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UN PAIN D’ORGE ROULAIT...    Juges 7:13

 

 

Quelques points saillants de l’histoire de Gédéon : Juges 6 à 8

 

Philippe Laügt

 

Table des matières:

1     Juges 6

2     Juges 7

3     Juges 8

 

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1988 p. 119

1                    Juges 6

Ce n’est pas l’outil qui compte mais la main qui le manie. Dieu se glorifie dans de faibles instruments, conscients de leur infirmité (1 Cor. 1:27-29). L’histoire de Gédéon en fournit une illustration frappante.

Une fois encore, Israël abandonne son Rédempteur et sert les idoles. L’Éternel lui laisse faire l’expérience des conséquences de son infidélité. Il le livre pendant sept ans en la main de Madian. Ce n’est pas volontiers qu’il afflige et contriste les fils des hommes (Lam. 3:33). Il nous discipline pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté (Héb. 12:10).

Ces nomades viennent ravager le pays. Israël est fort appauvri, il n’y a plus de nourriture. Lévitique 26:16 se réalise. Satan et ceux qui sont dans sa main sont toujours prêts à nous priver de la jouissance de nos bénédictions en Christ. Veillons à ne pas donner occasion au diable en nous éloignant du Seigneur. Bien que vaincu à la croix, Satan sera toujours plus fort que nous si nous laissons notre communion avec Dieu s’interrompre.

Étrange spectacle ! Ce n’est pas l’ennemi mais le peuple de Dieu qui se cache dans les cavernes et les lieux forts (comp. Josué 10:16 et Juges 6:2). Alors, dans leur détresse, ils crient à l’Éternel. Nos efforts sont inutiles, nous devons tous apprendre cette grande leçon. Sans son secours, il n’y a point de délivrance.

Dieu va répondre à ces supplications car, dans son amour, il est en peine de la misère d’Israël (Juges 10:16). Mais il envoie d’abord un prophète. Il veut toucher la conscience, convaincre de péché et préparer son peuple au salut. Ce fidèle serviteur, dont le nom ne nous est pas communiqué, leur rappelle les actes puissants que Dieu a opérés en leur faveur pour les sauver de la main de l’oppresseur. Leur misère présente résulte uniquement de leur désobéissance (Jér. 2:19). Le péché interrompt la communion avec Dieu ; loin de Lui, nous faisons la terrible expérience de la famine spirituelle (Aggée 1:10, 11). Pour être restauré, il faut écouter Sa voix (Juges 6:10). Sommes-nous disposés à le faire ?

Le pillage systématique de l’héritage ne laisse pas Gédéon insensible. Le bas état d’Israël l’afflige profondément. Si nous sommes indifférents à l’état de l’Assemblée, à la condition spirituelle de nos frères, comment le Seigneur pourrait-il nous confier un service en leur faveur ? Il faut que le serviteur sente toute la misère du Témoignage pour répondre avec intelligence quand Dieu l’appelle.

Gédéon n’oublie pas les oeuvres glorieuses de Dieu (Aggée 2:3). Sans se décourager, il s’efforce de préserver un peu de nourriture dans ce temps de disette. Le froment est une figure de Christ, l’aliment par excellence, sans lequel notre âme dépérit.

Il craint d’être découvert par l’ennemi et, au lieu de battre le grain dans l’aire, il trouve refuge dans le pressoir. Et là, se croyant à l’abri de tout regard, il travaille, le fléau à la main.

Or cette activité secrète et persévérante est précieuse aux yeux de Dieu. Un élan de foi, si faible, si humble soit-il, retient toute son attention. Gédéon honore Dieu par son zèle et Dieu l’honore par sa présence (1 Sam. 2:30). Un ange est là, sous le térébinthe qui est à Ophra, et en silence le regarde faire. «Tu connais mon sentier... tu es au fait de toutes mes voies» (Ps. 139:1-6). Le Seigneur prend connaissance de tout. Que peut-il lire dans nos pensées, discerner dans nos voies ? Quelle est notre appréciation de Christ ? Avons-nous l’habitude de nous retirer à l’écart pour nous nourrir de Lui ?

