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AIDE ou ENTRAVE

 

George ANDRÉ

 

Table des matières :

1       Introduction

2       Dans le milieu familial (exemples de l’Ancien Testament)

2.1         Noé

2.2         Abraham

2.3         Jacob

2.4         Joseph

2.5         Éli

2.6         David

2.7         Une femme vertueuse (Prov. 31:10-31)

2.8         Jézabel et Athalie

2.9         La famille — Psaumes 127 et 128

3       Envers des amis (exemples de l’Ancien Testament)

3.1         Ce qu’est la vraie amitié

3.2         Job et ses amis

3.3         Samuel et David à Naïoth (1 Sam. 19:18)

3.4         Abigaïl (1 Sam. 25)

3.5         Jonathan

3.6         Akhitophel, Hushaï (2 Sam. 15:31-37 ; 16:15-17, 23)

3.7         Jonadab (2 Sam. 13:3-5, 32-33)

3.8         Daniel

3.9         Ébed-Melec (Jér. 38:7-13)

4       Dans l’assemblée locale (collectivement — exemples du Nouveau Testament)

4.1         Nos paroles

4.1.1      Le contentement

4.1.2      Couvrir (1 Pierre 4:8 ; Jacques 5:20b) — Médire (1 Pierre 2:1)

4.2         Attitudes, atmosphère

4.2.1      Se réjouir, pleurer (Rom. 12:15)

4.2.2      Fréquentation régulière du rassemblement. (Héb. 10:25) — Habitude d’abandonner. Démas. (2 Tim. 4:10)

4.2.3      L’accueil

4.3         Notre attitude vis-à-vis du ministère

5       Dans le monde

5.1         Évangélisation

5.1.1      Envoyés dans le monde

5.1.2      Les entraves

5.2         Relations - Témoignage

6       Entre frères ou sœurs (individuellement — exemples du Nouveau Testament)

 

1         Introduction

Romains 16:1-2 nous parle de Phœbé, dont le nom signifie « rayonnante », servante de l’assemblée qui est à Cenchrée ; elle avait été en aide à plusieurs et à l’apôtre lui-même. Les quinze premiers versets de ce chapitre sont comme un échantillon du tribunal de Christ où sera mis en lumière tout le bien que le Seigneur aura produit dans chacun des siens, comme aussi leurs manquements, pour que nous soyons conscients de la grâce qui les aura effacés par le sang de Christ. N’y a-t-il pas quelquefois dans un rassemblement ceux et celles qui sont actifs, ceux qui ne font rien, et ceux qui ... font souffrir les autres !

Il est probable que Phœbé va prendre avec elle cette épître si fondamentale pour la foi chrétienne et l’apporter à Rome. Les deux premiers versets sont comme une lettre de recommandation, où l’apôtre demande aussi qu’elle soit reçue « dans le Seigneur » et aidée dans « toute affaire pour laquelle elle aurait besoin de vous ».

La Parole nous parle d’être « en aide », à environ vingt occasions, et à quelque cinquante, d’« aider ». C’est déjà Dieu qui aide, comme dans le psaume 33:20 : « Notre âme s’attend à l’Éternel ; il est notre aide et notre bouclier ». En d’autres cas c’est le Seigneur, par exemple en Hébreux 13:6 : « Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point : que me fera l’homme ? » Enfin dans Romains 8:26, nous lisons : « l’Esprit nous est en aide dans notre infirmité ».

Dès la deuxième page de la Bible nous trouvons ce mot : « L’Éternel Dieu dit : II n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Première mission confiée à l’épouse ; l’homme seul, même en Éden, a besoin d’être aidé.

Si nous avons le privilège d’être en aide, nous pouvons aussi être en entrave, ou en occasion de chute : « Quiconque est une occasion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avantageux pour lui qu’on lui eût pendu au cou une meule d’âne et qu’il eût été noyé dans les profondeurs de la mer » (Mat. 18:6). Verset sérieux, solennel, voire redoutable : être en occasion de chute à « un de ces petits qui croient en moi » : que ce soit un enfant, ou un jeune, ou quelqu’un récemment converti. On peut aussi être « une pierre d’achoppement pour les faibles ... une occasion de chute pour son frère » (1 Cor. 8:9, 13).

Pensant à tant de croyants, jeunes ou plus âgés, rencontrés le long de la vie, on peut se demander : qu’ont-ils été pour moi, une aide ou une entrave ? Et moi-même, qu’ai-je été pour eux ? Que de souvenirs ! Les parents ont prié pour nous et nous ont enseignés dans la Parole chaque jour de notre enfance et de notre jeunesse ; il y a eu des prières exaucées, et d’autres auxquelles, selon Sa grâce, Dieu répondra un jour ; peut-être une parole à propos, d’un frère ou d’une sœur ; un entretien avec un croyant plus âgé ... Et dans toutes les étapes de la route, quelle influence, consciente ou inconsciente, avons-nous exercée sur autrui ? Ayant à cœur d’« éprouver ce qui est agréable au Seigneur », notre exemple a-t-il encouragé ? Avons-nous saisi l’occasion de dire une parole « dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel »? (Éph. 5:10 ; Col. 4:6).

La marche, le genre de vie, le caractère, ont-ils été en conformité avec ce que nous professons ? : « Celui qui dit être dans la lumière et qui hait son frère, est dans les ténèbres jusqu’à maintenant. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a point en lui d’occasion de chute » (1 Jean 2:9-10), il désire être en aide autour de lui. Qu’en est-il de notre attitude lorsque le Seigneur donne une occasion d’aider ? La première épître de Jean nous parle de vie (intérieure), de lumière (extérieure), d’amour (qui vient du cœur).

Souvent, sans que nous l’ayons su, bien des prières sont montées vers le trône de la grâce pour que Dieu nous soit en aide à son heure et selon sa sagesse. Combien en avons-nous exprimées nous-mêmes devant Lui, en faveur de nos frères et sœurs, de notre famille, de nos amis, de Ses serviteurs ?

Nous verrons par la suite dans quels milieux s’exerce une telle influence, soit pour l’aide, soit pour l’entrave : le domaine familial, celui des amis, de l’assemblée locale, du monde qui nous entoure, de nos frères dans la foi, proches ou lointains.

En Exode 12, lors de l’offrande de l’agneau pour la Pâque, une « maison » pouvait être trop peu nombreuse pour un agneau ; on partageait alors avec son voisin le plus rapproché, « selon le nombre des âmes ». Quel exemple pour une petite assemblée locale où le partage spirituel peut être en aide à chacun !

Par quels moyens sommes-nous en aide ou en entrave ? Tout d’abord par le caractère : Pour un service, Dieu ne choisit pas des rêveurs, mais des gens de « caractère ». Jésus appelle Jean : Boanergès (fils de tonnerre) ; Il sait pourquoi. Mais à Son école, Jean deviendra l’apôtre de l’amour. Pour leur formation, des hommes de « caractère » ont dû être mis de côté pour un temps : un Moïse, avec le bétail au désert ; un David, durant ses années de fuite devant Saül ; un Élisée, versant l’eau sur les mains d’Élie.

Ils ont appris la patience ; leur personnalité morale et spirituelle s’est développée ; ils ont pu ensuite être des conducteurs en bénédiction à leur peuple. Une telle présence dans un groupe peut être déterminante, soit pour le bien, soit pour le mal : quand elle est là, on n’ose pas dire n’importe quoi ; au contraire, la légèreté de l’animateur peut conduire à une ambiance qui se dégrade et dégénère rapidement.

Combien importe aussi le comportement, la manière de se conduire. L’apôtre signale les Macédoniens qui, en 2 Corinthiens 8:5, s’étaient « donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur » ; sans qu’ils le sachent, ils étaient ainsi en exemple à leurs frères.

Le Seigneur Jésus nous enseigne la disponibilité : il reçoit Nicodème pendant la nuit ; au puits de Sichar, en plein midi, passant de la cruche et de l’eau à l’adoration, il amène à la foi la femme de mauvaise vie.

Et que dire du rayonnement que dégagent souvent les fidèles les plus humbles, parce que, comme ceux d’autrefois, ils « marchent avec Dieu » ?

Que d’entraves amène par contre la médisance ! Suggérer avec malveillance, mimer un serviteur de Dieu, faire un clin d’œil moqueur, peut parfois décourager de jeunes croyants, ou des envoyés du Seigneur ; alors que dans bien des domaines on aurait pu contribuer à la joie et au progrès spirituel de ses frères.

1 Thessaloniciens 5:11 nous dit : « Exhortez-vous l’un l’autre, et édifiez-vous l’un l’autre, chacun en particulier ». Comprenons bien qu’il ne s’agit pas ici de réunions d’assemblée, mais de contacts lors de diverses rencontres, à quelques-uns ou plus nombreux, où l’on peut s’encourager les uns les autres dans la foi.

Hébreux 12:12 nous engage à « redresser les mains lassées et les genoux défaillants » ; peut-être ces mains étaient-elles actives, puis, pour diverses causes, le découragement est venu, il n’y a pas eu de renouvellement intérieur suffisant (2 Cor. 4:16), et le zèle d’autrefois s’est éteint (2 Tim. 1:6). Il y a du relâchement dans la marche, dans la prière, les genoux faiblissent et ont besoin d’être redressés. Mieux que des paroles sera l’exemple : « Faites des sentiers droits à vos pieds, afin que ce qui est boiteux ne se dévoie pas, mais plutôt se guérisse » (Héb. 12:13).

Reste le domaine matériel. 1 Jean 3:17 nous dit : « Celui qui a les biens de ce monde, et qui voit son frère dans le besoin, et qui lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » Il ne s’agit pas d’aider à gauche et à droite sans discernement ; la pensée est plutôt celle d’un devoir chrétien : venir en aide à mon frère pour les besoins dont j’ai connaissance, selon mes moyens ; 2 Corinthiens 8:12 précise « selon ce qu’on a ».

Le Seigneur Jésus lui-même a dit : « Il est plus heureux de donner que de recevoir » (Actes 20:35). Aussi Hébreux 13:16, immédiatement après les expressions d’adoration, nous parle-t-il de la bienfaisance envers nos frères et du partage de nos biens pour soutenir ses serviteurs. Le mot « sacrifice » est employé soit pour la louange, soit pour le don. 2 Corinthiens 9 ajoute : « Dieu aime celui qui donne joyeusement ».

Parmi les entraves, mentionnons encore la mondanité ; ennemie de notre vie spirituelle, elle peut être un piège pour d’autres, sans parler de la jalousie suscitée. 1 Pierre 3:3-4 insiste sur la tenue extérieure ; 1 Corinthiens 15:33 nous met en garde contre les « mauvaises compagnies ». Rappelons-nous que « l’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jacq. 4:4).

Le jour viendra où nous serons appelés à « faire le bilan » de la jeunesse, de l’âge actif, de l’âge mûr : qu’en restera-t-il pour le Seigneur ? Puis, au tribunal de Christ, tout sera mis en lumière ; mais en attendant, ne voulons-nous pas laisser la lumière de ce jour éclairer déjà notre vie et nous amener d’une part à la reconnaissance et d’autre part à la repentance ? Les manquements confessés dès que nous en avons conscience, sont purifiés par l’œuvre de Christ (1 Jean 1:9) : le souvenir de sa mort, dont les « cendres » (*) de Nombres 19:9 sont le type » Et quant au fruit que l’Esprit aura produit par la grâce, seul restera le sentiment que « n’ayant rien en nous, nous avons tout en Toi ».

 

Voir H. R. « La génisse rousse ».

