[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

«Que sera donc cet enfant ?»    Luc 1:68

 

 

«L’enfant va t-il bien ?»    2 Rois 4:26

 

 

 

Philippe Laügt

 

Israël est en esclavage : le nouveau Pharaon d’Égypte «qui n’a pas connu Joseph» opprime les fils d’Israël. Mais Dieu veille sur son peuple dans cette «fournaise de fer». Il voit leurs douleurs et entend leur cri, et se propose de les faire sortir «à main forte et à bras étendu» pour être «le peuple de sa possession» (Deut. 4:20). Ce temps d’épreuve est certainement nécessaire pour détacher les siens de l’Égypte, où ils sont depuis si longtemps installés dans le pays de Goshen (Gen. 47:4). Les épreuves traversées avec Dieu ont toujours pour but de nous faire grandir spirituellement.

«Le temps de la promesse que Dieu avait promise à Abraham approchait» (Gen. 15:13 ; Act. 7:17). Il va se servir des mesures prises pour opprimer Israël pour lui préparer un libérateur. Dieu travaille souvent sans bruit et prépare en secret ses instruments jusqu’au moment où il a décidé d’agir.

Le dur esclavage en Égypte n’a pas émoussé la piété d’Amram ( = «allié de l’Éternel») ni celle de Jokébed ( = «gloire de l’Éternel»), tous deux de la famille des Kéhathites (Ex. 6:18, 20). «Un homme de le tribu de Lévi alla et prit une femme de Lévi» (Ex. 2:1). Leur désir est de rester attachés à la tribu où Dieu les a placés (Nom. 36:7, 9). Ils commencent leur vie commune selon la pensée de Dieu. Les enfants que l’Éternel leur confie seront élevés dans Sa crainte. Il a toujours été difficile de le faire dans un environnement hostile. Mais la foi s’empare des promesses divines : «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point… Ne sois point effrayé ; l’Éternel, ton Dieu est avec toi partout où tu iras» (Jos. 1:5, 9).

La femme de Manoah, et son mari ensuite, ont le même désir d’agir fidèlement. Ils demandent à l’Ange, venu leur annoncer la naissance d’un fils : «Quelle sera la règle du jeune garçon et que devra-t-il faire ?» Ils sont peu instruits touchant la volonté de Dieu, mais ils cherchent à Lui plaire. Au lieu de répondre à la question, l’Ange insiste par deux fois sur la responsabilité de la mère pour élever Samson. Dieu l’a choisi pour commencer «à sauver Israël de la main des Philistins», ces ennemis qui vivent à l’intérieur du pays (Jug. 15:5). C’est la femme de Manoah qui, dans l’attente de celui qui doit être nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère, s’abstiendra de vin et de boisson forte, et ne mangera rien d’impur (Jug. 13:7, 14).

Quel enseignement, et quel avertissement pour nos soeurs, qui ont le désir d’élever leurs enfants pour Dieu ! Une décision de coeur prend toute sa valeur quand la fidélité collective s’émousse. La fidélité individuelle reste toujours précieuse aux yeux de Dieu.

Le roi d’Égypte prend peur et fait venir les sages-femmes hébreues. La Parole de Dieu nous a conservé leur nom. Il ordonne à Shiphra et à Pua : «Si c’est un fils, vous le ferez mourir» dès sa naissance (Ex. 1:15-16). C’était sa solution au problème Juif. Par son moyen, Satan voulait détruire la lignée messianique

Mais ces sages femmes craignent Dieu (Prov. 16:6) et n’obéissent pas à cet ordre cruel. Elles expliquent peu après au Pharaon que les femmes hébreues sont plus vigoureuses que les égyptiennes. Elles n’ont pas besoin d’être aidées au moment de l’accouchement. Elles affirment avoir été empêchées d’obéir aux ordres criminels du Pharaon ! Dieu, en retour, fait du bien à ces sages-femmes : elles fondent des maisons prospères (Ex. 1:20-21). Aujourd’hui encore, alors qu’Israël est appelé «Lo-Ammi», c’est à dire «pas mon peuple» (Osée 1:9), Dieu fait du bien à ceux qui agissent en sa faveur.

