[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

SEMAILLES ET MOISSONS

ME 2003 p. 3-9

J.-A. Monard

 

Table des matières :

1       Semer pour la chair ou pour l’Esprit

2       Semer la parole de Dieu

 

 

«Et Isaac sema dans cette terre ; et il recueillit cette année-là le centuple ; et l’Éternel le bénit» (Gen. 26:12).

Au seuil d’une nouvelle année, nous éprouvons particulièrement le besoin de la bénédiction de Dieu et nous en exprimons le désir les uns pour les autres. Chacun de nous peut bien se poser la question : Qu’allons-nous semer cette année ? Et qu’allons-nous récolter ?

Les semailles se rattachent à notre responsabilité, et c’est pour cela qu’il nous faut y penser soigneusement. La récolte dépend sans doute de ce que nous avons semé, mais aussi de l’œuvre de Dieu, selon sa souveraineté et sa grâce.

Bien souvent, Dieu nous fait comprendre des principes spirituels en les illustrant au moyen des choses de la nature. Dans l’Écriture, la figure des semailles est utilisée principalement de deux façons :

Tout d’abord pour nous enseigner quant au principe du gouvernement de Dieu sur la terre, principe selon lequel Dieu rend à l’homme selon son œuvre. «Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7). «Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement» (2 Cor. 9:6). Ces deux versets attirent notre attention respectivement sur ce que nous semons et sur la manière dont nous semons. Chacune de nos actions est en fait une semence qui portera ses fruits, puisque «Celui qui pèse les cœurs... rend à l’homme selon son œuvre» (Prov. 24:12), et que nous invoquons «comme Père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’œuvre de chacun» (1 Pierre 1:17). Conduisons-nous donc avec crainte, pendant le temps de notre séjour ici-bas.

Ensuite, l’image des semailles est employée pour nous montrer comment la parole de Dieu, «semence incorruptible», jetée dans les cœurs par le Seigneur ou par les siens, peut y germer et y produire du fruit. Nous sommes ainsi encouragés à semer sans nous lasser, et à semer la «bonne semence».

 

1         Semer pour la chair ou pour l’Esprit

En abordant ce sujet solennel, souvenons-nous que nous avons aussi affaire à un Dieu de grâce. Où serions-nous sans cette grâce ? Mais quand Dieu nous parle de notre responsabilité, il nous la montre entière, il ne l’atténue pas par la pensée de sa grâce.

«Car celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption... » (Gal. 6:8). Nos paroles, nos actes, nos efforts, peuvent n’être, malgré de belles apparences, que des semailles pour la chair — pour prendre soin d’elle, pour la nourrir, pour la faire valoir ou prospérer. Alors, nous moissonnerons la corruption. Contrairement au semeur qui sème en pleurant mais ramène ses gerbes avec chants de joie, nous pourrions semer avec joie et moissonner en pleurant. Ce qui, d’abord, a paru délicieux comme le miel peut devenir, à la fin, amer comme l’absinthe (cf. Prov. 5:3, 4).

«... mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle» (Gal. 6:8). Semer pour l’Esprit, c’est le laisser agir en nous, ne pas l’attrister par notre comportement, nous laisser conduire par lui. Ce dernier point est même un trait caractéristique des croyants : «Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu» (Rom. 8:14).

La vie éternelle est présentée ici comme étant devant nous, ainsi que dans plusieurs autres passages de la Parole (notamment : Matt. 25:46 ; Marc 10:30 ; Jean 12:25 ; Rom. 6:22) (*). La récompense donnée à celui qui sème pour l’Esprit est fondue dans la bénédiction de la vie éternelle elle-même. Pierre décrit la même récompense en disant : «Car ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée» (2 Pierre 1:11).

 

(*) Ceci n’enlève rien au fait que celui qui croit en Jésus est né de nouveau, qu’il est né de Dieu, et qu’il possède actuellement la vie éternelle. «Qui croit au Fils a la vie éternelle» (Jean 3:36). «En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi a la vie éternelle» (6:47). «Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu» (1 Jean 5:13).

 

En Galates 6, l’apôtre poursuit : «Or ne nous lassons pas en faisant le bien, car, au temps propre, nous moissonnerons, si nous ne défaillons pas» (v. 9). En faisant le bien, de quelque manière que ce soit, nous semons. Et il y aura une moisson en rapport avec nos semailles. L’époque de cette moisson nous est inconnue ; ce peut être déjà sur cette terre ou plus tard. Dieu est souverain pour en décider. Elle aura lieu «au temps propre». «Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore» (Héb. 6:10). «Ainsi donc, comme nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi» (Gal. 6:10).

Deux remarques encore, avant de quitter ce sujet de la rétribution ou du gouvernement de Dieu.

En ce qui concerne les épreuves qui arrivent à nos frères, gardons-nous de commettre la grossière erreur d’Éliphaz, lorsqu’il disait à Job, au moment où les malheurs s’accumulaient sur lui : «Selon ce que j’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment la misère, la moissonnent» (Job 4:8). Ce «consolateur fâcheux», dans sa conception simpliste du gouvernement divin, ignorait que Dieu peut dispenser l’épreuve, non comme une rétribution, mais pour la formation et la bénédiction des siens.

