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Dispensations

 

 

Jacques-André MONARD

 

Table des matières :

1     Avant-propos

1.1      [Les dispensations : de quoi s’agit-il ?]

1.2      [Plan]

2     Chapitre 1 — Introduction

2.1      Une juste application des Écritures

2.2      Qu’est-ce qu’une dispensation ?

2.3      Les mots «dispensation» et économie»

2.4      La révélation progressive de Dieu

2.5      La responsabilité de l’homme

2.6      Ce qui est immuable

3     Chapitre 2 — Esquisse des diverses dispensations

3.1      Le temps de l’innocence

3.2      Depuis la chute jusqu’au déluge

3.3      Depuis le déluge jusqu’à Abraham

3.4          L’époque des patriarches

3.5      La loi

3.6      Le ministère de Jésus

3.7          L’Église et la période chrétienne

3.8      Les jugements futurs

3.9      Le Millénium

4     Chapitre 3 — Le peuple d’Israël, les nations et l’Église

4.1      Étapes de l’histoire d’Israël sous la loi

4.2      Israël au milieu des nations

4.3          L’Église, hors d’Israël et des nations

4.4      Les temps des nations

4.5      Le gouvernement confié à l’homme

4.6      Le résidu juif au début du christianisme

4.7      La mise de côté d’Israël

4.8      Les premiers temps de l’Église

5     Chapitre 4 — Les alliances

5.1          L’alliance faite avec Abraham

5.2          L’ancienne alliance

5.3      La nouvelle alliance

5.4      Liens entre ces trois alliances

5.5          L’alliance avec David

6     Chapitre 5 — Le royaume de Dieu

6.1          Introduction

6.2          L’annonce du royaume, dans l’Ancien Testament

6.3      La prédication du royaume, dans les Évangiles

6.4      Le rejet du Roi

6.5      La porte du royaume ouverte aux nations

6.6          L’établissement du royaume de Dieu

6.7      Le royaume remis à Dieu le Père

6.8          Remarque au sujet du «royaume des cieux

7     Chapitre 6 — La loi et la grâce

7.1      Deux dispensations

7.2      Des choses révolues

7.3      Deux principes de justification

7.3.1      1 ° le principe de la loi

7.3.2      2° Le principe de la foi

7.4      La bénédiction et la vie

7.5      La justice

7.6          Pourquoi donc la loi ?

7.7      La grâce de Dieu durant la dispensation de la loi

7.8      Pas sous la loi, mais sous la grâce

7.9      Le Seigneur Jésus et la loi

7.10    Le légalisme

8     Chapitre 7 — Le gouvernement de Dieu

8.1      Le gouvernement au cours des dispensations

8.2      Le gouvernement et la grâce

8.3      Quand la rétribution a-t-elle lieu ?

8.4      Qui est celui qui rétribue ?

8.5          Gouvernement et discipline paternelle

9     Chapitre 8 — Conclusion

9.1      Des choses nouvelles et des choses vieilles

9.2          Explications et applications

 

1                    Avant-propos

1.1   [Les dispensations : de quoi s’agit-il ?]

Dans le langage chrétien, on appelle volontiers dispensations ou économies les différentes périodes de l’histoire de l’humanité. Non pas les périodes définies par les grands événements qui retiennent l’attention du monde, mais les périodes caractérisées par les révélations que Dieu a faites aux hommes et par les dispositions qu’il a prises envers eux dans la souveraineté de son administration. (*)

(*) Note Bibliquest : Ce mot dispensation traduit le grec oikonomia = oikonomia (d’où l’expression économie par translittération) que la Bible  version JND traduit par administration. Cet usage du mot administration se trouve dans le langage moderne à propos de l’administration de tel président des États-Unis. Le mot dispensation, plus connu en anglais, est devenu rare dans la langue française, mais figurait dans les dictionnaires du 19° siècle. Voir détails explicatifs aux points 2.2 et 2.3 ci-après.

La révélation de Dieu a été progressive. Ce n’est pas que l’intelligence de l’homme, au cours des temps, ait fait des progrès lui permettant de saisir toujours mieux ce qu’est Dieu ! Mais il a plu à Dieu de communiquer sa volonté, ses pensées, ses plans, par étapes successives — la révélation de chaque étape dépendant à la fois de la conduite de l’homme à l’égard de la révélation précédente et des plans souverains de Dieu.

Les communications divines ont placé les hommes qui les ont reçues — que ce soient Adam, Noé, Abraham, le peuple d’Israël, ou d’autres — dans une position particulière de responsabilité. Et l’histoire biblique nous montre, dans chaque cas, comment l’homme s’est acquitté de sa responsabilité. Mal, le plus souvent. Mais à l’histoire décevante de l’homme répond la révélation glorieuse de la grâce de Dieu, qui a «surabondé» là où le péché abondait (cf. Rom. 5:20).

Aujourd’hui, l’ensemble de la révélation de Dieu étant entre nos mains, comment pouvons-nous faire bon usage de ce qui a été communiqué à d’autres dans les temps qui ont précédé ? Sans doute, en recevant par la foi tout ce que la parole de Dieu nous dit. Mais aussi en comprenant les différences entre les diverses conditions dans lesquelles se trouvaient les hommes auxquels Dieu s’est adressé. Cela pourra nous éviter de regrettables méprises, en particulier celle d’appliquer aux chrétiens des éléments périmés du système légal institué autrefois par Dieu en Israël, et de nous priver par là des pleines bénédictions du christianisme. Il serait aussi faux de laisser simplement l’Ancien Testament de côté, que de le lire sans la lumière du Nouveau.

Le sujet qu’aborde ce petit livre est immense, puisqu’il s’agit de toute la révélation de Dieu, de ce que l’homme en a fait, et des voies de Dieu envers lui au cours des temps. Il n’a évidemment été possible que d’en esquisser quelques grandes lignes. Les abondantes références bibliques insérées dans le texte permettront au lecteur, non seulement de vérifier ce qui est exposé, mais d’étendre ses connaissances en allant à la source, et de fonder ainsi ses convictions sur la parole de Dieu elle-même.

1.2   [Plan]

Comme on le voit [dans la table des matières, cet] ouvrage n’est pas conçu comme une présentation chronologique des dispensations. Pour aider le lecteur à mieux comprendre les analogies et les contrastes qu’il y a entre les diverses dispensations, il a paru préférable de découper le sujet en grands thèmes qui, chacun, embrassent une très longue période de l’histoire de l’homme. Ainsi, chaque chapitre fait un survol de plusieurs dispensations, de ce qu’il a plu à Dieu d’y révéler, et des dispositions qu’il y a prises.

Cette structure de l’ouvrage implique nécessairement un certain nombre de répétitions.

À la fin du livre, on trouvera un index des principaux passages cités, de même qu’un index des sujets traités ou touchés. En outre, après la table des matières, un tableau récapitulatif pourra aider à avoir une vue d’ensemble des dispensations.

 

2                    Chapitre 1 — Introduction

2.1   Une juste application des Écritures

La lecture de la parole de Dieu nous place souvent devant des situations qui nous paraissent bien éloignées de nos circonstances actuelles. Nous avons devant nous des hommes d’époques très anciennes, dans des civilisations très différentes de la nôtre. La question peut surgir dans notre esprit : Dans quelle mesure ce qui leur est dit, ce qui leur est demandé, ou ce qui leur arrive, nous concerne-t-il ? En fait, c’est une question fondamentale.

En parlant aux Corinthiens des événements qu’avaient connus les Israélites environ quinze siècles plus tôt, lors de la sortie d’Égypte, l’apôtre Paul dit : «Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement» (1 Cor. 10:11). Il y a dans l’Ancien Testament des récits historiques, comme aussi des prescriptions concernant le service divin, qui ont pour nous valeur de types. Ce sont des figures des choses qui étaient à venir. C’est une forme extrêmement riche de l’enseignement que Dieu s’est plu à nous donner.

À propos d’une ordonnance du Deutéronome concernant les boeufs, Paul demande : «Dieu s’occupe-t-il des boeufs ? ou parle-t-il entièrement pour nous ?» Et il répond : «C’est pour nous que cela est écrit» (1 Cor. 9:9, 10). On voit ici la double portée d’un enseignement qui, a priori, paraissait ne pas nous concerner. Dans son sens premier, l’instruction «Tu n’emmuselleras pas le boeuf qui foule le grain» manifeste la bonté de Dieu envers ses créatures, fussent-elles des animaux. Mais l’apôtre, conduit par l’Esprit de Dieu, fait une application de cet enseignement au serviteur de l’évangile : il est juste qu’il vive de l’évangile (v. 14).

Le même apôtre dit : «Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des Écritures, nous ayons espérance» (Rom. 15:4). Et «toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice...» (2 Tim. 3:16). Il est donc hors de doute que toute la Bible, l’Ancien Testament aussi bien que le Nouveau, est pour nous.

D’un autre côté, il est tout aussi évident qu’au cours des siècles durant lesquels Dieu s’est révélé, des choses ont changé. Par exemple, on lit dans l’épître aux Hébreux : «Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection), et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu» (Héb. 7:18, 19). Et dans l’épître aux Galates : «La loi a été notre conducteur jusqu’à Christ, afin que nous fussions justifiés sur le principe de la foi ; mais, la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un conducteur» (3:24, 25).

Tandis que nous lisons la Bible, nous avons donc besoin de discernement spirituel pour savoir si ses enseignements nous concernent directement ou non. Et dans ce dernier cas, il s’agit de savoir quelle est la juste application que nous pouvons en faire. La question se pose même sur le plan de la vie pratique ; ce n’est pas une affaire de doctrine abstraite.

Dans l’Exode, l’ordonnance du sabbat est appelée «une alliance perpétuelle» (31:16). Les chrétiens devraient-ils donc observer le sabbat ? La réponse n’est pas difficile à découvrir ; il suffit de lire attentivement le passage ci-dessus. «Les fils d’Israël garderont le sabbat, pour observer le sabbat en leurs générations, — une alliance perpétuelle. C’est un signe entre moi et les fils d’Israël, à toujours» (v. 16, 17). Le sabbat concerne Israël.

Il y a des questions un peu plus difficiles. Lors du réveil qui eut lieu au temps de Néhémie, on trouve qu’après une lecture assidue du livre de la loi (8:18), les Israélites firent une alliance à laquelle ils apposèrent leur sceau. Ils s’engagèrent par serment à marcher selon la loi de Dieu et à pratiquer ses commandements, et ils s’imposèrent une taxe pour le service de la maison de Dieu (10:28-32). Avons-nous à suivre leur exemple ? Qu’ils eurent l’approbation de Dieu en cela, il serait difficile d’en douter. Mais l’histoire d’Israël nous montre à l’évidence que tous les engagements que l’homme a pris, il n’a pu les tenir. Il était conforme à l’esprit de la loi qu’un peuple sous la loi s’impose des obligations. Mais une telle façon de faire ne correspond absolument pas à l’esprit du christianisme. En revanche, nous pouvons faire une application utile de ce passage à ce qui nous concerne. Nous y trouvons un encouragement à garder les commandements du Seigneur et à avoir à coeur la maison de Dieu.

Après une pressante exhortation à la prière, le Seigneur Jésus dit : «... combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent» (Luc 11:13). Cela signifie-t-il que nous devrions demander l’Esprit Saint ? Si nous avons conscience que, dans l’époque chrétienne (à partir du jour de la Pentecôte), ceux qui ont cru ont été scellés du Saint Esprit et que celui-ci habite en eux (Éph. 1:13 ; Rom. 8:11), il est évident que nous n’avons pas à demander ce que nous possédons déjà ! En revanche, nous pouvons toujours demander à Dieu qu’il nous accorde d’être remplis de l’Esprit, c’est-à-dire que nous soyons dans un état de coeur où le Saint Esprit est libre d’agir (Éph. 5:18).

L’Éternel promet à Josué : «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point» (Jos. 1:5). Or l’épître aux Hébreux nous dit expressément que cette promesse est aussi pour nous : «...étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point» (13:5). Ce passage nous encourage donc à nous emparer des promesses que nous trouvons dans l’Ancien Testament, bien qu’elles aient été adressées à d’autres, et dans des circonstances qui ne sont pas les nôtres. Cependant, serait-il juste de nous approprier des promesses touchant une longue vie, ou des richesses, ou l’écrasement de nos ennemis ?

En face de ces déclarations de l’Ancien Testament qui sont, les unes à prendre littéralement et les autres à transposer ou même à ne pas nous approprier, nous pourrions nous sentir dépassés et nous écrier : Mais comment puis-je savoir ce qui est vraiment pour moi ? Heureusement, nous avons affaire à un Dieu qui désire nous enseigner ; et s’il nous a donné sa Parole, elle demeure entre ses mains pour opérer en nous selon son bon plaisir (cf. És. 55:10, 11). Elle est «la vivante et permanente parole de Dieu» (1 Pierre 1:23). Elle opère en nous qui croyons (1 Thess. 2:13). Nous pouvons donc compter sur lui pour qu’il nous éclaire par son Esprit et par sa Parole elle-même, afin que nous en fassions une application juste. D’autre part, nous ne devons pas rester de petits enfants. Dieu veut que nous avancions «vers l’état d’hommes faits» (Héb. 6:1), que nous croissions dans la connaissance de ses pensées.

2.2   Qu’est-ce qu’une dispensation ?

Il est de la plus haute utilité pour tout chrétien d’avoir une compréhension claire du développement des révélations que Dieu a faites aux hommes au cours des âges, et du caractère des relations qu’il a établies avec ceux auxquels il s’est révélé. En d’autres termes, il faut connaître quelque chose des dispensations (*).

(*) «Le mot dispensation est généralement utilisé pour désigner un certain état de choses, établi par l’autorité de Dieu, durant une période donnée» (J.N. Darby, Collected Writings 1, p. 169).

Ce mot peut désigner aussi bien les dispositions que Dieu prend dans son administration, que les périodes durant lesquelles il prend ces dispositions. La dispensation de la loi, par exemple, c’est la condition dans laquelle se trouvait le peuple d’Israël par le fait qu’il avait reçu la loi de Moïse et était sous l’autorité de cette loi ; et c’est aussi l’époque allant depuis Moïse jusqu’à la venue de Jésus sur la terre.

La connaissance des dispensations — au moins dans leurs grandes lignes — est nécessaire pour pouvoir, ainsi que Paul le disait à Timothée, découper droit, ou exposer justement, la parole de la vérité (2 Tim. 2:15).

Dieu s’est révélé aux hommes pour leur bénédiction et pour manifester les différents aspects de sa gloire. Mais il s’est révélé de façon progressive. Dans chaque dispensation, l’homme a été mis à l’épreuve, et le résultat de ces tests a été la faillite sur toute la ligne. Mais au fur et à mesure que l’homme manifestait le fond de sa nature, Dieu a tiré de ses trésors de nouvelles richesses. L’étude du plan de Dieu dans la révélation qu’il a faite de lui-même est une source d’enrichissement particulier. Elle nous fait croître dans la connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus Christ.

2.3   Les mots «dispensation» et économie»

La notion de dispensation est clairement présentée dans la Bible, mais le mot lui-même n’y est pas forcément mentionné. Dans la version Darby, que nous utilisons ici, il ne l’est pas. En revanche, des mots équivalents s’y trouvent — et doivent s’y trouver — pour traduire le mot grec «oikonomia»,qui est à l’origine du mot français «économie». Ce mot est traduit dans la version Darby par administration. Il apparaît en Éphésiens 1:10, dans le sens précis de dispensation ou d’économie. Dans ce passage, il est parlé du propos éternel de Dieu quant à «l’administration de la plénitude des temps». Il s’agit des dispositions que Dieu, qui gouverne tout dans les périodes successives, a ordonnées pour le Millénium, temps qui couronne, ou complète, tous les autres.

Le mot «oikonomia» se trouve aussi en Éphésiens 3:2, 9 et en Colossiens 1:25. Dans ces passages, il est question du «mystère» de l’Église, que Dieu, dans sa souveraineté, avait entièrement caché dans tous les temps précédents, et qu’il a révélé au temps convenable par le moyen de l’apôtre Paul. Ces versets évoquent à la fois l’administration de Dieu et celle qu’il avait confiée à Paul. Il est d’ailleurs difficile de les distinguer l’une de l’autre. En 1 Corinthiens 4:1, 2, Paul se présente comme un «administrateur (ou économe — oikonomos) des mystères de Dieu». Et «ce qui est requis dans des administrateurs, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle» (v. 1 et 2). Le mot «oikonomia» se trouve aussi en Luc 16:2, 3, 4, où est bien mise en évidence la pensée d’une gestion confiée à un administrateur qui devra en rendre compte.

Comme termes techniques pour désigner ce qui est l’objet de notre étude, les mots dispensation et économie sont équivalents. L’avantage du premier, bien qu’il n’appartienne pas au langage courant, c’est qu’il évoque l’idée de dispenser, c’est-à-dire d’accorder ou de donner. Ainsi, les dispensations de Dieu, c’est ce que Dieu dispense, dans sa souveraine administration.

2.4   La révélation progressive de Dieu

«Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils» (Héb. 1:1, 2).

Ce verset indique une charnière de toute importance dans les communications divines : c’est la venue de Jésus ici-bas. Tout ce qui précède était en quelque sorte un crépuscule (*) dont la lumière croissante annonçait le lever du soleil. «Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ; et sur ceux qui sont assis dans la région et dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée» (Matt. 4:16, citation d’Ésaïe 9:2).

(*) Note Bibliquest : dans le sens ancien de lumière avant le lever du soleil

L’Ancien Testament — le crépuscule — a été écrit en hébreu, la langue d’Israël, par des auteurs appartenant tous à ce peuple. C’était une révélation de Dieu à Israël, bien que nous puissions en profiter beaucoup aujourd’hui. Le Nouveau Testament — la pleine révélation de Dieu — a été écrit en grec, la langue la plus répandue dans les pays civilisés de l’époque (*), et le Seigneur a ordonné à ses disciples d’annoncer l’évangile à toute la création. Les communications qui ont été faites par le Seigneur et ses apôtres ont une portée universelle.

(*) Dieu a préparé cela en conduisant Alexandre le Grand, fondateur du 3° grand empire des nations, à imposer le grec comme la langue officielle de l’empire.

 

L’Ancien Testament place devant nous quatre grandes périodes :

1° Dans la Genèse, jusqu’au chapitre 11 : les temps qui ont précédé l’appel d’Abraham. De façon générale, les nations sont sans Dieu et sombrent dans la corruption et l’idolâtrie. Il y a toutefois quelques communications de Dieu à des hommes de foi.

2° Dans la Genèse, depuis le chapitre 12 : l’époque des patriarches. Dieu est en relation avec la famille d’Abraham, auquel il s’est révélé et a fait des promesses.

3° Dans tout le reste de l’Ancien Testament : l’époque de la loi. Dieu est en relation avec Israël, qu’il a racheté de l’esclavage et qu’il a choisi pour être son peuple. Par le ministère de Moïse d’abord, puis des prophètes, Dieu révèle à ce peuple ce qu’Il est, et quels sont ses plans. En particulier, il annonce la venue du Messie. Par l’expérience faite avec Israël, on apprend ce qu’est l’homme et, bien heureusement, ce qu’est Dieu.

4° Dans les prophètes : l’époque de la bénédiction future. Cet état de choses est décrit avec une quantité de détails, mais la chronologie des événements n’est pas toujours facile à discerner. Une partie de ces événements s’est réalisée lors de la première venue de Christ, le reste s’accomplira à sa seconde venue. C’est la restauration d’Israël à travers l’épreuve d’un feu d’affineur, puis la bénédiction milléniale. Les prophéties de l’Ancien Testament ont toujours essentiellement Israël en vue, et la bénédiction particulière de ce peuple, qui gardera dans l’avenir sa place à part.

 

De son côté, le Nouveau Testament place devant nous trois périodes :

1° Dans les Évangiles : celle de la vie du Seigneur sur la terre. Le Messie est présenté à Israël. C’est la suprême épreuve de l’homme, la démonstration de son état incurable. C’est en même temps la merveilleuse démonstration de l’amour de Dieu qui donne son Fils pour racheter des hommes perdus.

2° Dans les Actes et les épîtres : le temps de l’Église. C’est la révélation d’un mystère qui avait été caché jusqu’alors. De façon générale, ce n’est pas l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament, mais une sorte de parenthèse dans les voies de Dieu. Le peuple d’Israël comme tel est momentanément mis de côté et l’évangile est prêché aux nations.

3° Dans l’Apocalypse et dans plusieurs passages ailleurs : les temps futurs. Les bénédictions futures se réalisent après les jugements terribles qui frappent toute la terre. Ces bénédictions incluent tout ce qui a été promis à Israël, mais vont plus loin. Le Nouveau Testament seul nous révèle que le règne de Christ sur la terre aura une fin, et qu’il sera suivi de l’état éternel.

2.5   La responsabilité de l’homme

De tout temps et en tous lieux, les hommes ont été responsables devant Dieu selon la mesure de ce que Dieu leur avait fait connaître de lui-même, de ses pensées et de sa volonté, et selon la nature des relations qu’il avait établies avec eux. Le Seigneur pose le principe : «Or cet esclave qui a connu la volonté de son maître, et qui ne s’est pas préparé et n’a point fait selon sa volonté, sera battu de plusieurs coups ; et celui qui ne l’a point connue, et qui a fait des choses qui méritent des coups, sera battu de peu de coups ; car à quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé» (Luc 12:47, 48). L’esclave est jugé — selon sa conduite — parce qu’il est dans la relation d’esclave avec le maître. De plus, s’il a «connu la volonté de son maître», c’est-à-dire s’il a reçu une communication positive de celui-ci, sa responsabilité est plus grande. Ne pas avoir reçu une telle communication diminue la responsabilité, mais ne l’efface pas.