Grandement irrité, le Pharaon, figure de Satan, excite alors son peuple à la haine contre Israël et leur ordonne de jeter dans le fleuve tout enfant mâle qui naîtra chez les Hébreux (Ex. 1:22). Ces persécutions conduiront finalement les Égyptiens à une ruine complète. En attendant, l’étau se resserre autour d’Israël.

De nos jours, peut-être, plus d’un croyant décide de sa propre volonté, au lieu de se confier en Dieu, que ce n’est pas le moment d’avoir encore un enfant. Amram en avait déjà deux, c’était déjà bien suffisant dans ces temps difficiles. Mais Jokébed va encore donner le jour à un enfant et ce ne sera pas une fille ! «Par la foi, Moïse étant né, fut caché trois mois par ses parents, parce qu’ils virent que l’enfant était beau, et ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi» (Héb. 11:23). On trouve la même détermination chez les disciples quand ils déclarent hardiment au Souverain sacrificateur, devant tout le Sanhédrin : «Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Act. 5:29).

Étienne précise que Moïse est divinement beau (beau à Dieu), et qu’il a été nourri trois mois dans la maison du père (Act. 7:20). Les parents de Moïse ne savent pas que, selon les conseils divins, leur enfant deviendra «Dieu pour le Pharaon» (Ex. 7:1) et l’un des plus grands conducteurs d’Israël : Mais leur communion avec Dieu leur fait discerner une beauté particulière chez cet enfant. Nous ne savons pas davantage quels sont les conseils de Dieu à l’égard de nos enfants. Ayons toutefois le désir de les élever pour Lui ! Ils sont saints (1 Cor. 7:14) et doivent être gardés de sorte que les droits de Christ puissent s’exercer sur eux. Ici, d’un commun accord, les parents cachent cet enfant pendant trois mois : «Ils ont regardé vers Lui, ils ne seront pas confus» (Ps. 34:4-5).

Il n’y avait pas de place pour Moïse, un type de Christ, mais Dieu l’a choisi dès sa naissance et le préservera. Il n’y aura pas de place non plus à Bethléem pour le petit enfant Jésus (Luc 2:7). Hérode, aussi sanguinaire que le Pharaon, cherche à tuer le petit enfant Jésus. Il fait massacrer, sans succès, tous les enfants en bas âge qui se trouvent alors à Bethléem (Matt. 2:16).

Pour Moïse, le moment tant redouté de tous les parents pieux, arrive : un jour qui maintenant correspond le plus souvent à l’entrée à l’école. Il n’est plus possible de cacher ce nouveau-né (Ex. 2:3). Il doit être exposé, il faut reconnaître que la mort est sur lui. Il va être déposé au bord du fleuve. Il y sera, du moins en apparence, en grand péril (Act. 7:21). Mais la foi compte sur Dieu, non seulement dans la difficulté, mais en dépit des impossibilités.

Jokébed est une femme simple et dévouée. Elle ne néglige pas les faibles moyens de sauvegarde à sa disposition. Elle prend un coffret de joncs, et l’enduit soigneusement de poix et de bitume, pour le rendre étanche. Le mot hébreu employé pour le «coffret» désigne ailleurs l’arche, dans laquelle Noé et sa famille traversèrent le Déluge. Et l’arche et le coffret sont enduit de poix. L’Écriture utilise aussi ce mot pour parler de rançon ou de propitiation (Ex. 30:12 ; Job 33:24). Seule une rançon peut délivrer des eaux du jugement.

Avec amour, Jokébed met son nouveau-né dans le coffret. «Une mère oubliera-t-elle son nourrisson, pour ne pas avoir compassion du fruit de son ventre ?» (És. 49:15). Elle dépose le coffret au milieu des roseaux, sur le bord du fleuve (Ex. 2:3). Que serait devenu cet enfant si ses parents avaient prétendu qu’il fallait absolument respecter son indépendance et sa liberté ? C’est pour son bien que ses mouvements sont limités par le petit coffret, confectionné avec soin par sa mère. La sagesse pour chaque enfant de Dieu est de rester à l’abri dans les limites sûres indiquées par l’Écriture (Job 1:10 ; Ecc. 10:8). Les faibles ressources de la mère de Moïse sont épuisées. Comptant sur les soins providentiels de Dieu, elle retourne à la maison.

