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Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d’orge….

 

Des croyants saisissant l’occasion pour servir, en simplicité et sans bruit, le Seigneur ou les Siens, là où Il nous place, avec les ressources qu’Il donne

 

Philippe Laügt

Octobre 2005

Table des matières :

1     Les croyants de Macédoine (lire 2 Cor. 8:3-8)

2     Le petit garçon (lire Jean 6:1-15)

3     Esther (lire le livre d’Esther)

4     Joseph (lire Genèse 37 à 46)

5     Miriam (lireExode 2:1-10)

6     Abigaïl (lire 1 Samuel 25).

7     Rahab (lire Josué 2).

8     David (lire 1 Samuel 17)

9     La petite fille qui servait la femme de Naaman (lire 2 Rois 5)

 

 

 

 

Il est vraiment à propos que chacun des rachetés du Seigneur se demande après sa conversion quelle réponse il peut apporter à Celui qui l’a sauvé de la mort éternelle et auquel il appartient désormais (2 Cor. 5:14-15) ! Le service par excellence pour les rachetés, tous devenus des sacrificateurs pour leur Dieu et Père, est celui de l’adoration. Cependant il y a aussi une grande diversité d’autres services que le Seigneur peut leur confier tant qu’ils sont sur la terre. Mais le seul vrai motif c’est l’amour pour le Seigneur !

 

1                        Les croyants de Macédoine (lire 2 Cor. 8:3-8)

 

Les croyants des assemblées de la Macédoine en donnent le magnifique exemple. Il y avait pourtant beaucoup d’obstacles pour qu’ils puissent mener une vie chrétienne normale, et ils auraient pu donner toutes sortes d’excuses valables ! Jour après jour ils devaient faire face à une situation très difficile (2 Cor. 8:2) ! Pourtant ces entraves qui souvent paralysent l’activité d’autres croyants (Néh. 4:10) avaient peu d’importance, du fait de la communion étroite de ces croyants avec le Seigneur.

L’apôtre Paul peut rendre témoignage des motifs de leur zèle hors du commun : « Ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur ; et puis à nous, par la volonté de Dieu ». Aussi, selon leur pouvoir et au-delà de leur pouvoir, spontanément, ils demandaient avec de grandes instances la grâce et la communion d’un service envers les saints (2 Cor. 8:3-8) !

Chers lecteurs, notre amour pour notre Sauveur et Seigneur est-il de cette qualité ? Ne sommes-nous pas fortement influencés, peut-être à notre insu, par un monde où l’égoïsme prévaut au point d’affirmer que « charité bien ordonnée commence par soi-même » ?

 

Voyons ensemble dans l’Écriture quelques exemples de ces personnes qui ont montré un dévouement qui rappelle celui du Seigneur, le parfait Modèle.

 

2                        Le petit garçon (lire Jean 6:1-15)

 

Cet enfant semble être le seul au milieu de toute cette grande foule venue écouter le Seigneur à avoir prévu d’apporter sa nourriture. En tout cas il est le seul qui est prêt à mettre le peu qu’il a à la disposition de Jésus. Son exemple rappelle qu’à tout âge on peut avoir à cœur de faire quelque chose pour le Seigneur et pour les autres, chacun selon sa propre capacité reçue d’en haut (Matt. 25:15). Ce garçon devient le moyen inattendu qui permet de pourvoir aux besoins de cinq mille hommes ! Si Dieu veut bien se servir de nous, ne cherchons pas à nous dérober, en prétextant par exemple notre jeunesse ou l’insuffisance de nos ressources ! Évidemment ce n’étaient que des pains d’orge, la nourriture des pauvres, et le petit garçon n’avait que deux poissons, probablement de petite taille. De plus si André fait part au Seigneur de la présence de cet enfant, il ajoute un commentaire qui met en évidence son peu de confiance en Celui qui avait pourtant accompli devant eux un si grand miracle à Cana (Jean 2:6-11) : « Qu’est-ce que cela pour tout ce monde ?»

Mais Jésus commande de faire asseoir les gens sur l’herbe. Il saura, Lui, comment transformer ces maigres ressources en un véritable festin (Jér. 1:6-7). De plus « après qu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : amassez les morceaux de reste, afin que rien ne soit perdu ». Alors « ils remplirent douze paniers des morceaux qui étaient de reste des cinq pains d’orge » (Jean 6:12-13). Quelle abondance son peuple trouve toujours en Lui (Ps. 132:15).

