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LE  PASSAGE  DES  GÉNÉRATIONS

 

 

André Georges

 

 

Une couronne dure-t-elle de génération en génération ? — Prov. 27:24

Seigneur ! Tu as été notre demeure de génération en génération — Ps. 90:1

 

 

Table des matières :

1     Introduction

1.1      Qu’est-ce qu’une génération ?

1.2      «Une autre génération» (Juges 2:10)

1.2.1             La connaissance de l’Éternel

1.2.2             La nouvelle génération ne connaissait pas l’œuvre que l’Éternel avait faite pour Israël.

1.2.3             La nouvelle génération ne connaissait pas la guerre.

2     David — Salomon

2.1      David

2.1.1             Sa carrière

2.1.2             Qui sera son successeur ? (2 Sam. 3:2-4)

2.1.3             «Toi, Salomon...» (1 Chron. 28:9)

2.2      Salomon

2.2.1             Les débuts du règne

2.2.2             Le temple

2.2.3             La gloire du règne

2.2.4             «Mais...» (1 Rois 11)

3     Salomon — Roboam

3.1      Premier problème : Jéroboam

3.2      Deuxième problème : Que faire devant la division ?

3.3      Troisième problème : Le centre de rassemblement

3.4      Quatrième problème : Le mariage

3.5      Cinquième problème : Tenir ferme

4     Élie — Élisée — Guehazi

4.1      Élie (1 Rois 17-19)

4.1.1             Un homme qui se tient devant Dieu

4.1.1.1             La communion

4.1.1.2             L’obéissance

4.1.1.3             La hardiesse

4.1.1.4             Un homme de prière

4.1.2             «Un homme ayant les mêmes passions que nous» (Jacques 5:17)

4.1.3             Restauration

4.2      Élisée

4.2.1             Appel

4.2.2             L’enlèvement d’Élie (2 Rois 2)

4.2.3             Le ministère

4.2.4             Les fils des prophètes

4.2.5             Maladie et mort (2 Rois 13:14-21)

4.3      Guéhazi

4.3.1             Chez la Sunamite (2 Rois 4:8-37)

4.3.2             Après la guérison de Naaman

4.3.3             Il raconte ce qu’Élisée a fait

5     Samuel — Joël / Abija

5.1      Samuel

5.2      Qui le remplacera ?

5.2.1             Samuel établit ses fils (8:1-5)

5.2.2             Samuel établit un roi

5.2.3             Samuel oint David (1 Sam. 16)

5.2.4             La descendance de Samuel

6     Éli — Hophni/Phinées

6.1      Éli

6.2      Hophni et Phinées

7     Paul et Timothée

8     De génération en génération

8.1      «En vos générations»

8.1.1             La Pâque (Ex. 12:14)

8.1.2             La manne (Ex. 16:32-33)

8.1.3             La guerre contre Amalek (Ex. 17:16)

8.1.4             Les lampes dans le sanctuaire (Ex. 27:21)

8.1.5             L’holocauste continuel (Ex. 29:38-42)

8.1.6             L’encens continuel (Ex. 30:8)

8.1.7             Le lavage des pieds (Ex. 30:21)

8.2      Une couronne dure-t-elle de génération en génération ? (Prov. 27:24)

 

 

1                    Introduction

1.1   Qu’est-ce qu’une génération ?

Ce mot a trois significations différentes :

a) «L’ensemble des êtres qui descendent de quelqu’un à chacun des degrés de filiation», sa progéniture, sa descendance.

L’expression se retrouve dix fois dans la Genèse : «Ce sont ici les générations de ...».

 

b) «L’espace de temps correspondant à l’intervalle qui sépare chacun des degrés d’une filiation».

Tel est le sens, par exemple, en Matthieu 1 à propos des trois fois quatorze générations d’Abraham à Christ (intentionnellement, l’Esprit a omis quelques «maillons» de la chaîne).

Durant cet espace de temps s’opère une transmission orale de la révélation. Ainsi, Abraham a pu transmettre les déclarations divines à Isaac, Isaac à Jacob, Jacob à Joseph ; eux-mêmes ont aussi reçu de Dieu la confirmation des promesses, ou des promesses plus étendues.

Si l’on admet une durée moyenne de trente ans par génération, il suffit de soixante-cinq générations pour couvrir la période de Christ à nous. De fait, plusieurs générations d’âges différents coexistent simultanément. Pour assurer la transmission orale des événements du premier siècle à nos jours, il ne faudrait donc pas plus de vingt à vingt-cinq personnes.

On sait combien cette transmission est rapidement «colorée», puis déformée. C’est pourquoi Dieu a voulu que, dans la mesure où il a désiré nous les conserver, les événements concernant, entre autres, la vie de son Fils, soient consignés en quatre évangiles différents : deux rédigés par des témoins oculaires, les deux autres, d’après le témoignage de personnes ayant vécu avec Jésus. Ainsi Luc dit expressément que son travail a été d’écrire par ordre «un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude, comme nous les ont transmises ceux qui dès le commencement ont été les témoins oculaires et les ministres de la Parole» (Luc 1:1-2). De plus, chacun des évangélistes a été conduit par l’Esprit de Dieu, et inspiré pour «composer» les évangiles.

 

c) «L’ensemble des individus ayant à peu près le même âge».

Dans ce sens, Écclésiaste 1:4 dit : «Une génération s’en va, une génération vient».

L’acquis d’une génération passe à la suivante, qu’il s’agisse de connaissances intellectuelles, historiques ou spirituelles. Autrement dit un héritage se transmet de génération en génération. Si l’ensemble des individus qui constituent une génération devait à nouveau retrouver toutes les connaissances, disons scientifiques, de la précédente, il n’y aurait guère de progrès. Mais les jeunes bénéficient des découvertes accumulées par leurs prédécesseurs, d’où l’utilité des écoles et universités.

Dans le domaine matériel, nos lois, comme d’ailleurs l’Ancien et le Nouveau Testament, connaissent la transmission des biens des parents aux enfants. Mais l’important pour nous ici est la transmission de l’héritage spirituel, thème des premiers chapitres des Proverbes. Quelle bénédiction lorsque des parents croyants peuvent inculquer à leurs enfants les enseignements qu’ils ont eux-mêmes reçus du Seigneur ! (Prov. 4:2-4). Un tel héritage peut être accepté, valorisé, renouvelé même. Il peut aussi être refusé, et les enfants s’opposer à leurs parents, d’où le conflit des générations.

Il ne suffit pas, dans le domaine spirituel, de recevoir l’héritage. La «tradition» n’a fait que trop de ravages tout le long de l’histoire chrétienne. Chaque génération, tout en bénéficiant des leçons de la précédente, doit revenir à la source et acquérir, par la Parole, une conviction personnelle.

Il en était ainsi de Timothée. Dès l’enfance, il connaissait les saintes lettres (2 Tim. 3:15). L’apôtre l’exhorte à demeurer dans les choses qu’il a «apprises». Il ne suffit pas de recevoir passivement la connaissance des récits bibliques, puis celle des vérités importantes. Il faut encore les «apprendre», c’est-à-dire les assimiler, les retenir. Dans un troisième stade, on en sera «pleinement convaincu» (2 Tim. 3:14). Cette conviction ne peut s’acquérir qu’en revenant soi-même à la Parole, seul fondement de la foi. L’aide apportée par l’enseignement des parents, d’autres croyants, du ministère oral ou écrit, est d’une grande valeur. Mais si cet enseignement n’est retenu que par tradition et non par conviction, il sera sans fruit.

Le quatrième stade pour Timothée était de transmettre ce qu’il avait reçu : «Prêche la parole, insiste en temps et hors de temps, convaincs, reprends, exhorte» (2 Tim. 4:2).

Les parents croyants ont la responsabilité d’inculquer avec soin et persévérance les enseignements divins (Deut. 6:7). Dieu était certain qu’Abraham commanderait à ses fils et à sa maison, après lui, de garder la voie de l’Éternel (Gen. 18:19). Et Lemuel rappelle comment sa mère l’avait enseigné et averti (Prov. 31:1).

Les enfants sont responsables de recevoir et de vivre ce qui leur a été transmis. Puis, à leur tour, de le faire valoir et de le commettre à ceux qui viendront après eux.

Nous chercherons dans la Parole quelques cas concrets, illustrant la manière dont l’héritage spirituel a été transmis, reçu, vécu.

 

1.2   «Une autre génération» (Juges 2:10)

Le livre de Josué commence par ces mots : «Et il arriva après la mort de Moïse...». De même les Juges nous disent (1:1) : «Et il arriva après la mort de Josué...».

Moïse avait été suscité par Dieu pour délivrer le peuple d’Égypte, le conduire au désert, lui donner la loi et intercéder pour lui. Il avait amené Israël jusqu’au «bord» du pays de Canaan, mais ne devait pas y entrer. Qui reprendrait l’héritage ?

Josué, longtemps préparé et formé pour cette tâche, mène le peuple à la conquête de Canaan ; il distribue le pays entre les tribus, sans que la prise de possession soit achevée. Aux derniers chapitres de son livre, il fait ses adieux, d’abord aux chefs, puis au peuple. Il leur laisse ce dernier message : «Et maintenant craignez l’Éternel, et servez-le en intégrité et en vérité ; et ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve». Il ajoute : «Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel» (Josué 24:14-15).

Que se passa-t-il après sa mort ? — «Le peuple servit l’Éternel tous les jours des anciens, dont les jours se prolongèrent après Josué... et toute cette génération fut aussi recueillie vers ses pères ; et après eux se leva une autre génération qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’oeuvre qu’il avait faite pour Israël» (Juges 2:7-10).

Après la mort de Josué, le peuple s’en était allé «chacun à son héritage pour posséder le pays». Mais cette conquête fut incomplète, comme le décrit le premier chapitre des Juges.

