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Hébron, ou la victoire sur la mort

 

et la puissance de l’ennemi,

 

dont le croyant s’empare par la foi

 

 

Paul Finet

Livron, 19.2.1983

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Lecture de Genèse 13:14-18 ; 23 ; 49:29-33

 

Table des matières :

1     Abraham

1.1      Abraham dans la Genèse

1.2      Début de la vie de foi d’Abraham

1.3      Un pays qui vomit ses habitants — Dieu est patient en attendant le jugement

1.4      Abraham étranger, comme aussi le chrétien

1.5      Le choix de Lot

2     Abraham à Mamré / Hébron

2.1      Changement d’habitation pour aller à Hébron

2.2      Signification de Hébron — l’acte de foi d’Abraham

3     Genèse 23 — La mort de Sara

3.1      Douleur de la mort

3.2      Le deuil à Hébron

3.3      Pleurs du croyant, larmes de Jésus — chagrin et sympathie

3.4      Misère de l’incrédulité

3.5      L’enterrement à Hébron

4     Genèse 49 — Hébron en attendant les collines éternelles

5     Josué 14 — le choix de Caleb

6     Josué 21 — la ville de refuge

7     2 Samuel 2:1 — la gloire après les souffrances

 

 

1                        Abraham

1.1   Abraham dans la Genèse

On sait qu’Abraham est la figure centrale du Livre de la Genèse. Homme de foi, ami de Dieu (Jacq. 2:23), croyant en la Parole de Dieu (Rom. 4:3), au Dieu qui fait vivre les morts, et qui appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient (Rom. 4:17), la foi d’Abraham est la foi qui justifie le coupable, qui justifie l’impie (Rom. 4:5). Abraham crut Dieu et cela lui fut compté à justice, et il devint ainsi « ami de Dieu ». Il est la figure centrale au milieu de sept personnes dont l’histoire si remarquable est donnée dans la Genèse, mais nous n’avons pas le temps de nous étendre sur ces personnages, et nous voudrions avec vous vivre quelques moments avec Abraham.

 

1.2   Début de la vie de foi d’Abraham

Il est venu d’un pays très lointain, appelé par Dieu, et ne sachant où il allait (Héb. 11:8) ; il a obéi à la Parole de Dieu pour venir s’installer dans la terre de Canaan que Dieu voulait lui donner, un pays particulièrement privilégié sur lequel repose la faveur de Dieu. Les prophètes parleront de ce pays en termes qui ne manquent pas de nous saisir : Le pays de beauté, un ornement entre tous les pays, le pays sur lequel les yeux de Dieu se reposent toute l’année, en faveur, en bénédiction. C’est la terre qu’Il voulait donner à son serviteur Abraham, et non seulement à Abraham mais à sa semence, c’est-à-dire à sa famille, à sa descendance.

 

1.3   Un pays qui vomit ses habitants — Dieu est patient en attendant le jugement

Mais avant que ce pays soit mis en possession effective d’Abraham, il fallait d’abord que les habitants en soient dépossédés — nous sommes sur le terrain de l’Ancien Testament, et nous saisissons bien que notre guerre aujourd’hui n’a plus rien de commun avec ce que Dieu ordonnait en ces jours-là ; mais nous rappelons une expression de l’Écriture : « le pays vomissait ses habitants ». En quelque sorte, la terre elle-même ne pouvait plus supporter cette population qui s’était enfoncée dans la corruption la plus horrible, avec des pratiques repoussantes, que la conscience naturelle ne condamnait pourtant plus, — il faut bien dire cela en passant, à ceux qui disent que tout va bien si nous nous conduisons selon notre conscience ; la conscience n’a pas réagi dans ces jours-là, alors que les faits, les circonstances, les actes osés par les hommes étaient horribles. La terre elle-même ne pouvant plus le supporter, et Ésaïe le confirmera : nous ne touchons pas impunément aux fondements de la société des hommes que Dieu a établie ; Ésaïe pour un temps tel que celui-ci où l’on appelle le mal bien et le bien mal (És. 5:20) dira : « ils ont violé l’alliance, ils ont changé les statuts ». Avons-nous besoin de donner des exemples ? Ils ont méprisé ce que Dieu a établi, c’est pourquoi ils doivent supporter la peine de leur iniquité. On ne peut pas impunément rompre le contrat que Dieu a établi, toucher aux fondements que Dieu a établis sans en connaître tous les préjudices les plus graves. Dans ce ch. 24, Ésaïe rajoute : « ils ont changé le statut, violé l’alliance éternelle, c’est pourquoi la malédiction a dévoré le pays, et ceux qui l’habitent subissent la peine de leur culpabilité ; c’est pourquoi les habitants du pays sont consumés, et il ne reste que peu d’hommes » (És. 24:5-6)

Eh bien Abraham se trouve dans ce pays, entouré de telles populations, mais le temps n’est pas encore venu pour que ces populations soient liquidées de la scène. Pourquoi ? Parce que Dieu n’exécute le jugement, que lorsque le mal a atteint son apogée, et Dieu attend dans sa patience, Il veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tim. 2:4). Son oeuvre étrange (És. 28:21), c’est bien de juger, de châtier, et il fait de pressants appels encore aujourd’hui pour que le pécheur s’arrête sur ce chemin d’égarement afin d’éviter le jugement qui l’attend au bout d’un tel chemin.