Tout homme, en tant que créature de Dieu douée d’intelligence, a déjà une responsabilité envers son Créateur. «Ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites, de manière à les rendre inexcusables» (Rom. 1:20). En outre, depuis la chute, l’homme possède une conscience, qui lui donne une certaine connaissance du bien et du mal, et par conséquent une certaine responsabilité. Il est dit des païens : «... leur conscience rendant en même temps témoignage, et leurs pensées s’accusant entre elles, ou aussi s’excusant» (Rom. 2:15).

À chaque étape des communications divines, les hommes qui les ont reçues ont été placés dans une certaine relation avec Dieu. Chacune de ces relations implique une responsabilité correspondante. L’appel d’Abraham l’a mis, lui et ses descendants, dans une relation privilégiée avec Dieu. Il en a été de même du peuple d’Israël, lorsque l’Éternel l’a appelé, délivré et amené à lui. Il en est encore de même des chrétiens, qui sont «participants à l’appel céleste». Ces relations constituent la base de la responsabilité de ceux avec lesquels Dieu les a établies, et cela d’autant plus que les privilèges qu’elles comportent sont grands.

Parmi les peuples où il y a eu une certaine connaissance du vrai Dieu (notamment Israël, puis les nations christianisées), une responsabilité particulière résulte de ce qu’on peut appeler l’héritage spirituel. Nous héritons de nos parents (au sens large) non seulement des biens matériels, non seulement éducation et instruction, mais encore ce qu’ils nous ont transmis de leur connaissance de Dieu. Cela implique une responsabilité, à la mesure de ce qui nous a été transmis — et que nous avons à communiquer aussi.

Ce devoir est formellement rappelé au psaume 78 : «Il a établi un témoignage en Jacob, et il a mis en Israël une loi qu’il a commandée à nos pères, pour qu’ils les fassent connaître à leurs fils, afin que la génération à venir, les fils qui naîtraient, les connaissent, et qu’ils se lèvent et les annoncent à leurs fils, et qu’ils mettent leur confiance en Dieu, et qu’ils n’oublient pas les oeuvres de Dieu, et qu’ils observent ses commandements» (v. 5-7). De même, il est rappelé à Timothée la foi de sa mère et de sa grand-mère, et l’enseignement qu’il avait reçu d’elles (2 Tim. 1:5 ; 3:15). À l’égard de cette transmission, la Parole souligne aussi bien le devoir des parents que celui des enfants (Deut. 6:6-9 ; Prov. 1:8, 9 ; 6:20-23).

Lorsque l’imprimerie n’existait pas et que la plupart des gens ne savaient pas lire, ce moyen de transmission jouait un rôle primordial. Quant à nous qui avons la parole de Dieu complète entre nos mains, notre responsabilité demeure entière de garder fidèlement l’héritage spirituel que nous avons reçu, et de le transmettre, tout en remontant continuellement à sa source avec l’attitude des Béréens. Ils examinaient «chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» (Act. 17:11).

2.6   Ce qui est immuable

Lorsque nous nous occupons des changements qui sont intervenus dans les dispositions que Dieu a prises à l’égard de ses créatures, souvenons-nous que Dieu lui-même ne change pas. Il est «le Même», «le Dieu éternel», celui qui dit : «Moi, l’Éternel, je ne change pas» (Ps. 102:27 ; Rom. 16:26 ; Mal. 3:6). Par conséquent, ce qui est bon et ce qui est mauvais aux yeux de Dieu est indépendant des dispensations. Les normes du bien et du mal sont les mêmes dans tous les temps.

Il y a des principes immuables que nous pouvons trouver au travers de toutes les dispensations. Mentionnons quelques exemples.

 — L’amour divin est la source de toutes les relations que Dieu a établies avec l’homme, qu’il s’agisse des patriarches, d’Israël ou des chrétiens (Deut. 4:37 ; 7:8 ; Éph. 2:4). Pour cette raison, Dieu attend de ceux qui sont en relation avec lui qu’ils manifestent l’amour. «L’amour... est la somme de la loi», comme il est le signe distinctif des disciples de Jésus (Rom. 13:10 ; Jean 13:35).

 — L’acceptation d’un homme pécheur par le Dieu saint ne peut avoir lieu que sur la base d’un sacrifice offert. Il faut un substitut qui porte sa culpabilité devant Dieu. Le seul vrai Substitut est Christ. Avant sa venue, les divers sacrifices offerts le représentaient aux yeux de Dieu.

 — Dans tous les temps, si l’homme entre dans une vraie relation avec Dieu, c’est par la foi. C’est ce dont témoigne Hébreux 11.

 — De la Genèse à l’Apocalypse, Dieu se présente comme le juste juge qui, «sans acception de personnes, juge selon l’oeuvre de chacun» (1 Pierre 1:17). Cela est encore vrai pour ceux qui ont été mis à l’abri du jugement éternel et qui invoquent Dieu comme Père.

 — Bien qu’il puisse revêtir des formes différentes, le gouvernement de Dieu à l’égard des hommes existe toujours. «Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7). La grâce n’annule pas ce principe.

 — La crainte de Dieu est, dans tous les temps, l’attitude qui convient à l’homme (Job 28:28 ; Ps. 111:10). Et si, dans le christianisme, toute crainte du jugement est ôtée pour les croyants, ils ont néanmoins à servir Dieu avec crainte (Héb. 12:28).

 — Dans le Nouveau Testament comme dans l’Ancien, Dieu attend de ceux qui sont en relation avec lui une marche dans la sainteté, dans la séparation du mal. «Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu’il est écrit : Soyez saints, car moi je suis saint» (1 Pierre 1:15, 16).

 — Aussi bien à Israël «sous la loi» qu’à nous-mêmes qui sommes «sous la grâce», Dieu s’est révélé comme un Dieu de miséricorde (Ex. 33:19 ; 34:6 ; Luc 1:50 ; Éph. 2:4). Et le Seigneur nous dit : «Soyez donc miséricordieux, comme... votre Père est miséricordieux» (Luc 6:36).

 — Dès les premiers âges de l’humanité, Dieu s’est fait connaître comme le Dieu de patience (Rom. 15:5 ; 1 Pierre 3:20). Tout l’Ancien Testament est un témoignage à son immense patience envers Israël, et aujourd’hui encore, selon «les richesses de sa bonté, et de sa patience, et de sa longue attente», il pousse les hommes à la repentance (Rom. 2:4). C’est pourquoi il attend des siens qu’ils manifestent la patience, que ce soit dans leur vie chrétienne en général, dans leur attente du Seigneur, dans leurs épreuves ou dans leurs relations les uns avec les autres (Col. 1:11 ; 1 Thess. 1:3 ; Jacq. 5:11 ; 1 Thess. 5:14).

 

3                    Chapitre 2 — Esquisse des diverses dispensations

Nous nous proposons d’esquisser les dispensations successives comme étant les grandes étapes de la révélation de Dieu aux hommes, depuis la création. Nous considérerons neuf périodes caractéristiques, tout en étant bien conscients que le découpage du temps peut être fait diversement :

 

1° Le temps de l’innocence  è 2° Depuis la chute jusqu’au déluge  è 3° Depuis le déluge jusqu’à Abraham  è 4° L’époque des patriarches  è 5° La loi  è 6° Le ministère de Jésus  è 7° L’Église et la période chrétienne  è 8° Les jugements futurs  è 9° Le Millénium

3.1   Le temps de l’innocence

La Parole ne nous dit que peu de choses de la condition de l’homme dans le jardin d’Éden. Adam et Ève ont transgressé la seule interdiction que Dieu leur avait donnée. Dès l’origine, l’homme a failli à sa responsabilité. «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et... ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). C’est de la chute aussi que date une faculté d’origine divine dans l’homme : la connaissance du bien et du mal (Gen. 3:5), c’est-à-dire la conscience.

Il est intéressant de noter que l’institution divine du mariage date de ce début de l’humanité, et que le Seigneur Jésus y fait référence lorsqu’on lui pose une question touchant le divorce. Il renvoie à ce qui était «au commencement» (Matt. 19:3-9). Le principe «et ils seront une seule chair» (Gen. 2:24), rappelé plusieurs fois dans l’Écriture, constitue la base sur laquelle la rupture du lien conjugal, la fornication et l’adultère sont prohibés (Matt. 19:6 ; 1 Cor. 6:16, 17).

L’histoire d’Adam et d’Ève nous donne un exemple de chacune des deux façons dont l’Ancien Testament annonce Christ : les types et les prophéties formelles. Le sommeil dans lequel Adam reçoit de Dieu une femme, «os de ses os et chair de sa chair» (Gen. 2:23), est une image de la mort de Christ, par laquelle il acquiert une épouse, l’Assemblée ; «car nous sommes membres de son corps, — de sa chair et de ses os» (Éph. 5:30). Ensuite, après l’entrée du péché dans le monde, en prononçant le jugement sur le serpent, Dieu fait une déclaration prophétique des plus claires concernant «la semence de la femme», qui est Christ : «Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon» (Gen. 3:15). Le Seigneur sera arrêté momentanément dans sa marche, mais remportera par là même une victoire définitive sur Satan.

3.2   Depuis la chute jusqu’au déluge

Durant les temps qui séparent l’entrée du péché dans le monde et le déluge, la Parole nous montre d’une part la famille de Caïn, s’établissant dans le monde, cruelle et faisant fi de l’institution divine du mariage (Gen. 4:19), et d’autre part une famille dans laquelle «on commença à invoquer le nom de l’Éternel» (4:26). C’est dans celle-ci qu’on trouve des hommes de foi — Hénoc et Noé — qui marchent avec Dieu, et auxquels Dieu fait des révélations personnelles (Gen. 5:24 ; 6:9-22 ; Jude 14). Mais la corruption et la violence se développent au point que «l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre» (Gen. 6:6). Les hommes n’ayant pas écouté le «prédicateur de justice», «le déluge vint et les emporta tous» (2 Pierre 2:5 ; Matt. 24:39). On peut remarquer que les révélations que Dieu fait à cette époque sont : le jugement qui doit venir sur les hommes impies et le moyen d’échapper à ce jugement. En substance, ce sont les premiers éléments de l’évangile qui est prêché aujourd’hui.

3.3   Depuis le déluge jusqu’à Abraham

Après le déluge, Dieu introduit quelque chose de nouveau. Pour freiner la violence qui conduit au meurtre, il confie le gouvernement à l’homme. Celui-ci devient responsable de mettre à mort le meurtrier : «Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car à l’image de Dieu, il a fait l’homme» (Gen. 9:6). Dieu permet à l’homme de manger de la chair, mais lui donne l’interdiction de la manger avec le sang (9:3, 4), interdiction répétée dans la loi de Moïse et dans le christianisme (Lév. : 7:26, 27 ; Act. 15:20, 29).

À part ces quelques traits distinctifs, cette période est identique à la précédente, la responsabilité des hommes étant augmentée par le fait qu’ils ont connu le jugement de Dieu lors du déluge, ce qui devrait les amener à le craindre. Dans cette période aussi, Dieu a fait des communications individuelles à des hommes qui le craignaient, tels Job, Élihu, Melchisédec. Mais de façon générale, l’idolâtrie s’est développée sur la terre et c’est hors d’un tel état de choses que Dieu a appelé Abraham (Jos. 24:2). Pour les gens des nations, cette dispensation va se poursuivre jusqu’au début du christianisme. Leur dépravation morale est décrite en Romains 1:18 à 32. Les communications divines faites à Abraham et à ses descendants vont maintenant occuper le devant de la scène.

3.4   L’époque des patriarches

Tout ce qui précède tient dans les onze premiers chapitres de la Genèse. Dans les chapitres 12 à 50 nous est donnée l’histoire des patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Dieu choisit un homme et l’appelle à lui. Il lui fait des promesses de bénédiction dont la portée s’étend jusqu’à la fin des temps : une descendance nombreuse et un pays. Plus encore, de «sa semence», la bénédiction découlera sur toutes les nations de la terre (22:16-18). «L’ami de Dieu» et ses descendants vivent une vie de foi comme des étrangers dans le pays qui leur a été promis. Abraham commande fidèlement «à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel» (18, 19). De leur côté, Isaac et Jacob se montrent attachés à la bénédiction promise.

Quel est le genre de communications que Dieu fait aux patriarches ? Pour l’essentiel, ce sont des promesses ; occasionnellement, des ordres concernant un acte à accomplir ou un déplacement à effectuer. À ces promesses s’attache leur foi, à ces ordres répond leur obéissance. Dans ces pages de la Genèse, nous trouvons peu d’instructions morales directes, de préceptes. Néanmoins Dieu attend de ses serviteurs une conduite qui soit en rapport avec leur appel. Il dit à Abraham : «Je suis le Dieu Tout-puissant ; marche devant ma face, et sois parfait» (17:1). Et l’épître aux Hébreux rend le témoignage que «Dieu n’a point honte d’eux, savoir d’être appelé leur Dieu» (11:16). Le récit de leur fidélité ou de leurs défaillances est une source très riche d’enseignements pratiques.

En dehors de cette famille privilégiée, Dieu prend aussi connaissance des voies des hommes, et quand le mal s’aggrave, son jugement gouvernemental s’exerce. C’est ainsi que Sodome et Gomorrhe subissent une destruction complète (Gen. 19).

Mais si la destruction de ces villes, comme le déluge, met en évidence le gouvernement de Dieu sous la forme d’un jugement destructif, final, l’histoire des patriarches nous révèle un autre aspect de ce gouvernement : la discipline. Dieu prend connaissance de toutes les actions de ceux qui sont en relation avec lui, et en fait venir sur eux les conséquences. Ce principe de rétribution est particulièrement mis en évidence dans la vie de Jacob et dans l’histoire des frères de Joseph. Cette forme de gouvernement n’est pas seulement une exigence d’un Dieu qui se doit à lui-même d’exercer la justice, elle est l’expression de la bonté d’un Dieu qui veut former les siens, pour leur plus grande bénédiction. Ces choses ne nous sont pas présentées dans la Genèse sous forme de principes abstraits, mais dans les faits.

3.5   La loi

Jacob et sa famille descendent en Égypte, au temps de Joseph. La descendance des patriarches se multiplie extrêmement, mais souffre l’oppression et l’esclavage. Dieu entend leur gémissement et se souvient des promesses faites à Abraham, Isaac et Jacob. Fait très significatif, il reconnaît leur descendance comme étant «son peuple». Pour la première fois, Dieu établit une relation avec un peuple. Israël devrait être, au milieu des autres peuples, «une nation sainte» et «un royaume de sacrificateurs», témoin du seul vrai Dieu (Ex. 19:5, 6). Après sa délivrance d’Égypte, au Sinaï, Dieu lui donne la loi des dix commandements, et de nombreuses ordonnances. Commence alors une nouvelle épreuve de l’homme, qui durera jusqu’à la venue de Christ.

La responsabilité particulière d’Israël est fondée, dès le départ, sur deux grands faits. Premièrement, ce peuple a été racheté de l’esclavage en Égypte, délivré de la puissance du Pharaon. Il a vu les merveilles de l’Éternel agissant en bonté envers lui et en jugement envers ses oppresseurs (Ex. 19:4). Deuxièmement, dans toute la solennité du feu et des tonnerres de Sinaï, ce peuple a entendu la voix de Dieu (Deut. 4:33-35).

Cependant, si la loi exprime ce que l’homme doit être pour satisfaire aux exigences du Dieu saint, elle ne lui donne aucune force, aucune capacité, pour l’accomplir. Le peuple d’Israël, ne connaissant pas ce qu’est l’homme, s’exclame d’une seule voix : «Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons» (Ex. 19:8 ; 24:3, 7). Mais à peine donnée, la loi sera violée dans son premier commandement, lors de l’affaire du veau d’or (Ex. 32).

Ceci fournit à Dieu l’occasion d’introduire un nouvel élément, bien différent de la loi, sans lequel l’homme pécheur ne pourrait subsister devant lui : la miséricorde. «Je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde» (Ex. 33:19). Dans sa souveraineté, Dieu «fait miséricorde à qui il veut» (Rom. 9:18). Il y a là un mystère profond, mais lorsqu’on est soi-même un objet de cette grâce totalement imméritée, on ne peut que rendre grâces et adorer.

Dans toute l’histoire subséquente, depuis le désert de Sinaï jusqu’à Christ, Israël demeure un peuple sous la loi. Dieu manifeste son gouvernement envers lui : il l’avertit, le châtie, lui pardonne, le reprend, le supporte. Plus le temps avance, plus se manifeste l’état incurable de l’homme et l’immense patience de Dieu. Et lorsque cette épreuve de l’homme aura démontré que «sur le principe des oeuvres de loi nulle chair ne sera justifiée» (Gal. 2:16), le moment sera venu pour Dieu d’envoyer son Fils sur la terre.

Durant l’histoire d’Israël, telle qu’elle nous est révélée dans l’Ancien Testament, Dieu se manifeste de deux manières, pour notre plus grande instruction. D’une part, nous contemplons ses voies envers son peuple, d’autre part, nous entendons les nouvelles révélations qu’il lui fait.

Ses voies, ce sont ses manières d’agir. Il prend connaissance de la conduite de son peuple, qui si souvent s’éloigne de lui, et par les prophètes, il parle à son coeur pour le ramener à lui. Il le discipline, comme un père ses enfants. Ses voies révèlent ce qu’il est : un Dieu saint, qui ne peut supporter le mal et se doit de le punir, mais en même temps un Dieu de patience, lent à la colère, qui ne prend pas «plaisir à la mort du méchant» mais «plutôt à ce qu’il se détourne de ses voies, et qu’il vive» (Ézéch. 18:23). «Et l’Éternel... envoya vers eux par ses messagers, se levant de bonne heure et envoyant, car il avait compassion de son peuple et de sa demeure. Mais ils se moquaient des messagers de Dieu, et méprisaient ses paroles, et se raillaient de ses prophètes, jusqu’à ce que la fureur de l’Éternel monta contre son peuple et qu’il n’y eut plus de remède» (2 Chron. 36:15, 16).

Mais les prophètes ont aussi un autre ministère. Ils sont les canaux par lesquels Dieu fait de nouvelles révélations. Bien que le peuple soit encore sous la loi, Dieu se plaît à annoncer ses plans de grâce envers lui et l’oeuvre profonde qu’il accomplira un jour en sa faveur : «Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair» (Ézéch. 36:26). Et son sujet de prédilection, c’est la venue du Messie.

Sous des formes plus ou moins voilées, ce Messie est annoncé tout au long de l’Ancien Testament. De sorte que Jésus pourra expliquer à ses disciples, «dans toutes les Écritures, les choses qui le regardent» (Luc 24:27). Il faudra, il est vrai, qu’il leur ouvre les Écritures, et qu’il leur ouvre l’intelligence pour qu’ils puissent les comprendre (v. 32, 45). Pour croître dans la connaissance de notre Sauveur, l’Ancien Testament est pour nous une source inépuisable. Le Seigneur Jésus nous y est présenté par divers moyens, quatre au moins :

 — par des personnages typiques (tels Joseph et David),

 — par des institutions lévitiques (tels les sacrifices),

 — à travers des expériences vécues par les fidèles (comme dans les Psaumes),

 — par des annonces prophétiques explicites (comme És. 7:14 ; 9:6, 7 ; 49:1-9 ; 53:1-12).

On peut dire que la dispensation de la loi a connu un certain changement par l’introduction du ministère prophétique, à partir de Samuel. Les prophètes avaient pour mission de ramener le peuple à la loi, mais Dieu les a utilisés de façon spéciale pour manifester sa grâce, dans la mesure où cela était possible dans cette dispensation-là. Leur importance morale est telle que, pour caractériser cette dispensation, le Seigneur utilise l’expression «la loi et les prophètes». Il dit : «La loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean ; dès lors le royaume de Dieu est annoncé» (Luc 16:16). Ce passage nous montre aussi le moment précis qui marque la fin de la dispensation de la loi.

3.6   Le ministère de Jésus

Les années du ministère de Jésus sur la terre constituent une période de transition entre la dispensation de la loi et celle de l’Église. Elles appartiennent déjà au temps de la grâce, mais pas encore à celui de l’Église, qui ne commence que le jour de la Pentecôte.

Il est bien naturel que les chrétiens cherchent dans les Évangiles, dans les enseignements du Christ lui-même, l’essence du christianisme. Dans un sens, c’est juste : les paroles et les actes de Jésus ont une valeur insurpassable pour le coeur de tout vrai croyant. Cependant, le Seigneur lui-même a dit : «J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand... l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité» (Jean 16:12, 13). Le christianisme ne pouvait pas être révélé dans sa plénitude avant l’achèvement de l’oeuvre de Christ à la croix et son élévation dans la gloire.

Le Seigneur est venu sur la terre pour accomplir ce qui était annoncé de lui dans l’Ancien Testament. Toutes les espérances des fidèles en Israël étaient concentrées sur Celui qui devait venir et sur le règne glorieux qu’il devait instaurer (cf. Matt. 11:3). Le rejet du Messie était, bien sûr, parfaitement connu de Dieu, et les prophètes en avaient parlé, mais le Seigneur ne s’est pas présenté à Israël comme le Roi rejeté. Il s’est présenté comme celui qui devait être accueilli.

