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Isaac, le fils de la promesse

 

Laügt Philippe

05 2003

Table des matières :

1     Genèse 12 à 18 — Le fils de la promesse

2     Genèse 22

3     Genèse 24

4     Genèse 25:1-28

5     Genèse 25:29-34 — Le droit d’aînesse

6     Genèse 26

6.1      Ch. 26:1-11 — La descente en Égypte

6.2      Ch. 26:12-33 — Les Philistins

7     Genèse 26:34-35 — Conduite d’Ésaü

8     Genèse 27

9     Genèse 28 et 35 : — La fin d’Isaac

 

 

 

1                        Genèse 12 à 18 — Le fils de la promesse

« Par la foi, Abraham étant appelé, obéit pour s’en aller au lieu qu’il devait recevoir pour héritage ; et il s’en alla, ne sachant où il allait ». Sa vie présente de façon caractéristique l’élection. « Par la foi, il demeura dans la terre de la promesse comme dans une terre étrangère, demeurant sous des tentes avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse (Héb. 11:8-9). Plus tard, Abram, quoique le plus âgé, laissa à Lot le choix, et ce dernier « choisit pour lui toute la plaine du Jourdain » avec Sodome, figure d’un monde trompeur (Gen. 13:10-13). Alors Dieu commande à Abram de lever les yeux et de regarder le pays qu’il veut lui donner. Il lui renouvelle ses promesses, ainsi qu’à sa semence.

Mais il doit attendre jusqu’à ce que l’iniquité des Amoréens soit venue à son comble. Il lui commande : « Lève-toi, et promène-toi dans le pays en long et en large, car je te le donnerai ». Alors le patriarche lève ses tentes et vient habiter sous les chênes de Mamré, qui sont à Hébron ; et il bâtit un autel à l’Éternel (Gen. 13:17-18).

Il intervient bientôt, avec ses trois cent dix-huit hommes exercés, nés dans sa maison, pour délivrer Lot, justement captif de l’ennemi. À l’heure de la victoire, il montre au roi de Sodome que les biens de la terre n’ont pas d’attrait sur son cœur (Gen. 14:22-23).

La Parole de l’Éternel lui est adressée dans une vision : « Abram, ne crains point, moi, je suis ton bouclier et ta très-grande récompense » (Gen. 15:1). Le patriarche s’enhardit et expose à Dieu sa grande peine : « Que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfants » (Gen. 15:2). Dieu le fait sortir et lui dit : « Regarde vers les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : Ainsi sera ta semence. Et il crut l’Éternel ; et il lui compta cela à justice » (Gen. 15:5-6).

La chair montre son incapacité à attendre que la promesse se réalise, mais après l’épisode si humiliant avec Agar, El-Shaddaï, le Dieu tout-Puissant lui dit encore : « Marche devant moi et sois parfait ; et je mettrai mon alliance entre toi et moi… Ton nom sera Abraham, car je t’ai établi père d’une multitude de nations » (Gen. 17:1-5). Sara enfantera certainement, même si, à vue humaine, c’est une impossibilité. Les parents connaissent déjà le nom de l’enfant (Gen. 17:19 ; Héb. 11:11-12). Dieu veut établir son alliance avec Isaac. La grâce souveraine se manifestera dans sa vie, comme elle a déjà brillé durant la vie d’Abraham (Rom. 4:13).

 

Le paisible Isaac est donc le fils de la promesse. Sa naissance était un miracle. La nouvelle naissance l’est aussi pour chaque croyant. Comme lui, le chrétien n’est pas le fils de la servante, mais de la femme libre (Gal. 4:28:31). Le chrétien n’est pas sous l’esclavage de la Loi.

Abraham veille, en obéissance à la Parole, à le circoncire dès son âge le plus tendre, âgé de huit jours, comme lui-même l’a été (Gen. 17:11-12 ; 21:4). Isaac hérite à ce titre des mêmes bénédictions que son père : l’appel céleste et la position d’étranger sont aussi sa part. Ses regards doivent rester fixés, par la foi, sur ce qui est céleste et éternel (Héb. 11:8-10, 13-16). En lui « seront bénies toutes les familles de la terre ».

Son nom apparaît dans au moins 21 livres de la Parole, lié en général au nom des deux autres patriarches. Le Seigneur Jésus, se référant aux livres de Moïse, rappelle ces paroles : « Je suis le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob » (Marc 12:26 ; Ex. 3:6).

Des pièges seront tendus à Isaac durant sa vie, comme dans celle d’Abraham. Il ne saura pas toujours résister. Son histoire doit servir d’avertissement à tous ceux qui sont devenus, par la foi en l’œuvre de Christ, les héritiers des « très-grandes et précieuses promesses » (2 Pier. 1:4).

En exposant les expériences, parfois très humiliantes, d’Isaac, Dieu veut nous avertir et nous aider à veiller pour « échapper à la corruption qui est dans le monde par la convoitise » (2 Pier. 1:4 ; 1 Cor. 10:11).

 

2                        Genèse 22

Quand Dieu dit à Abraham : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac… et offre-le en holocauste » (Gen. 22:2), Abraham a été préparé par des épreuves successives à sacrifier à l’Éternel, par la foi, l’objet de ses affections et de toutes ses espérances. Avec calme et dignité il se lève de bon matin, prend son fils et s’en va au lieu que Dieu lui a désigné. Isaac porte lui-même le bois pour l’holocauste, une scène qui rappelle celle où Jésus sort, portant sa croix (Jean 19:17).

Le patriarche a eu tout le temps nécessaire pour réfléchir. Le troisième jour, il dit à ses serviteurs : « Restez ici, vous, avec l’âne ; et moi, et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons, et nous reviendrons vers vous » (Gen. 22:5). Isaac et son père montent seuls à Morija : « Ils allaient les deux ensemble » (Gen. 22:6). L’attitude d’Abraham est admirable, la soumission d’Isaac, touchante. La main de l’Éternel est sur lui.

À la différence du Seigneur, il ne sait pas d’avance qu’il est concerné de si près ! D’où sa question : « Mon père ! Et il dit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois, mais est l’agneau pour l’holocauste ? » Merveilleuse réponse, Abraham répond : « Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste » (Gen. 22:8). La foi a conduit le patriarche jusqu’ici ; c’est encore elle qui lui dicte la réponse. Elle le soutiendra jusqu’au bout.

