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FRAGMENTS de LETTRES

 

John N. Darby

Les titres des fragments de lettres ont été ajoutés par Bibliquest

Série des fragments de lettres n° 47 à 59 ; 4 autres séries couvrent les fragments de lettres n° 1 à 46. Accès à l’ensemble des lettres via l’index par auteurs à « Darby », ou via l’index par ouvrages à « lettres ».

 

Table des matières :

47      [Relations de famille, affections humaines]

48      [Place de la femme]

49      [Témoignage chrétien : communion et humilité]

50      [Manifester Christ]

51      [Simplicité de la vérité  — Apprécier Christ]

52      [Discipline dans l’Assemblée : comment elle s’exerce]

53      [Exercice de la discipline : rôle des frères et des soeurs]

54      [La trompette selon 1 Cor. 15:52 et 1 Thes. 4:16]

55      [Église corps de Christ et pratique chrétienne]

56      [Daniel 9:27    le désolateur]

57      [Restauration d’un croyant]

58      [Humanité et divinité du Seigneur]

59      [Position et état ; dévouement et sainteté]

 

 

47 [Relations de famille, affections humaines]

Les fragments qui suivent sont adressés à une autre personne. — 1851

... Les affections et le devoir envers les parents sont une chose précieuse et aimable à sa place ; mais le rachat de Jésus nous a placés dans une nouvelle création, et s’il nous appelle, selon ses droits souverains comme Rédempteur, à travailler pour lui, il nous faut y être tout entiers. Personne ne peut servir deux maîtres. Ce n’est pas méconnaître les droits paternels ; au contraire, c’est les reconnaître. Si je me place dans cette relation, je dois la reconnaître de la part de Dieu lui-même ; mais alors je ne peux pas être entièrement au service de Jésus. Appelé par lui, je suis dans une autre sphère où la relation de famille n’entre pas. Si elle subsiste, elle est obligatoire. C’est ce qui a été manifesté en Jésus. Il était soumis jusqu’à ce qu’il commençât son ministère. Dès lors il n’a pas connu sa mère. Lorsque son oeuvre finit, il la reconnaît bien, et avec la plus exquise tendresse, tout en souffrant sur la croix. Ce n’est pas la destruction des affections, mais la puissance de l’Esprit, qui nous porte dans un monde dont les intérêts nous absorbent. «Ne saluez personne», dit le Seigneur. «Je ne connais personne selon la chair», dit l’Apôtre. Pour ma part, tout en désirant user de toute courtoisie (car la charité le demande), je suis malheureux toutes les fois que je me trouve sur le terrain des relations humaines, quelque aimables qu’elles soient : ce n’est pas mon Maître. Nous avons appris que le miel ne va pas avec le sacrifice. Plus tard, nous aurons, pleinement développées et d’une manière meilleure, toutes les affections les plus douces ; et même nous les avons déjà dans l’Église. C’est ce que veut dire Marc 10:30. Encore un peu de temps, et les affections pures du coeur auront tout leur essor sans aucune action de l’égoïsme.

 

48 [Place de la femme]

1851

... La parole de Dieu enseigne très clairement que la femme doit se taire dans les assemblées. Ne s’agit-il que d’une conversation, d’une réunion d’amis, d’une soirée, la femme, sauf la modestie qui convient à son sexe, est libre comme un autre. Elle peut exercer ses dons (car il y avait des prophétesses) librement, selon la parole de Dieu, mais dans tout ce qui prend réellement le caractère d’assemblée, c’est-à-dire d’âmes réunies en corps au nom de Jésus, la femme doit se taire. Soit qu’on prenne la cène, soit qu’on ne la prenne pas, elle doit se taire dans l’assemblée.

 

Notre chère soeur ** a des connaissances et de la facilité pour les communiquer, et elle peut les utiliser sans doute en particulier, car on voit, dans les épîtres, beaucoup de femmes qui ont travaillé à l’oeuvre et qui ont aidé l’apôtre Paul lui-même, en sorte qu’il fait mention d’elles dans ses lettres, ou plutôt que l’Esprit de Dieu les a honorées de cette manière. Que Dieu nous garde de ne pas en tenir compte aujourd’hui, mais l’ordre de la maison de Dieu est toujours le chemin de la bénédiction, et aucun expédient, pour combler les lacunes qui s’y trouvent de fait, ne peut être béni à la longue, quoiqu’il puisse sembler utile pour le moment.

