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REPHIDIM, un épisode de la guerre contre AMALEK

 

Exode 17

Philippe Laügt

Juin 2005

 

Table des matières :

1     Exode 14 à 17:7

1.1      Exode 14 à 16

1.2      Exode 17:1-7

1.3      Nombres 20

2     Amalek, un ennemi constant et très dangereux

3     Place prééminente de Moïse et de Josué dans cette guerre contre Amalek.

3.1      Josué

3.2      Moïse figure du Seigneur Jésus

3.3      Importance de la prière

3.4      Victoire finale

4     Amalek dans la suite de l’histoire d’Israël

5     L’ennemi cherche à ré-asservir ceux qui lui ont échappé

 

 

1                        Exode 14 à 17:7

1.1   Exode 14 à 16

Le peuple d’Israël avait murmuré avant même la Mer Rouge (Ex. 14:11-12). Il y avait ensuite chanté le cantique de la délivrance, mais à peine avait-il été confronté aux expériences du désert, que les murmures avaient recommencé, — à Mara d’abord (Ex. 15:24), au désert de Sin (1 Sam. 16:2) et bientôt à Rephidim, la dernière étape avant le Sinaï (Ex. 17:3). C’est une image fidèle de notre cœur ingrat, prompt à oublier cette bonté de Dieu qui demeure à toujours !

Pourtant il s’agit d’une période privilégiée dans l’histoire de ce peuple, celle qui se déroule avant d’arriver au Sinaï, avant qu’Israël dans sa folie, ne se place lui-même sous la Loi, se croyant capable de l’accomplir (Ex. 19:7-8 ; 24:7). Que de manifestations variées de la grâce de Dieu durant cette période ! Les Israélites reçoivent la manne, à satiété, et elle subsistera jusqu’au moment où ils atteindront la frontière du pays de Canaan, quarante ans plus tard. Cette manne est une image de Christ dans son humanité, le vrai pain venu du ciel, la nourriture excellente du pèlerin (Jean 6:31-33).

 

1.2   Exode 17:1-7

Israël ne tarde pas à regimber encore. Il tente et afflige l’Éternel par son incrédulité (Héb. 3:12 ; Deut. 32:15 ; Ps. 78:40-41). Il ose prononcer des paroles dures et injustes : « Est-Il au milieu de nous ou n’y est-Il pas ? » (Ex. 17:7). Au lieu de s’adresser à Dieu qui seul, pouvait répondre à leurs besoins, ils n’hésitent pas à menacer Moïse. Et c’est lui qui, une fois encore, se tient à la brèche devant l’Éternel (Éz. 22:30) et Le supplie d’intervenir. « Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront » (Ex. 17:4).

Alors, et malgré la gravité de leur péché, Dieu ne frappe pas les rebelles. Il ordonne à Moïse de frapper plutôt le rocher en Horeb, devant lequel Il se tient. Moïse se sert, devant les anciens, de la verge de Dieu, qui a déjà servi à fendre les eaux de la Mer Rouge.

Les eaux coulent en abondance. Elles vont par les lieux secs, comme une rivière. Dieu s’est souvenu de sa parole sainte et d’Abraham, son serviteur (Ps. 78:15-16 ; 105:41-42) . Ce fleuve d’eau vive est une figure du Saint Esprit (Jean 7:37-39). La soif de ce peuple au col roide est étanchée (Ps 107:35 ; És. 33:16).

La Parole donne la signification de ce grand miracle : « Ils buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait et le rocher était le Christ » (1 Cor. 10:4 ; Jean 4:14 ; És. 26:4). Le rocher en Horeb est une image de Christ souffrant et crucifié : « À cause de la transgression de mon peuple, Lui, a été frappé » (És. 53:8) ; le Seigneur a pris sous le jugement de Dieu la place que nous méritions.

 

1.3   Nombres 20

Moïse appelle le lieu Massa, ce qui signifie tentation, et aussi Meriba, c’est-à-dire contestation (Héb. 3:8). Et l’Écriture revient plusieurs fois sur la rébellion d’Israël, en particulier au moment où ils vont entrer dans le Pays (Deut. 6:16-17 ; 9:22 ; 33:8 ; Ps. 81:7 ; Ps. 95:8).

Mais ces noms s’appliquent également à un autre lieu, fort distant du premier, où Moïse, peu avant le terme du voyage à travers le désert, est confronté à des murmures comparables. Ici le rocher ne donnait plus d’eau : ils n’avaient pas, parce qu’ils ne demandaient pas (Jac. 4:2).

