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Le Service des Lévites

 

André Georges

 

Table des matières :

1 Préface

2 Division du sujet

3 Origine et appel

3.1 Origine

3.2 Appel — Nombres 3:5 à 13

3.3 Âge — Nombres 3:14 à 16 ; 8:23 à 26 ; 4:3

3.4 Sacrificateurs — Lévites  — Nomb. 18:1-7

3.5 Héritage et Dîmes

4 Le service au désert — Nombres 4

4.1 Les Kehathites — Nomb. 3:27 à 32 ; 4:1 à 20

4.2 Les Guershonites — Nomb. 4:21 à 28

4.3 Les Mérarites — Nomb. 4:29 à 33

5 Purification et consécration — Nombres 8:5 à 22

6 Le service dans le temple — 1 Chron. 23:3-6 ; 24 à 32

6.1 L’œuvre de la maison de Dieu

6.2 Chantres

6.3 Portiers — 1 Chron. 26:1-19

6.4 Intendants — 26:20 à 28

6.5 Administrateurs et juges — v. 29 à 32

7 Histoire ultérieure et décadence

7.1 L’épreuve

7.2 Enseigner la loi

7.3 Le cantique

7.4 Les réveils

7.5 Le retour de la captivité

7.6 La décadence

8 Conclusion

 

 

 

1                    Préface

Le service des Lévites pour la maison de Dieu nous parle du privilège et de la responsabilité qu’ont aujourd’hui tous les croyants de servir le Seigneur. Nous y chercherons une application plus particulière à la responsabilité progressive des jeunes frères d’employer pour le bien de l’assemblée ce qu’ils ont reçu du Seigneur. De plus, aujourd’hui — contrairement au temps de la loi — le service ne s’exerce pas seulement à l’égard du peuple de Dieu, mais la grâce s’étend au dehors par la diffusion de l’évangile. C’est le grand changement souligné par le Seigneur ressuscité dans ses dernières paroles aux disciples, changement que les Juifs, même croyants, ont eu tant de peine à accepter.

 

 

2                    Division du sujet

Nous considérerons d’abord l’origine et l’appel des Lévites. Pourquoi et dans quel but étaient-ils mis à part.

Nous passerons ensuite à leur service dans le désert, tel qu’il incombait aux trois familles de Kehath, Guershon et Merari : chacune avait une tâche particulière en rapport avec le tabernacle.

Puis nous considérerons comment les Lévites étaient purifiés et consacrés avant de pouvoir remplir leurs fonctions.

Lorsque l’arche fut en repos à Jérusalem et notamment dans le temple, le service des Lévites changea ; il nous présente dès lors un autre aspect de la responsabilité particulière des frères dans le rassemblement.

Au travers des livres des Rois et des Chroniques, puis d’Esdras et de Néhémie, nous suivrons l’histoire des Lévites dont le nombre va toujours diminuant pour n’être plus qu’un résidu au temps de Malachie. À peine seront-ils mentionnés dans le Nouveau Testament.

 

3                    Origine et appel

3.1   Origine

Au lit de mort de son père Jacob, Lévi, troisième fils de Léa, est chargé d’une malédiction (Gen. 49:5 à 7). Avec son frère Siméon, il avait, par trahison, massacré les hommes de Sichem (Gen. 34). Leur colère s’était déversée avec violence et cruauté sur une ville qui avait eu confiance en eux. Ne sommes-nous pas tous tels : méritant la malédiction divine, même si notre colère ou nos mensonges n’ont pas été si loin que ceux de Lévi et de Siméon ? Celui qui n’a pas réalisé dans sa conscience que vraiment il mérite le jugement de Dieu, ne peut devenir son serviteur ! Il lui faut d’abord connaître la repentance et la foi (Actes 20:21).

Dans «la bénédiction dont Moïse, homme de Dieu, bénit les fils d’Israël avant sa mort», nous trouvons un autre tableau ; l’attachement de Lévi aux paroles de l’Éternel et à son alliance appelle la bénédiction sur la tribu (Deut. 33:8 à 11). Cette fidélité des Lévites s’était marquée au jour tragique du veau d’or ; Moïse, descendu du Sinaï, ayant brisé les tables de la loi, avait fait retentir dans le camp l’appel décisif : «À moi, quiconque est pour l’Éternel !» (Ex. 32:26 à 29). Seuls les fils de Lévi s’étaient rassemblés autour de lui ; comme jadis leur père, ils avaient sorti leur glaive, non pas cette fois pour assouvir leur propre colère, mais afin d’exécuter le terrible jugement de Dieu. Passant à travers le camp, ils avaient dû mettre à mort tous ceux qu’ils rencontraient : frères, compagnons, amis : ce jour-là, trois mille hommes d’Israël tombèrent.

Fidèle encore sera Phinées, descendant de Lévi lui aussi, qui transpercera un prince de Siméon lors de l’iniquité de Péor (Nomb. 25:7, 14). La tribu de Siméon fut alors décimée par la plaie ; à la fin du désert, elle sera l’une des moins nombreuses, et recevra en conséquence un petit héritage en Canaan, tout au sud du pays, aux confins du désert.

 

3.2   Appel — Nombres 3:5 à 13

Les premiers-nés d’Israël avaient été, en Égypte, épargnés du jugement de Dieu, à cause du sang de l’agneau mis sur les poteaux et les linteaux des portes. Rachetés à prix, ils étaient mis à part pour Dieu et lui appartenaient d’une façon particulière (v. 13).

Cependant, au lieu de prendre les premiers-nés des fils d’Israël pour le service de la tente d’assignation, l’Éternel choisit, à leur place, les Lévites (v. 12). Puis les Lévites, ainsi substitués aux premiers-nés, étaient entièrement donnés à Aaron et à ses fils pour leur service (v. 9).

N’en est-il pas de même des enfants de Dieu aujourd’hui ? Rachetés par le sang de Christ, ils appartiennent au Seigneur — «vous n’êtes pas à vous-mêmes, car vous avez été achetés à prix» (1 Cor. 6:20) — et doivent Lui être entièrement dévoués pour son service. Donnés au Fils par l’amour du Père (Jean 17:6), ils se donnent eux-mêmes au Seigneur (2 Cor. 8:15).

La tribu de Lévi devait «approcher» et «se tenir» devant Aaron (Nomb. 5:6). Les Lévites devaient en outre camper autour du tabernacle (1:50). Si le ressort du service est l’amour pour le Seigneur dans la conscience d’avoir été racheté par lui et de lui appartenir, aucun service ne peut être fructueux s’il n’est accompli dans le sentiment de sa présence et en communion avec lui. Il nous est dit d’hommes des anciens temps : «Ils habitaient là, auprès du Roi, pour ses travaux» (1 Chron. 4:23). En restant près du Seigneur, en marchant avec lui, nous serons à sa disposition lorsqu’il nous appellera ; on apprendra aussi, comme il est dit dans le Cantique (1:8), à «paître les chevreaux près des habitations des bergers». Au Psaume 65:4, nous lisons : «Bienheureux celui que tu as choisi et que tu fais approcher : il habitera tes parvis. Nous serons rassasiés du bien de ta maison, de ton saint temple». Jamais le prophète Élie n’aurait eu la puissance dont il était revêtu, s’il n’avait été caractérisé dans toute son histoire par l’expression : «L’Éternel devant qui je me tiens» (1 Rois 17:1, etc.).

Les Lévites étaient au service d’Aaron, type de Christ ; au service de toute l’assemblée, «pour faire le service du tabernacle» (Nomb. 3:7). Leur activité était en faveur de l’assemblée, se déployait en rapport avec la maison de Dieu, mais avant toutes choses, ils étaient aux ordres d’Aaron lui-même. Quels que soient les objets de notre activité, elle doit avoir le Seigneur pour maître et pour but. «Notre service ne vaut absolument rien s’il ne se lie, dans ses détails, à notre communion avec le Seigneur et à la sacrificature, c’est-à-dire à Christ dans les lieux célestes dans la présence de Dieu pour nous» (J.N.D.). Les tâches des Lévites étaient diverses, mais ils avaient tous le même maître : unité fraternelle et diversité dans le service, sous le même Seigneur et par le même Esprit.

 

3.3   Âge — Nombres 3:14 à 16 ; 8:23 à 26 ; 4:3

À l’âge d’un mois, les Lévites étaient dénombrés ; les autres Israélites ne l’étaient qu’à vingt ans. N’est-ce pas dès sa conversion que Dieu met à part un jeune croyant en vue du service qu’Il va lui confier ? Ainsi parle le Seigneur à Ananias à propos de Paul en Actes 9:15. De même la vocation de Timothée avait été annoncée bien avant qu’il entrât dans le service actif (1 Tim. 1:18).

Mais si Dieu a «son plan», il faut le plus souvent bien des années de formation jusqu’au début du service effectif. À l’âge de vingt-cinq ans, les jeunes Lévites entraient en service à la tente d’assignation (8:24). Ils n’étaient pas encore mûrs pour porter le tabernacle, mais pouvaient commencer à y travailler. Cet «apprentissage» était nécessaire pour les rendre aptes, à trente ans, à entrer dans le labeur de leur charge (4:3). Un jeune frère commencera à être utile dans l’assemblée et dans le service du Seigneur, selon qu’Il l’y conduira, dans une mesure d’abord limitée — réunion de prière, questions dans les réunions d’étude, visites aux malades, école du dimanche, diffusion de l’évangile, etc. Petit à petit, gagnant en expérience et en maturité, il pourra être pleinement employé par le Seigneur pour le bien des siens, et exercer, au milieu d’eux, ou au-dehors, un ministère sur lequel Il mettra son sceau. Mais si «à vingt-cinq ans», on reste inactif, ce n’est pas à «trente ans» que l’on sera à même d’accomplir ce à quoi le Seigneur nous destine. (À noter que ces limites d’âge valaient pour les Lévites ; de nos jours, elles ont une valeur spirituelle, indiquant simplement un développement dans les choses de Dieu qui n’est pas lié, loin de là, à l’âge physique. De même aujourd’hui, des serviteurs consacrent tout leur temps à l’oeuvre du Seigneur, tandis que d’autres, tout en exerçant leur profession, peuvent parallèlement accomplir un service béni.)