Les directions que donne l’Apôtre pour la tenue d’une femme, qui prie ou prophétise, ne changent en rien la direction : «Que vos femmes se taisent dans les assemblées». En 1 Cor. 11, ce n’est qu’au verset 17 que commencent les directions pour l’assemblée. Le cas des filles de Philippe montre que ces dons s’exerçaient ailleurs que dans l’assemblée.

 

49 [Témoignage chrétien : communion et humilité]

Septembre 1851

... Travaillons bien, cher frère, pendant qu’il fait jour ; c’est toute notre affaire dans ce monde, et, en même temps, veillons bien à ce que la vie intérieure, la communion avec notre précieux Sauveur, soit la vraie source de nos travaux. Que nous soyons fidèles à la volonté de Dieu dans notre marche et larges dans nos coeurs envers tous ses enfants. Je désire ardemment conserver le vrai caractère de l’oeuvre des frères, tout pauvres qu’ils soient, et nous le sommes, et quand nous en avons perdu le sentiment, Dieu nous a châtiés. Je crois que Dieu nous a confié un témoignage, et même le témoignage nécessaire dans ce moment à son Église. Quelle responsabilité ! Et, chez nous, quelle incapacité de garder ce bon dépôt, si nous ne sommes pas gardés de Lui et près de Lui ! Loin de lui, de sa présence réalisée d’une manière sensible, ce ne serait, hélas ! qu’une bonne chose de plus qui serait gâtée, tandis que celui auquel elle avait été confiée s’enflerait là même où il a été infidèle. Que Dieu nous garde près de lui et dans l’humilité. Oh ! que nous soyons de vrais et fidèles témoins de sa grâce et des ouvriers de sa part ; — et qui suffit à ces choses ?

 

50 [Manifester Christ]

1852

... Que Dieu vous garde, bien-aimé frère, dans la patience de son oeuvre, mortifiant la chair et rempli de Lui-même, combattant réellement le bon combat.

 

La seule chose qui puisse vraiment être en bénédiction à nos frères, si précieux parce qu’ils lui appartiennent, c’est ce que nous reproduisons de Lui. Qu’il daigne bénir son Église. C’est là la seule chose sur la terre, y compris le rassemblement de ceux qui doivent la former ; et qu’elle manifeste Christ dans toutes ses voies. Qu’il la remplisse de sa grâce !...

 

51 [Simplicité de la vérité  — Apprécier Christ]

1852

... Plus je m’occupe de l’incrédulité, plus (par la grâce) je m’attache et me colle à la vérité simple ; plus je l’aime dans sa simplicité ; plus j’apprécie la révélation comme révélation, la bonté de Dieu qui nous l’a donnée ; mais j’apprécie, plus encore que tout moyen de recevoir la vérité, le précieux Sauveur qui en est le sujet, et cela dans toute sa simplicité, en le recevant comme un petit enfant ; plus je désire d’être un petit enfant, et je vois toujours davantage qu’il faut l’être si Dieu parle. C’est ma joie d’être un petit enfant et de l’entendre parler. Je puis ajouter que la perfection de la Parole, sa divinité, se développent toujours davantage à mon coeur et à mon intelligence.

 

52 [Discipline dans l’Assemblée : comment elle s’exerce]

1877

... Dans les réunions convoquées pour examiner les cas de discipline, j’insisterais formellement pour que les soeurs fussent exclues. Si elles s’y trouvaient, je n’y irais pas même. C’est tout à fait contre la parole de Dieu , et aussi inconvenant qu’antiscripturaire. Comment examiner un cas de corruption et de licence avec de jeunes soeurs présentes ? Ce serait une honte pour elles de le désirer. Au reste, la Parole est claire... Pour moi, il n’est même pas tant à désirer que tous les frères s’y trouvent. S’il y a quelques frères sages qui s’occupent habituellement du bien des âmes, véritables anciens de la part de Dieu, et que ce ne soit pas d’office, mais selon 1 Cor. 16:15-16, cela vaut mieux que tous les frères ; il est ainsi plus évident que ce n’est pas l’assemblée, ce qui n’est pas aussi manifeste lorsque tous les frères sont là ; et le danger d’une assemblée de frères, c’est qu’ils se croient être l’assemblée pour décider.

