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LA NOUVELLE NAISSANCE

 

H.L. Heijkoop

 

Table des matières :

1     Le Fils de l’homme qui est dans le ciel

2     La nature de l’homme

3     La nouvelle naissance est nécessaire pour tous.

4     « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu »

5     Né de nouveau

6     « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé »

 

 

L’épître aux Romains (6:8) nous dit que les chrétiens sont morts avec Christ. La nature du vieil homme est si mauvaise que Dieu n’a plus qu’à la juger. C’est cela que le Seigneur Jésus expose à Nicodème en Jean 3, en y ajoutant une réponse divine.

Le sujet commence déjà au chapitre 2:23. Le Seigneur est là à Jérusalem. Comme à la fête de Pâque, il fit des miracles, « plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait ». Mais il est ajouté : « Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes, et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rendît témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme ». Et lorsqu’au ch. 3 un de ces hommes vint au Seigneur Jésus, le Seigneur prononce ces paroles accablantes : « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ».

 

1                        Le Fils de l’homme qui est dans le ciel

Dans les versets 11 et 13 du chapitre 3, le Seigneur montre qui il est, Lui. Il est le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Nous trouvons ici le merveilleux mystère de sa Personne. Jean 1:1 nous dit qu’il est Dieu Lui-même, l’Éternel. Mais au verset 14 nous lisons : « La Parole devint chair, et habita au milieu de nous ». — « Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3:16). Dieu et l’homme en une Personne, quel mystère !

Le Seigneur Jésus est le Dieu éternel. Il s’est abaissé Lui-même et est devenu homme. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’était plus Dieu. Ce serait impossible. Il a participé au sang et à la chair (Héb. 2:14) ; il est devenu véritablement homme (Gal. 4:4 ; 1 Tim. 2:5) ; mais Lui, qui était homme, était en même temps le Dieu éternel (Ésaïe 9:6). Petit enfant couché dans la crèche, il était en même temps le soutien et le conservateur de toutes choses. Lorsque fatigué du voyage, ayant faim et soif, il demandait un peu d’eau à la femme samaritaine, il se révélait comme le Tout-Puissant, Celui qui donne le Saint Esprit, et comme Celui qui sait tout, qui pouvait découvrir la vie de cette femme. Comme vrai homme, il dormait dans la barque, puis se levant, il reprit le vent et les vagues. En disant ces simples paroles : « C’est moi », les soldats tombaient à terre devant Lui. Mais peu après, ces hommes le liaient, Lui crachaient au visage et se moquaient de Lui.

Il pouvait dire : « Nous disons ce que nous connaissons » (Jean 3:11). Il savait, car Dieu seul sait, dans le vrai sens du mot « savoir ». Aucun homme n’avait jamais été dans le ciel. Personne ne pouvait donc parler des choses célestes. Mais Lui, le Fils de l’homme, était descendu du ciel. Oui, il était encore dans le ciel. Lors donc qu’il parlait des choses célestes, il parlait de ce qu’il avait vu et de ce qu’il voyait encore. Il parlait de ce qu’il connaissait ; car c’était son ciel et sa gloire. En Lui, Dieu et l’homme étaient unis ; car il était Dieu et homme en une Personne. C’est pourquoi à sa naissance les anges pouvaient dire : « Sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes » (Luc 2:14) ! Il connaissait Dieu et sa gloire, et Il connaissait aussi l’homme.

 

2                        La nature de l’homme

En Jean 2:23-25 nous trouvons le jugement du Seigneur sur l’homme. Il avait affaire là non à des impies qui l’auraient rejeté en une inimitié ouverte. Ils le reconnaissaient, le respectaient ; ils avaient été convaincus par ses miracles qu’il était le Messie. Ils « croyaient en son nom ». Une lecture superficielle pourrait nous amener à penser qu’ils étaient de ces hommes dont il est dit au chapitre 1:12 qu’il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu. Mais il est dit d’eux : « Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes, et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rendît témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme ».

Ces hommes étaient convaincus, mais non pas convertis, ni nés de nouveau. Ils croyaient en son nom ; mais ils ne l’avaient pas reçu (1:12). Ils avaient vu ses miracles ; leur intelligence et leurs sentiments avaient été convaincus par ce moyen qu’il était le Messie. Il y en avait beaucoup comme eux alors, et il y en a des millions aujourd’hui. Ils ne mettent pas en doute les vérités chrétiennes. Leur intelligence et leurs sentiments leur font éprouver ce qu’elles ont de logique et d’élevé et c’est ainsi qu’ils ont accepté le christianisme. L’homme naturel veut bien de cela ; car il est ainsi placé au-dessus de la vérité et au-dessus de Dieu. Il se flatte d’avoir jugé ce qui est juste. Il croit ce que son intelligence et (ou) ses sentiments ont reconnu bon.

