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Les ouvrages d’art du Tabernacle

 

Significations des types

 

Exode 31:1-11 ; 35:30-32 ; 36:1-3 ; 40:17-19, 33-35

 

Paul Finet

 

Table des matières :

1     Le dessein élevé de grâce de Dieu

2     La nécessité du sacrifice

3     L’habitation finale de Dieu avec les hommes

4     Le langage des types dans le tabernacle

5     Position nouvelle du chrétien

6     Construction du tabernacle

7     Matériaux du tabernacle

8     Dépasser les choses élémentaires et faire des progrès

9     Les ouvriers du ch. 31

9.1      Intelligence divine

9.2      Les dons de Dieu

9.3      Le don de l’Esprit — rempli de l’Esprit

9.4      L’ordre selon Dieu

9.5      Qualification pour des tâches difficiles

10     Ouvrages d’art

10.1      Le tabernacle comme ouvrage d’art

10.1.1             Le fin coton retors et ses couleurs

10.1.2             Les chérubins

10.2      L’autel d’airain comme ouvrage d’art

10.2.1             Le métal

10.2.2             Les dimensions et la grille

10.3      Autres ouvrages d’art

10.3.1             Les pierres

10.3.2             La robe de l’éphod

10.3.3             Divers

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

1                        Le dessein élevé de grâce de Dieu

Il n’y a pas de pensée plus douce à nos cœurs, chers amis, que celle de l’habitation de Dieu avec l’homme. Salomon lui-même, que Dieu avait choisi pour bâtir en son jour cette maison somptueuse, pouvait dire, non pas dans une pensée d’incrédulité, mais avec un accent de saint étonnement : Dieu qui habite cette lumière inaccessible, qui remplit le ciel et la terre, Dieu qui habite les cieux des cieux, comment Dieu habitera-t-Il avec l’homme sur la terre ? (1 Rois 8:27). Car qu’est-ce que l’homme, pauvre vermisseau de terre — non seulement un être d’une extrême faiblesse, mais devenu en outre ennemi de Dieu — que Dieu dans sa grâce ait conçu en faveur de tels êtres, des pensées aussi précieuses qui ne seraient jamais montées au cœur de l’homme, pas même de l’apôtre qui a prononcé cette doxologie : « Ô profondeur des richesses, de la sagesse et de la connaissance de Dieu… Qui a été son conseiller ? » (Rom 11:33). Qui a pu placer dans le cœur de Dieu les pensées de grâce telles que celles là : nous amener comme une famille d’enfants bien-aimés dans Sa présence ? Qui a pu mettre au cœur du Seigneur d’accomplir ce dessein en quittant la gloire du saint lieu pour venir prendre place dans ce pauvre monde, et commencer sa carrière dans une étable, petit-enfant couché dans la crèche, pour la terminer sur une croix avec la couronne d’épines ? Cela n’est-il pas propre à nous confondre, que Dieu nous ait pris alors que nous étions si loin de lui, tombés si bas, et qu’Il nous élève si haut dans sa présence ?

 

2                        La nécessité du sacrifice

L’habitation de Dieu avec l’homme est une des plus précieuses pensées que nous ayons de la part de Dieu, mais Dieu ne la révèle qu’après la rédemption accomplie. Les relations qu’Abraham avait eues avec l’Éternel étaient pourtant très intimes : l’Éternel visitait Abraham, allait parler avec lui ; mais jamais nous ne voyons que Dieu ait habité ni avec Abraham, ni avec Isaac, ni avec Jacob, ni avec aucun des saints, avant que l’Agneau ait été égorgé, que le sang ait été répandu, et que Dieu ait pu dire : « maintenant Ma justice est établie, les droits de celle-ci sont pleinement revendiqués et satisfaits ». C’est alors que Dieu peut proclamer que, désormais, son habitation serait au milieu des fils d’Israël. Pourtant, n’étaient-ils pas aussi coupables que les Égyptiens ? comment Dieu pouvait-il alors accomplir les pensées de Son cœur, les promesses qu’Il avait faites à Abraham et sur lesquelles jamais Il ne revient ? Les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir (Rom. 11). Comment Dieu pouvait-Il bénir ce peuple, le tirer à part des nations en faire Son propre peuple, un peuple qui Lui appartienne en propre, comme dit Moïse ? Comment Dieu pouvait-Il faire cela sans ruiner Sa gloire, sans porter atteinte à Sa justice ? Il fallait que, dans Son amour, Il fournisse la ressource propre, pleinement suffisante, pour satisfaire ce qu’Il est en Lui-même, c’est-à-dire les droits de Sa gloire, que Dieu n’abaisse jamais, en aucun cas ni pour quiconque.

Comme un de nos chers devanciers pouvait l’exprimer : « Dieu a reçu maintenant » — en vertu de l’œuvre de la rédemption dont l’agneau pascal est un type si saisissant et si précieux, — « Dieu a reçu maintenant une moisson de gloire, infiniment plus grande que celle que nous lui avons dérobée dans le jardin d’Éden ». Dieu est redevable de sa gloire à un Homme, ― l’homme sans doute a jeté la gloire de Dieu par terre, ― mais Dieu est redevable de sa gloire à un Homme ; et pour nous montrer l’estimation qu’Il fait de cette œuvre, et en quel estime Il tient cet Homme qu’Il a glorifié, Il l’a fait asseoir sur Son propre trône à Sa droite. Dès lors, après que la rédemption par le sang a été opérée, Dieu invite Moïse à préparer tous les matériaux en vue d’une habitation qu’Il désire avoir au milieu des fils d’Israël.