En présence de cet homme très-doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la surface de la terre (Nom. 12:3), ils regrettent d’avoir quitté l’Égypte, où tant de choses convenaient aux appétits de leur chair. Ils l’accusent d’avoir amené le peuple au désert pour le faire mourir !

Alors la gloire de Dieu apparaît à Moïse et Aaron et Il leur commande : « Vous parlerez devant leurs yeux au rocher et il donnera ses eaux ». Mais, hélas, Moïse perd patience et dit au peuple : « Écoutez, rebelles ! Vous ferons-nous sortir de l’eau de ce rocher ? (Nom. 20:10). Puis il prend sa verge et frappe le rocher au lieu de lui parler.

Dieu, dans sa fidélité, permet que les eaux coulent à nouveau, mais il annonce qu’à la suite de leur désobéissance, ni Moïse ni Aaron n’introduiront cette congrégation dans le pays que Dieu leur a donné ! « Ils n’ont pas cru l’Éternel pour Le sanctifier aux yeux d’Israël ! (Nom 20:11-13 ; Ps. 106:32-33).

Prenons garde de ne pas chagriner un serviteur de Dieu par un esprit de contestation, des murmures ou des critiques. Il pourrait en venir à prononcer des paroles regrettables, et il lui arriverait « du mal ». Nous sommes appelés au contraire à l’honorer (1 Tim. 5:17) !

 

2                        Amalek, un ennemi constant et très dangereux

Dieu connaît le chemin à l’avance : Les forces des siens sont renouvelées par la manne et l’eau du rocher. Aussitôt après que les eaux sont sorties du rocher, le conflit avec Amalek commence. La relation entre ces évènements est instructive. En figure, la manne parle de Christ descendu du ciel et le rocher frappé, de Christ crucifié. L’eau vive, elle, est une figure du Saint Esprit. Aussitôt après le conflit commence. Dieu a donc ici préparé Israël, comme Il le fit autrefois pour Abraham, avant la rencontre à haut risque avec le roi de Sodome (Gen. 14:18-23).

On a vu souvent en Amalek une figure de la chair. Ce n’est sans doute qu’une partie de la vérité : comprenons plutôt que Satan trouve toujours en elle une alliée naturelle. À Rephidim, l’ennemi est déjà à l’affût, pour harceler Israël et l’arrêter. Il voudrait même si possible le faire disparaître (Ps 10:8-10). Amalek est un grand peuple, « la première des nations » dira Balaam (Nom. 24:17-20). Il est issu d’Amalek, un petit-fils d’Ésaü. Ce frère de Jacob était un profane. Il avait méprisé Dieu en échangeant son droit d’aînesse contre un simple plat de lentilles. Et son fils Éliphaz, méprisant Dieu à son tour, avait prit une concubine : Amalek était leur fils (Gen. 36:12).

Si un croyant est faible ou malade, s’il est las et harassé (Ex. 18:8), s’il se traîne derrière la troupe des voyageurs, l’Ennemi pervers tire aussitôt avantage de la situation et tombe sur lui sans la moindre pitié (Deut. 25:17-18). Ne négligeons pas le jugement de nous-mêmes (1 Cor. 11:31). Veillons à garder une bonne santé spirituelle (3 Jean 2). Utilisons abondamment les ressources que Dieu met à notre disposition (Éph. 6:10-18).

Amalek, tel un oiseleur, dresse des pièges et guette le moment favorable (Jér. 5:26). Israël vient justement de pécher gravement. Alors, incapable de comprendre l’amour de Dieu et ignorant les ressources de sa grâce, Satan se déchaîne et se sert d’Amalek : il est persuadé que l’Éternel ne viendra pas au secours d’un peuple qui vient d’avoir l’audace de mettre en doute Sa présence au milieu de lui (Ex. 17:7), après toutes les preuves d’amour déjà reçues de Sa part ! Si cette attitude du peuple nous paraît impensable, c’est que nous nous connaissons encore bien mal. Aux heures de dénuement, de stress ou de difficulté, nous sommes constamment en danger de douter que Dieu est avec nous. Ce n’est pas seulement indigne, c’est tenter Dieu !

En réalité Dieu est pour son peuple (Rom. 8:31). Même s’Il doit le discipliner, et se servir pour cela d’une verge (És. 10:5), Il ne permettra jamais à l’ennemi de le détruire ! (Nom. 23:8, 20-23). Luther le rappelle dans un cantique :

 

C’est un rempart que notre Dieu,

Une invincible armure.