Que signifie pour nous «posséder» ? En Éphésiens 1 nous sommes «bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ». Mais comment en jouir pour soi-même, d’une façon vivante ? L’apôtre le dit dans sa prière : «Les yeux de votre coeur étant éclairés» (Éph. 1:18). Cette lumière qui pénètre dans l’âme par les yeux du coeur, transforme l’être intérieur, et par l’action de l’Esprit de Dieu lui donne de pouvoir jouir des bénédictions que le Seigneur nous a acquises. D’un côté «l’éternel donne la sagesse», mais d’un autre «acquiers la sagesse». Tout nous est donné d’en haut (Jacq. 1:17) ; mais il importe d’en prendre possession par le cœur.

Les anciens dont la vie se prolonge après celle de Josué servent l’éternel ; à leur tour ils sont recueillis vers leurs pères. Vient alors «une autre génération» à laquelle trois choses manquaient : la connaissance de l’éternel, celle de l’œuvre qu’il avait faite pour son peuple, enfin, l’expérience de la guerre (Juges 2:10 ; 3:1-2).

Cette cassure dans la transmission de l’héritage spirituel, peut s’observer dans bien des familles autour de nous. Les grands-parents, les parents ont suivi le Seigneur ; puis, parmi les petits-enfants, les uns continuent, d’autres s’écartent. Souvent la fidélité ne dure même pas si longtemps. De même dans l’histoire chrétienne, après la piété des croyants des premiers siècles, et leur fermeté pour confesser leur foi, le monde a fait irruption dans l’église, et la dégradation est venue rapidement. La Réforme amène un magnifique renouveau, mais après peu de générations vivantes, la tradition a étouffé la vie. Et quand au réveil remarquable du début du 19° siècle, que de déchets provoqués par le sommeil spirituel, l’infiltration d’erreurs, ou les contentions entre frères. La grâce de Dieu a pourtant opéré d’heureuses restaurations.

À «l’autre génération» des Juges, il manquait donc trois choses :

 

1.2.1       La connaissance de l’Éternel

Être enfants de parents chrétiens ne donne pas la vie divine. Chaque génération doit venir pour elle-même, individuellement, au Sauveur. À quoi bon parler de salut, si l’on ne s’est pas vu perdu ? Comment se dire justifié, si l’on ne s’est jamais vu coupable à la lumière de Dieu ? À quoi sert la rédemption, si l’on n’a pas fait l’expérience d’être esclave de Satan ?

La «foi d’éducation», sans réalité, ne sert de rien : «Tu as le nom de vivre, et tu es mort» (Apoc. 3:1). «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive» disait le Seigneur Jésus ; mais si l’on n’a pas soif, boira-t-on ? Et pour boire, il faut d’abord venir à lui (Jean 7:37).

 

1.2.2       La nouvelle génération ne connaissait pas l’œuvre que l’Éternel avait faite pour Israël.

Cette oeuvre comportait plusieurs étapes : la Pâque, type de la mort de Christ pour nous et de son sang qui expie nos péchés ; la mer Rouge qui délivrait le peuple de la puissance du Pharaon, mais aussi le séparait de l’Égypte ; le désert où l’on pouvait faire l’expérience de la grâce et de toutes les ressources divines, mais aussi, apprendre à se connaître, d’où la triste histoire des Nombres ; le Jourdain, figure de notre union avec Christ dans sa mort et sa résurrection, qu’il fallait traverser pour conquérir «le pays», l’ensemble des bénédictions que nous possédons en Christ.

 

Où en est notre génération ? Chacun connaît-il vraiment le Seigneur pour lui-même ? Chacun a-t-il fait l’expérience des diverses étapes de la vie chrétienne ? Le Seigneur le sait, et si nous nous plaçons vraiment devant lui, il nous montrera ce qui manque.

 

1.2.3       La nouvelle génération ne connaissait pas la guerre.

Pourquoi Dieu laissait-il subsister des ennemis en Canaan ? — Pour «éprouver» les descendants des premiers conquérants, mais aussi afin qu’eux-mêmes «apprennent» ce que signifie la guerre. L’ennemi est toujours actif et poursuit ses efforts dans divers domaines.

La passivité chez le croyant n’est pas le moindre de ses pièges. On n’a pas le temps, pas le goût de se nourrir de la Parole, l’étudier, l’approfondir. La fréquentation des rassemblements est intermittente.

Aucun effort pour «acquérir».

 

Dans la vie individuelle, Satan se sert des tentations, des épreuves, des déceptions qui pourraient devenir, dans la main de Dieu, un moyen de bénédiction, en rejetant sur lui et en amenant à rechercher son secours ; mais si l’on n’y résiste pas et ne recherche pas Sa face, elles peuvent être autant d’occasions de chute sur la route.

 

Dans la vie collective, où pourtant le «corps» et «l’édifice» sont «bien ajustés» (Éph. 2:21-22 ; 4:16 ; Col. 2:19), l’ennemi réussit bien souvent à empêcher les enfants de Dieu de «marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés, avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour... étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ» (Éph. 4:1-2 ; 5:21). Il utilise aussi «tout vent de doctrine» pour tâcher d’égarer, de troubler (Éph. 4:14). Le monde est son arme favorite pour attirer hors du chemin de la foi, ou pour s’introduire lui-même au milieu des enfants de Dieu et de leurs familles ; ou encore pour attiser l’opposition violente et la persécution que connaissent tant de chrétiens aujourd’hui.

Tenir ferme, résister ; pour cela revêtir «l’armure complète de Dieu» (Éph. 6:11-13) : voilà le moyen de vaincre dans «la guerre» que tous les enfants de Dieu doivent affronter.

Peu de générations ont autant reçu que la nôtre. D’où une responsabilité accrue. Le Seigneur Jésus lui-même l’a dit : «À quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé» (Luc 12:48).

Sans doute, tous les jeunes croyants n’ont pas eu le privilège d’être élevés dans une famille chrétienne et d’en recevoir l’héritage spirituel. Mais la Parole reste à leur disposition, et eux aussi peuvent «acquérir» la sagesse. Par analogie à Éphésiens 2:17-18, ils étaient «loin» ; d’autres étaient «près» ; mais «par Lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père par un seul Esprit».

La nouvelle génération en Israël ne connaissait ni l’Éternel, ni son oeuvre, ni la guerre. Quoi d’étonnant que rapidement «ils habitent au milieu des Cananéens... ils prennent leurs filles pour femmes... ils oublient l’Éternel et servent les Baals» (Juges 3:5-7). Ils s’exposaient ainsi à la colère de Dieu et à son jugement qui s’abattait sur eux en discipline, afin de, malgré tout, en grâce, les ramener à lui. C’est l’histoire mouvementée de l’époque des Juges, avec ses hauts et ses bas, et sa décadence finale.

 

2                    David — Salomon

2.1   David

La généalogie d’Abraham à David, rapportée en Matthieu 1:2-6, mentionne trois femmes, objets de la grâce : Tamar (Gen. 38), Rahab (Josué 2) et Ruth la Moabite, dont descendait Isaï, père de David. Aucune de ces femmes ne faisait partie du peuple de Dieu ; seule la grâce a pu leur donner d’y entrer. Ainsi toute l’ascendance de David porte l’empreinte de cette grâce.

 

2.1.1       Sa carrière

Lui-même n’était qu’un jeune berger, plus ou moins négligé par sa famille, lorsque Samuel y vint pour oindre un roi selon le cœur de Dieu. Il avait très tôt montré sa foi et sa hardiesse. Par sa confiance dans le secours divin, il avait délivré ses brebis de la gueule du lion et de la patte de l’ours.

Cette même hardiesse et cette confiance en Dieu avaient été rendues publiques lorsque David s’était offert pour combattre Goliath au nom de l’Éternel.

Établi sur les hommes de guerre malgré sa jeunesse, aimé du peuple, gendre du roi, il devint rapidement l’objet de la jalousie de Saül, qui pressentait en lui un rival.

Ainsi commença une deuxième partie de sa vie — années de fuite devant son persécuteur, de caverne en caverne, de désert en désert, où sa foi et sa confiance en l’Éternel furent mises à rude épreuve. Durant cette période, jaillirent de ses lèvres la majorité de ses psaumes, cris de détresse, d’angoisse parfois — expressions aussi de sa communion profonde avec Dieu, rappelant le souvenir des délivrances que l’Éternel lui accordait et de la joie qu’il mettait dans son coeur.

Devenu roi, il entre dans la troisième partie de sa vie, où sa foi compte sur le secours de Dieu pour le délivrer de tous ses ennemis. En effet, la partie était dure. À la mort de Saül sur la montagne de Guilboa, les Philistins triomphaient ; le peuple était dans la misère, aggravée par la guerre civile contre Ish-Bosheth. Mais, si David eut un règne remarquable, sa vie de famille ne fut pas à la même hauteur. Trop absorbé sans doute par les affaires du royaume, et les guerres trop fréquentes, il n’avait pu s’occuper de ses enfants comme il l’aurait fallu.

 

2.1.2       Qui sera son successeur ? (2 Sam. 3:2-4)

L’aîné, Amnon, après avoir séduit sa demi-soeur Tamar, fut tué par Absalom (2 Sam. 13).

De Kileab, le second fils, la Parole ne nous dit rien. Probablement était-il mort jeune.

Absalom suivait dans l’ordre de succession ; mais son crime le disqualifiait. Revenu de Gueshur, il intrigue pour «dérober les coeurs des hommes d’Israël», et au bout de quelques années, se fait proclamer roi à Hebron. Le fils révolté deviendra-t-il le successeur de son père ? 2 Samuel 15 à 19 nous rapporte la fuite de David loin de Jérusalem, la bataille qui s’ensuivit, et la mort d’Absalom.

Le quatrième fils, Adonija, restait en ligne. Prompt à se vanter, il n’avait jamais été rappelé à l’ordre par son père (1 Rois 1:5-6). Tout à la fin de la vie de David, il se fait proclamer roi, avec le secours de Joab, le chef de l’armée, et d’Abiathar, le sacrificateur.