La Parole répète : « Et ils allaient les deux ensemble ». Arrivé au lieu du sacrifice, Abraham bâtit là l’autel, arrange le bois, lie Isaac, son fils et le met sur l’autel, sur le bois (Jac. 2:21-23 ; Héb. 11:17). À l’heure de la plus grande épreuve de sa vie, il se confie résolument en Celui « qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient — qui, contre espérance, crut avec espérance » (Rom. 4:17-21).

À présent, en tout cas, Isaac sait. Mais, même quand il voit le couteau dans la main de son père, prêt à l’égorger, il ne semble pas offrir la moindre résistance. Une telle obéissance chez Isaac montre sa confiance absolue vis à vis de son père. Il s’abandonne sans réserve. Combien les liens de confiance réciproque sont développés entre ce père et ce fils ! En est-il de même dans nos familles, sous le regard de Dieu ? (Col. 3:20). La preuve est faite que la volonté d’Isaac peut se plier, et qu’il se soumet à celui qui a des droits sur lui. Or l’obéissance est la première condition de la bénédiction.

Le Seigneur Jésus a toujours suivi un sentier d’obéissance sans réserve à la volonté du Père (Jean 8:29). Il savait parfaitement cette soumission le conduisait : à la mort, et à la mort de la croix (Phil. 2:8). Pourtant, au jardin de Gethsémané, dans l’ardeur du combat, il dit : « Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe passe loin de moi, sans que je la boive, que ta volonté soit faite » (Matt. 26:42).

Isaac doit passer en figure par la mort, qui est la fin de tout ce qui appartient à notre vieil homme. Notre mort avec Christ à la Croix a mis notre chair entièrement de côté. Le réaliser permet d’être délivrés, rendus capables d’occuper cette place que, dans sa grâce, Dieu accorde au racheté (Gal. 5:1, 13).

La discipline, si nécessaire et si bénie, a pour but de conduire le croyant à un abandon sans réserve à la pensée de Dieu. Isaac a le privilège de suivre ce chemin dès le début de sa vie. La vieille nature peut être d’un abord très aimable : c’était d’ailleurs probablement le cas chez Isaac. Il est alors peut-être plus difficile de la rejeter et pourtant le vieil homme doit être constamment tenu dans la mort (Rom. 6:11), pour que nous puissions servir Dieu d’une manière qui lui soit agréable.

 

3                        Genèse 24

L’étape suivante, dans la vie d’Isaac, rapportée par l’Écriture, est aussi en relation avec la mort : celle de sa mère, Sara. Son départ laisse Isaac solitaire, il ne l’avait jamais quittée. Il était son fils unique, l’enfant de sa vieillesse. Cette influence essentiellement maternelle a d’ailleurs laissé son empreinte ; Isaac manque plutôt de caractère.

La mort, salaire du péché, vient souvent tout bouleverser dans notre vie, laissant dans le cœur un vide que rien ne semble pouvoir combler. Mais la disparition de Sara sera suivie par le don de Rebecca. Abraham (une figure de Dieu le Père) envoie un de ses serviteurs chercher « dans son pays et vers sa parenté », une femme pour son fils, pour Isaac, ce fils auquel il a tout donné (Gen. 24:3-4, 36). En effet comment Isaac pourrait-il prendre pour femme une fille de ces Cananéens idolâtres, parmi lesquels les patriarches vivent comme des étrangers, sous une tente !

Dieu avait pu rendre ce témoignage à Abraham, son ami (És. 41:8) : « Je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit » (Gen. 18:19).

Le serviteur fidèle, envoyé par Abraham, est un type du Saint Esprit : Il ne parle pas de par lui-même, mais dit tout ce qu’Il a entendu (Jean 16:13). Ce serviteur, en se confiant en l’Éternel, est conduit immédiatement, en réponse à sa prière, par le vrai chemin, (Gen. 24:48 ; Prov. 3:6) vers Rebecca (une figure de l’Épouse de Christ), laquelle, dans un élan de foi, déclare : "J’irai". Le moment venu, elle ne se laissera pas retarder par les siens (Gen. 24:58).

Isaac (figure ici de Christ comme Époux) venait d’arriver du puits de Lakhaï-roï, le puits du Vivant qui se révèle. Auprès d’un tel puits, goûtant une atmosphère paisible, le croyant trouve de nouvelles forces, des rafraîchissements dans l’épreuve, et des joies célestes et spirituelles. Dans l’histoire d’Abraham, les autels tiennent une grande place ; le nom d’Isaac, à sept occasions, est associé à un puits.

Isaac sort dans les champs pour méditer ou prier (Ps. 5:1-2), à l’approche du soir. Heureuse attitude, en accord avec son goût pour une vie calme et volontairement retirée ! Ceux qui sont placés, comme Isaac, devant le choix le plus important pour leur vie ici-bas, doivent veiller à l’imiter. Il lève les yeux et voit cette caravane qui approche : c’est Rebecca, parvenue à la fin de son long voyage.

À son tour, elle lève les yeux et voit Isaac. Elle descend de dessus son chameau et interroge le serviteur : « Qui est cet homme qui marche dans les champs à notre rencontre ? ». Elle ne le connaît pas encore mais elle pressent qu’il s’agit d’Isaac, et qu’il l’attend (1 Pier. 1:4). Le serviteur lui dit : « C’est mon Seigneur ». Alors elle prend son voile et se couvre, en signe de chasteté et de soumission. Il s’agit ici du grand voile, en forme de manteau, dont les orientales s’enveloppent. Le bien-aimé saura discerner la beauté, la pureté et la fidélité de celle dont les yeux sont des colombes derrière son voile (Cant. 4:1).

Les enfants de Dieu sont appelés à former ensemble l’épouse de Christ, du vrai Isaac. Peut-Il, pour sa joie, les voir vraiment soumis, en réponse à l’amour de Celui qui les a rachetés ?