Que peut faire l’Adversaire ?

L’Éternel détourne ses coups !

 

La même puissance qui a opéré pour ressusciter Christ d’entre les morts, opère maintenant en faveur du plus faible racheté (Éph. 1:19 ; 3:20). Elle est sa ressource dans la bataille. La victoire est assurée, même si l’ennemi (Amalek) paraît avoir momentanément le dessus. Sa fin sera la destruction (Nom. 24:20).

 

3                        Place prééminente de Moïse et de Josué dans cette guerre contre Amalek.

3.1   Josué

Josué (Sauveur) est une figure de Christ, conduisant les siens avec l’énergie de l’Esprit. C’est la première fois que la Parole parle de Josué. Il appartient à la tribu d’Éphraïm. La Parole dit qu’il est jeune (Ex. 33:11 ; Nom. 11:28) ; il s’est déjà préparé, pendant ces années capitales de la jeunesse, sans savoir encore à quel service Dieu le destinait (Nom. 11:28). À la fin du désert, il est reconnu comme un homme en qui l’Esprit de Dieu agit (Nom. 27:18). C’est un exemple propre à encourager chaque jeune chrétien.

Moïse, visiblement, le connaît déjà, comme Paul connaissait Timothée, et en conducteur expérimenté, il lui confie, sans hésiter, une grande responsabilité : « Choisis-nous des hommes et sors » (Ex. 17:9). Israël n’a pas encore connu la guerre ; en effet lors de sa sortie d’Égypte, c’est l’Éternel qui avait combattu pour lui (Ex. 13:17 ; 14:13-14). Josué, accepté par Israël, va abattre, avec le secours d’en Haut, ce peuple guerrier, Amalek et son peuple, au tranchant de l’épée (Ex. 17:9-12). Plus tard il conduira le peuple de Dieu à la conquête du Pays de la promesse (Jos. 1:5-7). Pour se défendre contre un tel ennemi, il faut des hommes exercés, rendus capables, comme ceux d’Abraham (Gen. 14:14), de résister aux ruses de l’ennemi (Héb. 5:16). Seule la maturité spirituelle rend capable de tenir ferme contre les artifices du diable et d’éteindre tous les dards enflammés du Méchant (Éph. 6:11, 16).

Les fluctuations de ce premier combat dans le désert apprennent à Josué comme à chacun des guerriers à dépendre entièrement de Dieu et à se montrer obéissants. Ils sont enseignés à faire la guerre (Juges 3:1-2). Amalek attaque Israël qui combat contre lui.

 

3.2   Moïse figure du Seigneur Jésus

Le lendemain, comme il l’a promis, Moïse s’engage personnellement dans ce combat, d’une manière bien différente, mais dont on comprend toute l’importance (Ex. 17:11). En effet il monte, avec Aaron et Hur, au sommet de la colline. Il n’est pas question, malgré l’effort consenti, de rester à mi-chemin ! Là haut, ils peuvent suivre attentivement le déroulement du combat en ligne dans la plaine.

Hur, mentionné pour la première fois, est déjà un homme âgé. Dans son choix souverain, Dieu l’appelle au service de la prière, qui demande en particulier de la persévérance (Ps 71:18). C’est le grand-père de Betsaleël, un artiste rempli de sagesse et d’intelligence, qui sera appelé par nom pour travailler à la construction du Tabernacle (Ex. 31:1-5). Hur sera choisi pour prendre soin du peuple, avec Aaron, en l’absence de Moïse, appelé à monter vers l’Éternel au Sinaï (Ex. 24:14). Mais on ne voit pas, hélas, qu’il se soit ouvertement opposé au veau d’or ! Il semble qu’il ait laissé faire Aaron, qui cherchait à gagner le peuple par un terrible compromis !

Moïse est ici une figure du Seigneur Jésus « assis à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous » (Rom. 8:34). « Israël aurait pu raisonner sur le caractère du combat, sur la force de l’ennemi et sur mille autres choses. Mais après tout, le succès dépendait des mains étendues de Moïse. Il nous est très difficile de réaliser que, pas plus nous que Satan, ne sommes rien, et que Dieu est tout » (JND).

