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Livre du prophète Michée

 

Jean Muller

Tiré de «Sondez les Écritures» vol. 12 p.39 et suiv.

 

Michée, dont le nom signifie « qui est comme l’Éternel ? » est contemporain des prophètes Ésaïe, Osée et Amos. Sa prophétie date probablement des années 740 à 695 avant J.-C. La Parole ne révèle rien des circonstances personnelles du prophète, sauf qu’il était Morashtite (*).

 

(*) II était donc originaire d’une ville du sud-ouest de la Judée, à 30 km de Jérusalem et à proximité de Gath, ville des Philistins.

 

Table des matières abrégée :

1       Introduction au Livre du prophète Michée

2       Michée 1 : Samarie et Juda jugés par l’Assyrien

3       Michée 2 : L’état moral d’Israël et son relèvement futur

4       Michée 3:1 à 4:8 La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur

5       Michée 4:9 à 5:15 : La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur

6       Michée 6 : Débat de Dieu avec Israël

7       Michée 7 : Débat de Dieu avec Israël

8       Résumé du livre du prophète Michée

 

 

 

Table des matières détaillée :

1       Introduction au Livre du prophète Michée

1.1         Thème de la prophétie de Michée

1.2         La mention de Michée dans les Écritures

1.2.1      Le souvenir de Michée au temps de Jérémie (Jér. 26:11-19).

1.2.2      Au temps du Seigneur

1.3         Plan du livre de Michée

1.3.1      Première partie : Jugement d’Israël par l’Assyrie — « Écoutez, vous tous les peuples » : Ch. 1 et 2

1.3.1.1      Samarie et Juda jugés par l’Assyrien : Ch. 1

1.3.1.2      L’état moral d’Israël et son relèvement futur : Ch. 2

1.3.2      Deuxième partie : La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur — « Écoutez, je vous prie, chefs de Jacob, et vous, princes de la maison d’Israël » : Ch. 3 à 5

1.3.3      Troisième partie : Débat de Dieu avec Israël — « Écoutez, je vous prie, ce que dit l’Éternel » : Ch. 6 et 7

2       Michée 1 : Samarie et Juda jugés par l’Assyrien

2.1         Introduction et portée prophétique : 1v1

2.2         Dieu parle de son trône terrestre pour juger la terre entière : 1v2-7

2.3         L’invasion de Juda et de Jérusalem : 1v8-16

3       Michée 2 : L’état moral d’Israël et son relèvement futur

3.1         Le premier malheur : 2v1-5

3.2         Ne prophétisez point, prophétisent-ils : 2v6-11

3.3         La bénédiction future du peuple d’Israël : 2v12, 13

4       Michée 3:1 à 4:8 La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur

4.1         La ruine morale des chefs et des princes : 3v1-4

4.2         Le jugement des prophètes infidèles : 3v5-12

4.2.1      Un prophète fidèle : 3v8

4.2.2      Le message aux conducteurs civils et religieux : 3v9-11

4.2.3      L’annonce du jugement : 3v12

4.3         Le rétablissement en gloire de Jérusalem : 4v1-8

4.3.1      Sion, centre glorieux du gouvernement du monde : 4v1, 2

4.3.2      Paix et prospérité : 4v3, 4

4.3.3      Marcher au nom de l’Éternel, notre Dieu : 4v5

4.3.4      Le troupeau de l’Éternel : 4v6-8

5       Michée 4:9 à 5:15 : La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur

5.1         Jérusalem et Babylone : 4v9-13

5.1.1      La captivité à Babylone et la délivrance : 4v9, 10

5.1.2      Les sièges futurs de Jérusalem et la délivrance : 4v11-13

5.2         L’Assyrien et le résidu d’Israël : 5v1-9

5.2.1      La venue future de l’Assyrien : 5v1 (*)

5.2.2      La venue du Sauveur : 5v2

5.2.3      Les conséquences du rejet du Messie : 5v3

5.2.4      Christ Roi et Berger et son peuple : 5v4-9

5.3         La parole de l’Éternel juge les apostats : 5v10-15

6       Michée 6 : Débat de Dieu avec Israël

6.1         L’appel de Dieu par le prophète : 6v1-5

6.1.1      Les témoins du plaidoyer : 6v1, 2

6.1.2      Le thème du plaidoyer : 6v3-5

6.2         La réponse des croyants : 6v6-8

6.3         Un nouvel appel de Dieu à la conscience : 6v9-16

7       Michée 7 : Débat de Dieu avec Israël

7.1         Le second malheur : 7v1-7

7.1.1      Michée s’identifie avec le résidu : 7v1

7.1.2      Le mal à Jérusalem : 7v2-4

7.1.3      Le comble de l’iniquité : 7v5, 6

7.1.4      Michée se tourne vers Dieu : 7v7

7.2         La confiance de la foi devant les ennemis : 7v8-10

7.3         Dieu parle à Jérusalem : 7v11-17

7.4         La réponse confiante du résidu : 7v18-20

7.5         Conclusion

8       Résumé du livre du prophète Michée

8.1         Le jugement d’Israël par l’Assyrie : Ch. 1 et 2

8.1.1      Samarie et Juda jugés par l’Assyrien : Ch. 1

8.1.2      État moral d’Israël et relèvement futur : Ch. 2

8.2         Ruine actuelle et rétablissement futur d’Israël : Ch. 3 à 5

8.2.1      La ruine morale des chefs et des princes : 3:1-4

8.2.2      Le jugement des prophètes infidèles : 3:5-12

8.2.3      Le rétablissement en gloire de Jérusalem : 4:1-8

8.2.4      Babylone et les nations : 4:9-13

8.2.5      L’Assyrien et le résidu d’Israël : 5:1-9

8.2.6      Le jugement des apostats : 5:10-15

8.3         Le plaidoyer : Ch. 6 et 7

8.3.1      L’appel de Dieu par le prophète : 6:1-5

8.3.2      La réponse des croyants : 6:6-8

8.3.3      Un nouvel appel de Dieu à la conscience : 6:9-16

8.3.4      Le second malheur : 7:1-7

8.3.5      La confiance de la foi devant les ennemis : 7:8-10

8.3.6      Dieu parle à Jérusalem : 7:11-17

8.3.7      La réponse confiante du résidu : 7:18-20

 

 

 

1         Introduction au Livre du prophète Michée

1.1        Thème de la prophétie de Michée

Adressée essentiellement à Israël, la prophétie de Michée met en lumière l’état moral du peuple. Israël (Samarie) et Juda (Jérusalem) avaient souillé et ruiné le pays tout entier. C’est pourquoi les chefs, les princes et les prophètes sont jugés. Mais la venue en grâce du Messie à Bethléem est annoncée. Par lui, Dieu accomplira plus tard ses pensées et le résidu d’Israël sera béni. Dans l’intervalle, Dieu plaide avec son peuple, en lui déclarant ce qui est bon (6:8).

Dès le début de la prophétie, Dieu parle de son trône terrestre pour juger la terre tout entière. Le peuple élu, devenu infidèle et idolâtre, n’était plus un témoin pour Dieu devant le monde ; aussi Dieu doit-il intervenir lui-même pour rendre son propre témoignage à sa justice. Il le fera en jugeant les nations de la terre.

 

1.2        La mention de Michée dans les Écritures

1.2.1        Le souvenir de Michée au temps de Jérémie (Jér. 26:11-19).

Sa prophétie est rappelée, environ cent ans plus tard, sous le règne de Jehoïakim, l’un des derniers rois de Juda à Jérusalem. Les sacrificateurs et les prophètes veulent mettre Jérémie à mort, parce qu’il annonce le jugement. Ils emploient les mêmes paroles que le peuple juif plus tard lorsqu’il condamnera Christ, le Fils de Dieu : « Cet homme mérite la mort » (Matt. 26:66). Mais le peuple et ses princes reviennent à eux-mêmes pour sauver la vie de Jérémie, en citant exactement la prophétie que Michée avait prononcée au temps du roi pieux Ézéchias (3:12 ; Jér. 26:16-19). Condamner Jérémie, c’était aussi condamner Ézéchias, qui avait écouté la parole prophétique de Michée. Cette circonstance souligne l’unité des Écritures et authentifie leur inspiration divine.

 

1.2.2        Au temps du Seigneur

Après la naissance du Sauveur, les mages viennent à Bethléem pour adorer le Christ (Matt. 2:5, 6), là où avait eu lieu sa naissance, selon la prophétie de Michée (5:2).