« Isaac la conduisit dans la tente de Sara, sa mère ; et il prit Rebecca et elle fut sa femme, et il l’aima ; et Isaac se consola quant à sa mère » disparue un ou deux ans auparavant (Gen. 24:67). Il restera fidèle à Rebecca sa vie durant. Isaac sort d’une période de souffrance et de tristesse et découvre la consolation que le Seigneur lui a préparée (Prov. 18:22). Ce mariage commence sous les meilleurs auspices.

 

4                        Genèse 25:1-28

Abraham expire, rassasié de jours. Ses fils, Isaac et Ismaël l’enterrent dans la caverne de Macpéla, où repose déjà le corps de Sara, dans l’attente de la résurrection (Gen. 25:8-9). Après sa mort, Dieu bénit Isaac, son fils, qui habite près de ce puits de Lakhaï-Roï (Gen. 25:11).

Leur vie commune va s’écouler, avec son lot de joies, et aussi d’épreuves. Sont-ils déterminés à rencontrer toutes leurs circonstances en se tenant ensemble devant le Seigneur ? (1 Pier. 3:7). Le sommes-nous aussi, si nous formons un couple chrétien ?

Il devient évident que Rebecca est stérile. Isaac, l’héritier des promesses, n’a pas d’enfant. Près de vingt ans se sont déjà écoulés depuis leur mariage : Dieu met ainsi leur foi à l’épreuve. Leur comportement dans cette longue épreuve est bien meilleur que celui d’Abraham et de Sara (Gen 16:1-2), ou de Jacob et de Rachel, plus tard (Gen. 30:1-5). Ils s’attendent à Dieu, qui seul peut les bénir.

Aujourd’hui aussi, hélas, l’on doit s’humilier de ce que, de plus en plus, même les croyants, adoptent une attitude dénuée de piété devant tous les problèmes liés à la natalité. Faute d’une vraie crainte de Dieu, on se montre prêt à employer souvent toutes sortes de moyens humains, au lieu de s’en remettre simplement à Celui qui ouvre et qui ferme la matrice (Gen. 29:31 ; 1 Sam. 1:5-6). « Isaac pria instamment l’Éternel » et il se rend à ses prières. « Rebecca, sa femme conçut » (Gen. 25:21). Dieu se plaît à répondre à la foi des siens, car cette foi l’honore. Toutefois la piété ne donne pas l’assurance que Dieu répondra immédiatement (Néh. 1:1-4 ; 2:1-3 ; Dan. 10:3).

Rebecca aura des jumeaux, Ésaü et Jacob. Comme ils s’entrepoussent dans son sein, inquiète, elle va consulter l’Éternel avant leur naissance. L’exemple de son mari a eu une bonne influence sur elle. Dieu lui répond : « Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront en sortant de tes entrailles ; et un peuple sera plus fort que l’autre peuple, et le plus grand sera asservi au plus petit » (Gen. 25:23). L’apôtre inspiré commente ce choix divin : Il intervient « Avant que les enfants fussent nés et qu’ils n’eussent rien fait de bon ou de mauvais, afin que le propos de Dieu, selon l’élection demeurât, non sur le principe des œuvres, mais de Celui qui appelle » (Rom. 9:11-13).

Au moment de la naissance, Jacob sort en tenant le talon d’Ésaü, d’où le nom qui lui ai donné, signifiant : Qui supplante ! Et Jacob manifestera bien souvent ce caractère. La révélation de l’Éternel à Rebecca aurait pu éclairer Isaac au sujet de la pensée de Dieu à l’égard de ses deux enfants. Elle aurait dû faire autorité et l’amener à agir en conséquence.

Les enfants grandissent et au lieu d’être une source de joie et d’unité entre Isaac et Rebecca, ils vont devenir une source de friction et de division. Isaac aimait Ésaü car le gibier était sa viande et son fils était un homme habile à la chasse. Il ressemblait plus à Nimrod qu’à Abraham (Gen. 10:9). La préférence d’Isaac pour Ésaü se fonde sur un motif plutôt triste. Le Seigneur nous adresse cette mise en garde : « Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise et l’ivrognerie, et par les soucis de la vie » (Luc 21:34). Ces pièges menacent toujours les enfants de Dieu.

Ainsi Isaac était influencé par ses goûts naturels et négligeait de rechercher la pensée de Dieu. Sa femme Rebecca, active et décidée (Gen. 24:20-21) aimait Jacob. Elle avait un penchant évident pour ce fils, qui restait volontiers dans sa tente (Gen. 25:27). Leur attitude vis à vis de leurs enfants, teintée de partialité, nuira de plus en plus à une réelle communion entre les parents (1 Tim. 5:21). Un amour trop exclusif les conduira peu à peu vers un véritable désastre !

Cet exemple fâcheux est un avertissement pour tous les parents, toujours en danger de préférer un de leurs enfants, au détriment des autres. Le mari et sa femme ont besoin de veiller à maintenir constamment leur communion, d’autant plus précieuse si leur mariage est dans le Seigneur. Personne, même leurs enfants, ne doivent venir gâter cette relation. Veillons à ne pas nous montrer indulgents à l’égard de nous-mêmes ou de notre chair et fuyons ces fléaux que sont la paresse et l’inaction volontaire.

 

5                        Genèse 25:29-34 — Le droit d’aînesse

Dans la scène suivante, Ésaü méprise son droit d’aînesse, qui lui accordait pourtant une double portion d’héritage (Deut. 21:17). Fatigué, pour assouvir sa faim passagère, Ésaü accepte de vendre son droit d’aînesse à Jacob contre des lentilles, un plat recherché au demeurant, qu’il désigne simplement par sa couleur. Il affirme légèrement : « Je m’en vais mourir, à quoi me sert mon droit d’aînesse ? ». Jacob, toujours à l’affût de son intérêt, saisit habilement cette opportunité et le fait jurer aussitôt avant de le servir (Gen. 25:32-34).

Jeunes gens élevés selon l’enseignement de la Parole de Dieu, vous avez un privilège comparable au droit d’aînesse. Ne restez pas indifférents à ce que Dieu vous offre avec amour (Jonas 2:9). Ne cherchez pas, comme Ésaü, à vous plaire à vous-même, mais associez-vous de cœur à ceux qui, par amour pour Christ, acceptent de se trouver « en labeur, en veilles souvent, dans la faim et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et la nudité…  » (2 Cor. 11:26-28).