 

3                        Esther (lire le livre d’Esther)

 

Placée dans des circonstances bien différentes. Esther apparaît comme une jeune fille modeste, respectueuse de l’autorité, prête finalement au rôle extraordinaire qu’elle va être appelée à jouer (1 Cor. 1:27). Elle appartenait à ce peuple juif, dispersé et méprisé, qui était devenu à cause de ses péchés multipliés : « Lo-Ammi » (Osée 1:9) ce qui signifie : « pas mon peuple ». Mais Dieu dans ses grandes compassions agissait encore à son égard selon Sa providence. Sa main invisible conduisait les événements et disposait les cœurs. Il va incliner le cœur du roi de cet immense empire médo-perse pour qu’il choisisse Esther parmi toutes les candidates rassemblées pour succéder à Vasthi. Devenue reine, cette jeune femme se trouve aussitôt en danger dans une atmosphère de coterie mondaine et de complots fomentés contre son royal époux (Esth. 2:23). On comprend ses craintes, mais Mardochée le Juif (Esth. 5:13), qui dans le passé avait recueilli cette jeune orpheline, continue à veiller sur elle, assis à la porte du roi (Esth. 2:11). Esther, qui connaît sa spiritualité et sa sagesse, lui reste soumise (Esth. 2:20).

C’est alors qu’un nouveau personnage, Haman, descendant de la famille royale d’Amalek (une figure de l’antichrist) va facilement séduire, en le flattant, le faible Assuérus. Il se hisse rapidement au sommet du pouvoir (Esth. 3:1-2) et ne va pas tarder à se faire connaître comme un terrible ennemi des Juifs. Il n’est qu’un agent de Satan : il fait un effort particulier pour exterminer le peuple Juif, au milieu duquel le Messie doit voir le jour (Gal. 4:4). Devant un tel homme, Mardochée refuse de s’incliner : ce Juif est une épine très douloureuse pour Haman (Esth. 3:4-6). Sans doute Mardochée se souvient-il d’une déclaration solennelle : « L’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (Ex. 17:16).

Dévoré par une haine habilement dissimulée, Haman obtient du roi qu’il promulgue un décret visant à détruire tous les Juifs du royaume. Tout en leur rendant bien involontairement hommage, il a su les présenter comme un grave danger pour l’ordre public dans les 120 provinces du royaume (Esth. 3:8-9). Et soudain ce peuple est plongé dans la consternation, victime désignée de ce plan diabolique. Ils vivent désormais dans l’attente angoissée de la mort, prévue apparemment par le sort, un an seulement après ! (Prov.16:33).

Dieu veille, il n’y a pas de « hasard » dans la vie des siens, tout est dans Ses mains ! Un seul petit espoir subsiste apparemment : une intervention d’Esther auprès de son époux ! Mais les obstacles paraissent presque insurmontables : l’accès à la cour du palais est strictement interdit à quiconque n’a pas été appelé par le roi : or ce n’est pas le cas pour Esther depuis déjà trente jours. Serait-elle après tout en défaveur (Esth. 4:11) ? D’autre part, peut-on sérieusement espérer faire revenir sur sa décision cet orgueilleux monarque, alors que la loi des Perses ne peut être abrogée ? (Dan. 6:12).

Esther charge Hathac, un des eunuques du roi, de faire part de ses appréhensions à Mardochée qui mène deuil vêtu d’un sac. En retour, il lui envoie alors cet avertissement : Elle doit faire requête pour son peuple (Esth. 4:8). « Ne pense pas en ton âme d’échapper dans la maison du roi, plutôt que tous les Juifs » fait dire Mardochée à Esther. Puis il exprime sa confiance, appuyée sur les délivrances du passé : « Si tu gardes le silence en ce temps-ci, le soulagement et la délivrance surgiront pour les Juifs d’autre part ». Il ne parle pas ouvertement de Dieu qui demeure toujours caché dans ce livre d’Esther. Enfin Mardochée attire son attention sur ce point si important, dans ce récit comme ailleurs : « Qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » (Esth. 4:11-14 ; Prov. 24:11-12). C’est une pensée sérieuse, mais très encourageante aussi : si l’on reste dépendant, ne sera-t-on pas à un moment précis, celui ou celle dont le Seigneur pourra se servir pour accomplir à Sa gloire une tâche particulière, peut-être cachée ? Il n’a pas besoin de l’homme mais Il peut lui confier un service. Même si les instruments chancellent, les promesses de Dieu sont sans repentir, et il accomplira certainement Ses desseins.

