[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

Nature du combat chrétien

Henri Rossier

 

Table des matières :

1     Le combat chrétien — Éphésiens 6:10-20

1.1      Pharaon

1.2      Amalek

1.3      Devant Jéricho

1.4      Conclusion

2     À propos de 1 Jean 2:14

3     À propos de 1 Chroniques 12

 

1                    Le combat chrétien — Éphésiens 6:10-20

ME 1961 p. 8-15. Notes prises à une méditation de H. R.

Dans ce passage je suis frappé du fait que le combat chrétien, tel qu’il nous est présenté ici, se livre dans le ciel ; c’est là que se trouvent les puissances spirituelles qui s’opposent à nous. Toute l’épître aux Éphésiens introduit le chrétien dans le ciel. Nous lisons dès les premiers versets que « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ... nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ». C’est là que l’apôtre place le chrétien et c’est là qu’il le laisse, en sorte que lorsqu’il mentionne le combat, ce combat aussi se livre dans les lieux célestes.

 

1.1   Pharaon

Le combat chrétien a bien des caractères, et je chercherai à en placer quelques-uns devant nous. La première fois que les Israélites ont à faire avec l’ennemi c’est à la Mer Rouge, Le Pharaon représentant la puissance de Satan, et les Égyptiens auxquels ils étaient asservis et qui représentaient le monde, les poursuivent dans le but de les empêcher de sortir d’Égypte. Satan agit toujours ainsi. Quand une âme a appris, comme les Israélites l’avaient fait à la Pâque, qu’elle est mise à l’abri du jugement de Dieu, le monde et Satan s’élèvent contre elle. Le combat s’engage ; à la Mer Rouge le peuple ne sait que devenir, mais Moïse lui dit : « L’Éternel combattra pour vous ». Ainsi la bataille est engagée entre l’Éternel et toute la puissance du monde, afin de délivrer les Israélites pour qu’ils puissent entreprendre la marche à travers le désert. La victoire est remportée sans qu’Israël ait à tirer l’épée. Pour nous la Mer Rouge représente la mort de Christ sous le jugement de Dieu ; c’est là que la puissance de l’ennemi a été vaincue, et maintenant, du moment que nous avons cru, nous sommes engagés dans le chemin du désert. Qu’allons-nous y trouver ? Tout d’abord Dieu : « Je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi » (Ex. 19:4). Nous avons été amenés à Dieu, non pas dans le ciel, mais sur la terre, dans ce désert que nous avons à traverser, dans ce monde où nous avons à accomplir notre pèlerinage. Le Seigneur est mort pour nos péchés afin de nous amener à Dieu.

 

1.2   Amalek

Dès le moment où nous nous mettons en route, commencent pour nous les expériences du désert. Pour le peuple, c’étaient d’abord les sources et les palmiers d’Élim, la manne, l’eau du rocher, toutes les bénédictions spirituelles. Mais l’ennemi arrive dans la personne d’Amalek. C’est encore le combat, mais cette fois le peuple est appelé à vaincre lui-même ; ce n’est plus : « Tenez-vous tranquilles et voyez la délivrance de l’Éternel ». Amalek est l’image de Satan conduisant ses puissances mauvaises contre le peuple de Dieu. Il s’agit de combattre afin de ne pas être arrêté dans la traversée du désert. Nous chrétiens, qui traversons le monde, nous rencontrons aussi l’opposition de Satan qui cherche par tous les moyens possibles à entraver la marche de la foi, afin que nous n’arrivions pas au but que Dieu nous a assigné. Dans le livre de l’Exode il est dit qu’il y aura « guerre contre Amalek de génération en génération ». Nous aussi, nous avons, pendant toute la durée de notre course ici-bas, à combattre l’ennemi qui cherche à nous empêcher de jouir de la présence de Dieu qui se révèle à nous. Mais nous avons avec nous la puissance de l’Esprit de Dieu et un Souverain Sacrificateur dans les lieux célestes qui connaît toutes nos difficultés. Aussi longtemps que les bras de Moïse étaient élevés vers Dieu, le peuple était certain d’avoir le dessus ; du moment que ses bras retombaient, Israël était vaincu. Pour nous, nous avons à travers le désert un conducteur qui s’occupe de nous, et dont les mains élevées ne s’appesantissent jamais, en sorte que nous pouvons toujours remporter la victoire.