 

2         Dans le milieu familial (exemples de l’Ancien Testament)

« Dans la maison du juste, il y a un grand trésor » (Prov. 15:6). « Il y a un trésor désirable et de l’huile dans la demeure du sage » (Prov. 21:20). Les disciples d’Emmaüs avaient demandé au Seigneur Jésus : « Demeure avec nous, car le soir approche ». « Et il entra pour rester avec eux » (Luc 24:29). N’est-ce pas le vœu de tout nouveau foyer chrétien ? Y aurait-il trésor plus précieux que la présence du Seigneur lui-même, avant tout par sa Parole ? Si l’on remonte à quelque trois ou quatre générations de croyants, cette Présence marquait la vie. Les années ont passé ; la société est devenue toujours plus relâchée, trop souvent jusqu’à laisser la famille se détruire. Cohabitation sans mariage, homosexualité, couple divisé par le divorce ... parfois même dans des foyers chrétiens (2 Tim. 3:5). L’ennemi a su ravir le « trésor ». Où l’aide a-t-elle manqué ? Où l’occasion de chute a-t-elle été produite ? — Dieu le sait. Soyons infiniment reconnaissants à notre Seigneur lorsqu’une famille a été gardée ensemble, et que les enfants ont été amenés au Sauveur : la famille reste unie pour Lui. C’est une grâce de Dieu que les parents reçoivent comme venant de Lui.

Mais l’ennemi est habile et il sait comment troubler et diviser les familles des enfants de Dieu : le père contre la mère, les enfants contre les parents, les enfants entre eux. Comment pouvons-nous être une aide pour ceux qui nous entourent ? Premièrement, sans doute, en reconnaissant les cas où nous-mêmes avons manqué. Puis en demandant au Seigneur d’être de « ceux qui procurent la paix » (Jacq. 3:18).

Déjà dans l’Ancien Testament, la Parole nous présente bien des cas où la bénédiction de Dieu a reposé sur une famille ; d’autres où il y a eu des pièges, des entraves ; mais aussi des occasions où sa grâce est intervenue pour restaurer et ramener. Hélas ! d’autres qui avaient bien commencé ont mal fini.

 

2.1       Noé

Une des premières familles dont la Bible nous parle avec quelques détails. En Genèse 6:9, Noé est déclaré « juste... parfait parmi ceux de son temps » ; il « marchait avec Dieu », alors que la terre était corrompue et pleine de violence. Quel réconfort de le voir, ayant construit l’arche en suivant l’instruction divine, y pénétrer avec « ses fils et sa femme, et les femmes de ses fils avec lui » (7:7). Le patriarche avait bâti l’arche « par la foi », nous dit Hébreux 11, « pour la conservation de sa maison » (11:7). Non seulement cette foi était-elle partagée par son épouse, mais aussi par ses fils et leurs femmes. Sans elle, ils ne seraient certainement pas entrés dans l’arche : le déluge ne devait arriver que sept jours plus tard ! Une famille unie traverse les eaux, saine et sauve, et reçoit la bénédiction de Dieu (9:1).

Le désir de parents chrétiens est avant tout que leurs enfants soient sauvés et amenés personnellement au Seigneur. Ils s’emploieront à les enseigner dans la Parole chaque jour ; à prier avec eux et pour eux ; avant tout, l’atmosphère chrétienne familiale les influencera, l’exemple que leur donneront dans tous les détails de la vie les parents qui les aiment, eux-mêmes « n’étant pas des auditeurs oublieux, mais des faiseurs d’œuvres » (Jacq. 1:25). L’Éternel avait dit à Noé : « Fais-toi une arche »... « Et Noé le fit ». — L’Éternel dit à Noé « Entre dans l’arche » — « Et Noé entra dans l’arche ». Le jugement avait été annoncé d’avance, comme de nos jours, et il faut que nos enfants le sachent. Mais, pour le croyant, il y a la promesse : «Je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3:10). La foi construisait l’arche, pendant que « la patience de Dieu attendait ». Avant le jugement imminent, la famille de la foi entre dans l’arche et ils « furent sauvés à travers l’eau » (1 Pierre 3:20).

Et voilà que Noé, déjà avancé en âge, s’enivre (9:21). Désarroi dans la famille. Sem et Japheth, avec discrétion, « couvrent » le mal. Mais Cham au contraire le dévoile et s’attire la malédiction paternelle. Sem et Japheth sont, pour Noé, un objet de reconnaissance envers Dieu ; ils reçoivent une bénédiction durable. Dans la période difficile et hostile de la construction de l’arche, la famille était restée unie. Après la délivrance qui suit le déluge, l’ennemi est intervenu et Noé a été, hélas, une occasion de chute pour son fils.

 

2.2       Abraham

Sorti par la foi de son pays et de sa parenté selon l’invitation divine, Abraham avait emmené avec lui son épouse Sara et son neveu Lot. Sous l’influence de son oncle, le travail de la grâce de Dieu s’était fait chez Lot, puisqu’il est appelé « juste » en 2 Pierre 2:7. Suivant l’exemple d’Abraham, il marche un temps avec lui. Mais le patriarche manque de foi, descend en Égypte (Gen. 12:10), et le jeune Lot n’oubliera pas les impressions reçues là-bas. Au jour où il faut décider de se séparer de son oncle, il est attiré par la plaine du Jourdain, arrosée « comme le pays d’Égypte » (13:10), et il choisit Sodome : entrave inconsciente de la part d’Abraham, mais fatale conséquence pour son neveu.

Lot quitte-t-il ce monde corrompu lorsque son oncle vient à son aide et le délivre de la coalition qui l’avait fait prisonnier avec le roi de Sodome ? Non, Lot ne revient pas sur la montagne ; il retourne à la ville maudite (Gen. 14). Abraham intercédera pour lui (18:32) ; seul Lot et deux de ses filles échapperont à la destruction ; il terminera misérablement sa vie. Dans la période difficile du cheminement de la foi, depuis Ur, en passant par Charan, jusqu’à l’orient de Béthel, Abraham avait été une aide. L’écart de la descente en Égypte a été l’entrave qui a contribué à la ruine de la vie de son neveu.

La Parole ne nous donne aucun détail — à part Isaac et Ismaël — sur ses autres enfants, sinon que Dieu avait dit : «Je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel pour pratiquer ce qui est juste et droit » (18:19).

 

2.3       Jacob

Tant qu’il n’y avait pas d’enfants, Isaac et Rebecca ont vécu plus ou moins en harmonie. Toutefois il nous est dit, d’Isaac seulement, que pendant vingt ans il prie pour avoir un enfant. Et de son côté Rebecca va seule consulter l’Éternel quand elle est enceinte. Mais dès qu’il y a eu les enfants, la mesure d’aide réciproque qui restait s’est transformée en entrave. Parce qu’il aimait le gibier, Isaac a eu une préférence pour Ésaü, et Rebecca, de son côté, pour Jacob, parce qu’il aimait habiter les tentes, c’est-à-dire rester près de sa mère (25:27-28).

Ni l’un ni l’autre n’ont été en aide à leurs fils devenus hommes. Après avoir vendu son droit d’aînesse, Ésaü prend femme parmi les Héthiennes ; et Jacob, qui, à l’instigation de Rebecca, trompe son père, doit s’enfuir durant plus de vingt ans et ne reverra pas sa mère.

Qu’en sera-t-il de la famille de Jacob ? Quelle aide apportera-t-il à ses enfants ? Jalousie entre Léa et Rachel ; excès d’occupations de Jacob avec les troupeaux de Laban, dont il est responsable ; malgré toute la peine qu’il se donne : « De jour, la sécheresse me dévorait, et de nuit, la gelée ; et mon sommeil fuyait mes yeux » (Gen. 31:40). Après les sept années d’attente, les enfants viennent. Léa, haïe de Jacob, en a plusieurs ; Rachel, jalouse, provoque la colère de son mari (30:2). Jacob lui-même n’a pas le temps, ni la volonté, de s’occuper de ses descendants, ni dans leur enfance, ni plus tard.

N’y a-t-il pas là un avertissement pour nous ? Dans le désir de progresser dans sa carrière, d’atteindre les buts que l’on s’est fixés, on peut en venir à négliger sa famille. Trop peu de temps pour les enfants ; bien des fois la lecture quotidienne de la Bible en famille est négligée ; même un service chrétien auquel on s’adonne, avec des motifs mélangés, peut être un obstacle pour la famille. Ayons à cœur de demander au Seigneur de nous donner l’équilibre dans ce « triangle », qui peut devenir « écartèlement » entre la famille, la profession, et une éventuelle suractivité chrétienne. Si le Seigneur est au centre du triangle, il y aura bénédiction. La période où nous pouvons nous occuper de nos enfants avant qu’ils quittent le foyer paternel est de fait si courte ; prenons du temps pour eux !

Une famille désunie reprend le chemin de Canaan ; Rachel emporte les théraphim de son père ; Jacob se préoccupe surtout de la vengeance probable de son frère Ésaü. Et quand Dieu dit : « Lève-toi, monte à Bethel... et fais-y un autel au Dieu qui t’apparut comme tu t’enfuyais de devant la face d’Ésaü ton frère » (Gen. 35:1), Jacob réalise enfin que dans sa famille « les dieux étrangers » ont prédominé. On les enterre sous le térébinthe près de Sichem. La famille monte bien à Béthel, mais seul Jacob adore. Rachel n’arrivera pas au bout de la route elle meurt sur le chemin d’Éphrath, qui est Bethléem (35:19). Dina avait été déshonorée (34:5) ; Siméon et Lévi avaient alors massacré les hommes de Sichem, leur colère est « maudite » (49:7). Ruben trompe son père et perd le droit d’aînesse (35:22).

La grâce de Dieu donne pourtant à Jacob les fils de Rachel, Joseph et Benjamin ; mais ce sera la discipline du patriarche, trompé par ses autres fils, de croire à la mort du préféré, et, pendant quelque vingt ans, d’en porter le deuil. Plus tard il doit donner aussi Benjamin : « Et moi, si je suis privé d’enfants, j’en serai privé » (43:14).

Que de conséquences et d’entraves ont résulté de la tromperie de Jacob ! Et si la bonté de Dieu a éclairé le soir de sa vie, les occasions de chute semées sur la route de ses enfants n’en ont pas moins subsisté. Par la grâce il peut parler à Joseph du « Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal » (48:15-16) ; mais quel regret de n’avoir pas enseigné à ses dix fils les deux expériences de Béthel (35:9-15), lorsque, revenu là, il a rappelé le jour de sa détresse. De Péniel, pas un mot qui aurait pu leur être en aide. Sur son lit de mort enfin, il parle de Béthel à Joseph (48:3-4).

 

2.4       Joseph

Objet de la haine de ses frères, malgré tout ce qu’il a dû endurer de leur part pendant tant d’années, Joseph leur est finalement en bénédiction. Pour les ramener vraiment, il ne se dévoile pas tout de suite à eux, quand ils viennent en suppliants en Égypte, mais il les met à l’épreuve à plus d’une reprise. Il faut que leurs consciences soient touchées. Avec quel tact il sait les aider, en étant à la fois ferme puis plein de grâce lorsque ses frères ont reconnu et confessé, par la voix de Juda, leur faute cachée pendant plus de vingt ans. La confession a ramené l’union dans la famille.