La réponse de la courageuse Esther ne se fait pas attendre : elle demande simplement à Mardochée de rassembler les Juifs qui sont à Suse et de jeûner pour elle. Elle est décidée à se présenter chez le roi, et déclare : « si je péris, je périrai » (Esth. 4:16). Dès lors, une Main souveraine va tout régler et subitement Haman s’effondre. Il est pendu au bois qu’il avait préparé pour Mardochée. Les Juifs sont délivrés de leurs angoisses tandis que Mardochée, une figure de Christ, reçoit la gloire, la majesté et l’honneur ». Cet homme, Mardochée, allait toujours grandissant » (Esth. 9:4).

 

4                        Joseph (lire Genèse 37 à 46)

 

Un autre exemple c’est Joseph, qui avait déjà beaucoup souffert dès sa prime jeunesse de la part de ses frères. Vendu en Égypte, il est maintenant l’objet d’une affreuse injustice. Il a fidèlement servi dans la maison de son maître Potiphar, mais il est condamné à tort, à la suite du faux témoignage d’une méchante femme, l’épouse de Potiphar. Il est enfermé dans une tour servant de prison (Gen. 39:7-20). Ses souffrances physiques et morales sont évoquées dans un psaume : « On lui serra les pieds dans les ceps, son âme entra dans les fers » (Ps. 105:18). Il se trouve au milieu de prisonniers coupables, mais il ne s’estime pas pour autant supérieur du fait de son innocence. Il est toujours prêt à les servir ! Il y a des consolations pour cet homme pieux et fidèle : « L’Éternel était toujours avec lui et faisait tout prospérer dans sa main » (Gen. 39:3, 21, 23).

Le temps passe et Joseph s’interroge. Il donne l’interprétation du songe de l’échanson du roi, devenu son compagnon de captivité, tout en précisant qu’elle vient de Dieu ! Il lui annonce la délivrance et lui demande, peut-être à tort : « Souviens-toi de moi quand tu seras dans la prospérité, et use, je te prie, de bonté envers moi, et fais mention de moi au Pharaon. Mais cet homme l’oublie. Joseph ne doit pas sortir de prison simplement comme un malheureux que l’on gracie (Gen. 40:14, 22). Deux années d’attente sont encore nécessaires : sans que Joseph le sache, Dieu le prépare pour une tâche précise, peu ordinaire. Et de façon incompréhensible pour l’esprit humain, il se trouvait à l’endroit précis pour être, le moment venu, prêt à occuper la place que Dieu lui avait préparée ! N’y a-t-il pas dans nos vies, de tels moments, si nous restons dépendants du Seigneur ?

Les portes de la prison vont s’ouvrir. Joseph, rempli de la sagesse d’en haut, est appelé à paraître devant le Pharaon, troublé lui aussi par un songe. Joseph, par son humilité est un beau type du Seigneur : il ne cherche pas à se mettre en valeur. Il dit au Pharaon : « Ce n’est pas à moi ; Dieu donnera une réponse de paix au Pharaon » ! (Gen. 41:16, 25, 32). Il lui annonce les desseins divins et lui signale les mesures à prendre pour atténuer par avance les effets de cette terrible disette. Le monarque dit à ses serviteurs : « Trouverons-nous un homme semblable à celui-ci, en qui est l’esprit des dieux » (Gen. 41:38). Soudain l’affligé qui a été jeté dans une fosse, cet esclave dans un pays étranger, ce prisonnier dans une tour, devient le seigneur du pays, le sauveur du monde (Gen. 42:30) ! Le Pharaon ôte son propre anneau, le donne à Joseph, le revêt de byssus, lui met un collier d’or, et il commande que devant lui, comme tout à l’heure devant Christ, on crie : Abrec, c’est-à-dire qu’on s’agenouille (Gen. 41:43 ; Phil. 2:9-10).

