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LA TENTATION ET LE SECOURS DIVIN

 

 

Dieu est fidèle... avec la tentation il fera aussi l’issue» (1 Cor. 10. 13)

 

 

André Georges

 

Table des matières :

1     Deux sortes de tentations

1.1      La tentation extérieure

1.1.1             La persécution

1.1.2             La mise à l’épreuve

1.1.3             Les agents de la tentation

1.1.4             Le Seigneur Jésus lui-même a été tenté

1.2      La tentation intérieure

1.3      Les ressources divines

1.3.1             Dans la tentation extérieure

1.3.2             Dans les tentations intérieures

2     La convoitise des yeux

2.1      L’attraction extérieure pour les yeux

2.2      Attirer l’attention sur soi

3     La convoitise de la chair

3.1      Les déviations sexuelles

3.2      Les excès dans le manger et le boire

3.3      Les ressources divines

4     L’orgueil de la vie

4.1      Orgueil, s’enfler

4.2      Les remèdes divins

5     Les tentations extérieures

5.1      L’opposition

5.2      Les préoccupations

5.3      Les tentations intellectuelles

5.4      La mise à l’épreuve

6     Le secours divin

6.1      Dans les tentations extérieures

6.2      Dans les tentations intérieures

6.3      Toujours

 

 

1                    Deux sortes de tentations

Selon le contexte, le même mot grec a le sens de : mise à l’épreuve, tentation, épreuve.

Jacques 1:2 à 3:12 paraît en contradiction avec les versets 13 à 15. En effet, tout d’abord, Jacques présente les «diverses tentations» comme une parfaite joie, une épreuve de la foi qui produit la patience. Il ajoute même : «Bienheureux est l’homme qui endure la tentation».

Par contre, plus loin, il souligne que Dieu ne peut être tenté par le mal et qu’il ne tente personne, mais que «chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise».

Le premier cas a en vue les épreuves extérieures, telle la persécution, qui cherchent à contraindre un homme à pécher ; dans le deuxième, la tentation offre un objet à la convoitise intérieure qui pousse quelqu’un au mal.

Qu’est-ce que la tentation ? C’est l’incitation à pécher. Or pécher, est fondamentalement «faire sa volonté, contraire à celle connue de Dieu». Cette «volonté de Dieu» est résumée par le Seigneur lui-même : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout coeur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force», et «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Marc 12:30-31).

Quand la volonté de Dieu est plus ou moins connue, et qu’on ne s’en soucie pas, on pratique «l’iniquité» : une «marche sans loi, sans frein» (1 Jean 3:4) : se laisser aller à ses impulsions, à ses désirs, à sa convoitise, sans se préoccuper de Dieu.

Le péché revêt deux aspects essentiels. La transgression : outrepasser une ligne de défense. «Tu ne déroberas pas», dit la loi, et... on prend ce qui appartient à autrui ! On franchit ainsi la clôture établie par Dieu. C’est la culpabilité, l’aspect «dette» du péché, principe que le Seigneur introduit par exemple dans diverses paraboles (Luc 7:41-42 ; Matt. 18:23-35).

L’autre aspect du péché est la souillure, qui interrompt la communion de l’âme avec Dieu qui a les yeux trop purs pour voir le mal. En type, la lèpre représente ce péché-souillure : le lépreux devait être mis hors du camp (Nomb. 5:7) ; personne ne devait le toucher ; lui-même, lorsque quelqu’un s’approchait de lui, devait crier : impur, impur. — Dans Zacharie 3, quand Joshua, le grand sacrificateur, se présente dans la lumière divine, il est vu revêtu de vêtements sales. La lumière mettait en évidence cette souillure. Dieu intervient et dit : «J’ai fait passer de dessus toi ton iniquité et je te revêts d’habits de fête». Joshua peut alors répondre à sa fonction de grand sacrificateur.

Le code pénal réprime les fautes commises en actes, parfois en paroles, secondairement par omission, quand on n’a pas rempli une obligation. Seule la Parole de Dieu condamne les pensées, la convoitise (Ex. 20:17).

 

1.1   La tentation extérieure

Elle comporte avant tout une contrainte qui cherche à forcer quelqu’un à agir contrairement à la pensée de Dieu. Elle revêt aussi le caractère d’une mise à l’épreuve, d’un test de la foi. Paul craignait que les Thessaloniciens, nouveaux convertis, n’aient été ébranlés par l’épreuve, et désirait «connaître ce qu’il en était de leur foi, de peur que le tentateur ne les eût tentés». La persécution avait-elle refroidi leur zèle ? Quel soulagement d’apprendre qu’il n’en était rien (1 Thess. 3:5).

Résister à la tentation extérieure implique la souffrance. De Christ il nous est dit : «Il a souffert lui-même, étant tenté» (Hébr. 2:18). Et sous sa forme de mise à l’épreuve, ou de discipline, «aucune discipline pour le présent, ne semble être un sujet de joie, mais de tristesse ; mais plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle».

Ainsi la «tentation extérieure» revêt divers caractères.

 

1.1.1       La persécution

Elle peut être ouverte, comme dans les premiers siècles du christianisme, ou lors de la Réforme en Europe ; elle l’est de plus en plus de nos jours, dans bien des pays où les chrétiens sont maltraités, emprisonnés, déportés, et ont à souffrir de tant de manières diverses.

Dans nos régions, elle prend une forme moins accentuée, comme la moquerie, les désavantages que peut subir un croyant dans son avancement professionnel, les chicanes, les injustices. Efforts de Satan pour ébranler la foi, refroidir le zèle chrétien, amener à voiler le témoignage, si possible jusqu’au reniement.

 

1.1.2       La mise à l’épreuve

«Bienheureux est l’homme qui endure la tentation ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve, il recevra la couronne de vie» (Jacq. 1:12). Cette «tentation» a pour but de faire apparaître, par une épreuve, les qualités ou les défauts, la réalité de la foi de quelqu’un. Elle peut être permise par Dieu «si cela est nécessaire» (1 Pierre 1:6). Elle peut même être voulue de Dieu : «Dieu éprouva Abraham» (Gen. 22:1).

Dieu agit aussi en discipline envers les siens, pour leur éducation, «afin que nous participions à sa sainteté» d’une manière pratique (Hébr. 12:7, 10).

 

1.1.3       Les agents de la tentation

Avant tout les hommes, qui haïssent foncièrement Dieu et les siens : «Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous... Parce que vous n’êtes pas du monde... à cause de cela le monde vous hait». Cette haine pourra être dissimulée sous les bonnes manières de la politesse et de l’éducation ; mais fondamentalement elle demeure. Faut-il s’en étonner ?

Les circonstances peuvent devenir une tentation extérieure, un test de la foi, comme le ver qui détruisit le kikajon de Jonas, mettant sa patience à l’épreuve (Jonas 4).

Qui était derrière le ver, sinon Dieu lui-même ? Il peut permettre, même «préparer» l’épreuve, parce qu’il le juge bon. D’autres fois c’est Satan qui incite les hommes contre les enfants de Dieu, ou influence leurs circonstances.

