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Son Dieu l’instruit.

 

 

Il se montre merveilleux en conseil et en sagesse

 

 

Ésaïe 28:23-28

 

 

[Pourquoi et comment Dieu opère en discipline envers les siens]

 

Philippe Laügt

 

Table des matières :

1     L’état du peuple dont Dieu s’occupe

2     Le Travail du cultivateur    Le Travail de Dieu envers les siens

3     Le crible

4     La vie de Jésus manifestée dans des vases vidés ou brisés

 

1                    L’état du peuple dont Dieu s’occupe

Dès le début du chapitre 28 d’Ésaïe, la ruine de Samarie est annoncée : «Malheur à la couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm et à la fleur flétrie de son bel ornement qui est sur le sommet de la riche vallée». Même les sacrificateurs et les prophètes qui devaient garder la connaissance et enseigner la Loi (Mal. 2:7-8) s’étaient égarés sous l’effet de la boisson forte. Ils avaient erré dans leur vision et bronché dans leur jugement.

Israël est comparé à un fruit précoce, objet de convoitise. Celui qui l’aperçoit se hâte de l’avaler (És. 28:1-4). L’Éternel allait se servir d’un instrument puissant, le roi d’Assyrie. Comme un orage de grêle, il allait fouler aux pieds la couronne d’orgueil d’Éphraïm.

Mais cet oracle concerne aussi les «hommes moqueurs» qui gouvernent à Jérusalem, la capitale de Juda (És. 28:14). Au temps de Roboam, descendant en droite ligne de David, il y avait encore de «bonnes choses» dans ce petit royaume, trois fois plus petit qu’Israël (2 Chr. 12:12). Mais du fait de la désobéissance de ce roi, il n’y avait déjà plus d’ornements : Dieu avait laissé Shishak, roi d’Égypte, emporter tous les trésors de la maison de l’Éternel et de la maison du roi (2 Chr. 12:9). Le fils de Salomon s’étant humilié sous la puissante main de Dieu, Sa colère s’était détournée.

Au temps d’Ésaïe le prophète, l’état de Juda s’était peu à peu aggravé. Oubliant son caractère de nazaréen pour Dieu, il suit le même chemin d’apostasie qu’Israël. La patience de Dieu touche à son terme, le jugement est proche. Cependant ces hommes prétendent avec orgueil qu’ils ont fait alliance avec la mort, et qu’ils ne craignent pas «le fléau qui inonde» annoncé par Ésaïe (28:15). Ce passage a aussi une portée prophétique encore future : Il annonce quelle sera, dans l’avenir, l’activité maléfique conjuguée de la Bête romaine (Dan. 9:27) et de l’Antichrist

 

Au moment du désastre, il faudra réaliser «que le lit est trop court pour qu’on s’y allonge et la couverture trop étroite quand on s’y enveloppe» (28:20). Autrement dit, la délivrance qui vient de l’homme est vaine (Ps. 60:11) ; les secours sur lesquels on compte seront balayés : Ce ne sont qu’un abri de mensonge (És. 28:17). Il y a bien des points communs avec le temps actuel (2 Pier. 3:3).

Dieu constate avec tristesse : «Ils n’ont pas voulu entendre» (És. 28:12). Ils ont tourné en dérision les avertissements. Ils ne sont pas disposés à se laisser enseigner comme de petits enfants. Ils ont oublié Celui qui dans le passé leur donnait doucement à manger (Osée 11:4).

Ému de colère, devant l’endurcissement de leur coeur, Dieu va se lever pour juger ce peuple. C’est toujours pour lui une oeuvre étrange, un travail inaccoutumé (És. 28:21).

 

Mais au milieu de ce peuple rebelle, un résidu fidèle subsiste. L’Éternel le délivrera au temps fixé, et Il lui sera alors pour couronne de beauté et pour diadème d’ornement (És. 28:5). En attendant, durant ce temps de détresse, ce résidu est appelé à placer toute sa confiance dans la précieuse Pierre de coin, la pierre éprouvée que Dieu pose en Sion. Cette seule et parfaite ressource, c’est Jésus-Christ (És. 28:16 ; 1 Pier. 2:6-7). La foi peut se reposer sur ce sûr fondement. Il a toute cette valeur pour ceux qui se fient entièrement à Lui. En faisons-nous partie ? Il est bien aussi une pierre de touche qui éprouve les coeurs.

 

«Prêtez l’oreille et écoutez ma voix ; soyez attentifs et écoutez ma parole» (És. 28:23). Ce quadruple appel montre l’importance du sujet qui va être abordé. L’Éternel veut parler à ceux qu’Il appelle dans ce même livre : «mon blé battu et le fruit de mon aire» (És. 21:10). Quelle grâce et quelle tendresse dans ces paroles ! Elles concernent d’abord le résidu, qui prend part aussi à la souffrance, conséquence d’un égarement devenu continuel (Jér. 8:6). Mais elles nous sont aussi s’adressées. Du fait de nos infidélités constantes, nous sommes les objets de la discipline de notre Dieu et Père, «pour notre profit» (Héb. 12:10).