Le propos divin s’éclaire pour Joseph lui-même ! Quand plus tard Il fera approcher ses frères, troublés dans leur conscience, il leur dira : « Ne soyez pas attristés, ne voyez pas d’un œil chagrin que vous m’ayez vendu ici. Dieu m’a envoyé devant vous (il le répète deux fois) pour vous conserver de reste sur la terre… par une grande délivrance » (Gen. 45:5-8) ! Nous ne comprenons pas toujours pourquoi Dieu juge bon de nous faire passer par des chemins difficiles. Restons pourtant dépendants, assurés qu’Il fait toutes choses bien (Marc 7:37). Un jour, dans Sa présence, nous verrons tout clairement : Dieu fait travailler toutes choses ensemble pour le bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui sont appelés selon son propos (Rom. 8:28) !

Joseph est donc un beau type de Christ qui demeure le grand exemple. Dans l’évangile de Matthieu, au moment où Il est rejeté de tous côtés, il est écrit : « En ce temps-là, Jésus se réjouit en esprit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Matt. 11:25-26). Ce temps-là était celui où Jésus constatait avec douleur son rejet, son amour incompris ! Quel sujet constant d’adoration de contempler Son attitude, toute faite de soumission et de dépendance !

 

5                        Miriam (lireExode 2:1-10)

 

Dieu dans sa grâce ne voulait pas laisser les siens dans cette « fournaise de fer » qu’était devenue pour eux l’Égypte (Deut. 4:20). Il voulait leur donner un sauveur : ce sera Moïse, un type de Christ, dont il est souvent question dans l’Écriture. Le cruel Pharaon avait ordonné de mettre à mort tous les garçons nouveau-nés au milieu du peuple Juif. Mais l’Éternel se sert des sages-femmes qui Le craignent : « Elles ne firent pas comme le roi d’Égypte avait dit ; elles laissèrent vivre les enfants mâles » (Ex. 1:17). Un mariage selon Dieu nous est rapporté (Ex. 2:1). Il est suivi quelques années plus tard par la naissance d’un fils. Sa mère discerne la beauté de cet enfant, « il était divinement beau » dira Étienne (Act. 7:20). Alors elle le cache pendant trois mois. Mais le moment vient très vite où elle ne peut plus le cacher aux espions du Pharaon. Alors le cœur certainement serré, elle prépare un coffret de joncs, enduit de bitume et de poix, y met l’enfant, et pose ce coffret parmi les roseaux sur le bord du fleuve, figure fréquente du monde (Ex. 2:1-3). Que de fois, pleins d’inquiétude, des parents croyants doivent laisser partir leurs enfants pour leurs études, pour leur travail dans ce monde violent et corrompu. Alors, avec le Seigneur, nous demandons : « Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal » (Jean 17:15).

Si cet enfant était précieux pour Dieu, il l’était aussi pour sa famille. L’Éternel va répondre à la foi de ses parents par une délivrance providentielle. Miriam, « sa sœur, se tint à distance pour savoir ce qu’on lui ferait » et elle attend patiemment (Ex. 2:4). Ainsi en prenant grand soin de son frère, toute jeune qu’elle était, elle servait sans le comprendre sans doute encore, les intérêts du Seigneur. Personne d’autre, à ce moment-là, n’était mieux placé qu’elle pour remplir ce rôle ! Elle n’était pas trop grande à ses yeux, pour servir. Dieu se sert volontiers de ceux qui sont petits à leurs propres yeux. Derrière la scène, Il dirige tout et se sert même des pleurs du petit enfant.

La fille du Pharaon vient pour se laver et se promène avec ses jeunes filles sur le bord du fleuve. Elle aperçoit le coffret et envoie sa servante le chercher. Elle l’ouvre « et voici, c’était un petit garçon qui pleurait. Elle eut compassion de lui et dit : C’est un des enfants des Hébreux » (Ex. 2:5-6). Miriam est aux aguets, elle saisit ces paroles et avec beaucoup d’à propos, s’approche et propose d’appeler une nourrice pour allaiter l’enfant. La fille du Pharaon acquiesce : « Va ! Et la jeune fille alla et appela la mère de l’enfant ». Elle accourt et s’entend dire : « emporte cet enfant et allaite-le pour moi, et je te donnerai ton salaire ».