Mais bien plus tard que les quatre aînés, était né à David un petit garçon, fils de Bath-Shéba, qui avait été l’épouse d’Urie ; sa naissance rappelait à la fois la grave faute de David, et la grâce dont il avait été l’objet. Pourtant l’Éternel avait clairement choisi ce Salomon pour le faire asseoir sur le trône d’Israël (1 Chron. 28:5).

Il suffit que David fasse sacrer Salomon roi pour qu’Adonija, qui n’avait pas l’envergure de son frère, se soumette et que tous ses invités l’abandonnent (1 Rois 1).

La charge de conduire le peuple de Dieu va donc incomber au jeune Salomon. Comment va s’opérer cette transmission ?

 

2.1.3       «Toi, Salomon...» (1 Chron. 28:9)

David réunit à Jérusalem tous les chefs, tous ceux qui avaient quelque responsabilité, et leur déclare catégoriquement que l’Éternel a choisi Salomon pour lui succéder sur le trône. Le vieux père s’adresse publiquement à son fils : «Toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le... avec une âme qui y prenne plaisir ; ... si tu le cherches, il se fera trouver de toi» (1 Chron. 28:9). Salomon devait affermir cette connaissance personnelle du Seigneur qui avait tant manqué à la génération postérieure à Josué. Il devait apprendre à le servir, non comme un devoir, mais en y prenant plaisir. Il importait que le jeune roi recherche l’Éternel et sa pensée, afin d’y répondre. De plus, il était choisi «pour bâtir une maison qui fût le sanctuaire de Dieu».

Responsabilité personnelle envers Dieu, mais aussi responsabilité collective envers Sa maison. Quelle leçon pour nous ! S’attacher au Seigneur pour le suivre et le servir ; mais aussi, dans la mesure où nous pouvons encore le faire, sachant que nous faisons partie de la maison de Dieu, nous rassembler autour du Seigneur Jésus, afin d’offrir les sacrifices spirituels qui lui sont agréables (1 Pierre 2).

David communique à Salomon toutes les instructions nécessaires pour construire le temple, le modèle dont Dieu lui-même lui avait donné l’intelligence. Le jeune homme paraît bien inquiet de la charge qui lui revient. Aussi David ajoute-t-il, comme Moïse, puis l’Éternel, l’avaient dit autrefois à Josué : «Fortifie-toi, et sois ferme... l’Éternel, mon Dieu, sera avec toi : il ne te laissera point et ne t’abandonnera point». Bien des siècles plus tard, Hébreux 13 nous rappelle la même promesse : «Lui-même a dit : «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point» (Hébr. 13:5).

David compose son dernier psaume, «au sujet de Salomon» (Ps. 72). Il y décrit le roi de gloire, le roi de justice, qui saura aussi délivrer le pauvre et aura compassion du misérable. Mais au-delà de son fils, le vieux roi, par l’Esprit, a la vision de Celui qui est plus grand que Salomon, dont il peut dire : «Son nom sera pour toujours... toutes les nations le diront bienheureux». Le psaume s’achève dans l’adoration : David bénit l’Éternel et le nom de sa gloire. La voix du doux psalmiste d’Israël va s’éteindre : Amen ! Oui, amen ! — «Les prières de David, fils d’Isaï, sont finies».

 

2.2   Salomon

2.2.1       Les débuts du règne

Bien jeune encore (1 Chron. 29:1), Salomon s’assied sur le trône de l’Éternel comme roi à la place de son père. Tout Israël lui obéit ; tous les chefs et les hommes forts, tous les fils de David se soumettent à lui ; Dieu lui donne une majesté royale telle qu’aucun roi avant lui n’en avait eu en Israël. Il s’affermit dans son royaume, et l’Éternel l’agrandit extrêmement (2 Chron. 1:1).

Que va faire le jeune homme au début de son règne ? — Sa première pensée est d’offrir des sacrifices devant la tente d’assignation (2 Chron. 1:2-6). En cette même nuit, Dieu lui apparaît, en disant : «Demande ce que tu veux que je te donne». Salomon, conscient de son incapacité face à la tâche qui l’attend, demande non les richesses et la gloire, mais «un cœur qui écoute... pour discerner entre le bien et le mal» (1 Rois 3:9). Combien il en avait besoin pour s’occuper du peuple de Dieu !

 

2.2.2       Le temple

Après trois ans de préparatifs, Salomon commence de bâtir la maison de l’Éternel dans la quatrième année de son règne. Il faudra sept ans pour la terminer (2 Chron. 3:2 ; 1 Rois 6:37-38).

Abraham avait offert Isaac son fils sur une montagne au pays de Morija. Dans l’aire d’Ornan, à Morija, David avait présenté un sacrifice lors de la peste. Sur ce même emplacement, Salomon bâtit le temple. Cette esplanade unique au monde, est aujourd’hui convoitée ; et par les chrétiens à cause des souvenirs qui s’y rattachent ; et par les juifs, en mémoire du temple détruit, qu’ils voudraient rebâtir ; et par l’Islam qui en a fait un de ses sanctuaires. Que d’événements tragiques se dérouleront encore jusqu’à ce que le temple décrit par Ézéchiel s’élève, et soit à nouveau rempli de la gloire de l’Éternel !

Pour le chrétien aucun emplacement sur la terre n’est fixé pour adorer Dieu. Le Seigneur Jésus le dit très clairement : «Ni sur cette montagne (Garizim, sanctuaire des Samaritains), ni à Jérusalem... L’heure vient et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité». Tout dans le christianisme selon Dieu, est de l’Esprit, tandis que l’ennemi, à travers les siècles, a fait tous ses efforts pour matérialiser le spirituel. La maison de Dieu aujourd’hui est composée de pierres vivantes ; le Seigneur Jésus est le seul centre de rassemblement pour ceux qui se réunissent en son nom, comme faisant partie de cette maison spirituelle, et de son corps dont chaque croyant est un membre.

 

Salomon apporta tous ses soins à l’édification de la maison ; l’Éternel mit son sceau sur l’ouvrage en la remplissant de sa gloire (2 Chron. 5:14 ; 7:2). En réponse à la prière du roi lors de la dédicace, l’Éternel lui apparut une seconde fois et lui promit sa bénédiction, s’il était fidèle.

 

2.2.3       La gloire du règne

Salomon consacra vingt ans à bâtir le temple, sa propre maison, et la maison de la forêt du Liban. Dans la seconde partie de son règne, sa gloire ne fit que croître. La reine de Sheba vint le voir et lui donner ses trésors. L’or affluait à Jérusalem ; la flotte amenait régulièrement des produits exotiques. «Le roi Salomon fut plus grand que tous les rois de la terre, en richesse et en sagesse». De tous côtés, on lui apportait des présents, et il dominait «sur tous les rois depuis le fleuve... jusqu’à la frontière d’Égypte» (2 Chron. 9).

Le beau règne du successeur de David, qui avait si bien débuté et continué, aurait pu s’achever dans la gloire et la paix. Pourquoi n’en fut-il pas ainsi ?

 

2.2.4       «Mais...» (1 Rois 11)

La convoitise de la chair avait ruiné la carrière d’un Samson. La même convoitise avait amené David à tomber gravement au cours de sa vie. La grâce avait pardonné et purifié, mais, sous le gouvernement de Dieu, les conséquences avaient subsisté. Il avait fallu «rendre le quadruple».

Ni la fidélité première à l’Éternel, ni la gloire, ni l’ascendant extraordinaire qu’il possédait, n’ont préservé le roi Salomon de la même faute. N’avait-il pourtant pas, dans le livre des Proverbes, averti plusieurs fois le fils de la sagesse des dangers de «l’étrangère» ? Voilà que lui-même, à la fin de sa vie, tombe dans le même piège : «Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères... Moabites, Ammonites, Édomites, Sidoniennes, Héthiennes». Il «s’attacha à elles... et au temps de sa vieillesse, ses femmes détournèrent son cœur après d’autres dieux».

La Parole nous avertit : «Que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe» (1 Cor. 10:12). Ni la piété du père et ses recommandations, ni le zèle de Salomon, dans sa jeunesse, pour la maison de Dieu, ni l’expérience acquise à travers les années, ne l’ont préservé des ruses de l’ennemi. Sous le gouvernement de Dieu il devra rencontrer adversaire sur adversaire ; et Jéroboam amènera la tragédie dans la vie de son fils.

Cependant, «le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux» (2 Pierre 2:9). Il dit de son serviteur : «Il sera tenu debout, car le Seigneur est puissant pour le tenir debout» (Rom. 14:4). Il est ajouté quant à nous : «C’est par la foi que vous êtes debout» (2 Cor. 1:24).

 

Si je sens ma faiblesse

Au milieu du danger,

Ne suis-je pas sans cesse

Dans tes bras, bon Berger ?

 

3                    Salomon — Roboam

Le premier livre des Rois (12:1-24, et 14:21-31) nous rapporte le règne de Roboam sous l’angle de la responsabilité, celui de ce livre, — tandis que les Chroniques (2 Chron. 10 à 12) présentent les choses davantage du point de vue de la grâce.

En montant sur le trône à quarante et un ans (2 Chron. 12:13), Roboam n’était pas jeune comme Salomon lors de son accession à la royauté. Il avait vécu le règne de son père, les années de gloire, puis celles de déclin. Qu’avait fait Salomon pour lui ? Il avait beaucoup écrit, donné de nombreux conseils, mais n’avait pas laissé à son fils un exemple bien encourageant. De plus, avec une certaine légèreté, le roi défunt avait favorisé Jéroboam en le préposant un peu précipitamment «sur tout le travail de la maison de Joseph» (1 Rois 11:28). Il préparait ainsi le rival de son successeur.