Par les exemples qui sont donnés dans l’Écriture, on voit que dans certains cas, ce qui est moissonné découle pour ainsi dire tout naturellement de ce qui a été semé, alors que dans d’autres cas, cette moisson résulte d’une intervention manifeste de Dieu. Par exemple, la paresse conduit tout naturellement à la pauvreté (matériellement ou spirituellement) (Prov. 24:30-34). Cependant, le même livre des Proverbes nous dit aussi : «L’homme qui, étant souvent repris, roidit son cou, sera brisé subitement, et il n’y a pas de remède» (29:1). Là c’est l’intervention directe de Dieu en gouvernement. Mais que son intervention soit visible ou non, que ce qui arrive soit plus ou moins selon le cours normal des choses, Dieu se réserve de dire : «C’est de par moi que cette chose a eu lieu» (2 Chron. 11:4). Toutes choses sont entre ses mains, et il les utilise comme il lui plaît.

 

2         Semer la parole de Dieu

Dans la première parabole de Matthieu 13, le Seigneur se présente comme étant le semeur qui répand la parole de Dieu (v. 3-9 et 18-23). Cette semence tombe dans différents terrains représentant divers états des cœurs de ceux qui l’entendent. Suivant les cas, la semence germe et produit du fruit, ou alors elle est sans résultat apparent. Qu’en est-il de nos cœurs quand nous entendons la parole de Dieu ?

Par la deuxième parabole, celle de l’ivraie (v. 24-30 et 36-43), nous apprenons qu’une autre semence est jetée dans le champ par un ennemi, et qu’elle y produit des effets désastreux. Jusqu’au temps de la moisson, le travail du diable et de ceux qu’il emploie se mêlera au travail du Seigneur et de ses ouvriers.

En voyant les foules comme des brebis qui n’ont pas de berger, le Seigneur dit à ses disciples : «La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers : suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson» (Matt. 9:37, 38). Voilà une prière que nous sommes invités à faire. Mais, si nous avons à cœur le salut des hommes, sommes-nous bien conscients de notre responsabilité personnelle vis-à-vis de ceux que nous côtoyons chaque jour ? Nos paroles, comme aussi notre comportement et notre attitude, peuvent être de la semence que Dieu saura faire germer dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas (cf. 1 Pierre 3:1).

La Samaritaine que le Seigneur avait rencontrée au puits de Sichar l’avait reçu comme «le Messie» qui seul pouvait répondre aux besoins profonds de son âme. Quelle joie pour le Seigneur ! (Jean 4:32). Après cette bienheureuse «moisson», le Seigneur dit à ses disciples : «Levez vos yeux et regardez les campagnes ; car elles sont déjà blanches pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle» (v. 35, 36). Le Seigneur assemblait du fruit pour la vie éternelle. C’est aussi le privilège de ceux qui prêchent l’évangile. «Celui qui sème» et «celui qui moissonne» peuvent être des ouvriers différents, mais ils «se réjouissent ensemble» (v. 36). Les disciples allaient continuer une œuvre commencée longtemps auparavant par les prophètes qui avaient annoncé le Messie. «Moi, je vous ai envoyés moissonner ce à quoi vous n’avez pas travaillé ; d’autres ont travaillé, et vous, vous êtes entrés dans leur travail» (v. 38).

«L’un sème, et un autre moissonne», dit le Seigneur (v. 37). Nous sommes peut-être de ceux qui sèment mais n’ont pas encore vu germer la semence qu’ils ont répandue. Dans la nature, généralement, on sème et on recueille la même année. Mais il n’en est pas souvent ainsi de la semence spirituelle. Ne nous lassons pas.

Le livre de l’Ecclésiaste, au chapitre 11, nous parle de façon générale du travail de l’homme, de l’investissement de temps, de biens et d’efforts qu’il fait en vue d’un but dont il ne peut être certain. En contraste, il parle de Dieu qui tient tout entre ses mains, de «l’œuvre de Dieu qui fait tout» (v. 5). Ce passage s’applique aussi sur le plan spirituel. En considérant les difficultés et les aléas qui s’attachent au travail, nous pourrions être conduits à l’inactivité : «Celui qui observe le vent ne sèmera pas ; et celui qui regarde les nuées ne moissonnera pas» (v. 4). Mais ne nous arrêtons pas à cela. «Jette ton pain sur la face des eaux, car tu le trouveras après bien des jours» (v. 1). «Le matin, sème ta semence, et, le soir, ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux seront également bons» (v. 6).

Le psaume 126 évoque les peines et les larmes qui accompagnent souvent les semailles, et les met en contraste avec la joie de la moisson. Il en a été, et il en sera ainsi pour le divin Semeur : «Il va en pleurant, portant la semence qu’il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes» (v. 6). Et il en est de même pour ceux qui suivent ses traces : «Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chant de joie» (v. 5).