À cinquante ans, le Lévite se retirait du service actif (8:25), mais il ne devenait pas inutile ; il passait en quelque sorte sur un plan supérieur pour «s’employer avec ses frères à la tente d’assignation, pour garder ce qui doit être gardé». Trois pensées semblent découler de cet âge de cinquante ans. Pour le ministère actif dans l’assemblée, il faut pleine maturité et force spirituelles ; il peut hélas survenir un déclin — jamais nécessaire ! — qui restreigne dans une mesure l’activité. D’un autre côté, la limite de cinquante ans nous rappelle que le service ne dure pas toujours, il n’est que pour un temps, et peut être arrêté par la maladie ou par la mort, et le sera par le retour du Seigneur. Les occasions ne reviennent pas ; et si, lorsque l’Esprit pousse à agir, on néglige de le faire, la perte reste. Enfin, même si spirituellement il n’y a pas déclin, il peut y avoir une diminution physique des forces, de la santé, des facultés. Un serviteur du Seigneur, avancé en âge, ne pourra plus déployer la même activité qu’autrefois, mais combien seront encore précieux son intérêt, sa sollicitude pour l’assemblée ; il contribuera avec ses frères à «garder ce qui doit être gardé», intercédant aussi pour tout le troupeau. Ce ne sera certes pas le côté le moins utile d’un service que l’expérience a enrichi, pour conseils et directions.

Lors du dénombrement des premiers-nés (3:40), il s’en trouva un plus grand nombre que de Lévites (v. 46). En ce temps déjà, le nombre des rachetés dépassait celui des serviteurs ! Qu’en est-il aujourd’hui ? Les serviteurs du Seigneur seraient-ils tellement surchargés et sollicités de tous côtés, si tous les rachetés qu’«à l’âge d’un mois», Dieu avait en vue pour son service, avaient bien voulu à vingt-cinq et à trente ans répondre à son appel !

Les princes des Lévites étaient dénombrés avec leurs frères ; ils ne s’élevaient pas au-dessus d’eux, et servaient avec eux sous la direction des sacrificateurs (3:24 ; 4:28). Combien cela est regrettable lorsque parmi le peuple de Dieu, selon l’expression de l’Ecclésiaste (10:7), «des serviteurs sont sur des chevaux» ! Ne conservons-nous pas au contraire le souvenir de «princes» parmi nous, aujourd’hui auprès du Seigneur, qui ont «marché sur la terre comme des serviteurs» ? — «Lequel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? Or moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert» (Luc 22:27).

 

3.4   Sacrificateurs — Lévites  — Nomb. 18:1-7

Seuls les sacrificateurs pouvaient s’approcher de l’autel et entrer dans le lieu saint au-dedans du voile (18:7). Les Lévites étaient adjoints aux sacrificateurs (le mot «Lévi» veut dire «attaché, adjoint», voir Genèse 29:34) pour tout le service de la tente d’assignation (v. 3).

Aujourd’hui tous les croyants sont sacrificateurs, selon 1 Pierre 2 ; ils apportent à Dieu les sacrifices spirituels, le fruit des lèvres qui bénissent son nom ; par la foi, les adorateurs entrent dans le sanctuaire pour présenter au Père le culte qu’Il désire (Jean 4:23).

Sous un autre aspect, tous les rachetés du Seigneur sont aussi appelés à être Lévites. Il en conduira quelques-uns à consacrer tout leur temps et leurs efforts à Son oeuvre, dans le service de l’assemblée ou de l’évangile. La plupart des autres continueront leur travail journalier et auront à cœur de consacrer une part de leurs loisirs et de leurs forces au service du Seigneur pour le bien des siens et l’appel des âmes perdues. «À chacun de nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ» (Éph. 4:7). Remarquons-le : c’est à chacun que la grâce est donnée ; mais, d’autre part, il y a une «mesure». Il s’agit de discerner ce que le Seigneur nous a confié et dans quelle sphère nous avons à agir (2 Cor. 10:13 à 16). Imiter autrui, ou empiéter sur la sphère d’activité que le Seigneur lui a confiée, ou pire encore, par esprit de rivalité ou de jalousie, troubler son service, n’est que source de malheurs parmi le peuple de Dieu.

 

3.5   Héritage et Dîmes

Entièrement donnés à Aaron, les Lévites consacraient tout leur temps au tabernacle. Lors du partage du pays, ils n’auraient pas d’héritage, car l’Éternel lui-même était leur part et leur héritage au milieu des fils d’Israël. Pour qu’il soit pourvu à leurs besoins matériels, les Israélites devaient leur donner la dîme des récoltes (Nomb. 18:20 à 24).

Le Maître seul peut appeler l’un des siens à se consacrer entièrement à Son oeuvre ; mais la responsabilité incombe aux frères de pourvoir dans la dépendance du Seigneur aux besoins des serviteurs. Chacun de nous a-t-il répondu dans ce domaine à la pensée de Dieu ? Ou d’aucuns n’ont-ils pas été indirectement une entrave à l’œuvre, en négligeant de donner «la dîme» que le Seigneur demande pour ses serviteurs ? Bien entendu, aujourd’hui le principe divin n’est pas de donner exactement un dixième de son revenu — le fait-on même ? — mais tout ce que nous possédons n’est qu’une administration que le Seigneur nous a confiée dont il importe de discerner devant Lui la proportion que nous gardons pour nous-mêmes !

 

4                    Le service au désert — Nombres 4

 

Le principal service des Lévites au désert était de transporter le tabernacle. En ligne générale, les Kehathites portaient le sanctuaire et l’autel d’airain ; les Guershonites avaient la charge de la partie textile et les Merarites, de toute la structure solide.

Le tabernacle nous parle, d’une part, de la manifestation de Dieu en Christ ; d’autre part, de la maison de Dieu où il veut habiter sur la terre, telle qu’elle est aujourd’hui composée de tous les croyants. Les objets du sanctuaire : l’arche, la table des pains de proposition, le chandelier, l’autel d’or, ainsi que l’autel d’airain représentent Christ. Les tapis et les couvertures sont plutôt un type de la maison de Dieu et des caractères qu’ont à revêtir les rachetés, reflétant ceux du Seigneur lui-même ; la partie solide du tabernacle : les bases, les ais, les pieux, nous présente la structure fondamentale de cette maison fondée sur la rédemption.

«Porter» le tabernacle à travers le désert, n’est-ce pas aujourd’hui, par le ministère oral et écrit de la Parole et par le témoignage de la vie pratique, maintenir intact et vivant pour le peuple de Dieu, l’enseignement relatif à la personne et à l’oeuvre de Christ, et à l’assemblée ?

Sans les Lévites portant le tabernacle, le peuple n’aurait pu poursuivre sa route. Les trois familles devaient collaborer pour que l’édifice soit toujours complet. Rien ne devait être oublié ou endommagé.

Ce n’était pas les princes des Lévites qui dirigeaient leur activité ; le «prince des princes» (3:32), Eléazar, fils d’Aaron, était établi sur ceux qui avaient la charge du lieu saint : les Kehathites ; Ithamar dirigeait les mouvements des Guershonites et des Merarites (4:28, 33). Autrement dit, les Lévites étaient sous la dépendance des sacrificateurs.

«Un ministère digne de ce nom, doit être rendu au Seigneur ; il doit prendre une position d’humilité, de petitesse et d’infériorité à l’égard de la famille sacerdotale, qui comprend aujourd’hui tous les croyants, et ne doit pas être exercé par des hommes qui domineraient sur des héritages considérés par eux comme leur appartenant» (1 Pier. 5:3) (H. R.).

Dans le tabernacle, les sacrificateurs exerçaient le service envers Dieu, c’est-à-dire le culte. Ils devaient eux-mêmes envelopper de diverses couvertures les objets du sanctuaire et l’autel d’airain pour que les Lévites les portent. Entre deux étapes, la responsabilité incombait donc aux Lévites de maintenir le tabernacle intact et prêt pour la halte suivante. Il était alors dressé et le culte à nouveau rendu à Dieu. Aujourd’hui, toute l’assemblée rend le culte au Seigneur ; le ministère proprement dit (nous ne parlons pas de la lecture de passages appropriés de la Parole au cours du culte), n’y a pas de place (encore que quelques mots dans la dépendance de l’Esprit à la fin du culte, en rapport avec l’adoration, la personne et l’œuvre de Christ soient souvent à propos) ; mais d’un culte à l’autre, il est nécessaire que les saints soient formés par le ministère, apprennent à mieux connaître le Seigneur et à le refléter dans leur marche et leur témoignage ; ainsi les coeurs seront préparés pour le culte suivant. S’il y a ministère sans culte, on ne rend pas à Dieu, au Père, ce qu’il recherche. Mais s’il y a culte sans ministère (sous les trois aspects que nous allons voir en détail), le niveau du culte baissera certainement, et l’intelligence spirituelle de ceux qui le rendent s’en ressentira.