 

2.5       Éli

Sacrificateur, Éli est un homme de Dieu, un conducteur spirituel — du moins il devrait l’être — mais il ignore ce qui se passe dans sa famille. Très âgé, il apprend enfin la conduite de ses fils (1 Sam. 2:22). Il les avait laissé faire ; et quand il les reprend, c’est bien faiblement : « Ce que j’entends dire n’est pas bon : vous entraînez à la transgression le peuple de l’Éternel » (v. 24). Non seulement il n’a pas été en aide ; mais son laisser-aller a été certainement une entrave ; son manque d’énergie va amener la ruine sur sa famille et sur Israël.

 

2.6       David

Roi selon le cœur de Dieu, « ayant servi au conseil de Dieu en sa génération » (Actes 13:36), David est un des hommes les plus remarquables de l’Ancien Testament. Formé dans sa jeunesse à l’école divine, il devient roi.

Un roi ne devait pas avoir beaucoup de femmes (Deut. 17:17). Contrairement à l’ordonnance divine, David en a plusieurs, entre autres une païenne, Maaca, fille du roi de Gueshur, future mère d’Absalom, qui procurera à son père tant d’épreuves. Combien il importe d’avertir nos enfants, et de veiller avec prières, que, devenus grands, ils ne choisissent pas un conjoint qui ne soit pas au Seigneur. Toute la vie peut en être douloureusement affectée.

À Hébron, David a des enfants (2 Sam. 3:2-5) ; tout jeunes, ils sont transférés à Jérusalem. Le roi n’a alors plus de temps pour eux. Beaucoup de guerres, l’organisation du royaume, et tant d’autres choses, l’absorbent trop. Il est faible avec ses fils. Il cède sans autre à la demande d’Amnon, son premier-né. Feignant d’être malade, celui-ci désire que sa demi-sœur Tamar vienne lui préparer des beignets (1 3:6-7) ; le roi, manquant de discernement, ne se rend pas compte du piège que son fils tend à la jeune fille qu’il va déshonorer, et facilite même son projet. Tamar demeure désolée dans la maison d’Absalom son frère. David en est très irrité, mais ne prend aucune mesure.

Absalom venge sa sœur et fait tuer Amnon, l’héritier présomptif du trône. David en pleure ; Absalom s’enfuit ; avec le temps David n’a de cesse qu’il ne revoie son fils, et le baise, sans prendre aucune sanction contre lui (14:33).

Absalom se révolte ensuite contre son père qui doit s’enfuir de Jérusalem. Quand Joab et ses troupes ont la victoire sur le fils rebelle, David, désespéré et très ému, pleure : « Mon fils Absalom ! mon fils ! mon fils Absalom ! Fussé-je mort à ta place ! Absalom, mon fils, mon fils ! » (18:33). Pourquoi tant de larmes alors que pour l’enfant de Bath-Shéba, il avait accepté l’épreuve en disant : « Moi je vais vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi » (12:23), expression, sans doute voilée, de sa foi en la résurrection. Maïs pour Absalom pas d’espoir, il ne serait pas ressuscité avec « ceux qui sont en Christ ». Il était perdu.

D’Adonija, quatrième héritier présomptif, qui s’élève contre son père pour se faire couronner avant le décès de celui-ci, il nous est dit « Son père ne l’avait jamais chagriné » (1 Rois 1:6).

Sans doute David avait-il perdu une partie de son discernement spirituel après l’affaire de Bath-Shéba. Que de conséquences peut avoir une chute grave, même s’il y a restauration ! Ne pas avoir su aider ses fils dans leur éducation, et pour finir, les voir mourir de mort violente l’un après l’autre. Ses trop nombreuses occupations lors de leur jeunesse et sa faiblesse de père, n’avaient pas été une aide, mais bien plutôt une entrave dans la vie de ces trois hommes.

 

2.7       Une femme vertueuse (Prov. 31:10-31)

Ève avait été donnée à Adam pour être l’aide qui corresponde. Mais hélas, elle fut tout le contraire. Quelle aide apporte par contre à sa famille cette femme qui clôt le livre des Proverbes : « Le cœur de son mari se confie en elle ... elle lui fait du bien et non du mal tous les jours de sa vie ». Inlassable dans son activité, « elle est vêtue de force et de dignité... Elle ouvre sa bouche avec sagesse et la loi de la bonté est sur sa langue ».

Et quand arrive le soir de sa vie : « Ses fils se lèvent et la disent bienheureuse ». Ils sont pleins de reconnaissance envers une telle mère. Son mari aussi la loue : « Plusieurs filles ont agi vertueusement ; mais toi, tu les surpasses toutes ! » Sans doute bien des épouses ont agi vertueusement, mais toi avec qui j’ai parcouru le chemin de la vie, tu les surpasses toutes ! C’est sans doute subjectif, mais bienheureux le mari qui peut en dire autant à celle que Dieu lui a donnée. « Celui qui a trouvé une femme a trouvé une bonne chose, et il a obtenu faveur de la part de l’Éternel » (Prov. 18:22).

 

2.8       Jézabel et Athalie

Deux épouses de rois d’Israël par contre ont été non seulement une entrave, mais un désastre pour leurs maris et leurs familles. Achab avait épousé Jézabel, fille d’un roi sidonien (1 Rois 16:31) ; elle l’engage à adorer les idoles. Achab en vient même à dresser un autel à Baal à Samarie. Avec le temps il « se vendit pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, sa femme Jézabel le poussant » (1 Rois 21:25). Jézabel elle-même, tombée de sa fenêtre, fut dévorée par les chiens (2 Rois 9:36). Josaphat était un roi pieux, généralement en bénédiction à son peuple. Mais il toléra que son fils Joram épouse une fille d’Achab (2 Chron. 21:6), « et il fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ». Après huit ans de règne, Joram « s’en alla sans être regretté » (2 Chron. 21:20).

Le roi d’Israël Omri avait fait « pis que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois 16:25). Il était père d’Achab et d’Athalie (2 Chron. 22:2), elle-même mère d’Achazia. Après la mort de son fils, Athalie extermina toute la semence royale (2 Chron. 22:10). Seul le petit Joas fut sauvé par sa tante Jehosheba (2 Rois 11:1-2). Athalie put ainsi régner sur le pays. Cette « méchante femme et ses fils avaient dévasté la maison de Dieu et employé les choses saintes de la maison de l’Éternel pour les Baals » (2 Chron. 24:7). Après son règne détestable, les chefs de l’armée la mirent à mort dans la maison du roi (2 Chron. 23:15).

Ces deux femmes non seulement ne furent d’aucune aide au peuple de Dieu, mais firent son malheur.

 

2.9       La famille — Psaumes 127 et 128

 

« Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain », verset qui, par contraste, peut bien s’appliquer à celui qui fonde un foyer avec le Seigneur. Les fils seront « un héritage de l’Éternel ... une récompense ». Le père sera bienheureux, expression trois fois répétée dans ces deux psaumes, pour autant qu’il craigne l’Éternel et marche dans ses voies. Mais aussi « ta femme sera au-dedans de ta maison comme une vigne féconde ; tes fils seront comme des plants d’oliviers autour de ta table ». Voilà la famille réunie, la femme, source de joie (la vigne), les fils, des plants d’oliviers qui produisent l’huile, type du Saint Esprit. La bénédiction de Dieu est là. Elle vient de Jérusalem (pour nous figure de l’assemblée) ; il y aura des petits-fils : « Les fils de tes fils ». En vérité l’Éternel a bâti la maison et le père a été en bénédiction à toute sa famille.

Ces psaumes soulignent combien il est désirable que la lecture de la Bible en famille soit une joie pour les enfants ; qu’ils ne se disent pas : Pourvu qu’on ne la fasse pas ce soir ! Mais qu’au contraire cette lecture soit à leur portée et si intéressante qu’ils soient heureux d’y prendre part. Dans leur enfance, on en restera plutôt aux récits concrets, pour évoluer progressivement vers les vérités abstraites, spécialement du Nouveau Testament. On pourra leur poser des questions appropriées à leur âge, qui les feront participer activement. Les types peuvent y conduire. Il ne suffit pas de lire simplement quelques versets, dire trois mots, faire la prière, et c’est fini ... Les enfants sont soulagés ! Mais au contraire avoir soigneusement réfléchi, même préparé le texte à considérer, et en dégager, avec l’aide du Seigneur et de son Esprit, les pensées qui seront à la portée de nos enfants pour leur bien et pour leur joie. C’est un des aspects très heureux de la famille autour de la table. Le Seigneur Jésus a dit : « Laissez venir à moi les petits enfants » ; c’est en leur faisant aimer le Seigneur Jésus qu’ils viendront à Lui. Mais on peut les « empêcher », non pas consciemment bien sûr, en rendant la lecture de la Parole ennuyeuse pour eux, en leur imposant des sujets ou des commentaires qu’ils ne saisissent pas encore à leur âge.

On leur fera surtout le plus grand tort en médisant de tel frère, de telle maîtresse d’école du dimanche, d’un ami de la famille, ou d’un parent.

Donnons-leur surtout le désir de venir à Jésus, sans les placer devant un devoir rebutant, ou en les contraignant à des règles rigides, bien plutôt apprenons leur à obéir, « car cela est agréable dans le Seigneur » (Col. 3:20). Ainsi, grandissant et devenant toujours plus responsable, le jeune aura à cœur d’éprouver lui-même « ce qui est agréable au Seigneur » (Éph. 5:10).

 

3         Envers des amis (exemples de l’Ancien Testament)

3.1       Ce qu’est la vraie amitié

Les vraies amitiés se forment généralement au début de la vie, parfois plus tard ; combien précieuses sont celles qui durent tout au cours d’une vie. Deutéronome 13:6 nous dit : « Ton ami qui t’est comme ton âme ». Une autre traduction dit : « ... un autre toi- même ». S’il règne une vraie confiance et une discrétion totale, l’intimité est réciproque : quelle aide quand l’amitié est « dans le Seigneur ». La fidélité est sœur de l’amitié : « L’ami aime en tout temps » (Prov. 17:17) ; et « Il est tel ami, plus attaché qu’un frère » (18:24). Aucun ami humain ne peut l’être pleinement ; au Seigneur Jésus seul peuvent vraiment s’appliquer de tels versets. Dans Jean 15 il dit à ses disciples : « Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père ». En Luc 12:4 : « Je vous dis à vous, mes amis », ... quand il va soutenir leur cœur en vue des difficultés et de l’opposition qu’ils rencontreront.

L’Éternel appelle Abraham « mon ami » (És. 41:8). Jacques (2:23) confirme qu’Abraham a été appelé « ami de Dieu ». Combien était marquée la communion dont jouissait le patriarche ! L’Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle avec son ami (Ex. 33:11). La proximité était telle que Moïse en vient même à souhaiter voir la gloire de l’Éternel. Quelle fut la réponse ? — « Je ferai passer toute ma bonté devant toi ... Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde ... Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ». Quelle intimité Dieu, « qui habite la lumière inaccessible, qu’aucun homme n’a vu ni ne peut voir» (1 Tim. 6:16), avait avec son serviteur !

 

3.2       Job et ses amis

Dieu a voulu consacrer tout un livre de sa Parole à un seul homme. Il avait une leçon essentielle à nous apprendre. Les deux premiers chapitres nous décrivent les épreuves que l’Éternel a permises pour son serviteur : les biens, la santé, sa femme, le silence de ses amis. Pendant sept jours, ceux-ci, assis autour de lui, ont gardé un silence toujours plus pesant. Job alors explose et provoque les discours sans compréhension des trois amis. Ils étaient pourtant venus « pour... le consoler », et voulaient montrer leur vraie amitié. Ils venaient de loin, mais qu’ont-ils apporté ? « Ils condamnaient Job » (32:3). Ils n’ont pas su le convaincre : « Dieu le fera céder, et non pas l’homme » (32:13). Ils n’ont pas amené Job dans la présence de Dieu.

