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LE SERVITEUR VIGILANT

 

La venue du Seigneur, ce qui caractérise la vie chrétienne

 

Luc 12:35-37

 

Note prises à une méditation de J.N.Darby

 

Je me propose d’aborder un sujet que je sens être de la plus grande importance : la venue du Seigneur Jésus ; et de l’aborder non pas pour le présenter comme doctrine, mais pour montrer qu’à l’origine, c’était une partie essentielle du christianisme lui-même. La base en est la première venue de Christ et sa mort expiatoire ; mais si nous regardons au-delà du fondement, nous voyons que la venue du Seigneur Jésus n’est pas seulement un objet de connaissance, mais une partie essentielle de la foi de l’Église de Dieu, et ce dont dépend l’état moral des saints et en fait de l’Église de Dieu. Vous verrez en considérant les passages que je m’en vais citer, qu’elle se lie et est intégrée à chaque partie du christianisme, qu’elle le caractérise et qu’elle se lie à chaque pensée et chaque sentiment du chrétien. Personne ne saurait lire les Écritures avec un esprit libre de préjugés sans le voir : elle surgit devant vous à presque chaque page.

Certains ont pris la peine de compter combien de fois il en est parlé ; ce n’est toutefois pas simplement cela que j’entends, mais que la venue du Seigneur est tellement liée à chaque partie de la vie chrétienne que, si vous l’enlevez, vous ôtez ce qui donne son caractère à toute la vie chrétienne. Elle était identifiée avec le système tel qu’il était annoncé au monde. Je prends la conversion. On dit : Qu’est-ce qu’elle a à faire avec la venue du Seigneur ? Elle fait partie de ce pour quoi ils s’étaient convertis : «pour attendre des cieux son Fils (le Fils de Dieu)». Cette attente du Fils de Dieu des cieux caractérisait leur conversion. Ils s’étaient convertis pour servir Dieu certes, mais aussi «pour attendre des cieux son Fils» (1 Thess. 1:10).

Il y a deux sujets dont l’Écriture s’occupe une fois que la question du salut personnel est réglée : l’un est la grâce souveraine qui nous rend, une fois que nous avons été rachetés du péché, semblables à Christ dans la gloire (c’est la part bénie de l’Église de Dieu) ; et l’autre, c’est le gouvernement de ce monde. Les Juifs sont le centre du gouvernement du monde (Deut. 32:8). «Quand le Très-haut partageait l’héritage aux nations, quand il séparait les fils d’Adam, il établit les limites des peuples selon le nombre des fils d’Israël. Car la portion de l’Éternel, c’est son peuple ; Jacob est le lot de son héritage». Nous avons là, dans le gouvernement du monde, Israël au centre ; mais Israël n’a pas voulu de Christ et a ainsi été mis de côté pour le moment. Le trône de Dieu a été enlevé de Jérusalem lors de la captivité de Babylone, mais un résidu a été épargné et ramené, afin que le Roi puisse lui être présenté ; mais ils n’ont pas voulu de Lui et maintenant ils sont mis de côté jusqu’à son retour. Seules soixante-neuf des semaines de Daniel sont définitivement accomplies. La dernière semaine n’est pas accomplie ; elle est à venir.

De même quant aux grandes fêtes : vous avez eu la Pâque accomplie : «Notre pâque, Christ, a été sacrifiée» ; et la fête de la Pentecôte a son accomplissement à la descente du Saint Esprit. Mais la fête des Tabernacles n’est en aucune manière accomplie : vous n’en avez encore aucun antitype.

Mais ici intervient l’autre oeuvre bénie de Dieu : dans l’intervalle, Dieu appelle de pauvres pécheurs à avoir une part avec son Fils et à être semblables à Lui ; car nous sommes prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Il nous a pris, nous pauvres pécheurs, pour nous avoir dans la même gloire que son Fils. C’est une chose distincte de la prophétie qui nous donne la portion du monde et du peuple Juif. Lorsqu’Il sera manifesté, nous serons manifestés avec Lui en gloire.