Qu’avait, d’autre part, pu donner à Roboam, sa mère, Naama, une Ammonite ? Salomon avait gravement manqué en l’épousant ; les conséquences s’en faisaient sentir chez sa descendance. Cette mésalliance n’était-elle pas, au moins partiellement, cause de l’instabilité du nouveau roi ?

Roboam avait, de plus, formé un cercle de jeunes gens, qui avaient «grandi avec lui et se tenaient devant lui» (2 Chron. 10:9). Ils le flattaient, et l’orientaient un peu à leur guise.

Il est toujours difficile de succéder à un grand homme, dans les affaires de la vie, comme dans le cadre de la famille de Dieu. On sait les problèmes que rencontre le fils d’un serviteur du Seigneur ou d’un missionnaire : réactions, complexes divers ; certes, la grâce de Dieu peut intervenir et susciter des ouvriers remarquables dans la descendance de ceux qui Lui ont été fidèles.

En tout état de cause, des problèmes particuliers se sont présentés à Roboam ; il vaut la peine de les regarder de plus près.

 

3.1   Premier problème : Jéroboam

Fils d’une veuve, Jéroboam avait attiré l’attention de Salomon par son bon travail. Il allait devenir, dans la main de Dieu, un instrument de discipline, voire de châtiment, à cause de l’infidélité du roi et de son idolâtrie (1 Rois 11:31-33).

À la mort de Salomon, Jéroboam revient d’Égypte où il s’était enfui, se met à la tête du peuple qui vient présenter à Roboam ses revendications. Celui-ci demande trois jours de réflexion. C’était sage. Combien il eût mieux valu alors s’adresser à l’Éternel et rechercher sa pensée que de prendre des avis à droite et à gauche : «Confie-toi de tout ton coeur à l’Éternel ; ... dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers» (Prov. 3:5-6).

Pour la forme, Roboam tient conseil avec les vieillards qui s’étaient tenus devant son père. Ils lui recommandent d’être bon envers le peuple, affable, et de leur dire de bonnes paroles. C’était la sagesse même.

Mais les jeunes gens, qui connaissaient leur homme, font appel à sa présomption et à son orgueil : «Tu diras ainsi au peuple... mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père... moi j’ajouterai à votre joug... moi je vous corrigerai avec des scorpions» (2 Chron 10:10-11). D’une intelligence limitée, semble-t-il, Roboam veut compenser ses déficiences par un autoritarisme d’autant plus marqué, au lieu d’être compréhensif et bon.

Quelle leçon, lorsque nous pourrions être appelés à reprendre une responsabilité, dans le travail séculier ou parmi le peuple de Dieu. Combien il importe d’acquérir la confiance, de gagner les coeurs, et non de s’imposer par un titre ! Le Seigneur Jésus parle de «gagner» son frère offensé (Mat. 18) ; et l’apôtre souligne la nécessité de se mettre au niveau des personnes que l’on cherche à «gagner» pour le Seigneur (1 Cor. 9:19-23).

L’attitude intransigeante de Roboam amène la division parmi le peuple : dix tribus suivent Jéroboam ; seuls Juda et Benjamin restent fidèles au descendant de David.

 

3.2   Deuxième problème : Que faire devant la division ?

La première pensée de Roboam est de partir en guerre contre ses frères, afin de ramener le royaume à lui-même (2 Chron. 11:1). Mais par la bouche du prophète, l’Éternel vient lui dire : «C’est de par moi que cette chose a eu lieu» (*) (v. 4). La prophétie d’Akhija s’accomplissait ; sous le gouvernement de Dieu, les fautes de Salomon portaient leurs conséquences ; pourtant — même si cela ne paraît pas logique à notre esprit humain — Roboam conservait la responsabilité de sa propre conduite.

(*) Voir la brochure portant ce titre qui a été en bénédiction à tant de personnes dans l’épreuve.

Que faire dans une telle situation ? — «Ils écoutèrent les paroles de l’Éternel et s’en retournèrent et n’allèrent pas contre Jéroboam». Le fils de Salomon accepte la discipline de l’Éternel ; il ne la méprise pas, mais écoute la voix du prophète. Il ne perd pas courage non plus, et demeure à Jérusalem, tout en fortifiant les villes de Juda (v. 5-12).

 

3.3   Troisième problème : Le centre de rassemblement

La division accomplie, afin que les habitants des dix tribus ne montent pas pour les grandes fêtes à Jérusalem, Jéroboam place un veau d’or à Béthel, un autre à Dan, et engage le peuple à les adorer. Il établit selon son propre jugement des sacrificateurs appropriés (1 Rois 12:26-33).

 

Disséminés au milieu des dix tribus, où ils avaient reçu leurs possessions, que vont faire les Lévites et les sacrificateurs de l’Éternel ? Ils ne peuvent plus exercer leur service dans de telles conditions. Doivent-ils se résigner devant la division du peuple ? — «Les Lévites abandonnèrent... leurs possessions et vinrent à Jérusalem... Et à leur suite, ceux de toutes les tribus d’Israël qui avaient mis leur coeur à chercher l’Éternel, le Dieu d’Israël, vinrent à Jérusalem pour sacrifier à l’Éternel, le Dieu de leurs pères. Et ils fortifièrent le royaume de Juda» (2 Chron. 12:14-17).

Ces hommes n’ont pas craint de quitter leur milieu, leurs relations, leurs amis, leurs possessions, pour se retrouver au centre où Dieu avait mis Son nom. Roboam ne les repousse pas, ne leur pose pas de conditions ; il les accueille, comme plus tard Ézéchias, ceux des dix tribus qui désireront célébrer la Pâque (2 Chron. 30).

Que de fois une telle expérience s’est répétée à travers les âges. Combien de croyants, tels les huguenots, ont dû fuir leur pays, leur patrie, leur foyer, pour chercher un havre de liberté, où ils pourraient servir Dieu et lire sa Parole sans entraves.

D’autres, qui se trouvaient dans une ambiance mélangée où n’existait pas la liberté de l’Esprit, ont laissé leurs amis, parfois leur famille même, pour se réunir avec les enfants de Dieu assemblés simplement au nom du Seigneur, dans la dépendance du Saint Esprit. Bénédiction pour ceux qui sont ainsi «sortis» ; bénédiction aussi pour ceux qui les reçoivent.

 

3.4   Quatrième problème : Le mariage

Dans le cadre de la famille de la foi, Roboam prend d’abord une cousine ; elle lui donne trois fils. Pourquoi ajoute-t-il ensuite une fille d’Absalom, dont le grand-père était roi des Philistins et qui s’était lui-même révolté contre son propre père David ? Roboam «aime» cette Maaca ; il établit ensuite chef son fils Abija pour être prince parmi ses frères, «car il voulait le faire roi» (11:22).

Abija deviendra roi et reflètera le caractère instable de son père. La grâce relève dans les Chroniques que sous son règne «les fils de Juda furent affermis, car ils s’appuyaient sur l’Éternel» (2 Chron. 13:18). Mais 1 Rois 15 souligne qu’«il marcha dans tous les péchés de son père... et son cœur ne fut pas parfait avec l’Éternel» (v. 3).

Le «passage des générations» n’amenait pas de bénédiction en Juda.

 

3.5   Cinquième problème : Tenir ferme

Roboam ne possédait pas cet ascendant que Salomon avait exercé dès son accession au trône. Trois ou quatre ans s’écoulent jusqu’à ce que son royaume soit affermi et qu’il se fortifie (2 Chron. 12:1).

Qu’arriva-t-il alors ? «Il abandonna la voie de l’Éternel, et tout Israël avec lui». Pas de persévérance, pas de constance. Dieu attend deux ans pour voir si quelque repentir se produit. Mais dans la cinquième année du règne, le roi d’Égypte monte contre Jérusalem ; il prend tous les trésors de la maison de l’Éternel, et ceux de la maison du roi.

Le prophète revient vers Roboam et vers les chefs de Juda : «Ainsi dit l’Éternel : vous m’avez abandonné, et moi je vous ai aussi abandonnés». Les chefs et le roi s’humilient ; ils reconnaissent que Dieu est juste.

Il leur accorde alors «un peu de délivrance», mais ils doivent «connaître la différence entre son service, et le service des royaumes du pays» (v. 8).

Toutes les richesses accumulées par Salomon sont emportées en Égypte, et, symbole frappant, les boucliers d’or que Salomon avait faits, doivent être remplacés par des boucliers d’airain. La protection de Dieu demeurait sur les deux tribus ; mais chaque fois qu’à son entrée dans la maison de l’Éternel, les chefs des coureurs présentaient à Roboam ces boucliers d’airain, ceux-ci rappelaient au roi son inconstance et ses fautes. Pourtant la grâce reconnaît l’humiliation du souverain et les «bonnes choses» restant quand même en Juda : «Il ne le détruisit pas entièrement».

La conclusion de sa vie reste gravée dans la Parole «Il fit le mal ; car il n’appliqua pas son cœur à rechercher l’Éternel». Il avait perdu «les boucliers d’or» !

 

4                    Élie — Élisée — Guehazi

Nous n’avons plus ici le «passage des générations» au sein d’une famille, mais dans le service du Seigneur.

 

4.1   Élie (1 Rois 17-19)

4.1.1       Un homme qui se tient devant Dieu

En s’adressant pour la première fois à Achab, et plus tard à Abdias, Élie parle au nom de «l’Éternel devant qui je me tiens». Sauf le lieu de son origine, Galaad, au-delà du Jourdain, nous ignorons tout de son histoire antérieure ; mais la Parole se plaît à souligner que cet homme se tient devant Dieu, dans sa présence, dans sa lumière.

Quelles en sont les conséquences ?

 

4.1.1.1              La communion

Cette «part avec Dieu», Élie doit la vivre plus profondément. L’Éternel l’envoie tout d’abord au torrent du Kérith, où, malgré la famine, il sera pourvu à ses besoins, dans la solitude avec Lui.