Peut-être avons-nous parfois négligé d’intercéder pour nos enfants ? Soudain, une situation angoissante surgit, et l’on se souvient du Seigneur (Ps. 107:6, 13, 19, 28). Le «créancier», figure de Satan, veut faire valoir «ses droits» sur nos enfants (2 Rois 4:1). À l’heure du danger, recherchons l’intervention puissante du Seigneur (Ps. 27:6 ; És. 26:16).

Le petit enfant est apparemment seul au bord du fleuve, figure de ce monde agité. Est-il pour autant abandonné ? Dans une circonstance similaire, on voit l’Éternel réconforter une autre mère, Agar. Elle aussi est désespérée, son fils Ismaël va mourir de soif dans le désert : L’Ange de Dieu l’appelle : «Ne crains pas, car Dieu a entendu le cri de l’enfant là où il est» (Gen 21:17). Il lui ouvre les yeux, et lui fait voir un puits d’eau. Elle remplit l’outre et fait boire l’enfant, un rôle si précieux pour chaque mère. «Dieu fut avec l’enfant et il grandit» (Gen. 21:20).

Il est aussi merveilleusement répondu à l’attente des parents de Moïse. La main de Dieu se discerne dans les moindres détails de cette scène. Le lieu et l’heure où l’enfant est déposé sur le Nil correspondent à ceux où la fille du Pharaon vient faire ses ablutions. La soeur de Moïse, Marie, a treize ans peut-être. Elle veille à distance pour savoir ce qu’on lui fera (Ex. 2:4). C’est une chose heureuse dans une famille quand les enfants prennent soin les uns des autres (Gen. 4:9). Marie aime son petit frère, mais il est évident que Quelqu’un la retient là. L’Éternel va se servir de ce faible instrument pour mener ses desseins à bonne fin. Il agit souvent ainsi, «de sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu» (1 Cor. 1:27-29).

La fille du Pharaon se promène au bord de l’eau, avec ses jeunes filles. Elle aperçoit le coffret au milieu des joncs et envoie sa servante le prendre (Ex. 2:5). «Elle l’ouvrit et vit l’enfant ; et voici c’était un petit garçon qui pleurait». Cette princesse n’est probablement pas mariée, mais elle a un coeur de mère. Pourquoi cet enfant pleure-t-il justement à ce moment-là ? La princesse a compassion de lui et dit : «C’est un des enfants des Hébreux» (Exode 2:6). Dieu incline le coeur d’un roi à tout ce qui lui plaît (Prov. 21:1). Mais pour elle la question se pose : Que faire de ce nourrisson, si elle se décide de le prendre sous sa protection ?

C’est alors que Marie se montre et suggère, avec hardiesse, d’appeler une nourrice prise parmi les hébreues auprès de la fille du Pharaon (Ex. 2:7). La princesse accepte et Marie court avec joie appeler sa mère. Elle lui apporte de si bonnes nouvelles ! (Prov. 25:25). Que peut ressentir une mère, désespérée d’avoir perdu son enfant, si Dieu le lui rend ! L’Éternel a voulu le sauver : C’est un sujet de reconnaissance et de louange pour tous les jours de sa vie ! (És. 38:20). Cet enfant recevra plus tard de la fille du Pharaon ce nom de Moïse, qui signifie «sauvé des eaux» (Ex. 2:10).

Sa propre mère va l’allaiter. Tout devient si simple quand Dieu dirige vraiment notre vie. Même une grande montagne peut devenir une plaine (Zach. 4:7). Sans savoir qu’elle s’adresse à la mère, la fille du Pharaon lui dit : «Emporte cet enfant, et allaite-le pour moi, et je te donnerai ton salaire» (Ex. 2:9). Pour qui Moïse va-t-il être élevé ? Pour le Pharaon ou pour Dieu ? Ce choix capital se pose aujourd’hui encore à tous les parents chrétiens.

Le Seigneur confie un précieux service aux mères chrétiennes. Elles seules peuvent le remplir. Elles ne savent pas quel sera l’avenir de leur enfant. Mais entouré de soins attentifs, il peut devenir un instrument docile dans la main de Dieu. D’où cette exhortation de l’Écriture : «Élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur» (Éph. 6:4).