2                    Le Travail du cultivateur    Le Travail de Dieu envers les siens

Pour nous aider à comprendre de quelle manière il agit envers les siens, Dieu se sert de l’image d’un laboureur, attentif à traiter avec sagesse les diverses plantes qu’il veut planter dans son champ. Les images employées nous sont familières : la semence répandue sur la terre, les épis nouveaux, des plantes qui s’épanouissent !

«Son Dieu le dirige dans son jugement, il l’instruit» (És. 28:26).

Pour que la terre produise du fruit, elle doit être d’abord soigneusement labourée. Le hersage brise les mottes, la terre devient meuble, les semailles peuvent commencer (28:24). Dieu agit ainsi à l’égard des siens. Un travail de brisement douloureux est souvent nécessaire pour les rendre plus petits à leurs propres yeux, plus soumis à la volonté de Dieu. Désormais ils pourront porter du fruit à Sa gloire (Jean 15:5).

Certaines plantes ont besoin d’un traitement plus délicat. Le laboureur tient compte de la nature des grains. Il sème le cumin, il répand l’aneth avec soin. Le froment est placé «par rangées», de façon régulière. Il met l’orge «au lieu désigné» et l’épeautre, une variété de blé dur, «dans ses limites» (És. 28:25). Dieu se montre merveilleux en conseil et grand en sagesse (És. 28:29). Lui seul sait comment agir vis à vis de chacun de ses enfants. Le résidu fidèle est son trésor particulier, il est miséricordieux à son égard (Mal. 3:17).

Ceux qu’Il appelle à semer en son Nom, doivent se laisser diriger (Jean 15:5). Ils apprennent de Lui à se conduire avec sagesse à l’égard de ceux qu’ils désirent aider à s’approcher du Seigneur (Matt. 11:29).

Une autre Écriture (Marc 4:26-29) attire l’attention sur le travail mystérieux de la germination. La puissance de Dieu se discerne dans la Création (Ps. 104:14 ; Ps. 65:9-10), mais l’activité de Sa grâce pour amener une âme à la conversion et l’aider ensuite à se développer, est une chose plus merveilleuse encore (Jean 6:44 ; Éph. 1:19). Si nécessaire (1 Pier. 1:6), Dieu envoie le vent du Nord ou celui du Midi (Cant. 4:16) et aussi la pluie en sa saison (Jér. 5:24). L’herbe verte pousse d’abord (Deut. 32:2) : c’est la fraîcheur d’une vie nouvelle. Ensuite l’épi se forme : il évoque la vigueur des jeunes gens. Finalement, le plein froment dans l’épi, rappelle la maturité des pères (1 Jean 2:13-14). Quel tableau saisissant du travail patient de Dieu dans les siens !

«Quand le fruit est mûr, on y met aussitôt la faucille, parce que le temps de la moisson est arrivé» (Marc 4:29). Dieu veut que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait (Éph. 4:13).

Cette récolte doit encore être battue pour séparer du bon grain la balle sans valeur (Matt. 3:12). Le laboureur prend soin de ne pas fouler l’aneth avec un traîneau à tranchants ni de faire tourner la roue du chariot sur le cumin. Un bâton suffit pour l’aneth, une verge pour le cumin. Et si, pour le pain, le blé doit d’abord être broyé, il ne faut pas le battre toujours (És. 28:27-28). Dieu déclare à son peuple Israël : «Quant à toi, je ne détruirai pas entièrement, mais je te corrigerai avec mesure» (Jér. 30:11 ; 31:18). L’épreuve est soigneusement limitée (Apoc. 2:10). «Dieu est fidèle, qui ne permettra que vous soyez tenté au-delà de ce que vous pouvez supporter» (1 Cor. 10:13).

Ésaie interroge : «Le laboureur laboure-t-il tout le jour pour semer ? Ouvre-t-il et herse-t-il tout le jour son terrain» ? Si la verge est nécessaire, Dieu envoie des tribulations. Un mot qui dérive du latin «tribulum», c’est à dire une herse à battre le blé (És. 28:27-28). Avec un discernement parfait, Dieu laboure, herse et frappe son peuple. Sommes-nous disposés à écouter la voix de la verge et Celui qui l’a décrétée ? (Mich. 6:9). Sinon, pour notre bien, Dieu enverra peut-être de plus grandes épreuves encore. Mais nous ne serons pas pour autant réduits à l’étroit. Il nous encourage, même dans l’épreuve, à nous réjouir (Rom. 5:3). «Dieu est notre refuge, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver» (2 Cor. 4:8 ; Ps. 46:1). «Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos» (Rom. 8:28).

Le laboureur attend le précieux fruit de la terre (Jac. 5:7). Le Seigneur attend «le jour de la joie de son coeur» où il reviendra avec chant de joie, portant ses gerbes, et jouira pendant l’éternité du fruit du travail de son âme (Cant. 3:11 ; Ps. 126:6 ; És. 53:11).