Lorsque le Seigneur envoie les douze (Matt. 10:21,35,36), il prédit à ses messagers que la prophétie de Michée s’accomplira par leur prédication de l’évangile (7:6).

En se présentant comme le bon berger (Jean 10:9, 11, 14), Jésus réalisait en lui-même la prophétie de Michée (2:12,13). Il était le Seigneur, l’Éternel qui recherchait ses brebis et en prenait soin (Ézé. 34:11).

 

1.3        Plan du livre de Michée

La prophétie de Michée se divise naturellement en trois parties, dont chacune est introduite par un appel à écouter : 1:2 ; 3:1 ; 6:1.

 

1.3.1        Première partie : Jugement d’Israël par l’Assyrie — « Écoutez, vous tous les peuples » : Ch. 1 et 2

1.3.1.1       Samarie et Juda jugés par l’Assyrien : Ch. 1

1. Introduction et portée prophétique : 1:1

2. Dieu parle de son trône terrestre pour juger la terre entière : 1:2-7

3. L’invasion de Juda et de Jérusalem : 1:8-16

 

1.3.1.2       L’état moral d’Israël et son relèvement futur : Ch. 2

1. Le premier malheur : 2:1-5

2. Ne prophétisez point, prophétisent-ils : 2:6-11

3. La bénédiction future du peuple d’Israël : 2:12,13

 

1.3.2        Deuxième partie : La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur — « Écoutez, je vous prie, chefs de Jacob, et vous, princes de la maison d’Israël » : Ch. 3 à 5

1. La ruine morale des chefs et des princes : 3:1-4

2. Le jugement des prophètes infidèles : 3:5-12

3. Le rétablissement en gloire de Jérusalem : 4:1-8

4. Jérusalem et Babylone : 4:9-13

5. L’Assyrien et le résidu d’Israël : 5:1-9

6. La parole de l’Éternel juge les apostats : 5:10-15

 

1.3.3        Troisième partie : Débat de Dieu avec Israël — « Écoutez, je vous prie, ce que dit l’Éternel » : Ch. 6 et 7

L’appel de Dieu par le prophète : 6:1-5

La réponse des croyants : 6:6-8

Un nouvel appel de Dieu à la conscience : 6:9-16

Le second malheur : 7:1-7

La confiance de la foi devant les ennemis : 7:8-10

Dieu parle à Jérusalem : 7:11-17

La réponse confiante du résidu : 7:18-20

 

L’annonce de la vengeance divine sur les apostats et les nations termine la partie prophétique du livre (ch. 5). La dernière partie (ch. 6 et 7) contient un plaidoyer entre Dieu et son peuple Israël, pour amener celui-ci à une délivrance complète. C’est beaucoup plus que la simple délivrance des ennemis. Dieu veut parler à la conscience et au cœur de son peuple pour produire une repentance profonde, un réel retour vers lui.

En conclusion, la grâce et la miséricorde s’élèvent au-dessus du jugement.

 

2         Michée 1 : Samarie et Juda jugés par l’Assyrien

2.1        Introduction et portée prophétique : 1v1

La prophétie de Michée est rattachée au règne de trois rois de Juda : Jotham, Achaz et Ézéchias. Le premier, Jotham, était un roi pieux. Son règne symbolise les bénédictions passées du peuple de Dieu. Achaz, lui, a été méchant et infidèle. Sa triste conduite a précipité la ruine du peuple de Juda. Méprisant les secours divins offerts par Ésaïe contre les rois de Syrie (És. 7:10-13), il se place volontairement sous la  protection de l’Assyrie, le véritable ennemi du peuple de Dieu. Il néglige et profane le service divin dans le temple, et choisit les abominations du culte de Moloch. Achaz est donc l’image de l’apostasie du peuple juif de la fin.

Ézéchias, au contraire, rétablit le culte divin et célèbre la Pâque à Jérusalem. En plaçant toute sa confiance en l’Éternel, il résiste alors victorieusement aux attaques de l’Assyrien. Il devient ainsi une figure prophétique du résidu fidèle de la fin qui sera délivré pour jouir du royaume du Seigneur Jésus. Le récit historique de la victoire d’Ézéchias sur l’Assyrien est relaté trois fois dans l’Écriture (2 Rois 18:13 à 19:37 ; 2 Chr. 32:1-23 ; És. 36-37) ; ceci souligne l’importance de sa portée prophétique pour les temps de la fin.

 

2.2        Dieu parle de son trône terrestre pour juger la terre entière : 1v2-7

La prophétie de Michée commence, comme celle d’Ésaïe (És. 1:2), par un appel à écouter, que Dieu adresse à tous les peuples (Michée) ou aux cieux et à la terre (Ésaïe).

D’emblée, le Seigneur, l’Éternel, apparaît comme un juge. Il est dans « le palais (ou le temple) de sa sainteté », comme le voient Habakuk (Hab. 2:20) et Jonas (Jonas 2:8). Mais il descend sur la terre (en figure) « pour visiter l’iniquité des habitants de la terre sur eux », « pour faire... son œuvre étrange, ... son travail inaccoutumé » (És. 26:21 ; 28:21). Les montagnes, image des puissances établies, fondent devant lui, tandis que les vallées sont inondées comme par les coulées de lave d’un volcan en éruption, symbole de jugement. Quel jugement terrible, exercé par le juste Juge de toute la terre ! La cause première de ce jugement est le péché de la nation tout entière (v. 5).

Jacob (*) désigne l’ensemble du peuple, devenu idolâtre après la mort de Salomon. Samarie, capitale du royaume des dix tribus, est rattachée ici à la transgression de Jacob. Plus tard, Juda tombera dans la même idolâtrie ; et Jérusalem, le siège du trône de Dieu, a été envahie par les hauts lieux consacrés aux images taillées.

 

(*) Jacob (qui signifie celui qui supplante) est le nom de naissance du patriarche, nom qui se rattache à sa responsabilité. Dieu a changé son nom en Israël (vainqueur ou prince de Dieu), nom qui évoque les desseins divins à son égard.

 

Dieu annonce donc d’abord le jugement sur Samarie (v. 6, 7), avant de l’étendre à Jérusalem (3:12). Le pays sera désolé, et toutes les idoles détruites. Les relations impures d’Israël avec les nations idolâtres sont dénoncées, comme portant le caractère de prostitution spirituelle.

 

2.3        L’invasion de Juda et de Jérusalem : 1v8-16

Après avoir été la voix de l’Éternel pour annoncer le jugement au peuple, Michée devient le porte-parole du peuple pour exprimer sa plainte devant la juste colère de Dieu. Le prophète prend alors tous les signes de l’humiliation et du deuil, au milieu d’un peuple indifférent. Sa douleur est profonde. Il pleure, se lamente, et va nu en signe de deuil. Ses lamentations sont comparées au jappement des chacals et au cri des autruches. Plus tard, Jérémie pleurera « la peine de l’iniquité de la fille de mon peuple » (Jér. 9:1 ; Lam. 4:6). Et nous, sommes-nous affligés devant la ruine publique de l’Église ?

Gath (v. 10) était une des villes principales des Philistins. Depuis le chant de l’arc (la complainte de David sur la mort de Saül et de Jonathan), un proverbe avait cours en Israël : « Ne le racontez pas dans Gath » (2 Sam. 1:20). Les défaites du peuple de Dieu ne devaient pas être rapportées à ses ennemis, de peur qu’ils ne s’en réjouissent.

L’invasion du territoire de Juda et de Benjamin par les armées assyriennes conduites par Sankhérib jusqu’à la porte de Jérusalem, est décrite dans la fin du chapitre. Ésaïe relate la même scène (És. 10:24-34) en insistant sur les étapes successives de la conquête, alors que Michée souligne les causes du jugement.

Cette invasion de la terre d’Israël par l’Assyrien, mentionnée ici, préfigure aussi les événements de la fin, après l’enlèvement de l’Église, lorsque la nation juive devra faire face au débordement de l’Assyrie sous la conduite du roi du nord. Daniel le prophète révèle la fin de cet ennemi de Dieu et de son peuple (Voir le commentaire sur Daniel 11:40-45 SLE vol. 8).