Moïse et Samuel ont reçu des soins de leurs parents pendant un temps fort limité. Instruit avec amour par sa mère Anne, Samuel, à peine sevré, est amené à Silo, vers le souverain sacrificateur. Sa belle attitude montre les fruits de son éducation (1 Sam. 1:23 ; 2:11, 18, 26 ; 3:1). Il habite pourtant désormais dans ce Temple où les fils d’Éli vivent dans la pire des corruptions. Samuel sera prêt à répondre à l’appel de l’Éternel : «Parle, car ton serviteur écoute» (1 Sam. 3:10) et toute sa vie sera consacrée à l’Éternel.

Tous les parents ont peu de temps devant eux. L’Écriture les encourage à élever «le jeune enfant selon la règle de sa voie. Même lorsqu’il vieillira, il ne s’en détournera pas» (Prov. 22:6). Les immenses richesses de la grâce de Dieu leur viendront en aide.

Nos enfants doivent être avertis à la fois des pièges variés que le Diable ne manquera pas de leur tendre (par exemple par la corruption morale qui règne dans les écoles), et aussi de la misère spirituelle de la plupart des camarades qu’ils vont côtoyer. Ne leurs apprenons pas le chemin des nations (Jér. 10:2) et ne faisons même pas mention du nom de leurs dieux (Jos. 23:7).

Avant tout les parents doivent prier avec instance pour la conversion de leurs enfants. Ils ont besoin de naître de nouveau. Les pensées du monde que l’on cherche à leur inculquer, les conduisent à la mort (2 Rois 4:19-20). Il n’y a que la fervente supplication et l’intervention divine qui peut les sauver (1 Rois 17:22). Ces enfants doivent réaliser qu’ils sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés, et accepter le salut que Dieu leur offre dans Sa grâce, en vertu du sang de Christ versé à la Croix. Alors le Saint Esprit scelle par sa présence la vie divine en eux (Éph. 2:8 ; 1:13). Ils appartiennent désormais à Celui qui pour eux est mort et ressuscité (2 Cor. 5:14-15). La signification même de leur vie est changée.

Le Seigneur prend un soin tout particulier de chacune de ses brebis. Il l’entoure d’une haie de protection (Job 1:10) indispensable dans un monde où, finalement, cohabitent encore les enfants de Dieu, sauvés par grâce, et les enfants du Diable, sous son terrible esclavage (1 Jean 3:10). Si le jeune croyant marche par l’Esprit, il n’accomplira pas la volonté de la chair, encore en lui, et qui cherche toujours à produire de mauvais fruits (Gal. 5:16-17).

Ce monde, sous l’autorité de Satan, cherche à développer chez les jeunes des pensées impures, de mauvaises habitudes, pour la satisfaction de leurs désirs égoïstes. L’intention de l’Ennemi et de ses agents est de les éloigner peu à peu du Dieu vivant et vrai. Interrogés à ce sujet, la plupart des dirigeants de chaînes de télévision n’ont pas cachés leurs intentions mauvaises.

Moïse, et tous ceux qui, avec lui, font partie de la lignée de la foi, ont besoin d’être armés pour refuser de jouir pour un temps des délices du péché (Héb. 11:25). Une brillante civilisation régnait à cette cour d’Égypte et tout était facile pour Moïse, le fils de la fille du Pharaon. Mais au lieu de vivre à sa guise, revêtu de vêtements précieux, dans le palais du roi (Luc 7:25), Moïse va choisir, par la foi, de partager l’affliction du peuple de Dieu. On voit l’influence durable de la foi vivante d’Amram et de Jokébed sur cet enfant ! (Prov. 22:6).

Il appartient aux parents de prendre soin de leurs enfants. Rien ni personne ne peut les décharger de cette responsabilité (Éph. 6:1). Pourtant, toutes sortes «d’experts», qui tirent vanité de leurs connaissances psychologiques, cherchent à convaincre les parents chrétiens d’élever leurs enfants en se fiant à leur programme éducatif. Pour l’essentiel, leurs directives ne se fondent pas sur la Parole de Dieu. On voudrait persuader les parents que le moindre écart par rapport au plan qu’on leur présente, aura des conséquences graves pour leur enfant. Ceux qui se laissent séduire par ces mauvais bergers, ne discernent plus le vrai chemin que l’on doit suivre pour obéir à Dieu (Esd. 8:21).

