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QU’ONT-ILS VU DANS TA MAISON ?

 

 

2 Rois 20:15

 

Philippe Laügt

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1991 p. 169-175

Table des matières :

1     Les maisons d’Israël en Égypte — La maison d’Isaac

1.1      Des maison où la lumière brille

1.2      Instruction des enfants

1.3      La conduite des parents

1.4      Pas de partialité

2     La maison d’Éli : ne pas laisser entrer ce qui nuit à la piété

3     Des maisons où il y a la foi, les prières et la Parole de Dieu

4     Goûter ensemble les ressources divines

5     Rendre témoignage et gloire au Donateur (Dieu)

 

 

 

La maison du racheté est précieuse aux yeux de Dieu. Aussi donne-t-il dans l’Écriture d’importantes instructions à son sujet. Nous voudrions attirer l’attention du lecteur sur quelques-unes d’entre elles pour l’inciter à une étude plus approfondie, dans le désir de plaire au Seigneur à tous égards.

 

1                    Les maisons d’Israël en Égypte — La maison d’Isaac

1.1   Des maison où la lumière brille

Voyons d’abord ce qui se passait au pays de Goshen dans les habitations des fils d’Israël. Dieu allait faire peser son jugement sur l’Égypte et arracher son peuple à l’esclavage. Au milieu de ténèbres qu’aucune clarté ne pouvait dissiper, si épaisses qu’on pouvait les toucher du doigt, la lumière brillait dans les maisons israélites. Dieu séparait ainsi les siens du monde environnant.

Comment ne pas penser aux ténèbres morales qui envahissent de plus en plus le monde où nous vivons encore ? La lumière ne peut venir que du ciel. Nous devons rester sous l’influence salutaire de Celui qui est la lumière du monde (Jean 8:12). Cette lumière brille-t-elle dans nos habitations ? Exerce-t-elle son effet bienfaisant sur ceux qui y habitent comme sur ceux qui y entrent ? (Matt. 5:15 ; Luc 8:16 ; 11:33 ; Michée 7:8). Dans plus d’un foyer chrétien la lecture journalière de la Parole de Dieu fait défaut et, faute de lumière, des choses précieuses peuvent se perdre. Faisons comme cette femme de Luc 15:8 qui allume la lampe pour retrouver ce qu’elle a égaré. Prenons garde aussi que notre lampe, au lieu de briller, ne soit vite cachée sous le boisseau — symbole d’une activité qui cherche à satisfaire les convoitises du coeur naturel — ou sous un lit de paresse. S’il en est ainsi, notre témoignage s’affaiblira rapidement (Matt. 5:14, 15).

 

1.2   Instruction des enfants

Le premier-né est souvent dans la Parole le type de l’homme naturel, avec Caïn pour chef de file. Ceux d’Israël comme ceux d’Égypte étaient exposés au jugement et devaient être mis à l’abri de la juste colère de Dieu par le sang de l’agneau, figure touchante du sang de Christ. Ce sang devait être mis sur les poteaux et le linteau de la porte, à l’extérieur de la maison, avant le passage de l’ange destructeur. Dieu, qui seul pouvait en apprécier toute la valeur, avait promis : «Je verrai le sang et je passerai par-dessus vous» (Ex. 12:13). Peut-être le fils aîné demandait-il à ceux qui l’entouraient : «Puis-je me reposer vraiment sur cette promesse ?». Aurions-nous été prêts à répondre ? En nous voyant vivre et agir, nos enfants ont-ils toujours la liberté de nous poser des questions ? (Ex. 12:25-27 ; 13:8, 14). Cette relation confiante existe-t-elle dans nos foyers ?

Ne nous laissons pas gagner par l’esprit de ce siècle en nous déchargeant à la légère de nos responsabilités vis-à-vis de nos enfants. Instruisons-les dans les vérités fondamentales du salut. La lecture et la prière quotidiennes leur feront peu à peu saisir qu’il y va de leur salut éternel. Dieu veut en grâce opérer en eux une réelle conversion, dans la repentance et dans la foi. Mais ensuite il faut poursuivre avec soin et à toute occasion l’instruction de ces enfants. Ils croîtront dans la connaissance du Seigneur et des pensées de Dieu (Gen. 18:19).

 

1.3   La conduite des parents

Mais c’est surtout notre conduite qui peut avoir sur eux un effet décisif. Il doit être clair que la Parole est liée comme un signe sur notre main, pour agir d’une manière digne du Seigneur. Elle doit être aussi comme un fronteau (un bandeau) entre nos yeux, pour nous aider à choisir un sentier de justice pratique (Deut. 6:8, 9).