 

1.1.4       Le Seigneur Jésus lui-même a été tenté

Comme nous le dit Hébreux 4:15 : «Il a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché». Pensons aux efforts du tentateur dans le désert ; à l’opposition constante des pharisiens et autres chefs du peuple ; à l’incitation d’un disciple, Pierre, qui voulait l’empêcher d’affronter la croix. En toutes choses, il a «enduré la contradiction des pécheurs contre lui-même».

Mais chez lui la convoitise charnelle n’existait pas. Rien en lui ne l’attirait vers le mal. Toutes ces tentations n’ont fait que mettre en évidence sa perfection : «Il n’a pas commis de péché... Il n’a pas connu le péché... Il n’y a point de péché en lui» (1 Pierre 2:22 ; 2 Cor. 5:21 ; 1 Jean 3:5). C’est pourquoi Hébreux 4:15 ajoute avec emphase : «... à part le péché».

 

1.2   La tentation intérieure

Nous avons conservé — pour simplifier — l’expression utilisée par d’autres de «tentation intérieure». «À proprement parler, la convoitise préexiste à l’incitation à pécher ; la tentation offre un objet, vers lequel la vieille nature, amorcée, se porte, parce qu’elle était prête à cela. La convoitise est ainsi comme le point d’impact de la tentation ; elle est génératrice de péchés effectifs sous l’effet de tentations».

Ce n’est plus une contrainte extérieure à faire le mal, mais comme le dit Jacques : «Chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise» (1:14). La nature pécheresse subsiste inchangée dans le croyant, quoiqu’il ait reçu la nouvelle nature, la vie divine. La «chair» trouve son plaisir dans la tentation excitant la convoitise, tandis que l’épreuve extérieure amène de la souffrance chez celui qui résiste.

1 Jean 2:15-17 met l’accent sur «aimer» : «N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui». Cet amour du monde se traduit par «la convoitise de la chair» (le désir pousse au mal), «la convoitise des yeux» (le coeur est attiré par l’objet souhaité), «l’orgueil de la vie» (qui veut s’élever, alors que l’humilité s’abaisse).

Les circonstances extérieures peuvent attiser la convoitise intérieure. Satan vient tenter Ève et jeter le doute dans son coeur ; plus tard, il tentera Jésus et cherchera à le faire tomber. Chez Ève seule, cependant, répond la convoitise intérieure : «La femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent» (Gen. 3). L’ennemi utilise les choses extérieures pour amorcer la convoitise intérieure. Mais Dieu lui-même ne tente pas, et personne ne peut dire «je suis tenté par Dieu» (Jacq. 1:13) (Il peut cependant se servir de Satan lui-même et de ses tentations pour mettre les siens à l’épreuve comme dans le cas de Job.)

 

1.3   Les ressources divines

Nous l’avons déjà relevé : «Dieu est fidèle... avec la tentation il fera l’issue» (1 Cor. 10:13)

 

1.3.1       Dans la tentation extérieure

Il s’agit de tenir ferme, de résister au diable qui cherche qui il pourra dévorer (1 Pierre 5:8-9). Pour cela la puissance de Dieu est à disposition de la foi (1 Pierre 1:5) ; le Seigneur Jésus est à même de «secourir ceux qui sont tentés» (Hébr. 2:18).

Le psaume 144:1-2 le souligne. À travers toutes les circonstances adverses de sa vie, que de fois David a fait cette expérience : «L’Éternel, mon rocher... ma bonté et mon lieu fort, ma haute retraite et celui qui me délivre, mon bouclier et celui en qui je me réfugie». Mais quand il a suivi l’impulsion de son propre coeur, il s’est réfugié à Gath chez Akish (1 Sam. 27:1-2). Plus tard, alors qu’il se promenait sur le toit de sa maison, un regard de convoitise l’a entraîné dans un mal douloureux (2 Sam. 11). Par contre, aussi longtemps qu’il marchait avec Dieu, malgré les nombreux assauts de l’ennemi, — dans sa jeunesse lorsqu’il était poursuivi par Saül ; durant son règne, assailli par bien des adversaires, — il a fait l’expérience de cette puissance divine qui délivre.

 

1.3.2       Dans les tentations intérieures

Il ne s’agit pas de résister, mais de «fuir» : «Fuis les convoitises de la jeunesse» (2 Tim. 2:22). Joseph en est un bel exemple en répondant non aux avances de la femme de Potiphar. La tentation extérieure aurait pu susciter la convoitise intérieure, mais il a su refuser et «s’enfuir» (Gen. 39:12).

La Parole nous appelle à «mortifier» l’impureté, c’est-à-dire, littéralement, à la laisser se «nécroser», en lui retirant la nourriture (Col. 3:5). Il y faut la puissance de l’Esprit : «Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez» (Rom. 8:13).

Il importe aussi, comme le dit le Seigneur Jésus en Gethsémané, de ne pas «entrer en tentation» (Marc 14:38). Ne pas se placer dans des circonstances où l’on sera dangereusement tenté. «L’esprit est prompt» : il se vante facilement de ne pas se laisser entraîner par le mal, oubliant que «la chair est faible». Telle fut l’expérience de Pierre lorsque, stimulé par son zèle apparent pour le Seigneur, il est entré dans la cour du souverain sacrificateur où il L’a renié.

Prenons garde aux invitations mondaines, aux amitiés douteuses, qui commencent par la politesse, mais peuvent si facilement dégénérer. Lorsque Dina, fille de Jacob, alla visiter «les filles du pays», elle n’en prévoyait pas les conséquences néfastes ; bien vite elle est entrée en tentation et a amené le malheur sur tout son entourage.

Une autre ressource efficace est de se placer dans la lumière divine. Le psaume 27 en est une belle illustration : «L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ?» (v. 1). Pénétrer dans la présence de Dieu, voir toutes choses à sa lumière, pour que le cœur soit saisi par la beauté du Seigneur, mais aussi afin de chercher sa pensée : «J’ai demandé une chose à l’Éternel, je la rechercherai c’est que j’habite dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie, pour voir la beauté de l’Éternel et pour m’enquérir diligemment de lui dans son temple» (v. 4). Et David ajoute : «Mon coeur a dit pour toi : Cherchez ma face. Je chercherai ta face, ô Éternel !» (v. 8). Discerner les choses à la lumière divine avant de s’y engager ; rechercher la face et la beauté du Seigneur, afin qu’il ait, Lui, la première place dans le coeur. Nourrir la nouvelle nature des choses qui demeurent, nous préservera de la convoitise.

 

2                    La convoitise des yeux

Après avoir dit, d’une façon générale : «N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde», l’apôtre Jean poursuit : «Tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde».