Cette scène est remplie de ce que les hommes appellent légèrement des coïncidences. Ils prétendent que ces événements se produisent simultanément par hasard. On peut se demander pourquoi la fille du Pharaon vient se baigner juste à l’endroit où se trouve le coffret où Moïse est couché ? Pourquoi ce petit garçon se met-il alors à pleurer ? Pourquoi cette princesse accepte-t-elle justement la mère de Moïse comme nourrice ?

Avec quelle joie cette Jokhébed (Ex. 6:20) retrouve son enfant et peut l’allaiter mais aussi l’élever pour Dieu (Prov. 22:6). Il grandit dans la foi avant de revenir auprès de la fille du Pharaon, qui le considère comme son fils et l’appelle Moïse (Ex. 2:10). Mais devenu grand, il refuse l’avenir brillant qui lui est offert et choisit l’opprobre du Christ. Il sera un instrument dans la main de Dieu pour confondre le pouvoir de Satan. Finalement le décret du Pharaon n’aura servi qu’à préparer dans sa propre maison un rédempteur pour Israël. Retenons le rôle joué par Miriam, agissant à sa place, selon les desseins divins.

 

6                        Abigaïl (lire 1 Samuel 25)

 

C’était la femme de Nabal, elle avait du bon sens et était belle de visage. Son mari était dur, méchant dans ses actes, un triste descendant de Caleb (1 Sam. 25:3). Dieu se sert surtout d’Abigaïl dans un moment critique de l’histoire de David. L’oint de l’Éternel, appelé à remplacer Saül sur le trône avait veillé au désert sur les troupeaux du riche Nabal, dont le nom signifie insensé. Celui-ci méprise David et rejette ses messagers venus avec une parole de paix, lui demander un peu de nourriture, au moment où il tondait ses moutons. Sa réponse revient à traiter David comme un aventurier (1 Sam. 25:8-11).

David ne sait pas résister à une pareille provocation. Sous le coup de la colère, il ceint son épée et rassemble ses hommes avec la ferme intention d’aller se venger (1 Sam. 25:21-22). Il ne ressemble plus ici au Modèle parfait (1 Pier. 2:23). Avertie par ses jeunes hommes que le mal est décidé contre leur maître et toute sa maison, Abigaïl se hâte, rassemble une abondante provision de vivres, un cadeau princier pour David. Puis toujours à la hâte (1 Sam. 25:18, 23, 42) elle descend vers lui, se prosterne, confesse son indignité et met en évidence les gloires actuelles et futures que sa foi a discernées dans le roi selon le cœur de Dieu. Par son humble attitude, elle détourne la fureur de David (Prov. 15:1). La sagesse de ses paroles atteint la conscience du futur roi. Il se sent repris quand elle lui dit : « Mon seigneur combat les combats de l’Éternel, et la méchanceté n’a jamais été trouvée en toi » (1 Sam. 25:28). Elle anticipe avec foi le moment où David sera établi prince sur Israël, et lui montre que s’il n’écoute pas maintenant ses avertissements, on viendra lui reprocher d’avoir versé du sang sans cause et de s’être fait lui-même justice ! Elle conclut en le priant de se souvenir de sa servante, « quand l’Éternel aura fait du bien à mon seigneur » (1 Sam. 25:31).

Sans doute personne d’autre n’aurait su arrêter David dans cette tragique circonstance. Mais par son intervention pleine de grâce, usant de douceur et de sagesse, elle amène David à dire : « Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, qui en ce jour t’a envoyée à ma rencontre ! » (1 Sam. 25:32-35). Il reconnaît la bonne main de Dieu dans cette affaire et Lui rend grâce pour la venue d’Abigaïl. C’était un faible instrument mais si utile, prêt à servir au moment voulu ! David l’invite alors à monter en paix dans sa maison. Après l’intervention de Dieu qui frappe à mort Nabal, David enverra ses serviteurs parler à Abigaïl. Celle-ci, montrant toujours la même humilité, deviendra son épouse ! (1 Sam. 25:42).

 

7                        Rahab (lire Josué 2)

 

Deux choses ont rendu cette femme capable d’accomplir ce qu’elle a fait. Tout d’abord elle devient une femme de foi. Elle occupe une place honorable dans la grande nuée de témoins : « Par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas avec ceux qui n’ont pas cru, ayant reçu les espions en paix » (Héb. 11:31). Rahab est parfois fortement critiquée, mais la conduite d’un croyant est loin d’être toujours comprise et approuvée par le monde religieux !