Pourtant l’Éternel lui-même avait dit du patriarche qu’il était « parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ». Il le répète à deux reprises (1:8 ; 2:3).

Peut-être dans leurs festins ses fils avaient-ils péché ; Job offrait pour eux des holocaustes, « selon leur nombre à tous » (1:5). Mais il n’en offrait pas pour lui- même ! Il ne connaissait pas le fond de son cœur ; l’épreuve allait ouvrir ses yeux. Les amis n’ont pas su le faire. Comme sa femme, ils ont été des entraves ; ils n’ont pas eu un mot de consolation. Leurs raisonnements pouvaient être justes, mais inadéquats :

Éliphaz parle de son expérience : « Selon ce que j’ai vu » (4:8). Il ne comprend pas la souffrance de Job.

Bildad met en avant la tradition des pères : « Interroge, je te prie, la génération précédente, et sois attentif aux recherches de leurs pères ... ceux-là ne t’enseigneront-ils pas ? » (8:8-10).

Tsophar accuse directement. « Tu as dit ... je suis sans tache à tes yeux ! Oh ! qu’il plût à Dieu... d’ouvrir ses lèvres contre toi ... Dieu laisse dans l’oubli beaucoup de ton iniquité » (11:4-6). Voilà le légaliste : Dieu exige ; il est contre toi ; c’est un créancier.

Et le problème de Job ne se résout pas. Au contraire, ses amis l’exaspèrent par leurs accusations. Alors Job, pour se justifier, en vient à dire « Je ne lâcherai pas ma perfection ... mon cœur ne me reproche aucun de mes jours » (27:5-6). Il accuse Dieu : « Dieu a écarté mon droit » « Moi je suis net, sans transgression ... Il trouve des occasions d’iniquité contre moi » (34:5 ; 33:9-10).

Dieu permet alors qu’un ami véritable, un plus jeune, se présente : Élihu. Il va amener Job dans la présence de Dieu pour qu’il soit, de lui-même, amené à la solution de son douloureux problème. L’esprit qui était au-dedans du jeune homme le pressait (32:18), le souffle du Tout-puissant lui avait donné la vie (33:4).

Élihu se met au niveau de Job : « Je suis comme toi quant à Dieu, je suis fait d’argile, moi aussi » (33:6). Il ne veut ni le flatter, ni l’accabler, mais il présente clairement la répréhension « Tu as dit : Moi je suis net, sans transgression ... Dieu trouve des occasions d’inimitié contre moi ... En cela tu n’as pas été juste, car Dieu est plus grand que l’homme ... Dieu parle une fois, et deux fois ... Il ouvre l’oreille aux hommes pour détourner l’homme de ce qu’il fait ... S’il y a pour lui un Messager, un entre mille pour montrer à l’homme ce qui pour lui est la droiture (en se jugeant lui-même), Dieu lui fera grâce et Il dira : J’ai trouvé une propitiation » (33:8-24). Alors s’opérera ce qui correspond dans le Nouveau Testament à une nouvelle naissance. Job dira : J’ai péché, j’ai perverti la droiture, et il ne me l’a pas rendu. Il a délivré mon âme pour qu’elle n’aille pas dans la fosse ... Dieu opère toutes ces choses avec l’homme pour qu’il soit illuminé de la lumière des vivants (33:23-30).

Élihu a des paroles pour Dieu : « Dieu est puissant et ne méprise personne ... Il ouvre les oreilles à la discipline ... Qui enseigne comme lui ? » (36:5, 10, 22).

Élihu, l’ami fidèle, l’aide précieuse, se tait ; Job n’a plus rien à ajouter (31:40) ; Dieu peut alors directement lui parler (chap. 38-41).

Job se courbe enfin et reconnaît la grandeur de Dieu : « Je sais que tu peux tout, et qu’aucun dessein n’est trop difficile pour toi ... J’ai parlé, et sans comprendre, de choses trop merveilleuses pour moi ... Toi, instruis-moi. Mon oreille avait entendu parler de Toi, maintenant mon œil T’a vu : c’est pourquoi j’ai horreur de moi et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (42:2-6). Horreur d’avoir accusé Dieu, au lieu de se juger lui-même !

Et l’Éternel rétablit l’ancien état de Job, quand il a prié pour ses amis qui l’avaient tant fait souffrir et n’avaient pas parlé de Dieu comme il convient (42:7). Il lui donne le double de tout ce qu’il avait eu, sauf de ses enfants, parce que eux n’avaient pas été perdus : le sacrifice avait été offert pour eux, comme pour les amis (1:5 ; 42:8).

 

3.3       Samuel et David à Naïoth (1 Sam. 19:18)

David a dû s’enfuir devant la colère de Saül. Il se réfugie vers Samuel à Rama et lui raconte tout ce que Saül lui a fait. Les deux s’en vont pour quelque temps à Naïoth, à l’écart (comme Jésus et ses disciples, Marc 6:31). Le futur roi entrait à l’école de Dieu d’où le vieux serviteur allait sortir. Combien celui-ci a pu être en aide à son jeune ami, tel plus tard Céphas au jeune Saul ... pendant quinze jours ! (Gal. 1:18).

Quelle aide peut trouver un(e) jeune auprès d’un frère, ou d’une sœur expérimentés, à qui l’on peut ouvrir son cœur, présenter ses problèmes et ses questions, auxquels répondra le conseil à propos !

Samuel avait mené deuil sur Saül. L’Éternel l’avait conduit à oindre David dans l’intimité de sa famille (1 Sam. 16:13). Maintenant le vieillard voyait le roi déchu sous son vrai jour, et apprenait à mieux connaître celui dont l’Éternel lui avait dit qu’il serait « un roi pour Moi ». Le vieux prophète avait été disponible pour oindre le jeune berger ; en ce jour de peine pour David, il était disponible pour l’accueillir. Puisse-t-il se trouver dans les divers rassemblements, ceux ou celles qui, ayant marché avec le Seigneur, peuvent être une aide véritable pour les jeunes qui se confient à eux, comme aussi des grands-parents prêts à encourager leurs petits-enfants.

 

3.4       Abigaïl (1 Sam. 25)

Femme de bon sens, belle de visage, elle avait un époux dur et méchant, Nabal. Il refuse à David la nourriture que méritaient ses jeunes hommes pour les services rendus. Respirant vengeance, épées ceintes, David et ses hommes montent pour tuer Nabal. Abigaïl, informée, se hâte à la rencontre des assaillants, apportant des vivres et retenant David : « Lorsque l’Éternel aura établi mon seigneur prince sur Israël, ceci ne sera point pour toi un achoppement pour le cœur de mon seigneur, d’avoir sans cause versé le sang et de s’être fait justice à lui-même ». David bénit l’Éternel de l’avoir envoyée à sa rencontre ; par son moyen, Dieu a déjoué le plan de l’ennemi qui voulait faire tomber David. Elle a demandé qu’il se souvienne d’elle. David lui répond : Je t’ai accueillie avec faveur ... Admiration et respect réciproques, tact des attitudes et des paroles. Mais Abigaïl est liée par mariage à Nabal. Ce n’est qu’après le décès de celui-ci que David la prend pour épouse ; elle répondra qu’elle vient comme servante ! Elle lui a été une aide remarquable à un moment précis, et tous deux ont su attendre l’heure de Dieu pour s’unir.

Les amitiés entre sexes différents peuvent être spirituellement profitables dans la dépendance du Seigneur, mais une réserve, une prudence s’imposent. Un foyer peut trop facilement être détruit, surtout si les contacts sont trop fréquents ou trop longs. Des collègues de travail auxquels on s’attache. Des attirances coupables. Que Dieu nous soit en aide ! Il y a des cas où la séparation immédiate est indispensable, même si elle est douloureuse, comme l’a dit Jésus lui-même (Mat. 5:28-29).

 

3.5       Jonathan

David revenait d’avoir frappé le Philistin, la tête de Goliath en sa main. Plein d’admiration pour lui, Jonathan se lie de cœur à David. « Il l’aima comme son âme » (1 Sam. 18:1). Ami fidèle à travers les circonstances douloureuses où Saül veut absolument se débarrasser de David par la mort.

Jonathan se dépouille de sa robe royale, de ses vêtements, de son épée, de son arc, de sa ceinture : tout pour David (ici type de Christ !). Bien des fois il encouragera son ami, exposé à la jalousie mortelle de son père.

Lors d’une dernière entrevue, les deux se séparent pour ne plus se revoir (1 Sam. 23:16-18). Si nous pensons aux circonstances historiques, Jonathan aurait-il dû, malgré Exode 20:12 : « Honore ton père ... », abandonner son père malheureux, qui avait voulu deux fois le tuer ? Il aurait ainsi suivi David chez les Philistins et se serait exposé à combattre contre son propre peuple. En rejoignant Saül, il est mort sur la montagne de Guilboa. Tragique dilemme que ni l’un ni l’autre des deux amis ne pouvait prévoir. Bien sûr, si nous voyons en David un type de Christ, le Seigneur peut par analogie amener, dans des cas extrêmes, un croyant à se séparer de ses parents pour s’attacher à Jésus, bien qu’un témoignage fidèle dans une famille hostile puisse être béni par la grâce. Quoi qu’il en soit, David n’a conçu aucune rancune contre Jonathan. Au contraire, dans le Chant de l’Arc (2 Sam. 1) il rappelle notamment son ami « plein de charmes et son amour merveilleux» (v. 26)

 

3.6       Akhitophel, Hushaï (2 Sam. 15:31-37 ; 16:15-17, 23)

David a dû s’enfuir de Jérusalem pour échapper à son fils Absalom. Deux amis entre autres nous sont présentés : Akhitophel et Hushaï. Il apprend que le premier, son conseiller, est à Jérusalem parmi les conjurés avec Absalom. Trahison d’un ami.

Arrivé au sommet de la montagne des Oliviers, David rencontre son autre ami, Hushaï, que le roi engage à retourner à Jérusalem pour déjouer le conseil d’Akhitophel. David avait prié l’Éternel peu auparavant à ce sujet (15:31). Dieu répond à la prière et fait en sorte que le conseil d’Hushaï prévale sur celui d’Akhitophel. Celui-ci se suicide (17:23), tandis que Hushaï, ami fidèle qui a risqué sa vie en retournant vers Absalom, reste attaché au roi. Son fils Baana sera l’un des intendants de Salomon (1 Rois 4:16).

 

3.7       Jonadab (2 Sam. 13:3-5, 32-33)

Ami et cousin d’Amnon, le fils aîné de David, Jonadab était un mauvais conseiller, très habile, rusé, mais cynique. Sans retenue, il donne à son ami un triste conseil au sujet de Tamar, sa demi-sœur. Amnon le suit pour sa propre perte.

Lorsqu’Absalom fait tuer Amnon, Jonadab le savait d’avance. Il tranquillise David : « Que mon seigneur ne pense pas qu’on ait tué tous les jeunes hommes, fils du roi, car Amnon seul est mort ; car cela a eu lieu par l’ordre d’Absalom qu’il avait arrêté dès le jour qu’Amnon humilia Tamar, sa sœur ». Jonadab aurait pu prévenir ce meurtre en avertissant son ami Amnon ou David. Mais il n’en fit rien. Prenons garde aux amis du monde qui ne craignent pas Dieu, ont peut-être des motifs intéressés, et peuvent entraîner à des pièges parfois mortels.