Le prophète cite plusieurs villes qui tomberont aux mains de l’ennemi, pour caractériser leur jugement à travers la signification de leur nom : Beth-Léaphra (maison de poussière, qui se roulera dans la poussière), Shaphir (belle ville maintenant ruinée), Maroth (amertume), Morésheth-Gath (possession de Gath, ville tombée aux mains des Philistins, les ennemis irréductibles d’Israël). Lakis avait été autrefois conquise par Josué (Jos. 10:32). Elle était devenue le centre de l’idolâtrie en Israël. Ses habitants devront maintenant fuir devant l’ennemi (v. 13). Enfin, les maisons d’Aczib (mensonge) tromperaient les rois d’Israël (v. 14).

Le nom d’Adullam, qui signifie retraite, jette heureusement un rayon de lumière et d’espérance sur cette scène de désolation. Avec Marésha (possession), Adullam verra la venue de l’héritier, et sera le dernier refuge de la gloire d’Israël, c’est-à-dire de ses chefs. Au temps de Samuel, la caverne d’Adullam avait été le point de ralliement des affligés autour du roi David rejeté (1 Sam. 22:1-4 ; 2 Sam. 23:13). Aujourd’hui encore, la communion avec Christ, l’héritier de toutes choses (Héb. 1:2), est goûtée loin des plaisirs d’un monde qui le rejette : là est la vraie « gloire d’Israël ».

 

3         Michée 2 : L’état moral d’Israël et son relèvement futur

Le chapitre 1 annonçait à l’avance le jugement du peuple par l’Assyrie, instrument dans la main de Dieu (És. 10:5). Maintenant, Michée révèle de façon nette et courageuse les causes profondes de ce jugement divin. C’était les crimes sociaux, le rejet de la parole de l’Éternel et le choix de mauvais prophètes. Souvenons-nous que chaque fois que les droits divins sont bafoués, les droits humains le sont aussi.

 

3.1        Le premier malheur : 2v1-5

Michée prononce deux malheurs dans sa prophétie, le premier sur le peuple (v. 1, 2), et le second sur lui-même (7:1). Il faut noter l’analogie avec les deux prophètes Ésaïe et Amos (*).

 

(*) Ésaïe prononce six malheurs sur le peuple (És. 5:8-23), puis un sur lui-même (És. 6:5). Amos en déclare deux, comme Michée (Amos 5:18 ; 6:1).

 

Le peuple formait dans l’ombre des desseins de violence, d’oppression et de cupidité, en s’abandonnant au mal sans retenue. L’Éternel l’avertit de manière claire du jugement qu’il allait subir. La conséquence solennelle du fait que le peuple médite le mal contre Dieu (v. 1), c’est que Dieu doit méditer un mal (un châtiment douloureux) contre le peuple (v. 3) « qui s’est endurci contre lui et a prospéré » (Job 9:4). Dieu a toujours le dernier mot. L’orgueil du peuple sera abaissé par le moyen de son esclavage sous le joug des nations. En vérité, c’est un temps mauvais, durant lequel le juste doit garder le silence (Amos 5:13).

Pour ajouter à la détresse du peuple, sa situation passe même en proverbe (v. 4, 5). Les maisons et les champs que les violents en Israël avaient volés à leurs frères sont maintenant confiés « à celui qui se détourne de l’Éternel », c’est-à-dire aux ennemis du peuple. La confusion est telle qu’aucune autorité ne subsiste pour contrôler la possession du pays, comme autrefois l’avait fait Josué avec sagesse. Cette parole de Michée au peuple (v. 5) annonce aussi prophétiquement qu’aucun des apostats n’aura de part dans le royaume millénaire (Ézé. 33:25) ; seuls les fidèles, les débonnaires, hériteront du pays (Matt. 5:5).

 

3.2        Ne prophétisez point, prophétisent-ils : 2v6-11

Les machinations, la convoitise, l’oppression et l’orgueil vont de pair avec le refus d’écouter la parole de l’Éternel. Ainsi, de mauvais prophètes parmi le peuple (3:5) voulaient réduire au silence les prophètes fidèles tels que Michée, Amos et Ésaïe. Mais si la parole prophétique n’est pas présentée en Israël, le mal continuera à empirer (« l’ignominie ne s’éloignera pas »). Combien il est souhaitable que le prophète dans l’assemblée chrétienne continue à faire entendre « la parole de Dieu » (1 Thess. 2:13 ; 1 Pi. 4:11), non celle des hommes, pour placer les âmes en contact avec la vérité divine, et leur apporter « l’édification, l’exhortation et la consolation » ! (1 Cor. 14:3).

L’Éternel prend maintenant la parole pour confondre ces mauvais prophètes coupables. Le peuple ne pouvait pas accuser Dieu de manquer de patience (v. 7) ou de ne pas avoir agi par son Esprit au milieu de lui. Quelle déclaration divine touchante, qui vient encore à nous aujourd’hui : « Mes paroles ne font-elles pas du bien à celui qui marche avec droiture ? » ! Au milieu du grand nombre infidèle, Dieu parle encore à ceux qui désirent écouter. En Israël, le grand nombre se levait comme un ennemi contre Dieu, sans aucun égard pour les faibles, les veuves et leurs enfants.

Par la voix de son fidèle prophète, l’Éternel enjoint alors à tous ceux qui sont sensibles à sa Parole de se lever et de se séparer de toute cette iniquité : « Levez-vous et allez-vous-en ! car ce n’est pas ici un lieu de repos, à cause de la souillure qui amène la ruine : la ruine est terrible ! » En effet, comment le peuple de Dieu peut-il trouver le repos dans un tel état de souillure ? L’injonction donnée aux fidèles en Israël, est aujourd’hui répétée aux chrétiens : « Sortez du milieu d’eux, et soyez séparés » (És. 52:11 ; 2 Cor. 6:17 ; 2 Tim. 2:19).

Ceux qui restaient liés à cet état de souillure en refusant la parole du témoignage, tombent sous le coup d’un jugement d’endurcissement (v. 11). Ils sont sous l’influence d’un esprit d’erreur (*) et d’ivrognerie. Ceux qui se détournent de la vérité sont inéluctablement attirés par les fables. Tel sera le sort terrible de la chrétienté apostate : elle sera captivée par une énergie d’erreur, lorsque toutes les sources des pensées seront polluées dans le monde (2 Thess. 2:11, 12 ; Apoc. 8:10, 11).

 

(*) Un exemple de cet esprit d’erreur est rapporté dans le cas d’Achab en 1 Rois 22:19-24.

 

3.3        La bénédiction future du peuple d’Israël : 2v12, 13

Ce changement complet dans les paroles de Michée pourrait surprendre. Il nous montre que, malgré l’état désespéré de son peuple, l’Éternel ne renonce jamais à son dessein arrêté de bénédiction ; cette partie de la prophétie de Michée se termine par le tableau du rassemblement d’Israël sous la houlette de son Berger, Christ lui-même. Ésaïe, contemporain de Michée, parle d’un « bien petit résidu » (És. 1:9), par opposition à la nation infidèle dans son ensemble. Michée étend la bénédiction divine à « Jacob... tout entier » et à « une multitude d’hommes » (v. 12), pour souligner l’étendue des pensées de grâce de Dieu. Le troupeau d’Israël (le résidu du peuple) sera rassemblé autour de Christ, le Messie, « le Berger, la pierre d’Israël » (Gen. 49:25). Il est « celui qui a fait la brèche » (*), c’est-à-dire celui qui a renversé tous les obstacles à ce rassemblement. Reconnu comme le souverain pasteur, il est la porte de sortie hors du peuple apostat pour les fidèles et la porte d’entrée dans la bénédiction millénaire. Ce Roi et ce Berger, c’est l’Éternel lui-même (v. 13).

 

(*) L’image de la brèche est employée ici pour décrire une œuvre divine en grâce à l’égard d’Israël et de tous les rachetés.

Dans d’autres passages, Dieu fait une brèche en jugement, en conséquence de l’infidélité de son peuple, comme dans l’affaire de Guibha de Benjamin (Juges 21:15).

Les brèches peuvent aussi être produites par les attaques de l’ennemi dans la muraille ou dans la maison de l’Éternel (au sens propre ou figuré). Les fidèles doivent les réparer, pour répondre à l’appel de Dieu, comme autrefois Moïse (2 Rois 12:5 ; Ézé. 22:30 ; Ps. 106:23). Christ demeure le vrai « réparateur des brèches » (És. 58:12).