Au bout d’un certain temps le torrent tarit, et Dieu invite le prophète à se rendre en Sidonie chez une femme veuve. Quelles ressources va-t-il y trouver ?

La femme montre sa foi, simple mais réelle, en faisant «premièrement» pour Élie un petit gâteau du peu de farine et d’huile qui lui restait. Dans cette famille, Élie va vivre un temps prolongé, jouissant avec la veuve des bienfaits que la fidélité de l’Éternel procure, — communion partagée, puis expérience magnifique de la puissance de Dieu pour donner la vie.

 

4.1.1.2              L’obéissance

Quatre fois l’Éternel dit à Élie : «Va». Au Kérith (17:3) ; à Sarepta (v. 8) ; pour se montrer à Achab (18:2) ; pour revenir sur ses pas, lorsqu’il s’est égaré (19:10). Il était relativement facile d’obéir pour aller au Kérith ou à Sarepta, malgré l’incertitude des moyens de subsistance qui s’y trouveraient. Une obéissance totale était nécessaire pour se rendre auprès d’Achab, qui cherchait sa vie ; et une humiliation réelle devant la discipline divine, pour retourner sur ses pas.

Dans aucun cas le prophète n’a hésité.

 

4.1.1.3              La hardiesse

La communion avec Dieu et l’esprit d’obéissance pouvaient seuls donner à Élie l’autorité morale nécessaire pour se présenter hardiment devant ceux vers qui l’Éternel l’envoyait. Il n’avait pas craint d’annoncer à Achab la sécheresse (17:1). Lorsque le roi, exaspéré par des années de famine et l’échec de ses efforts pour mettre à mort le prophète, cherche en vain de la nourriture pour ses chevaux, Élie n’a pas peur d’aller à sa rencontre. Il l’accuse en face de troubler Israël «parce que vous avez abandonné les commandements de l’Éternel, et que tu as marché après les Baals». Ce n’est pas le roi, mais l’homme de Dieu qui commande ! Il ordonne de rassembler au Carmel tous les prophètes des idoles. Achab ne peut que céder.

Quelle hardiesse, lorsque, sur la montagne, Élie doit affronter les quatre cent cinquante prophètes de Baal et proposer le test du feu du ciel sur le sacrifice (18:22-24) !

 

4.1.1.4              Un homme de prière

À l’arrière-plan, la prière avait toute sa place. Jacques 5:17 le rappelle : «Élie pria avec instance qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois ; et il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit».

Le prophète prie aussi pour la résurrection du fils de la veuve de Sarepta. Il prie au Carmel pour que le feu d’en haut tombe sur le sacrifice : «Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, et que ce peuple sache que toi, Éternel, tu es Dieu».

Il prie enfin sept fois de suite pour que la pluie vienne sur la terre et ramène la bénédiction (18:32-45).

 

4.1.2       «Un homme ayant les mêmes passions que nous» (Jacques 5:17)

Après la terrible tension du Carmel, Élie aurait dû de lui-même se retirer à l’écart (Marc 6:31). Ce sont plutôt les menaces de Jézabel qui l’ont fait fuir (1 Rois 19). Le prophète avait une sérieuse leçon à apprendre. Après sa victoire sur les défenseurs des idoles, il était plein de lui-même : «Les fils d’Israël ont abandonné ton alliance... je suis resté moi seul» (19:10, 14). À deux reprises Élie répète son affirmation, lui qui s’était cru «meilleur que ses pères» (v. 4). Profondément découragé, il avait demandé «la mort pour son âme». D’un côté, le sentiment d’en avoir fini avec sa mission ; de l’autre, l’orgueil spirituel de se croire le seul fidèle. Il en vient à «faire requête à Dieu contre Israël... Mais que lui dit la réponse divine ? «Je me suis réservé sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal» (Rom. 11:2-4) !

Tu t’es cru tout seul fidèle ? Eh bien ! il y en a sept mille autres qui le sont aussi. Tu estimes ta mission terminée ? Eh bien ! va, oins Élisée comme prophète à ta place.

 

4.1.3       Restauration

Humblement Élie accomplit la tâche de transmettre l’appel de Dieu à son successeur. Mais l’Éternel va se servir encore de lui lors de l’affaire de Naboth. La hardiesse d’autrefois remplit le prophète afin d’annoncer à Achab le jugement de Dieu (1 Rois 21:17-26). Pour la première fois, le roi s’humilie : la sentence est partiellement suspendue.

À la fin de sa vie, c’est avec la même hardiesse qu’Élie déclare au roi Achazia, qui consultait Baal-Zebub plutôt que le Dieu d’Israël : «Tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté ; car tu mourras certainement» (2 Rois 1).

Pendant tout un temps il va vivre avec le jeune Élisée, et contribuer ainsi à sa formation de prophète. La transmission de la responsabilité ne se fera pas d’emblée, mais après bien des années de préparation.

 

4.2   Élisée

4.2.1       Appel

Élisée était d’une famille aisée : il labourait avec douze paires de boeufs (1 Rois 19:19-21) et avait de nombreux serviteurs. L’appel de Dieu l’atteint en plein travail. Élie survient, et d’un geste symbolique jette sur lui son manteau. Élisée abandonne les bœufs, court après le prophète, demande de pouvoir simplement baiser ses parents ; il est décidé à s’en aller après lui. Élie n’insiste pas, et le jeune homme pensif s’en retourne. Va-t-il répondre à l’appel ? Va-t-il revenir à son travail ? Le renoncement est grand. Il faut abandonner le domaine de ses pères, une vie que sans doute il aime, et toutes les facilités qui s’y rattachent.

Pour bien marquer le sacrifice, Élisée offre la paire de boeufs avec laquelle il labourait. Avec le harnachement il fait cuire la chair et la donne au peuple. Puis, il se lève et s’en va après Élie, «et il le servait». Ce service humble, il le poursuivra pendant cinq ans au moins, «versant l’eau sur les mains d’Élie» (2 Rois 3:11), et lui étant sans doute utile dans tous les détails matériels de la vie. Quel privilège de vivre ainsi avec un ancien qui a blanchi à l’école de Dieu et peut transmettre nombre des expériences qu’il a faites !

 

4.2.2       L’enlèvement d’Élie (2 Rois 2)

Les années de vie commune vont prendre fin. Élisée le sait. Le vieux prophète va être enlevé d’avec lui. Ensemble, ils font un dernier voyage. Ils quittent Guilgal, où le peuple avait campé après la traversée du Jourdain, et où la circoncision avait eu lieu. Ils passent à Béthel, la «maison de Dieu», où Jacob avait reçu les promesses, et plus tard bâti l’autel. Ils descendent à Jéricho qui rappelait la victoire de la foi aux jours de Josué. — Mais l’Ange de l’Éternel avait quitté Guilgal (Juges 2). À Béthel se dressait le veau d’or de Jéroboam (1 Rois 12:29). Malgré la malédiction prononcée par Josué, Jéricho avait été rebâtie du temps d’Achab, tout récemment (1 Rois 16:34).

Élisée devait prendre conscience de l’état dans lequel le peuple de Dieu était tombé, un temps de décadence, morale et spirituelle. Le ministère d’un prophète était d’autant plus nécessaire, mais combien difficile.

Ensemble, les deux hommes traversent le Jourdain, le fleuve de la mort à soi-même. Quand ils eurent passé, Élie dit : «Demande ce que je ferai pour toi avant que je sois enlevé d’avec toi». Remarquons qu’Élisée ne doit pas présenter sa requête après l’enlèvement d’Élie : on ne prie pas ceux qui ont passé dans l’au-delà ! Que va demander le jeune homme ? Il est pénétré du sentiment de son incapacité en face de l’immensité de la tâche. «Qui est suffisant pour ces choses» ? dira l’apôtre. «Notre capacité vient de Dieu» (2 Cor. 2:16 ; 3:5-6).

Élisée ressent son insuffisance devant la grandeur des besoins... que faut-il pour y répondre ? — «Qu’il y ait, je te prie, une double mesure de ton esprit sur moi». Seule la puissance de l’Esprit de Dieu, agissant dans et par ses serviteurs, peut venir au-devant des détresses de son peuple.

Jésus parlait des «fleuves d’eau vive» qui couleraient du sein de ceux qui croiraient en lui. Il disait cela de l’Esprit, qui n’était pas encore, «parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié» (Jean 7:38-39). La venue de l’Esprit était donc liée à la glorification du Seigneur. Symboliquement, il en est de même pour Élisée. S’il voit Élie enlevé aux cieux, si ses regards et son cœur sont attirés en haut, il recevra la double mesure de l’Esprit ; sinon, cela ne sera pas.

Élisée voit le prophète disparaître dans les cieux. Il relève le manteau tombé des épaules d’Élie. Il s’en retourne, frappe le Jourdain et le traverse. Les fils des prophètes venus à sa rencontre ne s’y trompent pas : «L’esprit d’Élie repose sur Élisée». Un peu plus tard, Josaphat dira d’Élisée : «La parole de l’Éternel est avec lui» (2 Rois 3:12).

Ainsi le jeune prophète a repris «le manteau». Le passage des générations s’est effectué selon Dieu.

 

4.2.3       Le ministère

Pendant quelque dix ans, Élie avait été, avant tout, un prophète de jugement. Élisée sera le prophète de la grâce durant un ministère de plus de soixante années.

Il refait les étapes parcourues avec Élie. À Jéricho, il apporte l’assainissement des eaux : il n’en proviendra plus «ni mort, ni stérilité» (2 Rois 2:19-22). À Béthel, où l’on se moque de lui, le jugement atteint les enfants, seule occasion de châtiment dans le ministère du prophète. À Guilgal, il réunit les jeunes fils des prophètes autour de lui et pourvoit à leur saine nourriture.

Le ministère se poursuit parmi le peuple, envers les rois, envers un général syrien ; tout le long de sa carrière, Élisée apporte la bénédiction et la grâce.