 

3.8       Daniel

Déporté à Babylone avec beaucoup d’autres jeunes de la semence royale, Daniel trouve parmi eux trois amis. Ensemble, malgré les risques courus, ils prennent la décision ferme, sous l’influence de Daniel, de refuser les mets délicats du roi qui avaient été présentés aux idoles. Dieu honore leur fidélité. D’autres épreuves surviennent et les amènent ensemble à la prière (2:18). Dieu leur répond merveilleusement. Plus tard, les trois amis, sans Daniel, bravent l’ordre du roi en refusant de s’incliner devant la statue, et Dieu répond à leur foi. Daniel lui-même aura d’autres épreuves, sans l’appui présent de ses amis ; le souvenir des jours vécus ensemble restera une aide pour les uns et les autres.

 

3.9       Ébed-Melec (Jér. 38:7-13)

Jérémie a été jeté dans la fosse de la prison où il enfonce dans la boue et va mourir (Lament. 3:52-54). Il crie alors à l’Éternel qui lui répond : « Ne crains pas ». Dieu se sert d’Ébed-Mélec, cet Éthiopien eunuque dans la maison du roi. Ému de tout le mal qu’on a fait au prophète, il entre devant Sédécias et le supplie en faveur du malheureux, à qui il voudrait bien être en aide. Le roi lui donne trente hommes pour faire monter Jérémie hors de la fosse. Ébed-Mélec, plein d’égards, cherche de vieux lambeaux d’étoffe et des haillons pour les mettre sous les cordes qui, placées sous les aisselles de Jérémie, serviront à le tirer de cette fosse où la boue le retient. Aide opportune d’un étranger qui a compassion du malheur de l’homme de Dieu. Douceur rappelant celle de Dieu envers son peuple : « Je les tirais avec des cordes d’hommes, avec des liens d’amour» (Osée 11:4). Ébed-Mélec ne sera pas oublié de l’Éternel qui promet de le sauver (Jér. 39:16-18).

Pour aider vraiment nos amis, ne faut-il pas être d’abord « enracinés et fondés dans l’amour » ? (Éph. 3:18).

 

4         Dans l’assemblée locale (collectivement — exemples du Nouveau Testament)

« Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tim. 1:15). Le salut est personnel ; chacun est appelé, s’étant repenti, à accepter le Sauveur : « Quiconque croit en Lui... a la vie éternelle » (Jean 3:16). Mais le croyant n’est pas destiné à marcher seul ; c’est plus facile peut-être dans un sens, mais pas selon la pensée de Dieu. « Jésus allait mourir ... pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11:51-52).

« Le bon Berger met sa vie pour les brebis » (Jean 10:11). Les unes étaient enfermées dans la bergerie, figure des Juifs encadrés dans les ordonnances, les commandements de la loi et les traditions. Mais Jésus appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors. Puis il va devant elles, et les brebis le suivent (v. 3-4).

Il y avait « d’autres brebis », venant des nations qui n’avaient jamais été en relation avec l’Éternel, et n’étaient « pas de cette bergerie ». « Il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (v. 16).

Les brebis de la bergerie étaient maintenues ensemble par un enclos. Un troupeau est maintenu ensemble par le centre : le Berger.

Jésus n’était pas venu révéler le mystère de l’assemblée, mais il y fait ici allusion : Juifs et nations seront réunis en un tout. Il faudra l’épître aux Éphésiens pour que Paul, en particulier, fasse connaître ce mystère qui lui a été révélé : « Que les nations seraient cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus par l’Évangile » (Éph. 3:6). Ce corps dont Christ est la tête (Col. 1:18) sera formé à la venue du Saint Esprit, par lequel « nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres » (1 Cor. 12:13). L’Évangile contenait en germe ce qui sera révélé dans les épîtres. Ainsi « tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps » : diversité dans l’unité (1 Cor. 12:12).

On peut se rassembler comme les brebis d’un troupeau. Chacun garde sa personnalité, et plus les brebis seront près du berger, plus elles seront près les unes des autres.

Mais être membre d’un corps est tout autre chose. C’est faire partie d’un organisme vivant ; et « Dieu a placé les membres — chacun d’eux — dans le corps, comme il l’a voulu » (1 Cor. 12:18). Il ne s’agit donc pas de former une organisation avec ses statuts, sa confession de foi, ni de renouveler des ordonnances, mais de se rassembler parce qu’on a été mis ensemble par le Seigneur et son Esprit, et que lui- même est le centre : « Là où deux ou trois sont assemblés à mon Nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18:20). Il n’est pas dit « se sont assemblés », mais littéralement « sont ayant été amenés ensemble » vers (accusatif de direction) le nom de Jésus. C’est le Saint Esprit qui produit cette unité, et si un nombre même limité de croyants se trouvent réunis ensemble sur cette base-là, appréciant dans leur cœur que, pour Dieu et pour le Seigneur Jésus, tous les membres du corps sont un, il peut leur être dit, comme aux Corinthiens : « Vous êtes corps de Christ et membres chacun en particulier » (v. 27). (*)

Comment, dans une telle assemblée locale, être une aide et non une entrave ? On peut considérer trois aspects différents :

·         Les paroles

·         les attitudes que l’on prend et l’atmosphère qui en découle

·         le ministère (**)

 

(*) Le texte original dit : vous êtes corps de Christ, non pas : vous êtes le corps de Christ.

 

(**) Nous répondons à ces questions du point de vue pratique, non pas doctrinal, sujet sur lequel il y a maintes brochures, telles que

C.H.M. « La pleine suffisance du Nom de Jésus »

A.G. « L’assemblée du Dieu vivant »

A.L. « La Cène et la table du Seigneur »

G.A. « Le Nom qui rassemble »

C.H.M. « Qu’êtes-vous : Une aide ou une entrave ? »

H.R. « Qu’est-ce qu’une réunion d’assemblée ? »

J.N.D. « Qu’est-ce qu’une secte ? »

 

4.1       Nos paroles

Elles traduisent ce que Dieu voit dans nos cœurs : « L’homme bon, du bon trésor de son cœur produit ce qui est bon, et l’homme mauvais, du mauvais, produit ce qui est mauvais : car de l’abondance du cœur sa bouche parle » (Luc 6:45).

La langue peut être un frein à l’expression des pensées qui montent dans le cœur ; par timidité ou réserve excessive, on n’ose pas dire ce qui est bon ; quant au mal, le frein peut agir, mais hélas seulement pour un temps ; un jour les mauvaises pensées s’exprimeront ! Il importe donc de s’en rendre compte à temps, et de les confesser à Dieu sans retard.

 

4.1.1        Le contentement

« Étant contents de ce que vous avez présentement » nous dit Hébreux 13:5. Le Seigneur a fait des promesses ; si nous nous les approprions, pleins de confiance, nous dirons : « Le Seigneur est mon aide ». Contentement et reconnaissance envers Dieu ; mais aussi attitude dans l’assemblée. On jouira de toute la nourriture spirituelle que le Seigneur donne, malgré bien des faiblesses ; on saura apprécier à travers les circonstances diverses le bien opéré par sa grâce.

Quelle attitude de cœur allons-nous apporter par nos paroles dans un tel rassemblement ? Celui qui est content des circonstances où Dieu l’a placé, des joies qu’il trouve avec ses frères autour du Seigneur, sera une grande aide dans une assemblée. S’il se complaît à « parler contre » eux (Jacq. 4:11), que de troubles il peut amener ! Et d’où proviennent ces récriminations, cette insatisfaction ? De ce qu’on se compare trop facilement aux autres, soit dans le domaine matériel, soit quant à la place occupée dans ce rassemblement. Allons-nous nous comporter comme dans la société humaine, avec son flot de mécontentements divers qui dégénèrent en contestations et bien davantage ? Ou bien apporterons-nous la paix dans l’assemblée ? Jacques ajoute : « Ne murmurez pas », littéralement « ne gémissez pas les uns contre les autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés » (5:9). Les murmures étaient d’abord intérieurs : notre esprit se débattait contre tel frère ou telle sœur, ou telle attitude collective ; on cherchait des arguments pour se donner à soi-même toujours raison. Et les griefs accumulés se sont finalement exprimés ! Que d’entraves une telle attitude peut produire dans une assemblée !

 

4.1.2        Couvrir (1 Pierre 4:8 ; Jacques 5:20b) — Médire (1 Pierre 2:1)

Il ne s’agit pas de traiter un mal grave dans l’assemblée comme s’il n’existait pas, croyant venir en aide en le couvrant. 1 Corinthiens 5 nous enseigne à ce sujet. Autre chose est de ne pas raconter à gauche et à droite le mal que l’on a pu apprendre : « Si quelqu’un voit son frère pécher d’un péché qui ne soit pas à la mort, il demandera pour lui » (1 Jean 5:16). Il ne s’agit pas ici de la mort éternelle, mais de la mort physique ou morale sous le gouvernement de Dieu. On est conscient du manquement du frère. On intercède pour lui pour que l’Esprit de Dieu agisse dans son cœur, le convainque de péché et l’amène à la confession (1 Jean 1:9). En Matthieu 18:15, on cherche à le « gagner ».

Surgit un différend entre deux frères. Ils ne se saluent plus, ne se parlent plus, mais chacun va se plaindre chez autrui du mal que l’autre lui a fait. Un frère sage (Phil. 4:3) aura-t-il à cœur de les engager à se rencontrer et à mettre en pratique Jacques 5:16 : « Confessez vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre en sorte que vous soyez guéris » ? Ainsi la communion par la grâce de Dieu peut être rétablie. C’est ce que Pierre prévoit : « Avant toutes choses, ayant entre vous un amour fervent, car l’amour couvre une multitude de péchés » (1 Pierre 4:8).

Sans exagérer, on peut dire que la médisance est un fléau parmi les chrétiens. Médire n’est pas inventer du mal, mais simplement colporter un mal existant. Calomnier, c’est dire un mensonge, ou fortement exagérer. Dans les deux cas, le but caché est bien souvent de se mettre soi-même en bonne lumière ! Proverbes 18:8 nous dit : « Les paroles du rapporteur sont comme des friandises, et elles descendent jusqu’au-dedans des entrailles ».

Médisance, et plus encore calomnie, peuvent discréditer ou décourager un frère et, aux yeux des autres, entraver son service. Si l’ennemi ne réussit pas à discréditer l’enseignement, parce qu’il est selon la Parole, il fait parler en mal de la personne. Les ennemis de l’apôtre disaient : « Ses lettres sont graves et fortes, mais sa présence personnelle est faible, et sa parole méprisable » (2 Cor. 10:10).

Ce n’est pas pour rien que 1 Pierre 2, avant de nous parler d’« offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ », insiste sur « rejetant ... et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances » (v. 5 et 1). Si on y persiste, la « sainte sacrificature » (v. 5) ne pourrait plus s’exercer « par l’Esprit » (Phil. 3:3). Et la « sacrificature royale » saurait-elle encore, sans discrédit, « annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (v. 9) ?

« Une réponse douce détourne la fureur, mais la parole blessante excite la colère », nous dit Proverbes 15:1. Juges 8:1-3 nous rappelle comment la réponse conciliante de Gédéon apaisa la colère des Éphraïmites, tandis qu’en Juges 12:1-6 la violence de Jephté amena la guerre civile.

On se targue d’ôter le fétu qui est dans l’œil de son frère (Mat. 7:3-5). « Hypocrite, dit le Seigneur, ôte premièrement de ton œil la poutre et alors tu verras clair pour ôter le fétu de l’œil de ton frère ». Facilement on reprochera à son frère un manquement de peu d’importance, sans se rendre compte que soi-même, déjà par son attitude de supériorité, on est loin d’imiter le Maître.