 

Le Seigneur part de cette prophétie de Michée relative au peuple d’Israël, pour révéler ses pensées à l’égard de ses brebis, tirées du peuple juif ou des nations. Il est lui-même leur porte, comme il est leur bon berger. Il a fait la brèche lorsque, par sa mort et sa résurrection, il a détruit la puissance de Satan. Son peuple racheté passe par cette porte de délivrance, pour avoir la vie éternelle, une vie en abondance, et pour goûter la liberté et la nourriture (Jean10:7, 9, 10, 11).

 

4         Michée 3:1 à 4:8 La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur

La première partie de la prophétie (ch. 1 et 2) était un appel à tous les peuples de la terre (1:2). La seconde partie (ch. 3 à 5) s’adresse maintenant aux chefs de Jacob et aux princes en Israël (3:1), puis aux prophètes infidèles (3:5).

 

4.1        La ruine morale des chefs et des princes : 3v1-4

Le prophète reprend la parole par cette injonction : « Écoutez, je vous prie, chefs de Jacob, et vous, princes de la maison d’Israël » (3:1). Il rappelle aux conducteurs qu’ils étaient responsables du bien du peuple, et devaient le conduire dans la voie de la justice et du juste jugement. Mais leur état moral personnel était mauvais ; au lieu de manifester un esprit de repentance, ils haïssaient le bien et aimaient le mal. Une telle attitude entraîne toujours à terme le malheur (És. 5:20).

Israël était le troupeau de l’Éternel, objet de ses soins. Comme de mauvais bergers, les chefs, par contraste, en avaient fait leur proie. En figure, ils avaient arraché leur peau, puis leur chair, tout en brisant leurs os, pour finalement manger les brebis confiées à leurs soins. Dans tous les temps, le danger pour les conducteurs spirituels n’est-il pas de dominer sur les héritages, au lieu d’être les modèles du troupeau ? (1 Pi. 5:2). Appliquons-nous plutôt à imiter l’exemple du bon berger, le grand pasteur des brebis, qui a « aimé la justice » (Ps. 45:6, 7 ; Héb. 1:9).

Le jour du jugement vient, « en ce temps-là » (v. 4), au jour du règne glorieux de Christ. Alors, le troupeau est béni, mais Dieu ne répondra pas au cri de ses méchants conducteurs. Ils avaient refusé de prêter attention à ceux qui étaient dans le besoin. L’Éternel allait les rémunérer de la même manière, en refusant maintenant de les écouter (Prov. 21:13). Quelle solennelle différence avec la couronne inflétrissable de gloire promise aux fidèles serviteurs ! (1 Pi. 5:4).

 

4.2        Le jugement des prophètes infidèles : 3v5-12

Michée s’adresse maintenant aux prophètes. Cherchant leurs propres intérêts au détriment de ceux du peuple, ces prophètes, authentiques mais infidèles, font errer celui-ci. Comme au temps d’Ézéchiel (Ézé. 13:1, 10), ils promettent la paix, et endorment ainsi le peuple dans une confiance trompeuse. Au lieu d’annoncer avec hardiesse la volonté de Dieu, ils flattent le peuple et l’encouragent à pécher. Prompts à adapter leur message à leurs propres intérêts, ils annoncent la paix à ceux qui leur promettent des biens matériels ; sinon, ils prédisent la guerre. Dieu, en rétribution, ne leur communiquera plus ses visions, et les abandonnera aux ténèbres morales ; ce sera pour leur honte et pour leur confusion. Quel solennel avertissement pour nous ! Si quelqu’un, ayant reçu quelque don de grâce spirituel, l’emploie à son propre avantage, et falsifie le message divin, Dieu peut cesser de lui communiquer ses pensées, et l’abandonner à lui-même pour sa confusion.

 

4.2.1        Un prophète fidèle : 3v8

Le prophète définit maintenant sa position, en contraste avec celle de ces mauvais prophètes. Un serviteur fidèle est toujours sous la conduite de l’Esprit de l’Éternel, qui est un Esprit de puissance, d’amour et de conseil (2 Tim. 1:7). La force du serviteur n’est pas la sienne propre, mais celle que Dieu lui prête par son Esprit : « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées » (Zach. 4:6). La Parole abonde en exemples de faibles témoins rendus vigoureux et devenus forts dans la bataille : Gédéon, Barak, Jérémie, Daniel et l’apôtre Paul (Héb. 11:34 ; 2 Cor. 12:10).

 

4.2.2        Le message aux conducteurs civils et religieux : 3v9-11

Le message communiqué par Michée est triste : déclarer à Jacob sa transgression et à Israël son péché. Le prophète s’adresse à la fois à l’autorité civile (chefs et princes) et religieuse (sacrificateurs et prophètes). Les chefs et les princes ont abandonné le jugement et la justice, les deux bases du trône de Dieu (Ps. 89:14). Sion, la montagne de la grâce royale, et Jérusalem, le lieu où Dieu avait mis la mémoire de son Nom, ont été ainsi souillées et profanées.

De plus, tous les conducteurs, civils et religieux, se sont laissés détourner par la puissance de l’argent : les juges acceptaient des présents, ce que la loi défendait, « car le présent aveugle ceux qui voient clair, et pervertit les paroles des justes » (Ex. 23.8 ; Deut. 16:19) (*). Plus grave encore, les sacrificateurs, qui auraient dû enseigner le peuple de la part de Dieu (Mal. 2:7), demandent un salaire ; et finalement, les prophètes se font payer leur message. Ézéchiel déclare que de tels prophètes devinaient le mensonge (Ézé. 13:9 ; 21:34 ;22:28) ; par contraste, la mission d’un prophète fidèle est de recevoir le secret de l’Éternel pour le communiquer à son peuple (Amos 3:7). Quel terrible danger, dans tous les domaines, que l’amour de l’argent, « une racine de toutes sortes de maux » ! (1 Tim. 6:10).

 

(*) Les fils de Samuel étaient tombés dans ce péché (1 Sam. 8:3).

 

Les mauvais prophètes aggravent leur cas par le fait qu’ils se réclament de la présence de Dieu au milieu d’eux : « L’Éternel n’est-il pas au milieu de nous ? » (v. 11). La même question avait été posée par Israël dans le désert à l’occasion de la contestation de Mériba (Ex. 17:7). Le peuple doutait alors de la présence de Dieu et de sa puissance pour prendre soin de lui. Au temps de Michée, le raisonnement des prophètes est inversé. Dieu était près de quitter sa demeure terrestre, à cause de l’infidélité de son peuple, et les prophètes prétendaient l’obliger à rester au milieu d’eux, pour leur assurer l’impunité : « Il ne viendra pas de mal sur nous » (v. 11). Plus tard, au temps de Jérémie, le peuple mettra de nouveau sa confiance en des paroles de mensonge, en disant : « C’est ici le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel ! » (Jér. 7:4). C’est une aberration morale que la chrétienté répète aujourd’hui, qui culminera au moment où le faux prophète « s’assiéra au temple de Dieu », lui qui est l’Antichrist celui qui s’oppose à Dieu (2 Thess. 2:4). Ne prétendons pas à la présence du Seigneur, si nous refusons de juger le mal.

 

4.2.3        L’annonce du jugement : 3v12

Michée conclut par une parole de jugement qui répond aux prétentions des chefs religieux et politiques du peuple. La capitale du royaume d’Israël et le temple, siège de la présence de l’Éternel, seront détruits et abandonnés à la désolation. Cette déclaration de Michée sera citée plus tard par les princes de Jérusalem au temps de Jehoïakim, pour justifier les paroles d’avertissement de Jérémie, et sauver ce prophète de la mort (Jér. 26:18).

Ésaïe ajoute l’espérance d’un relèvement futur (És. 32:12-18). Michée confirme ce relèvement dans la suite immédiate de son message.

 

4.3        Le rétablissement en gloire de Jérusalem : 4v1-8

Si la maison de l’Éternel devait être détruite, selon le gouvernement de Dieu sur son peuple devenu infidèle (3:12), elle devait être rebâtie, selon le dessein de sa grâce souveraine envers lui (4:1). Le prophète reporte ce relèvement « à la fin des jours », pour désigner les temps heureux de la période du règne millénaire.

 

4.3.1        Sion, centre glorieux du gouvernement du monde : 4v1, 2

Les paroles de Michée sont exactement les mêmes que celles de son contemporain Ésaïe (És. 2:2-4). Cette remarquable répétition (par la bouche de deux témoins indépendants) confirme la volonté arrêtée de Dieu de bénir son peuple terrestre, et à travers lui, la terre entière, sous le règne du Messie, le Seigneur Jésus. Cette bénédiction découle de sa mort et de son œuvre de réconciliation.