La position du chrétien quant à la venue du Seigneur, c’est qu’il attend la venue de Christ selon sa promesse. On dit qu’il vient lors de la mort. Je réponds : faites-vous de la mort la même chose que Christ ? Si tel était le cas, il faudrait qu’il vienne des centaines et des centaines de fois, alors qu’il est seulement parlé de deux venues (Héb. 9:28). Voulez-vous que je vous dise ce qui se passera lorsque Christ viendra ? la résurrection ! C’est une chose tout à fait différente de la mort. La venue de Christ doit être, pour le saint, la fin de la mort — exactement l’opposé. Je crois que personne ne réussira à trouver dans l’Écriture la moindre trace de la pensée que Christ vient à la mort. Bien loin d’être la mort, la venue de Christ est la résurrection ; nous allons vers Christ à la mort ; ce n’est pas Christ qui vient vers nous. C’est une chose bénie que «de déloger et d’être avec Christ» ; «absents du corps... présents avec le Seigneur». Mais je vais montrer que cette pensée de la venue de Christ s’intègre dans chaque partie de la vie chrétienne et la caractérise.

D’abord nous la trouvons dans la conversion, comme je l’ai déjà dit. Ils s’étaient convertis pour attendre des cieux le Fils de Dieu. Je me propose de considérer d’autres passages à l’appui de cela, mais je commencerai par les épîtres aux Thessaloniciens. Dans le 2° chapitre de la première épître, à la fin, l’apôtre parle de ce qui était son espérance et sa joie dans le service. Il avait été chassé du milieu des Thessaloniciens par la persécution et, en leur écrivant, il leur parle de sa consolation en pensant à eux. Mais comment ? «Car quelle est notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifions ? N’est-ce pas bien vous devant notre Seigneur Jésus, à sa venue ?» Il ne peut pas parler de l’intérêt qu’il leur porte et de sa joie sans introduire la venue du Seigneur Jésus. Encore, quant à la sainteté, nous lisons ensuite : «Le Seigneur vous fasse abonder et surabonder en amour... pour affermir vos coeurs sans reproche en sainteté devant notre Dieu et Père en la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints» (1 Thess. 3:12, 13).

En rapport avec la mort d’un saint, ils attendaient tellement le Seigneur que, si quelqu’un mourait, ils pensaient qu’il ne serait pas là, prêt à partir à Sa rencontre. Ils se trompaient en cela et l’apôtre corrige leur erreur. Mais maintenant, lorsqu’un saint meurt, on dit : nous partirons après lui ; nous le suivrons. Ici, il n’est pas dit un mot de cela. Supposez que j’aille maintenant dire à un chrétien qui a perdu un être cher : «Ne soyez pas troublé, Christ le ramènera avec lui», il me qualifierait d’insensé ou trouverait mes paroles absolument incompréhensibles ; et pourtant c’est ainsi que l’apôtre les console : «... de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus» (chap. 4). Il montre ensuite la manière dont il le fera : «Nous, les vivants... nous ne devancerons aucunement ceux qui se sont endormis». La première chose que le Seigneur fera lorsqu’il descendra, c’est de ressusciter les saints endormis. Il va les amener avec Lui. S’ils se sont endormis en Lui, leur esprit aura été avec Lui dans l’intervalle ; mais alors ils recevront la gloire, ils ressusciteront en gloire, ils seront semblables à Lui, comme ils avaient été semblables au premier Adam et, s’en allant à sa rencontre en l’air, ils seront pour toujours avec Lui ; et lorsqu’il sera manifesté, il les amènera avec Lui et ils seront manifestés avec Lui en gloire.

Vous trouvez cela d’une manière générale dans le chapitre 5, où il désire que leur esprit, et leur âme, et leur corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Cette espérance est donc une partie de l’état chrétien sous tous ses aspects. La conversion, la joie dans le service, la sainteté, la mort d’un croyant, le but de la conservation sans reproche, sont tous liés à la venue du Seigneur.