Isaac est-il touché de l’attitude profane d’Ésaü ? (Héb. 12:16). « Pour un seul mets » déclare avec insistance l’Écriture ! Vraiment la conduite de ce fils était insensée : c’était une insulte à Dieu ! Hélas, la façon dont Ésaü cherche à assouvir ses désirs et se complaît dans les plaisirs de la chair, a son origine dans la tendance que son père Isaac n’avait pas refrénée. Plus tard, trop tard, Ésaü cherchera avec larmes à obtenir cette bénédiction. Pour l’instant, il mange avec avidité, se lève et s’en va. Il ne pense qu’à la jouissance du moment, peu lui importe le reste. Que de fois des parents retrouvent avec tristesse leurs tendances, accentuées même, chez leurs enfants !

Jacob se montrera souvent fourbe et rusé, et il en subira les conséquences. Mais il aimait l’héritage promis par l’Éternel à son père et à sa descendance. Les filles de Tselophkad montreront la même disposition de cœur. Et Dieu met le sceau de son approbation sur celui qui fait un tel choix (Nom. 27:4-7). Le chrétien doit apprécier et rechercher « les richesses de la gloire de son héritage dans les saints » (Éphés. 1:18).

Jacob sera l’objet d’une longue et patiente discipline de la part de Dieu. Il connaîtra, par sa faute, l’exil. Mais il reviendra dans ce pays de la promesse et s’attachera à y demeurer, après la mort de son père (Gen. 37:1). Mais Ésaü le profane (Héb. 12:16) va jouir longtemps encore, à tort, d’une place de choix dans les affections d’Isaac ! Dieu peut supporter un temps des tendances, qui sont toujours une entrave pour notre croissance spirituelle (Job 20:12-13). Mais Il veut amener chacun des siens à porter sur lui-même un jugement complet et à Lui donner la place qui lui appartient (Héb. 12:7:10).

 

6                        Genèse 26

6.1   Ch. 26:1-11 — La descente en Égypte

Une famine survient ensuite dans le pays, comme au temps d’Abraham. Mais Isaac ne sait pas tirer leçon des tristes expériences de son père Abraham (Gen. 12 et 20). Apparemment il obéit à Dieu, qui lui apparaît pour la première fois, lui enjoint de ne pas descendre en Égypte et lui renouvelle les promesses faites à son père (Gen. 26:1-4). Mais au lieu de rester près du puits de Lakhaï-roï, où déjà Agar avait goûté les inaltérables ressources divines (Gen. 16:10-14), Isaac s’en va chez Abimélec, roi de Guérar, sur le chemin de l’Égypte. Souvent, nous agissons de cette manière. On peut abandonner une forme de mondanité et en accepter une autre. La vraie séparation a Christ pour mobile.

Isaac, au lieu de séjourner à Guérar, y habite, et les difficultés commencent. Interrogé au sujet de Rebecca, et craignant sans raison évidente pour sa vie, il tombe dans le même péché que son père. Il présente Rebecca comme sa sœur, au lieu de reconnaître ouvertement qu’elle est sa femme. L’esprit du monde aujourd’hui amène aussi les hommes à renier la relation divine du mariage. Il est solennel de constater que des enfants de Dieu peuvent céder à un tel esprit ! L’attitude égoïste d’Isaac est offensante pour Rebecca, elle peut produire de l’amertume dans le cœur de son épouse. D’ailleurs « comme son séjour se prolongeait », Abimélec, qui observait Isaac à son insu, découvre qu’il lui a menti (Gen. 26:8-10 ; Éphés. 4:25). Comment ses voisins pourraient-ils désormais avoir confiance en Isaac ?

Le monde observe la conduite d’un chrétien : Que voit-il ? Le croyant se met en péril par ses fréquentations mondaines. Il manque aussi souvent de courage pour confesser sa relation avec Christ. Il a peur de l’opprobre, ce qui le conduit à rendre un mauvais témoignage devant le monde (1 Pier. 4:16). Quelle honte si un croyant est repris à juste titre par des incrédules à cause de sa conduite (Gen. 26:9-11) ! Évitons toute attitude équivoque où nous n’aurions pas la liberté de demander à Dieu de nous garder. Quel contraste béni offre l’attitude de Christ, le Mari d’Israël et l’Époux de l’Église, qui est le modèle à imiter ! « Ayons soin d’éviter tout ce qui déshonore Christ. Une chute détruit le caractère de Christ devant les hommes, même si ce n’est peut-être pas un péché grossier » (JND).

La « frayeur d’Isaac », semble bien être sa crainte de Dieu (Gen. 31:42). Ne l’a-t-elle pas conduit à s’humilier devant Lui, libérant son esprit de ce péché ?

 

6.2   Ch. 26:12-33 — Les Philistins

Pour chercher peut-être à se mettre à l’abri d’une famine éventuelle, Isaac sème dans cette terre. Il est le seul patriarche à adopter une attitude transitoire entre la vie nomade et la vie sédentaire. Il récolte au centuple (Marc 4:8), car selon sa promesse l’Éternel le bénit (Gen. 26:3 ; Héb. 10:23). Mais l’Écriture souligne en même temps que l’homme grandissait, qu’il allait grandissant de plus en plus, jusqu’à ce qu’il devint fort grand » (Gen. 26:13).

Cette aisance au milieu de ces Philistins idolâtres, adorateurs de faux-dieux tels que Dagon, Ashtaroth et Beelzébul, inquiète. La prospérité acquise dans ce monde, a toujours un effet néfaste sur la vie spirituelle d’un croyant (1 Tim. 6:9-10). Quel contraste avec la vie d’un Jean le baptiseur, marquée par une sobriété que ses contemporains estimaient certainement excessive ! (Matt. 3:4). Mais cette conduite donnait toute sa valeur au témoignage rendu à l’égard du Seigneur : « Il faut que Lui croisse, et que moi je diminue » (Jean 3:30). À la fin de sa course ici-bas, l’apôtre Paul demande à Timothée de lui apporter le manteau qui lui sera utile pour l’hiver qui s’approche. Il n’avait pas accumulé les biens terrestres mais il laissait derrière lui un précieux ministère inspiré, des enseignements que sa conduite n’avait pas affaiblis (2 Tim. 3:10-11).