Aujourd’hui, l’Église est la colonne et le soutien de la vérité de Dieu, et le messager de sa grâce envers les hommes, au milieu d’une création qui soupire en attendant la délivrance. Après l’enlèvement de l’Église au ciel, Jérusalem, la ville du grand Roi, la montagne de Sion et le temple de l’Éternel seront le centre terrestre de la bénédiction, la source de la loi, de la parole de l’Éternel et de la connaissance du vrai Dieu (Jér. 31:33, 34).

 

4.3.2        Paix et prospérité : 4v3, 4

Au cours du dernier millénaire de l’histoire du monde et de l’humanité, les effets des deux malédictions — sur la terre (Gen. 3:17) et sur l’homme (Gen. 4:11) — seront annulés. Le jugement retournera à la justice (Ps. 94:15). Toutes les nations goûteront une paix et une prospérité universelles. Les armes de guerre seront transformées en outils pour cultiver la terre, qui rendra alors pleinement son fruit. La vigne et le figuier, deux images d’Israël, seront l’ombrage et la sécurité de tout homme et de son prochain (Zach. 3:10).

 

4.3.3        Marcher au nom de l’Éternel, notre Dieu : 4v5

Le résidu fidèle déclare qu’il marchera, non seulement dans les sentiers du Dieu de Jacob (v. 2), mais aussi au seul nom de l’Éternel. Par contraste avec les nations qui avaient autrefois suivi leurs propres dieux, Israël suivra le seul vrai Dieu, à toujours. Leurs affreuses idoles seront définitivement abandonnées.

 

4.3.4        Le troupeau de l’Éternel : 4v6-8

L’Éternel, lui le seul Berger d’Israël, rassemblera son peuple sous sa houlette (2:12, 13). Il prendra soin de toutes les brebis, blessées ou exclues, même celles qui avaient encouru autrefois le châtiment divin ; elles seront sous la protection de Migdal-Eder, la tour du troupeau. Cette étape mémorable du patriarche Jacob, après la mort de Rachel (Gen. 35:21), devient le symbole de la gloire future de la nation, placée sous le sceptre de Christ.

 

5         Michée 4:9 à 5:15 : La ruine actuelle d’Israël et son rétablissement futur

Après la vision de la gloire incomparable du millenium, Michée se tourne vers l’avenir plus proche de Jérusalem et de ses habitants, la "fille de Sion" (v. 10, 13). La ruine morale de la royauté (4:9) et le rejet du Messie (5:1) vont entraîner l’exil du peuple à Babylone (4:9-13), puis l’invasion du pays par l’Assyrien avant le millenium (5:5-9). Cette succession des événements passés ou futurs (pour nous) est marquée par l’expression « en ce jour-là », ou par le mot « maintenant » répété cinq fois (v. 9, 10, 11 ; 5:1, 4).

 

5.1        Jérusalem et Babylone : 4v9-13

5.1.1        La captivité à Babylone et la délivrance : 4v9, 10

Premier « maintenant » (4:9) : Dans une description saisissante, Michée compare les douleurs de Jérusalem à celles de l’enfantement. La culpabilité des derniers rois de Juda (Jehoïakim et Sédécias en particulier) va hâter son jugement. Juda a été déporté à Babylone par Nebucadnetsar.

Deuxième « maintenant » (4:10) : Le même verset qui prédit la captivité annonce le retour du résidu dans sa terre par le moyen de Cyrus. C’est la joie de la naissance qui suit les douleurs de l’accouchement (Jean 16:21).

 

5.1.2        Les sièges futurs de Jérusalem et la délivrance : 4v11-13

Troisième « maintenant » (4:11) : La prophétie nous transporte dans le futur. Pendant longtemps, le peuple a été foulé aux pieds par ses ennemis (És. 18:7). À la fin de cette période d’épreuves, des coalitions de nations, dirigées par Édom et l’Assyrien (Ps. 83:3, 6, 7), feront même le siège de Jérusalem pour tenter de la détruire et de la profaner (4:11). Mais Dieu annulera le conseil des méchants pour délivrer les siens, et prêtera à Jérusalem, la « fille de Sion », la force pour fouler et détruire ses ennemis. Cette victoire est comparée à une moisson, où ces ennemis sont des gerbes, livrées par l’Éternel à son peuple pour le jugement (És. 41:15,16 ; Jér. 51:33).

Le résidu conclut cette promesse de délivrance en déclarant que tout le butin sera consacré à l’Éternel. Il en avait été de même au temps de Josué lors de la conquête du pays (Jos. 6:19). David faisait de même au commencement de la royauté en Israël (2 Sam. 8:11).

 

5.2        L’Assyrien et le résidu d’Israël : 5v1-9

5.2.1        La venue future de l’Assyrien : 5v1 (*)

 

(*) La plupart des versions placent ce verset à la fin du chapitre 4 et commencent le chapitre 5 au verset suivant.

 

Quatrième « maintenant » : L’Éternel appelle l’Assyrien à se regrouper comme une « fille de troupe » et à monter contre Jérusalem, la « fille de Sion », pour exercer le châtiment contre le peuple infidèle. Ce ne sont plus les coalitions des nations entourant la terre d’Israël, mais c’est l’Assyrien, l’ennemi de la fin, qui surgit à l’appel de Dieu, comme verge de sa colère en châtiment (És. 10:5).

Le résidu prend alors la parole pour reconnaître l’origine divine du jugement (« il a mis le siège contre nous »). Et le prophète révèle la cause de ce jugement : « Ils frappent le juge d’Israël avec une verge sur la joue ». La haine et le mépris des Juifs pour Christ autrefois sont la cause profonde de leur jugement au dernier jour. Le Sauveur avait gardé le silence devant les insultes et les mauvais traitements, accomplissant la parole prophétique à son égard (És. 50:6 ; 53:7 ; Matt. 26:67). Maintenant, le jour de la rétribution est arrivé : le fléau qui inonde emporte les rebelles (És. 28:15, 18, 19), tandis que la même épreuve conduit le fidèle résidu à la repentance (Zach. 12:10).

 

5.2.2        La venue du Sauveur : 5v2

Dans cette parenthèse extraordinaire, Dieu révèle sa pensée d’éternité à l’égard de la venue du Messie, le Roi d’Israël (5:2). La ville de Bethléem Ephrata (*) aura l’honneur d’être le lieu de naissance du Sauveur. Bethléem (qui signifie maison du pain) était déjà la ville de naissance de David (Luc 2:4, 11). C’est là que le vrai « Fils de David » devait naître. La mention d’Ephrata (qui signifie fertilité) évoque la naissance de Benjamin (Gen. 35:15-20). Nommé « fils de ma peine » par sa mère et « fils de ma droite » par son père, Benjamin était le « bien-aimé de l’Éternel » (Deut 33:12), touchante allusion au Fils bien-aimé du Père.

 

(*) Les sacrificateurs et les scribes, dans leur citation à Hérode de cette prophétie, mentionnent Bethléem, comme « terre de Juda », plutôt qu’Ephrata. Christ, « le lion qui est de la tribu de Juda » (Apoc. 5:5), issu de cette tribu royale de Juda (Héb. 7:14), devait naître dans la terre de Juda.

 

Ephrata rappelle aussi la mort de Rachel et son tombeau (Gen. 48:7). C’est du lieu de la mort que sort le vrai germe de la vie, de la vie éternelle ; celui « duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité ». Ésaïe révèle quelques-uns de ses titres glorieux : « Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (És. 9:6). « Pour moi » indique que la venue de Christ accomplira les desseins de Dieu.

 

5.2.3        Les conséquences du rejet du Messie : 5v3

Après cette révélation divine des pensées de l’Éternel à l’égard de son Fils, le prophète reprend son message à Israël pour annoncer les conséquences de son rejet du Messie. Le « c’est pourquoi » se relie à la déclaration que le Messie avait été frappé sur la joue. Israël est livré par Dieu à la dispersion et aux souffrances, comparées à nouveau à celles de l’enfantement (comp. 4:10). Ici, c’est plutôt le terme de ces souffrances qui est en vue. Jusqu’à la délivrance, le résidu de Juda (« le reste de ses frères ») partage le sort d’Israël dispersé.