 

1.4   Pas de partialité

Des parents chrétiens peuvent, hélas, nourrir des pensées divergentes quant à l’éducation de leurs enfants, montrer des préférences, voire de la partialité. Ce fut le cas dans la maison d’Isaac et de Rebecca, pourtant fondée sur la crainte de Dieu. N’ayant pas d’enfants, Isaac pria instamment et s’attendit à la bonté de Dieu. La naissance d’Ésaü et de Jacob fut la réponse divine. Mais Isaac manquait de fermeté morale, il aimait Ésaü à cause du gibier qu’il lui apportait. Rébecca, elle, avait gardé son caractère de famille et montrait la même ruse que Laban son frère. Elle se reconnaissait en Jacob, son fils favori. Le désordre et la misère vont envahir cette maison. La communion avec Dieu peut seule nous garder de faire acception de personnes, ne serait-ce que vis-à-vis de nos enfants (Prov. 28:21).

 

2                    La maison d’Éli : ne pas laisser entrer ce qui nuit à la piété

Dans la maison d’Éli, c’est une vraie tragédie qui se déroule. Ce souverain sacrificateur est attaché à l’arche, figure de Christ, c’est indiscutable (1 Sam. 4:18). Mais on peut se demander quelle était l’atmosphère qui régnait dans la maison de ce serviteur de Dieu. Occupé des intérêts du peuple, a-t-il négligé d’apporter les soins nécessaires aux siens ? Ses fils se sont avilis parce qu’il ne les a pas retenus (1 Sam. 2:29 ; 3:13). Ils sont devenus des fils de Bélial.

On met souvent l’accent sur la méchanceté du monde, sur les efforts de l’ennemi pour détourner nos enfants et sur les méfaits de la chair toujours prête à se manifester en nous. Il ne faut pas pour autant oublier que les ressources de Dieu sont pleinement suffisantes. Il faut veiller aux portes pour ne pas laisser entrer dans la maison ce qui pourrait peu à peu ruiner l’atmosphère de piété si indispensable à l’épanouissement de nos enfants (Ps. 144:12). En outre la muraille doit être tenue en bon état devant chacune de nos maisons (Néh. 3:10, 23, 28, 29) pour séparer ce qui est saint de ce qui est profane (Ézéch. 42:20).

 

3                    Des maisons où il y a la foi, les prières et la Parole de Dieu

En contraste avec les exemples précédents, remarquons que Job apparaît comme un père attentif. Dans sa grande piété, il veille à sanctifier les siens, à offrir pour eux des holocaustes pour le cas où ils auraient péché contre Dieu au cours de leurs fêtes familiales (Job 1:5). Combien l’intercession continuelle des parents est nécessaire ! Citons aussi Josué. S’il dénonce le mal qui envahit le peuple de Dieu, il déclare : «Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel» (Jos. 24:15). Cette décision suppose que l’on s’appuiera constamment sur la grâce de Dieu. Souvenons-nous aussi de ces femmes de foi que Timothée a eu le privilège de côtoyer. Chez sa grand-mère Loïs et chez sa mère Eunice habitait une foi sincère. Les parents ne peuvent pas sauver leurs enfants, mais la foi personnelle de Timothée avait pu se fortifier à leur contact (2 Tim. 1:5). Paul exhorte son enfant dans la foi à demeurer attaché aux choses apprises pendant sa jeunesse, aux saintes lettres qui peuvent rendre sage à salut (2 Tim. 3:14, 15). Ne méprisons pas notre héritage spirituel, comme l’a fait Ésaü, cet homme que l’Écriture appelle un profane (Héb. 12:16).

 

4                    Goûter ensemble les ressources divines

Il arrive aussi que des époux soient divisés quant à la foi. Ces problèmes douloureux sont liés soit à la désobéissance à la volonté pourtant clairement exprimée par Dieu (2 Cor. 6:14) soit à la conversion de l’un des conjoints après leur mariage.

Celui qui est amené à la connaissance du Seigneur après son mariage aura sans doute à souffrir, mais il a Dieu pour lui. Dans son désir de gagner celui ou celle auquel il est uni, il peut compter sur Sa merveilleuse grâce.

L’un des privilèges de la famille chrétienne est de se nourrir ensemble de «l’agneau rôti au feu», «d’après ce que chacun peut manger». Comme pour la manne, les ressources divines sont pleinement suffisantes et les limites toujours de notre côté (Ex. 12:4, 8 ; 16:16). Cet agneau, type de Christ, se mangeait accompagné d’herbes amères. Chacun doit réaliser dans l’humiliation et le jugement de lui-même que c’est à cause de son péché que l’Agneau de Dieu a dû connaître de si grandes souffrances, sous le feu consumant de la justice divine.