Depuis toujours pourtant les parents pieux ont soigneusement rejeté les idées à la mode, et ont élevé les enfants selon la pensée divine. Ils ont suivi les directions précises de l’Écriture. Ce fut le cas, par exemple, pour la mère pieuse de Jean et de Charles Wesley. Elle ne laissait pas leur propre volonté se manifester sans sévir, et n’ accordait que ce qu’elle estimait bon pour eux. Dès leur plus jeune âge, elle leur enseignait à prier. Par sa propre conduite elle montrait sa crainte de Dieu. Pour les inciter à ne pas mentir, un péché confessé était pardonné, mais un acte de rébellion était toujours puni. Enfin pour récompenser leur bonne conduite et les encourager, elle respectait scrupuleusement ses promesses. Plus tard, Dieu se servit beaucoup de ces deux serviteurs, au début du premier grand Réveil en Angleterre.

Il ne faut pas provoquer nos enfants par une attitude trop sévère, si dommageable, surtout avant la conversion. Mais ne restons pas volontairement aveugles devant leurs fautes et ne louons pas leur conduite en leur présence. User de paroles flatteuses étend un filet devant leurs pas (1 Thes. 2:5 ; Prov. 29:5). Nous manquons souvent de sagesse, seule la dépendance du Seigneur nous aide à avoir l’attitude convenable avec nos enfants, dans chaque circonstance de la vie quotidienne. Ne reculons pas devant le devoir, toujours pénible, de corriger un enfant ou de le reprendre sans faiblesse. Le comportement de David à l’égard d’Adonija est un sérieux avertissement : «Son père ne l’avait jamais chagriné, en lui disant : «Pourquoi fais-tu ainsi» (1 Rois 1:6) et cette attitude du roi devait avoir de terribles conséquences. Soyons prêts à nous opposer fermement à tout ce qui nuit à une croissance spirituelle harmonieuse.

Les enfants doivent être «soumis à leurs parents dans le Seigneur, car cela est juste» (Éph. 6:1). Celui qui hait la correction mourra (Prov. 15:10). Les motifs des parents sont souvent incompris. Les enfants cherchent si possible à éviter les moqueries de leurs camarades. Pour cela, ils conforment leur tenue à celle du monde et partagent leurs distractions. Mais les parents ne doivent-ils pas souvent reconnaître que leur entourage influe sur leur propre comportement ? Peut-être même, comme Pierre, veut-on parfois cacher que l’on appartient au Seigneur ? (Matt. 26:69-74).

Si les enfants ressentent un véritable amour joint à une réelle humilité devant Dieu (Job 33:6-7), ils confieront plus librement leurs problèmes, leurs tentations et leurs chutes à leurs parents. Au contraire, de la dureté ôte toute liberté. Notre conduite doit d’ailleurs refléter nos paroles, pour que nous restions crédibles. Vivants dans notre intimité, nos enfants se font rapidement une opinion sur la réalité pratique de notre piété.

Avons-nous la même ferveur qu’Anne, l’épouse d’Elkana ? Ses circonstances personnelles étaient très difficiles. Elle vivait au milieu de son peuple dans un temps de ruine comparable au nôtre. Elle avait longtemps prié et Dieu lui avait donné un enfant. Elle retourne à Silo et l’annonce au souverain sacrificateur : «J’ai prié pour cet enfant et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite. Et aussi, moi je l’ai prêté à l’Éternel pour tous les jours de sa vie» (1 Sam. 1:27-28). On ne voit pas trace d’égoïsme dans son coeur. Si facilement nous pensons élever nos enfants pour nous-mêmes !

C’est une grâce si la conduite de nos enfants est à la gloire de Dieu. La Parole souligne la foi sincère de Timothée. Elle habitait déjà chez sa grand-mère Loïs et chez sa mère Eunice (2 Tim. 1:5). Mais la foi n’est pas héréditaire. Dieu appelle chacun à faire partie de «la grande nuée de témoins», et à suivre les traces de Jésus, le Chef et le Consommateur de la foi (Héb. 12:1-2). En parlant de son peuple, l’Éternel doit dire : «J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi» (És. 1:2). Ses soins ont été attentifs, mais au lieu de bons raisins, ils n’ont produit que des raisins sauvages (És. 5:4). Il se peut que des parents pieux soient attristés pour des motifs semblables, après avoir élevés leurs enfants pour le Seigneur.