 

1.3   Devant Jéricho

Il y a encore un autre combat, c’est celui qui se livre depuis le moment où le peuple est entré dans le pays de Canaan. Il se trouve devant Jéricho ; pour arriver là, il a fallu qu’il passe le Jourdain, mais cela s’est fait sans combat, Dieu lui ayant frayé le chemin. Pour nous chrétiens, qui sommes morts et ressuscités avec Christ, nous avons le droit de passer notre vie sur l’autre rive du Jourdain, en face de Jéricho. Le croyant se trouve ainsi introduit dans une vie céleste, qu’il le sache ou qu’il ne le sache pas, peu importe. Combien y a-t-il de chrétiens qui réalisent qu’ils sont morts et ressuscités avec Christ ? La plupart d’entre eux ne comprennent pas que Dieu les regarde comme étant dans le pays de Canaan. Nous savons que pour nous la marche dans le désert s’accorde parfaitement bien avec l’entrée dans le pays. Les enfants d’Israël, quand ils arrivent en Canaan, en ont fini avec le désert. C’est ici que se place la troisième forme de combat. L’ennemi veut empêcher Israël de prendre possession du pays de la promesse. A peine le peuple a-t-il passé le Jourdain qu’il se trouve devant une ville entourée de hautes murailles. Que faire ? C’est une question de foi. Le combat s’engage, mais il ne consiste qu’en un acte de foi. Israël ne tire pas son épée, mais doit faire à sept reprises le tour de Jéricho. Au moment assigné par Dieu les murailles s’écroulent et le peuple peut prendre possession de la ville. Lorsque les chrétiens comprennent qu’ils doivent prendre possession du pays céleste, Satan place l’obstacle devant eux : pour les uns c’est la famille, et pour d’autres le monde ou la position sociale. Satan réussira ainsi à dresser devant chacun de nous des murailles élevées jusqu’au ciel dans l’espoir de nous arrêter à tout jamais dès l’entrée dans le pays de la promesse et de nous empêcher de faire un pas de plus. C’est alors que commence le vrai combat, le combat de la foi qui ne cessera que lorsque le pied de chaque homme d’Israël se sera posé sur son héritage, et c’est ce dont il est question dans le chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens. Nous y trouvons les expériences que nous faisons comme croyants. Pénétrons-nous dans ce pays de Canaan que Dieu a placé devant nous pour que nous en jouissions ? Avons-nous fait et faisons-nous journellement l’expérience des bénédictions spirituelles qui sont dans les lieux célestes ? Réalisons-nous ce que c’est que de nous trouver saints et irréprochables devant lui en amour ? Nos âmes jouissent-elles de la communion avec Dieu notre Père ? En un mot prenons-nous possession de ce bon pays de la promesse ? Si c’est le cas, nous trouverons là un ennemi acharné qui cherchera à nous entraver par tous les moyens possibles. Hélas, il y réussit trop bien. Nous voyons dans le livre des Juges que l’infidélité du peuple l’empêcha de s’emparer de la terre promise. En effet Israël n’a possédé le pays que partiellement car jamais tous les ennemis n’en ont été chassés. Les obstacles qui nous empêchent de saisir notre héritage, et de vivre dans le ciel, sont le fait de la « puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes ». Que faire ? Nous laisserons-nous décourager, alors que nous avons dans ce chapitre les ressources mises à notre disposition ? Nous avons le sentiment profond de notre incapacité et de notre infidélité. Pourtant l’héritage nous a été préparé, non pas pour l’avenir, mais pour le temps de notre séjour ici-bas. Pour nous en emparer il n’y a qu’une ressource, c’est de n’avoir aucune confiance en nous-mêmes. Aussi nous est-il dit : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ». Tout est là. Ne vous fortifiez pas dans votre force, mais dans le Seigneur. Pour cela une seule chose est nécessaire : connaître le Seigneur, être occupé de Lui. Il faut Le connaître, Lui, pour connaître sa force. Au Ps. 84 nous lisons : « Bienheureux l’homme dont la force est en toi ». Je suis faible, mais plus je suis faible, plus je connais que la force est en Lui. Paul peut dire : Je veux me glorifier dans mes infirmités, reconnaître hautement ma faiblesse, complète et absolue, car du moment que j’ai reconnu cette faiblesse, je mets ma confiance et je trouve ma force en Lui.