Aaron et ses fils plaçaient les Lévites «chacun à son service et à son fardeau» (4:19, 49). Il y a tout ensemble sphère d’activité et poids de responsabilité. Nul ne saurait avoir à cœur les intérêts du Seigneur dans Son oeuvre, sans ressentir le «fardeau» qui s’y rattache. Mais personne ne devrait se charger seul de la totalité ! Chacun avait et son service et son fardeau. Il ne s’agit pas de choisir soi-même l’activité que l’on veut exercer pour le Seigneur ; mais il importe de reconnaître, de discerner à quelle «famille» de Lévites nous appartenons, quelle sphère le Seigneur nous a dévolue (elle peut changer à travers les étapes du désert !), quel service et quel fardeau Il veut nous confier.

Les Lévites étaient très nombreux en comparaison du volume et du poids à transporter ; huit mille cinq cent quatre-vingt avaient plus de trente, et moins de cinquante ans (v. 48) ; personne n’était surchargé ; chacun accomplissait sa tâche et sans doute pouvaient-ils se relayer fréquemment dans le transport. Pourquoi les serviteurs du Seigneur sont-ils en général aujourd’hui si chargés ? Serait-ce que le nombre des Lévites — comme nous le verrons au temps d’Esdras et de Néhémie — a considérablement diminué ? Plus d’un racheté du Seigneur ne discerne pas, ou même refuse, le service et le fardeau que son Maître lui a dévolus. Les âmes ne sont pas cherchées, ne sont pas nourries ; les saints ne sont pas enseignés, exhortés, consolés ; le témoignage pratique de séparation et de dévouement s’en ressent ; la vie de Christ n’est pas vécue dans les siens. «Il ne vaut pas la peine de vivre, si ce n’est pour servir le Seigneur», écrivait un jeune croyant que peu après le Seigneur devait reprendre auprès de Lui ; pourtant, des quelques années pendant lesquelles il l’avait servi, il restait certainement du fruit à Sa gloire.

 

4.1   Les Kehathites — Nomb. 3:27 à 32 ; 4:1 à 20

Les Kehathites avaient la charge du sanctuaire : «c’est une chose très sainte» (4:4).

Les objets du sanctuaire nous parlent de la révélation de Dieu en Christ. Les couvertures qui les revêtaient indiquent l’état pratique qui, dans la marche, doit correspondre à l’objet porté. Pour l’arche, le drap de bleu — le caractère céleste — était à l’extérieur : c’est la marche de Christ lui-même. Pour tous les autres objets, le drap de bleu, s’il y en avait un, était placé à l’intérieur ; mais à l’extérieur se trouvait la peau de taissons, «cette sainteté pratique et vigilante ici-bas, qui se garde du mal qu’on peut contracter en traversant le désert» (J.N.D.). Telle doit être la marche des chrétiens.

Les Kehathites portaient sur l’épaule (7:9). Il y fallait toute la force, toute l’énergie du serviteur : ils ne portaient pas «du bout du doigt» ! Avoir charge du ministère relatif à la personne et à l’œuvre de Christ, est une chose de la plus haute importance, qui demande tout notre coeur, toute notre attention, toute notre intelligence spirituelle. L’arche, ni les autres objets, ne pouvaient être portés par un seul homme ; plusieurs devaient marcher ensemble, à la même cadence, dans le même chemin. Aucun ne devait être d’une taille plus grande que ses frères, les dominer : tout en aurait été compromis. Pas de hiérarchie non plus. D’un même pas, les Kehathites poursuivaient leur course à travers le désert, portant avec soin et persévérance, le fardeau précieux et très saint qui leur avait été confié.

J.N.D. écrivait à un frère découragé d’une assemblée locale, de persévérer dans son service «ministering patiently Christ». Ce qui, approximativement traduit en français, veut dire : Présentant patiemment Christ. Y aurait-il service plus efficace : avec patience, avec révérence, avec amour, présenter la personne du Seigneur. Tous les Lévites n’étaient pas Kehathites ; le Seigneur a certainement confié plus particulièrement à certains de ses serviteurs ce ministère de Christ. Plusieurs d’entre nous auront lu la brochure de J.G.B. : «La gloire morale du Seigneur Jésus Christ». Ou «Le Fils de Dieu», du même auteur. Bien des croyants, des jeunes aussi, ont été soutenus dans l’épreuve, restaurés dans leurs âmes, fortifiés pour la route, en considérant, à travers ce ministère écrit, cette «gloire d’un Fils unique comme de la part du Père». Un frère âgé parlant de la visite d’un jeune frère de passage dans l’assemblée locale, nous disait récemment : «Il nous a parlé du Seigneur ; il a réchauffé nos coeurs».

L’arche, trône de Dieu au milieu de son peuple, symbole de sa sainteté et de sa justice, présence de Dieu en Christ, était recouverte du voile qui séparait le lieu saint du lieu très saint. «Le voile, c’est-à-dire sa chair» (Hébr. 10:21) nous parle de l’humanité parfaite du Seigneur Jésus. Lorsque le camp partait, les sacrificateurs démontaient le voile et en couvraient l’arche (Nomb. 4:5). Ni eux, ni surtout les Lévites, ne devaient la voir (v. 20). Ceux qui plus tard ont voulu la toucher, ou y regarder, sont morts. Avec quelle révérence ne devons-nous pas nous approcher de tout ce qui touche à la personne même du Seigneur, vrai Dieu et vrai homme. «En lui toute la plénitude s’est plue à habiter» — habiter en qui ? En un homme qui, fatigué de sa journée, dormait à la poupe de la nacelle, dans la tempête, mais qui bientôt, étant Dieu, va se lever et calmer le vent et les flots ; en un homme qui pleurait avec ceux qui pleurent au tombeau de Lazare ; mais qui, Fils de Dieu, déployait l’instant d’après toute sa puissance en ressuscitant celui qui depuis quatre jours gisait dans le sépulcre.

Le voile était recouvert d’une peau de taissons : vigilance et séparation intérieures de Christ dans toute sa marche au milieu d’un monde souillé, dont le chef «n’avait rien en Lui». À l’extérieur venait le drap de bleu, caractère de celui qui, descendu du ciel, passait au travers de ce monde comme l’étranger céleste.

La table des pains de proposition, avec le pain continuel sur elle, nous parle de Christ présentant son peuple devant Dieu dans le sanctuaire. Elle était recouverte d’un drap de bleu, caractère céleste des saints en Christ, qu’ils doivent intérieurement toujours conserver, mais non point afficher ! Puis venaient les ustensiles, figures peut-être des saints comme serviteurs pour Dieu. Service plein de distinction et d’une gloire qui, quoique sur la terre, vient de Dieu et remonte vers Lui, représentée, pourrait-on le penser, par le drap écarlate qui les recouvrait. Mais à l’extérieur venait la peau de taissons, la vigilance et la sainteté pratiques, indispensables dans la marche, pour que puisse s’accomplir, selon Dieu, le ministère qui présente les rachetés en Christ «rendus agréables dans le Bien-aimé».

Le chandelier, l’autel d’or, les ustensiles du service étaient, chacun à leur tour, enveloppés d’un drap de bleu et recouverts de la peau de taissons. Christ la lumière ; le Saint Esprit en lui et dans les croyants ; Christ le souverain sacrificateur qui présente à Dieu nos saintes offrandes ; nous-mêmes comme adorateurs faisant monter vers Dieu le parfum de ses perfections ; le service du sanctuaire dans ses divers aspects ; — tout cela doit être présenté et vécu en ce monde (enseignement et marche qui l’accompagne) par les «Kehathites» actuels que le Seigneur a qualifiés pour cela.

Enfin l’autel d’airain, après que les cendres en avaient été ôtées, devait être recouvert d’un drap de pourpre. Les cendres nous parlent d’une offrande consumée, d’une oeuvre accomplie, d’une Victime qui a souffert. Mais si les souffrances devaient être la part du Christ, les gloires ont suivi : sur l’autel était placé le drap de pourpre, emblème de la gloire universelle qu’a reçue Celui qui s’est abaissé jusqu’à la mort. Puis venaient tous les ustensiles et par-dessus la couverture de peau de taissons. Combien importe ce ministère qui présente l’œuvre parfaite de Christ à la croix, ses souffrances, son abandon, sa mort. Mais aussi, sa gloire : «Ayant fait par lui-même la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux» (Hébr. 1:3). «Dieu l’a ressuscité et lui a donné la gloire» (1 Pi. 1:21). «Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou» (Phil. 2:9, 10).

La cuve d’airain n’est pas mentionnée ici. «La cuve ne représentait pas une manifestation de Dieu dont l’efficace se reproduit dans la vie chrétienne ou dans la gloire de Christ ; mais un moyen pour la purification de l’homme» (J.N.D.). En effet dans la description du tabernacle, il n’est tout d’abord pas parlé de la cuve : Dieu se révèle premièrement en Christ ; ensuite vient le sujet de l’accès de l’homme au sanctuaire : pour que le sacrificateur puisse pénétrer dans le lieu saint, il faut qu’il se lave les mains et les pieds. Tout ce que portaient les Kehathites parle de la manifestation de Dieu en Christ et non du chemin de l’homme vers lui. Une fois de plus nous voyons comment le Saint Esprit a veillé au sens profond de la Parole et en a merveilleusement ordonné les parties.