Mais toute une assemblée ne peut pas s’informer des faits et du caractère des faits : il faut que deux ou trois le fassent. Quand tous les renseignements sont pris et qu’on a pesé la chose devant Dieu, on communique le résultat auquel on est arrivé, et c’est l’assemblée qui décide ; si personne ne dit rien, la chose est décidée. Si un frère grave faisait une objection, ou avait quelque chose à communiquer, ou qu’il eût connaissance de quelque circonstance propre à éclaircir l’affaire, on peut attendre ou examiner la chose à fond. Si ce n’est qu’une opposition légère, l’assemblée en fait facilement justice ; j’ai vu un tel cas. Si c’est quelqu’un qui soutient le mal jugé, il devient lui-même l’objet du jugement (2 Cor. 10:6).

Deux choses rendent l’action de l’assemblée nécessaire : premièrement c’est que Christ y est ; secondement, que c’est l’assemblée qui se purifie (1 Cor. 5 ; 2 Cor. 7:11). Il est assez frappant que cette question ait surgi en bien des endroits : dans la Nouvelle-Zélande et à l’autre bout du monde ; — pas en Angleterre, que je sache.

 

53 [Exercice de la discipline : rôle des frères et des soeurs]

Les fragments qui suivent sont adressés à une autre personne. — Octobre 1877

... Je tiens beaucoup à maintenir la responsabilité des assemblées, principe, selon moi, très important. On peut leur aider, sans doute ; mais il faut que la conscience de l’assemblée agisse. Dans le cas dont vous parlez, on a compliqué inutilement l’exercice de la discipline ; mais la chose a été faite, si l’assemblée des frères, ayant décidé ce qu’il fallait faire, a présenté le résultat à l’assemblée réunie comme telle, en sorte que l’occasion fût offerte pour une remarque quelconque. Mais l’assemblée doit se purifier et la réunion des frères n’est pas l’assemblée... Je ne désire pas le moins du monde que les soeurs parlent ; je n’ai jamais vu une femme se mêler des affaires d’église, sans qu’elle ait fait du mal. Elles sont bénies et très utiles à leur place, mais cette place-là ne leur appartient pas.

Une décision prise par quelques frères pour l’assemblée peut devenir une tyrannie terrible, et ne purifie pas la conscience de l’assemblée. Que tous les frères se réunissent pour une affaire de discipline, soit ; mais, après tout, l’investigation, s’il en faut une, est faite par quelques-uns. Seulement quelques-uns ne peuvent pas exercer la discipline ni prononcer le retranchement ; ce ne serait pas 1 Cor. 5:13, ni 2 Cor. 7:11. Le but de l’Apôtre était de réveiller la conscience de l’assemblée. La meilleure chose est que quelques frères graves se renseignent en s’assurant l’assentiment des frères les plus sérieux de l’assemblée, et qu’alors, l’affaire étant mûre soit portée devant celle-ci ; seulement, qu’il y ait pleine liberté pour tous les frères, s’il y a lieu, de faire leurs observations. Si rien n’est dit, la chose est terminée ; si quelque frère grave a des difficultés, on attend ; si ce n’est que de la mauvaise humeur, l’assemblée le juge et l’on passe outre ; si elle ne le peut pas, c’est alors l’état de l’assemblée dont il y a lieu de s’occuper... Lorsque les frères, renseignés sur les faits, ont jugé le retranchement nécessaire, il n’y a qu’à présenter à l’assemblée la conclusion à laquelle on est arrivé, et si rien n’est dit, la chose est faite.

L’expérience m’a fait craindre la domination des individus autant que la jalousie d’un esprit radical ; il faut que la conscience de tous soit exercée, et l’affaire de l’individu, c’est de la réveiller, comme le fut celle des Corinthiens par la première épître de Paul.