 

3                        L’habitation finale de Dieu avec les hommes

Le tabernacle est la première habitation de Dieu au milieu des hommes, mais cette pensée de l’habitation de Dieu traverse toute l’Écriture, et nous en avons le glorieux accomplissement lorsqu’une grande voix viendra du ciel, disant : Voici l’habitation de Dieu est avec les hommes (Apoc 21:3). La gloire de Dieu viendra alors prendre place dans l’Église, l’Église étant le vase de cette gloire qui vient habiter et rayonner pour toute la terre. La gloire de Dieu vient dans l’Église, et l’Église est ce vase par lequel cette gloire sera donnée à connaître, pour que Dieu soit tout en tous (1 Cor. 15:28), et que les pensées de Son cœur soient accomplies, selon ce qu’Il prononce en Apocalypse (21:5) : désormais « c’est fait », c’est accompli. Toutes les pensées de Dieu sont accomplies lorsqu’Il est tout et en tous, et que Son habitation est avec les hommes, dans les temps éternels qui succèdent à la terre millénaire. Le « c’est fait », ou c’est accompli » d’Apocalypse 21:5, se superpose, s’appuie sur le « c’est accompli » de la croix.

 

4                        Le langage des types dans le tabernacle

Quand le Seigneur dit « c’est accompli », le fondement est posé sur lequel Dieu peut accomplir les pensées les plus précieuses de Son cœur. Le tabernacle contient, à plusieurs égards, des enseignements des plus riches, des plus précieux ; c’est une mine inépuisable, intarissable, d’enseignements toujours nouveaux ; et nous sentons bien que nous n’approchons que les bords, nous ne touchons que la frange d’une étoffe incomparablement belle. Dieu n’a pas besoin de faire des discours, comme les hommes, pour nous impressionner. Le langage de Dieu est tout autre, — certes il est connu et reçu par le Saint Esprit, sans aucun doute, — mais Dieu place devant nous des rideaux, suspend des vêtements, nous donne la description toute simple, sans recherche, d’ustensiles servant à Son culte ; et nos âmes en sont impressionnées. Elles s’élèvent ainsi à la connaissance des pensées de Dieu par ces types ; ceux-ci sont le langage par lequel Dieu nous parle, adapté à notre vue limitée. Mais comme le disait quelqu’un, cette manière de parler est une chose précieuse et digne de Dieu, et tout en nous parlant par des images, Il nous parle avec une exactitude divine.

Le tabernacle nous parle de Christ, — ne tient-Il pas en toutes choses la première place (Col. 1:18). Le tabernacle nous parle de Ses gloires variées, de ce qu’Il est dans Sa personne, de ce qu’Il est dans Son œuvre, de ce qu’Il est maintenant comme homme glorifié au ciel. Le tabernacle nous parle aussi de ce que nous sommes maintenant, l’habitation de Dieu : Dieu habite aujourd’hui dans l’Église, au milieu des hommes, par son Esprit. Demain Il habitera dans le temple millénaire et ensuite, nous l’avons dit tout à l’heure, Dieu sera tout et en tous (selon 1 Cor. 15:28), mais Il ne cessera jamais d’habiter dans l’Église ; l’Église est à tout jamais au centre des pensées de Dieu, unie à Christ, lumière, vie, amour.

 

5                        Position nouvelle du chrétien

Il y a aussi une autre pensée que le tabernacle place devant nous, outre ce dessein d’habiter au milieu de nous, d’avoir sa demeure avec nous, de nous amener dans Sa présence. Pour nous y amener, il fallait que les droits de Dieu soient satisfaits, nous l’avons déjà dit. Or peut-il y avoir quelque chose de plus élevé pour nos âmes que de savoir que nous sommes rendus saints, irréprochables et irrépréhensibles devant Dieu (Col. 1:22), gens de Sa maison, concitoyens des saints (Éph. 2:19) ? Nos démarches sont maintenant en toute liberté, quoique dans la révérence, dans la maison de Dieu, dans la présence de Dieu.

Peut-il y avoir une position plus haute que celle-là, des relations plus étroites avec Dieu ? Dieu est notre Dieu, et notre Père en vertu de l’œuvre de Christ répondant à Sa nature. Nous sommes saints. Dieu ne peut plus rien réclamer de nous ; étant lavés dans le sang de l’Agneau, nous répondons à la nature de Dieu ; nous sommes engendrés par la parole de la Vérité (Jacq. 1:18) ; nous possédons, nous avons — Pierre le dit (2 Pier. 1:4) — la nature même de Dieu. Nous répondons donc à la nature de Dieu en vertu de la perfection de cette œuvre, étant :

·               saints,

·               irréprochables — Dieu ne peut faire aucun reproche à aucun croyant,

·               irrépréhensibles — Dieu ne peut rien nous mettre à notre charge, de sorte que nous pouvons dire avec l’apôtre : « par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes, nous avons été rendus parfait à perpétuité » (Héb. 10:14).

 

6                        Construction du tabernacle

Les différents constituants du tabernacle sont l’objet de la recherche, du dévouement, et de l’activité de tous les fils d’Israël. Quel temps heureux que celui-là ! Ah ! si Mon peuple avait toujours ce cœur là, pourra dire l’Éternel (Deut. 5:29). Car nous avons vu en effet, que le tabernacle a été dressé le jour anniversaire, la première année. Il a donc été constitué, réalisé, sur environ 7 ou 8 mois, car ce n’est qu’après environ 3 mois après la sortie d’Égypte, que le peuple s’est mis au travail. Dieu demande donc que chacun réalise une partie de ce travail (les offrandes données aux fils d’Israël par les Égyptiens vont servir à cela), que chacun y collabore selon ses possibilités. Et chose remarquable dans le ch. 35:21, il est dit : « et tout homme que son cœur y porta, et tous ceux qui avaient un esprit libéral, vinrent et apportèrent… » ; au v. 26 « … et toutes les femmes habiles que leur cœur y porta filèrent du poil de chèvre. Et les princes apportèrent les pierres… ». Vous pouvez lire avec attention ces paragraphes, et vous verrez que personne n’est exclu de l’activité relative à l’édification du tabernacle, comme aujourd’hui chacun de nous contribue à l’édification de l’assemblée et à l’élévation du culte dans l’assemblée. Les hommes qui avaient un esprit libéral, aussi bien que les femmes habiles, chacun travaillait de son côté, et tout cela contribuait à l’édification du tabernacle.

 

7                        Matériaux du tabernacle

Il y a en premier lieu le travail de l’or ; dans les versets que nous avons lus, nous voyons que la première mention, c’est l’or. Pour constituer les différents ustensiles d’or, il y avait 1500 kg d’or, ce n’est pas peu de chose. Et nous terminons par les drogues odoriférantes que l’on faisait fumer sur l’autel. Nous commençons par l’or, la gloire de Dieu, et nous terminons par le culte.