Aaron est lui aussi un type de Christ, notre grand souverain sacrificateur (Héb. 3:1-2 ; 4:14 ; 8:4). Quant à Hur, dont le nom signifie « blanc » ou « pureté », on peut y voir aussi peut-être une figure de Jésus Christ le Juste, dans son office d’avocat (1 Jean 2:1).

Moïse tient la verge, symbole du secours divin, dont il s’est déjà servi lors de la traversée de la mer Rouge. Aussi longtemps qu’il tient la main levée, Israël a le dessus ; mais quand la lassitude le gagne et qu’il laisse reposer sa main, devenue pesante, alors Amalek a l’avantage ! L’élévation des mains est liée à la prière (Ps. 63:4 ; 141:2 ; 1 Tim. 2:8). En se souvenant de ces trois hommes en prière pour eux, les combattants sont fortifiés, leur courage augmenté.

 

3.3   Importance de la prière

Nulle part la lutte avec l’ennemi n’est ressentie avec une plus grande acuité que dans l’intercession ; Satan comprend l’importance de la prière et il voudrait absolument l’empêcher. Nous ressentons au cours d’une journée tout ce qui tend à nous entraver et à nous pousser à remettre à plus tard ces instants pourtant indispensables. Daniel, du fait de ses fonctions, avait certainement un ordre du jour très chargé. Et pourtant rien ne l’empêchait, et tous ceux qui l’entouraient le savaient, d’ouvrir ses fenêtres du côté de Jérusalem, trois fois le jour, et de rendre grâce devant son Dieu (Dan. 6:10-13). Cette activité sacerdotale d’intercession est indispensable pour soutenir tout service, si dévoué soit-il par ailleurs. Dieu a donc confié à Moïse et ses compagnons une tâche importante pour soutenir le combat. Mais ce conducteur est humilié, comme chacun l’est aussi souvent, en éprouvant la faiblesse de sa nature pour accomplir ce que son esprit désirerait pourtant faire pour servir Dieu et les siens ! Redressons les mains lassées (Héb. 12:12 ; Matt. 26:41).

Finalement, une pierre est placée sous Moïse, et Aaron et Hur vont soutenir constamment ses mains, l’un deçà et l’autre delà (Ex. 16:12). Ainsi la bataille est remportée : L’Écriture dit au sujet de Moïse : « ses mains furent fermes jusqu’au coucher du soleil » (Ex. 17:12). Un frère ou une sœur qui combat par la prière, comme Épaphras le faisait pour Colosses, est en grande bénédiction pour une assemblée (Col. 4:12 ; 2 Cor. 1:11).

 

3.4   Victoire finale

Mais en contraste avec Moïse, le Seigneur Jésus répond en perfection aux besoins des siens. Il a remporté la victoire à la croix, sur Satan, sur le monde et aussi sur la chair. Désormais, à la droite de Dieu, Il est notre intercesseur. Salué par Dieu Grand souverain sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec (Héb. 5:10 ; 6:20). Il peut sauver entièrement (jusqu’à l’achèvement) par son activité incessante ceux qui s’approchent de Dieu par Lui (Héb. 7:25).

Le conflit avec Amalek à Rephidim a donc une grande portée typique. L’Éternel dit à Moïse : « Écris ceci pour mémorial dans le livre, et fais-le entendre à Josué, que j’effacerai entièrement la mémoire d’Amalek de dessous les cieux » (Ex. 17:14). C’est la première mention d’un écrit dans la Parole de Dieu. C’est aussi à Josué, le premier, que l’Éternel recommandera que le livre de la Loi ne s’éloigne pas de sa bouche. Il devait le méditer jour et nuit, pour prendre garde à faire selon tout ce qui s’y trouve écrit (Jos. 1:8) !

 