Dans l’histoire subséquente du désert, lors de la traversée du Jourdain, pendant la conquête de Canaan, il ne sera plus question, parmi les objets transportés par les Kehathites, que de l’arche. Au Jourdain et à Jéricho, elle sera même portée par les sacrificateurs. Il semble que tout en ayant attiré notre attention sur les diverses manifestations de Dieu en Christ, l’Esprit veuille concentrer nos regards sur sa personne même, représentée par cette arche recouverte de bleu, qui, au désert, avait marché à la tête ou au centre du peuple, puis lui avait ouvert le chemin à travers le fleuve de la mort et donné la victoire.

 

À toi, Jésus, nul n’est semblable,

Car toi seul es la vérité.

Tout, dans ta Personne adorable,

Est amour, grandeur et beauté.

 

4.2   Les Guershonites — Nomb. 4:21 à 28

Les Guershonites portaient la partie «textile» du tabernacle (à l’exception du voile du lieu très saint) : les tapis, la tente, les couvertures et le rideau d’entrée du sanctuaire ; puis ils avaient la charge des tentures du parvis et du rideau qui y donnait accès.

Le rideau du lieu saint nous parle de Christ dans son humanité. Il était tissé de bleu, de pourpre, d’écarlate et de fin coton retors, en ouvrage de brodeur, mais sans chérubins. Les dix tapis qui formaient le tabernacle lui-même, recouvrant les ais, étaient faits des mêmes matériaux, parmi lesquels le fin coton occupe la première place. Ils sont, entre autres, une figure des croyants qui, unis ensemble par le Saint Esprit, forment la maison de Dieu.

Par-dessus les dix tapis venaient onze tapis de poil de chèvre, un peu plus longs que les premiers, recouvrant le tout : figure de la séparation de toute influence et souillure extérieures, que doivent garder ceux qui composent la maison de Dieu.

Mais la séparation n’est pas tout, elle conduirait toute seule au légalisme. Par-dessus la tente de poil de chèvre venait la couverture de peaux de béliers teintes en rouge. Le bélier était l’offrande de consécration ; le rouge nous parle du sang : dévouement de Christ jusqu’à la mort, que les rachetés ont en quelque mesure à imiter.

Puis à l’extérieur se trouvait la couverture de peaux de taissons, couleur de terre, sans apparence : tels doivent être les chrétiens, tel fut leur Maître.

Les Guershonites transportaient, à travers le désert, ces quatre couvertures, figure du ministère et des exercices personnels qui tendent à former les saints à refléter Christ. En première ligne, c’est en le considérant que nous reproduisons son image ; mais vient aussi le côté de l’exhortation, de la répréhension, de la mise en garde, qui amène les saints à revêtir les caractères moraux qui conviennent à la maison de Dieu.

Les beaux tapis n’apparaissaient que dans le sanctuaire. C’est là, dans la présence de Dieu seulement, que les croyants sont vus en Christ, revêtus de ses mérites, partageant sa gloire. À l’extérieur on ne voyait que les peaux de taissons. Les deux autres couvertures, le poil de chèvre et les peaux de béliers se trouvaient entre deux. En effet la séparation est intérieure, de cœur (Daniel arrêta dans son cœur qu’il ne se souillerait pas). Et le dévouement ne doit pas être affiché ou bruyant, mais découle de la communion de l’âme qui aime son Seigneur.

Les quatre choses sont liées. La séparation du mal sans dévouement de cœur conduit au légalisme, à l’hypocrisie, au pharisaïsme. Le dévouement sans séparation, sans humilité, tourne à la philanthropie «pour être vu des hommes». Si l’on ne pense qu’à la couverture extérieure et aux «devoirs» qu’impliquent les autres, on est découragé ; il faut aussi considérer les tapis intérieurs : les rachetés tels qu’ils sont vus dans le sanctuaire. Mais se contenter de proclamer ce que nous sommes en Christ et ne pas marcher dans la séparation et l’humilité, mène à la ruine.

Les femmes intelligentes que leur cœur y avait portées, avaient filé dans leur tente, les unes le bleu, la pourpre, l’écarlate et le fin coton, et d’autres le poil de chèvre. C’est dans le cercle de la famille que sont formés les coeurs qui feront partie de la maison de Dieu. S’il n’y a pas séparation pratique du monde dans la famille, elle fera aussi défaut dans l’assemblée. Leur travail accompli, les femmes apportaient leurs fils au tabernacle. Ils étaient tissés pour former les tapis et la tente. Dorénavant elles ne les verraient plus, mais elles auraient l’assurance dans leurs cœurs que les matériaux filés avec tant de soin avaient contribué à l’édification de la maison de Dieu. Encouragement précieux pour les mères chrétiennes et pour tous ceux qui s’occupent des enfants et de la jeunesse.

Les Guershonites transportaient aussi les tentures de l’enceinte extérieure du tabernacle. La longueur de ces tentures, hautes de cinq coudées, était égale à celle qu’auraient eue les tapis mis bout à bout : le témoignage extérieur doit correspondre à la vie intérieure ! Ces tentures étaient blanches : aucune souillure ne devait pénétrer dans l’enceinte ; d’autre part, le témoignage extérieur du croyant doit être marqué de la justice pratique.

Combien est important le ministère qui développera chez les enfants de Dieu ces divers caractères moraux, soit en rapport avec le sanctuaire, soit avec la vie et le témoignage extérieurs. Nous le trouvons dans plusieurs épîtres, comme les Éphésiens, la seconde partie des Colossiens, les Thessaloniciens, les Philippiens et d’autres encore. «Perfectionnez-vous», dira l’apôtre aux Corinthiens ; que la vie de Christ soit toujours mieux manifestée en vous. Les familles des Guershonites avaient été choisies «pour servir et pour porter» (v. 24). C’est un labeur, une charge, que d’accomplir fidèlement ce ministère et de vivre ces exercices, qui amèneront à la manifestation des caractères de Christ dans les saints. Tâche des mères de famille... et des pères aussi ; travail des pasteurs du troupeau.

 

4.3   Les Mérarites — Nomb. 4:29 à 33

Les Mérarites transportaient à travers le désert l’ossature même du tabernacle : les ais et leurs traverses, les piliers, les bases du sanctuaire ; les piliers du parvis, leurs bases, leurs pieux et leurs cordages.

Sans les bases, les ais n’auraient pu se tenir debout. Sans les ais bien unis ensemble, il n’y aurait pas eu de support pour les tapis, la tente et les couvertures. Sans les piliers du parvis, les tentures blanches auraient traîné au sol. Et sans les bases d’airain sous les piliers, tout se serait écroulé.

Il y a, en rapport avec la vie chrétienne et la maison de Dieu sur la terre, un enseignement fondamental, doctrinal, qui produit chez les jeunes croyants une «bonne constitution». Sans doute faut-il donner du lait aux petits enfants en Christ ; mais il s’agit de croître et d’être apte à recevoir de la viande.

Les enfants en grandissant posent des questions à leurs parents. «Que signifient pour vous ces pierres ?» (Jos. 4:6). À propos de la Pâque : «Que signifie pour vous ce service ?» (Ex. 12:26). Privilège des parents de répondre clairement, selon que l’enfant ou le jeune peut le saisir, de façon à former progressivement cette structure qui soutiendra l’édifice de leur foi. Si les croyants individuellement, ou les assemblées locales, ne sont pas établis et fondés dans la vérité, ils ne seront plus que «de petits enfants ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine» (Éph. 4:14).

Aucun des nombreux objets transportés par les Mérarites ne devait être oublié : «Vous leur compterez, en les désignant par nom, les objets qu’ils auront à charge de porter». Ithamar, fils d’Aaron le sacrificateur, en avait la haute charge ; on peut penser aussi que les Lévites, qui avaient dépassé l’âge de cinquante ans et ne portaient plus, s’employaient, aussi dans ce cas-là, à «garder ce qui doit être gardé». Figure de ceux que, peut-être, l’âge et les infirmités entravent dans le service actif, mais qui ont à coeur que rien ne soit perdu des vérités précieuses et fondamentales reçues par la Parole, afin que, dans le ministère de ceux qui les suivent, elles continuent à être mises en valeur, chacune à sa place. Une telle recommandation n’est pas donnée aux Kehathites, qui n’auraient pas oublié le chandelier ou la table ; mais un Mérarite aurait pu laisser de côté, ou perdre en route, un pilier ou un cordage ! Chaque objet, chaque vérité fondamentale, fait partie d’un tout. Essentielle pour que le tout soit complet ; inutile toute seule.

Pour faciliter le transport des parties du tabernacle qui leur incombaient, les Guershonites et les Mérarites disposaient des chariots que les princes des douze tribus leur avaient fournis (Nomb. 7:3-9). Nous pourrions y voir l’aide matérielle que ceux qui bénéficient du ministère ont à fournir aux frères qui l’exercent : «Que celui qui est enseigné dans la parole fasse participer à tous les biens temporels celui qui enseigne» (Gal. 6:6). Pas seulement la dîme, mais l’hospitalité, la détente, l’assistance pour les déplacements, les facilités diverses que chacun de nous peut apporter aux serviteurs du Seigneur, soit lors de leur service actif, soit quand l’âge aura ralenti leurs pas !