Ce sont deux choses essentielles : Dieu est glorifié par l’œuvre de Christ, et Dieu veut être glorifié, maintenant, par le culte que nous lui rendons. L’or pour commencer, les drogues odoriférantes pour terminer. Demain [dimanche] si nous sommes encore sur cette scène terrestre, nous pourrons offrir à l’autel d’or toutes les gloires de Christ, nous raconterons au Père toute la gloire du Fils, nous présenterons au Père tout ce que le Fils a été pour Lui. Sans doute il convient, — mais nous le faisons hélas peut-être beaucoup trop, — il convient bien de nous rappeler que le sang de Jésus Christ nous a purifiés de tous nos péchés. Mais Dieu sait bien dans quel état nous étions ; Il le sait infiniment mieux que nous-mêmes. Le véritable culte à l’autel d’or, c’est de venir présenter tout ce que Christ a été dans Sa vie, tout ce qu’Il a été dans Sa mort : Christ s’est offert en sacrifice et en parfum de bonne odeur à Dieu (Éph. 5). C’est là le sommet du culte.

 

Chacun devait donc apporter quelque chose. Outre l’or, et après l’or, il y avait l’argent. Environ 4500 kg d’argent sont employés dans le tabernacle ; et chose remarquable, nous l’avons dans le chapitre 38:27 : « les cent talents d’argent [1 talent faisait environ 45 kg] étaient pour fondre les bases du lieu saint, et les bases du voile, cent bases pour les cent talents, un talent par base ».

Voilà donc 96 bases pour les 48 ais, et 4 bases pour le voile, ce qui fait donc en tout 100 bases d’argent. Les ais qui soutiennent les tentures du tabernacle, parlent donc de ce que nous sommes maintenant : autrefois loin de Dieu, maintenant établis dans sa maison. Et le prix que nous avons pour Dieu en vertu de la rédemption se traduit bien par les dimensions de ces planches, de ces ais, chacune avait 1,5 coudée de large, soit 75 cm. Voyez cette largeur de planche alors que la hauteur était de 10 coudées soit 5,50 m. Chaque planche [= ai] avait plus de 75 cm de large et plus de 5 m de haut.

48 planches pour former le tabernacle, et chaque planche repose sur deux bases d’argent ce qui fait donc 96 bases. Il y a deux bases d’argent pour chaque planche, car nous nous appuyons sur ce fondement de la mort et de la résurrection du Seigneur, sur la grâce et sur la justice.

 

Tandis que pour le voile, pour les 4 piliers soutenant le voile donnant accès à la présence de Dieu, nous n’avons qu’une base pour chaque pilier. Or chaque pilier, comme chaque étoffe du voile nous parle hautement de Lui : le bois de sittim, Sa sainte humanité ; le bois de sittim recouvert d’or pur, la sainte humanité qu’Il a revêtue, unie d’une manière inscrutable à la divinité toute puissante. Et chaque pilier nous parle de Lui révélé dans les quatre évangiles s’appuyant sur une base d’argent.

Pourquoi pas deux bases pour les piliers du tabernacle, alors qu’il y en a deux pour chaque planche qui parle de nous ? Les dimensions de ces planches, répétons-le, nous montrent combien l’homme a du prix pour Dieu, et quel prix Il a payé pour le racheter, et combien maintenant l’homme est grand pour Dieu, associé à Christ dans la puissance d’une vie impérissable (Héb. 7) victorieuse de la mort. Comme Il est, tels nous sommes.

Pourquoi n’avons nous qu’une base pour chacun des piliers du tabernacle ? Lui n’avait pas besoin que du sang soit répandu et placé sur le propitiatoire ; Il a dit : « … Moi, je t’ai glorifié sur la terre, …. ; et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi… » (Jean 17:4, 5). Il le disait en vertu de ce qu’Il est en Lui-même, de Sa grandeur, de Sa dignité, de la perfection infinie de Sa personne. Il peut remonter au ciel, non pas enlevé de la terre, comme Élie et Énoch l’ont été, mais élevé dans la gloire : « Père, glorifie-moi ».

Une seule base pour chaque pilier qui soutient le voile, et qui nous parle de chacun des évangiles plaçant devant nous une de ces étoffes dont nous allons essayer de dire un mot.

 

8                        Dépasser les choses élémentaires et faire des progrès

Nous réalisons bien, chers amis l’extrême faiblesse avec laquelle nous approchons de tels sujets. Mais si nous voulons toujours nous contenter de choses élémentaires, nous ne ferons jamais aucun progrès ; il vaut au moins la peine de faire un effort et d’essayer d’entrer, avec le secours de l’Esprit, dans les pensées de Dieu, si précieuses à son cœur. Cela nous élève à la hauteur des pensées de Dieu, et cela est l’élément qui nourrit notre âme, qui nous élargit dans la communion avec Lui. Notre marche, faut-il le dire, ne peut s’en ressentir que dans le sens qui plait au Seigneur. Si nous demeurons ignorants, Paul dit : « nous demeurons comme de petits enfants » et quel est le danger des petits enfants ? C’est d’« être ballottés ça et là par tout vent de doctrine, entraînés dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer » (Éph 4).

Que dirions-nous d’un petit garçon qui se trouve là avec nous, et qui, tout à coup, ne ferait plus aucun progrès dans sa croissance ? les parents en concevraient les plus graves inquiétudes. N’en est-il pas ainsi sur le plan spirituel ?

Paul dira aux Corinthiens, comme l’apôtre le dira dans l’épître aux Hébreux : Hélas, mon cœur est rempli des pensées les plus précieuses du cœur de Dieu, mais je ne peux pas vous les exposer (1 Cor 3:1-2), parce qu’à Corinthe ils étaient charnels. Les dissensions qu’ils avaient entre eux, les disputes, les chefs d’école qu’ils suivaient les uns et les autres, et en opposition les uns avec les autres, les rendaient incapables d’être le vase que Paul aurait aimé remplir du doux parfum que nous trouvons dans ce qui est là placé devant nous. De leur côté, les Hébreux étaient devenus paresseux à écouter (Héb. 5:11).