En outre la maison de cette femme était justement située à un endroit qui facilitait ses desseins pour sauver les deux espions envoyés par Josué, reconnus et dénoncés au roi de Jéricho. La maison de Rahab n’était pas à l’intérieur de la ville, mais sur la muraille. Toute la famille de Rahab peut être sauvée avec elle, à condition de se réfugier dans cette maison qui sera épargnée le moment venu. Un cordon de fil d’écarlate y est aussitôt attaché, avant la destruction de Jéricho. En figure, ses habitants se mettent à l’abri du sang rédempteur (Jos. 2:12-14, 18).

La Parole met l’accent sur la foi de Rahab. À Jéricho, tous savaient ce que l’Éternel avait déjà fait pour son peuple et leur cœur s’était fondu. Moïse l’avait annoncé prophétiquement et Rahab elle-même peut en rendre témoignage (Ex. 15:15-16 ; Jos. 2:9-11). Mais elle seule se tourne vers Dieu au lieu de se rebeller, comme le font les autres habitants de cette ville : « La foi est de ce que l’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17).

Rahab agit par la foi et se soumet à l’Éternel. Cette misérable Cananéenne devient une servante du Dieu vivant et se trouve désormais en compagnie d’Abraham lui-même (Jac. 2:25). Elle a du discernement : elle ne parle pas aux espions de la puissance d’Israël mais de celle de l’Éternel, leur Dieu. Elle reconnaît que c’est Lui qui « est Dieu dans les cieux en haut et sur la terre en bas » (Jos. 2:11) ! Elle cache soigneusement ces deux hommes sur son toit et les fait ensuite sortir en paix (Josué 2:6, 8, 15) ! La porte de la ville est soigneusement fermée mais du haut de sa maison située sur le rempart, Rahab les fait descendre avec une corde par la fenêtre. Personne d’autre à Jéricho n’avait de sympathie pour Israël ou pour le Dieu d’Israël. Si elle n’avait pas répondu aux besoins des envoyés du peuple de Dieu, en leur offrant un refuge et le moyen d’échapper à leurs ennemis, le Seigneur aurait certainement employé un autre moyen : toutes choses Le servent ! Mais Rahab aurait perdu l’occasion unique qui lui était donnée d’être un instrument dans la main de l’Éternel pour assurer leur fuite. Elle se trouve au moment convenable au bon endroit, elle saisit avec sagesse cette opportunité. Sa foi lui vaudra aussi d’occuper une place d’honneur dans la généalogie de Jésus Christ (Matt. 1:5).

 

8                        David (lire 1 Samuel 17)

 

Dans cette scène David est au début de sa carrière. C’est encore un tout jeune berger, le plus jeune fils d’Isaï., chargé de paître le bétail de son père à Bethléhem. Parmi ses sept frères, les trois aînés sont partis ; ils ont suivi Saül à la guerre contre les Philistins. Or à la tête de ces ennemis, se trouve alors un géant, Goliath, qui effraye tout Israël par sa carrure hors du commun et sa grande agressivité guerrière (1 Sam. 17:10-11).

C’est alors qu’Isaï décide d’envoyer David porter rapidement à ses frères des provisions et s’enquérir de leur bien-être (1 Sam. 17:17-18). David est déjà ici une image de Celui qui a quitté le ciel pour visiter ce monde en grâce. Arrivé dans la vallée d’Ela, le jeune berger se trouve derrière l’enceinte formée par les chars, au moment précis où Goliath lance à nouveau son défi aux troupes d’Israël. Le géant se plaît à les outrager et à les mettre au défi de choisir un homme qui vienne combattre contre lui, pour décider qui seront ceux, des Israélites ou des Philistins, qui devront servir les autres ! Et tous les hommes d’Israël, voyant l’homme, s’enfuient de devant lui, car ils ont très peur (Job. 41:16).