 

54 [La trompette selon 1 Cor. 15:52 et 1 Thes. 4:16]

1877

... La dernière trompette n’est qu’une allusion militaire, ni plus ni moins. Il y avait trois trompettes pour lever le camp parmi les Romains. À la première on pliait les bagages, à la seconde on se mettait en rang, à la troisième on se mettait ensemble en route. La trompette de 1 Cor. 15:52, est simplement celle de la résurrection des morts [non pas de la transmutation des vivants]. 1 Thess. 4 confirme l’explication ci-dessus : keleusma, cri de commandement, est le mot militaire pour rappeler les dispersés (il s’appliquait primitivement à ceux qui ramaient dans les galères) ; l’Archange passe le mot d’ordre, puis la trompette sonne et chacun est à sa place.

La venue et la prochaine arrivée du Sauveur est de toute importance, et l’ennemi cherche naturellement à en détourner les âmes ; mais cela y attirera l’attention de ceux qui sont enseignés de Dieu. L’attente présente du Seigneur se lie à tous les sentiments, à tous les devoirs, à toutes les relations chrétiennes.

 

55 [Église corps de Christ et pratique chrétienne]

Le fragment suivant est adressé à une autre personne. — Juillet 1855

... Les frères ne reconnaissent pas d’autre corps que celui de Christ, c’est-à-dire l’Église des premiers-nés tout entière ; ainsi ils reçoivent tout chrétien, (puisqu’il en est membre) qui marche dans la vérité et dans la sainteté. Leur espérance du salut est fondée sur l’oeuvre expiatoire du Sauveur ; ils attendent son retour selon sa parole. Ils croient à l’union des saints à lui, comme le corps dont il est la tête. Ils s’attendent à l’accomplissement de sa promesse, qu’il viendra les prendre à lui dans la maison du Père, afin que là où il est, ils y soient aussi. En attendant, ils ont à charger sa croix et à souffrir avec lui, séparés d’un monde qui l’a rejeté. Sa personne est l’objet de leur foi ; sa vie, l’exemple qu’ils ont à suivre dans leur conduite ; sa parole, savoir les Écritures inspirées de Dieu, la Bible, est l’autorité qui forme leur foi et en est le fondement, et ce qu’ils reconnaissent comme devant gouverner leur conduite. Le Saint Esprit seul peut la rendre efficace pour la vie et pour la pratique...

 

56 [Daniel 9:27    le désolateur]

Les fragments qui suivent sont adressés à une autre personne. — Montréal, 3 avril 1868

Bien-aimé frère,

 

Je réponds à vos questions sur le prophète Daniel. Le «désolateur» n’est pas nommé au chapitre 9, mais je ne crois pas que le désolateur soit l’Antichrist, ni celui qui ôte le sacrifice perpétuel. La méchanceté qui travaille au dedans n’est pas la désolation qui vient du dehors. Elle en est la cause.

 

Premièrement, je vous ferai remarquer certains points dans la traduction, qui changent considérablement le sens des phrases : Au chap. 8, vers. 11, le genre est différent. Ce n’est plus comme au verset 10 : «Elle (la petite corne) s’agrandit» ; mais : «Et il s’agrandit». Ce verset 11 ne se rapporte donc plus directement à la petite corne. Ensuite, dans ce même verset, il n’est pas dit : «Le sacrifice continuel fut ôté par lui» ; mais : «On lui ôta (au prince de l’armée, à Christ Jéhova) le sacrifice continuel». Cela change le rôle de celui qui est nommé au verset 4, ou plutôt cela lui ôte ce rôle.

Je crois que ce qui se rapporte à la corne au verset 10 et ce qui suit au verset 12, a été accompli du temps des Séleucides (Antiochus Épiphane), et je traduis verset 12 : «Et un temps de détresse (mot que l’on retrouve dans Job avec le même sens) fut ordonné pour le sacrifice perpétuel». Tout ceci se rapporte à la corne, ainsi que les deux mille trois cents soirs et matins du verset 14, à, l’oppression d’Antiochus, et non pas aux derniers jours. À la fin du chapitre, cette période est distinguée de la vision du soir et du matin (vers. 26). Le roi fourbe, à la fin, s’élève contre le Seigneur des seigneurs, c’est-à-dire qu’il se trouvera sur la scène, lorsque Christ sera là. Il s’élève de l’Orient et non de l’Occident. Ainsi, en tout cas, nous trouvons ici la description d’un désolateur.