À Éphèse, au contraire, Paul peut remplir la lampe, verser de l’huile dans la lampe parce qu’il n’y a rien qui obstrue le canal. L’état des Éphésiens est tel, — nous ne pouvons pas dire qu’ils n’avaient plus de progrès à faire — mais leur état était tel que l’apôtre peut ouvrir son cœur : puisse-t-il en être ainsi, pour nous, comme assemblée locale, et nous le disons pour nous-mêmes d’abord, vous pensez bien, chers amis, et pour chacun de nous en particulier.

 

9                        Les ouvriers du ch. 31

9.1   Intelligence divine

Disons maintenant un mot des deux ouvriers dont nous avons lu quelque chose au chapitre 31. Pour confectionner tous ces éléments, tous ces ustensiles, ces étoffes, il fallait une capacité peu ordinaire. Où avaient-ils appris cela ? Dans les fours à briques d’Égypte, esclaves misérables chargés de fardeaux ? Où ont-ils pu apprendre l’art si difficile que nécessite la confection de ces ustensiles si précieux, si merveilleux ? Que pensons-nous de cela, chers amis ? S’ils avaient vécu en liberté, dans des villes anciennes, égyptiennes, où l’art était développé, nous pourrions peut-être supposer que grâce au contact des Égyptiens, et en copiant sur eux, ils avaient pu devenir assez habiles dans différents ouvrages difficiles à exécuter ; mais tel n’est pas le cas.

C’est une leçon pour nous ; car Dieu sans doute se sert de notre intelligence ; elle est un outil merveilleux, mais l’intelligence n’est pas une fin en soi, elle ne suffit pas en elle-même. Le Seigneur dira, en parlant de l’intelligence de l’homme, qu’elle ne peut entrer dans la connaissance des pensées de Dieu : « Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, tu les as révélées aux petits enfants » (Matt. 11:25). Nous ne pouvons rien nous révéler à nous-mêmes et l’esprit le plus développé, le plus brillant, ne peut pas entrer dans les pensées de Dieu ; c’est un livre fermé.

Il y a dans le prophète Ésaïe (29:11, 12) une illustration, que Paul reprend d’ailleurs dans l’épître aux Corinthiens pour bien leur montrer leur pauvre état, leur incapacité à saisir les pensées de Dieu malgré toute leur sagesse, et à cause d’elle : celle-ci ne les empêchait pas d’être livrés à toutes sortes de discussions, et séparés les uns des autres par toutes sortes de questions subtiles et d’états charnels. Il prend l’exemple d’un livre scellé que l’on présente à quelqu’un qui ne sait pas lire. Ce pauvre homme dit : je ne sais pas lire, il m’est impossible de prendre connaissance des pensées qui sont écrites dans ce livre, je ne sais pas lire. C’est notre état d’ignorance naturelle, quelle que soit par ailleurs l’intelligence brillante qu’on peut posséder ; il ne sait pas lire les pensées de Dieu, il faut que Dieu les révèle, les communique ; et Il ne peut le faire, et nous ne pouvons les traduire, que par le Saint Esprit. D’un autre côté, dans ce même chapitre, le livre est donné à quelqu’un qui sait lire, — il est instruit, et a la prétention de savoir lire, — mais quand on lui présente le livre, il ne dit pas : « je ne sais pas lire », mais il doit dire : « je ne puis pas lire car il est scellé (il est fermé) » ; il ne peut l’ouvrir. Telle est dans cette allégorie, l’illustration que nous avons de l’état de l’homme quel qu’il soit, depuis l’état inférieur jusqu’à l’état le plus élevé, le plus développé : il est incapable de saisir les pensées de Dieu.

 

9.2   Les dons de Dieu

Qui a donc pu qualifier ces hommes pour exercer leur activité, exécuter les ustensiles les plus précieux qui sont devant nous et dont nous allons essayer de dire deux mots ? Eh bien, vous voyez qu’au chapitre 31, l’Éternel parle à Moïse et dit : « J’ai appelé par nom… ». En premier lieu, Dieu appelle quelqu’un. Pour qu’il soit l’instrument de la communication de Ses pensées, Dieu appelle quelqu’un ; Il nous appelle d’abord pour que nous recevions la vie, et ensuite, Il qualifie quelqu’un pour être un instrument de bénédiction au milieu de l’Assemblée. C’est donc les dons, le principe des dons que nous avons dans l’épître aux Corinthiens. Un don est donc une personne, une qualité donnée à quelqu’un, et il est cette personne elle-même que Dieu qualifie. Un don se développe ; il se développe dans l’exercice auquel on le soumet, mais il peut fort bien arriver que dans les assemblées aujourd’hui, — toute proportion gardée évidemment, malgré notre faiblesse, — que des dons soient là, que Dieu ait donné des dons — il est impossible qu’il n’en soit pas ainsi d’ailleurs. Mais voilà que ces dons ne sont pas développés, ces dons n’ont pas fonctionné et sont restés atrophiés ; ils n’ont pas eu l’occasion de se développer et d’être le canal par lequel Dieu voulait nous bénir.

Nous ne pouvons pas mettre en doute que le Seigneur est fidèle, qu’Il aime son assemblée, qu’Il la nourrit, qu’Il la chérit, qu’Il a donné des dons. Mais hélas ! encore faut-il les désirer avec ardeur, et comment verra-t-on que quelqu’un a reçu un don ? D’abord à la réunion de prières, nous nous rendrons bien compte de l’état spirituel d’un frère, et de ce que le Seigneur place sur son cœur.

Si c’est un évangéliste nous sentirons chez lui un amour brûlant pour les âmes, et des demandes pressantes pour que l’Évangile soit reçu partout dans le monde, que des instruments soient qualifiés par Dieu pour le faire connaître.

Si c’est un pasteur, nous sentirons bien d’après la nature des demandes, l’intention, l’inclination de ce frère vers des âmes qui souffrent, pour les paître, pour les redresser, pour les aider, pour les consoler, et ainsi de suite.