Mais considérons le côté positif de nos paroles : « Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent » (Éph. 4:29). Et Colossiens 4:6 précise : « Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun ». Nous avons bien besoin de demander au Seigneur de nous aider à avoir des paroles qui soient en aide et non pas en entrave, soit à nos frères, soit à l’Évangile (Jean 4:39).

« De toute parole oiseuse qu’ils auront dite, les hommes rendront compte au jour du jugement » ! (Mat. 12:36)

 

4.2       Attitudes, atmosphère

4.2.1        Se réjouir, pleurer (Rom. 12:15)

Romains 12, 15 nous dit : « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, et pleurez avec ceux qui pleurent ». Quelle aide cette attitude peut apporter ! Plus facilement peut-être on pleurera avec ceux qui pleurent, qui souffrent d’une maladie grave ou sont dans le deuil. Mais se réjouir avec ceux qui se réjouissent, demande toute absence d’égoïsme ou d’envie. Quel encouragement pour un jeune couple au tout début de la vie commune, de sentir la communion de nombreux frères et sœurs lors de la prière et de la présentation de la Parole dans la réunion qui suit immédiatement leur mariage !

Plus encore : s’associer à la joie du Berger qui a trouvé sa brebis perdue et dit à ses amis et à ses voisins : « Réjouissez-vous avec moi ». Ou, comme le dit l’apôtre Jean : «Je me suis fort réjoui d’avoir trouvé de tes enfants marchant dans la vérité » (2 Jean 4). Se réjouir de voir des jeunes chercher à suivre le Seigneur, et non pas considérer avec réserve, avec quelque doute, leurs premiers pas dans le chemin de la foi. Au contraire, les y aider, et selon l’occasion, les y enseigner « selon qu’ils peuvent l’entendre » (Marc 4:33).

 

4.2.2        Fréquentation régulière du rassemblement. (Héb. 10:25) — Habitude d’abandonner. Démas. (2 Tim. 4:10)

Hébreux 10:24-25 nous dit : « Prenons garde l’un à l’autre pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres, n’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes, comme quelques-uns ont l’habitude de faire, mais nous exhortant l’un l’autre, et cela d’autant plus que vous voyez le jour approcher ». Cette exhortation suit presque immédiatement la « pleine liberté » que nous avons pour entrer dans les lieux saints, afin de nous « approcher ». Privilège inconnu en Israël autrefois, quand seuls les sacrificateurs pouvaient pénétrer dans le lieu saint, et l’unique souverain sacrificateur une fois l’an dans le sanctuaire intérieur. Et maintenant,

 

Lavés, justes, parfaits, nous entrons au saint lieu,

Dans la pleine clarté de la face de Dieu.

H.R.

 

D’où vient la coutume, trop fréquente, de ne pas venir régulièrement aux réunions ? Tout dépend de la gestion de son temps. Les jeunes diront que les études leur prennent tout leur temps. Pourtant il y a peu d’époques de la vie plus propices à disposer de quelques heures par semaine pour profiter de se réunir. Quand viennent le mariage et les enfants, les obligations professionnelles, il faut encore plus d’énergie. Cette fréquentation régulière sera en profit pour soi-même, mais aussi une aide, un encouragement pour nos frères et sœurs. Les épines de la parabole : l’excès de travail, les soucis, les convoitises mondaines, peuvent étouffer la jeune plante qui se développait, éloigner aussi le croyant du rassemblement. Ce fut le cas de Démas, qui « aima le présent siècle » ; il a abandonné l’apôtre et s’en est allé à Thessalonique, dans quel but ? Il n’y a en tout cas pas apporté l’encouragement produit autrefois par la visite de Timothée (1 Thess. 3:2, 6).

Sachons bénir le Seigneur pour les frères et sœurs avec lesquels il nous a rassemblés ; que ce soit avec joie, dans l’amour pour les saints (Héb. 6:10), sachant supporter et pardonner selon Colossiens 3:12-13, « comme aussi le Christ vous a pardonné », sans préférence (Jacq. 2:1-4), ni racine d’amertume (Héb. 12:15b). Matthieu 18:28-30 reste toujours actuel ! Parfois il faut accepter, lorsqu’il ne s’agit pas de doctrine fondamentale, quelques différences dans la pratique, les coutumes locales, les progrès que quelques-uns n’ont pas encore faits, et contribuer à pallier l’ignorance de ceux qui ont été amenés plus récemment au Seigneur (Rom. 14 ; Phil. 3:15-16) : « Si en quelque chose vous avez un autre sentiment, cela aussi Dieu vous le révélera ; cependant dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, marchons (*) dans le même sentier ».

 

(*) a ici plutôt le sens de marcher à la file, et non pas côte à côte

 

4.2.3        L’accueil

Paul a une grande joie, une grande consolation dans l’amour de Philémon « parce que les entrailles des saints sont rafraîchies par toi, frère ». À Gaïus, Jean dira : « Tu agis fidèlement dans tout ce tu fais envers les frères ... qui ont rendu témoignage à ton amour devant l’assemblée ; et tu feras bien de leur faire la conduite d’une manière digne de Dieu » (3 Jean 5-6).

Accueillir avec joie ceux qui désirent s’approcher du Sauveur qu’ils ne connaissent pas encore ; recevoir les faibles en foi, « non pas pour la décision de questions douteuses » (Rom. 14:1) ; savoir encourager et affermir un jeune qui désire participer à la table du Seigneur et ne pas le faire attendre longuement avant de lui permettre d’occuper la place que le Seigneur lui a acquise.

Un Diotrèphe n’était certes pas en aide dans l’assemblée. Il voulait être le premier ; il ne recevait pas les frères et empêchait ceux qui voulaient les recevoir. Quelle entrave dans l’assemblée ! (3 Jean 9-10).

 

4.3       Notre attitude vis-à-vis du ministère

Pour l’édification et les soins de l’assemblée, des dons ont été confiés à des serviteurs choisis par Dieu. En Romains 12, ce sont des dons de grâce différents « selon la grâce qui nous a été donnée ». Dons à exercer « selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun ». En Éphésiens 4, le Christ ressuscité et monté en haut a donné des dons aux hommes « en vue du perfectionnement des saints », pour que ceux-ci s’occupent « de l’œuvre du service, de l’édification du corps de Christ », et que nous ne soyons plus « de petits enfants ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine ». C’est aussi « tout le corps » qui produit, « selon l’opération de chaque partie dans sa mesure », l’accroissement du corps (v. 16).

En 1 Corinthiens 12, l’Esprit Saint donne une « diversité de dons de grâce » « en vue de l’utilité ». Ceux-ci sont confiés « à chacun » (v. 7).

« Dieu a placé les membres — chacun d’eux — dans le corps, comme il l’a voulu » (v. 18). « Dieu a composé le corps en donnant un plus grand honneur à ce qui en manquait afin ... que les membres aient un égal soin les uns des autres » (v. 24-25). Enfin Dieu a placé divers dons dans l’assemblée, dons que chacun est appelé à exercer dans l’amour (chap. 13), sans lequel rien ne vaut.

Quelle attitude avons-nous à prendre vis-à-vis de tels dons de grâce ?

Tout d’abord, « connaître ceux qui travaillent parmi vous ... et qui vous avertissent et les estimer très haut en amour à cause de leur œuvre » (1 Thess. 5:12-13), alors qu’on pourrait les « mépriser », comme certains Corinthiens le faisaient vis-à-vis de l’apôtre Paul (2 Cor. 10:10); faire notre profit du ministère écrit que le Seigneur nous a donné, et l’apprécier.

En Actes 11:23, Barnabas arrive à Antioche. Il ne vient pas comme inquisiteur, mais « ayant vu la grâce de Dieu, il se réjouit ». Il est reconnaissant du bien que Dieu a produit et va contribuer, seul d’abord, puis avec Saul, à exhorter les croyants à demeurer « attachés au Seigneur de tout leur cœur » ; une grande foule est ajoutée au Seigneur ; enfin les deux se réunissent dans l’assemblée et enseignent une grande foule. Ces serviteurs ont été d’une aide inestimable aux origines du christianisme, et tout le long de son histoire, en présentant la Parole de Dieu. Selon 1 Pierre 4:10, tous deux employaient le don de grâce qu’ils avaient reçu. Chacun y est invité, « comme bon dispensateur de la grâce de Dieu ». Non pas pour se glorifier soi-même, mais, recevant « la force que Dieu fournit », dans le but « qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ ». Remarquons aussi comme le mot « chacun » revient à maintes reprises dans de tels passages, et demandons-nous si nous savons être en aide à nos frères « selon la mesure de la règle que le Dieu de mesure nous a départie » (2 Cor. 10:13).

On peut, à l’inverse, éteindre l’Esprit (1 Thess. 5:19), soit en parlant mal à propos, soit en ne s’exprimant pas lorsque l’Esprit nous pousserait à le faire, soit en méprisant ce que l’Esprit aura pu communiquer par l’instrument choisi.

Le serviteur est appelé tout d’abord à se montrer lui-même « en toutes choses un modèle de bonnes œuvres », « faisant preuve dans l’enseignement de pureté de doctrine, de gravité, de parole saine » (Tite 2:7-8). Il sera ainsi une véritable aide pour ses frères, à l’encontre d’aucuns qui évangélisaient outre ce que l’apôtre avait évangélisé. C’était très grave, et la malédiction de Dieu peut reposer sur celui qui ajoute à l’Évangile, ou le déforme : « Si quelqu’un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème » (Gal. 1:8-9) ; et si quelqu’un vous mène en avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ, et qu’il vienne à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas (2 Jean 9-10). De tels hommes ne sont pas seulement une entrave, mais peuvent falsifier la Parole de Dieu, et même ébranler ses vrais serviteurs.

Souvenons-nous aussi que parmi les dons énumérés à la fin de 1 Corinthiens 12, il y a « des aides » (v. 28), frères ou sœurs qui en simplicité répondent à ce que Dieu leur a confié et sont en bénédiction autour d’eux.

Les prophéties, la connaissance auront leur fin, mais « l’amour ne périt jamais » (13:8).

 

5         Dans le monde

« Pas du monde ... envoyés dans le monde » (Jean 17:14, 16, 18)

 

5.1       Évangélisation

5.1.1        Envoyés dans le monde

À la fin de chaque évangile, après la résurrection, et avant de les quitter, le Seigneur confie à ses disciples, sous des formes différentes ayant le même sens, la mission de faire disciples toutes les nations et de les enseigner, — de « prêcher l’Évangile à toute la création », — que « la repentance et la rémission des péchés soient prêchées en son Nom à toutes les nations » — « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Puis, au moment de les laisser, il précise à nouveau : « Vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée, et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre » (Actes 1:8). Les disciples n’étaient qu’une poignée d’hommes au milieu de l’immense empire romain et toutes ses religions païennes. En soixante-dix ans, l’Évangile s’est répandu dans toute la partie méditerranéenne orientale de l’empire, et même au-delà ! Jésus avait dit : « Allez ». Il leur avait promis sa présence (Mat.), sa coopération (Marc), sa puissance par l’Esprit Saint (Luc), sa paix, en le servant et le suivant (Jean 20:21 ; 21:23 ; 12:26) ; et dans les Actes, tout cela « jusqu’au bout de la terre ».

Il avait dit : « Je suis avec vous tous les jours ». Et l’Esprit qu’ils allaient recevoir en ferait des témoins. Aujourd’hui encore Dieu agit par son Esprit et sa Parole, répandue plus que jamais dans ce monde ; le Seigneur sait combien d’âmes sont amenées à Lui.