 

Dès lors dans sa bonté, l’Éternel va enseigner à Isaac que tous ces biens acquis à Guérar sont plutôt pour lui une source de tourments (Ps. 62:10). Il ne pourra jamais jouir de la paix et de la tranquillité auxquelles son âme aspire, tant qu’il restera au milieu des Philistins. Si Isaac s’était conduit comme un étranger et un forain, son témoignage aurait été clair ! On se souvient de l’appréciation des fils de Heth sur Abraham. « Tu es un prince de Dieu au milieu de nous ! » (Gen. 23:6). Désormais les Philistins portent envie à Isaac (Gen. 26:14 ; Ecc. 4:4). Le patriarche va peu à peu comprendre qu’il doit quitter le pays des Philistins, même si leur terre s’est montrée si fertile !

Pour obliger Isaac à partir, les Philistins remplissent de terre tous les puits que les serviteurs d’Abraham avaient creusés, et sur lesquels Isaac pensait peut-être avoir quelques droits ! C’était un lourd handicap pour un homme dont les biens terrestres consistaient surtout en troupeaux. Ces Philistins cherchent à priver Isaac de cette eau si indispensable à la vie, et qui lui était fournie par ces anciens puits. Les Philistins modernes n’agissent pas autrement. Ils ne creusent pas de puits. Ils s’efforcent de boucher ceux qui existent, creusés par des hommes nobles au milieu du Peuple de Dieu (Nom. 21:18).

Cette eau est une belle image de la Parole, de ces sources de rafraîchissement spirituel dont déjà tant de générations ont joui. Notre privilège est d’y puiser à notre tour ! (És. 12:3). L’ennemi de nos âmes s’efforce de remplir nos vies des choses de la terre. Il voudrait nous occuper constamment de ce qui ne rassasie pas et de ce qui ne peut pas désaltérer (És. 55:2 ; Jér. 2:13).

Abimélec lui-même vient dire à Isaac : « Va-t’en d’avec nous : car tu es beaucoup plus puissant que nous » (Gen. 26:15-16). Isaac s’en va, mais à regret, car il continue à habiter dans la vallée de Guérar ! Exemple de persévérance et de fidélité, il cherche toujours à déboucher les puits d’eau creusés par son père et « il leur donna des noms d’après les noms que son père leur avait donné » (Gen. 26:18). Isaac se montre toujours un fils respectueux.

Finalement, ses serviteurs trouvent un puits d’eau vive, c’est à dire alimenté par une vraie source souterraine, donc préférable à l’eau stagnante d’un puits ordinaire ! Cette eau vive est une figure du Saint Esprit agissant en nous par le moyen de la Parole, répondant à un besoin essentiel chez le croyant (Jean 7:37-39). Nous devons recreuser personnellement les puits. Alors l’action sanctifiante de la Parole pourra s’exercer sur notre conscience et notre cœur. Sans eau, une plante meurt, même si elle est placée au milieu d’un sol riche en éléments nourriciers. L’eau est indispensable pour que cette plante puisse assimiler cette nourriture. Le Saint Esprit a ces effets bénis pour chaque croyant (Jean 14:26).

Les bergers de Guérar contestent encore ! « L’eau est à nous ». Avec patience, les serviteurs d’Isaac creusent un autre puits, mais se heurtent à la même farouche opposition (Gen. 26:20-22). Isaac supporte toutes ces injustices avec un esprit de douceur et de grâce (Phil. 4:5). Les autres patriarches n’ont pas eu la même attitude. Cette constante disposition d’esprit, digne de louange devant Dieu, se manifestera tout au long de la vie de ce patriarche (1 Pier. 2:19-20).

Isaac se garde des disputes et des contestations (Rom. 12:18). Avons-nous la même attitude ? Le patriarche transporte ses tentes plus loin encore, et creuse un nouveau puits. Cette fois les Philistins ne contestent pas ! (Prov. 16:7). Isaac déclare : « L’Éternel nous a maintenant donné de l’espace, et nous fructifierons dans le pays » (Gen. 26:22 ; Ps. 31:8). Sa tente est maintenant tendue « hors du camp, loin du camp » (Ex. 33:7). Il répond à la pensée de l’Éternel, il est délivré de ces associations qui entravaient sa vie spirituelle.

Bientôt, de là, il monte à Beër-Shéba, c’est à dire qu’il se trouve à nouveau dans les limites de la terre promise (Juges 20:1). « Et l’Éternel lui apparut cette nuit-et lui dit : Je suis le Dieu d’Abraham ton père, ne crains pas, car je suis avec toi ; et je te bénirai et je multiplierai ta semence, à cause d’Abraham, mon serviteur » (Gen. 26:24 ; Rom. 8:21). Abraham a été le premier à recevoir, dans l’Écriture, ce beau titre de serviteur, avant Moïse, Josué et le Seigneur lui-même. Cette discipline produit dans la vie d’Isaac une sanctification pratique. Il bâtit d’abord un autel et invoque le Nom de l’Éternel. Il n’avait pas d’autel à Guérar.

Puis il dresse sa tente au même endroit (Gen. 26:25). Une tente n’a pas de fondement, en quelques instants elle est dressée ou pliée. Celle de ces pèlerins, montrait qu’ils étaient des étrangers célestes. Ils attendaient la Cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur (Héb. 11:9-10). Ceux qui « habitent sur la terre », expression fréquente dans l’Apocalypse, (Apoc. 3:10 ; 6:10 ; 8:13…) peuvent-ils voir que, par la foi, nos regards se portent résolument vers le ciel ? (Act. 1:10).

L’autel était destiné à offrir des sacrifices à Celui qui leur était apparu. Il montre qu’ils étaient devenus de vrais adorateurs.

