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TSIKLAG

 

ou la discipline de Dieu envers le croyant

 

 

Philippe Laügt

Mars 2004

Table des matières :

1     David pourchassé

1.1     Abandonné

1.2     1 Samuel 25 — Préservé

1.3     Où mettre sa confiance ?

2     Le refuge trouvé chez l’ennemi

2.1     1 Samuel 27:1

2.2     1 Samuel 27:2

2.3     1 Samuel 27:3-4

2.4     1 Samuel 27:5-7

2.5     1 Samuel 27:8-12

3     Au milieu de l’ennemi en guerre contre Israël

3.1     1 Samuel 28:1-2

3.2     1 Samuel 29:1-5

3.3     1 Samuel 29:6-9

3.4     1 Samuel 29:10-11

4     La discipline de Dieu

4.1     1 Samuel 30:1-4

4.2     1 Samuel 30:5-6a

4.3     1 Samuel 30:6b

4.4     1 Samuel 30:7-8

4.5     1 Samuel 30:9-20

4.6     1 Samuel 30:21-25

 

 

1                        David pourchassé

1.1   Abandonné

Pour échapper à la folie meurtrière de Saül, David a dû tout quitter : femme, maison, amis et la position élevée qu’il occupait à la cour royale. Il a perdu ses moyens habituels de subsistance et il va errer çà et là, pendant des années. Dieu le fait passer par l’épreuve, mais il fortifie sa foi. Il lui apprend à connaître son propre cœur et l’amène à se reposer sur Sa seule grâce. Dans la détresse, abandonné même finalement de son ami Jonathan, un grand absent dans la caverne d’Adullam (1 Sam. 22:1-4), David s’écrie : « Jusques à quand vous jetterez-vous sur un homme et chercherez-vous tous à le renverser » (Ps. 62:3) ? Sommes-nous disposés à laisser le confort et les agréments de ce monde pour « sortir vers Lui hors du Camp, portant son opprobre », confessant que nous n’avons pas ici de cité permanente et que Christ suffit à nos cœurs (Héb. 13:13-14) ?

Mais Celui qui donne des chants de joie dans la nuit, se tient près de David. Il dira dans un autre Psaume : « Tu as connu mon sentier .... J’ai crié vers toi, Éternel ! J’ai dit : Tu es mon refuge, ma part dans la terre des vivants » (Ps 142:3-5). Contre cet homme pieux, Satan multiplie ses efforts : il sait que le Messie sera appelé « Fils de David » (Marc 12:35). Alors il cherche à faire tuer David par Saül ou par les Philistins. La violence ayant échoué, il va user de ruse pour le faire tomber.

 

1.2   1 Samuel 25 — Préservé

Sollicité avec humilité par les envoyés de David, Nabal refuse, avec des paroles injurieuses, de leur donner des vivres, en retour de la protection qu’ils ont accordée à ses bergers (1 Sam. 25:10-11). Quand il l’apprend, David, très irrité, part avec toute sa troupe, décidé à tuer cet homme et à détruire tout ce qui lui appartient (1 Sam. 25:13, 21-22). Mais Dieu permet qu’Abigaïl aille à sa rencontre. Au moment convenable, elle se prosterne devant David et le met en garde contre un terrible danger : donner libre cours à sa colère et se faire justice à lui-même. D’avance elle se montre convaincue que l’Éternel a empêché David d’en venir au sang (1 Sam. 25:23-26) ! Ce serait une tache indélébile sur son règne, quand Dieu établirait David prince sur Israël, ce dont cette femme de foi ne doute pas ! Quand David entend Abigaïl lui dire « Mon seigneur combat les combats de l’Éternel et la méchanceté n’a jamais été trouvée en toi » (1 Sam. 25:28, 31), sa conscience est touchée. Les plans de l’Ennemi sont déjoués. David reconnaît la main de l’Éternel et lui rend grâces de l’avoir empêché de s’égarer (1 Sam. 25:32).

 

1.3   Où mettre sa confiance ?

En deux autres occasions, à En-Guédi et sur la colline de Hakila, il résiste aux sollicitations de ses compagnons, qui le pressent d’en finir avec Saül, cet ennemi acharné, qui est à sa merci (1 Sam. 24:5 ; 26:3-25). Mais une de ses paroles inquiète : pourquoi dit-il à Saül : « L’Éternel rendra à chacun sa justice et sa fidélité » (1 Sam. 26:23) ? David est-il sûr de lui ? A-t-il donc pris confiance en sa chair ? Si c’est le cas, son comportement, peu après, n’est pas surprenant.