Ceci donne un caractère particulier au message qu’il a apporté, du moins au début de son ministère. Il s’est adressé d’abord à un peuple qui avait des espérances terrestres, qui attendait le royaume de Dieu sur la terre. Ce n’est que petit à petit, tandis que son rejet se marquait plus clairement, qu’il a fait comprendre aux siens qu’ils n’avaient rien à attendre sur la terre. Le royaume de Dieu est devenu le royaume des cieux, expression caractéristique de Matthieu. Le royaume est bien pour la terre, mais le Roi sera pour un temps caché dans les cieux. Le royaume aura une forme mystérieuse, non annoncée dans l’Ancien Testament. Dans Matthieu, la progression du rejet de Jésus est particulièrement bien marquée. Dans Jean, par contre, le Seigneur nous est déjà présenté dès le premier chapitre comme rejeté (v. 5, 10, 11).

Le témoignage du Seigneur Jésus parmi les juifs était pour eux une nouvelle mise à l’épreuve, après celle de la loi. Dans la parabole du figuier, le maître dit au vigneron : «Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point : coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ?» (Luc 13:7). Le figuier est l’image d’Israël. Ce peuple devait être mis de côté lorsqu’il aurait donné la preuve qu’en dépit des meilleurs soins qui pouvaient lui être prodigués, il était incapable de porter du fruit pour Dieu. En fait c’était un test de l’homme dans la chair. Et tant que ce test n’était pas achevé, tout ce qui découlait de ses résultats ne pouvait pas encore être annoncé, si ce n’est dans un langage voilé.

Beaucoup des enseignements du Seigneur à ses disciples ont un caractère juif très marqué. Il en est particulièrement ainsi des discours prophétiques (Matt. 24 et 25 ; Marc 13 ; Luc 21). Lorsque le Seigneur parle de son retour, il est presque toujours question de sa venue en gloire sur la terre, et non de sa venue pour prendre les siens auprès de lui dans le ciel. Cet événement-là se trouve bien annoncé en Jean 14:3, et même très clairement, mais le plus souvent le Seigneur envisage son retour dans la perspective des promesses faites à Israël, qui sont toutes en rapport avec la terre. La période de l’Église s’insère, comme une merveilleuse parenthèse, dans l’histoire d’Israël. De sorte que, dans le développement de cette histoire, la «génération» qui précède immédiatement l’ouverture de la parenthèse et celle qui la suit immédiatement sont assimilées l’une à l’autre : «Cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé» (Luc 21:32).

C’est à cette «génération» -là que le Seigneur enseigne la prière connue sous le nom de l’oraison dominicale (Matt. 6:9-13). Cette prière est sans doute pleine d’instruction pour nous, comme d’ailleurs celles que nous trouvons dans l’Ancien Testament, mais elle n’est guère adaptée à la dispensation chrétienne. Dans celle-ci, le principe même d’une prière apprise et récitée n’est pas en accord avec la ressource du Saint Esprit par lequel nous pouvons prier, et qui nous conduit à exprimer nos besoins spécifiques (Éph. 6:18 ; Jude 20).

Le désarroi des disciples au moment de la crucifixion montre bien qu’ils n’avaient pas encore saisi le plan de Dieu. «Nous espérions qu’il était celui qui doit délivrer Israël» (Luc 24:21). Et même, après la résurrection, ils demandent : «Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ?» (Act. 1:6). Les choses ne deviendront claires pour eux qu’après la descente du Saint Esprit sur la terre.

On peut dire, un peu paradoxalement, que les évangiles ne constituent pas tout l’évangile ! Dans ceux-ci, nous voyons le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu devenu homme sur la terre, apportant la grâce et la vérité. Nous le voyons ému de compassion envers ses créatures perdues, révélant le coeur de Dieu, agissant en grâce et en bonté. Nous le voyons aussi comme la lumière divine qui manifeste le vrai état de tout homme — aussi bien celui du pharisien fier de sa propre justice que celui du plus grand pécheur. Il montre que tous sont perdus, ont besoin d’un Sauveur, et qu’il est, lui, celui qui sauve. Il fait appel à la foi de ceux auxquels il s’adresse, et il donne la vie éternelle à celui qui croit en lui. Tout cela, c’est bien l’évangile, et les épîtres compléteront ce message.

La venue de Christ dans le monde, sa vie, sa mort, sa résurrection et son élévation dans la gloire, sont des faits qui constituent le fondement de l’évangile prêché par les apôtres. Leur prédication sera d’abord la proclamation de ces grands faits, attestés par de nombreux témoins (cf. Act. 2:32 ; 4:20 ; 5:32 ; 13:31 ; 1 Cor. 15:1-8). Puis l’Esprit de Dieu développera, par leur moyen, tout ce qui découle de la venue et de l’oeuvre de Christ. C’est dans les épîtres que l’on trouve l’enseignement complet concernant la ruine de l’homme, la certitude du salut, les deux natures, notre mort avec Christ, l’affranchissement, l’action du Saint Esprit, l’appel céleste...

3.7   L’Église et la période chrétienne

Le Seigneur avait parlé de l’Église (ou assemblée) comme d’une chose future : «Je bâtirai mon assemblée» (Matt. 16:18). Celle-ci a commencé d’exister le jour de la Pentecôte, lors de la venue du Saint Esprit sur la terre. La présence du Fils de l’homme glorifié dans le ciel, et celle du Saint Esprit sur la terre, liant les croyants à Christ dans le ciel, donnent au christianisme son caractère particulier.

Nous reviendrons plus loin sur le sujet de l’Église, et des différences caractéristiques entre cette dispensation et celles qui l’entourent. Disons ici quelques mots sur les révélations divines qui prennent place dans cette période.

Le Seigneur Jésus, nous venons de le rappeler, avait encore beaucoup de choses à dire à ses disciples, mais ils ne pouvaient pas les supporter alors. Avant sa mort, sa résurrection et son élévation dans la gloire, ces choses ne pouvaient être révélées. Elles ne pouvaient être comprises que par l’action du Saint Esprit en ceux qui allaient le recevoir (Jean 16:12, 13). Pour les croyants, posséder l’Esprit est un privilège inestimable. «L’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu... Nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu» (1 Cor. 2:10-12).

À celui «qui auparavant était un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux» (1 Tim. 1:13), il a été accordé un service spécial quant à «l’administration de la grâce de Dieu» (Éph. 3:2). Un mystère, qui en d’autres générations n’avait pas été donné à connaître, a été révélé par l’Esprit aux apôtres et prophètes du Nouveau Testament (3:5). Et très particulièrement à l’apôtre Paul. «À moi, qui suis moins que le moindre de tous les saints, cette grâce a été donnée d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ» (3:8).

Les épîtres de Paul développent ces richesses. Il n’est guère possible de les exposer ici, mais soulignons deux faits importants à cet égard.

1° Avec ce qui a été communiqué aux apôtres, notamment à Paul, s’achève le cycle des révélations de Dieu aux hommes. Paul parle de l’administration qui lui a été donnée, «pour compléter la parole de Dieu» (Col. 1:25). Toute prétention à de nouvelles révélations n’est qu’une imposture !

2° Si le Seigneur Jésus ne pouvait pas encore exposer tous les éléments de la vérité chrétienne, il a pourtant mis son sceau par avance sur la plupart d’entre eux, par une brève mention. C’est une constatation très encourageante ! Citons quelques exemples.

 — La venue du Seigneur pour enlever à lui les siens est développée dans les épîtres de Paul (en particulier : 1 Cor. 15:51-58 ; 1 Thess. 4:13-18), mais le Seigneur Jésus en a dit l’essentiel en Jean 14:3 : «Si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi».

 — La doctrine de l’assemblée est présentée dans les épîtres, mais le Seigneur y a fait des allusions claires en Matthieu 16 et 18.

 — L’introduction des nations dans les privilèges qui découlaient des promesses faites à Israël n’a eu lieu qu’après la révélation faite à Pierre en Actes 10. Et la position particulière de ce peuple durant l’époque de l’Église est exposée dans les épîtres. Mais le Seigneur, qui pourtant n’était «envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël», y avait déjà fait allusion. Il avait dit : «Plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors» (Matt. 8:11, 12).

 — L’union du croyant avec Christ, largement développée dans les épîtres, avait déjà été décrite en quelques mots par le Seigneur : «En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous» (Jean 14:20).

3.8   Les jugements futurs

Les croyants de l’époque actuelle — auxquels seront joints les croyants de tous les temps passés, ressuscités par la puissance du Seigneur Jésus — seront enlevés au ciel à son retour. Dès ce moment, il n’y aura plus de chrétiens sur la terre, ni d’Église, si ce n’est ce qui restera de ses formes extérieures : une profession sans vie — la grande Babylone — sur laquelle le jugement le plus sévère va tomber (Apoc. 17 et 18). Dans l’Apocalypse, l’histoire de l’Église est esquissée prophétiquement dans les chapitres 2 et 3, au moyen des lettres aux sept assemblées d’Asie. Ce sont «les choses qui sont» (1:19). À partir du chapitre 4, nous avons «les choses qui doivent arriver après celles-ci» (1:19 ; 4:1), c’est-à-dire les jugements terribles qui tombent sur toute la terre. Ceux dont la responsabilité est particulièrement grande, parce qu’ils ont été mis en contact avec la vérité, sont l’objet d’un jugement extrêmement sévère : «Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice» (2 Thess. 2:11, 12). Tel sera le sort des nations dites christianisées.

Mais au sein des douleurs inimaginables de cette période, l’Apocalypse nous montre la présence d’un résidu juif fidèle, persécuté et soupirant après la délivrance. Leurs souffrances culmineront dans la période de trois ans et demi appelée la grande tribulation (Matt. 24:21), dans laquelle l’épreuve atteindra une intensité jamais égalée sur la terre. Par ces tribulations, Dieu produira un travail de conscience dans beaucoup de coeurs et les amènera à se repentir (Ézéch. 36:24-32 ; Osée 2:14-23 ; Zach. 12:8-14). Lorsque ce travail sera complet, l’Éternel renouera ses relations avec Israël, qu’il appellera de nouveau «mon peuple» (Osée 2:23).

De nombreuses prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament concernent cette période. C’est le cas des Psaumes, dont beaucoup présentent les sentiments, les angoisses et les supplications des fidèles, ou même leurs appels à la vengeance. C’est aussi le cas (du moins en bonne partie) des discours prophétiques du Seigneur dans les trois premiers Évangiles. Il est clair que tout ceci est en dehors du terrain chrétien, bien que nous puissions y trouver de l’instruction.

L’évangile du royaume, que le Seigneur avait annoncé en Israël au début de son ministère, sera de nouveau proclamé, mais cette fois-ci à toutes les nations, pour annoncer l’avènement du règne millénaire (Marc 13:10). Cet évangile est appelé l’évangile éternel en Apocalypse 14:6. Beaucoup le recevront dans leur coeur (És. 2:3, 4 ; Zach. 8:22, 23). Mais, de gré ou de force, tout homme devra s’incliner devant le Dieu Tout-puissant, Créateur et Juge, et lui donner gloire.

3.9   Le Millénium

Lorsque la terre aura été purifiée par les jugements, lorsque tout ce qui est opposé à Dieu aura été balayé, viendront «les temps de rafraîchissement», «les temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (Act. 3:19, 21).

C’est effectivement dans l’Ancien Testament que l’on trouve le plus de renseignements concernant ce règne de justice et de paix. L’Apocalypse, qui fixe sa durée à mille ans, nous dit que pendant ce temps Satan sera lié, en prison, hors d’état de séduire (20:1-3, 7).

Mais n’oublions pas que ce règne millénaire est le règne de Christ sur la terre. C’est ce grand fait qui est surtout mis en évidence dans les passages des épîtres qui en parlent. À cette dernière dispensation, l’épître aux Éphésiens donne le nom de la plénitude des temps. C’est la période de l’accomplissement de tous les desseins et toutes les voies de Dieu, pour la gloire de son Fils. Dieu nous a «fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, en lui» (1:9, 10). Actuellement, nous ne voyons pas encore que toutes choses soient assujetties à Christ (Héb. 2:8), bien que, dans un sens, il en soit ainsi (Éph. 1:22). Glorifié et exalté, il est «Chef sur toutes choses» et a été donné comme tel à l’assemblée qui est son corps. L’existence du mal sur la terre (et dans le ciel, puisque Satan s’y trouve encore), l’existence de volontés humaines opposées à celle de Dieu, sont des éléments de désordre qui empêchent la réalisation de l’unité parfaite sous la main de Christ. Mais Dieu veut réunir en un toutes choses, dans les cieux et sur la terre, dans une harmonie et un ordre parfaits. Et cela se réalisera par l’assujettissement de toutes choses à Christ.

Or, en lui «nous avons aussi été faits héritiers», ajoute l’apôtre (v. 11). C’est le privilège inestimable de l’Église. Ceux qui sont unis à Christ comme étant les membres de son corps sont introduits dans sa relation avec son Dieu et Père, et ils lui seront associés dans sa position glorieuse de chef sur toutes choses. Ils régneront avec lui (Apoc. 5:10). Ainsi, Celui qui a été un objet de mépris sur cette terre de péché y sera honoré comme il en est digne.

À la fin de cette dernière et glorieuse dispensation, Christ remettra le royaume à Dieu le Père (1 Cor. 15:24). Un passage de l’Apocalypse nous dépeint brièvement les derniers événements qui se passeront sur la terre : «Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison ; et il sortira pour égarer les nations...» (voir Apoc. 20:7-10). Le règne de justice et de paix n’aura pas changé le coeur de l’homme, et tous ceux qui s’étaient soumis «en dissimulant» (Ps. 18:44) se laisseront entraîner par Satan à la révolte contre Christ et «les saints». Mais le jugement de Dieu ne tardera pas à les consumer. «Le premier ciel et la première terre» disparaîtront et feront place à «de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite» (2 Pierre 3:7, 10, 13 ; Apoc. 21:1).

Ce sera l’état éternel qui, lui, ne peut guère être considéré comme une dispensation. Dans cet état de gloire et de perfection, l’homme ne sera plus dans une condition de responsabilité devant Dieu, comme étant dépositaire d’une révélation particulière de sa part.

 

4                    Chapitre 3 — Le peuple d’Israël, les nations et l’Église

L’apôtre Paul distingue clairement ces trois catégories de personnes lorsqu’il dit : «Ne devenez une cause d’achoppement ni aux juifs, ni aux Grecs, ni à l’assemblée de Dieu» (1 Cor. 10:32). Nous allons maintenant considérer leurs caractères distinctifs, leurs relations et quelques éléments de leur histoire.

4.1   Étapes de l’histoire d’Israël sous la loi

Dans notre esquisse des diverses dispensations successives, au chapitre précédent, nous n’avons considéré celle de la loi que de façon globale. Or cette période de quinze siècles est extrêmement riche en communications divines et en événements. Essayons d’en préciser les grands traits.

1° Israël est quarante ans dans le désert, sous la conduite de Moïse. Le tabernacle a été construit, et l’Éternel habite au milieu de son peuple. Selon ses instructions détaillées, le culte a été institué. Le lien entre l’Éternel et son peuple est maintenu par le moyen de la sacrificature. La traversée du désert — avec toutes ses difficultés — est une épreuve de l’homme, en même temps qu’une manifestation des soins de la grâce de Dieu envers les siens (Deut. 8). Les murmures, l’incrédulité et l’infidélité du peuple jalonnent les pages qui nous présentent cette période, de l’Exode au Deutéronome. D’un autre côté, toutes les institutions lévitiques sont des types des choses meilleures que Dieu a en vue pour le temps de la venue de Christ. Elles sont «l’ombre des biens à venir» (Col. 2:17 ; Héb. 10:1), «la figure et l’ombre des choses célestes» (Héb. 8:5).

2° Sous la conduite de Josué, successeur de Moïse, Israël fait la conquête de Canaan, pays que Dieu avait promis à Abraham et à ses fils. Le tabernacle est dressé à Silo et la sacrificature demeure le lien officiel du peuple avec Dieu. La fidélité d’Israël est mise à l’épreuve d’une nouvelle manière. Le peuple aura-t-il l’énergie nécessaire pour conquérir de fait le pays que Dieu lui a donné ? (Jos. 1:3). Et saura-t-il demeurer «séparé de tout peuple qui est sur la face de la terre» ? (Ex. 33:16). Hélas ! la conquête incomplète du pays ouvre la porte à la cohabitation avec des nations idolâtres. Et les conséquences en sont désastreuses : «Les fils d’Israël habitèrent au milieu des Cananéens... Et ils prirent leurs filles pour femmes, et donnèrent leurs filles à leurs fils, et servirent leurs dieux» (Jug. 3:5, 6).

3° Dans la période des juges, l’histoire d’Israël se déroule selon un cycle navrant : le peuple abandonne l’Éternel et s’attache aux idoles ; l’Éternel le livre en la main de ses ennemis pour le discipliner ; dans la détresse, le peuple crie à l’Éternel ; celui-ci use de miséricorde envers son peuple et suscite un juge pour le délivrer. Puis, le pays est en repos quelques années, et le cycle recommence (cf. Jug. 2:16-19). De façon générale, le rôle du juge comme conducteur du peuple est très limité ; Israël est sous le gouvernement direct de Dieu, selon cette parole prononcée plus tard : «Et l’Éternel, votre Dieu, était votre roi» (1 Sam. 12:12). Mais en fait : «En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux» (Jug. 17:6 ; 21:25).

4° La vie de Samuel fait la transition entre la période des juges et celle de la royauté. En outre, elle marque l’avènement du ministère des prophètes. Samuel est à la fois le dernier des juges (1 Sam 7:15-17 ; Act. 13:20) et le premier des prophètes (Act. 3:24). Jusqu’alors, le souverain sacrificateur était le représentant du peuple devant Dieu, l’arche était le témoignage de la présence de Dieu au milieu du peuple, et les sacrifices, le moyen de maintenir les relations qu’il avait établies. Au moment où parait Samuel, la sacrificature montre sa déchéance morale complète, dans la personne d’Éli et de ses fils ; les sacrificateurs eux-mêmes entraînent le peuple à la transgression (1 Sam. 2:12-36). Alors, sans être formellement ôtée, la sacrificature est reléguée au second plan. L’arche de l’Éternel est emmenée captive pour un temps chez les Philistins et le sanctuaire de Silo, où l’Éternel avait demeuré depuis l’entrée en Canaan, est détruit (Jér. 7:12). Dès lors, ce sont les prophètes qui constituent le vrai lien entre l’Éternel et son peuple.

5° Il appartient à Samuel, le prophète, d’établir la royauté en Israël. Le peuple ne sera plus sous le gouvernement direct de l’Éternel, mais sous celui du roi qu’il a établi. La demande d’un roi résultait d’un manque de foi et d’un désir mondain du peuple, et elle équivalait à un rejet de l’Éternel (1 Sam. 8:5, 7 ; 12:12). Mais d’autre part, Dieu allait accomplir par là ses desseins concernant la gloire de son Fils (1 Chron. 17:7-14 ; Ps. 2:6). Le rapport entre les rois et les prophètes est digne d’être relevé : les rois sont institués par les prophètes (quand les choses sont normales), et les prophètes usent sur les rois d’une autorité qui vient de Dieu. Trois rois règnent sur tout Israël : Saül — le roi selon le coeur de l’homme — puis David et Salomon — types du Messie établissant sa domination universelle et son règne de justice et de paix. Le grand événement du règne de Salomon est la construction du temple de l’Éternel à Jérusalem. C’est le lieu que l’Éternel a choisi pour y faire habiter son nom, le lieu dont il dit : «Mes yeux et mon coeur seront toujours là» (1 Rois 9:3).

6° Mais l’infidélité de Salomon amène la division du royaume (1 Rois 11). Les deux tribus qui restent sous l’autorité de la famille de David (le royaume de Juda) connaissent quelques réveils spirituels, notamment sous Ézéchias et sous Josias, tandis que les dix autres tribus (le royaume d’Israël), conduites dès le départ dans l’idolâtrie, suivent un chemin d’apostasie croissante. Après deux siècles et demi d’existence, le royaume d’Israël prend fin, et les dix tribus sont déportées en Assyrie par Shalmanéser (2 Rois 17). Le royaume de Juda, quant à lui, subsiste un siècle de plus, puis les deux tribus sont déportées à Babylone par Nebucadnetsar (2 Rois 25 ; 2 Chron. 36). Dans la suite, il n’est plus question que de Juda.

7° La captivité à Babylone dure soixante-dix ans (Dan. 9:2 ; Jér. 29:10). C’est le temps de l’humiliation et de la misère pour le peuple de Dieu. Jérusalem est en ruines, le temple est détruit, l’arche a disparu. Selon la prophétie d’Osée : «Les fils d’Israël resteront beaucoup de jours sans roi, et sans prince, et sans sacrifice, et sans statue, et sans éphod ni théraphim» (3, 4) — c’est-à-dire sans roi, ni vrai Dieu, ni faux dieu. Commence le temps où Israël est déclaré «Lo-Ammi» (pas mon peuple). Ce temps doit durer jusqu’à la restauration d’Israël, à la fin des jours (Osée 1:6-11 ; 2:14-23). Mais la miséricorde de Dieu va accorder une restauration partielle à Israël — ou plus précisément, à Juda — après l’accomplissement des soixante-dix ans.

8° À la chute de l’empire babylonien, un édit de Cyrus, roi de Perse, invite tous les Israélites dispersés parmi les nations à retourner dans leur terre pour reconstruire la maison de l’Éternel, le Dieu des cieux, à Jérusalem (Esd. 1:1-4). Environ quarante-deux mille personnes, la plupart de la tribu de Juda, répondent à l’appel, rebâtissent le temple et, quelques décennies plus tard, reconstruisent la muraille et la ville. Ce retour de captivité est un accomplissement partiel des prophéties concernant la restauration d’Israël. Il permet la venue et la présentation du Messie au peuple, quelques siècles plus tard. Au départ, ce retour est un élan de coeur et de foi chez des hommes pieux dont Dieu a réveillé l’esprit (Esd. 1:5). Mais cet élan dégénère progressivement, et aboutit au formalisme et au pharisaïsme qui caractérise les Juifs religieux lorsque le Seigneur Jésus apparaît sur la terre. Cette dernière période d’Israël sous la loi est décrite par trois livres historiques : Esdras, Néhémie et Esther. Et trois prophètes datent de cette époque : Aggée, Zacharie et Malachie.