À la mort de Josias, il y a lieu de se lamenter en Israël. Ses fils et ses petits-fils vont se succéder, plus misérables les uns que les autres. Une fois encore, on s’interroge : «Comment un roi pieux a-t-il pu avoir de si mauvais fils ? Josias, malgré sa piété, s’obstine, désobéit et s’oppose au Pharaon Néco, qui l’avertit pourtant que Dieu est avec lui : ce sera au prix de sa vie (2 Chr. 35:20-24). On retrouve souvent avec peine ses propres tendances accentuées chez ses enfants. Peut-être était-ce le cas pour les descendants incrédules de Josias ? (Ps. 81:11-12). Sophonie, qui prophétise en ce temps-là, annonce de la part de Dieu : «Je punirai les princes et les fils du roi, et tous ceux qui se vêtent de vêtements étrangers» (Soph. 1:8). C’est une habitude très répandue aujourd’hui encore de chercher à se singulariser par ses vêtements. Le beau manteau de Shinhar, du temps de Josué, était caché au milieu de la tente d’Acan (Jos. 7:21). Aujourd’hui il se porte ouvertement au milieu du peuple de Dieu. Que nos jeunes gens se souviennent que ce fût l’un des signes de la décadence et de la ruine de Juda (És. 2:6 ; Ézé. 23:14, 17a). La tenue de nos enfants devrait montrer leur appartenance. Sont-ils du ciel et désirent-ils le montrer (1 Pier. 3:3) — ou cherchent-ils à ressembler au monde et à suivre les extravagances de ses modes ?

Aux parents affligés par la conduite de leurs enfants, rappelons que Dieu n’est pas injuste pour oublier leur oeuvre et l’amour qu’ils ont montré pour son Nom (Héb. 6:10). Rien de ce qui est fait pour Lui ne perd sa récompense. D’ailleurs plus tard peut être ces enfants se souviendront de ce qu’ils ont reçu chez leurs parents et se repentiront (Apoc. 3:3). Comme le fils prodigue, ils reviendront à la maison, où le Père et sa bénédiction les attend (Luc 15:17-19).

Quand nos enfants ont grandi, sommes-nous déliés de toute responsabilité de les avertir de la part du Seigneur, de leur rappeler les enseignements de l’Écriture ? Nous ne le pensons pas (Job 1:5). Mais il est plus délicat d’intervenir, demandons le discernement et le courage moral qui font facilement défaut.

Éli connaissait les pensées de Dieu et portait un jugement lucide sur la vie dissolue de ses fils. Il les reprend (1 Sam. 2:23-25) mais ne se sépare pas d’eux, se montrant ainsi solidaire du mal. Ses paroles sont sans effet sur eux. Dieu lui fait dire par un prophète : «Tu honores tes fils plus que moi» et il annonce l’imminence du jugement (1 Sam. 2:29). Peu après, la réponse d’Éli au tout jeune Samuel est attristante : «C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux» (1 Sam. 3:18). N’y avait-il donc pas encore de la place pour une vraie repentance, plutôt que de se montrer simplement résigné ?

Quelle atmosphère règne-t-il aujourd’hui dans notre maison ? Si l’on accepte de faire un examen sans complaisance, on comprendra certainement comment se préparent tant de désastres dans notre vie et dans celle de nos enfants : vis à vis d’eux, un exemple journalier de fidélité et de sobriété aura beaucoup plus d’impact que nos paroles (Tite 2:10-12). Il est de plus en plus facile de laisser entrer dans notre maison les principes frelatés de ce monde corrompu (1 Jean 2:15-17). Quelle place ce système organisé sans Dieu, occupe-t-il réellement dans notre coeur ? Sommes-nous conscients et effrayés par l’emprise grandissante des médias sur notre manière de vivre et sur celle de toute la famille, ou notre conscience serait-elle cautérisée ?

Une des conséquences majeures de cette marée envahissante, c’est qu’il y a de moins en moins de place pour la lecture et la méditation de l’Écriture, individuellement ou en famille (Deut. 6:7). Parfois elles sont même pratiquement délaissées. Faute de temps, affirme-t-on ! Mais avec cela le travail, loin d’être paisible (2 Thes. 3:12), et les loisirs, qui entraînent souvent de longs déplacements, remplissent de plus en plus nos vies !