David souffre en voyant la lâcheté d’Israël. Lorsqu’il entend le colosse païen se vanter orgueilleusement, il ne peut s’empêcher de laisser voir à ceux qui l’entourent ce qu’il éprouve. Il demande : « Que sera-t-il fait à l’homme qui aura frappé ce Philistin-là, et ôté l’opprobre de dessus Israël ? Car qui est ce Philistin, cet incirconcis, pour outrager les troupes rangées du Dieu vivant » ? (1 Sam. 17:26). Éliab, son frère aîné, l’entend et se met en colère. Il est jaloux de David, qui a reçu l’onction royale. Il lui fait d’injustes reproches pour sa prétendue curiosité malsaine.

Mais les paroles de David ont été répétées à Saül qui le fait appeler dans sa tente. Alors que Saül cherche à le dissuader, le jeune berger lui fait part de sa résolution : « Ton serviteur ira et combattra avec ce Philistin ». Il lui dit : « Tu n’es pas capable… tu es un jeune homme, et lui est un homme de guerre » (1 Sam. 17:33). David fait alors le récit d’un fait presque incroyable de sa vie pastorale pour démontrer qu’il ne manque ni de cœur ni de force (1 Sam. 17:34-37). Alors, impressionné par sa résolution, Saül veut le revêtir de sa propre armure. C’est une image des différentes aides ou précautions dont cherche à se pourvoir la sagesse humaine pour faire face à l’adversité ! Mais embarrassé dans cette cotte de mailles, gêné dans ses mouvements, David l’enlève aussitôt et reprend ses armes : les humbles instruments d’un berger. Puis il choisit dans le torrent cinq pierres lisses pour sa fronde. Ses armes, sans valeur aux yeux des hommes, mettront d’autant plus en évidence les seules vraies ressources que l’on trouve en Dieu seul. Ici encore il n’y a pas apparence extérieure, mais Dieu regarde au cœur (1 Sam. 16:7). Malgré son courage, le combat de David semble voué à l’échec contre ce formidable adversaire, protégé par son armure impressionnante.

Mais Dieu va se servir de ce jeune homme qui place sa confiance en Lui (1 Sam. 17:45-47). Goliath commence par toiser de haut en bas ce misérable adversaire qu’il estime indigne de se mesurer avec lui. Il l’insulte avec mépris (1 Sam. 17:43-44), mais David lui répond sans faiblir : il court à sa rencontre et d’un geste sûr lance une pierre avec sa fronde. Elle s’enfonce dans le front du géant qui s’affaisse. Alors David court encore et lui tranche la tête avec sa propre épée. Dieu accorde une belle victoire à Israël, par le moyen de ce jeune berger. C’est toujours la foi qui permet également au croyant de remporter à genoux de telles victoires ! Type de Christ, David a triomphé de Goliath, qui évoque Satan : la victoire de la croix préfigurée ici est un inépuisable sujet de louange.

 

9                        La petite fille qui servait la femme de Naaman (lire 2 Rois 5)

 

Nous avions commencé par être occupés d’un petit garçon, nous aimerions clore ces réflexions par le cas d’une petite fille. Dieu manifeste sa puissance dans notre infirmité, par contre Il ne se reconnaît pas dans ce qui flatte l’orgueil humain. Le nom même de la petite servante dont il est question dans l’histoire de Naaman est inconnu. Mais son témoignage a été soigneusement consigné dans le Livre de Dieu. Les Syriens étaient sortis par bandes et ils avaient emmené captive cette petite fille, loin de son pays, Israël (2 Rois 5:2). Le récit est présenté de telle manière que cette prisonnière semble être l’essentiel du butin. Il est vrai qu’elle occupe une place enviable dans l’Écriture, parmi les témoins de la foi.

Elle servait la femme de Naaman, général en chef du roi de Syrie, un héros couvert de gloire et de distinctions. Mais ce grand personnage était en fait très misérable, car sous son bel uniforme, il était rongé par la lèpre, figure d’une maladie plus terrible encore, celle du péché. On ne vit pas dans l’intimité d’une personne, serait-elle éminente, sans être bientôt au courant de ce que l’on cherche pourtant à cacher soigneusement aux autres.

Le roi d’Israël, un idolâtre, est toujours sur son trône ! Pourquoi donc cette pauvre enfant a-t-elle était arrachée aux soins et à l’affection des siens, amenée sur un sol étranger et traitée comme une esclave ? Que pouvons-nous saisir des conseils souvent mystérieux de Dieu ? (Lam. 3:34-36). Dans ce monde rempli d’injustice, de péché et de violence, Il cherche encore la bénédiction des âmes. Oui, Il est à l’œuvre pour procurer cette bénédiction à une âme en particulier. Le roi Ezéchias s’écrie : « Toi, tu as aimé mon âme, la retirant de la fosse de destruction, car tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos » (És. 38:17).