Les serviteurs d’Isaac creusent aussi un puits à Béër-Shéba, et il sera appelé le puits du serment. En effet, c’est à ce moment-là qu’Abimélec, avec Akhuzzath son ami, et Picol, le chef de son armée, viennent rendre visite à Isaac. Isaac s’étonne à juste titre : « Pourquoi venez-vous vers moi, puisque vous me haïssez, et que vous m’avez renvoyé d’auprès de vous ? » (Gen. 26:27). Quoiqu’ils soient des païens, ils répondent : « Nous avons vu clairement que l’Éternel est avec toi » (Gen. 26:28). Ils en ont conclu qu’il valait mieux que cet homme soit leur allié que leur ennemi. Ils sont donc venus faire alliance avec lui. Ils exposent leur façon de voir. « Tu ne nous feras pas de mal, comme nous ne t’avons pas touché, et comme nous ne t’avons fait que du bien et t’avons renvoyé en paix » ! Ils concluent peut-être habilement : « Tu es maintenant le béni de l’Éternel » (Gen. 26:29).

Cette circonstance fait ressortir combien les caractères d’Abraham et d’Isaac étaient différents. Quand les serviteurs d’Abimélec s’étaient emparés par force d’un puits, Abraham avait eu une attitude ferme vis à vis de ce Philistin (Gen. 21:25-32). Isaac, pourtant provoqué à tant de reprises durant son séjour en Philistie, est comme à l’accoutumée, débonnaire et même dans cette circonstance, plutôt faible (Gen. 26:30-31). Que de fois l’on garde le silence alors qu’il faudrait parler ! C’est souvent un manque de courage moral. Il faut demander au Seigneur de nous apprendre à joindre à la foi, la vertu (Prov. 15:23 ; 2 Pier. 1:5).

C’est notre devoir de pardonner, mais la Parole précise, « si ton frère se repent » (Luc 17:3). Or rien de tel chez Abimélec. Il s’estime au contraire très généreux d’avoir laissé Isaac quitter Guérar sain et sauf. Pourtant Isaac s’empresse de faire alliance avec Abimélec. Il lui prépare un festin et le renvoie sans attirer son attention sur sa mauvaise conduite passée. Agir de la sorte, c’est oublier le témoignage qu’un croyant est appelé à rendre à son entourage (Éphés. 5:11-12).

 

7                        Genèse 26:34-35 — Conduite d’Ésaü

Ésaü ne tarde guère à montrer à nouveau combien les pensées de Dieu lui sont étrangères. Il ne peut pourtant pas ignorer que l’Éternel avait annoncé à Abraham son intention de détruire les nations qui habitaient encore dans ce pays de Canaan, à cause de leur iniquité (Gen. 15:16). Mais il n’hésite pas à faire entrer dans la famille d’Abraham, par mariage, deux femmes héthiennes, idolâtres et impies (Gen. 24:3, 37 ; Héb. 12:16).

Plus tard, quand Ésaü verra Isaac, sur l’intervention de Rebecca, envoyer Jacob à Paddan-Aram pour y chercher une épouse (Gen. 27:46) il réalise que les filles de Canaan sont mal vues de ses parents et pense regagner leur faveur en prenant une troisième épouse, descendante d’Ismaël ! (Gen. 28:7-9). Sa conduite cause un profond chagrin à ses parents (Gen. 26:35). Isaac a-t-il manqué d’avertir ses fils et à veiller sur leurs voies, à la différence de son père Abraham ? Quand la crainte de Dieu s’estompe, le déclin s’accentue rapidement dans la famille de la foi. L’Écriture ne relève pas que Jacob soit attristé, comme son père Isaac, quand son fils, Juda, qui s’est éloigné de ses frères, prend pour épouse une cananéenne (Gen. 38:1-2).

De nombreux enfants dans les familles chrétiennes ont montré le véritable état de leur cœur, au moment si important du mariage. Ils n’ont pas obéi à l’injonction formelle de l’Écriture : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec des incrédules » (2 Cor. 6:14). Il n’y a pas de retour individuel ou collectif vers le Seigneur, aussi longtemps que les croyants ne reviennent pas de tout leur cœur à ce principe de la séparation, en particulier pour le mariage.

Esdras 10:10-15 et Néhémie 13:23-28 montrent que le Résidu s’est affaibli rapidement, suite à des alliances avec des personnes étrangères. Quelle tristesse d’entendre leurs fils parler à moitié l’asdodien, et ne plus parler le juif, mais selon la langue de l’un ou de l’autre peuple (Néh. 13:24). Si une chute aussi grave survient dans une famille chrétienne, les parents doivent prier avec persévérance, en s’humiliant de leurs propres défaillances. Alors il leur sera peut-être accordé la joie de voir un enfant égaré revenir au Seigneur.

 

8                        Genèse 27

Probablement près de vingt ans s’écoulent avant la suite de ce récit, au chapitre 27. « Lorsque Isaac fut devenu vieux et que ses yeux furent affaiblis de manière à ne plus voir », il se propose de transmettre la bénédiction réservée à l’aîné. En fait ce patriarche vivra encore une quarantaine d’années.

Mais quel est donc l’héritier légitime ? L’oracle divin (Gen. 25:23) avait tracé clairement son chemin à Isaac. Or il se laisse guider par sa préférence charnelle pour Ésaü. Avec l’âge, ses tendances, faute d’être jugées, se sont aggravées (Éphés. 4:22). Il ne songe apparemment pas à consulter l’Éternel, encore moins à attendre un ordre de Sa part.

Ésaü avait pourtant déjà vendu sans honte son droit d’aînesse à Jacob. Il avait aussi montré, par ses mariages, qu’il n’était décidément pas digne d’entrer dans cette lignée de la foi, d’où surgirait le Messie. C’est pourtant Ésaü qu’Isaac appelle secrètement. Il le prie de sortir dans les champs, avec ses armes. « Prends-moi du gibier et apprête-moi un mets savoureux comme j’aime, et apporte-le-moi et j’en mangerai, afin que mon âme te bénisse avant que je meure » (Gen. 27:3-4). Un mets savoureux compte-t-il plus pour Isaac que l’état moral de ses fils ? Les convoitises de la chair ont des conséquences plus terribles encore chez un croyant que chez un incrédule. Les yeux d’Isaac sont affaiblis, mais surtout il est devenu aveugle spirituellement.