Pour être un « témoin » il n’est pas besoin d’être un évangéliste. Le Seigneur dit : « vous serez mes témoins », non pas : j’aimerais que vous soyez des témoins. Des miracles-signes ont été donnés au début pour accréditer l’Évangile. Mais c’est la Parole de Dieu, sous l’action de l’Esprit, qui opère et régénère : l’Esprit convainc de péché (Jean 16:8) et la Parole produit la nouvelle naissance (1 Pierre 1:23). Un témoin est appelé à dire ce qu’il a vu ou entendu, ou vécu. « Ceux qui avaient été dispersés par la tribulation qui arriva à l’occasion d’Étienne », de simples croyants, allèrent çà et là, annonçant la Parole, d’abord à des Juifs, puis aussi à des Grecs. « La main du Seigneur était avec eux, et un grand nombre ayant cru se tournèrent vers le Seigneur » (Actes 11:19-21). Aucun nom de ces témoins n’est donné. Ils avaient dû fuir la persécution ; mais ils ne manquaient pas, dans tous les lieux où ils étaient dispersés, d’annoncer le Seigneur Jésus ; ils se réunirent en assemblée, entre autres à Antioche, où l’enseignement de Barnabas, puis de Saul, les affermit.

Aujourd’hui encore, tout croyant est appelé à être un témoin. En sommes-nous chacun convaincu, et disponible pour les occasions qui nous seront données ? Il y a, bien sûr, aussi des évangélistes auxquels le Seigneur confie ce don (Éph. 4:11), et que nous avons besoin de soutenir par nos prières et nos dons (Héb. 13:16 « faire part de vos biens »).

Avant d’envoyer ses disciples prêcher et guérir, Jésus avait voulu qu’ils soient « avec lui » (Marc 3:14). En tout premier lieu, il importe de l’écouter, de lui parler, de rechercher sa communion ; puis, comme ceux d’autrefois, après avoir prêché, de se retrouver auprès de Lui et de lui raconter « tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné » (Marc 6:30). Il les mène alors à l’écart pour se reposer un peu, — halte aussi bien nécessaire ! Ce que le Seigneur est pour nous est plus important que notre service pour lui : être, avant de faire. Dans sa communion on apprend à être un témoin, ou une « aide » (1 Cor. 12:28) qui sait mettre une « goutte d’huile » au bon endroit.

 

5.1.2        Les entraves

Le Seigneur Jésus enseigne les foules, ayant compassion d’elles. Quand il s’agit de les nourrir, les disciples veulent les renvoyer : « Nous n’avons que... ». Excuse fréquente : Je ne sais pas parler, je ne saurais pas que dire ... et pourtant Jésus a multiplié les cinq pains et les deux poissons et tous furent rassasiés. D’abord il a fallu les apporter au Seigneur, qui, après avoir rendu grâces, les leur a confiés. Ce sont les objections d’un Moïse, d’un Gédéon, des espions envoyés pour reconnaître le pays, les excuses des invités : « j’ai acheté un champ ... j’ai acheté cinq couples de bœufs ... j’ai épousé une femme ! » (Luc 14:18-20). Excuses pour ne pas être un témoin ; excuses pour ne pas recevoir le témoignage ou l’invitation, pourtant celle du Seigneur.

On peut difficilement s’imaginer un croyant qui n’ait pas de sympathie pour l’œuvre de l’évangélisation. C’est être une entrave, n’avoir point de cette compassion pour les âmes perdues qui remplissait le cœur du Seigneur Jésus quand il voyait les foules lasses et dispersées « comme des brebis qui n’ont pas de berger ». N’avons-nous pas un même sentiment avec lui ?

Il y a des obstacles intérieurs et extérieurs. Tout le long de l’Évangile, ce sont les pharisiens, dont le nom  signifie en araméen les « séparés ». Ils cherchaient constamment à trouver Jésus en faute ; ils entravaient le service des disciples par leur légalisme et leur tradition. Puis d’une façon générale les Juifs furent ennemis de l’Évangile, ne pouvant accepter qu’il soit annoncé aux nations (1 Thess. 2:15-16). Quelle peine ont eue même les frères d’entre les Juifs amenés au Seigneur à accepter que cet Évangile soit aussi pour les nations (Actes 11:3 ; 21:20-25, etc). Ils avaient un parti pris contre cette œuvre.

Philippe (Actes 8), rempli de l’Esprit, n’a aucune réserve pour se rendre en Samarie ; puis sur le chemin de Gaza, pour être l’instrument qui amènera l’Éthiopien à Jésus. Ananias, à l’invitation du Seigneur, surmonte ses craintes et va imposer les mains au persécuteur redouté : « Saul, frère ... » (Actes 9). Pierre, conduit par l’Esprit, domine son préjugé, et se rend chez Corneille (Actes 10).

Lors du premier voyage de Paul et Barnabas, on jeûne et prie (Actes 13:3) ; au deuxième voyage, Paul dit à Barnabas : « Retournons ... ». Mais Barnabas se propose de prendre avec eux Jean-Marc. Paul trouve bon de ne pas le faire. Ils se séparent sans avoir prié ensemble. L’Esprit devra alors mettre des obstacles devant Paul (Actes 16:6-7) jusqu’à ce qu’il obéisse à l’appel du Seigneur dans la vision pour passer en Macédoine.

Il ne suffit pas d’avoir du zèle, de l’enthousiasme pour l’Évangile. Dans la prière et dans la dépendance, on comprend que sans le Seigneur Jésus on ne peut rien faire ; il faut réaliser que nous ne pouvons convertir les âmes ; c’est l’opération de l’Esprit. Nous sommes appelés avant tout à être des témoins, à parler du Seigneur Jésus, à annoncer ses vertus et son œuvre ; et à laisser tout le reste aux soins de l’Esprit Saint.

Il importe d’être convaincu qu’il n’y a pas d’autre Sauveur que Jésus : « Il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvé » (Actes 4:12). Si nous sommes certains que le Seigneur vient bientôt selon sa promesse, nous sentirons aussi l’urgence de propager le message du seul salut, par les divers moyens mis à notre disposition.

La Parole du Seigneur avait retenti de chez les Thessaloniciens dans l’Achaïe et en tous lieux (1 Thess. 1:8). Mais ils avaient d’abord reçu le ministère de Paul (2:13) ; par Timothée ils avaient été affermis, touchant leur foi ; c’était la prière de l’apôtre pour eux (3:2, 13). Ils avaient appris comment marcher et plaire à Dieu (4:1). L’apôtre voulait de plus qu’ils ne soient pas « dans l’ignorance » à propos de l’enlèvement des croyants auprès du Seigneur (4:16-17). Tout un travail de la Parole et de l’Esprit de Dieu dans les cœurs fait que par leur moyen l’Évangile de la grâce se répand.

La nouvelle que Pierre était entré chez des hommes incirconcis et avait mangé avec eux (Actes 11:3) était arrivée à Jérusalem plus vite que l’apôtre. Quand il y revient, des frères durs et légalistes le blâment vivement. Mais Pierre ne se prévaut pas de sa position d’apôtre pour leur dire : je suis un apôtre et je sais ce que je fais. Non. Avec douceur, avec soin, il leur explique tous les détails par lesquels le Seigneur l’a conduit à Césarée, comment l’Esprit Saint est tombé sur ceux qui avaient reçu la Parole : « Qui étais-je moi, pour pouvoir l’interdire à Dieu ? » (v. 17). Ces Juifs reconnaissent alors que « Dieu a en effet donné aux nations la repentance pour la vie ».

Lorsqu’un évangéliste, et en particulier un jeune, rencontre de l’opposition quant au service que le Seigneur lui a confié, il lui convient de ne pas se rebiffer, mais d’expliquer avec humilité et soin comment le Seigneur l’a conduit, quels ont pu être les fruits visibles du service accompli.

La persécution a sévi tout au long de l’histoire de l’Église. Toutes ces entraves que l’ennemi a cherché à mettre à la diffusion de l’Évangile ne l’ont pas empêché de se répandre jusqu’à nos jours. Quelle part y prenons-nous, soit comme témoins, soit dans tel ou tel service que le Seigneur a pu nous confier ? Pour cela il faut que notre marche corresponde à la prière du Seigneur que nous ne sommes « pas du monde ». Si nous nous y associons, si nous le suivons dans une mesure, le témoignage n’est plus une aide et peut même être un obstacle. Mais nous sommes aussi « envoyés dans le monde » pour y apporter la bonne nouvelle de la grâce de Dieu, par tant de canaux divers, dans sa dépendance.

Jésus priait sur la montagne (Luc 9:28). Pierre, Jacques et Jean, qui l’accompagnaient, « étaient accablés de sommeil ». Peut-on se trouver à l’écart, seul avec Jésus, et dormir ? c’est-à-dire ne pas rechercher la communion avec Lui ? Comment être un témoin de sa Personne si nous ne le connaissons pas toujours plus intimement ? Et la Parole nous dit : « Quand ils furent réveillés, ils virent Sa gloire » (v. 32). Sans cette vision, on ne peut annoncer vraiment l’Évangile de sa grâce.

 

5.2       Relations - Témoignage

Galates 6:10, engageant à ne pas se lasser de « faire le bien », précise « comme nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi ». Le secours matériel a toute sa place. Sans doute, comme l’enseigne Jean dans sa première épître, tout d’abord envers nos frères dans le besoin. Mais notre passage dit aussi envers tous, « comme nous en avons l’occasion ». L’aide apportée à quelqu’un dans le besoin, placé sur notre chemin, peut ouvrir une porte pour que l’Évangile soit présenté.

« Faire le bien », c’est aussi partager, avec des croyants que le Seigneur nous fait rencontrer, les biens spirituels dont il nous a comblés, ne pas garder le « trésor » pour nous-mêmes, mais, comme on l’a dit, « exporter la vérité », verbalement ou par écrit, ou par les autres moyens que le Seigneur emploie.

Toute notre conduite importe. Le Seigneur dit à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre » (Mat. 5:13). Non pas : vous devez être, mais : vous êtes. Que dans tout son comportement dans le monde, le croyant soit celui qui préserve de la corruption et aide à s’éloigner du mal. La mauvaise conduite d’un enfant de Dieu est une entrave à l’Évangile et peut devenir une occasion de chute pour d’autres.

Le Seigneur Jésus dit aussi : « Vous êtes la lumière du monde », témoignage silencieux mais clair, lampe mise sur le pied de lampe et non cachée sous un boisseau (les activités professionnelles) ou le lit (la paresse) (Mat. 5:14-16). Cette lumière luit « pour tous ceux qui sont dans la maison » (v. 15), aussi pour les visiteurs (Luc 8:16). Dans le monde elle brille pour tous. Un obstacle évident à ce que la lumière brille, est d’aimer le monde et les choses qui sont dans le monde : « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2:15).

Par la grâce de Dieu et la connaissance de la Personne du Sauveur, les croyants ont « échappé à la corruption qui est dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1:4). Pour que ce soit une réalité pratique, il ne faut plus marcher « comme le reste des nations marche » (Éph. 4:17), accepter d’être différents, ne pas participer activement à ce qui nous éloignerait du Seigneur ne pas fréquenter des lieux où il ne nous accompagnerait pas. Cela aussi fait partie du témoignage : Séparés moralement du monde pour Dieu, mais prêts, comme le Seigneur Jésus, à être en aide à ceux qui sont loin de Lui (Luc 5:29-32).