4.2   Israël au milieu des nations

La simple lecture des Écritures montre que la plus grande partie des révélations de Dieu aux hommes s’est faite par le canal d’Israël. «Les oracles de Dieu leur ont été confiés» (Rom. 3:2), dit l’apôtre Paul en parlant de l’Ancien Testament. Une partie importante du Nouveau Testament nous place aussi dans le cadre d’Israël : les quatre évangiles nous présentent le ministère du Seigneur Jésus parmi les Juifs. Les Actes nous montrent la prédication de l’évangile «au Juif premièrement, et au Grec» (cf. Rom. 1:16) — cette expression caractérisant aussi bien la structure du livre que l’ordre suivi par les apôtres dans leur ministère (Act. 13:46). En outre, quelques épîtres sont expressément adressées à des Juifs : celle aux Hébreux, celle de Jacques et celles de Pierre.

Ceci attire notre attention sur la place unique du peuple d’Israël parmi toutes les autres nations. Cette place privilégiée résulte du libre choix de Dieu. «Parce qu’il a aimé tes pères, et qu’il a choisi leur semence après eux... il t’a fait sortir d’Égypte» (Deut. 4:37).

Il importe de souligner que l’alliance de Dieu avec Abraham était unilatérale et inconditionnelle. Dieu seul s’est engagé, et il l’a fait avec la plus grande solennité (Gen. 15). Abraham crut Dieu, et sa foi lui fut comptée à justice (v. 6). Cette alliance a placé les patriarches et leurs descendants, pour une période d’environ quatre cents ans, sur un terrain qui n’est pas du tout celui de la loi, sur un terrain très proche de celui de la grâce que nous connaissons. La foi d’Abraham est en quelque sorte le prototype de la foi chrétienne (Rom. 4:11, 12).

La relation de Dieu avec Israël comme peuple commence lors de sa délivrance d’Égypte. C’est le sujet du livre de l’Exode. «J’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte... Et je suis descendu pour le délivrer... et pour le faire monter de ce pays-là... dans un pays ruisselant de lait et de miel» (Ex. 3:7, 8). «Je vous prendrai pour être mon peuple, et je vous serai Dieu» (Ex. 6:7). Dès lors, un peuple de la terre devient le peuple de Dieu. Jamais aucune autre nation n’aura ce privilège.

Israël reçoit la loi au Sinaï (Ex. 20), et la première alliance de Dieu avec le peuple est conclue, alliance bilatérale et conditionnelle (Ex. 19:5 ; 24:3-8 ; Héb. 9:19). Israël est entouré de tous les soins de Dieu durant sa marche à travers le désert, puis, sous la conduite de Josué, entre dans le pays promis. Mais, dès le début, c’est l’histoire décevante de l’homme incapable de garder les commandements de Dieu, et jamais à la hauteur des bienfaits qu’il reçoit de lui. C’est l’histoire de l’idolâtrie invétérée par laquelle il provoque à colère le Dieu de son alliance. Dieu interviendra plusieurs fois par des châtiments, en vue de ramener son peuple. Mais que ce soit sous les juges ou durant la royauté, les réveils ne seront que de courte durée. Pendant des siècles, les prophètes chercheront à ramener le peuple à l’Éternel, alternant avertissements et encouragements, reproches et promesses, jusqu’à ce qu’il n’y ait «plus de remède» (2 Chron. 36:16).

Il n’était pas demandé à Israël d’avoir une activité missionnaire envers les nations. Ce peuple devait bien témoigner de l’existence du seul vrai Dieu parmi les païens, mais ceux-ci étaient «sans espérance» et «sans Dieu» (Éph. 2:12). Le Seigneur Jésus lui-même n’était «envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël» et c’est vers elles seulement qu’il a envoyé ses disciples au début de son ministère (Matt. 10:5 ; 15:24).

Durant des millénaires, Dieu «a laissé toutes les nations marcher dans leurs propres voies» (Act. 14:16). Mais «les temps de l’ignorance» ont pris fin lorsque le Seigneur Jésus ressuscité a dit à ses disciples : «Allez dans tout le monde et prêchez l’évangile à toute la création» (Marc 16:15). Et nous lisons dans les Actes : «Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (17:30). L’apôtre Paul a été le pionnier de la prédication de l’évangile parmi les nations (Rom. 16:26 ; Gal. 2:7 ; Éph. 2:11-13 ; 3:8...).

Il est vrai que Dieu ne s’est «pas laissé sans témoignage», en plaçant devant les yeux de tous les hommes les signes de sa bonté et de sa puissance (Act. 14:17). Tous sont responsables selon cette mesure au moins (Rom. 1:20, 21). Pierre dit «que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu’en toute nation, celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable» (Act. 10:35). Y a-t-il beaucoup de personnes qui auront été amenées à craindre Dieu par le témoignage de la création, et sans les révélations qu’il a faites par le canal d’Israël ? Dieu seul le sait.

4.3   L’Église, hors d’Israël et des nations

Dès le jour de la Pentecôte (Act. 2:1), il y a sur la terre un nouveau peuple de Dieu. C’est l’Église, ou l’assemblée. «Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps» (1 Cor. 12:13). Ce jour-là, les disciples de Jésus — il y en avait alors environ cent vingt à Jérusalem (Act. 1:15) — ont été unis en un seul corps par le Saint Esprit. Dès lors, tous ceux qui croient en Jésus sont retirés soit du peuple juif soit de la nation terrestre à laquelle ils appartenaient (cf. Act. 26:17), pour faire partie de l’Église (le mot Église dérive d’un terme qui signifie : appelé hors de...). «Dieu a... visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom» (Act. 15:14). L’épître aux Éphésiens nous dit que «des deux» (Israël et les nations), Christ «en a fait un», ayant «détruit le mur mitoyen de clôture» (la barrière d’origine divine qui séparait Israël de toutes les nations). Dès lors, quelle que soit leur origine, les croyants tous ensemble constituent «un seul corps» (Éph. 2:14-16).

Tout ce qui concerne l’Église était un mystère que Dieu avait caché dans les âges passés, bien que cela fasse partie de son propos éternel. Au moment convenable, Dieu l’a mis en lumière devant tous, «afin que la sagesse si diverse de Dieu soit maintenant donnée à connaître... par l’assemblée» (Éph. 3:2-12). L’instrument spécialement choisi de Dieu pour révéler ce mystère, c’est l’apôtre Paul (1 Cor. 3:10 ; Col. 1:25). Au moment même de sa conversion, par la question «pourquoi me persécutes-tu ?», il apprend que les disciples de Jésus sont unis à lui comme faisant partie de son corps. Il lui sera donné de développer par la suite les glorieuses vérités qui concernent l’assemblée.

Les privilèges distinctifs de l’Église découlent de son union avec Christ. Sa place à lui détermine sa place à elle, que ce soit devant Dieu ou devant le monde.

De la même manière, les privilèges distinctifs des chrétiens (c’est-à-dire des croyants qui font partie de l’Église) résultent de leur position en Christ. Il est éternellement le Fils du Père, et il amène ceux qui sont «en Christ» dans la relation avec Dieu qui est la sienne. Dieu «nous a rendus agréables dans le Bien-aimé» (Éph. 1:6). Il «nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (2:6). De là découle une plénitude de bénédictions spirituelles.

 

Entre les deux peuples de Dieu, dans la dispensation de la loi et dans la dispensation actuelle, il y a plus de contrastes que d’analogies. On faisait partie du premier par sa naissance, on entre dans le second par la nouvelle naissance. Les bénédictions promises à Israël étaient matérielles et terrestres, les chrétiens sont «bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ» (Éph. 1:3). Israël possédait un pays, l’Église est constituée de gens qui sont étrangers sur la terre, parce qu’ils ont été moralement retirés du présent siècle mauvais (Gal. 1:4).

4.4   Les temps des nations

Il s’agit d’une période caractéristique qui a commencé bien avant la première venue de Christ sur la terre et qui aujourd’hui n’est pas encore terminée. C’est la période durant laquelle le peuple d’Israël est placé dans la sujétion des nations. Le Seigneur indique que Jérusalem sera «foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis» (Luc 21:24).

Ces temps ont commencé au moment où, dans son gouvernement envers Israël, Dieu dut livrer son peuple entre les mains des nations. Le temple fut détruit, de même que la muraille de Jérusalem. La ville fut brûlée, ses trésors emportés, et le peuple qui avait échappé à l’épée fut emmené en captivité à Babylone. La sentence «Lo-Ammi», c’est-à-dire «pas mon peuple», annoncée un siècle plus tôt par Osée, entra en vigueur.

Les temps des nations se termineront lorsque le résidu juif fidèle, reconstitué à travers les terribles jugements apocalyptiques, entrera dans la bénédiction du Millénium. Israël sera de nouveau reconnu comme étant le peuple de l’Éternel. «Je dirai à Lo-Ammi : Tu es mon peuple, et il me dira : Mon Dieu» (voir Osée 1:9 ; 2:23).

Lors de l’introduction des temps des nations, Dieu est appelé du nom caractéristique de Dieu des cieux. On le trouve plusieurs fois dans les livres d’Esdras, Néhémie et Daniel. Au moment où Israël avait franchi le Jourdain pour prendre possession du pays de Canaan, Dieu s’était manifesté comme le Seigneur de toute la terre (Jos. 3:11). Maintenant que le trône de David, qui était «le trône de l’Éternel» (selon 1 Chron. 28:5 et 29:23), était renversé, Dieu se retirait en quelque sorte dans les cieux, pour un temps.

Les quatre grands empires des nations (babylonien, médo-perse, grec et romain) se sont succédé. L’empire romain connaît actuellement une longue éclipse (correspondant à peu près au temps de l’Église). Mais il se reconstituera (Apoc. 13). Puis les temps des nations prendront fin, et Christ établira son règne glorieux (Apoc. 19:11-21). «Le Dieu des cieux établira un royaume qui ne sera jamais détruit» (Dan. 2:44) (*).

(*) Les prophéties de l’Ancien Testament ne parlent pas de la disparition temporaire et de la réapparition de l’empire romain, ni des événements qui se situent entre les deux. En revanche elles donnent beaucoup de détails sur ce qui précède et sur ce qui suit.

4.5   Le gouvernement confié à l’homme

Relativement au gouvernement confié à l’homme sur la terre au cours de tous les temps, on peut observer les étapes suivantes :

 — Dans un sens, il a été confié à Adam (bien qu’à ce moment-là il ait été le seul homme au monde). En effet, Dieu lui dit : «Remplissez la terre et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur tout être vivant qui se meut sur la terre» (Gen. 1:28).

 — De façon plus formelle, le gouvernement a été confié à Noé, après le déluge, lorsque Dieu a institué la peine de mort pour le meurtrier (Gen. 9:2-6).

 — Un véritable gouvernement d’origine divine a été établi lorsque Dieu a institué son trône en Israël, en David et en Salomon, bien que ce soit sur une partie limitée de la terre (cf. 1 Chron. 28:5 et 29:23 cités plus haut). Mais cet état de choses a pris fin lorsque Juda a été déporté à Babylone.

 — À ce moment, Dieu a institué un gouvernement universel de la terre, et l’a confié aux nations. C’est précisément cela qui marque le début du temps des nations. Les paroles que Daniel adresse à Nebucadnetsar lors de l’interprétation de son premier songe rappellent celles qui avaient été dites à Adam. Les voici : «Toi, ô roi, tu es le roi des rois, auquel le Dieu des cieux a donné le royaume, la puissance, et la force, et la gloire ; et partout où habitent les fils des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux des cieux, il les a mis entre tes mains et t’a fait dominer sur eux tous» (Dan. 2:37, 38). Cependant, pas plus qu’Adam, que Noé ou Salomon, les souverains des nations n’ont pu assumer fidèlement leur tâche.

 — C’est la raison pour laquelle le premier homme, quel qu’il soit, doit être remplacé par le second homme (1 Cor. 15:47). Et là où le premier n’aura manifesté qu’infidélité et faillite, le second accomplira parfaitement tous les desseins de Dieu. C’est de lui que parle le psaume 8 : «Qu’est-ce que l’homme, que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, que tu le visites ? Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur ; tu l’as fait dominer sur les oeuvres de tes mains ; tu as mis toutes choses sous ses pieds ; les brebis et les boeufs, tous ensemble, et aussi les bêtes des champs, l’oiseau des cieux, et les poissons de la mer» (v. 4-8). Ces paroles, encore, rappellent ce qui avait été dit à Adam.

4.6   Le résidu juif au début du christianisme

Les prophètes de l’Ancien Testament nous parlent du résidu d’Israël qui jouera un rôle de premier plan aux derniers jours (És. 4:2-4 ; 10:20-23 ; 11:11, 12 ; Soph. 3:12, 13...). Ce sont les réchappés ou les réchappés de l’épée (És. 4:2 ; 10:20 ; Jér. 31:2 ; Joël 2:32). Dans un temps où la grande masse d’Israël se sera détournée de Dieu et sera l’objet de son jugement, ce sont ceux dont Dieu aura touché le coeur et qu’il aura amenés à la repentance. Dieu les reconnaîtra comme étant son peuple, et après les tribulations, ils entreront dans les bénédictions du Millénium.

À son début, l’assemblée chrétienne n’était composée que de juifs croyants. Or l’Écriture les considère comme constituant le résidu juif à ce moment-là. Plus tard, des croyants d’entre les nations ont été amenés à la foi, de sorte que le résidu juif s’est fondu dans l’Église.

En Actes 2, l’apôtre Pierre termine sa première prédication en invitant les juifs qui l’écoutaient à se repentir et à être «baptisés au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés» (v. 38). Ils recevraient alors «le don du Saint Esprit», car, ajoute-t-il, «à vous est la promesse et à vos enfants» (allusion aux promesses faites à Israël), «et à tous ceux qui sont loin» (allusion aux nations qui devaient participer aux bénédictions d’Israël) (v. 39). Pierre continue en leur disant : «Sauvez-vous de cette génération perverse» (v. 40). Le jugement divin était suspendu sur la nation juive ; et il s’est exécuté par la destruction de Jérusalem en l’an 70. Les Juifs qui avaient reçu Jésus devaient se séparer de la nation coupable, se désolidariser d’avec elle, et le montrer en étant baptisés pour Christ. Ils appartiendraient maintenant à une autre sphère. À la fin de ce chapitre 2, nous lisons : «Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés» (v. 47). Comme nous l’indique une note à ce verset, ceux qui sont ajoutés à l’assemblée chrétienne, ce sont «les épargnés», c’est-à-dire ceux que Dieu épargne au moment où la nation juive apostate est jugée. Il est hors de doute que, dans tous les temps du christianisme, ceux qui croient au Seigneur Jésus sont ajoutés à l’assemblée, mais ce verset 47 nous présente ce fait quant à ceux qui constituaient le résidu d’Israël à ce moment-là.

L’apôtre Pierre adresse ses épîtres aux croyants juifs qui étaient dans «la dispersion» (il y avait des juifs dispersés sur toute la terre depuis la déportation à Babylone, et un certain nombre d’entre eux avait reçu l’évangile). Pierre leur dit : «...vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde» (1 Pierre 2:10). C’est une allusion évidente à la prophétie d’Osée. À cause de ses péchés, Israël est tombé sous la sentence «Lo-Rukhama» et «Lo-Ammi» (pas miséricorde et pas mon peuple) (Osée 1:6-9). Mais cet oracle annonçait aussi la restauration : «Il arrivera que, dans le lieu où il leur a été dit : Vous n’êtes pas mon peuple, il leur sera dit : Fils du Dieu vivant» (1:10) et «Je ferai miséricorde à Lo-Rukhama, et je dirai à Lo-Ammi : Tu es mon peuple, et il me dira : Mon Dieu» (2:23). Pierre applique donc aux Juifs croyants de son époque les prophéties qui concernent le résidu juif des derniers temps.

L’apôtre Paul fait de même. À la question : «Dieu a-t-il rejeté son peuple ?» (Rom. 11:1), il donne une réponse détaillée dans ce chapitre 11. D’une part, dans un jour futur, «le Libérateur viendra de Sion» et «il détournera de Jacob l’impiété», «car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir» (v. 26, 29). Et d’autre part, aux jours où Paul écrivait, les Juifs qui individuellement recevaient l’évangile étaient au bénéfice des bénédictions spirituelles que le Messie devait apporter. Ils constituaient alors le résidu d’Israël. «Ainsi donc, au temps actuel aussi — dit l’apôtre, — il y a un résidu selon l’élection de la grâce» (v. 5).

Ainsi, nous pouvons admirer la sagesse de Dieu qui a merveilleusement allié l’accomplissement de ses anciennes promesses à l’égard des fidèles en Israël et l’introduction de cette chose nouvelle qu’était l’assemblée chrétienne. Cependant, les Juifs qui avaient cru en Jésus ont eu beaucoup de peine à se libérer du judaïsme. Ils s’attachaient avec raison aux promesses de l’Ancien Testament, mais à tort aux ordonnances et aux cérémonies lévitiques. On les voit se rendre encore au temple à Jérusalem (Act. 2:46 ; 3:1 ; 5:42). Ils étaient «tous zélés pour la loi», vivaient «selon les coutumes», circoncisaient leurs enfants, et même offraient des sacrifices (Act. 21:20-26). Ce à quoi ils semblent avoir eu le plus de peine à renoncer, c’est à l’idée de la différence entre leur race et toutes les autres. Or le christianisme effaçait cette différence (Act. 10 et 11 ; Gal. 3:28 ; Col. 3:11). La patiente grâce de Dieu a supporté un temps ce mélange de christianisme et de judaïsme, pour autant qu’il se soit limité à un état de fait et ne soit pas enseigné comme doctrine (*). Par son exhortation à sortir vers Christ «hors du camp», l’épître aux Hébreux presse les Israélites à quitter résolument le camp juif, le système religieux qui avait son centre à Jérusalem (Héb. 13:13).

(*) Cette distinction est importante. Paul lui-même circoncit Timothée «à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là» (Act. 16:3). Pour les Juifs, il était devenu comme Juif, afin de gagner les Juifs, et pour ceux qui étaient sous la loi, comme s’il était lui-même sous la loi, afin de les gagner (1 Cor. 9:20). Mais quand des gens exigent des chrétiens qu’ils soient circoncis et qu’ils gardent la loi, il leur résiste avec la dernière énergie, disant qu’ils «veulent pervertir l’évangile du Christ» (Gal. 1:7 ; 2:4 ; 5:2-4, 12). Voir aussi Actes 15.

4.7   La mise de côté d’Israël

La Parole nous la montre sous deux aspects :

1° Tout d’abord, au niveau du gouvernement de la terre, Israël est mis de côté pour toute la durée du temps des nations. À partir de la déportation à Babylone, il n’y a plus de royauté en Israël.

2° Cependant, depuis le début de ce temps jusqu’à la venue de Christ comme homme sur la terre, les relations de Dieu avec son peuple n’étaient pas complètement rompues. Après les soixante-dix ans de captivité à Babylone, Dieu a ramené un résidu de Juda dans sa terre. Il a produit le réveil spirituel remarquable qui est décrit dans les livres d’Esdras et de Néhémie. Puis, suprême grâce, il a envoyé son Fils. Le Messie s’est présenté à Israël pour être reçu, si ce peuple le voulait. Durant toute cette période, Israël était bien dans une position d’assujettissement aux nations, mais malgré le décret de «Lo-Ammi», Dieu s’occupait encore de lui. La longue épreuve de l’homme qui devait être faite avec Israël n’était pas encore terminée.

Finalement, après le rejet du Fils de Dieu, suivi du rejet du témoignage du Saint Esprit dans les premiers jours du christianisme, Israël fut complètement mis de côté. Paul et Barnabas disent aux juifs d’Antioche de Pisidie : «C’était à vous premièrement qu’il fallait annoncer la parole de Dieu ; mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les nations» (Act. 13:46).

Dans le chapitre 11 de l’épître aux Romains, l’apôtre explique : «Par leur chute, le salut parvient aux nations pour les exciter à la jalousie» (v. 11). «Un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée» (v. 25), c’est-à-dire jusqu’à ce que soient entrés dans les bénédictions du christianisme tous les croyants d’entre les nations. Durant la période de l’Église, la mise de côté d’Israël comme peuple est donc totale. Des âmes peuvent être sauvées individuellement, mais pour tous ceux qui ont été «baptisés» pour Christ, «il n’y a ni Juif, ni Grec» (Gal. 3:28). Et Paul ajoute, en s’adressant à des gens des nations : «Si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d’Abraham, héritiers selon la promesse» (v. 29). Jean le Baptiseur l’avait dit : «Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham» (Luc 3:8).

4.8   Les premiers temps de l’Église

La lecture du livre des Actes et des épîtres nous fait voir qu’au début de l’histoire de l’Église, bien des choses étaient très différentes de ce que nous voyons aujourd’hui.