Il est difficile de distinguer avec précision entre ces trois éléments qui attirent le croyant dans le monde, corrompu et souillé par le péché. Il semble pourtant que la convoitise des yeux soit surtout provoquée par les objets qui attirent le regard et font désirer posséder ce que Dieu n’a pas donné ; respectivement, elle engage, par une certaine ostentation, à diriger les regards des autres sur soi-même ; la convoitise de la chair incite vers l’objet extérieur qui attise cette convoitise, et procure le plaisir charnel dans son sens restreint ; — l’orgueil de la vie élève au-dessus de ce que l’on est ou possède, afin de dominer les autres. L’humilité au contraire, conduit à s’abaisser et à descendre.

 

2.1   L’attraction extérieure pour les yeux

Ève en est l’exemple initial. À l’incitation du serpent, elle «vit que l’arbre était bon à manger et qu’il était un plaisir pour les yeux». Cette convoitise, une fois suscitée, l’a conduite jusqu’à la désobéissance flagrante à un commandement connu.

La convoitise des yeux produit le désir de posséder les choses que Dieu n’a pas données, respectivement défendues. Lors de la conquête de Jéricho, l’Éternel avait expressément prescrit de ne rien s’approprier, lors du sac de la ville (Josué 6:18-19). Acan «a vu parmi le butin un beau manteau de Shinhar, et deux cents sicles d’argent, et un lingot d’or...» ; il les a convoités, les a pris et les a cachés au milieu de sa tente. La convoitise a été suscitée en lui par le regard de ses yeux, qui a provoqué le désir coupable de s’attribuer les richesses que Dieu n’avait pas données.

Le Nouveau Testament appelle cette avidité de posséder quoi que ce soit, la «cupidité» (Col. 3:5 ; Éph. 5:3), précisant même que le «cupide» est un idolâtre (Éph. 5:5). Ce désir ardent d’avoir toujours plus, la «pleonexia», est traduit aussi par avarice, en Luc 12:15 par exemple.

Considérer avec envie les possessions des autres, suscite la jalousie et ce besoin immodéré d’en disposer aussi. 1 Timothée 6:9-10 met en garde contre «l’amour de l’argent». On veut avoir les moyens de répondre aux «désirs insensés et pernicieux» suscités dans l’âme qui veut absolument obtenir les richesses que Dieu n’a pas données. Guéhazi, le serviteur d’Élisée, trouvait son maître bien naïf de n’avoir pas accepté les présents de Naaman (2 Rois 5:20-27). En voyant l’argent, les vêtements et l’or que le chef de l’armée syrienne avait apportés, la convoitise avait été suscitée en lui. Il court après le lépreux guéri et, par un récit mensonger, en obtient deux talents et deux vêtements de rechange, qu’il s’empresse de cacher dans la maison. «Est-ce le temps de prendre...» lui reprochera le prophète. — Balaam avait «aimé le salaire d’iniquité» : pour de l’argent, il est venu maudire le peuple de Dieu (mais l’Éternel change la malédiction en bénédiction) (Nomb. 22 ; 2 Pierre 2:15). — Pour trente pièces d’argent, Judas, cédant à la convoitise, a vendu son Maître.

La possession des biens matériels peut être un piège, même un obstacle pour entrer dans le royaume de Dieu. Jésus dit : «Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu». Les disciples s’en étonnent excessivement, se demandant qui peut être sauvé. «Pour les hommes, dit Jésus qui les regarde, cela est impossible, mais non pas pour Dieu» (Marc 10:24-27).

Sans doute «Dieu nous donne-t-il toutes choses richement pour en jouir» (1 Tim. 6:17), mais pour en jouir «avec lui» (Rom. 8:32). Aussi, les ressources matérielles confiées par le Seigneur dans une plus ou moins grande mesure aux siens, sont-elles une administration à gérer pour lui : ce qui est très petit, les richesses injustes, ce qui appartient à autrui (Luc 16:1-12). Bien gérées, elles feront que le disciple, fidèle dans ce qui est très petit, sera fidèle aussi dans ce qui est grand, les richesses spirituelles, les vraies, qui resteront siennes pour toujours. Paul indique à Timothée l’emploi que les riches ont à faire des biens matériels que Dieu a pu leur confier : «Qu’ils fassent du bien ; qu’ils soient riches en bonnes oeuvres ; qu’ils soient prompts à donner, libéraux» (1 Tim. 6:18). Toute la puissance de Dieu est nécessaire pour être gardé de cette convoitise des yeux qui voudrait «amasser des trésors pour soi-même et n’être pas riche quant à Dieu» (Luc 12:21).

Pour être victorieux du monde il faut la foi, non la foi initiale pour le salut, mais la foi vivante de tous les jours : «Tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ; et c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi» (1 Jean 5:4). Dans la vie pratique, consacrer le temps voulu pour marcher dans les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l’avance, pour servir le Seigneur dans l’Évangile ou dans les siens, nous gardera de nombreuses occasions où la convoitise des yeux nous aurait entraînés loin de lui.

 

2.2   Attirer l’attention sur soi

La convoitise des yeux se traduit aussi par ce besoin de briller, de se montrer plus que l’on est, la vanité dans l’habillement, dans la toilette, ou au contraire le débraillé qui cherche à se mettre en évidence. On fera étalage de ce que l’on possède, comme Ézéchias lors de la visite des envoyés du roi de Babylone (Ésaïe 39). Dans un foyer chrétien, ceux qui «entrent» voient-ils la «lumière» ? (Luc 8:16). Seront-ils accueillis dans une maison où le Seigneur a sa place, où les époux sont unis et les enfants joyeux, mais élevés pour Lui ? Ou constateront-ils un luxe excessif, une recherche de ce qui est extérieur et paraît, afin d’attirer le regard ?

Ce besoin de briller peut prendre la forme de la quête des honneurs. Paul et Barnabas refusent énergiquement les offrandes des habitants de Lystre (Actes 14:11-18). Mais le roi Hérode se sentait tout flatté par les cris du peuple applaudissant son discours : «Voix d’un dieu et non pas d’un homme !» (Actes 12:22).

On peut chercher aussi à se mettre en évidence par ses bonnes oeuvres (Matt. 6:1-4) ! ou par sa connaissance, connaissance intellectuelle qui «enfle» et n’édifie pas (1 Cor. 3:2). Il est facile de citer quantité de textes bibliques bien agencés entre eux, sans que les auditeurs en reçoivent de la bénédiction — essentiellement afin de bien montrer toute sa propre connaissance et se faire valoir. Quoiqu’il eût été ravi au troisième ciel, et qu’il eût de quoi se glorifier, Paul s’en abstenait «de peur que quelqu’un ne m’estime au-dessus de ce qu’il me voit être, ou de ce qu’il a pu entendre dire de moi» (2 Cor. 2:6).

Les pharisiens élargissaient les franges de leurs vêtements et priaient au coin des rues, afin qu’on remarque leur piété. Dans la vie sociale, on cherchera à paraître plus intelligent ou cultivé qu’autrui, et, tout en rabaissant les autres, à se rehausser soi-même.

L’amour n’est pas envieux, l’amour ne se vante pas» (1 Cor. 13:4). Voilà l’antidote à l’ostentation. Si l’on aime le Seigneur, si l’on aime ses frères, on veillera à la modestie, à ce qui ne dirige pas les yeux sur soi-même, mais vers Christ.

