu

Toute la vie du Seigneur témoigne de sa dépendance. Rien ne peut hâter sa course, ou la retarder. Il apprend que Lazare, celui qu’il aime, est malade. Nous serions certainement accourus, guidés par nos sentiments. Mais Jésus, ayant la gloire de Dieu en vue, attend deux jours pour se mettre en route. Il n’avait pas de parole de Dieu pour s’y rendre aussitôt, toute son affection pour Lazare ne l’engage pas à faire un seul pas. Même les disciples ne comprennent pas sa façon d’agir : la victoire n’en sera que plus complète, la gloire de Dieu magnifiée par cette résurrection triomphale, quatre jours après que la mort soit intervenue (Jean 11:4-8, 39, 40).

Quelle leçon pour nous ! « Il suffit au disciple qu’il soit comme son maître, et à l’esclave qu’il soit comme son Seigneur » (Matth. 10:25). Notre service sera sans valeur pour Dieu s’il n’est pas dicté par l’amour pour Christ et accompli dans une constante dépendance de lui.

 

7                        Sans se lasser

L’activité du Seigneur, réglée par l’obéissance au Père (És. 50:4) et la compassion pour sa créature, était inlassable. Comme le soleil se couchait, on lui amenait encore des infirmes et des malades et il les guérissait. Les foules le cherchaient, voulaient le retenir, mais il leur disait : « Il faut que j’annonce le royaume de Dieu... car j’ai été envoyé pour cela » (Luc 4:40, 42, 43). Ailleurs il dit : « J’ai d’autres brebis... il faut que je les amène, elles aussi » (Jean 10:16).

Du fait même de sa fidélité, le Seigneur rencontrait la contradiction des pécheurs contre lui-même. Il peut dire, prophétiquement : « À cause de toi, j’ai porté l’opprobre, la confusion a couvert mon visage... les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi » (Ps. 69:7-9). Mais au baptême comme sur la montagne de la transfiguration, le ciel s’ouvre et la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matth. 3:17 ; 17:5). Et quand le Seigneur, troublé dans son âme, à l’approche de la croix, déclare : « Que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom » ; alors la même voix se fait entendre : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai de nouveau » (Jean 12:27, 28).

 

8                        Pour que le Père soit glorifié et adoré

« Il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:14, 15). « Il faut que je marche aujourd’hui et demain et le jour suivant, car il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem » (Luc 13:33). Ces paroles, comme tant d’autres, montrent qu’il avait dressé sa face comme un caillou, déterminé à boire la coupe que le Père lui tendait, pour accomplir pleinement le propos divin (És. 50:7 ; Jean 18:11). Son sacrifice était nécessaire pour que les conseils de Dieu se réalisent (Jean 4:23). Christ s’est offert volontairement par amour pour ses brebis, mais avant tout par amour pour son Père (Jean 10:17, 18). Il voulait lui amener les vrais adorateurs que son cœur désire. Ce n’est pas à Nicodème mais à la femme du puits de Sichar qu’il révèle ce grand mystère. Elle avait des besoins et se posait des questions quant au lieu où il convenait d’adorer. Plein de grâce, le Seigneur ne la repousse pas. Il lui montre d’abord qu’il sait tout d’elle et puis l’instruit sur ce que Dieu recherche. Seule l’adoration en esprit et en vérité, en accord avec la révélation complète apportée par le Fils, peut désormais plaire au Père. Ces vrais adorateurs, pris du milieu des pécheurs, guidés par le Saint Esprit, sont rendus capables, par la vertu de l’œuvre de la croix, de présenter à Dieu la louange pour le temps et l’éternité.

« À cause de la joie qui était devant lui » le Bien-Aimé va endurer la croix, mépriser la honte. C’est l’heure où, couronnant son amour pour le Père, il montre la fermeté inébranlable de son âme quand montent vers Lui ces cris : « Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix » (Matth. 27:40). Lui seul peut dire : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17:4). Aussi la gloire le couronne, et la louange montera vers lui pour l’éternité.