Sans le service des Mérarites, pas de tabernacle dressé, pas de structure, pas de fondements. Sans le service des Guershonites, pas de couvertures, pas de tentures, un édifice incomplet, nu et dur. Sans le service des Kehathites, pas de culte, pas de présence divine ! Les fonctions des trois familles étaient aussi indispensables les unes que les autres. Telle est la conclusion de notre chapitre : «On les dénombra... chacun selon son service et selon son fardeau» (v. 49). Pas de rivalité, pas d’empiètement de l’un sur l’autre, pas de jalousie qui dénigre, mais chacun à sa place, coopérant, se relayant dans les longues étapes, toujours sous la direction des sacrificateurs et l’autorité suprême d’Aaron.

Quand le camp s’ébranlait (Nomb. 10:12-21), la nuée donnait le signal du départ, les trompettes retentissaient, puis trois tribus se mettaient en marche. On démontait le tabernacle et les fils de Guershon et les fils de Mérari partaient à leur tour. Puis trois autres tribus suivaient, et les Kehathites partaient, portant le sanctuaire. En attendant leur arrivée, on dressait le tabernacle. Pour que le culte puisse être rendu, il faut que la maison de Dieu soit établie sur ses bases, au moins ce qui en est l’expression. Il y faut la séparation du monde et le témoignage pratique. Alors étaient amenés les objets du sanctuaire : les Lévites ayant achevé leur travail, les sacrificateurs pouvaient à nouveau remplir leur office, et faire monter devant Dieu la fumée de l’holocauste continuel et l’encens saint à l’autel d’or.

Sans doute chacun de ces trois genres de ministère : la doctrine fondamentale, la formation des caractères de Christ dans les saints, la présentation de Sa personne, n’est-il pas l’apanage exclusif d’un serviteur particulier. Pourtant tel serviteur du Seigneur sera marqué plus par l’un que par l’autre ; les épîtres distinguent entre les dons de docteur, de pasteur, de prophète. Mais qu’ils soient exercés par une ou plusieurs personnes, les trois caractères de ce ministère sont essentiels, dans toutes leurs parties et leurs détails, pour le bien de l’ensemble. Et tout dépend du chef, le Christ «duquel tout le corps bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour» (Éph. 4:16).

 

5                    Purification et consécration — Nombres 8:5 à 22

Contrairement à ce que nous aurions peut-être pensé, la Parole nous présente la purification et la consécration des Lévites après nous en avoir décrit le service, et non avant. C’est que le service appartient au Seigneur ; il y appelle qui il veut. En Actes 20:24, Paul dit : «Pourvu que j’achève ma course et le service».

Au début de notre chapitre brille la lumière du chandelier, montrant que la purification des Lévites doit avoir lieu en laissant la lumière divine éclairer les motifs intérieurs du coeur comme aussi les actes.

Il ne s’agit pas ici de conversion, mais de préparation morale indispensable pour le service. Dans la Parole, préparation intérieure et formation se retrouvent dans la vie de plus d’un serviteur de Dieu. Lors de sa conversion, Paul était déjà désigné pour porter le nom du Seigneur devant les nations ; mais bien des années se sont écoulées jusqu’à ce que Barnabas aille le chercher à Tarse pour l’amener à Antioche où ils enseignèrent dans l’assemblée (Paul était alors un jeune lévite de «vingt-cinq ans» !). Après une période à Antioche, l’Esprit Saint met à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle il les avait appelés (Actes 13:2). Paul entrait alors dans le plein service d’un lévite âgé de trente ans. Avant d’accomplir l’oeuvre pour laquelle Dieu l’avait préparé, Moise est longuement formé, si bien qu’il dépasse l’âge de la vigueur humaine fixé dans son psaume 90 à quatre-vingts ans. Toute la force d’en haut était nécessaire pour qu’il pût suffire à sa tâche. Un long temps s’écoule jusqu’au moment où Josué prendra la tête du peuple. Avec patience et condescendance, l’Éternel éduque Gédéon jusqu’au jour de la victoire sur les Madianites.

Cette préparation au service comporte divers aspects, dont le premier est la purification : l’aspersion de l’eau, le rasoir, et le lavage des vêtements.

L’eau de purification du péché rappelle la génisse rousse de Nombres 19, dont les cendres mêlées à l’eau, étaient aspergées sur celui qui avait manqué, afin d’opérer sa restauration. Le souvenir de la mort de Christ, entièrement consumé dans le feu du jugement alors qu’il était fait péché pour nous, appliqué à la conscience, rétablit la communion après que le péché a été confessé. Moise devait faire aspersion sur les Lévites ; ils ne faisaient pas aspersion sur eux-mêmes de l’eau de purification. Nous n’avons pas à nous «faire mourir» nous-mêmes, mais à accepter par la foi, comme une chose accomplie, notre mort avec Christ.

Par contre, les Lévites eux-mêmes devaient faire passer le rasoir sur toute leur chair. Cela correspond au «mortifiez» et au «rejetez» de Colossiens 3. Jugement de soi-même toujours à renouveler. Ou comme le dit encore l’apôtre dans 2 Corinthiens 4:10 : «Portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps». Bien des choses sont à réviser et à retoucher dans nos pensées et notre comportement, si nous désirons vraiment servir le Seigneur.

Enfin, les Lévites devaient laver leurs vêtements. Le témoignage extérieur, la manière de vivre, ce et ceux que l’on fréquente — tout doit être soumis à l’action de la Parole, afin de laisser de côté ce qu’elle n’approuve pas. Remarquons que cette mise au point du témoignage extérieur vient en dernier lieu, après l’opération intérieure de l’eau de purification et du rasoir.

Venaient ensuite les sacrifices. Les Lévites, lors de leur consécration, étaient conscients de cinq sacrifices. L’agneau de Pâque offert pour que les premiers-nés dont ils avaient pris la place, fussent rachetés (v. 16-17). La génisse rousse dont l’eau de purification avait été aspergée sur eux. Le sacrifice pour le péché représenté par le taureau, sur la tête duquel ils posaient la main. L’holocauste, pour lequel était de même offert un taureau : une pleine contemplation par la foi de la mort de Christ s’offrant à Dieu pour le glorifier ; là aussi les Lévites posaient la main sur la tête de l’offrande. Enfin, l’offrande de gâteau liée à l’holocauste, rappelant la vie parfaite de Christ, glorifiant Dieu jusqu’au bout.

Sur la tête des Lévites les fils d’Israël posaient leurs mains, s’identifiant ainsi avec eux. Combien est heureuse cette main d’association envers les serviteurs du Seigneur, qui ainsi peuvent jouir de la communion de leurs frères, et éviter toute indépendance. À Antioche, les «prophètes et les docteurs» sont dans le jeûne et dans la prière, jusqu’à ce qu’ils «laissent aller» ceux que le Seigneur avait appelés par son Esprit (Actes 13:1 à 3). L’assemblée ne cesse ensuite de les recommander à la grâce du Seigneur (Actes 14:26). Dans l’économie de la grâce et du Saint Esprit, c’est le Seigneur lui-même qui appelle, forme et envoie ses serviteurs. Il y aura chez l’ouvrier le désir de la communion de ses frères, comme il faudra du discernement pour soutenir moralement et spirituellement un serviteur. En procédant pas à pas, avec humilité et dépendance, la confiance s’établira progressivement, sans doute souvent non sans beaucoup d’exercices nécessaires et salutaires, si le Seigneur le veut.

«Après cela», les Lévites étaient offerts en offrande tournoyée à l’Éternel. L’offrande tournoyée — de même dans les sacrifices — était présentée à Dieu de tous les côtés, sous toutes ses faces ; elle était donnée à Dieu sans réserve pour soi-même, sans partie non éclairée ; tout était consacré, «entièrement donné» au Seigneur (v. 16). De fait, pour nous, il ne s’agit pas d’un don, d’une offrande que nous présentons à Dieu ; mais nous laissons le Seigneur prendre possession de ce qui lui appartient de droit : nos coeurs, nos vies, nos membres (Rom. 6:13, 19 ; 12:1).

«Après cela», nous est-il répété encore une fois au verset 22, les Lévites venaient pour faire leur service. Ils avaient été mis à part et purifiés ; les sacrifices sur lesquels ils avaient posé la main avaient été présentés à Dieu en offrande tournoyée ; alors seulement, ils pouvaient servir. S’engager dans l’œuvre du Seigneur, si peu apparent soit le service, est une chose sérieuse. S’occuper d’un groupe d’enfants à l’école du dimanche, ou prononcer une prière dans l’assemblée, demande d’avoir affaire personnellement avec Lui tout autant que pour répondre à son appel pour présenter la Parole dans le rassemblement ou s’engager dans la diffusion de l’évangile au dehors ; ou encore pour partir au loin, là où le Maître enverrait. Ésaïe dit du parfait Serviteur : «Il ne se lassera pas et il ne se hâtera pas» (És. 42:4). Celui qui se hâte de s’engager dans un service, se lassera bientôt, car les sujets de découragement et de larmes ne manquent pas. Mais le jeune croyant qui se sera laissé former, purifier, établir par le Seigneur, qui aura été exercé pour accomplir ce qui était placé devant lui, avec humilité et dépendance, en recherchant la communion de ses frères, pourra, par la grâce de Dieu et la force d’en-haut, persévérer dans l’activité confiée. Mais jamais, si éminent que soit le serviteur, il ne sera capable par lui-même de quoi que ce soit : «Non que nous soyons capables par nous-mêmes... mais notre capacité vient de Dieu», dit l’apôtre Paul (2 Cor. 3:5). «Si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit», ajoute Pierre (4:11).