 

2                        Le refuge trouvé chez l’ennemi

2.1   1 Samuel 27:1

David est à la veille de monter sur le trône, il semble avoir tout surmonté ! Mais soudain, sans rechercher la pensée de l’Éternel, il prend une décision irréfléchie. Quelle surprise d’apprendre les pensées secrètes dans son cœur : « Maintenant, je périrai un jour par la main de Saül. Il n’y a rien de bon pour moi que de me sauver en hâte dans le pays des Philistins et Saül renoncera à me chercher.... j’échapperai à sa main » (1 Sam. 27:1). C’était manifestement un manque de foi de sa part. Il avait pourtant déjà écrit : « Je ne craindrais aucun mal ; car tu es avec moi » (Ps. 23:4). Avait-il oublié les expériences humiliantes liées à son précédent séjour chez le roi de Gath et les avertissements du prophète Gad (1 Sam. 21:10-15 ; 22:5) ? Nous ne savons pas toujours, hélas, retenir les leçons de nos défaillances passées et mettre en pratique les principes directeurs d’une vie de foi (Héb. 10:38 ; Ps. 62:1). Il n’est jamais sage de chercher à éviter l’épreuve en cherchant un compromis avec le monde.

 

2.2   1 Samuel 27:2

Le chemin descendant paraît souvent facile, mais il s’éloigne de plus en plus de Dieu (voir Jonas 1:3) ! De plus David entraîne après lui Abigaïl et ses six cents hommes. Quelle mauvaise influence il exerce et quelle grande responsabilité est la sienne ! En fait il est découragé et amer : il estime avoir été chassé de l’héritage de l’Éternel (1 Sam. 26:19) mais c’est lui qui quitte délibérément le pays, peu après avoir pourtant épargné Saül avec tant de noblesse ! N’a-t-il plus confiance dans les soins de Dieu, dont il a fait si souvent l’expérience ? A t-il oublié que jusqu’ici il consultait l’Éternel, deux fois plutôt qu’une, si nécessaire ? (1 Sam. 23:2 et 4). Maintenant il suit, dans l’indépendance, son propre chemin. Quel contraste avec le Fils de David, qui s’est toujours proposé l’Éternel devant Lui (Ps. 16:8). À l’heure la plus terrible sur son chemin vers la Croix, il dit : « Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22:42).

 

2.3   1 Samuel 27:3-4

En quittant Juda, David obtient l’avantage immédiat qu’il escomptait : Saül abandonne ses recherches. David n’est plus poursuivi « comme une perdrix dans les montagnes » (1 Sam. 26:20) mais les conséquences de sa chute seront amères ! La condition de pèlerin lui pèse, avec ses dangers et l’inconfort d’une vie errante. Peut-être des pensées comparables se développent-elles dans nos cœurs, en réalisant les limitations d’une vie de foi ? Quel accord pouvait-il y avoir avec ces Philistins (2 Cor. 6:14-17) ?

 

2.4   1 Samuel 27:5-7

Pourtant David n’hésite pas à demander à Akish, ce roi philistin : « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, qu’on me donne un lieu dans une des villes de la campagne, et je demeurerai là » (1 Sam. 27:5). Il souhaite connaître enfin les facilités et le « confort » d’une ville ! Il obtient Tsiklag, qui avait appartenu à Juda puis à Siméon (Jos. 15:31 ; 19:5). Les Philistins s’en étaient emparés. David y habitera seize mois durant ; il n’aura plus besoin de se déplacer sans cesse pour échapper aux efforts de Saül pour l’encercler !

 

2.5   1 Samuel 27:8-12

Avec ses hommes, David fait des incursions chez les ennemis d’Israël, en particulier contre les Amalékites. Dieu avait ordonné de les détruire (1 Sam. 15:3 ; Ex. 17:14 ; Deut. 25:15-17). Mais il ment à Akish et prétend avoir fait des razzias contre Juda ! Son séjour à Gath est marqué par la fausseté et la violence. David prend soin de ne pas laisser âme qui-vive, « de peur qu’ils ne rapportent quelque chose contre nous », ainsi l’explique t-il à ses hommes (1 Sam. 27:8-11). Dieu permet que ce stratagème réussisse et Akish a confiance en David. Il croit qu’il s’est mis en mauvaise odeur auprès de son peuple Israël, et il en conclut qu’il sera son serviteur à toujours. Chrétiens, soyons sur nos gardes ! Un des objectifs de ce monde est d’amener un croyant à oublier pratiquement son héritage céleste, et de faire de lui son serviteur. Il faut confesser avec beaucoup de tristesse qu’il y parvient souvent ! D’où la faiblesse extrême de notre témoignage.