Mais, de toute manière, l’aisance avec laquelle quelqu’un remplit la charge qu’il a reçue ou le don du Seigneur, nous montre bien qu’il l’a reçu du Seigneur, car « qu’as-tu que tu n’aies reçu » (1 Cor. 4:7) ? Le don le plus remarquable doit bien dire, et que Dieu le garde de l’oublier, « ce que j’ai, je l’ai reçu du Seigneur, il n’y a rien de moi ». Jean-Baptiste n’en est-il pas l’exemple le plus saisissant : « mais moi, je ne suis qu’une voix » (Jean 1:23), je ne suis rien par moi-même, je ne suis que le canal et bien faible sans doute, par lequel la pensée de Dieu est donnée à connaître.

 

9.3   Le don de l’Esprit — rempli de l’Esprit

Alors, vous voyez, « j’ai appelé par nom Betsaleël, fils d’Uri, fils de Hur, je l’ai rempli de l’Esprit de Dieu ». Sans doute, ce n’est pas l’Esprit de Dieu comme nous le possédons aujourd’hui. Il est bien entendu, et bien clair que l’Esprit n’était pas encore (Actes 19) parce que l’œuvre de la croix n’était pas accomplie, et que le Seigneur n’était pas glorifié. Mais c’est l’Esprit que Dieu donnait aux saints de l’Ancien Testament pour les rendre capables d’accomplir une tâche particulière. Ce cas présent était comme les prophètes notamment : un prophète était qualifié par l’Esprit, et il parlait par l’Esprit ; mais l’Esprit comme personne divine, comme sceau, comme arrhes, et comme onction, n’était pas connu dans ce jour là.

Cela était le privilège qu’allait connaître l’Église, à partir de la Pentecôte, et ce privilège est tellement grand, que le Seigneur étant sur la terre, dira aux disciples « il vous est avantageux que je m’en aille, sinon l’Esprit ne viendra pas » (Jean 16).

Or, pouvait-il y avoir privilège plus grand que d’avoir le Seigneur au milieu de soi ? Quand Jean en parle dans la première épître, il ne tarit pas d’exprimer ses sentiments, pourtant si longtemps après, — car il a atteint un âge très avancé, — mais il se souvient d’avoir penché sa tête sur la poitrine du Seigneur. Et il peut dire : « ce que nous avons contemplé, ce que nous avons vu, ce que nous entendu, ce que nous avons touché de nos mains ». Combien ce souvenir est resté vivant dans son cœur : avoir pu approcher la personne du Sauveur, avoir été tout près de Lui, et pourtant « il vous est avantageux que moi je m’en aille ».

L’Esprit nous a été donné, sceau, arrhe et onction :

·               sceau pour sceller la foi, sceller l’œuvre qui a été faite en nous lorsque nous avons cru au Seigneur Jésus,

·               les arrhes, c’est l’acompte que nous avons reçu sur l’héritage qui nous attend là-haut,

·               l’onction, c’est la connaissance des pensées de Dieu

·               de sorte que le sceau est une question d’assurance ; le gage est une question de jouissance ; l’onction est une question de connaissance.

 

Nous avons tout cela avec l’Esprit de Dieu, mais les saints de l’Ancien Testament recevaient de la part de l’Esprit de Dieu une qualification particulière pour remplir une tâche que Dieu leur donnait à accomplir : « Je l’ai rempli de l’Esprit de Dieu en sagesse, en intelligence, et en connaissance ». En sagesse, pour apprécier les pensées de Dieu ; en intelligence sans doute pour les saisir ; et en connaissance pour acquérir ce que Dieu plaçait devant eux.

 

9.4   L’ordre selon Dieu

Alors nous revenons à cette considération : où Betsaleël et Oholiab ont-ils appris leur métier ? Dans les écoles de théologie en Égypte ? Non, ils l’ont appris avec le Seigneur qui les qualifie pour les services qu’ils ont à rendre. Personne ne peut conférer un don ni une qualification ; aucune école, si brillante soit-elle, ne peut le faire.

Un de nos devanciers disait à cet égard (WK) à peu près ceci : Supposons une grande réunion de chrétiens, et que ce soit de véritables croyants, et qu’au milieu d’eux il y ait des personnes extrêmement brillantes quant à la capacité d’exposer clairement, avec un esprit de méthode, les vérités de la Parole de Dieu, — des personnes qui auraient été formées dans des écoles appropriées et où vraiment la formation serait supérieure. On entrerait dans cette grande réunion, on serait sans doute impressionné, il y aurait de l’ordre, il y aurait quelque chose qui satisferait les esprits les plus difficiles. On se dirait : comme c’est beau, comme c’est grand ! Eh bien, ce cher serviteur de Dieu disait (puissions-nous y souscrire chacun de nous, sans aucune équivoque, sans aucune réserve), pour Dieu, disait-il, ce serait le plus grand désordre, bien que cela puisse nous éblouir, — ce serait le plus grand désordre, car ce serait la méconnaissance et la mise de côté de l’Esprit de Dieu ».

Or Dieu ne reconnaît dans son Assemblée, pour l’édification des saints, que ce que son Esprit opère. Lorsque nous substituons à l’Esprit de Dieu, nos activités personnelles et quoi que ce soit de nous-mêmes, nous commettons un acte hautement répréhensible et que Dieu condamne, — si brillant que cela puisse paraître et si honorée que soit notre activité. Si elle est charnelle, Dieu ne peut en tenir compte en aucune manière. Il voudrait mieux, disait un cher serviteur de Dieu, une réunion où rien ne se dit, plutôt qu’une réunion où nous donnerions le change ; car si nous étions dans une réunion où rien ne se dit, nous prendrions conscience de notre état de faiblesse, nous crierions au Seigneur, et le Seigneur ne manquerait pas de répondre ; tandis que dans l’autre cas, lorsque nous introduisons une caricature de ce que l’Esprit de Dieu produit, eh bien ! le Seigneur ne peut en aucun cas bénir un tel état de choses.