 

6                    Le service dans le temple 1 Chron. 23:3-6 ; 24 à 32

Nous retrouvons ici les Lévites dans une nouvelle période de leur histoire, avec un service différent de celui du désert. Ils n’avaient plus à porter le tabernacle, car l’Éternel avait donné du repos à son peuple et l’arche avait enfin abouti à Jérusalem (v. 25 à 26). David avait été l’instrument qui avait tout accompli pour que le peuple puisse ainsi jouir du repos. À lui incombe de donner les instructions pour le jour où Salomon bâtira le temple. Dans notre chapitre, le temple n’est pas encore construit ; Salomon est déjà établi roi, mais il ne règne pas encore seul. N’y a-t-il pas une correspondance avec l’époque actuelle ? En considérant le service des Lévites dans le temple, nous trouverons plus d’une analogie avec celui des croyants dans l’assemblée de Dieu.

C’est le temps du repos. Le ministère au désert venait en aide au peuple de Dieu en marche vers le but. Israël est maintenant réuni, paisible autour d’un centre ; les Lévites ont des fonctions correspondantes à remplir.

Le temps du repos est marqué par la vigilance ! (v. 28). Veiller au service de la maison de Dieu, veiller aux portes, veiller aux trésors. Trente-huit mille Lévites assuraient cette tâche contre huit mille cinq cent quatre-vingts au désert. Selon l’ordonnance de David, ils entraient en activité déjà à l’âge de vingt ans (v. 27), mais leur plein service s’accomplissait comme au désert depuis trente ans (v. 3). Pourtant ici pas de limite à cinquante ans, sans doute vu la nature des fonctions. Tout est soigneusement réglé, chacun sait quelle place il doit occuper. Vingt-quatre mille dirigent l’œuvre de la maison de l’Éternel, six mille sont intendants et juges, quatre mille portiers, et quatre mille louent.

 

6.1   L’œuvre de la maison de Dieu

Le plus grand nombre des Lévites y étaient affectés. En parlant de service, spécialement en rapport avec les jeunes, on pense tout naturellement à une tâche «extérieure» : évangélisation, travail parmi les enfants, visites aux malades, etc. ; mais n’oublions pas que le service le plus important selon la pensée de Dieu, est celui dans l’assemblée. Entrer progressivement dans ce service, sous la dépendance du Seigneur et avec humilité, sera pour le bien des frères et la gloire du Seigneur.

Les versets 28 à 32 décrivent l’activité des Lévites dans la maison de l’Éternel. Ils devaient d’abord veiller sur les parvis et les chambres. Le parvis sépare le sanctuaire du brouhaha de la vie journalière ; veillons à ne pas laisser les occupations quotidiennes envahir ce qui doit être réservé à Dieu. Les chambres devaient être remplies de ce qui parlait de Christ. Mais en Néhémie 13, nous voyons Eliashib, le sacrificateur, établi sur lesdites chambres, en aménager une, et une grande, pour un ennemi de l’Éternel. Précédemment, elle avait été destinée à recevoir les offrandes de gâteau et l’encens... Les Lévites n’avaient pas veillé !

Tenir le mal à l’écart, de sorte que rien ne vienne souiller «les choses saintes», est un service indispensable, mais en une mesure, négatif ; il y a un travail positif : présenter Christ, auquel font penser les pains à placer en rangée, la fleur de farine, les galettes, ce qui se cuit sur la plaque et est mêlé avec de l’huile (v. 29, voir Lévitique 2). Les jeunes prophètes à l’école d’Elisée avaient mis dans le potage des coloquintes sauvages, de sorte qu’on ne pouvait le manger ; que fait l’homme de Dieu ? Il prend de la farine, Christ dans sa parfaite humanité, et la jette dans la marmite. Plus rien de mauvais ne s’y trouvait ! (2 Rois 4:38 à 41). Ce n’est pas seulement en défendant, en interdisant, en reprenant toujours, que l’on gardera les jeunes et sera utile dans l’assemblée de Dieu. Chaque chose à sa place, mais avant tout imiter «l’esclave fidèle et prudent que son maître a établi sur les domestiques de sa maison pour leur donner leur nourriture au temps convenable» (Matt. 24:45).

Les Lévites veillaient aussi aux mesures de capacité et de longueur (v. 29) : aucun tort ne devait être fait, pas de faveur accordée aux uns aux dépens des autres ; l’équilibre devait être maintenu (Deut. 25:13-15).

Ils devaient enfin «être de service pour tous les holocaustes qu’on offrait à l’Éternel». Le sacrificateur offrait l’holocauste, mais les Lévites l’assistaient. Comme application pour nous, nous souvenant que nous sommes aussi sacrificateurs, nous pourrions voir en ceci les prières adressées à Dieu, tout spécialement dans le culte. Un jeune frère qui a l’habitude de prier seul fera bien de rechercher aussi les occasions de le faire avec deux ou trois amis. Il apprendra ainsi à s’exprimer devant d’autres ; puis, conduit par le Seigneur, il aura à coeur de participer effectivement à la réunion de prière, et sera conduit, dans Sa dépendance, à prononcer aussi des prières d’adoration dans le culte. Mais celui qui n’aura pas commencé «à vingt ans» à saisir les occasions que le Seigneur plaçait devant lui, n’atteindra jamais les «trente ans» d’un plein service. Ce que le Seigneur attendait n’aura pas été rendu, et l’assemblée en subira une perte.

Dans tout leur service, les Lévites devaient être conscients d’agir devant l’Éternel et pour lui, et dans la soumission aux sacrificateurs. Humilité nécessaire tout spécialement pour le service dans l’assemblée, d’où sera exclu tout esprit de domination ou désir de se faire valoir.

 

6.2   Chantres

Chaque matin et de même chaque soir, les Lévites devaient se tenir là afin de célébrer et de louer l’Éternel (v. 30). Tant que l’arche voyageait à travers le désert, le peuple ne chantait pas ; mais «depuis que l’arche fut en repos» (1 Chron. 6:31), David institue le chant et remet à Asaph le «premier» psaume pour célébrer l’Éternel (1 Chron. 16:7). Chanter est le privilège et la joie des rachetés ; chanter souvent, louer incessamment (Ps. 84:4) ; chanter dans l’assemblée, mais chanter aussi dans la famille ; chanter quand on est joyeux, mais chanter aussi quand le fardeau semble lourd et que la maladie vous arrête ; chanter aux malades pour les encourager, chanter comme témoignage lorsque l’évangile est annoncé. Et surtout chanter de son cœur au Seigneur (Éph. 5:19), comme aussi nous enseignant et nous exhortant l’un l’autre, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels (Col. 3:16).

La musique est liée aux paroles, sinon il n’y aurait pas chant. Dans l’Apocalypse 5, les anges disent, mais ne chantent pas ; seuls les rachetés ont cette joie ; d’où l’importance de la musique, merveilleux moyen d’expression, et du soin à apporter au chant des cantiques (1 Chron. 25:7, «Instruits dans l’art de chanter à l’Éternel» !). Surtout pensons dans notre cœur aux paroles chantées. Quelle formation spirituelle donnent les cantiques ! Que de fois, en réfléchissant à telle ou telle strophe, un rayon de la gloire du Seigneur Jésus nous est apparu, une pensée mal saisie s’est éclairée, notre foi a été fortifiée.

Toute l’action des chantres au chapitre 25 était «sous la direction d’Asaph» et «sous la direction du roi» (v. 2, 6). Une grande dépendance est nécessaire pour proposer un cantique dans les réunions de l’assemblée et dans le culte : dépendance pour indiquer le cantique qui nous a été mis à cœur et qui «cadre» avec le courant des pensées du moment ; dépendance aussi pour ne pas indiquer de cantique, si l’Esprit n’y conduit pas positivement ! Chanter avec l’esprit, mais chanter aussi avec l’intelligence (1 Cor. 14:15).

Les chantres étaient divisés en vingt-quatre classes (25:9 à 31), correspondant à celles des sacrificateurs : la louange est liée au sacrifice ! Aux jours d’Ézéchias, comme nous le verrons, «au moment où commença l’holocauste, le cantique de l’Éternel commença... et le cantique se chanta... tout le temps jusqu’à ce que l’holocauste fut achevé» (2 Chron. 29:27 à 28).

 

6.3   Portiers — 1 Chron. 26:1-19

Les portiers, nous est-il dit à plusieurs reprises, étaient des hommes forts et vaillants. Cette charge n’est exercée que par quatre mille Lévites sur trente-huit mille ; elle n’en est pas moins des plus importantes : veiller à l’entrée des portes de la maison de Dieu demande un discernement qui n’est pas le fait de tous (voir 1 Cor. 12:8 à 10). Discernement quant aux personnes qui désirent s’approcher de la table du Seigneur, mais discernement aussi et vigilance quant à l’enseignement qui est apporté, aux doctrines qui se répandent, aux habitudes qui pourraient s’infiltrer. Les portes doivent être ouvertes pour tous ceux que le Seigneur désire voir entrer, mais fermées à toute impureté.

Parmi les portiers, la famille d’Obed-Edom occupe une place de choix. C’est dans sa maison que l’arche avait été placée quelques mois ; une grande bénédiction en était résultée. Cette famille avait donné la première place au Seigneur.

Il faut accepter que le Seigneur confie ce discernement et cette fonction de portiers à ceux qu’il a qualifiés pour cela et donner un grand poids à leur jugement, lorsque Dieu a mis son sceau sur leur service.

 

6.4   Intendants — 26:20 à 28

Certains Lévites étaient préposés pour veiller sur les trésors de la maison de Dieu et les trésors des choses saintes. Quels sont pour nous ces trésors ? Nous pouvons y découvrir entre autres deux significations.