Au chap. 9, vers. 27, au lieu de : «Par le moyen des ailes abominables qui causeront la désolation», je lis : «À cause de la protection des idoles, il y aura un désolateur». Il n’est pas dit qui. Le sacrifice perpétuel sera ôté par celui qui avait fait l’alliance pour une semaine. Dans ce même verset, la «consomption déterminée» veut dire : «l’accomplissement déterminé du jugement» ; c’est un terme technique qui signifie les derniers jugements sur Jérusalem et les Juifs. Je crois que le dernier mot de ce verset signifie désolée et non pas désolateur  (*).

(*) La traduction de Dan. 9:27, sera donc : «Et il confirmera une alliance au grand nombre pour une semaine. Et à la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l’oblation, et à cause de la protection des abominations [idoles] il y aura un désolateur, et jusqu’à [la consomption déterminée ou] l’accomplissement déterminé du jugement [il] sera répandu sur la désolée» (Éd).

Il me semble clair, d’après És. 10:22-23 et suiv., que la consomption déterminée tombe sur Juda et Jérusalem, par le moyen de l’Assyrien, qui est la verge de l’indignation de Dieu. Or l’Assyrien est géographiquement du territoire des Séleucides. Ceci est d’autant plus clair, que le même prophète (És. 28:22) nous montre cette consomption atteignant la terre d’Israël, quand les meneurs du peuple à Jérusalem ont fait alliance avec la mort et avec le Schéol (És. 28:14-15) et se sont réfugiés dans le mensonge. Au chap. 9, vers. 27, de Daniel, cette même consomption vient sur Jérusalem. Le chef de la bête fait alliance avec eux pour une semaine ; il y a des idoles, on s’y fie, et Dieu envoie un désolateur. L’Assyrien sera le grand désolateur ; d’autres s’allieront avec lui (Ps. 83). Gog sera la dernière forme de l’Assyrien. Cela explique, me semble-t-il, ce qui est dit au chap. 38, vers. 17, d’Ézéchiel : «N’est-ce pas de toi (Gog) que j’ai parlé autrefois par le ministère de mes serviteurs, les prophètes d’Israël ?» Jérusalem est prise une première fois ; la seconde fois, l’ennemi y trouve le Seigneur. Zacharie 14 est général : la ville sera prise et le Seigneur sortira contre les nations.

C’est «le conducteur qui viendra» qui ôtera le sacrifice en rompant l’alliance ; et le peuple, s’adonnant en même temps aux idoles, il y aura un désolateur jusqu’à ce que le châtiment sur Jérusalem soit complet et que la présence du Seigneur mette fin à la puissance du mal et du malin...

L’empereur romain est le chef de la bête et l’Antichrist n’est que le chef de la seconde bête, au chapitre 13 de l’Apocalypse. Il fait adorer la première bête et exerce sa puissance, étant le faux Christ, ou roi et prophète, pour les Juifs en Judée. Mais c’est bien le «conducteur» qui ôtera le sacrifice au commencement de la dernière demi-semaine ; la royauté de la seconde bête semble disparaître par la puissance de ce conducteur en Orient.

Le roi du Nord est toujours celui qui domine sur le territoire qu’occupait Antiochus ; mais, à la fin, la Russie possédera ce territoire, ou y dominera de manière à être l’Assyrien. La Russie est Gog, sans contredit.

 

57 [Restauration d’un croyant]

Londres, 31 décembre 1870

Bien-aimé frère,

 

Je ne crois pas que «relèvement» signifie : retrouver la paix, à moins que ce ne soit la paix dans le sentiment de la faveur de Dieu, dont on jouit de nouveau dans l’âme, le rétablissement de la liberté du coeur avec Dieu.

On rencontre des cas où un chrétien est en chute, tout en ne doutant nullement de son salut, de l’efficace du sang de Christ ; mais le coeur s’est éloigné de Dieu, n’a pas le sentiment de ce qu’est le péché, comme la présence de Dieu le donne toujours.