Sans doute la convoitise de la chair, et plus encore l’orgueil de la vie, sont-ils très près de la convoitise des yeux. Si l’on cherche à se faire valoir, c’est souvent pour s’élever. Si l’on cherche à satisfaire ce qui a attiré les regards, la chair — même dans son sens restreint — s’en mêle. Nous avons cependant essayé de préciser les caractères de chacun des points touchés par Jean, afin de les rendre plus sensibles à nos consciences et à nos coeurs.

 

3                    La convoitise de la chair

Il faut entendre sous ce titre, non la «chair» en général, la mauvaise nature telle qu’on la trouve dans les écrits de Paul en particulier, mais plus spécifiquement «les désirs déréglés de la nature humaine».

La convoitise de la chair vient de l’intérieur, comme le dit le Seigneur Jésus : «Ce qui sort de l’homme, c’est là ce qui souille l’homme ; car du dedans du coeur des hommes sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications...» (Marc 7:20-21). Elle entre en jeu lorsque les désirs naturels (*) sont déréglés, tout spécialement dans deux directions : le domaine sexuel, et les excès dans le manger et le boire, la «gourmandise».

(*) Ces désirs (l’instinct sexuel, la faim, la soif, etc.) sont en eux-mêmes normaux. Mais en vue de quoi les satisfait-on ? L’homme est un être de désirs, bons ou mauvais selon leur objet.

 

3.1   Les déviations sexuelles

En parlant de la résurrection, le Seigneur Jésus souligne que «dans la résurrection, on ne se marie, ni on n’est donné en mariage, mais on est comme des anges de Dieu dans le ciel» (Matt. 22:30). Dans l’au-delà, la mort physique n’intervient plus, ni, comme corollaire, la transmission de la vie. Sur la terre, toute vie, végétale, animale ou humaine, se transmet de génération en génération. Il reste cependant une différence notoire : la plante, ou l’animal, se reproduit à certaines périodes ; l’être humain peut le faire consciemment, volontairement. Bien plus encore, les enfants qui naîtront de l’union d’un homme et d’une femme ne sont pas seulement des êtres terrestres, comme un animal ou une plante, mais des âmes qui existeront éternellement. D’où l’extrême sévérité de la Parole de Dieu à l’égard de toutes les déviations de cette faculté de transmettre la vie. Exercée dans le cadre du couple, de l’homme et de la femme unis dans le Seigneur «pour une seule chair» (Éph. 5:31), elle procure une satisfaction profonde. Toute autre union est désignée dans la Parole par le terme «fornication».

La période de la puberté au mariage est difficile, et demande une discipline personnelle constante, sous le regard du Seigneur et avec sa force. Lévitique 22:4-7, s’adressant à la famille d’Aaron (et 15:16,17 pour les autres), montre que l’incontinence n’était pas admise en Israël et conduisait à l’impureté ; une purification était nécessaire ; mais après le coucher du soleil, le sacrificateur était pur et pouvait manger à nouveau des choses saintes. Ne trouvons-nous pas là une juste mesure dans l’importance à accorder aux problèmes qui troublent l’esprit de plus d’un jeune homme, éprouvant en lui des pulsions qui l’ont peut-être amené à favoriser consciemment ce flux de la semence ? Si l’accident occasionnel ne constitue pas un drame, l’habitude peut conduire à un véritable esclavage ou à une obsession risquant même d’entraîner un déséquilibre psychique, un relâchement de la vie spirituelle, une perte de jouissance de la communion avec le Seigneur.

Les relations hors mariage d’un homme et d’une femme sont condamnées très sévèrement dans l’Ancien, et plus encore dans le Nouveau Testament «Le corps n’est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur... Vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps» (1 Cor. 6:13-20). Combien nous sommes reconnaissants que la Parole ajoute : «... et le Seigneur pour le corps» (v. 13). Nous pouvons compter sur sa force, sur ses ressources, pour être gardés. Il y faut certainement toute sa puissance, dans une ambiance où la pureté des relations selon la Parole est devenue presque une exception.

L’adultère, la relation entre un homme et une femme qui d’autre part sont mariés, est encore plus grave. La violation d’Exode 20:14 est condamnée à mort en Lévitique 20:10. «Un homme prendra-t-il du feu dans son sein sans que ses vêtements brûlent ?... Ainsi celui qui entre vers la femme de son prochain... Celui qui le fait, détruit son âme ; il trouvera plaie et mépris, et son opprobre ne sera pas effacé» (Prov. 6:27-33).

Le Seigneur Jésus va plus loin encore, car il regarde au coeur. Après avoir rappelé le commandement de la loi, il ajoute : «Mais moi je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son coeur» (Matt. 5:28) !

Lévitique 18:22 qualifie d’abomination les relations d’homme à homme ou de femme à femme, comme le fait aussi Romains 1:27. C’est un dérèglement contre nature, une «affection déréglée» (Col. 3:5).

 

3.2   Les excès dans le manger et le boire

Au désert, le peuple d’Israël désirait retrouver la nourriture des bords du Nil (Ex. 16:3 ; Nomb. 11:5). Lorsque Dieu les donnait, ces aliments pouvaient être reçus de sa main ; le danger était de vouloir retourner en Égypte, dans le monde, pour satisfaire un besoin charnel déplacé. 1 Pierre 4:3-4 rappelle qu’avant leur conversion, d’aucuns marchaient dans ces excès. Le croyant est mis à l’épreuve lorsque ses anciens camarades, ou ses collègues actuels, «trouvent étrange» qu’il ne se joigne pas à eux dans leurs plaisirs charnels. Un chrétien doit accepter d’être différent des gens du monde. Romains 13:13-14 insiste là-dessus : «Conduisons-nous honnêtement, comme de jour». Après avoir stigmatisé les excès de nourriture et de boisson, l’apôtre ajoute : «Ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises».

L’alcool faisait des ravages du temps de nos pères. Est-ce moins le cas aujourd’hui ? D’autres choses plus graves s’y sont ajoutées, drogues et autres stupéfiants, auxquels on peut se laisser entraîner, même sans s’en rendre compte. Seule la sobriété, la maîtrise de soi, avec la force que Dieu donne, pourra nous garder : «Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu), (1 Cor. 10:31).

 

3.3   Les ressources divines

Devant la tentation extérieure, il s’agissait de «résister». Si l’on est en butte à la convoitise de la chair, il faut «fuir» (1 Cor. 10:14). Colossiens 3:5 nous parle de «mortifier» nos membres qui sont sur la terre. Ici, le mot mortifier a donc le sens de laisser se «nécroser», en retirant la nourriture à l’organe, qui alors s’atrophie. Quelle «nourriture» recueillons-nous des images qui attirent nos regards, de nos lectures, des lieux que nous fréquentons ? Tel livre ou revue, telle gravure, qui semblent n’avoir pas fait d’impression au moment même, réapparaîtront plus tard dans la mémoire avec toute leur nocivité.

Le Seigneur Jésus lui-même enjoint : «Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi... Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la, jette-la loin de toi» (Matt. 5:29-30).