L’instant d’après, la scène change. L’Ange de l’Éternel se montre à Gédéon. Il s’agit ici de Celui qu’Ésaïe appelle l’Ange de sa face (63:9). Et cet Ange déclare : «L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme» (Juges 6:12). Paroles étranges, incompréhensibles même, pour l’Abiézérite, conscient de sa faiblesse personnelle et de la ruine environnante. Dieu ne s’adresse pas à la raison mais à la foi. Il sait ce qu’il va faire de Gédéon, un vainqueur, et toute la gloire sera pour Dieu. Mais avant d’être envoyé, Gédéon doit être formé dans le secret, comme l’argile dans la main du potier.

Prenons garde de ne pas nous précipiter dans un service, quel qu’il soit. Restons à l’écart, dans l’intimité du Seigneur tout le temps désirable (Marc 3:13, 14).

L’Ange avait dit : «L’Éternel est avec toi...». Gédéon s’écrie : «Ah ! mon seigneur, si l’Éternel est avec nous...» (Juges 6:13). Heureuse disposition ! Comme Paul ou Moïse, il s’identifie à ses frères, il partage les souffrances et la pauvreté liées à leur état misérable. C’est seulement ainsi qu’il pourra leur venir en aide. Si nous aimons le Seigneur, nous serons animés des mêmes sentiments à l’égard des membres de son Corps (1 Cor. 12:25, 26).

Des questions longtemps retenues se pressent maintenant sur les lèvres de Gédéon : «Pourquoi donc toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont toutes ces merveilles que nos pères nous ont racontées ?» (voir Ps. 78:3, 4). Il pense que l’Éternel a abandonné son peuple et se désespère. Mais Dieu ne l’oubliera jamais, il est gravé sur les paumes de ses mains (És. 49:14-16 ; Osée 11:8 ; Mal. 3:6).

L’Éternel le regarde... voilà qui nous rappelle les regards pleins de douceur du Seigneur dans les Évangiles. Il lui dit : «Va avec cette force que tu as» (Juges 6:14). Quelles sont donc les ressources de Gédéon ? Est-il comme Saül, plus grand et plus beau que tout le reste du peuple ? (1 Sam. 9:2). A-t-il, comme Samson, une force hors du commun ? (Juges 16:3). Pouvait-il se prévaloir de capacités intellectuelles exceptionnelles ou tout simplement d’une place en vue dans sa tribu ? Non, il n’a rien de tout cela et il s’écrie aussitôt : «Ah ! Seigneur, avec quoi sauverai-je Israël ? Voici, mon millier est le plus pauvre en Manassé, et moi je suis le plus petit dans la maison de mon père» (Juges 6:15). Il est conscient de son insignifiance et ne tombe pas dans la faute du diable, l’orgueil. «Si n’étant rien, quelqu’un pense être quelque chose, il se séduit lui-même» (Gal. 6:3) et devient impropre pour le service.

Il ne faut pas non plus nous installer dans notre faiblesse. «Il y a toujours de la force en regardant à Dieu. Mais si nous nous occupons de notre faiblesse autrement que pour l’apporter à Dieu, cela devient de l’incrédulité» (JND). Notre capacité vient de Dieu (2 Cor. 3:5). Gédéon entend l’ordre divin, il reçoit aussi l’assurance que Dieu veut le soutenir : «Moi, je serai avec toi» (Juges 6:16), promesse qui a son parallèle dans Matthieu 28:20 et a toujours été une source de force pour ceux qui ont entendu l’appel du Seigneur.

La disette règne mais l’Abiézérite désire apporter un présent à l’Ange qui, dans sa condescendance, accepte. Le mets que Gédéon apprête montre sans doute qu’il a peu de discernement. Mais, posé sur le rocher, figure de Christ, il devient un sacrifice par feu que Dieu peut agréer. Alors Gédéon est saisi de crainte, il pense qu’il va mourir. N’a-t-il pas vu l’Ange ? Mais il entend : «Paix te soit». Le jugement divin est tombé sur la Victime que Dieu pouvait accepter. Ce sacrifice nous apporte la paix de la conscience et celle du coeur. Gédéon est maintenant assuré dans son âme ; il bâtit un autel, le premier, et devient un adorateur. Si nous sommes libres dans la présence de Dieu, un vrai service peut commencer.