La présence des apôtres donnait à ce temps un caractère particulier. Ils étaient revêtus d’une autorité de la part du Seigneur pour maintenir l’ordre dans la maison de Dieu, et opéraient des signes caractéristiques de leur mission (2 Cor. 12:12 ; 13:10). Par leurs mains, des malades étaient guéris, des morts étaient ressuscités (Act. 2:43 ; 5:12 ; 9:32-43 ; 19:12 ; 20:12). Maintenant les apôtres ne sont plus, et le Seigneur ne leur a pas donné de successeurs ou de continuateurs.

En outre, le Nouveau Testament n’était pas encore écrit, et il ne l’a été que petit à petit. À cet égard, les chrétiens d’alors étaient moins riches que nous. Mais Dieu pourvoyait à ce manque en accordant des révélations, non seulement par le moyen des apôtres, mais, semble-t-il, par de simples croyants (1 Cor. 14:26, 30).

Sur le plan de l’état pratique, en revanche, nous voyons des assemblées dans un état infiniment meilleur qu’aujourd’hui. Elles marchaient dans la crainte du Seigneur, réalisaient l’unité, la paix et la communion, et elles prospéraient par l’action du Saint Esprit (Act. 2:42 ; 4:32 ; 5:12 ; 9:31). Que Dieu nous donne de désirer ardemment suivre leur exemple !

Mais s’il est hors de doute que l’état moral et spirituel de ces croyants est à rechercher, la question se pose de savoir si nous avons aussi à désirer le déploiement de puissance miraculeuse qui les caractérisait : guérisons, révélations, langues, etc. Nous trouvons un élément de réponse dans le fait remarquable que voici : de nombreuses fois dans les Écritures, lorsque Dieu introduit un nouvel état de choses, il le fait de façon glorieuse.

1° Lorsque la construction du tabernacle fut achevée, Dieu mit le sceau de son approbation sur ce qui venait d’être fait par une manifestation exceptionnelle de sa présence : «La gloire de l’Éternel remplit le tabernacle», de sorte que Moïse lui-même ne pouvait y entrer (Ex. 40:34).

2° Lorsque Aaron et ses fils eurent été établis dans leurs fonctions sacerdotales, «la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple ; et le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses ; et tout le peuple le vit, et ils poussèrent des cris de joie, et tombèrent sur leurs faces» (Lév. 9:23, 24). Ceci ne se reproduisit plus, jusqu’à ce qu’un nouveau sanctuaire de l’Éternel soit inauguré.

3° En effet, lorsque Salomon eut achevé le temple de l’Éternel à Jérusalem, Dieu témoigna explicitement qu’il y avait mis «la mémoire de son nom». «Le feu descendit des cieux et consuma l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Éternel remplit la maison. Et les sacrificateurs ne pouvaient entrer dans la maison de l’Éternel... Et tous les fils d’Israël, voyant descendre le feu,... s’inclinèrent le visage en terre» (2 Chron. 7:1-3).

4° Sur un autre plan, nous pouvons voir de quelle manière ont été inaugurées les conquêtes du pays de Canaan par les Israélites. La première conquête, celle de Jéricho, est marquée par une manière de faire absolument exceptionnelle : «Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour sept jours durant» (Héb. 11:30 ; cf. Jos. 6). Lors des conquêtes suivantes, Dieu conduisit encore son peuple à la victoire, mais pas d’une manière qui mettait sa toute-puissance autant en évidence. S’il fallait d’abord établir de façon indubitable que Dieu était au milieu de son peuple et combattait pour lui, il fallait aussi que les fils d’Israël «apprennent ce que c’est que la guerre» (Jug. 3:2).

5° Lorsque le Seigneur Jésus s’est présenté comme le Messie d’Israël, il a donné publiquement les preuves de sa gloire personnelle. Selon les prophéties de l’Ancien Testament, il devait être manifesté comme le Dieu qui pardonne les iniquités et qui guérit les infirmités (Ps. 103:3), comme Celui qui rassasie de pain ses pauvres (Ps. 132:15). Nous le voyons en effet guérir une multitude d’infirmes et nourrir des foules. Mais il n’a accompli que deux multiplications de pains. Et lorsque les hommes le recherchent dans le seul but de se nourrir, il refuse de les satisfaire (Jean 6:26).

6° De la même manière, la glorieuse dispensation de l’Église a été inaugurée par un déploiement extraordinaire de puissance. Dieu a ainsi mis son sceau sur le nouvel état de choses qu’introduisaient l’élévation de Christ dans la gloire et la descente du Saint Esprit sur la terre. Ce témoignage divin a été donné une fois au commencement.

La puissance de Dieu reste toujours la même, c’est vrai. Et Dieu est souverain pour intervenir comme il le veut et quand il le veut. Mais vouloir que les signes caractéristiques du début de cette dispensation se manifestent tout au long de celle-ci, n’est pas en accord avec l’enseignement général des Écritures.

 

5                    Chapitre 4 — Les alliances

On trouve dans les Écritures plusieurs alliances établies par Dieu avec l’homme.

La première est celle que Dieu a faite avec Noé et ses fils, après le déluge. Dieu s’est engagé à ne plus détruire la terre par un déluge, et comme signe de cet engagement, il a mis son arc dans la nuée (Gen. 9:8-17).

Toutes les autres alliances concernent Abraham ou sa descendance terrestre (Rom. 9:4 ; Éph. 2:12). Trois alliances successives caractérisent les voies de Dieu envers cette famille privilégiée :

 — l’alliance faite avec Abraham,

 — l’ancienne alliance, conclue avec Israël au Sinaï, lors de sa délivrance d’Égypte,

 — la nouvelle alliance, promise à Israël pour un temps qui est encore futur.

La relation de Dieu, ou du Seigneur Jésus, avec les croyants de l’époque actuelle n’est pas une alliance ; elle n’est pas appelée ainsi dans l’Écriture.

5.1   L’alliance faite avec Abraham

Son point de départ est l’appel d’Abraham, alors qu’il était encore à Ur des Chaldéens (Gen. 12:1-3). L’alliance elle-même est formellement établie au chapitre 15 de la Genèse (v. 18). Elle est confirmée au chapitre 17 (v. 1-22) et étendue au chapitre 22 (v. 15-18). La circoncision en est le signe. Cette alliance a le caractère d’une promesse de Dieu, d’une promesse inconditionnelle (Gal. 3:15-17). En outre, c’est une alliance perpétuelle (Gen.17:7, 13, 19 ; Ps. 105:10). Celle qui sera conclue plus tard au Sinaï avec le peuple d’Israël en est une suite — avec des différences essentielles, — mais elle ne saurait annuler la première. L’Écriture le souligne expressément en Galates 3:17 : «La loi, qui est survenue 430 ans après, n’annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet».

Dans sa prédication de l’évangile aux Juifs, en Actes 3, Pierre considère ceux auxquels il s’adresse comme les «fils de l’alliance» que Dieu a établie avec Abraham (v. 25). Les bénédictions que Christ leur apporte sont donc l’accomplissement des promesses divines au patriarche.

5.2   L’ancienne alliance

Elle intervient au début de l’histoire d’Israël comme peuple, sitôt après sa délivrance d’Égypte. Elle est intimement liée à la loi : les dix commandements sont appelés «les paroles de l’alliance» (Ex. 34:28). Nous avons le récit de son institution formelle en Exode 24:1-8. Moïse lit les commandements de Dieu au peuple, qui s’engage à y obéir. Des sacrifices sont offerts et il est fait aspersion de leur sang sur le peuple. C’est «le sang de l’alliance» (v. 8 ; cf. Héb. 9:18-20). Ce signe de mort évoque la sanction pénale qui s’attache à la transgression de la loi.

Ce qui rend cette alliance essentiellement différente de la précédente, c’est qu’elle est un engagement bilatéral. La bénédiction du peuple est maintenant conditionnelle. Dieu dit : «Si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez en propre d’entre tous les peuples...» (Ex. 19:5). Et Israël, après avoir entendu les commandements, répond d’une seule voix : «Toutes les paroles que l’Éternel a dites, nous les ferons» (24:3).

Tout au long de son histoire, le peuple sera rappelé à cette alliance par la voix des prophètes. Des rois pieux, tels qu’Ézéchias ou Josias, la renouvelleront en y faisant entrer le peuple (2 Chron. 29:10 ; 34:31, 32). Esdras et Néhémie de même, en établissant un écrit et en y apposant des sceaux (Néh. 9:38 et chapitre suivant). Peine perdue ! Neuf siècles d’épreuve de ce peuple mettront en évidence l’incapacité totale de l’homme à garder la loi divine. Ils manifesteront aussi, pour notre consolation, l’immense patience de Dieu.

Finalement, cette patience arrive à son terme, et Dieu rejette son peuple. Mais à l’époque même où cela a lieu, où Jérusalem est détruite et où ce qui reste du peuple est emmené en captivité à Babylone, Dieu annonce par la bouche de Jérémie qu’il établira avec Israël une nouvelle alliance, d’un caractère tout différent de la première.

5.3   La nouvelle alliance

«Voici, des jours viennent, dit l’Éternel, et j’établirai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une nouvelle alliance, non selon l’alliance que je fis avec leurs pères, au jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, mon alliance qu’ils ont rompue, quoique je les eusse épousés...» (Jér. 31:31-34). Ce passage capital, cité in extenso en Hébreux 8 et commenté au chapitre suivant, met l’accent sur le fait que la nouvelle alliance est établie sur une tout autre base que l’ancienne.

D’abord, c’est une alliance à un seul contractant, comme celle que Dieu avait faite avec Abraham. Mais elle va plus loin.

Elle est fondée sur l’oeuvre de Dieu lui-même dans les coeurs : «Je mettrai ma loi au-dedans d’eux, et je l’écrirai sur leur coeur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple» (v. 33). Sous la première alliance, comme aussi dans la famille d’Abraham, la relation avec Dieu pouvait n’être qu’extérieure. Le peuple d’Israël a pu compter — tout au moins à certaines époques — une multitude de personnes dont le coeur était éloigné de Dieu, alors qu’un bien petit nombre seulement avaient la foi et le craignaient. Dans les temps glorieux qu’annonce le prophète, il n’en sera pas ainsi : «ils n’enseigneront plus chacun son prochain, et chacun son frère, disant : Connaissez l’Éternel ; car ils me connaîtront tous, depuis le petit... jusqu’au grand» (v. 34). En ce jour-là, «la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer» (És. 11:9).

De plus, la nouvelle alliance est fondée, comme l’indique Hébreux 9:14 à 17, sur la mort de Christ à la croix ; son sang est «le sang de la nouvelle alliance (*)» (Marc 14:24). C’est sur cette base que Dieu pourra accorder aux siens un pardon entier : «Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché» (Jér. 31:34).

(*) Le fait que le Seigneur emploie une expression en rapport avec Israël n’a rien d’étonnant. Dans les versets précédents, il a célébré la pâque avec ses disciples et au verset suivant il parle du royaume de Dieu. Les enseignements du Seigneur dans les évangiles, surtout dans les trois premiers, sont essentiellement dans un cadre juif.

Les bénédictions qu’apportera cette alliance sont moralement très proches de l’évangile de la grâce tel que nous le connaissons, mais la nouvelle alliance elle-même sera faite avec Israël, comme le précisent les passages de Jérémie 31 et de Hébreux 8 : «J’établirai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda...», «je conclurai pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda...». Il n’est jamais question d’alliance avec l’Église. Ceux qui croient en Jésus aujourd’hui sont retirés soit d’entre les Juifs soit d’entre les nations pour constituer l’assemblée. Ils sont individuellement au bénéfice des bénédictions spirituelles de la nouvelle alliance, mais en aucune manière des bénédictions terrestres qu’elle apportera.

Et ces dernières sont entièrement futures. Bien que le sang de la nouvelle alliance ait été versé, la relation actuelle d’Israël avec Dieu est celle d’un peuple mis de côté pour un temps. Ce peuple est encore «Lo-Ammi» (cf. Osée 1:9 et 2:23). «Leurs entendements ont été endurcis, car jusqu’à aujourd’hui, dans la lecture de l’ancienne alliance, ce même voile demeure sans être levé, lequel prend fin en Christ. Mais jusqu’à aujourd’hui, lorsque Moïse est lu, le voile demeure sur leur coeur ; mais quand il se tournera vers le Seigneur, le voile sera ôté» (2 Cor. 3:14, 15) (*).

(*) Au verset 6 du même chapitre, l’apôtre Paul s’intitule ministre de la nouvelle alliance. Au verset 14 il parle de la lecture de l’ancienne alliance. Il n’est pas sans intérêt de remarquer qu’en grec, comme le signale une note à Hébreux 9:16, alliance et testament sont le même mot. Ainsi, ce passage de 2 Corinthiens 3, comme celui de Hébreux 9, peuvent bien être à l’origine des appellations Ancien et Nouveau Testament. Ce qui ne veut certainement pas dire que nous devions identifier ces deux parties de la Bible à l’ancienne et à la nouvelle alliance !

Le prophète Ézéchiel, à peu près contemporain de Jérémie, parle aussi de la nouvelle alliance : «Je ferai avec eux une alliance de paix ; ce sera, avec eux, une alliance éternelle» (37:26). Dans cette partie de son livre, il annonce le retour d’Israël dans sa terre (34:13), son rétablissement comme peuple de Dieu (34:30), l’oeuvre de Dieu dans les coeurs, ôtant le «coeur de pierre» et donnant un «coeur de chair» (36:26) ; il annonce le règne du Messie (34:23 ; 37:24) et le sanctuaire de l’Éternel de nouveau au milieu d’Israël, et cela pour toujours (37:26). Ces passages montrent clairement que la nouvelle alliance ne sera véritablement effective que dans un jour à venir, même si «le sang de la nouvelle alliance» a déjà été répandu.

Rappelons que les bénédictions de l’Église, ou de ceux qui la composent, dépassent celles de la nouvelle alliance. L’union des croyants avec Christ par le Saint Esprit, telle qu’elle est décrite notamment dans l’épître aux Éphésiens, est un privilège exclusif des chrétiens. En outre, les croyants de l’époque actuelle sont des étrangers sur la terre ; ils suivent un Sauveur rejeté et méprisé du monde. Le résidu d’Israël qui héritera du royaume millénaire, de même que les gens des nations qui y auront part, n’y seront nullement des étrangers. Sur une terre purifiée par les jugements, ils seront les sujets d’un Christ glorieux dont l’autorité sera reconnue de tous.

5.4   Liens entre ces trois alliances

Les trois alliances que nous venons de considérer correspondent à trois dispensations de Dieu envers Israël ou ses ascendants directs : celle des patriarches, celle de la loi, et le Millénium. Malgré les grandes différences qu’il y a entre ces alliances et ces dispensations, on discerne dans la succession des alliances le développement des merveilleux desseins de Dieu. Vues ensemble, elles nous présentent cette mise à part, cette bénédiction, qui plonge ses racines dans les promesses faites à Abraham, qui se manifeste au cours de l’histoire passée d’Israël, en dépit de ses infidélités, et qui s’épanouit pleinement dans le Millénium. Dans plusieurs passages de l’Écriture, l’alliance de Dieu avec Abraham est présentée comme l’origine de toutes les bénédictions d’Israël, qu’il s’agisse de sa délivrance d’Égypte et de son introduction dans le pays promis, ou de sa restauration future.

C’est ainsi que nous lisons au début de l’Exode : «Dieu ouït leur gémissement, et Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, avec Isaac et avec Jacob. Et Dieu regarda les fils d’Israël, et Dieu connut leur état» (2:24, 25). «J’ai aussi entendu le gémissement des fils d’Israël, que les Égyptiens font servir, et je me suis souvenu de mon alliance» (6:5).

En Lévitique 26 déjà, après la description de la faillite d’Israël sur le terrain de sa responsabilité, la restauration finale du peuple est annoncée. Et Dieu relie celle-ci aux promesses faites aux patriarches : «Je me souviendrai de mon alliance avec Jacob, et aussi de mon alliance avec Isaac, et... de mon alliance avec Abraham, et je me souviendrai de la terre» (v. 42). De la même manière, on lit dans un prophète : «Tu accompliras envers Jacob ta vérité, envers Abraham ta bonté, que tu as jurées à nos pères dès les jours d’autrefois» (Michée 7:20). Voir aussi Luc 1:72.

Mais cette restauration finale du peuple, c’est-à-dire les bénédictions de la nouvelle alliance, sont aussi reliées à l’ancienne alliance. Non pas, bien sûr, à la responsabilité de l’homme sous la loi, mais au déploiement de la bonté de Dieu envers ceux qu’il avait rachetés et dont il avait bien voulu faire son peuple. «Même alors, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les mépriserai pas et je ne les aurai pas en horreur pour en finir avec eux, pour rompre mon alliance avec eux ; car moi, je suis l’Éternel, leur Dieu ; et je me souviendrai en leur faveur de l’alliance faite avec leurs ancêtres, lesquels j’ai fait sortir du pays d’Égypte, sous les yeux des nations, pour être leur Dieu» (Lév. 26:44, 45). «Je me souviendrai de mon alliance avec toi dans les jours de ta jeunesse, et j’établirai pour toi une alliance éternelle» (Ézéch. 16:60).

Du côté du peuple, la faillite : «Ils ont transgressé les lois, changé le statut, violé l’alliance éternelle» (És. 24:5) ; mais du côté de Dieu, le triomphe de la grâce : «Car les montagnes se retireraient et les collines seraient ébranlées, que ma bonté ne se retirerait pas d’avec toi, et que mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, dit l’Éternel, qui a compassion de toi» (És. 54:10).

5.5   L’alliance avec David

Cependant, la bénédiction finale d’Israël est inséparable de ce que Dieu appelle : mon alliance avec David.

Historiquement, cette alliance nous est présentée en 2 Samuel 7 (ou 1 Chroniques 17). Le roi la rappelle dans ses «dernières paroles» : «Il a établi avec moi une alliance éternelle, à tous égards bien ordonnée et assurée, car c’est là tout mon salut et tout mon plaisir, quoiqu’il ne la fasse pas germer» (2 Sam. 23:5). C’est une alliance de caractère inconditionnel, comme celle que Dieu a faite avec Abraham : «J’ai fait alliance avec mon élu, j’ai juré à David, mon serviteur : J’établirai ta semence pour toujours, et j’édifierai ton trône de génération en génération... Je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre. Je lui garderai ma bonté à toujours, et mon alliance lui sera assurée... Si ses fils abandonnent ma loi et ne marchent pas dans mes ordonnances... je visiterai leur transgression avec la verge... mais je ne retirerai pas de lui ma bonté... Je ne violerai point mon alliance, et je ne changerai pas ce qui est sorti de mes lèvres» (Ps. 89:3, 4, 27-34).

Les descendants de David qui se sont succédé sur le trône ont, à de rares exceptions près, contribué à la ruine d’Israël ; ils n’ont pas amené la bénédiction promise, bien au contraire ! Mais il en sera autrement du «rejeton» qui sortira «du tronc d’Isaï», quand l’Éternel «rassemblera les exilés d’Israël, et réunira les dispersés de Juda, des quatre bouts de la terre» (És. 11:1-12 — lire tout le passage). C’est par le moyen du Messie que la bénédiction parviendra à Israël : «Je ferai avec vous une alliance éternelle, les grâces assurées de David» (És. 55:3). À plus d’une reprise, les prophètes rappellent cette alliance avec David, inséparable de la nouvelle alliance : «En ces jours-là et en ce temps-là, je ferai germer à David un Germe de justice, et il exercera le jugement et la justice dans le pays» (Jér. 33:15 — voir aussi v. 16-26). «Et je susciterai sur eux un pasteur qui les paîtra, mon serviteur David : lui les paîtra, et lui sera leur pasteur. Et moi, l’Éternel, je serai leur Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d’eux... Et je ferai avec eux une alliance de paix» (Ézéch. 34:23-25 — voir aussi 37:24-27).

 

6                    Chapitre 5 — Le royaume de Dieu

6.1   Introduction

Dieu, parce qu’il est Dieu, le Créateur, possède l’autorité sur toutes choses. En tout temps, il tient tout entre ses mains. Dans ce sens, il est parfois appelé Roi, et son autorité royaume (cf. Ps. 22:28 ; 103:19 ; Dan. 4:3, 34, 37). Mais les mots royaume de Dieu évoquent quelque chose qui n’a pas été de tout temps. Il était dans les plans de Dieu d’établir son autorité sur la terre, de manière qu’elle y soit reconnue publiquement et officiellement. Et c’est entre les mains du Fils de l’homme qu’il veut la placer, selon le psaume 8. Le royaume de Dieu est la réalisation de ce dessein.

Les expressions «royaume de Dieu» (*), «royaume des cieux», «mon royaume», etc. sont fréquentes dans le Nouveau Testament, tout particulièrement dans la bouche du Seigneur. On peut être quelque peu déconcerté par leur apparente diversité de sens. Quand nous lisons : «Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point» (Marc 10:15), nos pensées se portent sur le ciel. Quand nous lisons les paraboles de Matthieu 13 : «Le royaume des cieux est semblable à un grain de moutarde... à du levain... à un trésor caché... à un marchand qui cherche de belles perles...», nos pensées s’orientent vers l’état actuel de la chrétienté ou vers l’Église. Quand nous entendons le Seigneur dire à ses disciples : «Et moi, je vous confère un royaume comme mon Père m’en a conféré un, afin que... vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d’Israël» (Luc 22:29), nous pensons au Millénium.

(*) Beaucoup de paroles du Seigneur sont rapportées dans Matthieu avec «royaume des cieux» et dans un autre évangile avec «royaume de Dieu». Cela suffit pour indiquer que le sens général de ces expressions est le même. Nous dirons quelques mots plus loin sur ce qui distingue leur emploi.