Passez maintenant à Matthieu 25. Les vierges sages prennent de l’huile dans leurs vaisseaux, mais elles s’endorment toutes et oublient que l’Époux allait venir. Mais ce sur quoi je désire spécialement m’arrêter ici, c’est : Quel était l’appel à l’origine ? Il est clairement et positivement dit qu’elles sortirent à la rencontre de l’Époux, mais, comme il tardait, elles s’assoupirent «toutes» et s’endormirent — elles oublièrent toutes qu’il venait, les sages aussi bien que les folles. Elles s’installèrent dans un lieu confortable : bivouaquer en plein air ne plaît pas à la chair. Mais à minuit le cri se fait entendre : «Voici l’époux» ! C’est le cri : «Voici l’époux !» qui les a réveillées de leur sommeil. Le but de l’Église à l’origine était donc de sortir à la rencontre de Celui qui allait venir ; mais même les vrais croyants l’ont oublié. Et, en outre, ce qui les réveille de leur sommeil, c’est qu’elles sont de nouveau appelées à sortir à sa rencontre à sa venue. Ensuite, dans «les talents», vous avez la même chose quant au service et à la responsabilité. Il s’en va et leur dit : «Trafiquez jusqu’à ce que je vienne».

Un autre fait très frappant en relation avec cette vérité, c’est qu’elle est toujours présentée comme une attente active, actuelle. Jamais vous ne trouverez le Seigneur ou les apôtres parler de la venue du Seigneur en laissant supposer qu’elle serait différée au-delà de la vie de ceux auxquels ils s’adressaient. Cela pouvait être au chant du coq ou le matin ; mais ils devaient attendre des cieux le Fils de Dieu. Dans les paraboles que nous avons citées, les vierges qui s’endormirent sont les mêmes que celles qui se réveillèrent. Les esclaves à qui les talents furent confiés sont ceux-là mêmes qui rendirent compte à leur sujet à Son retour. Nous savons que les siècles ont passé, mais il ne veut pas permettre une pensée de délai. «À l’heure que vous ne pensez pas, le fils de l’homme vient». «Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant». De nouveau, quelle a été la cause de la ruine de l’Église ? Cela a été : «Mon Maître tarde à venir». Ce n’était pas de dire : «Il ne viendra pas» mais «Il tarde à venir». Alors l’esclave s’est mis à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire et à s’enivrer ; et cela amène son jugement. Si l’épouse aime l’Époux, elle ne peut que désirer le voir. Son coeur est là où il est. Lorsque l’Église a perdu cela, elle s’est établie confortablement là où elle était ; elle est devenue mondaine ; elle ne s’est plus inquiétée du retour du Seigneur.

Passez maintenant à Luc 12 et vous verrez comment cette attente de Christ caractérise à la fois le chrétien et le fait de Le servir pendant son absence. «Là où est votre trésor, là sera aussi votre coeur». Ils devaient avoir leurs reins ceints et leurs lampes allumées. Telle était la caractéristique d’un chrétien. Ils devaient être semblables à des hommes qui attendent leur maître, pour lui ouvrir aussitôt ; leurs affections en ordre et une profession claire de Christ, mais attendant le retour de leur maître. Ce n’est pas avoir la doctrine de la venue du Seigneur. La bénédiction repose sur ceux qui veillent, «semblables à des hommes qui attendent leur maître». «Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant.» Ils doivent être ceints et avoir leurs lampes allumées pendant son absence et attendre son retour ; et alors il les fait mettre à table, et se ceint et s’avance et les sert. Maintenant, ils doivent être ceints et attendre ; notre repos n’est pas ici-bas. «Mais», dit le Seigneur, «lorsque tout sera selon ma pensée, vous vous assiérez à table et je me ceindrai et je m’avancerai et je vous servirai. Je vous ferai jouir de tout ce que j’ai de meilleur au ciel et je vous le donnerai ; seulement veillez».