Celui de Gédéon ne débute pas contre Madian, mais dans la maison paternelle. C’est là que doit se manifester d’abord notre obéissance. «Tu renverseras l’autel de Baal qui est à ton père et tu couperas l’ashère qui est auprès» (Juges 6:25). De fait, jusqu’alors, Gédéon était associé à cette infamie.

Quel compromis faisons-nous avec le monde ? «Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire» (Héb. 4:13). Si ce serviteur n’avait pas renversé ces idoles qui étaient chez lui, il aurait été incapable de poursuivre son service. D’ailleurs l’Esprit de l’Éternel ne le revêt qu’après qu’il ait obéi. Celui qui le connaissait parfaitement (Ps. 139:5, 6) ne lui dit pas : «Fais cette oeuvre de jour». Gédéon la fait de nuit, conscient des dangers qu’il court. Petite victoire, dira-t-on bien vite. Mais elle en prépare de plus grandes. Faibles que nous sommes, détruisons nos idoles sans le proclamer très haut. Souvent nous menons deuil sur notre manque de puissance dans le service du Seigneur. Mais si nous maintenons une idole dans notre coeur ou dans notre maison, comment Dieu pourrait-il nous bénir ? Comprenons la portée pratique de ces mots : renverser, couper, brûler ; ce sont des choses indispensables pour être ensuite en mesure d’offrir. Avec le bois de l’ashère, Gédéon peut construire un autel «avec l’arrangement convenable». Il a été rendu intelligent, il connaît mieux la pensée de Dieu. L’un des taureaux offert sur l’ordre divin avait sept ans. Exactement le temps qu’avait duré l’égarement du peuple. Pendant tout ce temps, l’adoration que Dieu est en droit d’attendre était retenue.

Les paroles des hommes d’Israël à Joas, le père de Gédéon, montrent combien leur asservissement aux idoles était grand : «Fais sortir ton fils et qu’il meure» (Juges 6:30). Et pourtant la miséricorde divine intervient encore pour délivrer le peuple dans un tel état !

Joas réalise que le faux dieu qu’il servait depuis si longtemps n’est rien, et Dieu se sert de cet homme pour délivrer son serviteur Gédéon. Joas déclare : «Que Baal plaide contre lui, car il a démoli son autel» (Juges 6:32). Depuis ce jour-là, Gédéon sera aussi appelé Jerubbaal.

Quand Dieu travaille, Satan ne reste pas inactif (1 Cor. 16:9). L’ennemi passe aussitôt le Jourdain. Amalek et les fils de l’orient se sont joints à Madian. Mais l’Esprit de l’Éternel revêt Gédéon. Il sonne de la trompette et envoie des messagers dans les tribus voisines. Une grande compagnie se rassemble vers lui, mais elle devra être épurée. Une chose est d’être attiré par le zèle et l’énergie d’un serviteur, une autre de posséder les qualités spirituelles qui feront de nous aussi des serviteurs fidèles. Notre sphère d’activité peut être restreinte, notre sentier obscur, mais ce qui est indispensable c’est la réalité, l’obéissance et la dépendance.

Avant d’entrer en campagne, Gédéon éprouve à nouveau le besoin de s’assurer du secours divin. Sa foi, quoique réelle, reste faible, elle réclame encore un appui. Il pourrait s’écrier, comme le père de l’enfant malade : «Je crois, viens en aide à mon incrédulité» (Marc 9:24). Dans sa sollicitude, Dieu lui donne les signes qu’il demande. Il peut le faire parfois, non pour établir la foi, mais pour la confirmer.