 

3                        Au milieu de l’ennemi en guerre contre Israël

3.1   1 Samuel 28:1-2

La situation va s’aggraver pour David. Il est pris dans un filet qu’il a lui-même tissé. Les Philistins décident de partir, une fois encore, en guerre contre Israël. Et le roi Akish ne doute pas un instant que David et ses hommes seront à ses côtés. La grâce de Dieu délivre merveilleusement David de ce piège (Ps. 25:15 ; 124:7), mais, hélas, tous ne s’échappent pas comme lui. Ils ne retrouvent plus leur capacité spirituelle, leur témoignage, la paix et le repos de leur âme. Leur vie devient une véritable tragédie ! À l’instar de sa conduite, la réponse de David à ce roi, est ambiguë. Quand Akish vient lui commander de descendre avec lui au camp des Philistins, rangés en bataille à Aphek, David répond : « Aussi tu sauras ce que ton serviteur fera ». Satisfait, Akish lui promet : « Aussi je t’établirai, pour toujours, gardien de ma personne ! (1 Sam. 28:1-2). Une place inattendue pour l’Oint de l’Éternel ! Où est cette foi qui avait permis à David de remporter une si grande victoire, au nom de l’Éternel, contre ce géant, champion des Philistins, dans la vallée d’Ela ? (1 Sam. 17:45-47). David s’est éloigné de Dieu et il continue à jouer son double-jeu. Parfois, un croyant qui s’est associé au monde, peut, pour un temps, sembler prospérer. Mais le moment vient où sa fausse position devient intenable.

 

3.2   1 Samuel 29:1-5

« David et ses hommes passèrent à l’arrière-garde avec Akish » (1 Sam. 29:2). Alors Dieu, en grâce, intervient en faveur de son serviteur égaré (Ps. 18:16-17). Pour le délivrer, Il se sert des chefs des Philistins. Leur défiance est fort légitime, ils jugent sa présence incongrue et ne veulent pas de David à leurs côtés dans la bataille. Ils exigent d’Akish le renvoi immédiat de ces Hébreux ! (1 Sam. 29:3-5). Et, malgré son désir de conserver son protégé à ses côtés, le roi, devant leur méfiance et leur colère, doit céder et renvoyer David en son lieu (1 Sam. 29:4). Ces Philistins ont gardé un cuisant souvenir de ce David. Ils se souviennent très bien qu’après sa victoire décisive sur Goliath, un type de Satan, les femmes s’entre-répondaient dans les danses. Elles redisaient à l’envie : « Saül a frappé ses mille et David ses dix mille ». Paroles insupportables pour l’orgueil de Saül, mais douloureuses aussi pour les Philistins, leur rappelant leur défaite ! (1 Sam. 18:6-9).

 

3.3   1 Samuel 29:6-9

Quel témoignage immérité le roi Akish rend ici à David : « Je n’ai pas trouvé de mal en toi, depuis le jour de ton entrée auprès de moi jusqu’à ce jour » ! Ces paroles auraient dû toucher profondément la conscience du fils d’Isaï ! Tel est parfois le triste résultat d’une conduite dissimulée devant les hommes, faciles après tout à tromper, mais « toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons affaire (Héb. 4:13). Akish déclare même : « l’Éternel est vivant que tu es un homme droit » (1 Sam. 29:6-7) ! En réalité, c’est une des pages les plus humiliantes de l’histoire de David : On a peine à imaginer qu’il est ainsi prêt à renier sa foi et son caractère. Il proteste : « Mais qu’ai-je fait » ? Et se déclare ouvertement prêt à combattre ceux qu’il appelle « les ennemis du roi, mon seigneur » (1 Sam. 29:8) ! Est-il possible que David soit disposé à combattre contre son peuple, à se désolidariser à ce point de ses frères ? Akish, trompé par de telles paroles, déclare : « Tu es agréable à mes yeux, comme un ange de Dieu » (1 Sam. 29:9). David n’est-il pas repris dans son for intérieur, en voyant cet incirconcis nourrir une si haute opinion à son égard ? En relatant cette scène, Dieu fait toucher du doigt à quel point nous pouvons errer loin de Lui. En fait David aurait pu entendre les paroles de Jéhu, le voyant, à Josaphat : « Aides-tu au méchant, et aimes-tu ceux qui haïssent l’Éternel » (2 Chr. 19:2) ?