Pour accomplir le dernier acte religieux d’un sacrificateur patriarcal, il demande ce mets savoureux qu’il aime, qui correspond pour lui « au vin et à la boisson forte » que les sacrificateurs devaient proscrire de leur régime avant d’entrer dans le sanctuaire (Lév. 10:9). Isaac au contraire semble supposer cette nourriture susceptible de lui donner les forces convenables pour accomplir son service !

On peut en venir à confondre la simple excitation de la chair avec la puissante action du Saint Esprit (Éphés. 4:30 ; 5:18). Un manque de sobriété dans le manger et le boire, dans tout ce que Dieu donne richement pour soutenir la vie du corps, peut conduire à s’enivrer. Le sens s’en trouve ôté et le croyant perd tout discernement spirituel (Osée 4:11).

 

Or « Rebecca entendait » Isaac pendant qu’il parlait à Ésaü, son fils (Gen. 27:5). Au commencement de sa vie, sa conduite avait été simple et belle, elle s’était résolument engagée dans le chemin de la Foi. Plus tard, on a vu cette future mère aller consulter l’Éternel pour qu’Il l’éclaire au sujet de ses enfants (Gen. 25:22). Mais ici, Rebecca, dont le nom signifie une corde à nœud coulant montre qu’elle est capable de manifester le même trait de famille que son frère Laban, fourbe et rusé. Malgré les épreuves, elle n’a pas vraiment perdu cet ancien goût (Ps. 119:83).

Quand, par grâce, nous répondons à l’appel qui nous met à part pour Dieu, nous recevons une nouvelle nature qui aime Dieu et cherche à Le servir. Mais nous avons déjà un certain caractère charnel. Il est d’abord personnel, conséquences des tendances familiales ou encore acquis par notre éducation à la maison et à l’école.

Chaque enfant de Dieu doit mettre constamment en pratique les exhortations de la Parole de Dieu. Il doit se tenir pour mort au péché, et pour vivant à Dieu, dans le Christ Jésus. Réaliser pratiquement sa position, savoir que le vieil homme a été crucifié avec Christ. Il ne doit plus servir le péché, le laisser régner sur son corps mortel. Il a dans la présence du Saint Esprit en lui, les ressources pour cela (Rom. 6:4-6).

Dans cette famille d’Isaac, où pourtant Dieu était connu, les convoitises, les fraudes et les mensonges prennent tristement beaucoup de place. Apparemment, il n’y a plus guère de communion spirituelle entre Isaac et Rebecca. Chacun cherche simplement à servir au mieux les intérêts de son enfant préféré ! Au lieu de crier au Dieu Tout-Puissant, et apparemment sans hésiter, Rebecca élabore un triste projet. Pendant qu’Ésaü est parti chercher du gibier, elle engage Jacob à tromper son père, pour empêcher son frère de recevoir la bénédiction qu’Isaac veut lui donner. Jacob ne sait pas résister à sa mère, d’autant plus que tous les deux veulent, sans scrupule sur les moyens employés, s’emparer de ces promesses qui ont du prix à leurs yeux. Jacob semble surtout préoccupé des conséquences désagréables possibles, si sa fraude vient à être découverte : « Je passerai à ses yeux pour un trompeur, et je ferai venir sur moi la malédiction et non la bénédiction » (Gen. 27:11, 12).

Tromper son père ? Mais n’est-ce pas exactement ce qu’il s’apprête à faire ! A-t-il oublié que Dieu ne peut se renier ni permettre une erreur ? Si seulement il avait su compter sur Lui (Dan. 4:35), il se serait épargné beaucoup de peines et de temps perdu. Rebecca a réponse à toutes ses objections. Elle a déjà dit à Jacob : « Maintenant, mon fils, écoute ma voix dans ce que je te commanderai ». Jacob lui fait-il part de ses craintes ? Pour le rassurer, elle ajoute : « Que ta malédiction soit sur moi, mon fils ! Seulement écoute ma voix et va…  » (Gen. 27:8:13). Elle met sur Jacob les habits précieux d’Ésaü, ceux qu’il portait les jours de fête. Elle recouvre les mains et le cou de Jacob avec des peaux de chevreaux. Elle se doute qu’Isaac va chercher, en tâtant, à s’assurer qu’il s’agit bien d’Ésaü, naturellement très velu. Elle met ensuite dans la main de Jacob le mets savoureux tant désiré par Isaac. Elle l’a, elle-même, préparé (Gen. 27:17). Enfin elle ajoute aux paroles d’Isaac à Ésaü, pour faire mesurer à Jacob l’importance de cette bénédiction : elle sera prononcée devant l’Éternel ! (Gen. 27:7)

Nous ressemblons souvent beaucoup à Rebecca. Mais même si nos stratagèmes semblent réussir, n’y voyons pas une preuve de l’approbation divine !

En fait c’est la volonté de Dieu qui va se réaliser ; car tous Ses conseils sont la fermeté même (Rom. 9:18). Mais chacun a sa part de responsabilité dans ce grand péché de famille et il en subira les conséquences. Isaac et Ésaü verront leurs projets immédiatement anéantis. Rebecca sera définitivement privée de son fils. Jacob, en exil, sera surabondamment trompé à son tour par son beau-père Laban. Ses propres fils aussi lui feront croire un jour que son fils bien-aimé, Joseph, est mort (Prov. 26:27). Jacob reçoit la bénédiction convoitée : « Que Dieu te donne de la rosée des cieux et de la graisse de la terre, et une abondance de froment et de moût… Sois le maître de tes frères…  (Gen. 27:27-29). Mais pour parvenir à ses fins, il n’a pas hésité à mentir à plusieurs reprises. En particulier, il ose dire à son père, qui s’étonne d’un si prompt retour de la chasse, c’est « parce que l’Éternel, ton Dieu, me l’a fait rencontrer devant moi » ! (Gen. 27:20).

Les péchés vont par troupeau. Le premier pas descendant peut conduire très loin. Une chose aurait pu trahir Jacob : sa voix (Gen. 27:22-23). Mais de fait Isaac doit accomplir les desseins du Dieu souverain.