 

5.2.4        Christ Roi et Berger et son peuple : 5v4-9

Cinquième « maintenant » (5:4) : Ce n’est plus le juge frappé qui est mentionné, mais le Roi, le Berger, est introduit pour dominer avec puissance et justice dans la majesté du nom de l’Éternel. Sa grandeur est reconnue universellement, tandis qu’il nourrit et dirige son troupeau en sécurité. Lui-même est la paix (Éph. 2:14), ce bienfait que l’homme avait désespérément cherché depuis la chute.

À cette heure, Christ, le grand défenseur de son peuple, établira contre ses ennemis un rempart efficace, représenté par les sept pasteurs et les huit princes. De fait, le résidu de Jacob contre-attaquera le roi du nord jusque dans son pays, hâtant ainsi la fin de ce dernier (Dan. 11:44, 45), qui est ici prédite par Michée (5:6). Le résidu garde la pleine conscience de l’intervention souveraine de Christ en sa faveur : Il (le Messie) nous délivrera de l’Assyrien ».

Deux belles images sont ajoutées pour décrire le résidu de Jacob, évoquant son Roi, son Berger : (1) La rosée et la pluie de bénédiction pour les nations. Ce que Christ est pour son peuple (2 Sam. 23:4 ; Osée 14:5) permet au résidu de répandre les bénédictions divines sur les nations. (2) Le lion, qui symbolise Christ et sa force (Gen. 49:9), souligne ici la puissance victorieuse du résidu qui triomphera de tous ses ennemis.

Conscient de ces dons de grâce et de force qui lui sont accordés, le résidu rend toute gloire à son Messie (5:9). Telle est la leçon de cette longue épreuve : « Par Dieu nous ferons des actes de valeur, et c’est lui qui foulera nos adversaires » (Ps. 60:12).

 

5.3        La parole de l’Éternel juge les apostats : 5v10-15

Après le tableau rafraîchissant des bénédictions millénaires sous le sceptre du Messie, l’Éternel annonce son jugement des apostats en Israël et sur la terre entière.

D’abord, la destruction de la puissance guerrière (les chevaux, les chars et les forteresses), la puissance même de l’Antichrist (Dan. 11:39).

Ensuite, toute idolâtrie doit être supprimée. L’esprit immonde et les sept esprits plus méchants que lui étaient venus habiter la maison, la nation infidèle (Luc 11:26). Enchantements, pronostiqueurs, images taillées, statues et ashères, tout doit disparaître avant que Dieu puisse à nouveau habiter au milieu de son peuple. Cet état de la nation juive idolâtre au dernier temps est une image saisissante de ce que sera la chrétienté apostate au jour du jugement de la seconde Babylone (Apoc. 18:2).

Enfin la colère de Dieu s’étend aussi sur les nations liées aux Juifs apostats et à l’Antichrist (5:15). Cette vengeance est figurée ailleurs par la vendange de la terre (Apoc. 14:17-20).

Tout mal est ainsi extirpé de la terre pour l’instauration du règne de justice et de paix du Messie, dont ce chapitre révèle quelques gloires : sa préexistence éternelle (v. 2), sa gloire divine de Berger (v. 4), celui qui apporte la paix (v. 5), le grand Libérateur (v. 8).

I

6         Michée 6 : Débat de Dieu avec Israël

6.1        L’appel de Dieu par le prophète : 6v1-5

Le prophète transmet directement les paroles de Dieu à son peuple, qui est encore reconnu tel, avant l’application de la sentence « Lo Ammi » (pas mon peuple) (Osée 1:9). Le premier appel à écouter (ch. 1) mentionnait les raisons pour lesquelles cette sentence était décrétée contre le peuple infidèle. Maintenant (ch. 6) l’appel de Dieu s’adresse au cœur du résidu fidèle (Osée 2:14) pour le faire revenir à lui-même.

 

6.1.1        Les témoins du plaidoyer : 6v1, 2

Une note de tendresse et de douleur émane de cette supplication de l’Éternel qui prend la place de l’accusé. Il appelle comme témoins les montagnes, les collines et les fondements de la terre, image de puissances fermement établies. Auparavant, ces puissances sont invitées elles-mêmes à écouter la parole de l’Éternel. Comme le jury d’une cour d’assises (*), elles doivent assister au dialogue entre Dieu et son peuple. Ce dernier doit plaider son cas, tandis que l’Éternel a un débat avec lui et conteste contre lui.

 

(*) Tout jugement relatif au peuple ou aux nations est pour la terre et doit toujours être distingué du jugement des personnes qui comparaîtront individuellement devant le grand trône blanc, sans plaidoyer, ni autre témoin que les livres où leurs œuvres sont écrites.

 

6.1.2        Le thème du plaidoyer : 6v3-5

À travers les questions et réponses de ce plaidoyer, l’Éternel cherche à gagner son peuple et à lui faire prendre conscience de son ingratitude. Pourquoi celui-ci s’était-il donc lassé de son Dieu qui avait pourtant tout fait pour lui ? Les soins divins sont confirmés par trois preuves touchantes :

1. La délivrance d’Égypte et la rédemption : Telle était la base de toutes les voies de Dieu envers Israël. Dieu était le grand libérateur de son peuple, dont il avait pris soin comme un père (Deut 1:31).

2. Les secours dans le désert : Dès avant le passage de la mer Rouge, Dieu avait désigné Moïse, le législateur et le roi en Jeshurun (nom poétique d’Israël) (Deut. 33:1, 5), Aaron, le souverain sacrificateur, et Marie, la prophétesse (Ex. 15:20), pour conduire le peuple dans le désert et répondre à tous ses besoins, matériels et spirituels (Ps. 105:26 ; 1 Cor. 10:3, 4).

3. Le changement de la malédiction de Balak et de Balaam en bénédiction : À la fin de la traversée du désert, Marie et Aaron étaient déjà morts, et Moïse savait qu’il n’entrerait pas dans la terre promise. Alors, Balak, roi de Moab (un peuple ennemi) et Balaam, un méchant prophète, ont voulu accuser le peuple d’Israël et mettre en cause son acceptation par son Dieu. Cette tentative diabolique de malédiction sera changée en bénédictions, que Dieu oblige Balaam à prononcer lui-même : « Il (Dieu) n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël » (Nom. 23:21). L’Éternel mentionne ici Sittim, précisément là où Israël était tombé immédiatement après, dans la fornication et l’idolâtrie (Nom. 25:1, 2), et Guilgal, l’endroit de la circoncision ; ces deux lieux confirmaient la justice (ou les voies de justice) de l’Éternel. Là, en figure, Dieu a condamné le péché dans la chair (Rom. 8:3).

 

6.2        La réponse des croyants : 6v6-8

Le déploiement de la bonté et de la justice de Dieu produit dans le cœur des croyants (au milieu du peuple d’Israël) la conviction de leur péché et de leur éloignement de Dieu.

Mais comment s’approcher de Dieu ? Et, « comment un homme sera-t-il juste devant Dieu ? » (Job 9:2). Les sacrifices de la loi ne le permettaient pas ; ils établissaient seulement la réalité du péché, pour le rappeler en mémoire devant Dieu, mais sans l’ôter (Héb. 10:3). L’offrande des premiers-nés (v. 7) (Ex. 13:1, 2) ne pouvait pas non plus purifier l’homme pécheur, qui ne peut livrer le fruit de son corps pour ses péchés. Dieu interdisait les sacrifices d’enfants sous peine de mort (Lév. 18:21 ; 20:2-5 ; Deut. 12:31 ; 18:10).

Le prophète apporte alors une réponse universelle (« ô homme ») à ces redoutables questions, pour exprimer l’état réel du cœur devant Dieu, et résumer la vie de piété de tout croyant :

1. Faire ce qui est droit : Les œuvres de justice qui sont produites, confirment la foi.

2. Aimer la bonté : Le croyant prend maintenant plaisir au bien.

3. Marcher humblement avec son Dieu : À la suite d’Énoch, qui a reçu ainsi le témoignage d’avoir plu à Dieu (Gen. 5:24 ; Héb. 11:5), cette vie avec Dieu est le résultat de la foi.

Ces trois préceptes moraux ne donnent pas le salut de l’âme ; au contraire, ils sont la preuve de celui-ci, fondé sur l’œuvre de Christ reçue dans le cœur par le moyen de la foi. Michée montre ici le travail de la grâce divine qui opérera le rétablissement futur du résidu d’Israël. Le principe moral demeure pour les croyants de tous les temps. Ésaïe présente un appel comparable : la disposition du cœur doit être changée si l’on veut échapper au jugement divin (És. 1:16,17).