Chers amis, nous disons des choses qui ne sont peut être pas populaires ni facilement reçues, mais nous devons nous incliner, les uns et les autres, devant la Parole de Dieu. L’état de faiblesse du témoignage n’a pas d’autre raison. Si nous étions spirituels, si nous étions occupés du Seigneur, les uns et les autres, si le Seigneur remplissait notre cœur, nous n’aurions pas besoin de faire des efforts au culte ; sans que nous ayons le moindre effort à faire, notre culte serait élevé, nous n’emploierions pas des expressions toujours les mêmes, stéréotypées, pour remplir les creux que laisse notre manque de spiritualité. Mais nous ne voulons faire la moindre peine à personne.

 

9.5   Qualification pour des tâches difficiles

Dans le cas présent de ces deux hommes de Dieu, c’est donc l’Éternel qui les a remplis et les a qualifiés pour faire toutes sortes d’ouvrages.

Nous aimerions souligner encore ce soir quelques-uns des ouvrages que ces hommes ont été en mesure d’accomplir, spécialement les ouvrages difficiles. Nous avons vu au ch. 35:35 qu’ils étaient remplis de sagesse « pour faire tout ouvrage de graveur, d’inventeur », toutes sortes d’ouvrages, les plus difficiles. C’est donc Dieu qui les avait qualifiés sans qu’ils aient retiré la moindre aide en Égypte de la part d’artisans égyptiens, aussi brillants fussent-ils. Ce n’est donc pas d’Égypte qu’ils tiraient leur qualification : Dieu les a qualifiés, Dieu les a formés, Dieu leur a donné toutes les ressources pour accomplir les choses les plus difficiles. Moïse en avait reçu le modèle sur la montagne ; autrement dit, si on veut, Moïse en avait dressé les plans. Mais pour exécuter ces ustensiles, pour confectionner ces étoffes, pour réaliser ce tabernacle en si peu de temps, il a fallu d’abord qu’il y ait du dévouement de la part de tous, qu’il y ait, comme nous l’avons lu, des esprits qui aimaient le Seigneur : « tout homme que son cœur y porta, toute femme que son cœur y porta ». Il a donc fallu que le cœur soit engagé pour réaliser tout cela. Aussi quel résultat, quelle bénédiction !

 

10                  Ouvrages d’art

Alors nous allons maintenant, voir rapidement quelques uns des ouvrages exécutés par ces hommes. Vous savez qu’à partir du chapitre 25 jusqu’au chapitre 27:19 on a dit qu’on avait les symboles du déploiement, autrement dit comment Dieu se révèle, pour arriver en dernier lieu à l’autel d’airain. Nous avons ensuite ce qu’on a appelé les symboles d’approche, — comment nous nous approchons de Dieu. À partir du chapitre 27 nous avons ce qui a rapport aux sacrifices offerts, et cela introduit la sacrificature, le côté apostolique, le côté sacerdotal. Donc nous commençons au ch. 26 par le tabernacle et ce qu’il contient.

Le tabernacle était le premier ouvrage d’art. Nous lisons en 26:1 « et tu feras le tabernacle de dix tapis de fin coton retors, et de bleu, et de pourpre, et d’écarlate ; tu les feras avec des chérubins, d’ouvrage d’art ». On trouve huit fois l’expression « ouvrage d’art », et le tabernacle en est donc un. C’est le même ouvrage qu’en 26:31 pour le voile : « un voile de bleu, et de pourpre, et d’écarlate, et de fin coton retors ; on le fera d’ouvrage d’art ».

Qu’est-ce qu’un ouvrage d’art ? un ouvrage d’art est un ouvrage qui nous sensibilise par sa beauté, par sa perfection, — qui nous impressionne profondément, et qui nous laisse dans l’admiration. Nous admirons une œuvre d’art. Les personnes qui ont de la sensibilité, ou qui ont reçu une formation à cet égard, peuvent apprécier une œuvre d’art ; et quand elles ont le plaisir d’en contempler une, c’est réellement pour elles une satisfaction ; elles demeurent remplies d’admiration devant la perfection du travail, les qualifications de l’artiste, tous les sentiments qu’il y a mis.

Or, chers amis, nous avons vu dans la Parole de Dieu plusieurs ouvrages d’art, et toujours pour nous parler de Lui : d’abord le tabernacle lui-même, Christ venant dans ce monde comme homme ; puis le voile, c’est-à-dire sa chair (Héb. 10:21), toujours Lui.

 

10.1                      Le tabernacle comme ouvrage d’art

10.1.1    Le fin coton retors et ses couleurs

Dans le premier de ces ouvrages d’art, nous avons le blanc tout d’abord, en rapport avec le tabernacle, Christ vu dans toutes ses gloires. La première gloire que Dieu place devant nous (26:1), c’est « le fin coton retors ». Lorsqu’il est question du voile (26:31), le bleu vient en premier. Quand les hommes L’ont vu sur cette terre, ils ont vu indiscutablement un homme céleste : « Je suis sorti d’auprès du Père », et « Je suis venu dans ce monde » ; en disant que Dieu était son père, Il se faisait égal à Dieu, et cela a rempli le cœur des Juifs d’une amère jalousie ; c’est une des raisons pour lesquelles sa mort a été décrétée (Jean 5:18).

La première chose, le premier ouvrage d’art est là pour nous parler de ce que nous trouvons dans les quatre évangiles : le bleu, l’évangile de Jean, — la pourpre, l’évangile de Luc, la couleur impériale, — l’écarlate, l’évangile selon Matthieu, la loi messianique, — et le fin coton blanc, le serviteur parfait dans l’évangile selon Marc, — un ouvrage d’art, quatre évangiles, quatre piliers pour soutenir le voile pour nous parler de Ses gloires variées dont chaque évangile souligne un trait particulier, un ouvrage d’art.

Qui pourra sonder cet ouvrage d’art ?

Emmanuel dans l’évangile selon Matthieu pour commencer (1:23), Emmanuel en terminant « Je suis avec vous tous les jours » (28:20).