Du point de vue spirituel, les trésors qu’ont amassés nos prédécesseurs, ne sont-ils pas tout ce ministère écrit à notre disposition aujourd’hui, dont il est si important que les jeunes parmi nous, comme nous tous, sachions profiter ? Les uns ont été qualifiés pour amasser ce trésor ; d’autres y veillent, et le Seigneur peut encore y ajouter ; mais tous nous en pouvons user, et largement, afin d’être affermis dans la vérité, de devenir des «Mérarites» capables de s’occuper de la structure du tabernacle, ou des «Guershonites», ou même des «Kehathites» qui présentent la Personne et l’œuvre de Christ.

Dans un sens matériel, ces trésors font penser à l’administration des fonds de l’assemblée, provenant des collectes ; il importe de les distribuer avec sagesse, tant aux ouvriers du Seigneur qu’à ceux qui sont dans le besoin (voir spécialement 2 Chron. 31:4 à 19).

 

6.5   Administrateurs et juges — v. 29 à 32

Certains hommes, spécialement d’entre les Hébronites qui avaient entouré David au début de son règne, sont choisis pour l’administration d’Israël, et comme juges. Fonction bien nécessaire dans l’assemblée de Dieu, afin que toute chose se fasse avec l’ordre que le Seigneur désire, et que les différends entre frères puissent être aplanis ou réglés (1 Cor. 6:1 à 7). Là aussi, le nombre des hommes choisis était beaucoup plus limité que pour d’autres fonctions : mille sept cents hommes d’un côté, deux mille sept cents de l’autre.

Les services dans la maison de Dieu sont des plus variés. Le même Seigneur, le même Esprit confie et qualifie. À chacun de discerner à quoi il est appelé, et de remplir la fonction confiée — pas toujours la même en tout temps et à toute époque de la vie — et de réaliser vraiment, dès l’âge de «vingt ans», l’exhortation de l’apôtre : «Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu» (1 Pi. 4:10). «Désirez avec ardeur des dons de l’Esprit... pour l’édification de l’assemblée» (1 Cor. 14:12).

 

7                    Histoire ultérieure et décadence

7.1   L’épreuve

Le beau temps de Salomon fut court. Déjà de son vivant, le déclin avait commencé. Sous Roboam, son fils, vint la division du royaume ; les Lévites disséminés dans le territoire des dix tribus, se trouvèrent placés devant un grave problème. Jéroboam introduit l’idolâtrie et établit des sacrificateurs pour les hauts lieux, pour les boucs et pour les veaux qu’il avait faits (2 Chron. 11:15). Il repousse les Lévites de la sacrificature de l’Éternel. Que faire ? Se soumettre ? Aller de temps en temps à Jérusalem ? — «Les Lévites abandonnèrent leurs banlieues et leurs possessions et vinrent en Juda et à Jérusalem». Ils ont préféré abandonner ce qu’ils avaient, les lieux qui leur étaient chers, et venir là où le nom de l’Éternel était encore librement reconnu et adoré ; sans s’arrêter au fait qu’ils n’y retrouvaient pas possessions et banlieues, ou que les dîmes fournies par deux tribus au lieu de douze pour le même nombre de Lévites qu’auparavant, étaient forcément beaucoup plus restreintes.

Dilemme tragique que bien des serviteurs du Seigneur ont rencontré à travers les âges et rencontrent encore. Peut-être sera-t-il nôtre un jour ! Sur un plan parallèle, le simple changement de domicile est un problème actuel, soit pour les jeunes aux études ou en apprentissage, soit pour les plus âgés en quête d’une résidence pour leur famille ou pour des raisons professionnelles. N’est-il pas important de choisir... que disons-nous ? — de laisser le Seigneur nous montrer l’endroit de son choix ? Or, pour le discerner, le fait qu’il s’y trouve ou non une assemblée, n’est-il pas un facteur de la plus haute importance ? Peut-être sera-t-elle petite, et y serons-nous d’autant plus exercés personnellement à y commencer cet apprentissage de lévite que nous avons vu dans les pages précédentes ! Dans des cas certainement plus rares, le Seigneur pourra nous conduire, ou nous serons contraints par les circonstances, à vivre en un lieu où il n’y a pas d’assemblée. S’il y en a de proches dans la région, on en désirera avant tout la communion. Puis se posera la question de rechercher, à l’endroit où nous serons appelés à vivre, les âmes qui auraient intérêt aux choses de Dieu, de leur apporter un message, de les réunir peut-être chez soi pour considérer ensemble la Parole de Dieu ; et le Seigneur pourra conduire plus loin. Cela nous paraît très extraordinaire, à première vue ; pourtant c’est l’expérience bénie faite depuis des dizaines d’années par des frères dans certains pays étrangers, déplacés par le gouvernement dans d’autres villes ou villages ; cherchant le contact avec les âmes qui aiment le Seigneur, ils ont été souvent le moyen de la formation de nouveaux rassemblements. Sans doute une grande dépendance est-elle nécessaire, de l’humilité, de l’énergie, de la persévérance, car l’ennemi ne néglige aucun effort pour gâter et entraver l’œuvre de Dieu.

Quoi qu’il en soit, et dans quelque rassemblement que le Seigneur nous place, puissions-nous y être des aides et non des entraves. Lorsque tel jeune quittera une localité, on sera heureux d’entendre les amis dire : «Quel beau souvenir ce jeune homme nous laisse ; il nous a vraiment aidés». Inversement, dans l’endroit où nous nous trouvons, sachons entourer les jeunes qui viennent à nous pour une période ou pour s’y fixer ; puissent-ils trouver accueil et encouragement, être suivis et aidés dans leurs problèmes ou leur solitude. Dans une grande assemblée, il importera aussi aux jeunes temporairement là, de ne pas se dérober à la fin des réunions, mais d’avoir à cœur de rechercher le contact avec les autres jeunes de l’endroit et les amis que sa famille pourrait connaître. Autrement il est bien possible que dans le nombre, ils passent, hélas, inaperçus ! Mais si le contact a lieu, et que plus tard cet ami s’en aille — telle fut l’expérience de plusieurs d’entre nous — ne sera-t-il pas heureux de dire : «Que de bien j’ai reçu dans cette assemblée, où le Seigneur, par le moyen de divers amis, m’a souvent parlé d’une façon décisive !»

 

7.2   Enseigner la loi

Sous Josaphat, nous voyons les Lévites exercer une nouvelle fonction. En 2 Chroniques 17:7 à 9, ils s’en vont avec d’autres pour «enseigner en Juda, ayant avec eux le livre de la loi de l’Éternel». Ils font le tour de toutes les villes et instruisent le peuple. C’était déjà un temps de décadence ; y aurait-il eu moyen meilleur pour ramener les cœurs au Seigneur, que de leur présenter sa Parole, la leur expliquer, la leur faire comprendre ? La même bénédiction se répète sous Josias, quand on eut retrouvé le livre de la loi (2 Chron. 34:30 et 35:3), où nous voyons les Lévites «enseigner tout Israël». Service béni que les rares Lévites revenus de la captivité purent accomplir au temps de Néhémie, où «ils faisaient comprendre la loi au peuple... ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens lorsqu’on lisait» (Néh. 8:7 à 8).

 

7.3   Le cantique

Nous trouvons aussi du temps des rois une magnifique occasion où les chantres firent entendre leurs voix. En 2 Chroniques 20, Josaphat est attaqué par une grande multitude ; son royaume est en danger. Il recherche l’Éternel, convoque le peuple pour prier avec lui, et prononce les paroles mémorables : «O notre Dieu, il n’y a point de force en nous devant cette grande multitude qui vient contre nous, et nous ne savons ce que nous devons faire, mais nos yeux sont sur toi» (v. 12). Alors un chantre, fils d’Asaph, est employé pour donner au peuple la promesse de la victoire : «Ce n’est point à vous de combattre en cette affaire ; présentez-vous, et tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel». Le lendemain, quand Josaphat sort avec son armée «il tint conseil avec le peuple et il établit des... chefs pour diriger les troupes ? — non : «des chantres pour l’Éternel et ceux qui louaient dans la sainte magnificence». Devant l’ennemi et le danger si grand qui les menaçait, ces hommes chantent ! «Et au moment où ils commençaient le chant de triomphe et la louange», l’Éternel mit des embûches contre leurs ennemis qui furent battus et s’entre-tuèrent. Josaphat et son peuple n’eurent plus qu’à piller le butin. On comprend que le quatrième jour, ils s’assemblèrent pour bénir l’Éternel et le louer ; rentrés à Jérusalem, ils viennent à Sa maison, avec des luths et des harpes et des trompettes, pour lui rendre grâces.

Sous Ézéchias, nous retrouvons le cantique de louange, cette fois lié au sacrifice. Après la restauration du temple, sa purification, Ézéchias convoque le peuple pour offrir à nouveau les sacrifices. Il place les Lévites dans la maison de l’Éternel avec les instruments de David et dit d’offrir l’holocauste sur l’autel. «Et au moment où commença l’holocauste, le cantique de l’Éternel commença... et le cantique se chanta, et les trompettes sonnèrent, tout le temps jusqu’à ce que l’holocauste fût achevé». Passage remarquable qui nous montre que sans l’holocauste, il n’y aurait pas de cantique ! Sans la mort de Christ sur la croix, où il a parfaitement glorifié Dieu, la louange de ses rachetés ne serait jamais montée dans le sanctuaire.