Je ne veux pas dire par là que nous n’avons qu’à laisser agir le Seigneur sans prendre part à la lutte. C’est « notre lutte » (v. 12). Il faut un combat positif afin de prendre possession du pays céleste sans attendre pour cela d’être entré dans la gloire. Dieu veut faire de nous des enfants parfaitement heureux et pleinement capables de tenir tête à toute la force de l’ennemi, afin que nous soyons des êtres célestes qui connaissent le ciel comme leur appartenant. « Revêtez-vous de l’armure complète de Dieu ». Nous sommes appelés à agir ; l’armure de l’homme ne nous sert de rien ; c’est celle de Dieu qu’il nous faut. David avait sa fronde, les cailloux du torrent et son sac de berger ; c’était suffisant car c’était là pour lui l’armure complète de Dieu. Goliath se moque de lui, mais, revêtu de l’armure de Dieu, David remporte la victoire. Nous ferons toujours la même expérience quand, n’ayant aucune force en nous-mêmes, nous aurons revêtu l’armure complète de Dieu (v. 13). Ce n’est pas au moment de l’attaque de Satan qu’il s’agit de revêtir l’armure ; il faut l’avoir prise auparavant. Si nous attendons le mauvais jour, nous serons nécessairement vaincus. Je n’entrerai pas dans le détail de l’armure, mais en relèverai un seul point. « Ayant ceint vos reins de la vérité ». Les reins sont le symbole de la force. Quant il s’agit du combat, il faut avoir les reins ceints, comme aussi pour tout ce qui exige un effort. Il faut ceindre ses reins pour marcher, encore plus pour courir, il faut les ceindre pour le service, car le service exige de la force. Cette expression implique toujours un développement de puissance, et cette puissance, c’est la vérité. Voilà ce qui est notre privilège, tout spécialement dans le temps actuel. Si nous ne revêtons pas cette partie de l’armure, nous ne rendrons pas un témoignage différent de celui du christianisme professant qui remplit le monde. Nous nous rabaisserons au niveau du monde, de façon à être confondus avec lui. La vérité, c’est la Parole de Dieu par laquelle notre homme intérieur est fortifié. D’où vient que parmi nous il y a si peu de force pour prendre possession de notre position céleste, pour nous occuper des choses d’en haut ? La Parole joue-t-elle le rôle qu’elle doit jouer dans la vie de chacun de nous ? Lire hâtivement quelques versets chaque jour, est-ce que c’est là ceindre nos reins de la vérité ? Il faut, pour combattre les combats de l’Éternel, que nous ayons la force de la Parole avec nous, de la Parole qui s’applique aux besoins les plus intimes de nos âmes, qui nous reprend et nous corrige. Que nous présente-t-elle ? Christ lui-même. Avons-nous fait aujourd’hui un peu plus ample connaissance avec le Seigneur Jésus ? Pouvons-nous dire : Depuis que je me suis levé ce matin, j’ai appris à connaître par la Parole un nouveau caractère de mon Sauveur bien-aimé ? Il n’y a pas d’autre moyen d’apprendre à Le connaître que d’étudier la Parole qui nous présente toujours Christ. On objectera : « Je veux bien lire la Parole, mais je ne la comprends pas ; il faut qu’on me l’explique ». Mais n’avons-nous donc pas de nombreux écrits donnés par des hommes de Dieu afin que les âmes fassent des progrès dans la connaissance de Christ ? Notre bibliothèque est-elle remplie de ces ouvrages qui peuvent nous aider à comprendre la Parole de Dieu ? Mais avant tout le Saint Esprit nous a été donné. La Parole est la vérité, Christ est la vérité, mais nous ne pouvons comprendre la Parole si ce n’est par l’Esprit de Dieu. Recherchons son aide pour connaître Christ, au lieu de le contrister comme nous le faisons trop souvent. Je suis humilié devant Dieu en pensant combien peu j’ai connu dans ma vie ce que c’est que d’avoir mes reins ceints de la vérité.