Christ est pour toujours, en grâce, un serviteur selon la forme qu’il a prise. Maintenant, il est ceint selon Jean 13. Les disciples auraient pu penser, quant à la nature, que s’il était monté au ciel en gloire, son service pour eux était terminé ; mais il leur dit : «Je m’en vais ; je ne peux pas rester ici avec vous et pourtant je ne peux pas vous abandonner ; mais comme je ne peux pas rester sur la terre avec vous, il faut que je vous rende propres pour moi dans le ciel. «Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi». Ici, c’est l’eau, non pas le sang. «Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds». La conversion donnant la vie, comme aussi le salut, est pleinement accomplie ; mais si nous contractons des souillures dans le chemin, même quant à la communion et à la marche, la grâce et l’office d’avocat sont là pour nous laver les pieds et nous rendre pratiquement propres pour être avec Dieu là où Christ est allé. Il y a, ou il devrait y avoir, croissance ; et, quant à la pureté inaltérable du nouvel homme, elle est certaine. Mais si je n’ai pas été vigilant, je contracterai de la souillure dans mon chemin. Je ne peux pas avoir cela dans le ciel, ni en communion avec ce qui y est ; et le Seigneur dit en effet : «Je ne vous abandonnerai pas du fait que je m’en vais à Dieu et dans la gloire ; et ainsi il faut que je vous mette dans un état convenable pour cela ; et lavés, comme vous l’êtes (bien que pas tous, car Judas était là), il faut que je vous maintienne propres, vous restaurant quand vous tombez. Mais il vous faut veiller pendant que je suis loin».

Pour moi, c’est un réconfort de savoir que toutes les vierges se sont réveillées à temps ; et je crois que tous ses saints se réveilleront avant que le Seigneur vienne. La difficulté pour le coeur en regardant autour de soi, c’est que tant de personnes ne reçoivent pas cela. Mais le vrai service du Seigneur est lié avec l’injonction : «veillez». C’est là l’état auquel la bénédiction et le festin céleste sont liés. Puis vous trouvez une autre chose : «servir» pendant son absence ; et le résultat est celui-ci : «En vérité, je vous dis qu’il l’établira sur tous ses biens». C’est infiniment préférable de manger, comme il est dit d’Israël, «la moelle du froment», et cela dans la maison du Père ; mais si nous souffrons avec Lui, nous régnerons aussi avec Lui. En relation avec le fait de le servir pendant son absence, j’ai le fait d’être établi sur ses biens ; de même que le festin céleste est en relation avec le fait de veiller. Le Seigneur continue ensuite avec ce que nous avons vu en Matthieu, la déclaration : «Mon Maître tarde à venir».

Ce que le Seigneur veut souligner quant aux faits de veiller et de servir, c’est : «Je vais revenir. Vous devez m’attendre, comme des hommes qui attendent leur maître». Ce devait être leur caractère comme chrétiens. Si tous les hommes de cette ville veillaient vraiment, attendant des cieux le Seigneur, sans savoir à quel moment il viendrait, ne pensez-vous pas que toute la ville serait transformée ? Quelqu’un m’a dit une fois que si chacun croyait cela, le monde ne pourrait plus du tout continuer ; et le chrétien ne peut pas aller de l’avant dans un chemin mondain.

Si les gens attendaient des cieux le Seigneur, tout le mode et le caractère de leur vie seraient changés. Je peux avoir la doctrine de la venue de Christ tout en n’attendant pas vraiment ; mais je n’aimerais pas être trouvé en train d’amasser de l’argent quand le Seigneur viendra.

Passez maintenant à Philippiens 3. Paul courait une course et il oubliait tout ce qui n’était pas le but. «Oubliant les choses qui sont derrière et tendant avec effort vers celles qui sont devant». Et comment parle-t-il de Christ à la fin de ce chapitre ? «Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères... Car notre bourgeoisie [notre association vivante] est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur», etc. Il avait vu Christ, et ne voulait pas être satisfait avant d’être semblable à lui dans la gloire. Être avec lui alors était sans doute de beaucoup meilleur ; mais ce n’était pas le but de son coeur. On parle d’entrer dans la gloire lorsqu’on meurt. On ne trouve pas dans l’Écriture cette pensée d’être dans la gloire lorsque nous délogeons pour être avec Christ. Quelle part bénie et heureuse d’être avec Lui ! Je voudrais bien souligner cela ; mais c’est lorsqu’il viendra qu’il transformera ces corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire. J’attends d’avoir mon corps transformé pour être semblable à Christ en gloire ; et, qui plus est, Christ attend aussi.

