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NATHAN  LE  PROPHÈTE

 

 

Philippe Laügt

 

Table des matières :

1     David et la construction du temple

1.1      Conseiller rapidement ou attendre les pensées profondes de Dieu ?

1.2      Nathan se laisse instruire par Dieu — Heureuses conséquences

2     David, son péché et les conséquences

2.1      Perte de la communion et péché

2.2      Nathan utilisé pour réveiller la conscience

2.3      Nathan utilisé pour la restauration et au temps de l’épreuve

2.4      Nathan utilisé pour la louange

2.5      Nathan utilisé au temps de la faiblesse

3     Nathan béni dans sa famille

4     Appliquons-nous à bien servir

 

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1977 p. 300

1                    David et la construction du temple

1.1   Conseiller rapidement ou attendre les pensées profondes de Dieu ?

Ce prophète de l’Éternel, dont le nom signifie «donné» fut précisément donné par Dieu à David comme un conseiller et un ami fidèle selon Prov. 27:6. Son nom sera au livre de Zacharie, ch. 12:12, le symbole de cette famille des prophètes qui reconnaîtra à part la profondeur de son péché. L’Esprit de Dieu produira cette humiliation générale au sein du Résidu, à l’aube milléniale.

C’est au chapitre 7 du second livre de Samuel que cet homme de Dieu est introduit sur la scène (lire aussi 1 Chron. 17). David règne alors à Jérusalem. L’Arche de l’Éternel, amenée avec joie de la maison d’Obed-Édom dans la ville de David, repose en son lieu, sous la tente que le roi a tendue pour elle. Et c’est à Nathan d’abord que David fait part d’un projet qui lui tient à coeur : construire le Temple, une demeure digne de l’Arche, ce signe précieux entre tous de la présence effective de l’Éternel au milieu des fils d’Israël.

Ce roi pieux n’a-t-il pas, au cours de sa déjà longue carrière et dans des jours autrement difficiles, montré son attachement profond à l’Arche (Ps. 132) ? Tout semble le désigner pour entreprendre une telle oeuvre. Les pensées qu’il exprime ne sont-elles pas le fruit d’un coeur exercé, prompt à donner à Dieu la gloire et la place qui lui reviennent ? Aussi Nathan, sans prendre le temps de rechercher la pensée de l’Éternel, sans plus attendre, donne son assentiment : «Va, fais tout ce qui est dans ton coeur». Car, il l’affirme : «l’Éternel est avec toi» (v. 3). Cette scène comporte une instruction sérieuse pour chacun d’entre nous ! Telle tâche paraît être vraiment à la gloire de Dieu ; sommes-nous pour autant assurés que le moment est venu où le Seigneur veut qu’elle s’accomplisse ? Pour le discerner, il faut s’adonner à la prière et attendre les directions qu’Il ne manquera pas de nous fournir par sa Parole éclairée par son Esprit.

«Cette nuit-là... la parole de l’Éternel vint à Nathan, disant : Va, et dis à mon serviteur, à David : Ainsi dit l’Éternel...». Nathan aussitôt retourne auprès du roi et lui annonce que le précieux travail de construction du temple est, dans la pensée de Dieu, réservé au fils de David. Mais en outre, par pure grâce, les conseils divins sont déployés devant le roi. Ils vont bien au-delà de Salomon, aussi glorieux que doive être son règne. Ils concernent Celui, qui parmi tous ses merveilleux titres de gloire, portera celui de Fils de David. «Son trône sera affermi pour toujours» (v. 16). De même si Dieu doit nous frustrer de quelque projet longuement chéri par nos coeurs (Job 17:11), il fait plus que le compenser par ce qu’il nous révèle. Ainsi les déceptions et les épreuves, quand la foi les traverse avec patience, ne sont que des moyens employés par Dieu pour nous introduire dans un ordre de bénédictions plus élevé.

 

1.2   Nathan se laisse instruire par Dieu — Heureuses conséquences

Nathan a parlé fidèlement à David, «selon toutes ces paroles et toute cette vision» (v. 17). Pourtant celles-ci montraient clairement qu’il avait d’abord parlé légèrement de ses lèvres, qu’il avait «couru» sans avoir été envoyé (Jér. 23:21). En son temps Jonas se montrera autrement soucieux de sa réputation de prophète (Jonas 4:1, 2). Il devra passer encore par de douloureux exercices pour apprendre qu’il n’est rien, lui qui pourtant croyait être quelque chose (comp. 1 Cor. 3:7 ; 2 Cor. 12:11).