Une telle attitude n’est possible que par la foi active, vivante, attachée au Seigneur : « C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi » (1 Jean 5:4). La foi a d’autres objets que ceux du monde, d’autres joies. Les incroyants trouveront cela étrange (1 Pierre 4:4) ; ils auront à rendre compte pour eux-mêmes à Celui qui est prêt à juger les vivants et les morts. Mais en attendant, un témoignage aura été exprimé à la valeur de tout ce que Dieu a rendu précieux à nos cœurs, en premier lieu la Personne de son Fils.

 

6         Entre frères ou sœurs (individuellement — exemples du Nouveau Testament)

Depuis le jour de leur appel, Pierre et Jean avaient suivi le Seigneur. Un lien particulier s’était formé entre eux. Et pourtant, sans s’en rendre compte, au dernier jour de la vie de Jésus, Jean a été une occasion de chute pour son ami. Simon Pierre accompagne de loin les soldats qui emmènent le Seigneur au palais de Caïphe. Il arrive devant une porte fermée, obstacle que Dieu permettait. Mais Jean profite de ses relations pour faire entrer Pierre (Jean 18:15). Double conséquence : Pierre renie son Maître malgré l’avertissement reçu ; il pleure amèrement ; mais d’un autre côté, il a appris à se connaître. Le Seigneur avait pu lui dire : « J’ai prié pour toi ..., et toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères » (Luc 22:32). Il y aurait donc une restauration.

Avant cela, sur la montagne de la transfiguration, et Pierre et Jean « étaient accablés de sommeil » (Luc 9:32). À Gethsémané, tous deux s’étaient « endormis de tristesse » (Luc 22:45). Ils n’avaient pu veiller une heure avec Jésus. Ni l’un ni l’autre n’avait été en aide à son compagnon en le réveillant, et pourtant le Maître était venu trois fois vers eux. N’auraient-ils pu « veiller avec Lui », comme il le leur avait demandé ?

Au matin de la résurrection, Marie de Magdala informe Pierre et Jean : «On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où on l’a mis ». Pierre sort le premier et se hâte vers le sépulcre. Jean va-t-il le laisser tomber, puisque Pierre a renié son Maître ? — « Ils couraient les deux ensemble » — quel encouragement ! Tous deux sont témoins de la résurrection.

Plus tard, Pierre entraîne plusieurs disciples, dont Jean, à aller pêcher (Jean 21). Ils travaillent toute la nuit sans rien prendre. Le matin venant, Jésus se tient sur le rivage. Les disciples ne savent pas que c’est Jésus. Au bout d’un certain temps — est-ce à sa voix, est-ce à son attitude ? — Jean le reconnaît ; et le disciple que Jésus aimait dit à son ami : C’est le Seigneur. Pierre se jette à l’eau et va vers Lui. Les autres disciples le rejoignent auprès de ce « même Jésus » qu’ils avaient connu ensemble lors de son ministère : Pêche miraculeuse, pains et poissons ... Suit l’entretien inoubliable de Jésus avec Simon, qu’il va restaurer pour le service. Quelle bénédiction Jean a procurée à son ami !

Quelques semaines plus tard, les deux « montent ensemble au temple à l’heure de la prière » (Actes 3:1). Ensemble ils accueilleront Paul à Jérusalem et lui donneront la main d’association (Gal. 2:9).

Saul a été converti sur le chemin de Damas. Il est conduit par la main dans la ville, ne voyant personne ; pendant trois jours il jeûne. Quelqu’un va-t-il lui venir en aide ? « Il y avait à Damas un disciple nommé Ananias, et le Seigneur lui dit ... Lève-toi, ... cherche ... un nommé Saul de Tarse, car voici, il prie ». Ananias redoute d’aller vers cet homme connu pour être persécuteur des chrétiens, mais il obéit, et apporte au tout nouveau converti une aide que Saul n’oubliera pas (Actes 9:10-19).

Plus tard, le jeune Saul monte à Jérusalem. Il voudrait se joindre aux disciples, mais tous le craignent. Devra-t-il s’en aller solitaire ? — « Mais Barnabas le prit et le mena aux apôtres »; alors ils l’accueillent (Actes 9:27).

Quelques années après, Saul, déjà formé par le Seigneur, monte à Jérusalem « pour faire la connaissance de Céphas», et demeure « chez lui quinze jours » (Gal. 1:18). Saul n’a pas « connu Christ selon la chair ». Le frère plus âgé, qui a lui-même vécu avec le Seigneur, parle de Lui en détail au jeune disciple. Que de choses apprises dans ces quelques jours !

Trois hommes de Dieu ont ainsi été une aide remarquable pour celui qui deviendra un « vase d’élection pour porter » le nom de Jésus « devant les nations, et les rois, et les fils d’Israël ».

De son côté Saul a dû apprendre à accepter d’être aidé. Des mains fidèles l’ont conduit à Damas, où il lui serait dit ce qu’il devait faire. Ananias est envoyé par le Seigneur Jésus et Paul accepte avec reconnaissance sa visite et l’imposition de ses mains. Parti pour Damas, respirant menaces et meurtre, il doit accepter de quitter la ville descendu dans une corbeille à travers la muraille. Arrivé à Jérusalem, il doit accepter que Barnabas le conduise aux apôtres. Plus tard il reçoit dans la propre maison de Céphas tout l’enseignement que celui-ci peut lui apporter. Être en aide est une joie, — accepter de l’aide en est une aussi, si dans les deux cas le Seigneur conduit.

Toutefois, il est toujours délicat de donner des conseils à un frère ou à une sœur. S’ils sont dépendants, la volonté de Dieu s’accomplira dans leur vie pour leur bénédiction ; mais celui qui conseille la connaît-il vraiment ? : « Ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur » (Éph. 5:17). Les intéressés sont peut-être perplexes ; le Seigneur le permet. Il peut se servir d’un des siens pour en éclairer d’autres. Mais quelle prudence faut-il avant d’aiguiller quelqu’un dans une voie qui n’est peut-être pas celle que le Seigneur a en vue pour lui, que ce soit dans le service, dans le mariage, ou d’autres circonstances de la vie. On peut être en aide, mais aussi en piège.

En Galates 2:11, Céphas vient à Antioche. Il connaît la liberté chrétienne. Autrefois il a été chez Corneille, conduit par l’Esprit de Dieu ; ensuite il a expliqué aux anciens de Jérusalem comment il avait été dirigé. Aussi mange-t-il avec ceux des nations. Mais voilà que quelques-uns, « venus d’auprès de Jacques », arrivent à Antioche ; ce sont des légalistes, des traditionalistes. Et Céphas a peur. Il se retire de ceux des nations ; il est alors en obstacle aux autres Juifs, même à Barnabas, qui usent de dissimulation avec lui. Céphas abandonne la vérité de l’Évangile. Paul doit le reprendre devant tous. On peut avoir été en aide à plusieurs ; mais lorsque, au lieu de compter sur l’approbation du Seigneur, on se laisse influencer par le légalisme, on peut devenir un obstacle pour ses frères. Il s’agissait bien sûr, dans le cas de Paul et de Céphas dans notre chapitre, de vérités essentielles, pas seulement de points de vue différents, ou d’interprétations variées de tel ou tel verset de la Parole. Mais lorsqu’il s’agit de vérités fondamentales, clairement exposées dans la Parole de Dieu, il ne faut pas avoir peur de présenter l’enseignement tel qu’il nous est donné.

Aquilas et Priscilla ont été en aide à Paul, le recevant dans leur maison à Corinthe, exerçant ensemble le même métier. Tous trois vont ensuite à Éphèse (Actes 18:1-3 ; 19).

Apollos arrive d’Alexandrie, homme éloquent et puissant dans les Écritures, fervent d’esprit, mais ne connaissant que le baptême de Jean. Paul n’est plus là ; Aquilas va-t-il dire ouvertement à Apollos : Ton enseignement est insuffisant, tu n’as pas compris celui de Jésus ? Avec son épouse, ils invitent cet homme instruit, et dans leur domicile, tranquillement, lui expliquent plus exactement la voie de Dieu. Ils ne le méprisent pas ; il n’a pas beaucoup de connaissances ; il faut donc l’éclairer dans le particulier : une vraie aide (Actes 18:24-26).

Nous avons déjà vu Phœbé, servante de l’assemblée qui est à Cenchrée. Elle s’en va à l’étranger ; elle a aidé les autres, et en retour l’apôtre demande qu’elle soit assistée « dans toute affaire pour laquelle elle aurait besoin de vous » : bel exemple pour nous. Ainsi les enfants sont-ils invités à « rendre à ceux dont ils descendent, les soins qu’ils en ont reçus, car cela est agréable devant Dieu » (1 Tim. 5:4). Les jeunes se souviendront combien leurs parents se sont fatigués pour eux ; ils ont souvent beaucoup travaillé pour les élever, les ont enseignés dans la Parole et leur ont rendu vivante la Personne du Seigneur ; en retour, il convient aux enfants de montrer aux parents leur piété et leur reconnaissance, et de continuer à les aimer et les respecter, même lorsque, après avoir fondé leur propre foyer, ils ne dépendent plus d’eux. Certains jeunes oublient leurs parents, comme si ceux-ci n’avaient rien fait pour eux. C’est une injustice que Dieu ne manquera pas de punir (Prov. 30:17). Il ne s’agit pas de rendre de l’argent, mais de l’affection et des soins.

Évodie et Syntyche (Phil. 4:2-3) ont, dans le temps, combattu dans l’Évangile avec Paul. Maintenant il y a de la dissension entre elles, peut-être une rivalité. L’apôtre supplie, et l’une et l’autre, d’avoir une même pensée dans le Seigneur, une même orientation d’esprit. Il prie aussi son « vrai compagnon de travail » d’aider ces deux sœurs. Ce n’est pas facile, mais si le frère appelé à les aider peut prier avec l’une, puis avec l’autre, les amener à prier ensemble, un grand pas sera fait. Cette aide dans le particulier sera bien plus efficace que de proclamer : C’est un scandale, cette divergence entre deux sœurs qui avaient travaillé ensemble, c’est une honte ! Ne rien dramatiser, mais relever le bien, comme le Seigneur le fait dans les lettres d’Apocalypse 2 et 3 ; et ensuite exhorter avec l’humilité et l’amour qui conviennent. Seul le Seigneur peut montrer ce que nous avons à dire, et aussi comment le dire.

La maison de Stéphanas nous est donnée en exemple, parce qu’ils « se sont voués au service des saints » (1 Cor. 16:15).

Dans sa dernière épître, Paul rappelle avec émotion la visite d’Onésiphore, qui l’avait souvent consolé, et n’a pas eu honte de sa chaîne, mais à Rome l’a cherché soigneusement. L’apôtre se souvient des nombreux services qu’il a rendus dans Éphèse (2 Tim. 1:16-18).

Ces hommes n’étaient pas tous des apôtres ; mais selon les occasions que le Seigneur leur a données, ils ont eu à cœur d’apporter de l’aide autour d’eux, même au vieil apôtre, prisonnier et abandonné.

Que le Seigneur nous donne à tous de chercher à être en aide autour de nous. Il y a des vides affectifs dans bien des cœurs, surtout chez des personnes âgées, qui peuvent paraître dures parce que, de fait, elles manquent d’affection et de respect. Que les jeunes et les moins jeunes sachent témoigner à de tels amis, l’intérêt et la considération qui leur sont dus. Pour qui se montre disponible, surtout envers les plus isolés et les plus démunis, le Seigneur ouvre lui-même un chemin pour apporter une aide qui ne sera pas oubliée.

 

« Paix aux frères, et amour, avec la foi, de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ ! »