La venue du Seigneur touche toutes les vérités du christianisme. Christ n’est actuellement pas du tout sur son propre trône. Il est maintenant assis, selon ce qui nous est dit en Hébreux 10 (et aussi dans le Psaume 110) à la droite de Dieu, assis sur le trône du Père, comme lui-même le dit dans la promesse à Laodicée. Il a réglé la question du péché pour les siens lors de sa première venue, et ils n’ont plus aucune conscience de péchés ; ils sont rendus parfaits à perpétuité. Et à ceux qui l’attendent, il apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut. Il attend dans les cieux que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds. Pourquoi dit-il «ses ennemis»  ? Parce qu’il s’est assis après avoir tout achevé pour ses amis (c’est-à-dire ceux qui croient en lui). Est-ce que tous vos péchés ont été ôtés de devant les yeux de Dieu ? Si ce n’est pas le cas, quand le seront-ils ? (1 Pierre 2:24). Que vous les haïssiez toujours davantage, c’est bien. Mais s’ils n’ont pas été portés et ôtés à la croix, quand cela sera-t-il fait ? Pouvez-vous faire en sorte que Christ meure de nouveau ? ou que quelqu’un d’autre le fasse ? Si ce n’est pas fait, cela ne sera jamais fait du tout. Chers amis, si l’oeuvre n’est pas achevée, elle ne le sera jamais. Mais elle est achevée et c’est pourquoi il dit que ceux qui rendent culte, étant une fois purifiés, n’ont plus «aucune conscience de péchés... Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés» (Héb. 10:2, 14).

Si vous considérez maintenant Colossiens 3, vous trouverez la même chose dans son plein résultat présenté comme notre espérance. «Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire». La première promesse qu’il donna aux disciples en s’en allant a été celle de son retour. Ne soyez pas troublés (comme ils devaient l’être naturellement en perdant l’Ami pour lequel ils avaient tout abandonné) ; je ne vais pas rester tout seul dans la maison de mon Père. Là, il y a plusieurs demeures, et je vais vous préparer une place. Ne soyez pas inquiets ; je ne peux pas rester avec vous, ainsi il faut que je vous aie avec moi là-haut ; et la première chose est : «je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi». Non pas un à un par la mort, mais par la résurrection pour ceux qui sont morts et par la transmutation pour ceux qui sont vivants ; par sa venue effective pour les prendre, ressuscités ou changés, auprès de Lui, là où il est allé, et semblables à Lui, afin que nous soyons avec Lui dans la gloire.

Encore, lorsqu’il quitta ses disciples les laissant ici-bas, qu’ont-ils vu en dernier de lui ? Ils l’ont vu élevé devant leurs yeux ; et les anges leur dirent : «Pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus... viendra de la même manière». Sa venue est tissée dans toute la texture de la vie chrétienne.

Quels sont les derniers mots de l’Écriture ? «Oui, je viens bientôt. — Amen ; viens, Seigneur Jésus !» Vous l’avez de la même manière au début, avec des avertissements et des menaces, Jésus Christ, le Témoin fidèle, le Premier-né, etc. : «Voici, il vient avec les nuées, et tout oeil le verra» (Apoc. 1:7). Puis à la fin (les instructions prophétiques sont terminées ; je ne m’y arrête pas) : «Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange», etc. ; «Moi, je suis... l’étoile brillante du matin». Maintenant j’ai ce que ces saints qui veillaient étaient seuls à voir. Il n’y a plus d’étoile visible lorsque le soleil est levé ; ils voient l’étoile du matin alors que l’aube commence à poindre, car la nuit est fort avancée, le jour est proche. Ici il se nomme «la racine et la postérité de David, l’étoile brillante du matin. Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens». Si l’épouse a le sentiment d’être l’épouse de Christ, elle doit désirer être avec l’Époux ; il n’y a pas de véritable amour pour Christ sans ce désir d’être avec lui. Abram dit de sa femme : «elle est ma soeur» ; alors les Égyptiens — le monde — la prirent dans leur maison.