 

4.2.4       Les fils des prophètes

Élie avait dit : «Je suis resté moi seul». Lorsque Abdias avait parlé des cent prophètes qu’il avait cachés dans deux cavernes, Élie n’avait pas réagi. Pourtant, après l’expérience d’Horeb, nous voyons apparaître successivement, «un prophète» (20:13), «un homme d’entre les fils des prophètes» (v. 35), un Michée (1 Rois 22). Lors de l’enlèvement d’Élie, les «fils des prophètes» sont présents ; cinquante d’entre eux observent comment les deux hommes ont traversé le Jourdain, et accueillent Élisée à son retour.

Ces «fils des prophètes» vont occuper une grande place dans la vie d’Élisée. Il prend soin d’une façon touchante de la veuve de l’un d’eux et de ses deux enfants (2 Rois 4:1-7). À Guilgal, les fils des prophètes sont «assis devant lui» ; il s’occupe de leur nourriture, sans doute matérielle, mais aussi spirituelle ; lorsqu’un des jeunes hommes récolte des coloquintes qui amènent «la mort dans la marmite», Élisée veille à apporter Christ (représenté par la farine) pour neutraliser l’effet nocif et nourrir les jeunes. Il multiplie pour eux les premiers fruits et les pains d’orge, amenés par «un homme», type du Saint Esprit. Élisée habite même avec ces fils des prophètes, les accompagne dans leurs travaux, opère en leur faveur (6:1-7).

Il leur confie aussi des missions, en particulier celle d’oindre Jéhu, qu’il avait lui-même reçue d’Élie (9:1-10). Paul en agira de même envers ses plus jeunes collaborateurs, comme Timothée et Silas, Tite et d’autres.

 

4.2.5       Maladie et mort (2 Rois 13:14-21)

Durant la maladie qui va le conduire au tombeau, Élisée n’accomplit aucun miracle pour lui-même, quoiqu’il en eût fait tant durant sa carrière. Lorsque Joas vient le visiter, tout son effort est encore d’amener «une flèche de salut» en faveur du peuple de Dieu. Pour la seule fois de sa vie, nous le voyons en colère, devant l’incapacité du roi à saisir le vrai bien de son peuple.

Le long ministère s’achève, mais «quoique mort il parle encore» et peut faire reprendre vie à l’homme dont les os viennent toucher les siens.

 

4.3   Guéhazi

Serviteur d’Élisée, comme son maître l’avait été d’Élie, Guéhazi aurait pu être formé pour un service utile pour Dieu. Mais il n’en fut rien. Il apparaît à trois reprises :

 

4.3.1       Chez la Sunamite (2 Rois 4:8-37)

Élisée désirait rendre un service à cette femme qui les avait si bien accueillis. Guéhazi transmet la proposition de son maître ; elle reste sans écho. Voyant la perplexité du prophète, le jeune homme suggère : «Eh bien, elle n’a pas de fils et son mari est vieux». Appelée devant Élisée, tout en restant «dans la porte», avec quelle émotion elle apprend de sa bouche le miracle qui va s’opérer.

Lorsqu’après la mort de son enfant la pauvre mère, dans sa détresse, vient auprès du prophète, Élisée charge Guéhazi de prendre son bâton et de le mettre sur le visage du jeune garçon. Le serviteur obéit, sans aucun résultat. Le bâton sans vie pouvait rappeler la mission de prophète, mais il n’avait par lui-même aucun pouvoir, pas plus que la tradition, la magie, ou les reliques.

Seule l’intercession répétée d’Élisée ramènera le jeune garçon à la vie.

 

4.3.2       Après la guérison de Naaman

Élisée avait refusé les présents offerts par le général syrien en récompense de la guérison de sa lèpre. Guéhazi trouve l’attitude de son maître bien regrettable ! Il se décide à courir après Naaman et lui fait un récit de son cru, qui finalement lui procure deux talents d’argent et deux vêtements de rechange. Des serviteurs sont chargés de les porter jusqu’à la ville ; puis Guéhazi les prend de leurs mains et va les cacher dans la maison, afin de ne pas attirer l’attention d’Élisée. Lui-même se présente devant son maître, qui n’est pas dupe de ses agissements. Interrogé, Guéhazi nie tout. En châtiment de sa cupidité et de son mensonge, la lèpre de Naaman s’attache à lui. Le jeune homme doit quitter le service d’Élisée, «sortir de devant lui».

 

4.3.3       Il raconte ce qu’Élisée a fait

En 2 Rois 8:4-5 nous retrouvons Guéhazi faisant part au roi de «toutes les grandes choses qu’Élisée avait faites». Nous ignorons son véritable état d’âme, mais aujourd’hui on doit constater parfois que, même après s’être détourné du Seigneur, on peut rester capable de raconter les récits bibliques appris dans sa jeunesse — relation sans vie et sans effet sur la conscience et dans le coeur.

Sans doute Guéhazi n’avait-il pas reçu d’appel au service, et n’était-il pas destiné à devenir prophète. Mais quelle bénédiction il aurait pu retirer du contact avec Élisée, de son exemple, de sa piété. Solennel avertissement pour ceux qui laisseraient les «épines» de la parabole «entrer» dans leur cœur ! (Marc 4:18-19).

 

5                    Samuel — Joël / Abija

5.1   Samuel

Fils de beaucoup de prières, Samuel avait été amené tout jeune à la maison de l’Éternel. Il y avait grandi, servant l’Éternel devant Éli, agréable à Dieu et aux hommes. Sa mère le visitait chaque année et lui apportait une petite robe adaptée au fur et à mesure à la croissance de son enfant. Belle illustration de la manière dont une mère doit se prêter au développement des siens, ne les traitant pas de la même façon lorsqu’ils grandissent que dans leur enfance.

Plus tard, l’Éternel apparaît à Samuel pendant la nuit, lui confirmant le jugement qui atteindra la maison d’Éli. «Tout Israël sut que Samuel était établi prophète de l’Éternel». Premier des prophètes, dernier des juges, il marche devant le peuple «depuis sa jeunesse jusqu’à ce qu’il ait blanchi» (1 Sam. 12:2). Il juge Israël «tous les jours de sa vie», faisant sa tournée régulière chaque année (1 Sam. 7:15-17).

Une longue période, vingt années, s’était passée dans le silence après la prise de l’arche, jusqu’à ce que la maison d’Israël revienne à l’Éternel (7:2). Ce retour demandait que l’on ôte les dieux étrangers, et que les coeurs s’attachent fermement au Seigneur pour le servir lui seul. Samuel prie pour le peuple, il crie à l’Éternel pour eux. L’holocauste, qui n’avait sans doute pas été offert depuis longtemps, est présenté sur l’autel. Dieu donne alors la grande victoire d’Ében-Ézer : «L’Éternel nous a secourus jusqu’ici».

L’adoration avait marqué les premiers débuts de Samuel dans la maison de Dieu : «Il se prosterna là devant l’Éternel» (1:28). Le rappel de l’autel bâti dans sa maison à Rama clôture sa carrière officielle (7:17).

 

5.2   Qui le remplacera ?

Dieu pouvait certainement susciter un autre juge, comme tant de fois en réponse aux supplications d’Israël. Il pouvait aussi, selon sa sagesse, leur donner «un homme de Dieu», tel celui qui vient vers Éli l’avertir de la part du Seigneur (2:27-36). Mais Samuel — et c’est peut-être sa seule défaillance — choisit d’agir autrement :

 

5.2.1       Samuel établit ses fils (8:1-5)

Sans consulter l’Éternel, Samuel «établit ses fils juges sur Israël». Il limite leur judicature à Beër-Shéba, tout au sud du pays. Malheureusement, Joël et Abija ne marchaient pas dans ses voies ; ils acceptaient des présents pour faire fléchir le jugement. Grosse déception pour le vieillard, qui en tire les conséquences : peu après, ses fils rentrent dans le rang. Au lieu de marcher «devant» le peuple, comme l’avait fait leur père, ils sont simplement «avec» eux (12:2). Les deux fils acceptent cette discipline.

 

5.2.2       Samuel établit un roi

Il n’en prend pas l’initiative ; au contraire, il trouve mauvaise la demande du peuple : «Donne-nous un roi pour nous juger». Que faire dans une telle situation ? «Et Samuel pria l’Étemel» ! (8:6).

Guidé par Dieu, qui va donner à Israël ce qu’il demande (Osée 13:11), Samuel prend la peine de bien accueillir Saül ; il est plein d’égards pour lui (1 Sam. 9), et l’invite au festin, où il lui donne la place d’honneur. Puis il le reçoit chez lui et s’entretient avec lui longuement «sur le toit». Le lendemain matin, il l’oint avec sa fiole d’huile, — onction secrète, confirmée à deux reprises devant le peuple (10:24 ; 11:14).

Roi «selon la chair», Saül agit bien vite d’après son propre jugement et ne se conforme pas à la volonté de Dieu. Samuel doit lui dire : «L’Éternel a déchiré aujourd’hui la royauté d’Israël de dessus toi, et l’a donnée à ton prochain, qui est meilleur que toi» (15:18). Depuis ce jour, le prophète mène deuil sur Saül, sans le revoir. Déception avec ses fils, déception avec le roi choisi par le peuple.

 

5.2.3       Samuel oint David (1 Sam. 16)

Dieu avait en réserve «un roi pour Lui». Ni Samuel, ni le peuple ne le choisissent. Plein de réticence pour se rendre à Bethléhem, le prophète obéit toutefois à la parole de l’Éternel. Isaï lui présente ses sept fils. L’Éternel n’en avait choisi aucun. Il faut aller chercher le huitième, qu’on n’avait même pas invité à la fête. «Et l’Éternel dit : Lève-toi, oins-le ; car c’est celui-là».

Samuel prend alors la corne d’huile (non pas la fiole comme pour Saül) et oint David au milieu de ses frères. Ainsi s’opère «le passage des générations».