Pour un croyant «attiré et amorcé» par la convoitise de la chair, la ressource indiquée par la Parole de Dieu est de «couper» (Matt. 5:30). C’est souvent très dur ; mais qu’est-ce qui prévaudra dans l’âme l’amour du Seigneur, ou la satisfaction de soi-même ?

Pierre exhorte le croyant à «s’abstenir des convoitises charnelles, lesquelles font la guerre à l’âme» (1 Pierre 2:11). «Ne pas prendre soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises», avons-nous relevé en Romains 13:14. Que d’occasions de chute pourraient être évitées, si l’on prenait garde de ne pas «entrer en tentation» !

La carrière de Samson en Israël a perdu beaucoup de sa valeur par la convoitise de la chair. Et la vie de David a été assombrie jusqu’à la fin par un jour de laisser-aller, où la convoitise, éveillée par le regard, a eu les plus fâcheuses conséquences.

Bien occuper ses journées est une sauvegarde. Sans doute la première place revient à la Parole de Dieu et à la prière, nourriture et respiration de l’âme. Mais que de bienfaits Dieu ne sème-t-il pas sur notre route, pour en jouir «avec Lui» : une occupation saine de l’esprit dans un but professionnel ou éducatif, une mesure de délassement, d’évasion dans la nature, d’exercice corporel à sa place, — tout cela constitue une sauvegarde qui préservera de bien des égarements.

La mère de Lemuel laissait trois conseils à son fils (Prov. 31) :

«Ne donne point ta force aux femmes, ni tes voies à celles qui perdent les rois» ;

«Ce n’est point aux rois de boire du vin, ni aux grands de dire : Où sont les boissons fortes ? de peur qu’ils ne boivent et n’oublient» ;

«Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche».

Non seulement des exhortations négatives, mais une positive : Ouvre ta bouche pour faire part des richesses que le Seigneur Jésus t’a données. Ouvre ta bouche pour celui qui ne connaît pas Dieu et ne sait pas lui parler. Ouvre ta bouche pour ceux qui sont délaissés et abandonnés. Ouvre ta bouche pour répandre l’Évangile de la grâce. Consacrer du temps au service du Seigneur, dans sa dépendance et par amour pour lui, pourra sauver des âmes de la mort et nous préserver de bien des péchés.

 

4                    L’orgueil de la vie

4.1   Orgueil, s’enfler

La convoitise des yeux amène à attirer à soi l’objet envié ; la convoitise de la chair pousse à satisfaire les désirs déréglés de notre mauvaise nature ; l’orgueil par contre conduit à s’élever au-dessus des autres.

C’est «la faute du diable» (1 Tim. 3:6), telle que nous la décrit Ésaïe 14:13-14. «Tu as dit dans ton cœur : Je monterai aux cieux, j’éleverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu... Je serai semblable au Très-haut».

Satan a su insinuer cet orgueil dans le cœur d’Ève, en lui disant : «Vous serez comme Dieu» (Gen. 3:5). À la fin de l’histoire de l’église, Laodicée se vante : «Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien», orgueil spirituel pire que l’autre (Apoc. 3:17).

L’orgueil se prévaut de ce qu’on est, de ce qu’on fait, de ce qu’on a.

De naissance, et sans aucun mérite de notre part, on peut être intelligent, ou beau, ou fort. Adonija, le quatrième fils de David, déclare : «Moi, je serai roi... Il était un très bel homme», (1 Rois 1:5-6). Le pharisien priait en lui-même en ces termes : «Ô Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes» (Luc 18:11).

Combien facilement on peut s’enfler de ce que l’on a fait. Le roi Ozias avait témoigné de qualités remarquables. Il avait tout prévu pour le développement économique et la protection de son peuple. Son renom s’étendait au loin. «Il fut merveilleusement aidé jusqu’à ce qu’il devint fort» (2 Chron. 26:15). «Mais quand il fut devenu fort, son cœur s’éleva jusqu’à le perdre». Il veut cumuler l’office de roi et de sacrificateur. Il s’emporte même, lorsque les fils d’Aaron cherchent à le retenir. — Dans sa jeunesse, Saül était «petit à ses propres yeux» (1 Sam. 15:17). Puis l’orgueil est monté dans son coeur. Il s’attribue les victoires de Jonathan (13:4). Au lieu de détruire les Amalékites, il agit selon son propre jugement plutôt que d’obéir à la parole de l’Éternel par Samuel. Même lorsqu’il paraît se repentir, il demande au prophète de l’honorer en la présence des anciens du peuple (15:30). — Averti douze mois d’avance, Nebucadnetsar persiste dans son orgueil : «N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ?» Dieu doit frapper le roi de folie pour lui apprendre que le Très-haut est «puissant pour abaisser ceux qui marchent avec orgueil» (Dan. 4:30, 37). — Même un Gédéon ne résiste pas au désir d’établir un trophée de sa victoire, — piège pour lui-même et pour sa famille (Juges 8:27).

L’orgueil se glisse aussi dans la satisfaction de ce que l’on possède ; tel le riche de Luc 12 qui remplit ses greniers et assure son âme d’avoir beaucoup de biens, pour beaucoup d’années. — Les richesses spirituelles peuvent être cause d’un orgueil encore plus grave : «La connaissance enfle, mais l’amour édifie» (1 Cor. 8:1). «Qu’as-tu que tu n’aies reçu ?» (1 Cor. 4:7). Pourquoi donc s’en glorifier ?

L’orgueil veut aussi se placer au-dessus des autres. L’apôtre avertit de «ne pas avoir une haute pensée de soi-même au-dessus de celle qu’il convient d’avoir, mais de penser de manière à avoir de saines pensées, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun» (Rom. 12:3). — Un Diotrèphe aimait à «être le premier dans l’assemblée». Il en chassait les frères qui ne lui agréaient pas, et empêchait ceux qui voulaient les recevoir (3 Jean 9-10). — Autrefois, Coré, Dathan et Abiram s’étaient élevés contre Moïse et contre Aaron, voulant s’arroger une place que Dieu ne leur avait pas donnée (Nomb. 16).

La vie des disciples mêmes du Seigneur Jésus n’est pas exempte de cette prétention à vouloir être supérieur aux autres. Sur le chemin, après que Jésus leur eût parlé de ses souffrances, ils raisonnent entre eux pour savoir qui serait le plus grand (Marc 9:33-34). Jacques et Jean (et leur mère) s’approchent de lui pour demander la meilleure place, à sa droite et à sa gauche, dans sa gloire (10:35). Et, chose presque incroyable, Luc nous présente une contestation entre eux, juste après l’institution de la Cène, où le Seigneur avait placé devant leurs coeurs les souffrances qui l’attendaient (Luc 22:24).