 

3.4   1 Samuel 29:10-11

Renvoyés, David et ses hommes sont obligés de retourner de bon matin au pays des Philistins. Réalisent-ils que Dieu leur est venu en aide au moment le plus critique ? Il s’en est fallu de peu que David ne parte combattre contre Jonathan et contre le peuple d’Israël, sur lequel il doit régner ! Dans sa fidélité, l’Éternel ne l’a pas abandonné (2 Tim. 2:13) ! Les plans de l’ennemi sont encore déjoués, mais la communion de David avec son Dieu est interrompue (Ps. 63:1-2) ? Durant tout son séjour en Philistie, on n’entend pas une seule parole, une seule prière, un seul psaume adressé par le « doux psalmiste d’Israël » à l’Éternel (2 Sam. 23:1).

 

4                        La discipline de Dieu

4.1   1 Samuel 30:1-4

Comme tout serviteur désobéissant, David est l’objet de soins appropriés : Il a affaire à la discipline d’un Dieu de sainteté (Héb. 12:6-8 ; Ps. 23:4). Après plus de cent cinquante kilomètres, et trois jours de marche, David et ses compagnons découvrent avec stupeur que les Amalékites ont fait une incursion. Ils ont frappé Tsiklag, l’ont mise à sac et brûlée par le feu (1 Sam. 30:1). Toutefois la Parole révèle aussitôt que ces pillards n’ont tué personne, chose vraiment inhabituelle, mais Dieu veille ! Ils ont emmené captifs les femmes et les enfants. Devant un tel spectacle de désolation, « David et le peuple élevèrent leurs voix et pleurèrent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de force en eux pour pleurer » (1 Sam. 30:4). Quand Dieu rompt les clôtures, tous ceux qui passent pillent son peuple (Ps. 80:12).

 

4.2   1 Samuel 30:5-6a

David est dans une grande détresse. En effet le peuple, plein d’amertume, chacun à cause de ses fils et à cause de ses filles, parle de le lapider (1 Sam. 30:5-6). Il avait pourtant dans le passé montré beaucoup de bonté à leur égard. C’est vers lui que, dans la caverne d’Adullam, descendait « tout homme qui avait de la détresse dans le cœur ». Il avait en particulier accueilli Abiathar, réchappé du massacre des sacrificateurs. Il avait alors prononcé des paroles consolantes : « Demeure avec moi, ne crains point ; car celui qui cherche ma vie, cherche ta vie, et près de moi, tu seras bien gardé » (1 Sam. 22:2, 23). Mais David a depuis longtemps négligé d’interroger l’Éternel. Il n’a pas veillé sur ses pensées, il a écouté les suggestions de Satan et suivi un chemin d’égarement. Prenons soin d’amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10:5).

 

4.3   1 Samuel 30:6b

Entouré des cendres de sa maison, ayant perdu femmes et enfants, insulté par ses amis déçus, il moissonne les fruits amers de ce qu’il a semé. Va t-il se décourager et sombrer dans le désespoir ? Un temps de défaillance est toujours dangereux. Un manquement peut en entraîner un autre. Mais au moment où tout fait défaut à David, il retrouve le sentier d’une foi dépendante de Dieu, il va être à nouveau rempli de puissance et de joie. Il est si précieux de dire en toute vérité : mon Dieu. Comme Asaph, David peut s’écrier : « Ô Dieu des armées ! Retourne, je te prie ; regarde des cieux, et vois, et visite ce cep, et la plante que ta droite a plantée et le provin que tu as fortifié pour toi » (Ps. 80:14-15). La foi se tourne toujours vers Dieu et accepte sa discipline. C’est le seul chemin de la restauration : David se fortifie en l’Éternel son Dieu.

 

4.4   1 Samuel 30:7-8

À l’orgueil et à l’hypocrisie succèdent l’humilité et le brisement. David a retrouvé le chemin de la dépendance. Il demande à Abiathar, le sacrificateur, d’apporter l’éphod, sur lequel se trouvaient les Urim et ses Thummim, qui signifiaient Lumières et Perfections (Ex. 28:6-30). Nous recevons les directions par la lumière de la Parole de Dieu, et le Saint Esprit est là pour l’éclairer en perfection (voir Lév. 8:8 et Nom. 27:21). Ici, David interroge l’Éternel : « Poursuivrai-je cette troupe ? L’atteindrai-je » (1 Sam. 30:7-8) ? La réponse est digne de Dieu : « Poursuis, car tu l’atteindras certainement, et tu recouvreras tout » (1 Sam. 30:8). Elle dépasse ses espérances. La main de Dieu est sur son Oint, sur l’homme de Sa droite, sur le fils de l’homme que Dieu a fortifié pour Lui (Ps. 80:17).