3                    Le crible

Satan avait demandé à cribler les disciples «comme on crible le blé» (Luc 22:31). Il espérait certainement que cet affinage ferait ressortir qu’il n’y avait rien d’acceptable pour un Dieu saint chez les disciples. «On affine, on affine en vain : les mauvais n’ont point été ôtés» (Jér. 6:29). L’attitude des disciples, leurs paroles à la veille de la croix, confortaient Satan dans son opinion : les disciples contestaient «entre eux pour savoir lequel d’entre eux serait estimé le plus grand» ! (Luc 22:24).

Mais l’Ennemi fait une oeuvre qui le trompe. Le Seigneur ne lui refuse pas cette intervention mais il va se servir de cette terrible mise à l’épreuve pour bénir les disciples. Aucune discipline, pour le temps présent ne semble être un sujet de joie, mais de tristesse, mais plus tard elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle» (Héb. 12:11). Dieu se sert du crible pour nous délivrer de tout ce qui vient de l’homme (Matt. 15:19). Ce qui subsiste seul pour l’éternité est ce qui est de Dieu, le fruit qu’Il fait produire à la nouvelle nature dans le croyant.

Nous n’aimons pas le crible, il nous secoue désagréablement, mais c’est le moyen divin employé pour nous débarrasser de beaucoup de choses auxquelles nous sommes attachés, souvent à tort. Par exemple cette bonne opinion de nous-mêmes, au-dessus de celle qu’il convient d’avoir (Rom. 12:3), la recherche de nos aises ou des convoitises charnelles, alors que nous sommes pourtant avertis qu’elles font la guerre à l’âme (1 Pier. 2:11). Le crible aura parfois pour effet de nous amener à nous éloigner d’amis ou même de parents qui nous empêchent de suivre de près le Seigneur.

Simon averti d’une façon si solennelle par le Seigneur, nourrissait encore beaucoup d’illusions : «Seigneur, avec toi je suis prêt à aller en prison et à la mort» (Luc 22:33). Nous sommes souvent dans le même cas. Pour être délivré des prétentions de la chair, il faut parfois suivre un chemin très amer ; et le Seigneur peut juger nécessaire de répéter les leçons. L’atmosphère de ce monde, l’esprit qui y régne, sont une incitation constante à suivre les mauvais penchants de notre coeur naturel.

Criblé, Pierre va renier son Maître. Il aura affaire à des agents de Satan assez inattendus, mais suffisants pour le faire tomber lourdement. Tout se passe comme le Seigneur l’avait annoncé : avant que le coq ne chante, Pierre renie trois fois son Maître. Quel exemple frappant de son omniscience ! Pierre fléchit sous le regard du Seigneur. Il se repent et pleure amèrement (Luc 22:56- 62).

Mais dans sa grâce incomparable, alors qu’Il était pourtant si près d’aller lui-même à la croix, le Seigneur prend soin de sa brebis. Avant même la chute de Pierre, Il lui dit : «J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas» (Luc 22:32). Combien ces paroles ont du soutenir Pierre ! Après sa résurrection, le Seigneur aura un entretien privé avec lui (Luc 24:34). Les femmes venues au sépulcre, sont chargées d’un message pour les disciples, avec la mention particulière du nom de Pierre (Marc 16:7).

Satan est toujours prêt à cribler les disciples du Seigneur. Déjà en parlant de Job, pourtant «parfait et droit, se retirant du mal et craignant l’Éternel», il disait à Dieu : «Touche à tout ce qu’il a et tu verras s’il ne te maudit pas en face» (Job 1:11). Il reste aujourd’hui encore l’Accusateur des frères (Apoc. 12:10).

Enfin débarrassés de la balle, par les soins du Seigneur, nous deviendrons Son blé battu et le fruit de son aire (És. 21:10). Le MOI aura perdu de son importance.

Pierre épuré (Jér. 15:19) est prêt à remplir, avec joie, le service que le Seigneur lui a confié : «Toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères» (Luc 22:32).

 

4                    La vie de Jésus manifestée dans des vases vidés ou brisés

Dieu se sert de vases vides, vidés d’eux-mêmes. Parfois même il les brise, pour que la lumière, Christ lui-même, devienne plus visible au dehors. «Nous avons ce trésor dans des vases de terre, afin que l’excellence de la puissance soit de Dieu, et non pas de nous» (2 Cor. 4:7 ; Jug. 7:16-19).

Que nous puissions tous retenir la grâce de porter toujours, partout, dans le corps, la mort de Jésus, afin que Sa vie soit manifestée dans notre chair mortelle (2 Cor. 4:11).

 

 

Fidèle discipline d’un Dieu de sainteté,

Où la grâce divine abonde en fruit porté !

Tu formes sur la terre tes bien-aimés enfants,.

Sois loué, tendre Père, pour tes soins vigilants !