David rencontrera bien des épreuves jusqu’à ce qu’il soit roi. Après sa victoire sur Goliath, le poste élevé qu’il reçoit dans l’armée, son mariage avec la fille de Saül, il devient l’objet de la jalousie et de la vindicte du roi, et doit s’enfuir. Où se rendre ? «Il échappa ; et il vint vers Samuel à Rama, et lui rapporta tout ce que Saül lui avait fait. Ils s’en allèrent, lui et Samuel, et ils habitèrent à Naïoth» (19:18). Le vieillard qui a blanchi au service de Dieu, va se retrouver pour quelques jours avec le débutant que Dieu forme à son école. Quelles leçons David a pu apprendre pendant ce peu de temps ! Bien plus tard, Saul, montant à Jérusalem, passera chez Céphas «quinze jours» (Gal. 1:18). Que d’enseignements, que de souvenirs de la vie du Seigneur Jésus, Pierre, beaucoup plus âgé, aura pu transmettre au jeune homme qui faisait ses premiers pas dans le chemin de la foi. Privilège toujours actuel pour les jeunes croyants qui peuvent passer un temps dans l’intimité d’un frère qui a vécu toute une carrière avec le Seigneur.

 

5.2.4       La descendance de Samuel

Joël et Abija n’ont pas marché dans ses voies, mais il est rafraîchissant de trouver son petit-fils Héman, fils de Joël parmi «ceux que David établit pour la direction du chant dans la maison de l’Éternel» (1 Chron. 6:31-33). Il est probable que Samuel a connu son petit-fils et a pu se réjouir de le voir bien disposé dans les choses de Dieu.

Plus encore ! Lorsqu’ont passé les années, que le règne de David s’est déroulé, et qu’avant sa mort celui-ci prépare tout pour l’avènement de Salomon, Héman, «voyant du roi dans les paroles de Dieu pour exalter sa puissance» remplit son office de chantre accompagné de ses quatorze fils ! (1 Chron. 25:4-5). La piété de l’arrière-grand-père s’était transmise à son petit-fils et à sa descendance, confirmant que la bénédiction de Dieu repose sur ceux qui l’ont suivi fidèlement (Ex. 34:7).

 

6                    Éli — Hophni/Phinées

6.1   Éli

Éli était sans doute un homme pieux, attaché à l’Éternel, spécialement à l’arche, symbole de Sa présence. Mais il manquait d’équilibre et de discernement.

En 1 Samuel 1, il est «assis» (v. 9) ; il observe, il suppose, il accuse (v. 12-14). Bien vite il doit se déjuger (v. 17).

Quand Anne fait l’immense sacrifice d’amener son enfant à la maison de l’Éternel, rappelant à Éli qu’elle est «la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel», qu’elle prête son enfant à Dieu pour «tous les jours de sa vie» — aucune réaction du vieux sacrificateur. Bien des années après, simplement il «bénit Elkana et sa femme» (2:20).

Fort âgé, il ne discernait pas la mauvaise conduite de ses fils. Il est difficile d’élever des enfants lorsqu’une grande différence d’âge sépare les générations, non seulement physiquement, mais moralement. Comment, en pareil cas, les suivre spirituellement, dans leurs occupations, dans leurs loisirs, partager leur vie ? Sans doute Dieu peut y suppléer et répondre aux prières instantes des parents et à leurs efforts intelligents pour comprendre cette nouvelle génération. Mais dans la mesure du possible, si les circonstances le permettent, il n’est pas désirable ni de se marier trop jeune, perdant ainsi l’expérience de la vie de jeune homme ou de jeune fille dans son développement avec le Seigneur, — ni de se marier trop tard, quand une grande différence d’âge rendra l’éducation des enfants d’autant plus difficile !

Éli apprend «de tout le peuple» les méchantes actions de ses fils ! Il ne s’en était donc pas préoccupé. Pendant des années, ceux-ci s’appropriaient les offrandes de l’Éternel : «Et le péché de ces jeunes hommes fut très grand devant l’Éternel ; car les hommes méprisaient l’offrande de l’Éternel». Renseigné sur leur inconduite (2:22), très mollement le vieillard leur déclare : «Ce que j’entends dire n’est pas bon» ! Le prophète lui reprochera avec vigueur : «Tu honores tes fils plus que moi». Le Seigneur dira à Samuel à l’intention d’Éli : «Ses fils se sont avilis, et il ne les a pas retenus» (3:13).

Par «un homme de Dieu», l’Éternel envoie un avertissement solennel au sacrificateur (2:27-36). Éli semble ne pas y prendre garde, et les paroles du prophète restent sans effet. Un deuxième avertissement vient par l’entremise de Samuel, qui rapporte toutes les paroles entendues de la bouche de Dieu. «Et Éli dit : C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux» — résignation d’un vieillard qui ne se repent pas et n’avertit pas Hophni et Phinées comme il l’aurait fallu. C’était trop tard. Pourtant tout son cœur était pour l’arche (4:18). Mais quel héritage avait-il transmis à ses fils ?

On peut avoir fait toute une carrière honorable, être, comme Éli, «assis» dans ses habitudes de piété, mais sans vie active, et en «laissant aller» ceux dont on devrait se sentir responsable devant Dieu.

 

6.2   Hophni et Phinées

Les deux hommes «ne connaissaient pas l’Éternel» (2:12) ; ils avaient pourtant été consacrés sacrificateurs ! Quel danger dans les nominations issues de tradition, d’usage, de succession, sans rechercher la pensée de Dieu qui seul peut appeler et qualifier pour son service.

Ces jeunes gens exerçaient leur charge pour leur profit (2:13-17). L’apôtre stigmatisera ceux qui «estiment que la piété est une source de gain» (1 Tim. 6:5). Pierre avertira les anciens de prendre garde à ne pas surveiller le troupeau de Dieu «pour un gain honteux». Qu’en fut-il dans toute l’histoire de l’Église ? Et le danger subsiste.

Les deux hommes se laissaient aussi entraîner par la convoitise de la chair ; quand leur père les reprend, ils n’écoutent pas sa voix. Pourtant leur péché était «très grand devant l’Éternel». Ils ne prennent pas garde non plus à l’avertissement de l’homme de Dieu, ni à celui de Samuel. Faut-il s’étonner qu’ils soient atteints par une ruine totale ?

Israël est battu par les Philistins ; l’arche est prise ; Hophni et Phinées sont tués ; Éli tombe et se brise la nuque en entendant la nouvelle de la prise de l’arche ; la femme de Phinées meurt en enfantant et doit dire : «La gloire s’en est allée d’Israël».

Du «passage des générations», il ne reste plus, dans notre texte (cf. cependant 1 Sam. 14:3), qu’un petit orphelin «privé de gloire» (I-Cabod, 4:21).

«On ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7).

 

7                    Paul et Timothée

Dans sa jeunesse, Paul avait reçu l’aide de trois frères, placés sur son chemin pour lui être particulièrement en bénédiction.

Trois jours après sa conversion sur le chemin de Damas, Saul restait aveugle (Actes 9:9). Le Seigneur envoie auprès de lui Ananias, en lui disant de Saul : «Voici, il prie». Quand Ananias, plein de crainte, rappelle combien de maux le jeune Juif a faits aux saints à Jérusalem, et s’apprête à leur en faire à Damas, Jésus lui dit : «Va ; car cet homme m’est un vase d’élection pour porter mon nom devant les nations, et les rois, et les fils d’Israël, car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom». Ananias s’en va, entre dans la maison et parle à Saul comme à un frère : «Le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli de l’Esprit Saint». — Quelle bénédiction lorsqu’un jeune trouve sur sa route, dès les premiers pas, un frère en Christ qui peut ainsi le fortifier et l’encourager !

Après le séjour en Arabie, Saul monte à Jérusalem (Gal. 1:17 ; Actes 9:26), cherchant à se joindre aux disciples. On le craignait, n’ayant pas confiance en lui. Intervient alors Barnabas, qui le prend, le mène aux apôtres, et leur raconte sa conversion. Le jeune homme est ainsi accueilli par l’assemblée de Jérusalem et parle ouvertement au nom du Seigneur.

À la même époque, semble-t-il, Saul fait aussi connaissance de Céphas, et, comme nous l’avons déjà vu, passe chez lui quinze jours (Gal. 1:18). Ces journées ont dû rester gravées dans la mémoire du jeune serviteur, qui avait encore besoin d’un long temps de formation avant d’entrer dans le plein ministère que le Seigneur allait lui confier.

Devant les dangers que courait le nouveau converti de la part des Hellénistes, les frères le mènent à Césarée et l’envoient à Tarse. Nous ne savons pas précisément combien de temps Saul y resta, ni ce qu’il y fit. Nouvelle étape d’une préparation déjà longue, pendant laquelle il avait pu, à plusieurs reprises, annoncer l’Évangile et parler du Seigneur. Quelques années plus tard, Barnabas vient le chercher à Tarse et le mène à Antioche, dans ce nouveau rassemblement, où «pendant un an tout entier ils se réunirent dans l’assemblée, et enseignèrent une grande foule» (Actes 11:26).

Plus tard, le Saint Esprit dit expressément : «Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés» (Actes 13:2). Les deux serviteurs vont effectuer un premier voyage, durant lequel Paul prendra son nouveau nom ; petit à petit son ascendant sur Barnabas augmente ; au lieu de nommer Barnabas et Saul, la Parole présente dorénavant Paul et Barnabas. L’incident à propos de Jean-Marc, l’irritation qui en résulte, amène les deux hommes à se séparer dans leur service. Paul parlera pourtant de Barnabas avec estime dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Cor. 9:6).