Rien de tel chez Nathan. Il se laisse instruire et façonner ; aussi, plus tard, Dieu pourra-t-il l’employer pour un service plus difficile encore. Heureuse conséquence immédiate, David entre devant l’Éternel, il s’assied, il adore. Tel sera toujours le résultat d’un service accompli pour la seule gloire de Dieu. Il produira la louange «au seul Dieu, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus Christ» (Jude 25 ; comp. 2 Cor. 9:12, 13).

 

2                    David, son péché et les conséquences

2.1   Perte de la communion et péché

2 Samuel 11 et 12 : Les années ont passé. David, parvenu au faîte de la gloire, reste couché sur son lit de repos «au temps où les rois entrent en campagne». Absent du combat, il se laisse surprendre par la convoitise que lui présente habilement l’ennemi de nos âmes, celui qui rôde constamment autour de nous cherchant qui il pourra dévorer. En ces heures terribles, usant pour son malheur de sa puissance temporelle, le roi David va de chute en chute. Ne fait-il pas même finalement porter par Urie, cet Israélite pieux, sa propre sentence à mort ? Joab sera trop heureux de se faire complice de ce mal, pensant asseoir ainsi définitivement son influence sur David.

Et pendant de longs mois, David, cet homme en qui l’Esprit de l’Éternel avait tant de fois parlé, n’est plus en communion avec Dieu... sans paraître en souffrir. Ainsi un navire peut courir un moment sur sa lancée, moteur coupé, en vertu de la vitesse acquise. Un croyant peut avoir encore l’apparence de la piété alors que ses vraies relations avec Dieu sont interrompues. Cet état misérable, plus tard, David le confessera sans réserve (Ps. 32:3, 4).

 

2.2   Nathan utilisé pour réveiller la conscience

Dieu n’abandonne jamais les siens. Aussi envoie-t-il Nathan, qui, par une parabole saisissante, amène le roi coupable à prononcer lui-même sa condamnation. Le coeur et la conscience de David sont en mauvais état, mais son jugement reste juste... et lorsque le roi déclare : «l’Éternel est vivant que l’homme qui a fait cela est digne de mort !» le prophète lui répond aussitôt : «Tu es cet homme» (2 Sam. 12:5, 7). Parole grave et sévère, d’un effet sur la conscience que rien ne peut rendre.

Données de Dieu, les paroles de Nathan — comme celles d’Élihu à Job — ne laissent aucune place à la flatterie (Job 32:21, 22). N’oublions jamais que la bouche flatteuse amène la ruine, alors qu’être repris par le juste est une huile excellente (Prov. 26:28 ; Ps. 141:5). David s’est humilié : «J’ai péché contre l’Éternel» ; le prophète peut lui dire de la part de Dieu : «Aussi l’Éternel a fait passer ton péché : tu ne mourras pas ; toutefois... le fils qui t’est né mourra certainement» (v. 14).

 

2.3   Nathan utilisé pour la restauration et au temps de l’épreuve

David est restauré par la merveilleuse grâce de Dieu, cette grâce dont chaque croyant est l’objet béni, le témoin vivant. De précieux psaumes (32 et 51) sont les preuves évidentes de la communion retrouvée. À la dédicace du second, le nom de Nathan est associé. Quelle joie aujourd’hui encore pour un serviteur de voir le travail de Dieu pour restaurer une âme, en vertu du sang précieux de Christ versé à la croix !

David connaîtra des jours d’épreuves. L’épée ne s’éloignera pas de sa maison. Mais s’appuyant résolument sur Dieu, il aura en Nathan cet «ami qui aime en tout temps, ce frère né pour la détresse» (Prov. 17:17). Mystère de la grâce, la parole de Dieu nous dit que l’Éternel «aima» le second fils de David et de Bath-Shéba. «Il envoya par Nathan le prophète» et l’enfant, «à cause de l’Éternel» est appelé Jedidia, c’est-à-dire bien-aimé de l’Éternel (ch. 12:24, 25).