Si nous résistons — apparemment très mal — à toutes ces sollicitations extérieures, comment s’étonner si nos enfants, vivant dans une telle atmosphère, ne trouvent plus leur joie dans la Parole de Dieu ! La «viande qui périt» est recherchée avec avidité, au détriment de celle qui demeure en vie éternelle. Or la Parole seule permet de repousser les dards enflammés du Méchant (Jean 6:27 ; Éph. 6:16). Il faut peut être reconnaître avec humiliation que la Parole de Dieu a perdu beaucoup d’attrait pour notre coeur. Comme Israël le disait au sujet de la manne : Notre âme serait-elle dégoûtée de ce pain misérable» ? D’autres mets, qui plaisent à notre chair, sont proposés en abondance par l’Égypte, figure du monde, et nous attirent secrètement ! (Nomb. 21:5 ; 11:5). Or la manne, figure de la Parole, devait être recueillie chaque matin pour répondre entièrement aux besoins de chacun (Ex. 16:16). Elle est appelée le «pain des puissants» (Ps. 78:25). Sans la Parole, notre faiblesse spirituelle ne peut que s’accroître (Jean 6:35).

Instruire un enfant, jour après jour, des choses d’en Haut, l’aide à se développer spirituellement de façon harmonieuse (Prov. 8:21). Si Christ remplit le coeur, Satan ne peut rien y mettre. Ne soyons pas négligents : enduisons avec soin le «coffret» où repose l’enfant dont Dieu nous confie la garde. Le moment venu, il devra lui aussi être exposé, confronté aux pièges de ce monde mauvais (Jean 17:15). Notre grand souverain sacrificateur intercède constamment pour les siens, mais il nous faudra être tous manifestés devant le tribunal de Christ (2 Cor. 5:10).

On entend plus d’une mère affirmer qu’elle est dans l’impossibilité de vaquer efficacement aux soins ménage, avec ses enfants autour d’elle. Parfois elle se déclare même incapable de s’occuper convenablement de ses enfants. Ce n’est pas tenir compte des abondantes ressources divines. Attention à ne pas fuir devant nos responsabilités ! Si une mère chrétienne pense être dans l’impossibilité de s’occuper de son jeune enfant, et s’apprête à le laisser aux mains d’une nourrice ou d’une servante, elle doit examiner d’abord devant Dieu ses vrais motifs. N’y a-t-il pas une volonté secrète de continuer à exercer une activité professionnelle qui plaît et permet une certaine indépendance ? Ou plus simplement encore la volonté d’avoir le temps voulu pour se distraire selon ses goûts ? S’il l’on est vraiment déterminé à choisir une nourrice, sur quels critères se base-t-on ? On se souvient de la nourrice de Mephiboseth, un fils de Jonathan. Terrifiée, en entendant que Saül et Jonathan sont morts, elle s’enfuit en hâte, persuadée que David va exercer sa vengeance sur cet enfant. Comme elle le connaissait mal ! Il aurait fallu au contraire courir vers le roi. Il s’était engagé par serment à l’égard de Jonathan, touchant sa descendance (1 Sam. 20:15). Or, pendant cette fuite éperdue, l’enfant tombe et devient définitivement boiteux des deux pieds (2 Sam. 4:4). Seule la bonté de David, une «bonté de Dieu», donnera à Mephiboseth une place à la table du roi.

Avant d’exposer nos enfants dans ce monde, avons-nous mesuré un peu les dangers auxquels ils vont être inévitablement confrontés ? Beaucoup d’étude lasse la chair (Ecc 12:12). La seule vraie sagesse, celle d’en haut, se trouve dans la Parole de Dieu. Il y a beaucoup d’autres livres, écrits par des hommes. Leurs enseignements «selon les éléments du monde» peuvent nous détourner de la simplicité quant au Christ (2 Cor. 11:3 ; Col. 2:8). L’Ennemi veut interrompre notre communion avec Dieu, sans laquelle nous sommes très vulnérables.