Sous Néhémie, à la dédicace de la muraille de Jérusalem, les Lévites font entendre leurs voix, «pour faire la dédicace avec joie, avec des louanges et des chants» (Néh. 12:27).

Les fils des chantres s’assemblent. On pense aux jours d’autrefois «aux jours de David et d’Asaph où il y avait des chefs pour diriger les chantres, les chants de louanges et les cantiques d’actions de grâces à Dieu». Ce temps passé peut revivre ; «aux jours de Zorobabel et aux jours de Néhémie, tout Israël donnait les portions des chantres, chaque jour ce qu’il fallait». Ils reprennent leur service d’adoration et de louange malgré l’époque de ruine où ils vivaient.

 

7.4   Les réveils

Nous trouvons dans l’histoire des rois de Juda plusieurs réveils successifs, c’est-à-dire autant de retours à la Parole de Dieu et à sa maison. Les portiers y jouent souvent un rôle dans lequel il serait trop long d’entrer. Mentionnons simplement leur place importante au couronnement de Joas (2 Chron. 23:4, 7, 8). Sous Joas (2 Chron. 24) et Josias (2 Chron. 34) les Lévites rassemblent l’argent nécessaire à la restauration du temple. Sous Ézéchias, ils s’occupent de sa purification (2 Chron. 29) et viennent même en aide aux sacrificateurs trop peu nombreux (v. 34).

Ils participent activement à la Pâque célébrée sous ce roi (2 Chron. 30:15, 21 à 22) et prononcent avec les sacrificateurs la prière de bénédiction (v. 27). De même en 2 Chroniques 35, ils ont toute leur place dans la Pâque célébrée par Josias (v. 3 à 6, 15). Sous Ézéchias encore, ils reprennent leur rôle d’intendants, dans l’administration des dîmes (2 Chron. 31:12 à 14) et leur distribution méthodique à tous les bénéficiaires (v. 14 et suiv.), inclus leurs petits enfants, leurs femmes, leurs fils et leurs filles.

 

7.5   Le retour de la captivité

Les Lévites, encore nombreux sous les derniers rois, même plus nombreux que les sacrificateurs, se sont faits très rares au retour sous Zorobabel, puis sous Esdras. En Esdras 2:40, il n’y a que 74 Lévites contre quelques milliers de sacrificateurs et seulement 128 chantres et 39 portiers. Au deuxième retour, Esdras rassemble le peuple «vers le fleuve qui s’en va vers Ahava» (Esd. 8:15) ; il ne trouve parmi eux «aucun des fils de Lévi». Il faut user de persuasion et de démarches pour enfin rassembler moins de quarante hommes (v. 18, 19). Parmi eux se trouvait «un homme intelligent» dont le nom n’est même pas rappelé (est-ce le voile de l’humilité ?) ; sans doute fut-il utile à ses frères puisqu’il leur fut amené «selon que la bonne main de notre Dieu était sur nous». Dans un temps de ruine, combien le ministère d’un seul homme intelligent dans les choses de Dieu, agissant sous Son regard et dans Sa crainte, peut être en bénédiction à plusieurs !

Sous Néhémie, les Lévites sont à peine mentionnés dans la réparation de la muraille (Néh. 3:17), alors que d’autres furent beaucoup plus zélés pour ce travail fondamental.

Malgré leur petit nombre, les Lévites fidèles revenus de la captivité purent reprendre leurs fonctions. Ils surveillaient l’œuvre de la maison de Dieu (Esd. 3:8 à 9) et furent rétablis dans leur service (6:18). Ils étaient «tous purs» pour célébrer la Pâque (v. 20). Un certain nombre, dont la liste nous est donnée, eurent à cœur d’habiter à Jérusalem, comme autrefois leurs pères campaient autour du tabernacle (Néh. 11:15 à 19). De nouveau, comme nous l’avons vu, ils purent expliquer la loi et les chantres firent entendre leurs voix.

Les portiers reçurent une mission particulière pour empêcher les marchands de pénétrer à Jérusalem le jour du sabbat (Néh. 13:15 à 22). Néhémie leur confia la charge de fermer les portes de la ville lorsqu’elles commençaient à être dans l’ombre avant le sabbat et de ne les rouvrir qu’une fois le sabbat terminé (v. 29). N’y a-t-il pas là un enseignement tout pratique pour nous ? Plusieurs ont sans doute souffert de la distraction, tout particulièrement au culte, ou dans une réunion le dimanche. On repense à son travail, à ses problèmes de la semaine, dont on s’est peut-être entretenu avec un collègue quelques moments auparavant. Si nous prenons la ferme détermination avec l’aide du Seigneur, depuis le samedi soir au lundi matin, de ne pas parler à quiconque de nos affaires ou de notre travail, ni même d’y réfléchir dans le particulier, il est certain que ce sera une grande aide pour être moins distrait dans les réunions. Surtout pensons à la Personne dont la présence est là, à qui s’adressent nos prières et nos chants.

 

7.6   La décadence

Mais tout ne fut pas réjouissant de la part des Lévites après le retour de la captivité. Plusieurs manquèrent quant à la séparation du mal ; en Esdras 9:1, les Lévites étaient parmi ceux qui ne s’étaient pas séparés des peuples des pays et avaient épousé des femmes étrangères ou en avaient donné à leurs fils. Lorsque après beaucoup d’exercices, Esdras amène le peuple à renvoyer ces païennes, il y eut même un Lévite pour appuyer ceux qui s’opposaient à cela ! (Esd. 10:15). Les noms des Lévites ainsi compromis nous sont conservés (v. 23, 24).

Plusieurs listes de noms se retrouvent dans ces livres d’Esdras et de Néhémie : liste des Juifs qui eurent à cœur de remonter au pays de leurs pères ; liste des hommes qui vinrent habiter Jérusalem, malgré le renoncement que cela impliquait ; mais aussi liste de ceux qui déshonorèrent leur Seigneur par des alliances idolâtres.

En Néhémie 13:10 à 13, nous voyons que les Lévites, délaissant leurs fonctions, avaient «fui chacun à son champ». La responsabilité en incombait — aux Lévites sans doute — mais surtout à l’assemblée d’Israël et à ses chefs qui n’avaient pas veillé à ce que les dîmes fussent apportées régulièrement pour subvenir aux besoins des serviteurs de Dieu. Nous nous étonnons parfois qu’il y ait si peu de Lévites de nos jours. Sans doute, souvent le dévouement au Seigneur et à Ses intérêts fait-il défaut. N’y a-t-il pas aussi une responsabilité sérieuse des enfants de Dieu qui négligent de donner aux serviteurs du Seigneur ce que lui-même a prescrit pour leur subsistance ? Le Seigneur Jésus en personne a dit : «L’ouvrier est digne de son salaire». Comme nous l’avons vu, l’apôtre écrit aux Galates : «Que celui qui est enseigné dans la Parole fasse participer à tous les biens temporels celui qui enseigne». En Malachie 3, lorsque l’Éternel reproche à ces mêmes Juifs de le «frustrer», ils répondent, insolents : «En quoi te frustrons-nous ?» Et la réponse de Dieu de retentir : «Dans les dîmes et les offrandes élevées. Vous êtes chargés de malédiction». Mais il y a un chemin de bénédiction : «Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison, dit l’Éternel» (v. 10).

En Malachie, les Lévites sont de moins en moins mentionnés. Le souvenir d’autrefois, apparemment celui de Phinées, est rappelé (2:4 à 8), seulement pour constater que les Lévites se sont écartés du chemin et ont fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la loi. Pourtant le Seigneur veut se maintenir, comme en tout temps, un petit résidu : «Il s’assiéra comme celui qui affine et purifie l’argent et il purifiera les fils de Lévi... Ils apporteront à l’Éternel une offrande en justice» (3:3).

Dans le Nouveau Testament, lorsque le Seigneur est venu sur la terre, c’est à peine si les Lévites sont mentionnés. L’un d’eux descendait de Jérusalem à Jéricho et a passé, sans vouloir le regarder, loin du blessé qui gisait dans son sang. Des Lévites viennent à Jean le Baptiseur lui demander s’il est le Christ (Jean 1:19). Le seul point lumineux est que Barnabas, un Lévite (Actes 4:36), se tournant vers le Seigneur, devint une bénédiction pour plusieurs.

 

8                    Conclusion

L’arche et le tabernacle ont disparu. Le temple de Salomon et celui de Zorobabel ont été détruits. Le service des Lévites s’est éteint. Tout cela n’était que «l’ombre des biens à venir, non l’image même des choses». Nous avons maintenant la réalité, une réalité spirituelle. Christ, Dieu manifesté en chair, est venu sur la terre. Ressuscité et élevé dans la gloire, il a envoyé le Saint Esprit, qui a baptisé tous les croyants pour être un seul corps et a formé l’Église contre laquelle, malgré tous les efforts de l’ennemi, les portes du hadès ne prévaudront pas. De la gloire, il a confié aux siens des dons pour que s’accomplisse au milieu de son peuple ici-bas le service dont celui des Lévites n’était qu’un type. Encore une fois, «à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ». L’exercice pour chacun est de savoir comment il y répond et si, mieux que les Lévites d’autrefois, il réjouira le cœur de son Seigneur et sera une bénédiction ou une entrave pour ceux que Son cœur aime sur la terre.

 

Seigneur, toi qui pour nous t’offris en sacrifice,

Remplis-nous de ferveur pour mettre à ton service

Nos jours, Nos biens, Nos corps, Nos cœurs,

 

jusqu’au jour où il pourra être dit : «Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose : entre dans la joie de ton Maître».