 

2.4   Nathan utilisé pour la louange

Nathan fut aussi, avec Gad, d’une aide précieuse à David quand il eut à coeur de disposer de façon harmonieuse le chant de louange et les cantiques d’actions de grâce (voir Néh. 12:46), dans la présence de l’Éternel. Au temps du pieux Ézéchias, cette règle est retrouvée (2 Chron. 29:25) de sorte qu’au «moment où commença l’holocauste, le cantique de l’Éternel commença». La vraie louange est intimement liée à la bonne odeur de Christ, comme offrande et sacrifice à Dieu.

 

2.5   Nathan utilisé au temps de la faiblesse

David est maintenant avancé en âge. Adonija, son fils, se lève et déclare, rempli d’orgueil : «Moi, je serai roi» (1 Rois 1:5). Il n’y a aucune crainte de Dieu chez lui. Il était bien connu de tous que Dieu avait choisi Salomon. Dès lors c’est contre Dieu lui-même qu’Adonija se rebelle. Il trouve des complicités dans l’entourage même du roi David. Abiathar, le sacrificateur, oubliant les recommandations de David au début de sa carrière (1 Sam. 22:23) suit Adonija. Et ce dernier, entouré de si belles apparences, devient tout aussitôt, un centre de rassemblement pour le plus grand nombre. Mais il ne saurait l’être pour la foi. Nathan, en particulier, ne fut pas avec lui (v. 8). Adonija se garde bien de l’inviter au festin au cours duquel il compte proclamer son règne. Mais si le roi affaibli par l’âge ne sait pas ce qui se passe, le serviteur fidèle veille à ce que les conseils de Dieu s’accomplissent. Le bien-aimé de l’Éternel doit régner. Le sachant, David s’était lui-même engagé par serment. Aussi Nathan met-il dans la bouche de Bath-Shéba des paroles empreintes tout à la fois de respect et de hardiesse. Puis il intervient à son tour et ses paroles sont toutes remplies de sagesse et de vérité. Il révèle au roi qu’aucun des serviteurs dévoués de David n’a été invité et surtout que Salomon a été volontairement laissé de côté. Ainsi le monde et ceux qui sont sous la domination de l’adversaire ont rejeté et rejettent Christ et les siens. «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous». Mais la parole, dont Nathan est ici le dépositaire, demeure. Les conseils de Dieu sont immuables. «J’ai oint mon roi sur Sion... Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre» (Ps. 2:6 à 8). Le courage de David est ranimé, il donne des ordres décisifs. Il appartiendra à Nathan — le prophète — et à Tsadok — le sacrificateur — d’oindre Salomon roi sur Israël à Guihon. Tout le peuple se réjouit et les conjurés, saisis de peur, s’enfuient.

Le résidu d’Israël, à l’aube du règne de Christ, l’acclamera aussi. Mais quelle ne sera pas la joie de ceux qui ont suivi le Sauveur au temps de son rejet, appelés par la grâce souveraine de Dieu à partager son gouvernement et son règne sur Israël et sur les nations !

 

3                    Nathan béni dans sa famille

Nathan comptera deux fils parmi les princes du roi Salomon. L’un sera préposé sur les intendants et l’autre, principal officier, sera «l’ami du roi» (1 Rois 4:5). Ils pourront jouir de la gloire du royaume dans une position d’honneur et d’intimité particulière. Nathan connaît ainsi la joie qui est le profond désir de tous les parents vraiment dévoués à Christ. Joie si bien exprimée par l’apôtre : «Je n’ai pas de plus grande joie que ceci, c’est que j’entende dire que mes enfants marchent dans la vérité» (3 Jean 4).

 

4                    Appliquons-nous à bien servir

Dieu a donné Nathan, il a formé cet instrument pour le service auquel, selon son conseil, il l’appelait en sa génération (Actes 13:36). Il l’a rempli, comme Betsaléel, de la sagesse, de l’intelligence et de la connaissance nécessaires (Ex. 31:1 à 6). Et Nathan, docile dans la main de Dieu, a «bien servi» et acquis «un bon degré... et une grande hardiesse dans la foi» (1 Tim. 3:13). Chaque enfant de Dieu a reçu, comme lui, un service dont il doit s’acquitter. Appliquons-nous à le remplir avec fidélité, pour la gloire du Seigneur et la recherche de ses intérêts dans ce monde et au milieu de l’Assemblée.