Combien tout est différent lorsqu’une conscience est amenée dans la lumière de Dieu ! On voit alors son état de perdition et de culpabilité. On ne pense plus à juger Dieu ou ce qu’il a révélé. Il ne subsiste que le jugement de soi-même et la supplication : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! »

 

3                        La nouvelle naissance est nécessaire pour tous.

On l’admettrait plus facilement pour des païens et des hommes vivant dans des péchés grossiers. Mais chacun doit être né de nouveau, y compris les Juifs, oui même les pharisiens, même ceux qui étaient bien disposés à l’égard du Seigneur, qui croyaient en son nom, même Nicodème, un pharisien, un chef des Juifs, le docteur d’Israël, un homme qui rendait au Seigneur Jésus le plus grand honneur qui pût être fait à un homme, en disant : « Tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » ; même un tel homme doit être né de nouveau (v. 7) : cela, l’homme naturel ne peut pas le comprendre. Mais celui qui le déclare est Celui qui dit ce qu’il connaît (v. 11) ; car il est le Dieu éternel. Qu’il n’exige pas cela de ses ennemis seulement, mais aussi de ceux qui le reconnaissent, cela ne fait-il pas connaître l’état de complète perdition de l’homme, la totale incapacité de l’homme naturel à s’approcher de Dieu ?

 

4                        « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu »

Le Seigneur parle ici du royaume tel qu’il était révélé en ce temps-là. Lorsque bientôt il sera manifesté en gloire, toute la terre le verra. Mais maintenant, dans ce que j’appellerai le caractère chrétien du royaume, tel qu’il nous est présenté dans tant de paraboles, nous avons un tout autre état.

Lorsque le Seigneur Jésus vint sur la terre, le royaume vint en Lui. Seuls ceux qui le reconnurent, ceux qui le virent tel qu’il était véritablement, comme le Fils de Dieu, virent le royaume. Ceux-là seuls étaient nés de nouveau.

N’avons-nous jamais été frappés de ce que les frères du Seigneur Jésus ne croyaient pas en Lui ? Oui, il est même dit en Marc 3:21 : « Et ses proches, ayant entendu cela, sortirent pour se saisir de lui, car ils disaient : Il est hors de sens » (Voyez aussi Jean 7:5).

Ils connaissaient pourtant le Seigneur ! Ils avaient vu, pendant tant d’années à Nazareth, sa vie parfaite et sainte. De jour en jour, d’heure en heure. Marie et Joseph ne leur avaient-ils pas parlé de l’ange qui avait annoncé sa naissance et de toutes les choses merveilleuses qui, par exemple, nous sont décrites en Luc 2 ? N’avaient-ils pas entendu le témoignage de leur cousin, Jean le Baptiseur ? Ne voyaient-ils pas ses miracles ? Jean écrit : « Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père » (Jean 1:14) ; et tandis que le ciel s’ouvrait sur Lui et que la voix divine Lui déclarait : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Marc 1:11) ses proches disaient qu’il était hors de sens, et ils voulaient s’emparer de Lui. Quelle preuve à l’appui de la vérité des paroles du Seigneur Jésus : « En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ».

 

5                        Né de nouveau

Cela ne signifie pas ce que pense Nicodème, ou ce qui ressort de tant de philosophies et de fables païennes, qu’un homme âgé naît de nouveau comme un enfant ou est simplement transformé en un jeune homme. Un nouveau-né a la même nature que ses parents — elle n’est en rien meilleure. Seth, le fils d’Adam déchu, était à la ressemblance et selon l’image de son père pécheur (Gen. 5:3). Job dit : « Qui est-ce qui tirera de l’impur un homme pur ? Pas un » (Job 14:4) ! Et Romains 5:19 nous déclare que par la désobéissance d’Adam tous ses descendants ont été constitués pécheurs. « Ce qui est né de la chair est chair » (Jean 3:6). Nicodème fût-il né dix fois de la même façon que la première (de parents pécheurs), rien n’aurait été changé en ce qui concerne sa relation envers Dieu.

Un homme doit être né de nouveau (Jean 3 :3), d’une manière tout à fait nouvelle, d’une nouvelle source de vie. Le Seigneur Jésus dit au verset 5 ce qu’est cette source de vie. « En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ». L’eau, dans l’Écriture, est l’image bien connue de la parole de Dieu, appliquée par le Saint Esprit aux hommes. Éphésiens 5:26 le dit expressément, de même que Jean 13:10 en rapport avec Jean 15:3 (il ne s’agit pas du baptême).