 

6.3        Un nouvel appel de Dieu à la conscience : 6v9-16

Toute la prophétie de Michée rapporte la parole de l’Éternel au sujet de Samarie et de Jérusalem (1:1), les deux centres de la vie de la nation entière (1:5). L’Éternel s’adresse maintenant à nouveau à la ville de Samarie, capitale d’Israël, pour souligner son triste état (v. 16). Là, on observait les statuts d’Omri, roi infidèle (1 Rois 16:25) ; son fils Achab avait mis le comble au mal dans sa propre maison et en Israël (1 Rois. 21:25).

Si la voix de la grâce est négligée, Dieu prend la verge pour châtier.

Car, malgré les avertissements des prophètes, le mal persistait sous diverses formes à Samarie :

         les « trésors de méchanceté dans la maison du méchant » (v. 10) ;

         les fausses mesures, la balance inique et les faux poids (v. 11) ;

         la violence et le mensonge (v. 12).

Dieu avait dit ce qu’il pensait de telles pratiques au milieu de son peuple racheté d’Égypte (Lév. 19:36). C’était l’inverse de faire « ce qui est droit » (v. 8).

En conséquence, le jugement par la verge était « décrété » (v. 9) : maladie, désolation et stérilité sont appelées sur la ville infidèle (v. 13-15). Cette partie de la prophétie montre bien comment les voies de Dieu peuvent concilier sa grâce pour la réalisation de ses desseins, et son juste gouvernement en réponse à la responsabilité de l’homme.

 

7         Michée 7 : Débat de Dieu avec Israël

Dieu continue son « débat » (6:2) avec son peuple, et s’adresse maintenant à Jérusalem et à Juda. Le but de ce long plaidoyer est de magnifier la souveraine grâce de Dieu en face de la misère de l’homme.

La fin de cette prophétie exprime des sentiments que l’on retrouve dans le livre des Lamentations de Jérémie : l’ardente prière de confession des fidèles s’élève vers Dieu, en face de l’épreuve, au temps de la « détresse de Jacob » (Jér. 30:7).

 

7.1        Le second malheur : 7v1-7

Un premier malheur avait été appelé sur le peuple (2:1). Un autre est maintenant prononcé.

 

7.1.1        Michée s’identifie avec le résidu : 7v1

Le prophète prend la place d’intercesseur devant Dieu pour le résidu. En s’identifiant avec celui-ci pour partager sa culpabilité, il appelle le second malheur sur lui-même. Il se charge même de l’iniquité de la ville de Jérusalem (v. 9). Malgré son désir sincère de porter du fruit pour Dieu, Michée (représentant du résidu) n’était qu’un arbre stérile et une vigne sans raisins. Tel est l’état de l’homme devant Dieu, et sous son jugement.

À la même époque, Ésaïe constate aussi qu’Israël, la vigne de l’Éternel, n’a produit que des raisins sauvages (És. 5:1, 2, 7) ; puis il prononce le septième malheur sur lui-même en présence de la sainteté de l’Éternel (És. 6:5).

 

7.1.2        Le mal à Jérusalem : 7v2-4

Le triste tableau de l’état de la ville commence par ce constat : « l’homme pieux a disparu du pays », celui-là même que l’Éternel s’est choisi (Ps. 4:3). La fraude, la violence et les malversations caractérisent le mal commis avec soin, « afin de le bien faire » ! (v. 3). Plus de trace de bien ! Tous, avec les princes, les juges et les grands, sont également coupables. Assimilés à des ronces et des épines, ils seront brûlés par la lumière de Dieu (És. 10:17 ; Héb. 6:8). Ce jugement, au jour de leur « visitation », a déjà été annoncé (5:10) ; il est maintenant arrivé. On notera l’analogie de la description de la ville corrompue avec celle de la culpabilité de l’homme que donne l’apôtre Paul (Rom. 3:9-20).

 

7.1.3        Le comble de l’iniquité : 7v5, 6

Le rejet de toute confiance mutuelle entre les hommes, et l’abandon des affections naturelles dans la famille complètent cet affreux tableau moral d’Israël. Ces maux se retrouveront dans la corruption païenne (Rom. 1:30), comme aussi dans l’apostasie morale chrétienne des derniers jours (2 Tin 3:2), et au temps de l’Antichrist.

Le Seigneur cite ces paroles du prophète, pour montrer l’effet du rejet de la prédication de l’Évangile par ses messagers (Matt. 10:34, 35). L’iniquité du cœur de l’homme est mise en mouvement, lorsque la lumière de l’évangile est refusée. Si l’amour de Dieu ne remplit pas le cœur, la haine s’en empare.

 

7.1.4        Michée se tourne vers Dieu : 7v7

Le prophète a pris conscience du mal qu’il a découvert en lui-même d’abord (v. 1), et tout autour de lui ensuite (v. 2-6). Cela le porte à regarder à l’Éternel, et à s’attendre au Dieu de son salut. Cette confiance paisible en Dieu, alors que tout secours intérieur ou extérieur vient à manquer, est d’une grande beauté ; c’est un bel exemple à imiter dans notre vie chrétienne.

 

7.2        La confiance de la foi devant les ennemis : 7v8-10

Le prophète avait pris sur lui l’affliction du résidu, afin d’intercéder en sa faveur. Maintenant, en présence de son ennemie (probablement la nation apostate), il prend devant Dieu la place qui convient pour attendre la délivrance : supporter l’indignation de l’Éternel et reconnaître son péché contre lui. Dans la confiance et la patience, le croyant est assuré du salut final, malgré les moqueries des adversaires : relevé de sa chute, il sera conduit des ténèbres à la lumière, pour voir la justice de Dieu.

Par contre, le défi (*) insolent lancé par les ennemis : « Où est l’Éternel ton Dieu ? » ne peut pas rester impuni et le résidu délivré assiste à la destruction de la « nation profane », par l’intervention des armées de l’Assyrien (És. 10:6). L’image saisissante de « la boue des rues » est employée par les deux prophètes Ésaïe et Michée.

 

(*) Ce défi était déjà redouté par Moïse (Ex. 32:12 ; Nom. 14:13) ou par le prophète Joël (Joël 2:17). Les Psaumes en parlent aussi (Ps. 42:3 ; 79:10 ; 115:2).

 

7.3        Dieu parle à Jérusalem : 7v11-17

Le sujet de ce dialogue entre l’Éternel et le résidu est la gloire à venir de Jérusalem, choisie par Dieu pour son habitation et son repos (Ps. 132:13, 14).

         L’Éternel (v. 11, 12) : En un jour futur, « ce jour-là », les murailles de la ville seront rebâties ; les limites du pays seront reculées pour atteindre celles promises à Abraham (Gen.15:18), du Nil à l’Euphrate, et de la Méditerranée au Golfe persique. Israël entretiendra alors des relations paisibles avec les deux royaumes du nord (l’Assyrie) et du midi (l’Égypte), selon la prophétie d’Ésaïe (És. 19:23-25).

         Un intermède sur la désolation momentanée du pays (v. 13) : Toutefois, avant cette restauration finale de Jérusalem et d’Israël dans sa terre, les conflits entre ces deux royaumes du nord et du midi auront semé la désolation dans le pays. Dieu le permettra, comme jugement sur les mauvaises actions de ses habitants.

         Le résidu (v. 14) : Les fidèles en appellent alors aux soins du Berger d’Israël. Carmel (la montagne fertile), Basan et Galaad (les gras pâturages) sont les symboles des bénédictions spirituelles désirées.

         L’Éternel (v. 15) : La délivrance hors d’Égypte de tout Israël était une merveille, dont le mémorial devait être gardé (Ex. 12:42 ; 15:11). Le résidu de la fin verra des choses aussi merveilleuses, lorsque Dieu détruira l’Assyrien devant ses yeux (Dan. 12:6).

         Le résidu (v. 16, 17) : Ce jugement exemplaire de l’Assyrien conduira toutes les nations à se soumettre avec crainte à l’autorité de Christ, même si l’obéissance extérieure cache parfois de la dissimulation.

 

7.4        La réponse confiante du résidu : 7v18-20

Le prophète et le résidu de Juda unissent leur voix pour présenter au Messie un cantique de reconnaissance qui célèbre la délivrance.

         Le résidu : « Qui est un Dieu comme toi (*), pardonnant l’iniquité et passant par-dessus la transgression du reste de son héritage ? » C’est un bonheur pour tout croyant de savoir qu’il est pardonné (Ps. 32:1, 2). Telle est la part du résidu, « le reste de l’héritage » de l’Éternel, qui subsiste après le jugement de la nation apostate.