J’ajoute seulement que vous avez ici tout le cercle des affections de l’Église : «L’Esprit et l’épouse disent : Viens [cela s’adresse à l’Époux]. Et que celui qui entend dise : Viens». C’est-à-dire, le chrétien qui a entendu la parole de son salut s’associe au cri. Puis ceux qui ont soif et désirent de l’eau de la vie sont invités à venir. Les saints de l’Église peuvent dire, bien qu’ils n’aient pas encore l’Époux en gloire, qu’ils ont l’eau de la vie et ainsi ils invitent : «Que celui qui a soif vienne», et ensuite ils adressent l’invitation d’une façon universelle : «Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie». Celle-là ils l’ont, bien qu’ils n’aient pas l’Époux. Ce que je trouve donc, c’est que dans la parole de Dieu, les pensées et les sentiments, et la conduite, et les actes, et les affections des chrétiens sont identifiés avec la venue de Christ. Prenez toutes ces choses et vous verrez qu’elles sont toutes identifiées avec la venue du Seigneur.

Prenez la première épître de Jean, chapitre 3: «Voyez de quel amour», etc. «Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu [c’est établi], et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est». Chers amis, nous sommes «prédestinés à être conformes à l’image de son Fils». C’est ce que Dieu s’est proposé pour nous. Quand serons-nous semblables à Christ en gloire ? Quand il viendra. Ce n’est pas quand quelqu’un meurt et que son esprit s’en va pour être avec Christ ; car alors il est semblable à Christ lorsque Christ était dans le sépulcre ; et je ne désire pas être semblable à Christ lorsqu’il était dans le sépulcre. Certes si je meurs, je serai semblable à Christ quant à cela, mais ce n’est pas ce que je désire, aussi bénie que soit la chose en elle-même. Je désire être semblable à lui dans la gloire. Quand sera-ce ? Lorsqu’il viendra, il changera le corps de notre abaissement et le rendra conforme à son corps de gloire ; ainsi ici, ce que nous serons n’a pas encore été manifesté, mais quand il sera manifesté, nous lui serons semblables. Remarquez maintenant les conséquences pratiques sur l’homme qui, dans sa foi, a été amené à la hauteur des conseils de Dieu. «Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur». Je sais que je vais être parfaitement semblable à Christ dans la gloire, aussi je désire être aussi semblable que possible à lui ici-bas. Vous trouvez ici de nouveau ce que les Saintes Écritures enseignent explicitement, à savoir que la sainteté aussi se rapporte toujours à la conformité à Christ en gloire. J’aurai cette conformité à Christ en gloire, et rien d’autre n’est ma mesure. Vous trouverez un passage déjà cité : « pour affermir vos coeurs sans reproche en sainteté devant notre Dieu et Père en la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints». La perfection du chrétien consiste à Lui être semblable quand il viendra. Ce que je trouve de nouveau quant aux chrétiens dans le 15° chapitre de 1 Corinthiens, c’est : «il est semé en déshonneur, il ressuscite en gloire». Nous avons l’assurance bénie qui accompagne l’espérance vraie et assurée de la première résurrection et ses résultats.

Nous serons parfaitement semblables à Christ lorsque nous serons ressuscités d’entre les morts. Nous rendrons compte de nous-mêmes ; mais c’est quand nous serons semblables à la Personne à laquelle nous aurons à rendre compte. La pleine efficacité de sa première venue a été perdue, et ainsi on n’est pas à l’aise en pensant à sa seconde venue. Mais pour le saint, Christ est les prémices, puis ceux qui sont du Christ à sa venue. Christ est-il les prémices des méchants ? Certainement pas. Exactement comme la résurrection de Christ a été le témoignage public de l’approbation de Dieu quant à Lui et à son oeuvre, la résurrection des saints sera un témoignage de l’approbation de Dieu quant à eux comme étant en Lui. De même que cela est dit en Luc 20:35, 36 : «Ceux qui seront estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d’entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage, car aussi ils ne peuvent plus mourir ; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection».