Or, pour être vraiment relevé, il faut que le chrétien reconnaisse le point de départ où son âme a quitté la communion de Dieu et cherché sa volonté propre. Il en fut ainsi de Pierre. Le Seigneur ne lui reprocha pas sa faute, mais il lui dit : «M’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ?» C’était là le point où son âme avait dévié du bon chemin, où le «moi» s’était montré, la confiance en lui-même. Le Seigneur sonde le coeur de Pierre et lui fait connaître le fond d’orgueil et de fausse confiance qui s’y trouvait. Jusqu’à ce moment-là Pierre n’était pas relevé, quoique en bon chemin. Lorsqu’un frère en communion a fait une chute, et a reconnu sincèrement sa faute comme un mal, alors même qu’il serait réintégré, il est toujours en danger de retomber s’il n’en a pas jugé la racine. C’est qu’il s’est éloigné de Dieu. La communion avec Dieu n’est pas foncièrement rétablie, le moi et sa volonté ne sont pas foncièrement brisés, aussi longtemps que le chrétien n’a pas retrouvé le point où son coeur a commencé à perdre sa sensibilité spirituelle ; car la présence de Dieu fait sentir cela. Je ne parle pas d’une affaire de mémoire, mais de l’état de l’âme...

On rencontre des cas (dans lesquels probablement le véritable affranchissement ne s’était jamais réalisé), comme celui du cher X..., où le désespoir prend possession d’une âme en chute. Il s’agit là de trouver la paix par le sang de Jésus, ou au moins de pouvoir relever le bouclier de la foi, de la confiance en Dieu.

Une âme est relevée, quand elle jouit de la faveur de Dieu, non pas simplement comme certitude du salut, mais quand l’Esprit, au lieu d’accuser, fait jouir de la bonté de Dieu. Le relèvement n’est complet que par la jouissance de la communion des frères. Je me rappelle avoir vu que l’horreur du péché contre la grâce et du déshonneur fait au nom de Christ, était le premier effet de la puissance renouvelée de la Parole dans le coeur ; puis venait le sentiment que la grâce a triomphé de tout ; béni soit Dieu !

 

58 [Humanité et divinité du Seigneur]

New-York, 10 décembre 1874

Bien-aimé frère,

 

Il faut bien prendre garde de ne pas prétendre pouvoir connaître tout ce qui concerne la liaison entre l’humanité et la divinité dans la personne du Seigneur. Cette liaison est inscrutable. Personne ne connaît le Fils, sinon le Père. Jésus a crû en sagesse. Ce qui a fait tomber certains chrétiens dans de si graves erreurs, c’est précisément qu’ils ont voulu distinguer et expliquer l’état de Christ homme. Nous savons qu’il a été et qu’il est Dieu ; nous savons qu’il est devenu homme, et le témoignage à sa vraie divinité est maintenu, dans cet état d’humiliation, par l’inscrutabilité de l’union. On peut montrer que de certaines vues dérogent à sa  gloire et à la vérité de sa personne ; mais je désire ardemment que les frères ne se mettent pas à dogmatiser sur sa personne ; ils tomberaient sûrement en quelque erreur. Je n’ai jamais vu personne le faire sans tomber dans quelque hérésie involontaire. Montrer qu’une explication est fausse, afin de garantir les âmes des mauvaises conséquences de l’erreur, et prétendre expliquer la personne du Seigneur, ce sont deux choses .....

 

59 [Position et état ; dévouement et sainteté]

New-York, 27 février 1875

... La plupart des chrétiens ont besoin d’être mis au clair quant au salut, à leur position en Christ. Ils confondent leur position et leur état. Il y en a bien peu qui comprennent les premiers versets de Hébr. 10. Pour ma part, j’enseigne, mais j’apprends toujours.

Si les frères sont dévoués et saints dans leur marche, leur témoignage sera toujours reconnu de Dieu, sinon ils ne feront pas grand’chose. Le Seigneur qui nous parle maintenant est «Celui qui est saint, Celui qui est véritable». Il faut ces deux choses, ainsi que la grâce et la patience pour les faire valoir. Il faut la vérité et le Seigneur nous la communique, mais il faut la sainteté, autrement la vérité même tombera en discrédit. C’est la chose importante pour les frères, puis le dévouement.