Il n’est pas étonnant que le patriarche soit « saisi d’un tremblement très-grand », quand Ésaü revenu de la chasse, se présente à son tour. Il se demande à haute voix « Qui donc est celui qui a pris du gibier et m’en a apporté ? Et j’ai mangé de tout avant que tu vinsses, et je l’ai béni : aussi il sera béni » (Gen. 27:33). Mais il réalise donc qu’il s’est conduit d’une misérable manière, tout en prononçant cette remarquable prophétie. Alors DIEU est intervenu pour annuler ses mauvaises intentions. Les paroles d’Isaac montrent qu’il se courbe devant la volonté divine, et se juge devant l’Éternel.

Ésaü « jette un cri très-grand et amer » (Gen. 27:34). Il réclame avec véhémence une bénédiction. Il pleure, il accuse Jacob de lui avoir pris son droit d’aînesse et sa bénédiction. Il avait méprisé cette part excellente et maintenant c’est trop tard (Prov. 1:28-31). Isaac lui déclare : « Voici, je l’ai établi ton maître » (Gen. 27:37). Le refus qu’Isaac oppose à Ésaü montre la présence chez lui d’une foi vivante. De la vie d’Isaac, l’épître aux Hébreux retient cet instant : « Par la foi, Isaac bénit Jacob et Ésaü à l’égard des choses à venir » (Héb. 11:20). Le mot hébreu au début du verset 40 (voir la note) paraît bien avoir un sens privatif. L’Idumée, habitée pendant tant de siècles par la descendance d’Ésaü, est une contrée pauvre et aride. Ses habitants ont vécu de guerre, de rapine et de violence.

Beaucoup de chrétiens de nom, profanes comme Ésaü, pensent hériter de la bénédiction divine sans la foi. Ils se confient dans une religion de formes et de traditions, qui se limite souvent à quelques cérémonies religieuses (Matt. 8:12).

La parole de l’Éternel se réalise. Isaac reconnaît ce que Dieu vient de faire à la fois par lui et malgré lui. Il est maintenant soumis à la volonté de Dieu. Tel doit toujours être l’effet de la discipline de Dieu à notre égard. Il faut finalement que toute pensée soit amenée captive à l’obéissance du Christ (2 Cor. 10:5). Mais que de souffrance maintenant autour d’Isaac ! Celui qui est devenu l’héritier légitime doit s’enfuir, craignant d’être tué par Ésaü, qui suit le même chemin que Caïn (Gen. 27:43). Rebecca caresse, à tort, l’espoir, que ce ne sera que pour « quelques jours, jusqu’à ce que la fureur de ton frère se détourne » (Gen. 27:43-44). Elle ne reverra plus Jacob. Rebecca se sert pour convaincre Isaac de faire partir Jacob, de l’aversion qu’ils partagent, elle le sait, pour ces filles de Heth, épouses d’Ésaü (Gen. 27:46). Mais c’est de sa part un trait lumineux de sa foi. Elle cherche à sauver ce qui peut l’être. Jacob, le fils bien-aimé, trouvera une noble épouse qu’il aimera.

Isaac fait venir Jacob et le bénit. Il lui commande de se rendre à Paddan-Aram, pour y rencontrer une épouse. Il semble montrer en cette circonstance la vigueur d’une foi, telle qu’elle avait brillé dans les meilleurs moments de sa vie (Gen. 28:1-5).

 

9                        Genèse 28 et 35 : — La fin d’Isaac

Un grand silence se fait dans l’Écriture sur les longues dernières années qui vont précéder la mort du patriarche. Sa vie semble inutile, le vase était-il donc gâté, impropre désormais à l’usage du Maître ? (Jér. 18:4). Quelqu’un a écrit à ce sujet : au lieu de s’user, il avait rouillé. Tandis que chez son père Abraham, la feuille est restée verte et il n’a pas cessé de porter du fruit (Jér. 17:7-8 ; És. 40:31).

Toutefois Dieu garde en vie le vieux patriarche jusqu’au moment où Jacob revient, obéissant à l’ordre divin : « Retourne au pays de tes pères et de ta parenté, et je serai avec toi » (Gen. 31:3). Il appréhendait tellement sa rencontre avec Ésaü, qui vient vers lui avec 400 hommes ! Mais l’Éternel a disposé le cœur d’Ésaü, qui l’accueille avec des baisers et des larmes.

On aimerait voir Isaac mourant, adorer, appuyé sur le bout de son bâton, comme le fera justement plus tard son fils Jacob, après sa vie si agitée (Héb. 11:21). C’est un grand encouragement pour de jeunes chrétiens s’ils peuvent voir leurs aînés atteindre la fin de leur course, fermes, inébranlables, abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur. Dans de telles conditions, on peut, en parlant d’eux, évoquer les paroles de l’apôtre Paul (1 Cor. 15:58 ; 2 Tim. 4:7). On constate toutefois qu’Isaac se trouve alors à nouveau à Mamré, tout près d’Hébron, son père Abraham avait habité. Jacob est près de lui, quand il est recueilli vers ses peuples.

Une dernière fois, ses deux fils sont réunis pour l’enterrer, encore liés par les relations naturelles d’une famille terrestre (Gen. 35:27-29 ; 49:31). Mais peu après, Ésaü va partir loin de Jacob, son frère, loin aussi de Dieu, avec ses femmes, ses enfants et tout son avoir. Il habitera la montagne de Séhir, Ésaü c’est Edom (Gen. 36:6-8). Tandis que Jacob habitera dans le pays de Canaan, où son grand-père et son père ont séjourné avant lui (Gen. 37:1).

Une fois encore, ce récit rappelle à nos cœurs « la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux » (Jac. 5:11).

Quand la pression qu’exercent les circonstances extérieures devient trop forte, il est rassurant de sentir à l’intérieur la main du Potier qui soutient l’homme caché du cœur. Laissons-nous former par cette main d’amour : Le Seigneur prépare le vase qu’Il posera tout à l’heure sans bruit dans sa Maison, à la louange de la gloire de sa grâce.

 

 

Fidèle discipline d’un Dieu de sainteté,

Où la grâce divine abonde en fruit porté !

Tu formes sur la terre tes bien-aimés enfants.

Soit loué, tendre Père, pour tes soins vigilants.