Les choses s’éclairent lorsqu’on saisit que le royaume de Dieu est intimement lié à la venue de Christ sur la terre. C’est, selon les prophéties de l’Ancien Testament, l’ère qui doit être introduite par la venue du Messie pour Israël, et par la domination universelle du Fils de l’homme. Cette ère est caractérisée par l’autorité de Dieu établie et reconnue officiellement sur la terre, et par une abondance de bénédictions.

Lors de sa première venue, le Seigneur Jésus proclame que le temps est accompli et que le royaume de Dieu s’est approché. Mais voilà que le Roi est rejeté et crucifié. Un état de choses nouveau, que l’Ancien Testament n’avait pas révélé, est alors introduit. Le royaume est établi sous une forme mystérieuse et transitoire, le Roi étant dans le ciel, et ses sujets sur la terre. Pendant ce temps, les droits du Roi ne sont reconnus que de ceux qui l’ont reçu par la foi, et eux-mêmes sont des étrangers sur la terre. Les Juifs perdent pour un temps leurs privilèges particuliers et le salut est offert à toutes les nations. L’Église se constitue.

Après le temps de l’Église, par la seconde venue de Christ — sa venue avec puissance et avec gloire — les plans de Dieu concernant le royaume s’accomplissent en plénitude.

Le sujet du royaume est donc étroitement lié à celui des dispensations.

 — Durant la dispensation de la loi, le royaume est annoncé comme une chose future.

 — Durant la vie du Seigneur sur la terre, le royaume est proposé, mais rejeté : «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous» (Luc 19:14). Le plein accomplissement du royaume est différé.

 — Durant le temps de l’Église, le royaume existe, mais sous une forme mystérieuse. Israël comme peuple est mis de côté pour un temps, et l’évangile est prêché à toutes les nations.

 — Lors du Millénium, le royaume est établi en gloire. C’est le temps du «rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (Act. 3:21), la glorieuse réponse de Dieu à l’introduction du péché dans le monde.

6.2   L’annonce du royaume, dans l’Ancien Testament

Après le premier roi d’Israël — Saül, le roi selon le coeur de l’homme — Dieu choisit David, «un homme selon son coeur», et lui donne la royauté sur son peuple. Il agit envers lui selon sa grâce souveraine. Non seulement il comble David de ses faveurs, mais il fait une alliance avec lui — une alliance inconditionnelle, comme celle qu’il avait faite avec Abraham. Il lui dit : «Quand tes jours seront accomplis et que tu dormiras avec tes pères, je susciterai après toi ta semence... et j’affermirai son royaume. Lui, bâtira une maison à mon nom ; et j’affermirai le trône de son royaume pour toujours. Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils... Et ta maison et ton royaume seront rendus stables à toujours devant toi, ton trône sera affermi pour toujours» (2 Sam. 7:12-16). Salomon a bien eu le privilège d’hériter du trône de David et de bâtir une maison pour l’Éternel, mais la fin de son règne a été une faillite. Et ses descendants n’ont eu la royauté que pendant quelques siècles. Ce n’est qu’en Christ, le Fils de Dieu, que les promesses faites à David se réaliseront parfaitement. Dans le récit de 1 Chroniques 17, parallèle à celui de 2 Samuel 7, l’Éternel ne dit pas seulement ton royaume (celui de David) et son royaume (celui du fils de David), mais mon royaume (v. 14). Le royaume de David et celui de son fils s’identifient avec le «royaume de l’Éternel» (cf. 1 Chron. 28:5).

Le prophète Daniel nous conduit plus loin. Tout d’abord, par l’interprétation du songe de la grande statue aux pieds de fer et d’argile, il nous montre toutes les autorités terrestres définitivement balayées devant celle que Dieu établira : «Et dans les jours de ces rois, le Dieu des cieux établira un royaume qui ne sera jamais détruit ; et ce royaume ne passera point à un autre peuple ; il broiera et détruira tous ces royaumes, mais lui, il subsistera à toujours» (Dan. 2:44). Ensuite, au chapitre 7, le prophète nous fait voir «quelqu’un comme un fils d’homme» s’approchant de «l’Ancien des jours» et recevant «la domination, et l’honneur, et la royauté», pour que tous les peuples, les peuplades et les langues, le servent. «Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit» (v. 13, 14). Celui qui règne ici, ce n’est plus le Fils de David (bien que ce soit la même personne), c’est le Fils de l’homme. L’étendue de sa domination, ce n’est plus Israël et les nations voisines, c’est toute la terre. Le même chapitre 7 nous montre en outre «des saints» qui reçoivent et qui possèdent le royaume (v. 18, 22, 27).

L’Ancien Testament ne va pas au-delà de ce règne glorieux, et utilise pour le décrire les expressions «éternel», «à jamais», «qui subsiste à toujours», «qui n’est jamais détruit». Ce royaume n’aura pas de fin, dans le sens que rien sur la terre ne pourra en arrêter le cours. Nous savons par le Nouveau Testament qu’il durera mille ans (Apoc. 20:1-7), d’où son nom de Millénium.

De nombreuses prophéties décrivent ce règne de justice et de paix sous le sceptre du Messie (voir, entre autres passages, Psaume 101, Ésaïe 2:2-4 et 11:1-10, Jérémie 32:37 à 33:18, Ézéchiel 40 à 48). C’est la bénédiction finale de la terre, introduite par le jugement de tout ce qui s’oppose à Dieu. En fait, l’Ancien Testament lie tout ce que Dieu peut avoir en réserve pour ses saints — la bénédiction, la vie, le bonheur, la gloire — à ce royaume qu’il établira sur la terre.

6.3   La prédication du royaume, dans les Évangiles

Ce qui précède explique le sens général que l’expression royaume de Dieu a encore dans le Nouveau Testament. Dans ce sens général, les expressions «entrer dans le royaume», «hériter de la vie éternelle» et «être sauvé» sont pratiquement équivalentes. On le voit par exemple dans l’histoire du jeune homme riche. Il s’informe pour savoir ce qu’il doit faire pour «avoir la vie éternelle» ; le Seigneur lui parle «d’entrer dans la vie», puis il dit aux disciples la difficulté pour un riche «d’entrer dans le royaume de Dieu» ; les disciples se demandent alors qui peut «être sauvé» ; dans sa conclusion, le Seigneur parle «d’hériter de la vie éternelle» (Matt. 19:16, 17, 23, 24, 25, 29). Dans les épîtres, l’expression «hériter du royaume de Dieu» est aussi employée dans le même sens (cf. 1 Cor. 6:9, 10 ; Gal. 5:21).

Lorsque le Seigneur Jésus est venu sur la terre, l’empire romain (celui que représentent les pieds de la statue de Daniel 2) avait le pouvoir universel. Tout était prêt pour que «la pierre... détachée sans mains» broie la statue et devienne «une grande montagne qui remplit toute la terre», c’est-à-dire pour que le Christ établisse son règne.

L’ange annonce à Marie : «Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n’y aura pas de fin à son royaume» (Luc 1:32, 33). Sa venue est envisagée d’abord pour Israël.

Lorsque Jésus paraît, Jean le Baptiseur, puis le Seigneur lui-même, et enfin ses disciples, proclament le message : «Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché» (Matt. 3:2 ; 4:17 ;10:7). Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur explique les principes moraux du royaume (Matt. 5 à 7). Puis il va «par toutes les villes et par les villages, enseignant... et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute maladie et toute langueur» (9:35).

6.4   Le rejet du Roi

Mais très tôt l’hostilité des Juifs se manifeste, hostilité qui n’est d’ailleurs que celle de l’homme à l’égard de Dieu. «La lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1:5). Au patient travail d’amour du Seigneur, à sa bonté incomparable envers les malheureux, répond la dureté du coeur humain. Pourquoi ? — «Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises» (Jean 3:19).

L’évangile de Matthieu, tout particulièrement, nous montre l’historique de ce rejet. En raison de celui-ci, à partir du chapitre 13, le Seigneur expose par des paraboles ce qu’il appelle «les mystères du royaume des cieux» (13:11). Le Roi étant rejeté, le royaume prend une forme particulière, qui n’avait pas été révélée précédemment. Les enseignements du Christ vont être reçus par les uns et rejetés par les autres, de sorte que le monde va être semblable à un champ dans lequel l’ivraie est mêlée au bon grain (13:37, 38).

Le Roi va être caché dans les cieux pour un temps, objet de foi pour les siens. «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre», dit-il (28:18) ; mais cette autorité ne va être reconnue que par ceux qui l’ont reçu personnellement comme leur Sauveur. L’expression «royaume des cieux» évoque ce caractère particulier du royaume dont le Roi est dans le ciel, alors que ses sujets sont dans un monde qui, de façon générale, le rejette et les rejette. Déjà dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur parle de la récompense céleste et future de ceux qui sont actuellement persécutés à cause de la justice ou à cause de lui : «Votre récompense est grande dans les cieux», dit-il (Matt. 5:10-12). Ce monde traitera les disciples du royaume comme il a traité le Seigneur. Nous devons savoir que «c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu» (Act. 14:22).

6.5   La porte du royaume ouverte aux nations

Cependant, en raison du rejet du Messie par les Juifs, «le salut parvient aux nations» (Rom. 11:11). Dès le jour de la Pentecôte, la bonne nouvelle est proclamée dans toutes les langues. Elle est pour tous ; elle est aussi pour ceux qui étaient autrefois «sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde» (Éph. 2:12). Pierre, qui avait reçu du Seigneur «les clefs du royaume des cieux» (Matt. 16:19), en fait usage en faveur des nations lorsque Corneille et les siens sont publiquement unis aux croyants juifs (Act. 10). Et le livre des Actes nous montre en détail comment Dieu a «ouvert aux nations la porte de la foi» (14:27).

Depuis la Pentecôte, tous ceux qui croient sont retirés soit du peuple juif soit des nations auxquelles ils appartenaient, et constituent l’assemblée de Dieu. Mais en même temps, ils sont disciples du royaume. L’apôtre Paul dit aux anciens d’Éphèse qu’il a passé parmi eux «en prêchant le royaume de Dieu» (Act. 20:25). C’est un des aspects de sa prédication (cf. v. 21, 24, 27). Aux chrétiens de Rome, il enseigne que «le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint» (Rom. 14:17). En attendant le retour du Seigneur, nous avons à marcher «d’une manière digne de Dieu qui nous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire» (1 Thess. 2:12).

L’Église et le royaume sont deux choses différentes, mais tous ceux qui font partie de l’Église appartiennent au royaume. Ainsi, les caractères moraux que doivent porter les disciples du royaume, selon ce que le Seigneur Jésus a déjà enseigné dans les Évangiles, doivent être vus en nous.

Signalons une différence caractéristique entre le royaume et l’Église. Dans le royaume tel qu’il est décrit par la deuxième parabole de Matthieu 13, l’ivraie et le froment doivent «croître tous deux ensemble jusqu’à la moisson» (v. 30), c’est-à-dire jusqu’à «la consommation du siècle» (v. 39). Il en est ainsi parce que «le champ, c’est le monde» (v. 37). L’autorité du Roi n’est pas revendiquée sur le monde pendant toute cette période. Dans l’Église, il en est tout autrement. Le mal et «le méchant» doivent être ôtés de l’assemblée, «car le temple de Dieu est saint» (1 Cor. 5:7, 13 et 3:17). Pendant le temps de l’Église, évoqué par les sept assemblées d’Asie, le Fils de l’homme apparaît comme juge de ce qui se réclame de son nom (Apoc. 1:13). Plus tard, le même Fils de l’homme apparaît dans le ciel et lance «sa faucille sur la terre» parce que «l’heure de moissonner» est venue (Apoc. 14:15).

6.6   L’établissement du royaume de Dieu

On peut en distinguer trois étapes :

1° «Étant interrogé par les pharisiens quand viendrait le royaume de Dieu», le Seigneur leur répond : «Voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous» (Luc 17:20, 21). Il était là dans la personne du Roi. Ainsi qu’il l’avait dit aussi : «Si moi je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous» (Matt. 12:28).

2° Le royaume lui-même a été établi — sous la forme mystérieuse où le présentent les paraboles de Matthieu — dès l’élévation du Seigneur Jésus dans la gloire. Ceci est confirmé par Daniel 7:13, 14, où l’on voit le Fils de l’homme s’approcher de l’Ancien des jours et recevoir le royaume. De même, en Hébreux 2, Jésus est «couronné de gloire et d’honneur», Dieu «a assujetti toutes choses sous ses pieds», mais «nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties» (v. 7, 8).

3° Sous sa forme complète et glorieuse, le royaume ne paraîtra qu’après les jugements que nous décrit l’Apocalypse, dans les chapitres 6 à 19. L’empire romain aura été reconstitué, après une longue éclipse, pour permettre l’accomplissement exact de la prophétie de Daniel 2. L’établissement du règne est présenté de façon brève dans les versets 1 à 6 d’Apocalypse 20. Pendant les mille ans qu’il durera, Satan sera lié, dans l’impossibilité de séduire les hommes.

Cet état de félicité et de bénédiction incomparables comprendra non seulement la partie terrestre que l’Ancien Testament décrit abondamment, mais une partie céleste sur laquelle l’Écriture ne dit que peu de choses. Les croyants qui auront traversé les tribulations sans y laisser leur vie — c’est-à-dire le résidu juif et les gens des nations qui auront reçu l’évangile du royaume (Marc 13:10) — vivront cette période sur la terre. Par contre, les fidèles qui auront laissé leur vie «pour le témoignage de Jésus et pour la parole de Dieu» participeront à «la première résurrection» (Apoc. 20:4, 5). Avec les croyants qui auront été enlevés au ciel lors du retour du Seigneur, ils constitueront la partie céleste du royaume. C’est d’eux sans doute que le Seigneur parle lorsqu’il dit : «Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père» (Matt. 13:43). Et l’apôtre Paul dit : «Le Seigneur me délivrera de toute mauvaise oeuvre et me conservera pour son royaume céleste» (2 Tim. 4:18).

Aujourd’hui déjà, Christ a été «haut élevé», et a reçu «un nom au-dessus de tout nom».Mais en ce jour-là, «tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux» se ploiera devant lui, et «toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Phil. 2:8-11).

6.7   Le royaume remis à Dieu le Père

Les royaumes de la terre auront tous eu leur période de gloire, puis de déclin. Ils auront passé et fait place à d’autres royaumes, Dieu manifestant ainsi son jugement à l’égard de ceux qui les gouvernent (cf. Dan. 5:26-28 ; 7:11, 12). Mais bien différent sera le royaume de Christ. Après avoir évoqué les grands empires des nations, Daniel dit, en parlant du royaume donné au Fils de l’homme : «Et on lui donna la domination, et l’honneur, et la royauté, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues, le servent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit» (7:14).

Dans un sens, ce royaume est donc éternel. Ceux qui sont entrés «dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ» (2 Pierre 1:11) y sont certainement pour toujours. Et la gloire de Christ manifestée dans le royaume ne saurait avoir de fin.

Cependant l’Écriture nous montre les événements qui doivent arriver «quand les mille ans seront accomplis» (Apoc. 20:7 et suivants). En relation avec le sujet de la résurrection, l’apôtre Paul évoque le moment où Christ remettra le royaume à Dieu le Père (1 Cor. 15:24-28). Ce passage nous présente le royaume comme une administration confiée par Dieu à Christ, l’Homme de ses conseils. En lui confiant le royaume, Dieu lui assujettit toutes choses, selon la prophétie du psaume 8. Or ce n’est pas seulement d’une domination de principe qu’il s’agit, mais d’une domination effective. Ainsi, «il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds» (v. 25). Et «le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort» (v. 26). La mort sera contrainte de restituer toutes ses proies, puis sera elle-même jetée dans l’étang de feu (Apoc. 20:14). Et quand Christ aura achevé la tâche que Dieu lui aura confiée, «quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance» (1 Cor. 15:24), «quand toutes choses lui auront été assujetties» (v. 28), alors il remettra le royaume à Dieu le Père, dans un état de perfection.

«Alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous» (v. 28). Comme homme, le Seigneur Jésus garde pour l’éternité une place de sujétion à Dieu, celle qu’il avait prise en venant sur cette terre. Cependant c’est la place de la gloire suprême et non plus celle de l’humiliation (*)

(*) «Le gouvernement médiatorial de l’homme aura disparu, il sera absorbé dans la suprématie de Dieu à laquelle il n’y aura plus d’opposition... Ici, Christ nous est présenté comme déposant cette autorité qui lui a été conférée, et rentrant dans la position normale de l’humanité, dans la position d’un être assujetti à celui qui lui avait tout assujetti. Mais à travers tout, la nature divine du Christ ne change jamais, ni sa nature humaine non plus, avec cette différence que l’humiliation aura été échangée contre la gloire. Mais Dieu sera alors tout en tous, et le gouvernement spécial de l’homme dans la personne de Jésus — gouvernement auquel l’Assemblée est associée — sera fondu dans la suprématie immuable de Dieu, dans la relation finale et normale de Dieu avec sa créature.» (].N. Darby, Études sur la Parole, 1 Corinthiens 15).

6.8   Remarque au sujet du «royaume des cieux

L’expression royaume de Dieu est générale ; elle pourrait — semble-t-il — être utilisée dans tous les contextes. Par contre, l’expression royaume des cieux a un caractère dispensationnel bien marqué — tout comme l’évangile de Matthieu où on la trouve. Car en effet, elle ne se trouve que dans cet évangile, où elle est presque toujours utilisée. Or la relation de Christ, le Messie, le Roi, avec le peuple d’Israël, et son rejet, sont particulièrement en vue dans Matthieu.

On a défini le royaume de Dieu comme la sphère morale dans laquelle les droits de Dieu sont reconnus. Quant au royaume des cieux, c’est la terre sous le gouvernement du ciel, où le Roi est caché. Lorsque le Seigneur était sur la terre, le royaume de Dieu était là, dans un sens moral ou spirituel. Mais le royaume des cieux était encore une chose future. Il n’a été établi que lorsque le Fils de l’homme a été élevé dans la gloire. Cela explique pourquoi le Seigneur emploie l’expression «royaume de Dieu» au lieu de «royaume des cieux» dans des passages comme : «le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous» (Matt. 12:28) ou «le royaume de Dieu vous sera ôté» (21:43).

 

7                    Chapitre 6 — La loi et la grâce

7.1   Deux dispensations

«Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ» (Jean 1:17).

Plus de la moitié de la Bible a été écrite durant la dispensation de la loi, et porte les caractères de cette période. Or nous sommes dans une autre dispensation. Cela signifie-t-il que ce qui a été écrit dans les temps précédents n’est pas pour nous ? Par les nombreuses citations qu’ils font de l’Ancien Testament, le Seigneur et les apôtres y font référence comme à une autorité absolue, l’Écriture qui «ne peut être anéantie» (Jean 10:35). Jésus dit qu’il n’est pas venu pour abolir la loi ou les prophètes, mais pour les accomplir (Matt. 5:17). Et à la question : «Annulons-nous donc la loi par la foi ?», Paul répond : «Au contraire, nous établissons la loi» (Rom. 3:31).

D’une part, il y a de grands contrastes entre ces deux dispensations — le Seigneur et les apôtres les soulignent avec force — et d’autre part, il y a une unité merveilleuse dans l’ensemble de la parole de Dieu. Nous pouvons profiter pleinement de ce que Dieu a révélé autrefois, pourvu que nous laissions la lumière du Nouveau Testament briller sur les pages de l’Ancien. La confusion des dispensations de la loi et de la grâce, au cours de l’histoire de l’Église, a été la source de beaucoup de maux.

7.2   Des choses révolues

Les normes du bien et du mal découlent de la relation de l’homme avec son Créateur, et sont indépendantes des dispensations. Craindre Dieu, lui être soumis, être droit, ne pas mentir, ne pas tuer son prochain, ne pas le voler, être fidèle à son conjoint, honorer ses parents, ... ce sont des devoirs de l’homme vis-à-vis de Dieu, aussi bien avant et après la loi que durant cette dispensation. Agir de façon contraire, c’est pécher.

La loi donnée à Israël formule ces devoirs de façon très détaillée et y ajoute des règles d’ordre cérémoniel (par exemple touchant les sacrifices, les fêtes, les animaux impurs). Par l’alliance du Sinaï, le peuple d’Israël était placé dans une relation particulière avec l’Éternel, dans laquelle l’obéissance à la loi attirait sa bénédiction — et la désobéissance, sa malédiction.

Cependant, si les prescriptions morales de la loi résultent de principes divins qui sont hors du temps, ses prescriptions cérémonielles étaient pour cette dispensation-là seulement. Nous les voyons formellement mises de côté dans le Nouveau Testament, par l’autorité même du Dieu qui les avait données. Voyons trois exemples :

1° Le chapitre 10 des Actes nous relate une vision de l’apôtre Pierre, dans laquelle il apprend que la distinction entre les animaux purs et impurs n’existe plus, et que le christianisme efface les privilèges particuliers du peuple juif relativement aux autres nations. Dès lors, l’évangile va être prêché parmi toutes les nations.

2° La circoncision était le signe extérieur de la place spéciale d’Israël comme peuple de Dieu. La question de savoir s’il fallait continuer à la pratiquer a soulevé de grandes discussions parmi les chrétiens juifs du début (cf. Act. 15). Et si, d’une part, Dieu a usé d’une grande patience envers les Juifs qui avaient de la peine à se détacher de leurs rites, il a, d’autre part, conduit l’apôtre Paul à s’élever avec énergie contre ceux qui voulaient obliger les chrétiens à être circoncis. C’est l’objet de l’épître aux Galates. «Si vous êtes circoncis, Christ ne vous profitera de rien», dit l’apôtre (Gal. 5:2).