 

1.4   Conclusion

Que Dieu nous donne de réaliser davantage ces choses, et, par-dessus tout, d’avoir un ardent désir de connaître pratiquement le Seigneur Jésus. Ne nous contentons pas seulement de connaître le salut par lequel Il nous a donné la vie éternelle, mais cherchons à Le connaître, Lui, l’auteur de ce salut, Celui qui veut que nous vivions continuellement avec Lui et qui sait que le seul bonheur pour nous est de rester dans son intimité jusqu’au moment où Il viendra et où nous Le connaîtrons à fond comme Lui nous a connus.

 

 

2                    À propos de 1 Jean 2:14

Extrait d’entretiens. ME 1906 p.326-327

Les jeunes gens ont à combattre pour acquérir la connaissance de leurs privilèges et s’y établir. C’est comme Israël qui, ayant passé le Jourdain, avait à combattre pour conquérir le pays en réduisant à néant la puissance de Satan qui s’y opposait : « Vous avez vaincu le méchant ».

Je pense qu’il y a deux caractères du combat chrétien : 1° Prendre possession des lieux célestes. Notre combat est contre les puissances spirituelles qui s’y trouvent et veulent nous empêcher d’entrer dans ce bon pays d’où elles doivent être chassées. 2° Combattre en vue de délivrer nos frères. S’il y a de l’amour dans nos cœurs, nous n’irons pas partager l’esclavage de nos frères, mais nous chercherons à les en délivrer. C’est ce que fit Abraham à l’égard de Lot quand, avec 318 de ses serviteurs, il combattit et vainquit les armées qui avaient emmené son frère prisonnier. La délivrance d’une âme de ce joug est une chose infiniment précieuse, mais souvent ceux qui se sont habitués au joug, perdent même le désir d’en être délivrés. Toujours leur cœur naturel les y ramène, cela a plus de prix pour eux que Christ et la liberté. « Il nous souvient du poisson que nous mangions en Égypte pour rien, des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons, et de l’ail ; et maintenant notre âme est asséchée ; il n’y a rien, si ce n’est cette manne devant nos yeux » (Nombres 11:5-6).

Ces chrétiens, quand nous combattons tous pour les délivrer, rejettent nos efforts avec l’assertion que pour eux le combat chrétien consiste à prêcher l’Évangile et rien de plus. Sans doute, le combat de l’Évangile est une chose infiniment précieuse et bénie (Philippiens 1:7, 27, 30), mais l’apôtre combattait tout autant pour l’Assemblée (Colossiens 1:24, 29 ; 2:1).

 

 

3                    À propos de 1 Chroniques 12

Extrait des méditations de HR sur 1 Chroniques

Nous avons vu que chaque fraction du peuple mettait au service de David les dons divers que Dieu lui avait départis. C’est ainsi que doit se composer encore aujourd’hui la troupe de ceux qui combattent pour le Seigneur. Il n’y a pas, comme on cherche à le faire croire, une « armée du salut », destinée à répandre l’Évangile dans le monde, quoique le don de l’évangéliste soit, en lui-même, un don de toute première importance. L’armée chrétienne est destinée à combattre les puissances spirituelles pour revendiquer les droits du Seigneur et non, comme l’évangéliste, pour faire triompher sa grâce, en la faisant pénétrer dans les consciences. La petite armée qui se groupe autour de David, le fait pour « lui donner du secours dans la guerre » (v. 1), pour introduire, par le combat, l’établissement de son royaume. Or le royaume de Christ n’est pas l’Évangile. Sous ce rapport les gens de Benjamin avaient une grande foi, ils attendaient de David des actions d’éclat et un règne glorieux dans un temps où l’oint de l’Éternel ne comptait, en apparence, pour rien aux yeux des hommes.