L’orgueil tend aussi à se comparer aux autres dans le service du Seigneur. Paul met en garde contre ce danger : «Nous n’osons pas nous ranger parmi quelques-uns qui se recommandent eux-mêmes, ou nous comparer à eux ; mais eux, se mesurant eux-mêmes par eux-mêmes, et se comparant eux-mêmes à eux-mêmes, ne sont pas intelligents. Mais nous, nous ne nous glorifierons pas dans ce qui est au-delà de notre mesure, mais selon la mesure de la règle que le Dieu de mesure nous a départie» (2 Cor. 10:12-13) : s’acquitter du service que le Seigneur place devant nous ; employer «comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu» les dons qu’il a pu confier, «selon la mesure de foi qu’il a départie à chacun», sans empiéter sur le domaine donné à d’autres, ni s’arroger un reflet ou un renom qui nous élève au-dessus d’eux.

Le danger est aussi de «s’enfler pour l’un contre un autre» (1 Cor. 4:6). Ecueil pour soi-même, pour l’assemblée, et pour le serviteur lui-même que l’on admire.

 

4.2   Les remèdes divins

Après avoir cédé à la vanité de montrer tous ses trésors aux envoyés du roi de Babylone, «Ézéchias s’humilia de ce que son coeur s’était élevé» (2 Chron. 32:26). Exemple à suivre chaque fois que nous constatons que l’orgueil s’est glissé en nous, et a produit ses fruits. Confesser à Dieu notre faute ; reprendre conscience de notre condition de pécheurs sauvés par grâce ; nous rappeler l’oeuvre de la croix, les souffrances du Seigneur, la miséricorde dont nous avons été et dont nous sommes toujours l’objet. Et, ressource suprême, revenir sans cesse à l’exemple du Seigneur Jésus : «Qu’il y ait donc en vous cette pensée, qui a été aussi dans le Christ Jésus, lequel... s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave... s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort» (Phil. 2:4-8).

Si l’on refuse de s’humilier, Dieu doit alors le faire. Telle fut l’expérience de Nébucadnetsar. Le jugement divin tombe par contre sur Haman, qui, après avoir obtenu l’adulation des hommes et avoir souhaité se faire promener par les rues de la ville comme «l’homme que le roi se plaît à honorer», a été pendu au bois haut de cinquante coudées qu’il avait préparé pour Mardochée (Esther 3 à 7).

Dans la parabole adressée aux invités qui choisissaient les meilleurs sièges, le Seigneur Jésus avertit : «Ne te mets pas à table à la première place, de peur qu’un plus honorable que toi ne soit convié et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne et ne te dise : Fais place à celui-ci ; et qu’alors tu ne te mettes avec honte à occuper la dernière place» (Luc 14:7-9).

Après avoir exhorté : «Tous les uns à l’égard des autres, soyez revêtus d’humilité», Pierre ajoute : «Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand le temps sera venu» (2 Pierre 5:5-6 ; Jacq. 4:6 ; Prov. 3:34).

 

5                    Les tentations extérieures

Elles viennent du dehors et cherchent à faire tomber ; elles mettent aussi la foi à l’épreuve pour en manifester la réalité. De telles tentations peuvent, chez nous, exciter la convoitise, cette réponse du coeur mauvais qui trouve sa satisfaction dans le mal. Ou, tout au contraire, rencontrer la foi qui compte sur Dieu et délivre.

 

5.1   L’opposition

Elle provient de la haine des hommes menés par Satan : «Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous... Parce que vous n’êtes pas du monde mais que moi je vous ai choisis du monde à cause de cela, le monde vous hait... S’ils m’ont persécuté, il vous persécuteront aussi» (Jean 18:20). Dans les premiers siècles de l’église, comme bien souvent au cours de son histoire, la persécution s’est acharnée contre les croyants, «le feu ardent qui est au milieu de vous, qui est venu sur vous pour votre épreuve» (1 Pierre 4:12). L’épître à Smyrne le souligne : «Vous aurez une tribulation de dix jours» (Apoc. 2:10).

Cette opposition peut revêtir la forme de moqueries, de calomnies (1 Pierre 2:12), de désavantages que subit un croyant dans sa profession, d’obstacles aussi que Satan suscite sur la route et dans le service du Seigneur (1 Thess. 2:18).

La Parole contient nombre d’exemples de cette opposition plus ou moins violente. Les trois jeunes Hébreux qui refusent d’adorer la statue sont jetés dans la fournaise. Jean le Baptiseur est emprisonné, puis décapité. Jérémie le prophète subit toutes sortes d’avanies et de mauvais traitements. Les uns sont délivrés, d’autres «n’acceptent pas la délivrance». D’autres enfin sont appelés à être fidèles «jusqu’à la mort» (Hébr. 11:33-38).

Dans la parabole du semeur, les grains tombés dans la rocaille représentent des hommes qui, ayant reçu la parole avec joie, mais n’ayant pas de racine en eux-mêmes, succombent lorsqu’arrive la tribulation ou la persécution à cause de la parole.

Le Seigneur Jésus lui-même a connu de telles tentations, — de la part de l’ennemi, soit au désert ou à Gethsémané ; — de la part des pharisiens et autres chefs du peuple, au cours de son ministère. Tout au long de sa vie, il a «enduré la contradiction de la part des pécheurs contre lui-même» (Hébr. 10:3).

Devant une telle opposition, le croyant est appelé à résister» (1 Pierre 5:9), à être «fidèle» (Apoc. 2:10). Il n’y parviendra que par la puissance de Dieu agissant en lui. En réponse à la foi, selon la mesure de la persécution, Dieu fera l’issue, en donnant la force de tenir ferme.

 

5.2   Les préoccupations

Les circonstances extérieures, plus encore l’incertitude de l’avenir, suscitent en nous les soucis, la peur, même l’angoisse. Notre manque de confiance en est la cause.

Le Seigneur Jésus exhorte les siens : «Ne soyez pas en souci pour votre vie» (Matt. 6:25). L’apôtre souligne : «Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu» (Phil. 4:6). Le psalmiste fait l’heureuse expérience que, «dans la multitude des pensées qui étaient au-dedans de moi, tes consolations ont fait les délices de mon âme» (Ps. 94:19).

Au-dessus de tout, nous souvenir que nous avons un Père, expression sept fois répétée en Matthieu 6. Revenir sans cesse aux promesses de la Parole, les fixer par la mémoire dans son esprit, afin de les avoir à disposition lorsque l’inquiétude surgit. Apprendre à «rejeter sur Lui tout notre souci, car Il a soin de nous» (1 Pierre 5:7).

Dans la parabole du semeur, nous avons aussi une illustration de l’effet de telles préoccupations: «Ceux qui sont semés dans les épines : ce sont ceux qui ont entendu la parole ; et les soucis du siècle, et la tromperie des richesses, et les convoitises à l’égard des autres choses, entrant, étouffent la parole et elle est sans fruit» (Marc 4:19). Sans doute, aux soucis se mêlent les convoitises ; mais ceux-là ont aussi tout leur effet pour étouffer la parole dans l’âme et l’empêcher de produire du fruit. Si notre esprit est sans cesse inquiet de l’avenir, préoccupé des circonstances et des difficultés, il s’éloigne de Dieu.