Dès lors, l’apôtre a de nouveaux compagnons ; tout d’abord Silas, puis Timothée (15:40 ; 16:1-3). Environ seize ans de collaboration vont approfondir la communion croissante de Paul avec celui qu’il nomme «mon enfant». Une nouvelle génération se levait pour la diffusion de l’évangile et le service dans les assemblées. Pendant toutes ces années, les deux — et d’autres avec eux parfois — vont voyager ensemble, souffrir ensemble, faire face ensemble aux nombreux problèmes qui se présentent. Occasionnellement, Paul déléguera Timothée et Silas, ou Timothée tout seul ; dans sa première lettre il rappelle l’avoir prié de rester à Éphèse (1 Tim. 1:3).

Lors de sa seconde captivité, l’apôtre écrit sa dernière épître, message d’adieu à son enfant dans la foi, qu’il désirerait tant revoir avant de mourir (4:9, 21).

Cette épître contient une recommandation d’une grande importance pour le passage des générations : «Les choses que tu as entendues de moi devant plusieurs témoins, commets-les à des hommes fidèles qui soient capables d’instruire aussi les autres» (2 Tim. 2:2). Sachant combien Timothée avait reçu, et de lui et d’autres, en fait de la part du Seigneur, l’apôtre l’avait exhorté avec instance : «O Timothée, garde ce qui t’a été confié... Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous» (1 Tim. 6:20 ; 2 Tim. 1:14). Garder soigneusement ce que l’on a reçu, mais aussi le transmettre, le «commettre» à ceux qui s’attacheront au Seigneur et seront capables à leur tour d’instruire les autres. Ainsi, en quatre générations (2:2), l’héritage spirituel se transmet. «Commettre» est plus que transmettre. C’est ici confier un trésor à la responsabilité de quelqu’un. Paul était persuadé que le Seigneur avait la puissance de garder ce qu’il lui avait «confié» (1:12). Cette confiance de l’apôtre n’enlevait cependant rien à la responsabilité de Timothée, et des croyants qui viendraient après lui, de veiller sur le bon dépôt qui leur avait été «confié». Le Seigneur Jésus avait souligné cette responsabilité : «À celui à qui il aura été beaucoup confié, il sera plus redemandé» (Luc 12:48).

Et l’apôtre de conclure ses exhortations en adjurant Timothée devant Dieu et le Christ Jésus : «Prêche la Parole, insiste en temps et hors de temps, convaincs, reprends, exhorte, avec toute longanimité et doctrine» (2 Tim. 4:1-2). Il ajoute encore : «Sois sobre en toutes choses, endure les souffrances, fais l’œuvre d’un évangéliste, accomplis pleinement ton service», dernier appel du vieil apôtre : «le temps de son départ est arrivé» ; une nouvelle génération poursuivra dans la dépendance du Seigneur, l’œuvre inachevée.

 

8                    De génération en génération

8.1   «En vos générations»

Cette expression se retrouve à maintes reprises dans les livres de Moïse. Nous en retiendrons sept occasions dans l’Exode :

 

8.1.1       La Pâque (Ex. 12:14)

Le mémorial de la délivrance d’Égypte devait être célébré comme une fête à l’Éternel «en vos générations comme un statut perpétuel».

Pour nous, la Cène a remplace la Pâque. Le Seigneur Jésus pouvait dire : «J’ai fort désiré de manger cette Pâque avec vous, avant que je souffre» (Luc 22:15). En exprimant cela, il avait certainement en vue l’institution de la Cène qui — avec une signification bien plus profonde — allait succéder à la fête des Juifs : «Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi» (Luc 22:19). Ce mémorial de la mort du Seigneur se perpétue de génération en génération «jusqu’à ce qu’Il vienne» (1 Cor. 11:26).

 

8.1.2       La manne (Ex. 16:32-33)

Le souvenir de la manne mangée au désert devait être conservé de génération en génération. Pour nous, Christ est la manne, le pain vivant descendu du ciel (Jean 6:48-50). Se nourrir d’un Christ qui a vécu sur la terre, homme au milieu des hommes, mais homme divin venu d’en haut. Se nourrir aussi d’un Christ mort, qui a donné sa chair et son sang pour la vie du monde (v. 51). Telle est notre part de génération en génération.

 

8.1.3       La guerre contre Amalek (Ex. 17:16)

Amalek représente la chair en nous. L’Éternel aura la guerre contre Amalek, de génération en génération. L’épître aux Galates l’exprime en ces termes : «La chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair» (5:17). Mais, dit l’apôtre : «Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair» (v. 16). En marchant par l’Esprit, nous sommes délivrés de la puissance de la chair, du péché en nous, cela demande une vigilance continuelle, qui ne saurait se relâcher (Mat. 26:41).

 

8.1.4       Les lampes dans le sanctuaire (Ex. 27:21)

L’huile du luminaire est un type du Saint Esprit. Avant tout, le Saint Esprit en Christ représenté par le chandelier lui-même ; mais aussi le Saint Esprit en nous (Jean 14:17-20) ; il nous rend conscients de notre union avec le Seigneur : «Vous en moi, et moi en vous». Réalité qui se perpétue «en vos générations».

 

8.1.5       L’holocauste continuel (Ex. 29:38-42)

Tous les jours, chaque matin, chaque soir, un agneau devait être offert en holocauste avec son offrande de gâteau. Souvenir toujours présent de la mort du Seigneur Jésus pour la gloire de Dieu et pour que nous soyons agréés en lui. Base de la communion, puisque l’holocauste devait être offert à la tente d’assignation où «je me rencontrerai avec les fils d’Israël» (v. 43).

Le cantique d’Ézéchias a pu se chanter du moment où commença l’holocauste, jusqu’à ce que l’holocauste fût achevé (2 Chron. 29:27-28). Toute louange véritable est liée au souvenir de la mort du Seigneur et de ses résultats.

 

8.1.6       L’encens continuel (Ex. 30:8)

L’encens nous parle avant tout des perfections de Christ, qui montent continuellement devant Dieu. «Offrons par lui sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom» (Hébr. 13:15).

Dans un autre sens, cet encens pourrait nous parler de l’intercession fidèle de Christ, «toujours vivant pour intercéder pour ceux qui s’approchent de Dieu par lui» (Hébr. 7:25).

Quelle bénédiction que cette louange et l’intercession de Christ perdurent de génération en génération.

 

8.1.7       Le lavage des pieds (Ex. 30:21)

Avant de pénétrer dans le sanctuaire, ou de s’approcher de l’autel pour faire fumer le sacrifice par feu, les sacrificateurs devaient se laver les mains et les pieds. Leçon pour nous de ne pas venir dans la présence de Dieu sans juger le mal qui a souillé nos pieds, le confesser, et en recevoir le pardon. De même, comment participer à la Cène du Seigneur sans se juger soi-même, reconnaître ses manquements, leurs causes et leurs racines ? Alors, dans le sentiment de la grâce qui pardonne et qui purifie, «ainsi», on peut manger du pain et boire de la coupe (1 Cor. 11:28).

N’est-il pas remarquable que l’Esprit de Dieu ait voulu dans ces sept occasions souligner leur importance «de génération en génération».

 

8.2   Une couronne dure-t-elle de génération en génération ? (Prov. 27:24)

 

Voir feuille «Aux Jeunes». N° 250.

La réponse évidente à cette question est : Non ! La couronne, le salut, la bénédiction divine qui s’y rattache, ne se transmettent pas automatiquement aux enfants et aux petits-enfants.

Il est enjoint tout d’abord de bien connaître «la face de ton menu bétail». Ce menu bétail ne nous parle-t-il pas des enfants, des jeunes parmi nous ? Quelle responsabilité d’en prendre soin, de les aider et les guider dans le chemin de Dieu, quoique, bien sûr, seule l’action de l’Esprit Saint puisse leur donner la vie. Le proverbe ajoute : «Veille sur tes troupeaux». Mission confiée aux anciens en 1 Pierre 5 : «Paissez le troupeau de Dieu qui est avec vous, le surveillant, en étant les modèles du troupeau» (v. 2).

Notre texte précise encore : «Le foin disparaît». Le ministère écrit accumulé par les générations précédentes, le ministère oral dont on peut jouir, sont infiniment utiles, et nourrissent tant le menu bétail que le troupeau. Mais ajoute la Parole : «L’herbe tendre se montre, et l’on ramasse les herbes des montagnes». Une nouvelle génération a surgi ; elle a bénéficié du «foin» ; elle a besoin de récolter aussi «l’herbe nouvelle» pour elle-même. Revenir à la Parole, à la source, afin qu’elle soit fraîche et vivante, la vraie nourriture de l’âme. «Les montagnes» impliquent l’effort de cette récolte ; ne vaut-il pas la peine de «persévérer dans ces choses», de s’en occuper, «afin que les progrès soient évidents à tous» ? (1 Tim. 4:15-16).

Le passage des générations peut être favorable, selon l’exemple de Moïse à Josué ; de David à Salomon ; d’Élie à Élisée ; de Paul à Timothée. Il peut aussi montrer bien des déficiences, tels Salomon puis Roboam ; Élisée-Guéhazi ; Samuel et Éli, et leurs fils.

De David il nous est dit qu’il a «servi au conseil de Dieu en sa propre génération» (Actes 13:36). En Éphésiens 2:10 nous avons été «créés dans le Christ Jésus pour les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles». Est-ce trop dire que Dieu a un plan, pour la vie de chacun de ses enfants ? Saurons-nous le discerner afin d’y marcher «en notre propre génération» ? Celles qui nous ont précédés ont eu leurs problèmes, leurs avantages, leurs privilèges. Rien ne sert de vivre de regrets, de souhaiter avoir vécu en leur temps. Ayons plutôt à coeur de répondre à la pensée de Dieu à l’époque où nous vivons, dans le cadre où il nous a placés, dans les bonnes oeuvres qu’il a préparées à l’avance pour chacun des siens.

Chaque nouvelle génération est appelée à

 

recevoir,

garder,

vivre,

transmettre

 

l’héritage spirituel qui lui a été confié.

 

«Seigneur, tu as été notre demeure de génération en génération» Ps. 90:1.