Est-ce que quelqu’un serait en mesure de me montrer un seul passage parlant d’une résurrection générale ? Une telle pensée n’existe pas dans l’Écriture. On vous cite le chapitre 25 de Matthieu à cet égard, en disant que les brebis et les chèvres représentent les deux classes ; mais il est venu dans sa gloire ici-bas. Il n’est pas assis sur le grand trône blanc : avant cela le ciel et la terre s’enfuient. En Matthieu 25 il est venu et il est assis sur son trône. Lorsqu’il viendra et s’assiéra là, il rassemblera tous les Gentils — les nations — pour les juger. C’est le jugement des vivants. Il y a trois catégories de personnes, non pas deux ; et il n’est pas question de résurrection. Vous avez les brebis, les chèvres et les frères (Matth. 25:40). Bien loin que ce soit une résurrection générale, il n’y a pas la moindre allusion à la résurrection ; c’est un sujet tout à fait différent. De plus, la seule question est : Comment ont-ils traité Ses frères ? Le motif du jugement ne s’appliquerait pas au 99% de ceux qui doivent être jugés, s’il s’agissait d’un jugement général ; ceux qui auront eu le témoignage du royaume, avant qu’il vienne juger les vivants, seront traités selon la manière dont ils auront reçu les messagers de Dieu ; mais eux seuls sont en jugement.

Et maintenant, le point sur lequel je reviens est que la venue du Seigneur influence et forme toute la vie du chrétien. Vous ne pouvez rien séparer, dans toute la course et les voies du chrétien, de la venue du Seigneur Jésus ; et il n’y a que la première venue et la seconde venue. Il a été manifesté une fois en la consommation des siècles et, à ceux qui l’attendent il apparaîtra une seconde fois à salut. Il est vrai qu’il vient et demeure en nous ; mais nous parlons avec l’Écriture d’une venue effective. Que vous preniez la sainteté, ou le service, ou la conversion, ou le ministère, ou une personne qui est morte, tout est lié à la venue de Christ. Il les met en garde pour qu’ils soient trouvés veillant.

Je pourrais ajouter d’autres passages, mais j’en ai cité suffisamment pour montrer que la venue du Seigneur est liée à chaque aspect de la vie chrétienne. Lorsque nous le verrons comme il est, alors et alors seulement, nous Lui serons semblables selon le propos de Dieu. Et maintenant je vous pose cette seule question : Attendez-vous des cieux le Fils de Dieu ?

Le fait qu’il a porté les péchés de plusieurs est la seule raison d’espérance pour tout pécheur ; c’est-à-dire l’oeuvre accomplie qui nous rend capables, par la foi, de l’attendre quand nous avons été scellés du Saint Esprit. Alors, dis-je, qu’est-ce que j’attends ? J’attends des cieux le Fils de Dieu. Pouvez-vous dire : «J’attends Christ ?» Je ne sais pas quand il viendra. «Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant». Je ne vous demande pas : «Avez-vous de l’intelligence au sujet de la venue du Seigneur ?» L’attendre était ce pour quoi ils s’étaient convertis. Ce qui a réveillé les vierges a été le cri : «Voici l’époux !» Est-ce que maintenant vous attendez des cieux le Fils de Dieu ? Aimeriez-vous qu’il vienne ce soir ? Pierre explique le retard. Il dit que sa longue patience est salut, ne voulant pas qu’aucun périsse. Que penseriez-vous s’il devait venir ce soir ? Serait-ce exactement ce que votre âme attendait ? Je vais me mettre à table et lui va se ceindre et s’avancer et me servir. On pense qu’attendre des cieux le Fils de Dieu arrêterait l’évangile. Est-ce que la réception du témoignage de Dieu quant au déluge a arrêté la prédication de Noé ? Loin de l’entraver, c’est ce qui a donné de l’élan à tout. Veuille le Seigneur nous accorder d’être prêts lorsqu’il viendra — d’être trouvés L’attendant.