L’eau purifie ce sur quoi elle est appliquée. La parole de Dieu, appliquée par le Saint Esprit, purifie les penchants, les pensées et les actes de l’homme. En même temps, l’Esprit produit par la Parole une vie nouvelle en l’homme, une vie tout à fait autre, qui ne porte pas le caractère de ses parents naturels, mais qui a le caractère de celui qui suscite la vie. « Ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3:6).

Le fait que la nouvelle naissance a lieu par la parole de Dieu, se trouve confirmé maintes fois dans la Parole. Paul écrit aux Corinthiens : « Je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile » (1 Cor. 4:15). En Jacques 1:18 nous lisons : « De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité ». Pierre écrit : « Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité... vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pierre 1:22, 23). En 1 Thessaloniciens 1:5, la Parole et le Saint Esprit sont nommés ensemble.

Le Seigneur parle de la nécessité d’être né de nouveau pour pouvoir voir le royaume et y entrer, car il s’adresse à Nicodème, un chef des Juifs. De la façon de s’exprimer du Seigneur on peut cependant tirer un principe général, comme c’est presque toujours le cas dans les écrits de Jean : dès la chute et jusqu’à la fin du monde, la nouvelle naissance est nécessaire pour entrer en relation avec Dieu.

 

6                        « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé »

Lorsque, dès le verset 12, le Seigneur se met à parler des choses célestes, une autre nécessité vient au premier plan. Le Fils de l’homme qui est dans le ciel, connaît la gloire du ciel, la demeure de Celui qui « est lumière » et en qui il n’y a « aucunes ténèbres » (1 Jean 1:5). Si des hommes doivent entrer dans la gloire, il faut d’abord que la question du péché soit réglée. Dieu, qui a été tellement offensé par le péché de l’homme, doit ensuite être satisfait à l’égard du péché. L’homme doit être purifié de tout ce qui le rend incapable d’entrer dans la gloire de Dieu. Comment l’homme, mille fois plus pécheur qu’au moment où il fut chassé du paradis terrestre à cause de son péché, pourrait-il entrer dans le paradis céleste, dans la demeure de Dieu Lui-même ?

Cela ne pouvait être à moins que Celui qui était Dieu et homme en une Personne, n’accomplît une œuvre par laquelle tout ce qui était nécessaire, fût fait. « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé [sur la croix] , afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:14, 15).

N’est-ce pas la chose la plus élevée que Dieu pouvait nous donner ?

Oh ! Beaucoup de choses sont encore liées à cela. Nous pouvons appeler Dieu : « Père ! » parce que le Saint Esprit, avec la vie nouvelle en nous, rend témoignage que nous sommes enfants de Dieu (Rom. 8:15). Nous sommes cohéritiers de Christ et bientôt, nous régnerons avec Lui sur l’univers et exercerons le jugement (Rom. 8:17 ; Éph. 1:10, 11 ; 1 Cor. 6:2, 3, etc.). 1 Jean 3:1 nous place sur le même rang que le Seigneur Jésus, comme non connus du monde. Le verset 2 dit que quand il sera manifesté, nous Lui serons semblables, « car nous le verrons comme il est ». 1 Jean 4:17 dit que pour ce qui en est du jugement, nous sommes maintenant déjà sur cette terre, comme il est Lui dans le ciel. Le verset 19 déclare : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier ». Oui, nous avons la nature divine, qui est amour. Nous sommes victorieux du monde (5:4). Et l’Écriture énumère ainsi encore beaucoup de choses.

Toutefois la communion avec le Père et avec le Fils n’est-elle pas la plus élevée de toutes (1 Jean 1:3) ? Et cela pour nous qui, selon les paroles du Seigneur Jésus en Jean 3, ne pouvions même pas voir le royaume terrestre ou y entrer, nous qui étions des pécheurs perdus, qui n’avions plus devant nous que la perdition éternelle, nous qui étions ennemis de Dieu et haïssables à ses yeux ; nous connaissons le Père et le Seigneur Jésus (1 Jean 5:20). Nous connaissons Dieu et le Seigneur Jésus non pas comme la créature connaît le Créateur, mais tels qu’ils sont en réalité. Oui, nous avons communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ et cela, non pas seulement lorsque nous serons dans le ciel ; non, maintenant déjà alors que sur la terre, extérieurement, rien ne nous distingue des hommes qui nous entourent et qui sont sous la puissance de Satan.

Lorsque nous comprenons cela, et que nous le réalisons pratiquement, notre joie n’est-elle pas alors complète ?

H. L. H.