 

2                    Juges 7

À la source de Harod, la foi de Gédéon est mise à plus rude épreuve encore. Ils ne sont que 32000 devant cette horde de pillards, «nombreux comme des sauterelles» (Juges 7:12). Mais l’Éternel dit à son serviteur : «Le peuple qui est avec toi est trop nombreux pour que je livre Madian en leur main, de peur qu’Israël ne se glorifie contre moi, disant : Ma main m’a sauvé» (Juges 7:2). Il faut crier aux oreilles du peuple : «Quiconque est peureux et tremble, qu’il s’en retourne». Et 22000 hommes du peuple s’en retournèrent (Juges 7:3). Ils avaient quelque chose à perdre au combat (Deut. 20:1-8). Pour qu’un serviteur du Seigneur soit plein de courage dans son travail, il ne doit pas être embarrassé dans les affaires de la vie (2 Tim. 2:4). Pouvons-nous dire comme l’apôtre : «Je regarde même aussi toutes choses comme étant une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur» (Phil. 3:8) ?

Les rangs se sont beaucoup éclaircis et voici que Dieu dit à Gédéon : «Le peuple est encore trop nombreux ; fais-les descendre vers l’eau, et là je te les épurerai» (Juges 7:4). Gédéon obéit et Dieu choisit parmi eux ceux qui n’ont pas cherché leurs aises, ceux qui étaient en état d’alerte, dans l’attente du combat.

Soyons sur nos gardes ; les bonnes choses de la vie présente nous mettent souvent plus à l’épreuve que ne le font les mauvaises. Nous ne discernons pas toujours pourquoi Dieu choisit telle personne pour le servir. Peut-être dans une circonstance toute simple, de peu d’importance à nos yeux, a-t-elle cherché à plaire au Seigneur. Et il l’a appelée pour lui confier une tâche.

Gédéon a déjà souvent eu besoin d’être rassuré. Mais Dieu «sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière» (Ps. 103:14). Son serviteur reçoit un puissant encouragement. L’Éternel l’invite à descendre, de nuit, vers l’immense camp de Madian et ajoute : «Si tu crains d’y descendre, descends vers le camp, toi et Pura, ton jeune homme ; tu entendras ce qu’ils diront, et ensuite tes mains seront fortifiées» (Juges 7:10, 11). Une foi réelle reconnaît toujours sa faiblesse. Gédéon accepte cette leçon humiliante. C’est volontiers qu’il prend Pura avec lui. À l’heure du danger, un compagnon reçu de Dieu est d’un grand soutien. Ce chef qui paraît fort et courageux aux yeux de ses hommes est pourtant rempli de crainte.

Dieu a décidé qu’il recevrait de la bouche de l’ennemi la confirmation que Madian va être livré en sa main. Il entend le songe et son interprétation. Le portrait qui est fait de Gédéon n’est pas de ceux qui flattent la chair. Cette galette d’orge qui roule et fait tomber la tente de Madian, c’est lui, ce vaillant homme auquel tous s’attendent. C’est par un si faible instrument que Dieu va détruire l’ennemi. Si nous acceptions d’être toujours considérés comme un simple pain d’orge, la puissance de Dieu pourrait s’accomplir dans notre infirmité.

Gédéon se prosterne et retourne avec empressement au petit camp d’Israël. Plus abaissé que jamais à ses propres yeux, il déclare : «Levez-vous, car l’Éternel a livré le camp de Madian en votre main» (Juges 7:15).

«Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu» (2 Cor. 10:4). Pour livrer combat à Madian, Gédéon, enseigné par l’Éternel, donne à ses compagnons des instructions qui peuvent paraître étranges. Ils doivent prendre d’abord avec eux des trompettes. En sonnant avec éclat, le peuple qui allait à la guerre contre un ennemi qui le pressait était rappelé en mémoire devant l’Éternel et celui-ci le délivrait. Par ce moyen l’Éternel faisait connaître aussi sa pensée (Nomb. 10:1-10). À quoi correspondent pour nous ces trompettes ? À la Parole de Dieu qui doit régler constamment le rassemblement, la marche, le combat et l’adoration, pour chaque enfant de Dieu ; en un mot, tout ce qui se lie au témoignage.

