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Dans le monde, mais pas du monde

 

NOTRE POSITION SUR LA TERRE

 

H.L. Heijkoop

 

Chers amis,

J’aimerais maintenant attirer votre attention sur notre position comme croyants ici sur la terre. Celle-ci aussi est liée à Christ. Car de même que nous avons été rendus conformes à Christ pour pouvoir nous tenir devant Dieu, nous sommes aussi identifiés à Christ devant le monde. En d’autres termes : nous sommes placés ici dans sa position, de la même manière que nous sommes en Lui devant Dieu. Ce sera pour nous d’un grand profit de garder toujours à la mémoire cette vérité.

Lorsqu’il est question de notre position ici sur la terre, il y a deux aspects qui l’un et l’autre sont très importants. Le premier est en relation avec le monde et le second sur le plan religieux. Nous voyons ici ce qui concerne notre position par rapport au monde.

 

Le Seigneur Jésus dit aux Juifs : «Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde» (Jean 8:23). Plus tard, alors qu’il recommandait les siens à son Père, il dit : «Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (Jean 17:16). Et dans les versets 14 à 19 : il amène véritablement ses disciples dans sa propre position vis-à-vis du monde, de même que dans les versets précédents (6-13) il les a placés dans sa propre position vis-à-vis du Père. Ils prennent sa position dans ce monde parce que -remarquez le bien - ils ne sont pas du monde, comme Lui n’est pas du monde. Car, étant nés de nouveau, ils n’appartiennent plus au monde. Dès lors, à maintes reprises, il répète qu’ils seraient haïs et persécutés, comme Lui l’était. C’est pourquoi il dit, par exemple : «Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite : L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre» (Jean 15:18-20). L’apôtre Jean montre aussi le contraste absolu existant entre les croyants et le monde lorsqu’il dit : «Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier gît dans le méchant» (1 Jean 5:19).

 

Mais il y a plus encore que ce que ces importants passages nous font voir. Chaque croyant est considéré par Dieu comme mort et ressuscité avec Christ (Rom. 6 ; Col. 3:1-3). Par la mort et la résurrection de Christ, il est donc, aux yeux de Dieu, parfait, placé hors de ce monde, de même qu’Israël fut conduit hors d’Egypte à travers la mer Rouge. Il n’est cependant plus «du monde» bien qu’il y soit envoyé (Jean 17:18) pour vivre au milieu du monde pour Christ. C’est pourquoi Paul pouvait dire, alors qu’il travaillait pour Christ dans le monde : «Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde» (Gal. 6:14). Il voyait, dans la croix de Christ, que le monde était déjà jugé (Jean 12:31), et en appliquant la croix à lui-même, il se considérait comme mort - crucifié au monde - de sorte qu’il y avait entre eux deux une séparation comme la mort seule peut en provoquer.

 

L’Apocalypse nous apporte un autre témoignage  : le monde où nous sommes court vers le jugement de Dieu et vers sa perte. Les hommes vont aller vers toujours plus de blasphèmes (Apoc.16:9, 11, 21). L’exhortation retentit  : Sortez du milieu d’elle [Babylone], mon peuple, pour que vous ne participiez pas à ses péchés (Apoc.18:4).

 

Le croyant qui veut chercher à améliorer le monde et son fonctionnement et son organisation se heurte nécessairement au fait que la démocratie ne cherche qu’à faire ce qui plait aux hommes et non pas à Dieu, et les principes divins sont entièrement mis de côté.

 

Si nous résumons ce que nous avons lu, nous voyons que le chrétien, bien qu’étant dans le monde, n’est pas du monde. Il n’est pas du monde, dans le même sens que Christ n’était pas du monde. Il appartient à un nouvel ordre ; car «si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création» (2 Cor. 5:17). Il est, comme nous l’avons vu, absolument sorti du monde, par la mort et la résurrection de Christ. Il doit par conséquent s’en tenir complètement séparé. Il ne convient pas qu’il se conforme au monde (Gal. 1:4 ; Rom. 12:2). Dans son esprit, ses habitudes, sa conduite, ses actes, il doit donner à connaître qu’il n’est pas de ce monde. Plus encore, par l’application de la croix à lui-même, il doit se tenir lui-même pour crucifié au monde ; il ne peut alors plus y avoir aucun attrait, aucune force d’attraction entre deux choses ainsi jugées.

 

Comprenons bien cette séparation du monde  : Il ne s’agit pas de se retirer du monde comme ont fait les moines, et sur ce point l’Ecriture est formelle  : Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde ... je les ai envoyés dans le monde (Jean 17:15, 18). Pourtant quant à leur caractère moral et à leur vie pratique, les vrais croyants se démarqueront pour vivre comme Christ et porter ses caractères, ne vivant pas selon les principes et les moeurs du monde.

 

Encore un point  : un chrétien est dans le monde à la place de Christ. C’est-à-dire qu’il est pour Christ et comme Christ dans ce monde. Il doit donc rendre témoignage de Christ et marcher comme Christ a marché (Phil. 2:15 ; 1 Jean 2:6) et il doit s’attendre à être traité comme Christ l’a été. Non pas que nous devions être crucifiés comme Lui ! Mais, si nous sommes fidèles, nous rencontrerons dans le monde la même opposition que Lui. Dans la mesure où nous serons fidèles dans notre marche à sa suite nous serons persécutés. Si les croyants font actuellement peu l’expérience de la haine c’est qu’ils ne sont pas séparés du monde. Si la persécution ne prend plus, dans les pays occidentaux, la forme violente qu’elle a eu autrefois (mais cela reprendra selon Apoc.11:7-8), il n’en reste pas moins qu’on supporte de moins en moins tout ce qui est vrai christianisme. Tout ce qui est vrai christianisme est méprisé et combattu. Les media s’acharnent actuellement à détruire tout ce qui est civilisation judéo-chrétienne.

 

Je ne puis m’empêcher d’attirer sérieusement votre attention sur la nécessité de rompre tout lien qui vous unit moralement au monde. Il n’est pas nécessaire d’être très clairvoyant pour remarquer que l’esprit du monde, la conformité au monde gagnent rapidement l’Eglise ou Assemblée de Dieu. Combien c’est déshonorant, combien c’est douloureux pour Celui autour duquel nous sommes rassemblés pour annoncer sa mort  ! Quelle exhortation pour tous les saints à s’humilier devant Dieu, et à demander avec prière la grâce de vivre plus pour Lui, d’être davantage séparés, afin que le monde lui-même voie que nous appartenons à Celui qu’il a rejeté, mis dehors et crucifié.

 

Combien peu d’entre nous sont animés de l’esprit de Paul qui désirait connaître «la communion de ses souffrances», pour être rendu conforme à sa mort, alors qu’il contemplait un Christ glorifié, objet de son coeur et but de son espérance.

 

Veuille le Seigneur nous donner à nous et à tous les bien-aimés saints une plus grande mesure de cette consécration au Seigneur et de cette séparation totale du monde dont le Seigneur lui-même nous a donné l’exemple.

 

Avec mes affectueuses salutations.

Votre frère attaché dans le service du Seigneur.