Cette petite fille est là au moment convenable. Par pure grâce il n’y a dans son cœur ni amertume, ni ressentiment à l’égard de son maître. Malgré toutes ses richesses, elle comprend que Naaman est encore beaucoup plus malheureux qu’elle. Alors, petite messagère de bonnes nouvelles, ce qu’elle désire ardemment, c’est la bénédiction de son maître. Elle rend avec simplicité et fidélité témoignage à la puissance que détient l’homme de Dieu. « L’esprit humble ne pense pas lui-même ; il reçoit les pensées de Dieu » (JND). Elle dit à sa maîtresse : « Oh, si mon seigneur était devant le prophète qui est à Samarie ! Alors il le délivrerait de sa lèpre (2 Rois 5:3). Elle est pleinement convaincue de ce qu’elle déclare, et pourtant jamais encore Élisée n’avait guéri un seul lépreux en Israël !

Naaman vient et le rapporte au roi de Syrie, qui met dans ses mains une forte somme et une lettre pour le roi d’Israël. Les paroles de cette petite servante vont troubler les relations entre ces deux nations (2 Rois 5:7), mais Dieu répond à la foi de cet enfant. Envoyé vers le prophète, aidé aussi par ses serviteurs qui s’approchent et plaident avec lui, Naaman se plongera finalement sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu, et il sera guéri ! (2 Rois 5:13-14). Retenons encore cette leçon : on n'est jamais trop jeune pour être un témoin du Seigneur. Qu’il y ait moins de silences coupables dans nos vies, en des occasions pourtant souvent moins éprouvantes que celles de la jeune captive. Nous ne faisons pas bien (2 Rois 7:9).

 

La plupart d’entre nous estiment avoir peu de chose à mettre au service de Celui qui les a pourtant si richement bénis ! Ils ont le désir de Le servir mais ils se sentent limités. Il faut réaliser que s’Il nous confie un service, Il pourvoira au moment voulu à tous nos besoins selon les immenses richesses de Sa grâce. Dieu avait appelé Moïse à regagner l’Égypte après quarante années passées au désert. Il voulait délivrer son peuple Israël par son moyen. Or son serviteur ressent après les quarante ans au désert une incapacité totale (Ex. 4:10-13). Chose utilement apprise, il n’a plus confiance en lui-même, mais par contre il n’a pas encore pleinement confiance en Dieu ! Il ne réalise pas l’étendue des ressources qui sont à sa disposition. L’apôtre Paul, plus avancé, peut dire : « Je suis crucifié avec Christ : et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2:20). Christ est devenu le seul Objet de son cœur et Celui qui dirige toutes choses en lui. Il peut désormais se servir de ce vase d’élection comme Il le veut (Act. 9:15-16).

 

On peut discerner chez d’autres croyants, dans l’Ancien ou le Nouveau Testament la même préparation de cœur. Elle les conduit dans la dépendance à se conduire au moment opportun d’une manière agréable au Seigneur (1 Jean 3:22).

Citons quelques exemples encore :

Jaël (Juges 5), Ruth ou la femme sage d’Abel (2 Sam. 20:13-22).

Ananias préparé dans le secret pour rencontrer Saul de Tarse (Act. 9:10-17), ou encore le fils de la sœur de Paul intervenant auprès du chiliarque (Act. 23:16-24).

Dieu permet que des croyants soient placés dans une situation donnée où ils peuvent saisir l’occasion de servir sans bruit le Seigneur ou les siens : « Servir et passer son chemin » comme aimait à le dire un de nos frères autrefois.

Que Dieu nous accorde la grâce, même sans capacités particulières, de servir en simplicité le Seigneur là où Il nous place, avec les ressources qu’Il donne à chaque instant, dans les circonstances où Il désire que chacun agisse pour sa gloire.

 

Forme à ton service des cœurs plus joyeux,

Prompts au sacrifice, toujours sous tes yeux ;

Qui chantent, qui tremblent, remplis de ferveur

Des cœurs qui ressemblent au Tien, cher Sauveur.