Le repas se prenait les reins ceints, les sandales aux pieds et le bâton à la main. Le peuple de Dieu allait quitter l’Égypte et prendre possession de son héritage. Pour nous aussi, enfants de Dieu, le départ est imminent. Christ va venir chercher les siens. Quel témoignage pour ceux qui nous entourent, si chacun, dans la maison chrétienne, montre clairement qu’il est étranger et forain sur la terre et qu’il attend le départ (Héb. 11:13-16) !

Nous comprenons alors mieux peut-être l’importance de la question posée par le prophète Élisée à la veuve qui sollicite son aide : «Dis-moi ce que tu as à la maison». Elle répond : «Ta servante n’a rien du tout dans la maison qu’un pot d’huile» (2 Rois 4:2). Apparemment c’est très peu de chose, mais elle possède l’essentiel. L’huile est dans l’Écriture une figure du Saint Esprit. Nous avons besoin dans notre maison de faire l’expérience de la miséricorde et de la toute-puissance de Dieu. Il multiplie les plus faibles ressources jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place. Si nous réalisons que nous sommes des vases vides, Dieu pourra nous remplir et apporter une riche bénédiction. Il nous faut simplement reconnaître devant Lui l’étendue de nos besoins ; sa force est alors à la disposition de la foi.

 

5                    Rendre témoignage et gloire au Donateur (Dieu)

«Qu’ont-ils vu dans ta maison ?» Cette question posée à Ézéchias par Ésaïe est de celles qui s’adressent à notre conscience. Le prophète s’était d’abord enquis : «Qu’ont dit ces hommes, et d’où sont-ils venus ?» (2 Rois 20:14) Ils venaient de Babylone, cette ville idolâtre et corrompue qui ne tarderait pas à imposer sa suprématie dans ce monde, aux dépens de l’Assyrie. C’est alors qu’Ésaïe demande au roi : «Qu’ont-ils vu dans ta maison ?» et Ézéchias répond : «Ils ont vu tout ce qui est dans ma maison» (És. 39:4 ; 2 Rois 20:15). Réponse qui va mettre en évidence une grave défaillance dans le témoignage auquel ce roi était appelé. Il venait d’être gravement malade mais Dieu s’était rendu à ses supplications, prolongeant sa vie de quinze ans. Et, pour confirmer sa promesse, il lui avait accordé un signe extraordinaire, dont chacun avait été témoin. L’ombre était retournée en arrière de dix degrés sur le cadran d’Achaz (2 Rois 20:11). Dans la joie de la délivrance, Ézéchias s’était écrié : «Tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos... Le vivant, le vivant est celui qui te louera» (És. 38:17, 19). La venue des messagers de Merodac-Baladan fournissait une occasion de parler à des idolâtres de cette grande bonté de Dieu. Ils avaient appris la maladie et le rétablissement du roi et venaient s’enquérir. Peut-être ces adorateurs du soleil, voyant ce dernier retourner en arrière, avaient-ils pensé qu’Ézéchias était l’objet des faveurs de leur idole ? Ils sont porteurs d’une lettre, certainement bien différente de celle qui avait été envoyée précédemment par le roi d’Assyrie, remplie d’arrogantes menaces. Un présent l’accompagne et le roi de Juda se réjouit de cette visite qui le flatte. Les sourires du monde vont faire tomber ce roi jusqu’alors fidèle. Nous sommes exposés à pareil danger quand nous recevons avec complaisance les flatteries des gens de ce monde ou celles de nos frères.

Dieu voulait qu’il apprenne tout ce qui était dans son coeur : leçon difficile, humiliante, mais nécessaire pour nous tous (2 Chron. 32:31). Ézéchias écoute ces ambassadeurs et, sans chercher à connaître la pensée de Dieu, leur montre tous ses trésors, sa maison, son domaine. Ils verront même son arsenal, mais pas un mot de la maison de l’Éternel, où pourtant tout dit gloire ! (Ps. 29:9). Craignait-il de les contrarier ? Voilà ce qui risque de nous arriver, hélas, quand nous recevons des incrédules chez nous. Alors on s’attarde à montrer ce que l’on possède et qu’il faudra bientôt laisser derrière soi (És. 39:6), et l’on oublie de parler du Donateur. II aurait pu leur expliquer quel était le culte rendu au seul vrai Dieu. Ils avaient certainement des besoins comme tous ceux qui nous entourent, perdus et malheureux, sans espoir et sans Dieu.

Cette scène humiliante est riche de leçons. Tout ce dont nous serions peut-être tentés de nous glorifier devant les hommes est réservé pour le feu. Que Dieu nous accorde de marcher dans l’intégrité de notre coeur au milieu de notre maison (Ps. 101:2), en cherchant Sa gloire ! La bonne odeur de Christ se respire dans un cercle de famille où tous sont unis dans la foi et marchent dans la vérité (2 Jean 4). Une telle famille est en bénédiction autour d’elle et au sein de l’assemblée.