3° L’épître aux Hébreux a été écrite pour montrer aux Juifs que tout le système de la loi — en particulier la sacrificature et les sacrifices — était mis de côté. Il s’agissait «d’ordonnances charnelles imposées jusqu’au temps du redressement» (Héb. 9:10). Mais Christ étant venu, nous avons en lui le seul sacrifice capable d’ôter les péchés (10:12, 14), et le sacrificateur parfait qui «nous convenait» (7:25, 26). Ainsi, «il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection)» (7:18, 19).

Il ne faudrait pas déduire de tout ceci, comme plusieurs ont pensé pouvoir le faire, qu’une partie de la loi — qu’on appelle la loi cérémonielle — est révolue, alors que l’autre partie — qu’on appelle la loi morale — est encore en vigueur dans le christianisme. Le système de la loi forme un tout, et c’est de ce système que la grâce nous affranchit : «Vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce» (Rom. 6:14). Nous reviendrons sur ce sujet.

7.3   Deux principes de justification

La différence essentielle entre la dispensation de la loi et celle de la grâce concerne le moyen par lequel l’homme peut être justifié devant Dieu.

7.3.1       1 ° le principe de la loi

De façon générale, l’Ancien Testament — à partir du moment où Israël est sous la loi — nous présente un Dieu qui donne la bénédiction et la vie... mais sous condition d’obéissance (*).

(*) Bénédiction et vie sont aussi des éléments de base du christianisme, mais ces mots ont alors une portée assez différente.

Dans le Lévitique, Dieu avertit son peuple : «Vous garderez mes statuts et mes ordonnances, par lesquels, s’il les pratique, un homme vivra» (Lév. 18:5). Dans le Deutéronome, il commande à son peuple de l’aimer, de marcher dans ses voies, de garder ses commandements, et il ajoute : «afin que tu vives et que tu multiplies, et que l’Éternel ton Dieu te bénisse dans le pays où tu entres pour le posséder» (Deut. 30:16). Et plus loin : «J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta semence, en aimant l’Éternel, ton Dieu, en écoutant sa voix, et en t’attachant à lui ; car c’est là ta vie et la longueur de tes jours» (v. 19).

Quant à la justice, Moïse dit : «Ce sera notre justice, que nous prenions garde à pratiquer tous ces commandements devant l’Éternel» (Deut. 6:25).

Les Israélites ont-ils pu acquérir par ce moyen la vie, la bénédiction, la justice ? Certainement pas, mais la réponse claire à cette question n’a été donnée que lors de la venue de Jésus. En attendant, ceux qui ont marché dans la crainte de Dieu et dans le respect de ses commandements, ceux qui se sont confiés en Dieu, sont appelés des justes. Ce sont eux que Dieu bénit (Ps. 5:12 ; Prov. 10:6), eux dont il prend soin (Ps. 34:15, 17, 19), eux qu’il reconnaît comme ses «saints» et ses «serviteurs» (Ps. 34:9, 22).

7.3.2       2° Le principe de la foi

«Moïse décrit la justice qui vient de la loi : L’homme qui aura pratiqué ces choses vivra par elles» (Rom. 10:5). Et en grand contraste avec cela, l’apôtre Paul décrit «la justice qui est sur le principe de la foi» (v. 6). Ces deux justices sont fondées sur des principes aussi différents que possible : d’un côté la loi et les oeuvres qu’elle réclame, de l’autre la foi en Christ et l’oeuvre qu’il a accomplie.

Dans l’une de ses prédications aux juifs, l’apôtre Paul dit : «Sachez donc... que par lui (Jésus) vous est annoncée la rémission des péchés, et que de tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui» (Act. 13:38, 39).

Les chrétiens de Galatie — qui n’étaient pas des juifs — avaient reçu l’évangile par le ministère de Paul. Peu de temps après, sous l’influence de docteurs judaïsants, ils étaient en grand danger d’abandonner le vrai terrain de la grâce, en mêlant à celle-ci des éléments de la loi. Très anxieux à leur sujet, l’apôtre Paul leur écrit : «L’homme n’est pas justifié sur le principe des oeuvres de loi, ni autrement que par la foi en Jésus Christ... Sur le principe des oeuvres de loi nulle chair ne sera justifiée» (Gal. 2:16). «Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés ?» (3:1). «Tous ceux qui sont sur le principe des oeuvres de loi sont sous malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire» (3:10). La loi ne peut se contenter d’une obéissance partielle ou approximative ! Mais «Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous» (3:13).

Dans l’épître aux Romains, l’apôtre établit d’abord la culpabilité de toutes les classes d’êtres humains ; puis il déploie le merveilleux plan de salut de Dieu. «Maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage lui étant rendu par la loi et par les prophètes (*), la justice... de Dieu par la foi en Jésus Christ» (Rom. 3:21, 22). «Sans loi», sans que les oeuvres de la loi soient réclamées à l’homme, sans qu’il apporte quoi que ce soit de ses mérites, Dieu le justifie, s’il croit en Jésus. Et Dieu est juste en le faisant (v. 26), parce qu’il justifie sur la base de l’oeuvre expiatoire accomplie par Jésus à la croix. Ainsi, nous sommes «justifiés gratuitement par sa grâce» (v. 24). L’apôtre insiste sur le contraste entre le principe des oeuvres et celui de la foi : «À celui qui ne fait pas des oeuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est comptée à justice» (4:5). «Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu...» (5:1-3).

(*) «La loi et les prophètes» — ici : les écrits de l’Ancien Testament — avaient déjà rendu témoignage à l’avance, quoique de façon plus ou moins voilée au fait que Dieu justifierait les croyants sur un autre principe que celui de la loi.

L’apôtre Paul avait une douleur continuelle dans son coeur en pensant aux Israélites, ses frères selon la chair, qui n’étaient pas sauvés (9:1-3). Il leur rend témoignage qu’ils avaient «du zèle pour Dieu, mais non selon la connaissance» (10:2). Dans les pays christianisés, combien de personnes aujourd’hui sont dans la même situation ! En effet, poursuit l’apôtre, «ignorant la justice de Dieu et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. Car Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant» (10:3, 4). Ceux qui cherchent à établir leur propre justice — sur la base de leurs bonnes oeuvres ou de leurs mérites — sont, relativement à la justice de Dieu, à la fois ignorants et insoumis. Ils ignorent les exigences de cette justice, qui ne peut laisser dans l’oubli le moindre manquement ; et ils ne se soumettent pas au seul moyen de salut que Dieu offre.

7.4   La bénédiction et la vie

Nous nous sommes arrêtés sur l’immense différence entre la loi et la grâce quant au moyen d’obtenir la bénédiction et la vie — dans un cas, l’obéissance aux commandements de Dieu, dans l’autre, la foi en Christ. Mais il y a encore une autre différence. Elle se trouve dans ce que représentent les mots bénédiction et vie, dans chacun des cas.

Les bénédictions promises à Israël étaient surtout terrestres : richesse, paix, prospérité matérielle (Deut. 28:1-14 ; 30:15). Par contre, les bénédictions chrétiennes sont essentiellement spirituelles (Éph. 1:3). Sur la terre où Jésus a été rejeté, le croyant fidèle doit s’attendre à une place qui ressemble à celle de son Maître. Ses trésors sont dans les cieux, non sur la terre.

De la même manière, la vie que Dieu promettait à celui qui gardait la loi n’était pas révélée comme la vie éternelle, mais plutôt comme une longue vie sur la terre (Ex. 20:12 ; Deut. 30:20 ; Prov. 3:2). Le Nouveau Testament nous présente la vie éternelle en liaison étroite avec le Fils de Dieu : «Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle» ; «Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie» (1 Jean 5:20, 11, 12). Dieu mettra sans doute les croyants de l’Ancien Testament au bénéfice de l’oeuvre de Christ, mais il ne pouvait le révéler clairement avant sa venue sur la terre. Ces croyants ont aussi reçu la vie divine non par l’obéissance à la loi, mais sur le principe de la foi.

7.5   La justice

Il y a aussi une grande différence entre la portée du mot justice dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau. Les livres des Psaumes et des Proverbes, en particulier, parlent très souvent du juste (en contraste avec le méchant, l’impie, le pécheur, le moqueur, etc.). Ces mots juste et justice se rapportent en général à un état pratique de crainte de Dieu et de confiance en lui, d’où découle une marche éloignée du mal. Il s’agit de justice pratique.

De son côté, le Nouveau Testament insiste avec force sur le fait qu’«il n’y a point de juste, non pas même un seul... car tous ont péché» (Rom. 3:10, 23). Mais «Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu» (1 Pierre 3:18). Ceux qui, en raison de leurs péchés, étaient des «injustes» sont déclarés «justes» par Dieu lui-même. Ils sont «justifiés», justifiés gratuitement par sa grâce. Il ne s’agit pas seulement de justice, mais de «justification».

Il n’est donc plus question de leur propre justice, de celle que leurs oeuvres pourraient — ou plutôt ne pourraient pas — leur procurer. Il est question d’une justice qui leur est «comptée» par Dieu, le juste Juge, en raison de leur foi (Rom. 4:5, 11). Nous en avons le modèle en Abraham (donc avant la loi) : «Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice» (Rom. 4:3).

Sous la loi, il s’agissait de la justice de l’homme. Sous la grâce, il s’agit de la justice de Dieu. À la croix, le Seigneur Jésus a été notre substitut devant le Dieu juste et saint. Il a répondu devant lui de tous les péchés que nous avons commis, comme aussi de la source corrompue dont ils proviennent : il a été «fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui» (2 Cor. 5:21). Il «nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption» (1 Cor. 1:30). C’était un acte de justice de la part de Dieu de faire subir à Christ tout le jugement que nous méritions. C’était aussi un acte de sa justice de ressusciter et d’élever dans la gloire Celui qui l’avait pleinement glorifié dans sa mort sur la croix. Et c’est encore un acte de la justice de Dieu de déclarer justes ceux qui croient en Jésus, ceux pour lesquels il a souffert.

Ainsi, nous sommes sauvés sur le fondement de la justice de Dieu, et non sur celui d’une dérogation à sa justice (qui d’ailleurs serait impossible).

7.6   Pourquoi donc la loi ?

La loi n’avait pas «le pouvoir de faire vivre» (Gal. 3:21). «Elle était faible par la chair» (Rom. 8:3) — appliquée à la chair, elle ne pouvait amener aucun bon résultat. Elle était bonne en elle-même (Rom. 7:12), comme juste expression des exigences de Dieu envers l’homme naturel, mais elle demandait le bien de ceux qui étaient incapables de l’accomplir, et elle interdisait le mal à ceux qui ne pouvaient pas s’empêcher de le faire. On comprend que la question soit posée : «Pourquoi donc la loi ?» (Gal. 3:19).

On trouve la réponse dans les épîtres aux Galates et aux Romains. La loi «a été ajoutée à cause des transgressions» (Gal. 3:19), c’est-à-dire «dans le but de faire ressortir le mal par des transgressions» (cf. note de la version Darby). Elle est «intervenue afin que la faute abondât ; mais là où le péché abondait, la grâce a surabondé» (Rom. 5:20). Les deux termes ajoutée et intervenue évoquent le fait qu’après l’époque des patriarches, dans laquelle les promesses de Dieu assuraient ses dons à ceux en qui habitait la foi (cf. Gal. 3:18), il a plu à Dieu d’introduire pour un temps une chose nouvelle, qui était la loi.

La fonction de la loi était de faire connaître le péché : «par la loi est la connaissance du péché» ; «je n’aurais pas connu le péché, si ce n’avait été par la loi» (Rom. 3:20 ; 7:7).

La loi était un test de l’homme, de sa nature corrompue, de ce que Paul appelle «le péché» en Romains 7. Il fallait que le péché «paraisse péché» ; il fallait que, «par le commandement», il devienne «excessivement pécheur» (v. 13). La loi était donc une expérience que Dieu faisait avec l’homme — avec Israël comme représentant de l’humanité — pour manifester son état irrémédiable de perdition. Elle était nécessaire pour l’homme, non pour Dieu, qui connaissait toutes choses à l’avance.

7.7   La grâce de Dieu durant la dispensation de la loi

Si Dieu n’avait pas manifesté sa grâce au cours de la dispensation de la loi, le peuple d’Israël n’aurait pas subsisté un seul jour ! Voyons quelques témoignages de cette grâce dans l’Ancien Testament.

1° L’établissement du veau d’or, au moment même où la loi était donnée, attirait sur le peuple un jugement total et définitif. Mais en réponse à l’intercession de Moïse, Dieu a exercé la miséricorde — d’ailleurs en même temps que le jugement — envers le peuple qui était appelé de son nom (Ex. 32 à 34). Il est remarquable de voir que Moïse, le législateur, avait une connaissance profonde de la grâce et de la bonté de Dieu. Combien de fois le voyons-nous faire appel à la miséricorde divine, au cours des quarante ans de la traversée du désert ! (voir par ex. Nomb. 14:17-20). L’Éternel déclare qu’il aurait détruit son peuple, «si Moïse, son élu, ne s’était pas tenu à la brèche devant lui, pour détourner sa fureur» (Ps. 106:23). Outre l’intercession de Moïse, Dieu avait encore d’autres raisons d’user de miséricorde envers son peuple. Il tenait les promesses qu’il avait faites à Abraham, Isaac et Jacob (Deut. 9:5). Il se devait aussi de prendre soin de sa gloire devant les nations qui savaient qu’il était le Dieu d’Israël (Ézéch. 20:9, 14, 22).

Juste avant l’entrée en Canaan, nous entendons le conducteur rappeler au peuple sur quelle base il va recevoir le pays : «Sache que ce n’est pas à cause de ta justice que l’Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays pour le posséder ; car tu es un peuple de cou roide» (Deut. 9:6). Ce peuple était sous la loi, mais ce n’était pas sur «le principe des oeuvres de loi» qu’il héritait de la bénédiction.

2° L’institution des sacrifices était, en elle-même, une manifestation de la grâce de Dieu. Lorsqu’un homme avait péché, il devait amener à l’autel un animal sans défaut, poser la main sur sa tête en signe d’identification, et l’égorger. «Et le sacrificateur fera propitiation pour lui, pour son péché qu’il a commis ; et il lui sera pardonné» (Lév. 4:35). Il devait aussi confesser son péché (5:5). Nous savons aujourd’hui qu’«il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés» (Héb. 10:4). Mais les sacrifices étaient des figures de l’oeuvre de Christ, et Dieu en tenait compte à cause de la valeur de ce qu’ils représentaient. Le grand principe de la substitution (le fait que quelqu’un prend la place du coupable sous le jugement de Dieu) était ainsi placé devant les consciences, en attendant la manifestation de «l’Agneau de Dieu».

3° En lisant les psaumes de David, nous sommes frappés de voir que, par l’enseignement du Saint Esprit, sa foi s’élevait bien au-dessus du système de la loi. Dans le psaume 51, où il confesse sa grave faute, il réalise que Dieu attend du pécheur quelque chose de beaucoup plus profond qu’un sacrifice pour le péché. «Car tu ne prends pas plaisir aux sacrifices, autrement j’en donnerais ; l’holocauste ne t’est point agréable : Les sacrifices de Dieu sont un esprit brisé. Ô Dieu ! tu ne mépriseras pas un coeur brisé et humilié» (v. 16, 17). La repentance est placée devant nous avec une clarté qui approche celle du Nouveau Testament. Et, ainsi que le souligne l’apôtre Paul, «David... exprime la béatitude de l’homme à qui Dieu compte la justice sans oeuvres : Bienheureux ceux dont les iniquités ont été pardonnées et dont les péchés ont été couverts ; bienheureux l’homme à qui le Seigneur ne compte point le péché» (Rom. 4:6-8 citant Ps. 32:1, 2). Ce passage du psaume prouve à l’évidence que David a été justifié sur le principe de la foi, et non sur celui des oeuvres. On peut même affirmer que personne, durant la dispensation de la loi, n’a été justifié autrement que par la foi. Cela ressort de la déclaration absolue de l’apôtre : «C’est pourquoi nulle chair ne sera justifiée devant lui par des oeuvres de loi» (Rom. 3:20 ; cf. Gal. 2:16). «Sans la foi il est impossible de lui plaire» (Héb. 11:6).

4° Plus le temps avance, dans l’histoire d’Israël, plus les ténèbres morales de l’homme s’accentuent, plus aussi la révélation divine se fait précise. Les prophètes annoncent l’état irrémédiable de l’homme — la faillite du peuple comme celle des individus — mais en même temps il font entendre les appels touchants d’un Dieu qui pardonne. «Reviens, Israël l’infidèle, dit l’Éternel ; je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l’Éternel ; je ne garderai pas ma colère à toujours. Seulement, reconnais ton iniquité, car tu t’es rebellée contre l’Éternel, ton Dieu» (Jér. 3:12, 13). «Revenez, fils infidèles ; je guérirai vos infidélités» (3:22).«C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même ; et je ne me souviendrai pas de tes péchés» (És. 43:25). «Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique, ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, — et à notre Dieu, car il pardonne abondamment» (55:7). Repentance, pardon — ce sont déjà des éléments de l’évangile qui va bientôt être prêché parmi toutes les nations.

Plus que cela encore, jetant un regard sur un avenir qui se rapproche, les prophètes parlent de Celui qui souffrira à cause des péchés du peuple, et qui portera leurs iniquités (És. 53:6, 8, 11).

7.8   Pas sous la loi, mais sous la grâce

Bien des chrétiens, depuis le temps des apôtres, ayant compris qu’ils ne peuvent être justifiés devant Dieu par la loi, considèrent pourtant celle-ci comme leur règle de vie. Est-ce à cela que Dieu nous appelle ? Non ! Plusieurs passages l’établissent avec clarté. Et d’abord celui-ci : «vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce» (Rom. 6:14). Nous ne sommes en aucune manière sous l’autorité de la loi. Nous sommes sous le régime merveilleux de la grâce de Dieu.

«La loi n’est pas pour le juste, mais pour les iniques et les insubordonnés, pour les impies et les pécheurs...» (1 Tim. 1:9). La loi exprime les exigences de Dieu à l’égard de l’homme naturel, et elle sert à démontrer son état de perdition. Mais elle n’est pas la motivation du juste pour sa marche dans un chemin de justice.

«Car le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce» (Rom. 6:14). Ce passage nous enseigne une chose très humiliante : c’est que si nous étions sous la loi, nous serions esclaves du péché. Pourquoi ? Parce qu’une contrainte imposée à la chair — défense ou obligation — stimule l’opposition de celle-ci. Le «péché» en nous, trouve «une occasion par le commandement», «produit toutes les convoitises», et nous «séduit» (7:8, 11). «Les passions des péchés... sont par la loi» (7:5). «La puissance du péché, c’est la loi» (1 Cor. 15:56). «Parce que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas» (Rom. 8:7).

En Romains 7, l’apôtre Paul exprime avec la plus grande force la rupture qui est intervenue entre la loi et le croyant (les choses sont envisagées du point de vue de quelqu’un qui était sous la loi). De même que la mort d’un conjoint met fin à la relation du mariage, la mort de Christ a mis fin à toute relation entre la loi et le croyant. Comment ? Nous sommes morts avec Christ. Ainsi, relativement à la loi, nous sommes des morts. Elle n’a plus d’autorité sur nous. «Car moi, par la loi, je suis mort à la loi» (Gal. 2:19). Aux chrétiens qui se plaçaient sous un système d’ordonnances, l’apôtre demande : «Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances, — ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas...» (Col. 2:20, 21). Dans l’image matrimoniale de Romains 7, Paul considère la loi comme l’ancien mari, et Christ comme le nouveau. On ne peut être lié aux deux à la fois.

La pensée a eu cours, dans la chrétienté, que nous sommes morts à la loi cérémonielle — la circoncision, les fêtes juives, les sacrifices, ... ayant été mis de côté — mais que nous ne sommes pas morts à la loi morale. On en a conclu que cette loi, si elle n’est pas le moyen de notre justification, est tout au moins notre règle de vie. À cela nous pouvons répondre, avec l’Écriture, que la loi forme un tout : «Je proteste de nouveau à tout homme circoncis, qu’il est tenu d’accomplir toute la loi» (Gal. 5:3). Placer les chrétiens sous une partie de la loi, qu’il s’agisse de ses cérémonies ou de ses instructions morales, c’est les placer sous la loi et les faire abandonner Christ (cf. v. 2 et 4). Ailleurs, l’apôtre écrit : «Vous avez été mis à mort à la loi par le corps du Christ, pour être à un autre,... afin que nous portions du fruit pour Dieu» (Rom. 7:4). Nous sommes «morts à la loi» et non à une partie de la loi. De plus, si l’apôtre parle de «porter du fruit pour Dieu», c’est bien de notre marche pratique qu’il est question. Un tel fruit ne peut être porté que si nous sommes entièrement délivrés du joug de la loi.

La loi demande. Christ donne. À ceux qui vivent de sa vie, il donne d’accomplir plus que ce que la loi demandait. Ceci se réalise dans la mesure où nous nous tenons nous-mêmes pour morts, et où nous nous laissons conduire par l’Esprit, la puissance de notre vie nouvelle : «afin que la juste exigence de la loi soit accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair mais selon l’Esprit» (Rom. 8:4).

Nous possédons une nouvelle nature qui aime la volonté de Dieu, et c’est sa joie de l’accomplir. «Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant» (Gal. 5:1). Dans la réalisation de cette liberté, nous pouvons marcher sur les traces de Christ. Or, assurément, sa vie de dévouement était beaucoup plus que l’obéissance à la loi. «Par ceci nous avons connu l’amour, c’est que lui a laissé sa vie pour nous ; et nous, nous devons laisser nos vies pour les frères» (1 Jean 3:16). «Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché» (1 Jean 2:6).