«Remets ta voie sur l’Éternel», dit le psalmiste, «et confie-toi en Lui : et Lui il agira... Demeure tranquille, appuyé sur l’Éternel, et attends-toi à Lui» (Ps. 37:5-7).

 

5.3   Les tentations intellectuelles

Sous «les dards enflammés du méchant», dont l’apôtre parle en Éphésiens 6:16, on peut ranger aussi ces «flèches» que l’ennemi décoche pour susciter le doute dans notre esprit.

Il avait insinué à Ève : «Quoi, Dieu a dit ?» (Gen. 3:1). De tant de manières diverses, Satan lance ses «dards» : par des lectures, par des études, par des conversations avec des personnes mal affermies. La Parole appelle à fuir les «discours vains et profanes et l’opposition de la connaissance faussement ainsi nommée, de laquelle quelques-uns faisant profession, se sont écartés de la foi» (1 Tim. 6:20-21). L’apôtre ajoute : «Évite les questions folles et insensées, sachant qu’elles engendrent des contestations» (2 Tim. 2:23).

Dans la parabole de l’ivraie, le champ avait été bien ensemencé. Mais «pendant que les hommes dormaient», l’ennemi est survenu et a semé l’ivraie parmi le froment. Tout d’abord, on n’y a rien vu. Le blé s’est mis à croître. Au bout de quelque temps «alors l’ivraie aussi parut». Diverses insinuations ou doutes ont pénétré dans l’esprit. Au début, ils n’ont pas d’effet. On sait bien qu’il n’y faut pas attacher d’importance. Mais les graines semées porteront un jour leur fruit. On s’étonne alors de voir des jeunes, qui paraissaient attachés au Seigneur et fidèles à sa Parole, abandonner l’enseignement reçu : En un temps de sommeil, l’ennemi avait semé son ivraie.

Quels remèdes Dieu nous donne-t-il ? — Avant tout le «bouclier de la foi», cette foi qui reçoit la Parole de Dieu parce qu’elle vient de lui, sans la déformer, ni l’accommoder. Paul dit à Timothée «Considère ce que je dis ; car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses» (2 Tim. 2:7). Après tant d’expériences qui avaient mis en lumière le fond de son coeur, Job conclut : «Toi, instruis-moi» (42:4). Attitude de l’âme envers son Seigneur, que nous pouvons bien imiter en face des tentations que le doute pourrait jeter dans notre esprit.

 

5.4   La mise à l’épreuve

«Si cela est nécessaire», dit Pierre, on peut être «affligé pour un peu de temps, par diverses tentations», avec ce but : que la foi mise ainsi à l’épreuve par le feu, soit trouvée «tourner à louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation de Jésus-Christ» (1 Pierre 1:7). «Bienheureux est l’homme qui endure la tentation ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve, il recevra la couronne de vie» (Jacq. 1:12). D’autres fois, Dieu permet l’épreuve, la tentation, pour mettre en lumière les obstacles à la communion avec Lui, afin de nous amener à les juger et nous faire jouir à nouveau de la lumière de sa face. Il a agi ainsi avec Job, permettant à Satan de l’éprouver, utilisant aussi ses amis pour mettre à jour la satisfaction de lui-même qui le remplissait.

De telles «tentations» peuvent revêtir la forme de l’opposition, de la persécution ; provenir aussi de circonstances difficiles : maladie ou deuil, qui pourraient conduire au découragement ; revers ou échecs, qui amèneraient à la révolte ; déceptions, qui porteraient à se lasser (Jér. 17:16) ; accidents, qui arrêteraient dans le service du Seigneur. De telles épreuves peuvent au contraire «tourner à louange», si elles rapprochent de Dieu, et amènent à chercher auprès de lui force et courage ; l’âme renouvelée est fortifiée pour traverser la tentation.

Les serviteurs devaient être «premièrement mis à l’épreuve» avant de servir. Manifester que rien de sérieux dans leur vie ne serait une entrave à la tâche que Dieu pourrait leur confier. Une telle mise à l’épreuve peut être le fait de Dieu, ou des frères. Un temps qui mette en lumière l’état du coeur et le niveau spirituel est nécessaire, avant de s’engager en plein dans un service pour le Seigneur.

 

6                    Le secours divin

Au fur et à mesure de l’examen des diverses tentations, nous avons relevé les ressources divines pour y faire face. Reprenons-les encore une fois afin d’être mieux préparés à rencontrer les épreuves de la course chrétienne.

 

6.1   Dans les tentations extérieures

La sympathie du Seigneur et son intercession se présentent à nous en tout premier lieu.

Hébreux 2:17-18 nous dit : «Il dut, en toutes choses, être rendu semblable à ses frères, afin qu’il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui concernent Dieu... Car en ce qu’il a souffert lui-même étant tenté il est à même de secourir ceux qui sont tentés». Cette compréhension du Seigneur pour les siens ne résulte pas de sa puissance divine, mais de la vie qu’il a lui-même assumée sur la terre, avec ses infirmités, ses limitations, ses faiblesses ; il a connu la soif, la faim, la fatigue ; l’opposition et la haine ; la solitude ; les incompréhensions des siens. Il a souffert étant tenté ; il est ainsi capable de secourir ceux qui sont tentés. Il a connu la souffrance de vivre dans un monde souillé et hostile. Bien entendu, il n’y avait pas chez lui la mauvaise nature, la convoitise ; les tentations n’ont trouvé aucune «amorce» quelconque. Mais il peut «sympathiser à nos infirmités, parce qu’il a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché» (Hébr. 4:15). Il a fait l’expérience de la souffrance.

Plus encore, parce qu’il est ressuscité, et constitué sacrificateur dans le ciel «selon la puissance d’une vie impérissable», — «il peut sauver entièrement (jusqu’à l’achèvement, jusqu’au bout) ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux» (Hébr. 7:16, 25). Cette intercession du Seigneur est continuellement à notre disposition, mais il s’attend à ce que nous nous «approchions de Dieu par lui».

Nous avons aussi son exemple pour nous encourager : «Considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes» (Hébr. 12:3). Apprenons à voir (1 Jean 1:1) le Seigneur Jésus à travers les pages des évangiles ; son exemple, sa fermeté, sa patience nous réconforteront, quand nous aurions tendance à être découragés.

Et comme le psalmiste, sachons penser à lui : «Bienheureux celui qui comprend le pauvre ! Au mauvais jour, l’Éternel le délivrera. L’Éternel le gardera, et le conservera en vie : il sera rendu heureux sur la terre... L’Éternel le soutiendra sur un lit de langueur. Tu transformeras tout son lit, quand il sera malade» (Ps. 41:1-3). Comprendre Celui qui s’est abaissé, qui s’est fait pauvre pour nous enrichir, et «dans l’humilité profonde, a suivi son obscur chemin». Quel encouragement au travers des épreuves et des tentations de la vie ! Comment le «comprendre», sinon une fois de plus, en le considérant, tel que les évangiles en placent le tableau devant nous, non seulement dans les événements divers de sa vie, mais en cherchant à sentir le coeur d’où jaillissaient tous ses actes.