La sainte humanité qu’Il a revêtue dans l’évangile selon Luc, fils de l’homme glorifié au ciel, et à qui Dieu a donné l’autorité sur toutes les nations, cette autorité qu’Il va exercer demain : c’est la pourpre, la couleur impériale. L’écarlate, dans l’évangile selon Matthieu, c’est la domination qu’il aura sur son peuple, car Ses droits ne sont pas abrogés.

 

Et le fin coton blanc, le serviteur que Dieu a glorifié : Dieu a glorifié son saint serviteur Jésus (Actes 4:27 ; 2:36). Le blanc, le fin coton blanc, est du fin coton retors, un tissage d’une manière telle que les fibres soient solides, que rien ne puisse porter atteinte à la qualité de cette étoffe.

 

10.1.2    Les chérubins

Le voile aussi bien que le tabernacle avait des chérubins. Or, il y avait plusieurs voiles ou rideaux. Le rideau qui donnait accès au parvis (27:16), était aussi de bleu, de pourpre, d’écarlate, de fin coton retors.

Pourquoi ne trouvons nous pas là les chérubins ? Nous les avons d’une part dans le premier voile qui donne accès dans le saint des saints (ou lieu très saint), et d’autre part dans le tabernacle, ce qu’Il est en lui-même, dans toutes ses gloires unies ensemble. Pourquoi ne trouvons-nous pas des chérubins dans le premier voile (ou rideau) ?

Il est dit (Matt. 11) : « Venez à moi, vous tous, qui êtes chargés ». Les chérubins, nous le savons, sont des agents qui requièrent l’application de la justice de Dieu par le jugement ; ce que les chérubins sont en jugement, les séraphins le sont en grâce. « Je ne suis pas venu pour exercer le jugement, je ne suis pas venu pour juger le monde mais pour sauver le monde » (Jean 3:17). Pour entrer dans le parvis (« Moi je suis la porte » de Jean 10), il n’y a pas de chérubin.

À cette pauvre femme que les Juifs voulaient faire lapider, le Seigneur demande « où sont tes accusateurs ? nul t’a-t-il condamné ? », puis le Seigneur dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas ». Il n’y a pas de chérubin sur le rideau d’entrée au parvis ; mais sur le voile qui a été déchiré, le voile qui donne accès dans le Saint des saints, par lequel nous entrons dans la présence de Dieu (Héb. 10), il y a des chérubins sur ce voile-là ; car cet Homme a souffert, — le voile déchiré, c’est sa chair (Héb. 10:18), son corps meurtri, son cœur brisé sur la croix. Cet Homme qui a connu ce traitement d’infamie, c’est cet Homme que Dieu a glorifié et qui va exercer le jugement demain. Dieu a donné tout le jugement à Son Fils parce qu’il est le Fils de l’Homme (Jean 5:27) ; Il a été fait juge des vivants et des morts, et tous les hommes quels qu’ils soient devront comparaître devant cet Homme, qui, un jour, a été suspendu sur la croix. Tous devront comparaître devant Lui parce qu’Il a été un homme ; Il a le droit de juger tous les hommes, et parce qu’Il a été l’Homme parfait dans ce monde, tous auront la bouche fermée, et chacun devra dire, « cet homme qui me juge et de manière sans appel, c’est l’homme qui m’a aimé au point de se donner pour moi, et j’ai dit non, j’ai refusé. Quelle folie ! »

Pas de chérubin sur le premier rideau, mais des chérubins sur le voile qui a été déchiré, car l’homme qui a connu les souffrances expiatoires de la croix est l’homme qui est glorifié, et qui, demain va exercer le jugement, un jugement d’autant plus solennel que Sa grâce a été riche et a été proposée à tous les hommes, sans distinction.

 

10.2                      L’autel d’airain comme ouvrage d’art

Nous nous sommes un peu attardés sur le premier ouvrage. Quel est le second ? Nous le trouvons au ch. 27, à nouveau réalisé par Betsaleël qui a été qualifié (avec Oholiab) pour toutes sortes d’ouvrages, — nous répétons, et revenons sur ce point essentiel : leurs qualités, leurs capacités, leurs facultés, ils les tiraient de Dieu et d’aucun moyen humain ; nous devons en être bien persuadés. — Alors le deuxième ouvrage c’est l’autel d’airain au ch. 27:4 : « et tu lui feras une grille en ouvrage de treillis, d’airain ». Il y a une grille d’airain.

 

10.2.1    Le métal

L’airain est un métal, et en Ézéchiel 1 à propos de ce qui est traduit par « airain luisant », il y a (dans la version JND) une note indiquant que c’est une « substance inconnue, peut-être alliage de d’or et d’argent ». Substance inconnue : en effet comment pourrions-nous entrer dans ce qu’a été le jugement de Dieu à l’égard du péché ? comment pouvons-nous comprendre, nous, êtres limités comme nous sommes, et accoutumés au mal, comment pouvons-nous comprendre ce qu’est le péché pour Dieu, l’horreur que le péché inspire à Dieu ?

L’airain parle de ce jugement de Dieu ; un alliage de deux métaux : la rencontre du jugement de Dieu avec le péché, contre le péché, et cela a eu lieu à la croix : la grâce et la vérité se sont rencontrées (Ps. 85:10). Les chérubins se sont montrés là dans toute la rigueur de l’application du jugement ; c’était une nécessité revendiquée par la gloire de Dieu. Les chérubins dans le temple avaient vingt coudées, en comptant avec leurs ailes déployées. Une aile de l’un touchait celle de l’autre, et l’autre aile de chacun touchait la muraille ; le Saint des saints (ou : lieu très-saint) dans lequel ils se trouvaient, avait vingt coudées. La maison — la présence de Dieu, la gloire de Dieu — avait vingt coudées, et les chérubins avaient de la même manière vingt coudées. Ils avaient dix coudées de haut, retenons-le, mais continuons à voir les ustensiles en nous approchant de l’autel.

 

10.2.2    Les dimensions et la grille

Que trouvons-nous à l’autel ? La même chose, comme nous allons le voir.

L’autel du temple avait vingt coudées de large, vingt coudées de long et dix coudées de haut (2 Chr. 4:1). L’autel où la victime est offerte répond entièrement aux dimensions des chérubins, c’est-à-dire que Dieu a reçu une pleine satisfaction dans le jugement que Sa gloire exerçait et devait exercer à l’égard du péché.