Cependant, l’apôtre Paul nous donne un avertissement : «Vous avez été appelés à la liberté ; seulement n’usez pas de la liberté comme d’une occasion pour la chair» (Gal. 5:13). Sous prétexte de liberté, sous prétexte que nous ne sommes plus assujettis à la loi — ce qui est vrai — nous pourrions lâcher la bride à la chair. Prenons bien garde ! N’imaginons pas que ce qui était le mal autrefois puisse être le bien aujourd’hui !

7.9   Le Seigneur Jésus et la loi

«Quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi» (Gal. 4:4, 5).

Homme parfait, il a pleinement accompli la loi. Mais, dans son obéissance et son dévouement absolus à la volonté du Père, il a fait bien davantage que la loi ne demandait.

Lorsqu’il présente les principes moraux du royaume des cieux, il montre que la mesure divine est plus élevée que la loi. Il répète plusieurs fois : «Vous avez entendu qu’il a été dit... Mais moi je vous dis...» (Matt. 5:21 et suivants). Si certains des points qu’il mentionne se réfèrent plutôt à la tradition des Juifs, d’autres font nettement allusion à la loi. En outre, il avertit solennellement celui qui oserait supprimer l’un des «plus petits commandements» de la loi et enseigner ainsi les hommes.

Dans son enseignement et dans sa marche, le Seigneur a donc parfaitement honoré la loi. Cependant, il n’a pas, comme les prophètes, le but de ramener le peuple à la loi. Il met en évidence l’incapacité de l’homme à obtenir la vie par ses oeuvres, et l’inutilité de la loi pour apporter la bénédiction. Nous voyons cela, par exemple, dans la parabole du bon Samaritain. Un docteur de la loi s’approche de Jésus, et lui demande — pour l’éprouver — ce qu’il doit avoir fait «pour hériter de la vie éternelle» (Luc 10:25). Le Seigneur le laisse sur son terrain et lui demande : «Qu’est-il écrit dans la loi ?» L’homme ayant très correctement répondu, le Seigneur lui dit : «Fais cela, et tu vivras». Mais le docteur de la loi a conscience de ne pas avoir atteint la mesure, et demande : «Et qui est mon prochain ?» Le Seigneur lui répond par la parabole bien connue, qui non seulement tranche la question de savoir qui est le prochain, mais montre que ce dont l’homme a besoin, c’est d’un Sauveur qui le prenne totalement en charge, la loi — représentée par le sacrificateur et le lévite — ne pouvant lui être d’aucun secours.

Dans un entretien avec un scribe qui n’était «pas loin du royaume de Dieu», le Seigneur Jésus résume la loi de la même manière que le docteur de Luc 10 : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur... et... tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Marc 12:28-34). «Comme toi-même», c’était la mesure de la loi. Le Seigneur s’est livré lui-même pour nous. Combien cette mesure dépasse celle de la loi !

 

7.10                   Le légalisme

Si les paroles de Jésus étaient le plus souvent marquées par la grâce, nous l’entendons pourtant s’exprimer avec la plus grande sévérité lorsqu’il s’adresse aux chefs religieux des Juifs — scribes, docteurs de la loi, pharisiens — qui utilisaient leur prétendue observation de la loi pour nourrir leur orgueil.

Le pharisien de la parabole de Luc 18 se vante de ce qu’il jeûne deux fois par semaine, et de ce qu’il donne la dîme de tout ce qu’il possède (v. 12). Observer des jours de jeûne, dîmer ses revenus, ce sont des commandements relativement faciles à observer, beaucoup plus faciles que d’aimer véritablement Dieu ou son prochain !

En observant scrupuleusement certains commandements, et en négligeant les autres, on peut — à très bon marché — se donner l’illusion d’être juste, et tenter de la donner à ceux qui nous entourent. C’est l’état que le Seigneur dénonce avec véhémence dans le réquisitoire impressionnant de Matthieu 23. «Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! car vous payez la dîme de la menthe et de l’aneth et du cumin, et vous avez laissé de côté les choses plus importantes de la loi, le jugement et la miséricorde et la fidélité ; il fallait faire ces choses-ci, et ne pas laisser celles-là» (v. 23).

Le Seigneur distingue des choses plus importantes et des choses qui le sont moins. Quelle leçon pour nous ! Il ne dit pas qu’il faille mettre de côté les moins importantes, mais il demande d’accorder la priorité à celles qui sont les plus importantes. Et ce sont toujours celles qui nous engagent le plus profondément.

Il y a l’extérieur et l’intérieur, «le dehors» et «le dedans» (v. 25, 26, 27, 28), ce que les hommes voient et ce que Dieu seul voit. «Au-dehors vous paraissez justes aux hommes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. Malheur à vous !» (v. 28). Combien haïssable est cet attachement aux formes extérieures alors que le coeur n’est pas droit devant Dieu !

Cet état d’esprit — qu’on appelle le légalisme — conduit à ajouter des commandements humains à la parole de Dieu, et ainsi à la déformer et à l’annuler. Le Seigneur adresse ce reproche aux juifs : «Hypocrites ! Ésaïe a bien prophétisé de vous, disant : Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur coeur est fort éloigné de moi ; mais ils m’honorent en vain, enseignant comme doctrines des commandements d’homme» (Matt. 15:7-9).

Le livre des Actes et les épîtres placent devant nous une autre forme de légalisme, celle qu’a fait naître le passage de la dispensation de la loi à celle de la grâce. Il est compréhensible que les Juifs, attachés depuis leur enfance à leur loi, à leurs ordonnances, à leurs privilèges, aient eu de la peine à abandonner le système judaïque. Et Dieu a usé d’une grande patience envers eux. Mais cela a été l’occasion de donner pour tous les temps, par le moyen de l’apôtre Paul, les instructions nécessaires pour que nous soyons gardés de nous placer, d’une manière ou d’une autre, sous le joug de la loi, et d’être ainsi privés de notre liberté en Christ. Que Dieu nous accorde de nous tenir ferme dans cette liberté, sans en user «comme d’une occasion pour la chair» ! (Gal. 5:1, 13).

L’attachement d’un coeur, humble et aimant, à la lettre aussi bien qu’à l’esprit des Écritures n’a rien de commun avec le légalisme. C’est en les scrutant tout en nous tenant aux pieds du Seigneur que nous pouvons apprendre à connaître ce qui lui plaît, pour marcher d’une manière digne de lui.

 

8                    Chapitre 7 — Le gouvernement de Dieu

Après nous être occupés de la loi, il ne sera pas hors de propos de nous arrêter un moment sur un sujet apparenté, celui du gouvernement de Dieu. Celui-ci tient une grande place dans toute l’Écriture. Nous allons considérer le gouvernement direct de Dieu envers ses créatures, et non plus, comme au chapitre 3, l’institution d’un gouvernement public sur la terre, que Dieu a confié, selon les époques, à Israël ou aux nations.

Dieu prend connaissance de toutes les actions des hommes ; il les pèse et les rétribue selon sa justice. «L’Éternel est un Dieu de connaissance, et par lui les actions sont pesées» (1 Sam. 2:3). «Voici le juste est rétribué sur la terre, combien plus le méchant et le pécheur !» (Prov. 11:31). «Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal» (Éccl. 12:14). «Moi, l’Éternel, je sonde le coeur, j’éprouve les reins ; et cela pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses actions» (Jér. 17:10). Et dans le Nouveau Testament : «On ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7). C’est un principe valable dans toutes les dispensations.

La rétribution divine a un aspect actuel et un aspect futur. Les actions des hommes portent leurs conséquences durant leur vie, et elles en porteront au jour du jugement. On utilise le terme de gouvernement de Dieu pour désigner le principe de rétribution actuelle, c’est-à-dire au cours de notre passage sur la terre. Dieu agit comme un gouverneur d’une parfaite justice. L’apôtre Pierre dit des gouverneurs qu’ils sont envoyés de la part de Dieu «pour punir ceux qui font le mal et pour louer ceux qui font le bien» (1 Pierre 2:14). Mais quelle que soit la manière dont ils s’acquittent de leur tâche, Dieu a la haute main sur tout et exerce son gouvernement selon sa sagesse, sa toute-connaissance et sa souveraineté.

8.1   Le gouvernement au cours des dispensations

Dans le livre de la Genèse, c’est-à-dire avant la loi, nous voyons déjà ce gouvernement de Dieu, soit envers le monde (à Babel, à Sodome et à Gomorrhe), soit envers les patriarches. Le principe que l’on moissonne ce que l’on a semé est remarquablement mis en évidence dans l’histoire de Jacob, comme aussi dans celle de ses fils.

La loi a un certain lien avec le gouvernement de Dieu. Non pas dans le fait que la loi formule les exigences de Dieu à l’égard de l’homme (ceci n’a rien à voir avec le gouvernement), mais en ce qu’elle annonce expressément les conséquences de l’obéissance ou de la désobéissance. Elle promet la vie et la bénédiction à celui qui la garde, la mort et la malédiction à celui qui la méprise. Le gouvernement de Dieu est donc implicitement contenu dans le principe de la loi : fais ces choses et tu vivras. Les commandements, les instructions et les avertissements donnés à Israël — de même que toute la bonté que Dieu avait témoignée à ce peuple qu’il avait choisi — augmentaient sa responsabilité et le plaçaient, aux termes mêmes de la loi, sous son gouvernement direct.

Le christianisme, malgré la révélation de la grâce, maintient dans toute sa force le principe du gouvernement de Dieu. «Si vous invoquez comme Père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’oeuvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour ici-bas, sachant que vous avez été rachetés... par le sang précieux de Christ» (1 Pierre 1:17-19). Notre salut est assuré. Nous connaissons Dieu comme Père, mais il reste celui qui juge selon l’oeuvre de chacun. Plus encore que pour Israël autrefois, l’oeuvre de salut accomplie pour nous, et notre position indiciblement privilégiée, augmentent notre responsabilité. Et si Dieu disait à Israël qu’il avait pris pour son peuple : «Soyez saints, car moi je suis saint» (1 Pierre 1:16), il a encore plus de raisons de le dire à ceux qu’il a sanctifiés par le sang de Christ ! C’est pourquoi l’apôtre Pierre poursuit : «Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite» (v. 15). Il ne s’agit pas pour nous d’acquérir un mérite ou une position par une marche dans l’obéissance et la fidélité. Il s’agit de marcher dans l’obéissance et dans la fidélité parce que Dieu nous a placés, par l’oeuvre de Christ, dans une position de sainteté, et a fait de nous ses enfants.

Selon le principe de la loi, la vie et la bénédiction étaient la rétribution — selon le gouvernement de Dieu — de la justice pratique. Selon le principe de la grâce, la vie et la bénédiction sont le don de Dieu à celui qui croit ; mais Dieu attend de ceux qu’il a justifiés qu’ils marchent dans la justice pratique, et leur marche porte avec elle ses conséquences présentes et futures. «Ne nous lassons pas en faisant le bien, car, au temps propre, nous moissonnerons, si nous ne défaillons pas» (Gal. 6:9). Selon 1 Pierre 4:17, le gouvernement de Dieu commence par ceux qui appartiennent à sa maison, alors que ceux qui n’obéissent pas à l’évangile en seront les objets plus tard.

Le Millénium sera l’établissement parfait du gouvernement de Dieu sur la terre, exercé par Christ. Ce sera un gouvernement immédiat : «Chaque matin, je détruirai les méchants du pays (ou : de la terre), pour retrancher de la ville de l’Éternel tous les ouvriers d’iniquité» (Ps. 101:8).

8.2   Le gouvernement et la grâce

Si le principe du gouvernement de Dieu est simple à comprendre, la manière dont Dieu l’exerce est souvent hors de notre compréhension.

Les voies de Dieu envers les hommes ne comportent pas seulement son gouvernement. Elles sont caractérisées par plusieurs principes, qui chacun ont leur source dans ce que Dieu est en lui-même. Juste et saint, il se doit de juger et de rétribuer justement. Dieu d’amour, il se doit d’user de grâce et de patience. Dans sa sagesse, il sait comment allier des éléments qui peuvent nous paraître inconciliables. «Ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables» (Rom. 11:33).

Parce que la sentence contre les mauvaises oeuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le coeur des fils des hommes est au-dedans d’eux plein d’envie de faire le mal» (Éccl. 8:11). La patience de Dieu a sa place dans toutes ses voies envers l’homme, et celui-ci, bien trop souvent, n’en profite pas. Elle «attendait» déjà «dans les jours de Noé» (1 Pierre 3:20), et elle attend encore aujourd’hui, tandis que la bonté de Dieu pousse les hommes à la repentance. Mais ceux qui la méprisent amassent pour eux-mêmes la colère «au jour... de la révélation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses oeuvres» (Rom. 2:4, 5).

Et ce n’est pas seulement la patience, mais la grâce de Dieu, que nous voyons constamment manifestée dans ses voies. Dès le début de l’histoire du peuple d’Israël, il se manifeste comme «l’Éternel, Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité,... pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent» (Ex. 34:6, 7). Quelques siècles plus tard, le psalmiste reconnaît : «Il ne nous a pas fait selon nos péchés, et il ne nous a pas rendu selon nos iniquités» (Ps. 103:10).

8.3   Quand la rétribution a-t-elle lieu ?

«J’ai vu le méchant puissant, et s’étendant comme un arbre vert croissant dans son lieu natal ; mais il passa, et voici, il n’était plus ; et je l’ai cherché, et il ne s’est plus trouvé» (Ps. 37:35, 36). Ici la rétribution s’exécute sous les yeux de celui qui s’exprime. Dans d’autres passages, elle est présentée au futur ; elle interviendra au jour où Dieu prendra en mains ses droits sur la terre : «Encore un peu de temps, et le méchant ne sera plus ; et tu considéreras son lieu, et il n’y sera plus ; et les débonnaires posséderont le pays, et feront leurs délices d’une abondance de paix» (v. 10, 11). Dieu décide souverainement si son jugement doit s’exécuter maintenant ou plus tard. Dans la perspective de l’Ancien Testament, il s’agit de toute façon d’un jugement en rapport avec la terre, la vie et la bénédiction n’étant pas révélées au-delà du Millénium.

Dans le Nouveau Testament, la rétribution est le plus souvent envisagée en rapport avec la venue du Seigneur : «Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite» (Matt. 16:27) ; «Voici, je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son oeuvre» (Apoc. 22:12). L’apôtre Paul parle très souvent du jour de la rétribution : «Ne jugez rien avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui aussi mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les conseils des coeurs ; et alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu» (1 Cor. 4:5 ; cf. 2 Cor. 5:10). La pensée de la rétribution est associée à la venue du Seigneur en gloire (1 Thess. 3:13 ; 2 Thess. 1:10), tandis que sa venue pour prendre les siens auprès de lui se lie plutôt à la pensée de la délivrance finale (1 Thess. 1:10 ; 4:16-18).

Dans certains passages, le fait de la rétribution est mis en évidence sans que soit précisé le moment où elle est effectuée. Par exemple, à propos de l’aumône, le Seigneur dit : «Ton Père qui voit dans le secret, te récompensera» (Matt. 6:4). Il ne dit pas quand. De même, l’apôtre Paul écrit : «Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement» (2 Cor. 9:6). Dans d’autres passages, la rétribution est manifestement pour le temps pendant lequel nous sommes sur la terre : «Du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré» (Matt. 7:2). Parfois aussi, les deux étapes sont mentionnées : «Il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou soeurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant... avec des persécutions, et dans le siècle qui vient, la vie éternelle» (Marc 10:29, 30).

8.4   Qui est celui qui rétribue ?

Dans l’Ancien Testament, cette fonction appartient à l’Éternel, au «Dieu des rétributions» ; c’est lui qui «rend certainement ce qui est dû» (Jér. 51:56). «Il rend à l’homme selon son oeuvre» (Prov. 24:12). Cependant il utilise très souvent des instruments humains, qui, sans même en avoir conscience, agissent de sa part (voir par ex. Jug. 1:7 ; 2 Sam. 16:11 ; És. 10:5-7).

Dans le Nouveau Testament, le jugement final est présenté comme appartenant à Jésus Christ. «Le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils ;... il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu’il est Fils de l’homme» (Jean 5:22, 27 ; cf. Act. 17:31 ; Rom. 2:16). Par contre, le gouvernement des enfants de Dieu s’exerce de la part de leur Père : «Si vous invoquez comme Père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’oeuvre de chacun, conduisez-vous avec crainte...» (1 Pierre 1:17).

8.5   Gouvernement et discipline paternelle

La discipline paternelle, telle que la présente Hébreux 12:4 à 11, est l’ensemble des soins exercés par notre Père «afin que nous participions à sa sainteté» (v. 10). Entre la discipline et le gouvernement, il y a des éléments communs et des différences. Le gouvernement est une conséquence du passé, la discipline s’effectue en vue du futur. De plus, le gouvernement peut être un motif de joie ou de tristesse, suivant que nous avons semé «pour la chair» ou «pour l’Esprit». Par contre, «aucune discipline, pour le présent, ne semble être un sujet de joie» (Héb. 12:11).

Un acte de gouvernement, lorsqu’il résulte du mal que nous avons fait, est une discipline dont notre Père se sert pour notre bien. Mais il y a des actes de discipline de Dieu qui ne sont aucunement une rétribution de mauvaises actions.

Nous voyons déjà cela dans l’Ancien Testament. Les amis de Job se sont gravement trompés en confondant les voies de Dieu en discipline avec ses voies en gouvernement. Pour eux, les malheurs de Job ne pouvaient être que le jugement divin motivé par les fautes cachées du patriarche (Job 4:7, 8). En réalité, Job était à l’école de Dieu. Il avait de grandes leçons à apprendre, et ses épreuves étaient envoyées de Dieu dans le but de les lui enseigner. Lorsque ce résultat fut atteint, «l’Éternel rétablit l’ancien état de Job» et il «bénit la fin de Job plus que son commencement» (42:10, 12).

 

9                    Chapitre 8 — Conclusion

9.1   Des choses nouvelles et des choses vieilles

«Tout scribe qui a été fait disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui produit de son trésor des choses nouvelles et des choses vieilles» (Matt. 13:52). Le Seigneur évoque ici le service du disciple qui, connaissant les richesses de l’Ancien Testament comme celles du Nouveau, peut tirer de l’un et de l’autre une nourriture abondante pour le peuple de Dieu. C’est un encouragement à lire et à sonder les Écritures qui avaient été données aux Juifs.

Cependant, tout ce que nous avons considéré jusqu’ici concernant

 — la révélation progressive que Dieu a donnée de ses pensées et de ses plans,

 — et les changements qui sont intervenus dans ses rapports avec les hommes,

tout cela nous incite à la prudence lors de la lecture, et encore davantage lors de l’exposition, de l’Ancien Testament.

9.2   Explications et applications

Lors de cette remarquable lecture du livre de la loi faite sur la place publique par le résidu de Juda remonté de Babylone, «depuis l’aube jusqu’à midi, en présence des hommes et des femmes, et de ceux qui avaient de l’intelligence», nous voyons ce que signifie une explication. Des lévites «faisaient comprendre la loi au peuple», «ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu,... ils en donnaient le sens et le faisaient comprendre lorsqu’on lisait» (Néh. 8:1-8).

Voici une première préoccupation nécessaire devant un passage de la Parole : quel est son sens, son sens premier ? À qui Dieu s’adresse-t-il ? Que dit-il ?

Cependant, si nous nous limitions à expliquer la Parole, nous pourrions passer à côté des enseignements qu’elle a pour nous. Si nous disons (même avec raison) : ceci concerne Israël, cela concerne Josué, David ou Timothée, et que nous ne nous sentions pas concernés par ce qui leur est dit, nous faisons une perte immense. Plus que cela, nous fermons nos oreilles alors que Dieu nous parle.

Les écrivains du Nouveau Testament tirent constamment des applications des textes de l’Ancien. Ils font des analogies entre des situations anciennes et des situations actuelles et en tirent des conclusions pour ceux auxquels ils s’adressent. L’auteur de l’épître aux Hébreux, par exemple, après nous avoir présenté «une grande nuée de témoins», au chapitre 11, nous encourage en nous disant : «C’est pourquoi, nous aussi..., courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus...» (12:1). Un peu plus loin, il prend une parole que Dieu a dite à Josué — «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point» — et l’applique sans aucune réserve à ceux auxquels il écrit, comme si Dieu la leur avait adressée à eux-mêmes (13:4). Et il en est bien ainsi, cette parole est adressée par Dieu à chacun des siens !

Les applications que l’on peut faire, et que l’on doit faire, du texte biblique peuvent être envisagées sous deux aspects :

 — Pour autant qu’il dépend de nous, elles doivent être faites avec intelligence. Nous ne devons pas nous appliquer des déclarations qui sont en contradiction avec la dispensation dans laquelle nous vivons. D’où la nécessité de connaître quelque chose des dispensations.

 — D’un autre côté, souvenons-nous que l’Écriture est entre les mains de Dieu plus encore qu’entre nos mains ! Quand nous la lisons, c’est lui qui parle, et nous qui écoutons. Il agit sur nos coeurs et nos consciences. Elle est «vivante et opérante». Elle est «un marteau» ou «une épée» dans sa main. Comme la pluie qu’il envoie du ciel, «elle fera ce qui est son plaisir, et accomplira ce pour quoi il l’a envoyée» (És. 55:11). Et cela, en dépit de nos insuffisances.

 

Étudie-toi à te présenter approuvé à Dieu, ouvrier qui n’a pas à avoir honte, exposant justement la parole de la vérité — 2 Timothée 2:15