Si David est un homme ayant « les mêmes passions que nous », il est aussi, à plusieurs reprises dans son histoire, un type de Christ, et à ce titre l’objet de soins tous particuliers de la part de Dieu. Dieu a ainsi répondu à Celui qui durant les jours de sa chair, a offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort. Et Il a été exaucé à cause de sa piété (Héb. 5:7-9). C’est le manque d’obéissance chez David qui a produit cette tristesse. Par contre, la parfaite obéissance du Seigneur ne lui a pas épargné une grande amertume et une extrême souffrance.

Ce récit illustre également le paradoxe de l’expérience chrétienne. Un croyant peut sembler florissant, entouré d’amis dévoués et être pourtant très affaibli au point de vue spirituel. Alors l’épreuve nécessaire survient (1 Pier. 1:6) et soudain ce croyant réalise toute sa pauvreté et sa misère (Apoc. 3:17). Il se tourne vers Dieu et trouve en Lui des ressources parfaites pour traverser cette tourmente, sans sombrer (Ps 119:71, 67).

 

4.5   1 Samuel 30:9-20

La discipline fait son œuvre salutaire (Héb. 12:11) : David s’engage résolument, avec une énergie retrouvée, sur la piste des ravisseurs. Au torrent du Besçor, il laisse deux cents hommes, trop fatigués pour suivre la troupe : ils seront fort utiles pour garder les bagages. Dieu va employer un moyen surprenant pour aider David à retrouver les ravisseurs (1 Cor. 1:27) : C’est un pauvre esclave, entre les mains d’Amalek (une figure de la chair). Il a été abandonné par ses maîtres, il est recueilli et réconforté par David, qui est ici, à nouveau, un beau type de Christ. Ce jeune homme illustre la condition misérable d’un pécheur perdu, laissé par Satan à demi-mort au bord du chemin, dans un état de faiblesse totale. Seul le Seigneur est en mesure de ranimer, de donner la capacité et le désir de Le servir.

David pose à ce garçon des questions d’une portée capitale pour chacun d’entre nous. « À qui es-tu ? et d’où es-tu ? ». Il raconte sa triste histoire et confesse avec franchise : « nous avons brûlé Tsiklag par le feu ». Il faut reconnaître sans réserve notre état de péché. Puis guidés par ce jeune égyptien pleinement rassuré sur les intentions de David à son égard, ils tombent à l’improviste sur les Amalékites, mangeant, buvant et dansant, comme ce monde se plaît à faire. C’est sa joie de servir son nouveau Maître. La joie de l’impie n’est que pour un moment. Une subite destruction vient sur eux (Job 20:5 ; 1 Thes. 5:3). Quant à David et les siens, selon la promesse divine, ils recouvrent tout.

 

4.6   1 Samuel 30:21-25

Mais dans son cœur, la discipline continuera à porter des fruits à la gloire de Dieu. Il comprend qu’il faut que tous aient part aux fruits de la grâce. Telle est sa réponse à certains de ses compagnons, prêts à se montrer égoïstes et jaloux. Ceux qui sont restés en arrière, contre leur gré, aux bagages, recevront la même part que ceux qui sont descendus à la bataille. « Il en fut ainsi dès ce jour-là et dans la suite, et on l’établit comme statut et comme ordonnance en Israël jusqu’à ce jour » (1 Sam. 30:25). D’une part il y a des combattants que Dieu aide grandement à remporter la victoire (1 Sam. 30:23-25) ! Mais aussi d’autres enfants de Dieu, infirmes ou malades, dans un combat de prière, en particulier pour leurs frères. Ils ne seront pas oubliés au jour de Christ, même si, apparemment, ils n’étaient pas en première ligne. Le Seigneur seul apprécie parfaitement la valeur du service rendu par l’un des siens et Celui qui « opère en nous le vouloir et le faire », prépare à chacun une récompense, à la mesure de son amour parfait !

Si Amalek – la chair — a remporté une victoire, ne nous décourageons pas. Fortifions-nous dans le Seigneur, cherchons auprès de Lui les directions. Poursuivons avec courage, avec foi et nous aussi, nous pouvons tout recouvrer (Phil. 3:14).

 

 

Dieu permet la détresse afin de nous bénir ;

Jamais sa main ne blesse pour nous faire souffrir.

Le sarment qu’Il émonde, c’est celui qu’il chérit

Afin que dans ce monde il porte plus de fruit.

 

Fidèle discipline d’un Dieu de sainteté,

Où la grâce divine abonde en fruit porté !

Tu formes sur la terre tes bien-aimés enfants.

Soit loué, tendre Père, pour tes soins vigilants !