La grille d’airain ici, l’airain nous parle donc du jugement de Dieu à l’égard du péché, — substance mal connue, mal définie. Cela nous parle précisément de ce qu’Il a connu Lui et que nous ne pourrons jamais connaître. Grâces lui soient rendues ! Lui seul a connu ce qu’était le poids du courroux de Dieu contre le péché ; « il a fait tomber sur Lui l’iniquité de nous tous » (És. 53).

« La grille d’airain était en ouvrage de treillis » pour nous parler de ce qu’a été l’autel, le feu du jugement. Cette grille ne devait pas se déformer : elle était en ouvrage de treillis, faite pour résister à l’action du feu ; elle devait rester dans ses dimensions, dans sa forme, pour que le feu puisse atteindre la victime et la consumer toute entière. En ouvrage de treillis !

Et à quelle hauteur se trouve la grille d’airain dans l’autel ? Vous pouvez chercher, chers jeunes amis, c’est un enseignement des plus précieux, et vous comparerez à la hauteur de l’arche — l’arche qui nous parle de Lui, vrai Dieu, vrai homme tout à la fois, ce qu’Il a été dans ce monde. Lui seul pouvait supporter le poids du jugement de Dieu. Vous verrez que la grille de l’autel et l’arche se trouvent exactement au même niveau, car la grille est au tiers de la hauteur de l’autel et la hauteur de l’arche correspond exactement à la hauteur de la grille. Il a pu s’élever, Lui, supporter ce jugement de Dieu contre le péché, et en faire l’abolition par son sacrifice. Quel ouvrage intéressant !

 

10.3                      Autres ouvrages d’art

10.3.1    Les pierres

Je cite seulement les autres en terminant, car il faudrait plusieurs soirées sans doute pour voir tous les détails. Nous avons vu un ouvrage d’art ; il y a un ouvrage de brodeur pour les habits du sacrificateur ; il y a un ouvrage de treillis pour la grille d’airain ; il y a un ouvrage de lapidaire au ch. 28:11 : « Tu graveras, en ouvrage de lapidaire, en gravure de cachet, les pierres » qui se trouvaient sur le pectoral. Le pectoral lui-même, remarquez-le encore en 28:15, était en ouvrage d’art : c’est l’élément qui nous parle de Son service sacerdotal par excellence. De même que ce pectoral, ce qui est sur son cœur (les pierres) est aussi en ouvrage d’art, et en même temps en ouvrage de lapidaire : les pierres sont enchâssées dans des chatons d’or. Personne ne peut retirer une seule pierre qui est enchâssée, car elle est tenue sur ce pectoral. Et chaque pierre en ouvrage de lapidaire, en gravure de cachet, porte un nom des fils d’Israël ; quand le souverain sacrificateur paraissait devant Dieu, éclairé par la lumière du chandelier, les douze pierres brillaient de tous leurs feux dans la présence de Dieu. Et Il nous porte sur son cœur, comme les douze pierres. En même temps, les deux pierres qui sont aux épaulières de l’éphod dans ce même chapitre, sont aussi en gravure de cachet, c’est-à-dire en relief ; les deux fois six noms des fils d’Israël sont portés sur les épaules. En même temps ils sont portés sur le cœur d’Aaron, et l’Écriture insiste pour dire continuellement (28:29), — continuellement sur le cœur d’Aaron. Nous sommes portés continuellement sur Son cœur, Il est puissant pour sauver jusqu’à l’achèvement (Héb. 7).

 

10.3.2    La robe de l’éphod

Il y a ensuite un ouvrage de tisserand ; lisons le passage ch 28:32 « la robe de l’éphod entièrement de bleu ; et son ouverture pour la tête sera au milieu ; il y aura une bordure à son ouverture, tout autour, en ouvrage de tisserand ». Elle ne pouvait pas se déchirer, l’ouverture était en forme de cotte de mailles. La robe de bleu nous parle de cet Homme qui est monté au ciel et y remplit la sainte fonction de la sacrificature, revêtu de la robe toute de bleu, qui ne peut pas se déchirer. Il est remonté au ciel dans la puissance d’une vie impérissable. Il a reçu la sacrificature selon l’ordre de Melchisédec, intransmissible contrairement à la sacrificature selon l’ordre d’Aaron pour laquelle la mort empêchait de demeurer. Mais Lui, parce qu’il demeure éternellement, Il a cette sacrificature éternelle, selon l’ordre le plus élevé, celui de Melchisédec.

Une robe, toute de bleu, en ouvrage de tisserand, qui ne peut pas se déchirer ; et au bas de la robe, qu’avons nous ? Ce qu’Il est maintenant, et aussi ce que nous avons à faire, nous, en vertu de ce qu’Il est : Il y a une clochette, une grenade. La Parole de Dieu nous parle d’abord de la grenade, le fruit, et ensuite le son. Lui a été ce prophète puissant ; comment l’a-t-Il été ? en œuvre et en parole  (Luc 24:19). Or quand Dieu parle de Moïse, si grand que soit Moïse, c’était un prophète puissant en parole et en œuvre (Actes 7:22) ; mais Lui quelle perfection ! Au bas de sa robe, une grenade, une clochette, une grenade, une clochette : les fruits portés et le témoignage rendu, mais le tout en une divine et parfaite harmonie.

 

10.3.3    Divers

Et enfin il y a l’ouvrage de parfumeur, pour les drogues odoriférantes, pour tout ce qui nous parle de Lui et que nous avons le bonheur de présenter au culte. L’encens était pur.

Nous terminons avec cela ; l’encens que l’on faisait fumer sur l’autel a trois caractères : pur, salé, saint. Trois apôtres nous affirment qu’il n’y avait pas de péché en Lui, qu’il n’a pas connu le péché, et qu’il n’a pas commis de péché. « Un tel souverain sacrificateur nous convenait saint, innocent qui a traversé tous les cieux », qui nous représente devant Dieu pour nous secourir tous les jours que nous passons sur la terre, en attendant de nous avoir tous autour de Lui et auprès de Lui.