L’on est indigné de lire que des fils d’Israël avaient «donné leurs enfants à Moloch», une des divinités païennes (Lév. 20:2-5). Ce qui ne les empêchait d’ailleurs pas de venir le même jour dans le sanctuaire de l’Éternel, pour le profaner ! (Ézé. 23:37-39). Le roi Achaz avait donné l’exemple de cette affreuse pratique : «Et même il fit passer ses fils par le feu, selon les abominations des nations» (2 Rois 16:3). Le peuple ne devait pas fermer les yeux sur un tel crime. Sacrifier ses fils et ses filles aux démons était passible de mort (Ps. 106:37-40). De façon comparable, ne livrons pas de nos propres mains nos enfants aux démons qui se cachent derrière les idoles modernes (1 Cor. 10:19-20 ; 1 Jean 5:21). Un chrétien doit rester séparé de coeur des lois de ce pays où il vit encore (Esth. 3:8). Sinon ses enfants ressembleront vite aux enfants du résidu remonté de la captivité. Ils parlaient l’asdodien et ne savaient pas parler le Juif ! (Néh. 13:24). Du fait du mélange avec les nations païennes, nos enfants adopterons leur façon de vivre, et les goûts pervers d’un monde sans Dieu.

On comprend la force de cette injonction de l’apôtre Paul : «Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite (Rom 12:2).

Les enfants isolés dans une ville étrangère, privés de l’atmosphère familiale et parfois du rassemblement des croyants autour du Seigneur, sont soumis à toutes sortes de tentations. Certains plaisirs sont raffinés : ce sont «les mets délicats du roi», mais il y a aussi «la débauche, les convoitises et les criminelles idolâtries» (1 Pier. 4:3). Si ces enfants ont le désir de rester fidèles au Seigneur, ils sont bientôt l’objet des moqueries et même des insultes de ceux qui trouvent étrange qu’ils ne courent pas avec eux dans le même bourbier de corruption ! S’ils sont mal affermis, quand la solitude se fait sentir, les tentations deviennent extrêmement dangereuses.

Quel exemple réconfortant on trouve dans le comportement des jeunes hébreux du début du livre de Daniel ! Ils sont séparés contre leur gré de leurs parents. Captifs à Babylone, ils sont fermement décidés à ne pas se souiller, quelque soit le prix à payer (Dan. 1:8). Décision qui n’est pas sans danger, même pour l’intendant chargé de veiller sur eux. Il faut se soumettre, sous peine de mort, aux exigences royales. Le même propos de coeur se retrouve dans l’Église primitive (Act. 11:23). Avoir les mêmes affections vives pour Christ est pour nous un grand besoin.

Dieu aide merveilleusement ses serviteurs. Tout d’abord, après dix jours de mise à l’épreuve, les jeunes hébreux ont meilleure apparence que les autres. Ensuite, en réponse à leur fidélité, Dieu leur donne de la science et de l’instruction dans toutes les lettres et dans toute la sagesse (Dan. 1:17). Lors des examens, leurs résultats sont dix fois supérieurs à ceux des autres ! (Dan. 1:20). Jamais Dieu ne délaisse qui se confie en Lui. Il encouragera ceux qui, loin de leur famille, arrêtent dans leur coeur de ne pas se souiller.

Moïse devait connaître aussi cette séparation de ses parents. Il devient aux yeux de tous, le fils de la fille du Pharaon. Il est instruit dans toute la sagesse des Égyptiens et promis aux plus hautes destinées dans ce monde. «Il était puissant dans ses paroles et dans ses actions» (Act. 7:22). Pourtant il sort vers ses frères et voit leurs fardeaux. Il est témoin des violences dont ils sont les objets et veut intervenir, mais avec ses propres moyens. Il doit s’enfuir et Dieu le forme pendant quarante ans, dans le désert de Madian, avant de l’appeler à conduire son peuple.

Quelle est l’explication de ce changement complet dans la vie de Moïse ? C’est par la foi aussi que Moïse devenu grand, refuse d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisit d’être plutôt dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché. Il estime l’opprobre de Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte, car il regarde à la rémunération (Héb. 11:24-26).

La foi est l’espérance des choses que l’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas. Sans la foi, il est impossible de Lui plaire. Le juste vivra de foi (Héb. 11:1, 6 ; 10:38). La simplicité d’une marche par la foi possède un charme inconnu de ceux qui ne l’ont jamais réalisée ! (JND). C’est d’elle que nous avons besoin pour notre marche, et en particulier pour le service que Dieu veut parfois nous confier auprès de nos enfants.