 

(*) L’allusion au nom même du prophète Michée (« qui est comme l’Éternel ? ») est évidente.

 

         Le prophète : « Il ne gardera pas à perpétuité sa colère, parce qu’il prend son plaisir en la bonté ». Comme l’exprime ailleurs David : « Car il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur » (Ps. 30:5). Si Dieu trouve ainsi son plaisir dans la bonté, il demande à tout croyant d’aimer la bonté (6:8).

         Le résidu : « Il aura encore compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités ». Non seulement les iniquités sont pardonnées, mais elles disparaissent de devant la face de Dieu. C’est un des résultats de la nouvelle alliance conclue entre Dieu et son peuple terrestre (Jér. 31:34 ; Héb. 8:12).

         Le prophète : « Et tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer ». David emploie une autre image, celle de l’éloignement immense des points cardinaux sur la terre, pour exprimer la même pensée (Ps. 103:12). Ézéchias parle de ses péchés qui ont été jetés derrière le dos de l’Éternel (És. 38:17). Mais, seul le N.T. révèle les pleins résultats de la rédemption, en déclarant que Christ « a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (Héb. 9:26).

         Le résidu : « Tu accompliras envers Jacob ta vérité, envers Abraham ta bonté, que tu as jurée à nos pères dès les jours d’autrefois ». Cette belle parole de confiance envers Dieu termine la prophétie. Les croyants terrestres rappellent au Dieu de fidélité ses propres promesses faites autrefois sans condition aux patriarches.

 

7.5        Conclusion

La grâce et la miséricorde de Dieu s’élèvent au-dessus du jugement. Pour en jouir, le croyant doit reconnaître ses iniquités, et le Dieu de fidélité lui accorde un pardon entier et gratuit. La prophétie de Michée révèle ainsi déjà le message de l’Évangile. À cause de l’œuvre parfaite de Christ à la croix, Dieu peut maintenant effacer les péchés de tous ceux qui ont placé leur confiance en lui.

 

8         Résumé du livre du prophète Michée

Michée est contemporain d’Ésaïe. Son souvenir est conservé par Jérémie (Jér. 26:18, 19). Sa prophétie s’adresse essentiellement à Israël (et Samarie sa capitale), pour mettre en lumière, comme Osée et Amos, l’état moral du peuple. Il annonce le jugement des infidèles, mais montre la délivrance finale d’un résidu fidèle pour l’introduire dans la bénédiction millénaire.

 

8.1        Le jugement d’Israël par l’Assyrie : Ch. 1 et 2

8.1.1        Samarie et Juda jugés par l’Assyrien : Ch. 1

Dieu parle du haut de son trône terrestre à la terre entière, pour déclarer le péché de la nation (v. 2-7). Le prophète désolé annonce en conséquence l’invasion de Juda et de Jérusalem, qui symbolise aussi celle de l’Assyrien de la fin (y. 8-16).

 

8.1.2        État moral d’Israël et relèvement futur : Ch. 2

Michée appelle un premier malheur sur sa nation (Ésaïe en prononce six). Il révèle les causes profondes de son jugement : les péchés des riches (v. 1-5) et les péchés des prophètes (v. 6-11). Dieu déclare deux choses importantes :

         Une parole d’encouragement : « Mes paroles ne font-elles pas du bien à celui qui marche avec droiture ? » (v. 7).

         Une parole d’avertissement : « Levez-vous et allez-vous-en ! car ce n’est pas ici un lieu de repos » (v. 10).

Cette triste description de la misère d’Israël se termine toutefois par la promesse d’un relèvement : Christ, le Berger d’Israël, rassemblera son troupeau (v. 12, 13).

 

8.2        Ruine actuelle et rétablissement futur d’Israël : Ch. 3 à 5

Michée parle maintenant de Jérusalem et de la conduite de ses chefs civils et religieux.

 

8.2.1        La ruine morale des chefs et des princes : 3:1-4

Comme de mauvais bergers, ils ont fait du troupeau leur proie.

 

8.2.2        Le jugement des prophètes infidèles : 3:5-12

En falsifiant le message divin, ils ont endormi le peuple dans une confiance trompeuse.

Ce jugement de Sion et de Jérusalem prédit par Michée (3:12) reviendra en mémoire au temps de Jérémie.

 

8.2.3        Le rétablissement en gloire de Jérusalem : 4:1-8

Le beau tableau de la gloire millénaire est répété intégralement par Ésaïe. Que nous puissions dire avec le résidu : « Nous, nous marcherons au nom de l’Éternel, notre Dieu, à toujours et à perpétuité » (4:5) !

 

8.2.4        Babylone et les nations : 4:9-13

Juda devra aller en captivité à Babylone, mais un résidu en sera délivré. Dans l’avenir, ce résidu fera même la conquête de ses ennemis.

 

8.2.5        L’Assyrien et le résidu d’Israël : 5:1-9

Juda, en fait, s’est rendu coupable de frapper et de rejeter son Messie. En conséquence, le peuple coupable sera dispersé et abandonné longtemps à ses ennemis. Mais, dans une merveilleuse parenthèse (v. 2), Dieu interrompt le cours de ses voies pour déclarer sa pensée d’éternité d’envoyer ce Messie, le Sauveur : « Et toi, Bethléem Ephrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité » (v. 2). Lorsque le résidu aura reconnu celui qu’il avait percé, il recevra alors la force de vaincre ses ennemis.

 

8.2.6        Le jugement des apostats : 5:10-15

Les puissances de la terre seront abaissées, et toute l’idolâtrie sera éliminée de la terre, particulièrement à Jérusalem (là où siégera l’Antichrist), et au milieu des nations qui auront été en relation avec les Juifs apostats.

 

8.3        Le plaidoyer : Ch. 6 et 7

Après avoir montré le déroulement des événements prophétiques qui doivent aboutir à la délivrance matérielle du résidu de la main de ses ennemis, Michée révèle maintenant le chemin qui conduira le résidu à une vraie délivrance morale.

8.3.1        L’appel de Dieu par le prophète : 6:1-5

Dieu parle au cœur de son peuple, en lui rappelant ses soins envers lui dans le désert, depuis la délivrance d’Égypte : « Mon peuple, que t’ai-je fait, et en quoi t’ai-je lassé ? Réponds-moi ! » (y. 3).

 

8.3.2        La réponse des croyants : 6:6-8

Dans la conviction de son péché, le croyant comprend que les sacrifices de la loi de Moïse ne peuvent pas permettre de s’approcher de Dieu. Il faut le travail de sa grâce dans le cœur, qui se confirme par le triple témoignage d’une vie de piété :

         faire ce qui est droit ;

         aimer la bonté ;

         marcher humblement avec Dieu.

 

8.3.3        Un nouvel appel de Dieu à la conscience : 6:9-16

L’Éternel revient une dernière fois sur le grave péché de Samarie, au temps d’Omri et d’Achab. Souvenons-nous que la grâce de Dieu n’ôte pas la responsabilité de l’homme.

 

8.3.4        Le second malheur : 7:1-7

En s’identifiant au résidu coupable pour intercéder auprès de Dieu en sa faveur, Michée prononce un second malheur, sur lui-même maintenant. C’est une lamentation sur l’état de Jérusalem et l’abandon de toutes les affections naturelles dans les familles en Israël. La triste constatation : « L’homme pieux a disparu du pays » (v. 2) n’empêche pas la foi de s’écrier : « Mais moi, je regarderai vers l’Éternel, je m’attendrai au Dieu de mon salut; mon Dieu m’écoutera » (v. 7).

 

8.3.5        La confiance de la foi devant les ennemis : 7:8-10

En présence de son ennemie (la nation juive apostate), le résidu (représenté par le prophète), accepte la juste indignation de l’Éternel, mais attend de lui seul la délivrance.

 

8.3.6        Dieu parle à Jérusalem : 7:11-17

La gloire à venir de Jérusalem est l’objet d’un touchant dialogue entre Dieu et le résidu. Sion, lieu de l’habitation et du repos de l’Éternel, sera le centre de la bénédiction millénaire universelle.

 

8.3.7        La réponse confiante du résidu : 7:18-20

Le prophète et le résidu présentent à Dieu un cantique de reconnaissance pour célébrer son pardon, ses compassions, sa vérité et sa bonté.

« Qui est un Dieu comme toi, pardonnant l’iniquité... ? » (v. 18).