4                        Amalek dans la suite de l’histoire d’Israël

Que de fois Amalek surgira inopinément dans l’histoire d’Israël ! Quand, après avoir refusé de prendre possession du Pays, le peuple s’obstine au contraire à monter à l’assaut, malgré les avertissements de Moïse, il est battu et taillé en pièces par Amalek (Nom. 14:42-45). Saül recevra l’ordre de le détruire entièrement, mais il désobéira et sera rejeté (1 Sam. 15:3, 9, 22:29). C’est encore Amalek qui brûlera Tsiklag et emmènera captives les deux femmes de David. Mais ce dernier ramènera tout ce qui a été dérobé et frappera les Amalékites, depuis le crépuscule jusqu’au soir du lendemain (1 Sam. 30:2, 17-19). Au temps d’Ézéchias, les Siméonites ont l’honneur de frapper les réchappés d’Amalek (2 Chr. 4:42-43). Pourtant, au temps de la transportation, c’est à nouveau un descendant d’Agag, ce roi que Saül voulait à tort épargner, qui cherche à détruire le peuple juif (Esth. 7:6). Mais Haman, que la reine Esther désigne comme l’adversaire, l’ennemi, le méchant, (des noms que porte le diable dans l’Écriture), est finalement pendu à la potence préparé pour Mardochée le Juif (Est. 7:10 ; Ps. 7:14-15). À la fin, après l’enlèvement de l’Église, Amalek fera encore partie de cette ligue qui, sous la conduite du roi du Nord, se déchaînera contre Israël (Ps. 83:4). Mais Christ, l’Étoile qui surgira de Jacob, les détruira alors définitivement (Nom. 24:20).

 

5                        L’ennemi cherche à ré-asservir ceux qui lui ont échappé

Ce n’est pas de la lutte du croyant dans les lieux célestes, contre les puissances spirituelles de méchanceté qu’il s’agit ici (Éph. 6:12), mais de l’activité continuelle de l’ennemi ici-bas pour reprendre, si possible, sous sa coupe ceux que Christ a arrachés à sa puissance. Aussi le croyant est-il appelé à combattre contre le péché (Héb. 12:4), à mortifier ses membres qui sont sur la terre, à les tenir dans la mort (Col. 3:5). Il doit fuir les convoitises de la jeunesse et, comme un étranger et un forain sur la terre, s’en abstenir car elles font la guerre à l’âme (1 Pier. 2:11). Il s’empare par la foi de la promesse : « Le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (Rom. 6:14).

Pour mener ces combats et remporter la victoire, l’intercession du Seigneur ressuscité est indispensable. Elle seule peut donner la victoire. Ceux que le Père Lui a donnés (Jean 17:6) sont toujours sous Son regard. Là Haut, comme ici-bas, il veille constamment sur eux. Christ est notre victoire et Il redit aux siens : « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33 ; Rom. 8:37).

Satan avait demandé à cribler les disciples, « comme on crible le blé ». Le Seigneur savait que le Serpent ancien se glisserait furtivement vers Pierre et saurait disposer habilement ses pièges contre un disciple encore très sûr de lui ! Il avertit aussitôt son disciple : « Moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères » (Luc 22:30-31) ! Quel réconfort se sera pour Pierre de se souvenir des paroles du Seigneur, après sa chute.

Ne cherchons jamais à résister à Satan et à ses envoyés avec nos propres ressources. Revêtons l’armure complète de Dieu (Éph. 6:10-18). Le racheté contemple le Seigneur vainqueur, assis à la droite de la Majesté. De même les combattants, pendant la bataille, voyaient Moïse, au sommet de la colline, intercédant pour eux. Christ est notre victoire.

L’Ennemi surgit parfois comme un fleuve impétueux et les rachetés ont alors affaire à de rudes assauts (És. 59:19). Si, dans le passé, ses attaques nous ont surpris, soyons sur nos gardes : la colère, le mensonge, l’impureté peuvent promptement resurgir. Pour lutter victorieusement contre l’Ennemi, le croyant doit se tenir lui-même pour mort au péché, mais pour vivant à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:2, 11). Le Dieu de paix brisera bientôt définitivement Satan sous leurs pieds (Rom. 16:20).

Ces luttes et dans le meilleur cas la victoire qui en résulte donnent un caractère plus élevé à l’adoration. Or, reconnaissons-le, les actions de grâces font souvent défaut. On néglige de louer le Seigneur pour ses délivrances !

À Rephidim, Moïse bâtit un autel et appelle son nom : Jéhova-Nissi, « L’Éternel mon enseigne » Il reconnaît avec gratitude que Dieu a permis aux siens de remporter la victoire. C’est Lui qui a conduit leur armée et la conduira encore ! Il fait savoir que : « Jah a juré (Deut. 32:40 ; Héb. 6:13), l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (Deut. 25:16-19 ; 2 Thes. 1:6).

Dieu donne ses enseignements à chaque étape de notre pèlerinage (Gen. 22:14 ; Ex. 15:26). Dans nos combats, hâtons-nous de nous rallier sous la bannière du Seigneur ; C’est Lui qui tient l’épée qui décide des combats et lui seul peut délivrer les siens, les rendre plus que vainqueurs (Jean 16:33 ; 1 Jean 5:4-5).