Alors nous pourrons réaliser la patience, si souvent soulignée dans l’épître de Jacques ; nous demanderons la sagesse (Jacq. 1:5), qui nous aidera à discerner le but de l’épreuve, les leçons que le Seigneur veut nous enseigner par les circonstances qu’il permet, et comment nous y comporter ; en réponse à la prière, «Dieu donne à tous libéralement et ne fait pas de reproches».

 

6.2   Dans les tentations intérieures

Comme cela a été déjà souligné, l’essentiel est de «fuir», les convoitises de la jeunesse, la fornication, l’idolâtrie. Lorsque de mauvais exemples pourraient nous entraîner : «Détourne-toi de telles gens» (2 Tim. 3:5).

Dans ce domaine, veiller particulièrement aux relations qui dégénéreraient en occasions de chutes, où nous risquerions de déshonorer le Seigneur. Les amitiés en Christ sont une ressource précieuse dans le chemin de la foi ; le danger est dans des camaraderies, des contacts qui deviennent plus intimes et entraînent dans le monde ou à la corruption.

Nous avons vu en Colossiens 3:5 le sens de «nécroser», en rapport avec la convoitise de la chair. Si une personne du monde cherchait à nous attirer, rappelons-nous Proverbes 6:25 : «Ne désire pas sa beauté dans ton coeur». Dès que l’on s’en rend compte, il faut «couper». Quant aux défauts de caractère, l’énergie spirituelle est appelée à se montrer : «Renoncez vous aussi à toutes ces choses» (Col. 3:8). Proverbes 28:13 nous dit : «Celui qui confesse ses transgressions et les abandonne, obtiendra miséricorde». Non pas une énergie charnelle, ou légaliste, mais le propos arrêté du cœur qui désire plaire au Seigneur. Tout cela implique une discipline personnelle dans la course chrétienne : «Courez de telle manière que vous remportiez le prix», dit l’apôtre aux Corinthiens (9:24). Si l’on veut combattre, il faut «vivre de régime» en toutes choses afin d’obtenir une couronne. Et l’apôtre d’ajouter : Je mortifie mon corps et je l’asservis» (v. 27). Ce qu’il entendait par là, nous ne le savons pas avec précision. D’autres passages le résument par la «sobriété», le contrôle de soi. Ne pas se laisser aller à toutes ses impulsions, ou à sa paresse, ou à ses désirs charnels, mais savoir tenir le corps en bride.

L’apôtre confie à Tite plusieurs exhortations appropriées pour les diverses classes de personnes qu’il rencontre en Crète : les vieillards, les femmes âgées, les jeunes femmes. À l’adresse des jeunes hommes, une seule suffit, mais combien importante : «Exhorte les jeunes hommes à être sobres» (Tite 2:6). Non pas le légalisme, condamné en Colossiens 2 : «Pourquoi établissez-vous des ordonnances, — ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas !» Mais la réalisation de notre mort avec Christ et de notre résurrection avec lui. Cultiver la vie nouvelle. Voilà ce qui importe. Il n’y a pas non plus de «mérite» à faire valoir, en pratiquant la sobriété. Elle n’est possible d’ailleurs qu’en marchant par l’Esprit, selon Galates 5:16-23, où la tempérance (la sobriété) vient compléter la «grappe».

La confession de nos fautes à Dieu est indispensable pour être pardonné et purifié (1 Jean 1:9). Reconnaître ses torts envers les frères qu’on a pu léser rétablit les relations fraternelles ; c’est aussi une sauvegarde pour l’avenir. De même la confession réciproque de Jacques 5:16 et les prières qui en découlent, sont un puissant moyen éducatif pour nous préserver de rechutes.

 

6.3   Toujours

Le secours divin est constamment à notre disposition. Il n’est pas intermittent ou partiel.

«Vous êtes gardés par la puissance de Dieu par la foi» (1 Pierre 1:5). La puissance de Dieu est toujours là pour nous préserver de chutes. La foi doit être en exercice pour s’appuyer sur cette puissance, la saisir, y compter. À la fin de sa longue et douloureuse expérience, Job peut dire avec reconnaissance : «Je sais que tu peux tout, et qu’aucun dessein n’est trop difficile pour Toi» (Job 42:2). La main du Seigneur est sans cesse prête à nous secourir, main fidèle qui «aussitôt» s’étendait vers Pierre s’enfonçant dans les eaux à la suite de son manque de foi (Matt. 14:31). «Si j’ai dit : Mon pied glisse, ta bonté, ô Éternel ! m’a soutenu» (Ps. 94:18).

«Dieu est fidèle... avec la tentation il fera aussi l’issue» (1 Cor. 10:13). Toujours nous pouvons compter sur sa grâce et sa fidélité. L’exemple des Israélites tombés dans le désert nous amène à craindre que «quelqu’un d’entre vous paraisse ne pas atteindre le repos» (Hébr. 4:1). Mais trois ressources nous sont données, sans lesquelles personne n’arriverait au but : la Parole de Dieu (v. 12), l’intercession de Christ (v. 14-15), et le trône de la grâce (v. 16). Le chemin a été ouvert, le voile a été déchiré, l’accès du sanctuaire est toujours libre : «Approchons-nous». S’approcher avec confiance, dans le sentiment que nous rencontrons la grâce de Dieu ; non pas seulement «pour avoir du secours», mais d’abord «afin que nous recevions miséricorde», cette miséricorde dont nous avons tant besoin tout le long de la course.

Pour nous garder, ou nous relever, Dieu peut se servir du secours fraternel. Galates 6:1 l’illustre : «Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi tu ne sois tenté». Il s’agit ici d’une faute accidentelle, qui n’appelle pas la discipline de l’assemblée selon 1 Corinthiens 5, mais demande une aide spirituelle, un service pastoral, qui amène à redresser celui qui est tombé. Tout en étant conscient que soi-même on pourrait être tenté tout aussi bien !

Job souligne : «À celui qui est défaillant est due la miséricorde de la part de son ami» (Job 6:14). Miséricorde envers le frère découragé, dont le pied glisse, qui se trouve imbriqué dans des circonstances inextricables, — miséricorde et non pas jugement.

«Deux valent mieux qu’un», dit l’Ecclésiaste (4:9). L’ami «relèvera son compagnon» ; dans le couple, «à deux», on éprouvera l’affection réciproque qui soutient dans les bons et les mauvais jours. Et le Seigneur s’approche de ceux qu’il a ainsi unis : «La corde triple ne se rompt pas vite».

Un dernier avertissement, une dernière promesse : «Que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe» (1 Cor. 10:12). Prétention, présomption, mènent à la chute. — Une ressource demeure : «C’est par la foi que vous êtes debout» (2 Cor. 1:24). Cette foi qui compte sur la puissance de Dieu, s’approche de lui avec confiance, et sait faire appel à son secours et à sa grâce. — Une assurance enfin : «Le Seigneur est puissant pour le tenir debout» (Rom. 14:4). Il a «le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez» (Jude 24).