Ces combattants insolites devaient prendre aussi avec eux des cruches vides qui dans un instant seraient brisées. Les compagnons de Gédéon devaient apprendre la même grande leçon d’humilité que leur chef au camp de Madian. Ces cruches vidées ne représentent-elles pas ce que chaque racheté est en lui-même ? 2 Corinthiens 4:1-11 fait ressortir la beauté de ce symbole. L’apôtre rappelle d’abord que nous sommes appelés à manifester la vérité afin que l’évangile de la grâce resplendisse devant les hommes. Il ajoute : «Mais nous avons ce trésor dans des vases de terre, afin que l’excellence de la puissance soit de Dieu et non pas de nous» (v. 7). Car «si nous ne sentons pas que le vase est de terre, nous ne sentirons pas non plus que la puissance est de Dieu» (JND).

Dans les cruches se trouvaient des torches destinées à répandre la lumière, cet autre aspect primordial du témoignage que Dieu nous confie. Le trésor, Christ, doit briller dans nos vies, être manifesté dans nos corps. Chaque chrétien est appelé à porter ce témoignage. D’où vient qu’il soit si faiblement rendu, sinon de ce qu’un ou plusieurs aspects de la vérité sont négligés ? La trompette ne doit pas rendre un son confus, elle doit résonner. La vie de Jésus ne peut vraiment être manifestée que si la cruche est brisée. La lumière de Christ ne doit pas non plus être mise sous le boisseau ou sous le lit, mais briller du plus vif éclat.

Gédéon dit à ses compagnons : «Regardez ce que je vais faire, et faites de même». Ils obéissent et c’est la victoire. Écouter et dépendre entièrement de Christ aura pour nous le même effet. Le pain d’orge et les cruches brisées sont des instruments convenables dans la main de Dieu. Ainsi toute la gloire est pour lui.

 

3                    Juges 8

Tant que Gédéon restera humble, il sera vainqueur. La contestation d’Éphraïm, rempli d’orgueil et de jalousie, est désarmée (Juges 8:1-3). S’effacer est le grand secret pour vaincre l’envie. Ce serviteur résiste à un piège plus subtil encore : «Domine sur nous, et toi et ton fils, et le fils de ton fils ; car tu nous as sauvés de la main de Madian» (Juges 8:22). Sa réponse réjouit : «Je ne dominerai point sur vous, et mon fils ne dominera point sur vous ; l’Éternel dominera sur vous». Mais pourquoi ajouter : «Je vous ferai une demande : Donnez-moi chacun de vous les anneaux de son butin» (Juges 8:24). Il n’y aura jamais eu qu’un seul Serviteur dont l’offrande sera montée toute entière vers Dieu. Quant à Gédéon, l’Ennemi a trouvé la faille, le défaut de la cuirasse. Et à l’or qu’il reçoit, on ajoute sans qu’il proteste «les vêtements de pourpre dont étaient couverts les rois de Madian» (Juges 8:26). Si nous nous laissons ainsi séduire, comment suivrons-nous Celui qui par amour pour nous a vécu dans l’humilité profonde et l’extrême pauvreté (2 Cor. 8:9) ? Telle est la vanité de nos coeurs. C’est dans sa ville, à Ophra, que Gédéon place l’éphod, souvenir tangible de la victoire. Par ce moyen, le MOI est réédifié et le serviteur précipité de son élévation morale, la seule qui ait du prix pour Dieu. À la fin de sa vie, sa famille et tout le peuple porteront les tristes conséquences de cette défaillance.

Quelle leçon importante pour nous rappeler notre besoin constant de dépendance dans une marche par la foi devant Dieu ! Aucune victoire ne nous donne d’assurance pour le pas suivant (Éph. 6:13).

Acceptons la place d’humilité où nous pourrons servir le Seigneur. «Quand je suis faible, alors je suis fort» (2 Cor. 12:10). La puissance du Christ demeure ainsi sur moi, la victoire est assurée, le Seigneur seul glorifié, Il en est digne !

 

Forme à ton service

Des coeurs plus joyeux,

Prompts au sacrifice,

Toujours sous tes yeux ;

Qui chantent, qui tremblent,

Remplis de ferveur ;

Des coeurs qui ressemblent

Au tien, cher Sauveur.