 

1.4   Abraham étranger, comme aussi le chrétien

Et Dieu dit à Abraham « l’iniquité des Amoréens n’est pas encore venue à son comble » (Gen. 15:16). Il faudra encore attendre quatre siècles, ce qui fait qu’Abraham se trouve comme un étranger dans ce pays qui lui appartient.

Ceci corrobore ce que nous disions, qu’il est une figure centrale du Livre de la Genèse, car c’est le père de nous tous (Rom. 4:16). La foi d’Abraham l’établit dans un pays exactement comme nous le sommes aujourd’hui : nous ne sommes pas chez nous, mais nous sommes des étrangers dans un monde qui nous appartient (1 Cor. 3:21, 23), mais pas pour maintenant ― c’est ce qui faisait dire à l’un de nos chers devanciers, et pas des moindres, à qui on proposait une situation dans le monde, à la mesure de ses capacités, de ses facultés exceptionnelles, mais il répondait « vous me proposez de briller dans le monde grâce à mes capacités, mais de quel monde me parlez-vous ? ». Car il y a deux mondes, il y a le monde actuel, aux mains d’un usurpateur, où nous sommes des étrangers, un monde rempli de violences et de corruptions, qui doit être mis en ordre, comme un vase purifié par le feu avant que la gloire vienne le remplir. Mais quand la gloire le remplira, alors se réalisera ce que Paul a dit « toutes choses sont à vous, soit vie, soit mort » : le monde habité à venir, celui dont nous parlons, nous appartient, mais nous le posséderons avec le Seigneur. Car le monde est l’héritage du Seigneur, l’héritage terrestre, le royaume du monde de notre Seigneur Jésus Christ (Apoc. 11:15), et le Seigneur n’a pas dit seulement à Pilate « mon royaume n’est pas de ce monde », mais le Seigneur a dit à Pilate : « maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18:36) ; c’est demain que Pilate et tous ses semblables connaîtront qu’Il est juge des vivants et des morts, et que le monde dans lequel Il a souffert est le monde qui lui sera asservi.

 

1.5   Le choix de Lot

Si Abraham est comme nous un croyant étranger dans la terre que Dieu lui a donnée, Lot, lui, va choisir, et choisir par lui-même, pour la satisfaction de tout ce que requiert sa vie, ses serviteurs ; il va choisir la plaine du Jourdain (Gen. 13), histoire souvent méditée. Abraham au contraire, laisse Dieu choisir à sa place. Lot qui choisit lui-même, fait un choix désastreux malgré ses belles apparences, celui de la plaine de Sodome. Elle était « comme le jardin de l’Éternel » (Gen. 13:10) ; en apparence, c’était quelque chose que Dieu bénissait, mais c’était une image trompeuse. À l’inverse, Abraham monte sur la montagne, et dans la communion avec Dieu il reçoit cette communication : « Regarde Abraham, moi je t’invite à lever les yeux » (Gen. 13:14-17), et l’héritage que Dieu lui donne, la bénédiction que Dieu donne, ne comporte aucune peine (Prov. 10:22). Abraham peut contempler tout le pays que Dieu lui donne, mais sans qu’il lui appartienne encore effectivement.

 

2                        Abraham à Mamré / Hébron

2.1   Changement d’habitation pour aller à Hébron

À ce moment-là, après que Dieu l’a invité à regarder en long et en large tout ce pays qu’Il lui donne, voilà qu’Abraham déménage. Il lève ses tentes et vient habiter auprès des chênes de Mamré (Gen. 13:18), dans une contrée qui est au coeur du pays de la promesse, bien que les limites n’en aient pas encore été données de Dieu, sinon d’une manière générale au ch. 12 (la promesse que Dieu a faite à Abraham deviendra la base de l’alliance que Dieu va confirmer au fur et à mesure que le temps va passer). On peut se demander pourquoi Abraham lève ses tentes et change son camp, après que Dieu lui a parlé, pour aller s’établir à Hébron, au coeur du pays de la promesse, au coeur de la tribu de Juda, au coeur de ce territoire qui sera plus tard la tribu royale. Pour quelle raison Abraham leva ses tentes et vint habiter à Hébron dès que Dieu lui a fait cette promesse ? Pourquoi Hébron ? Qu’est-ce qu’Hébron signifie pour nous, chers amis ?

 

2.2   Signification de Hébron — l’acte de foi d’Abraham

Il faudrait bien plus qu’une soirée pour exposer tout le plan d’Hébron mais nous essaierons d’être concis et de fixer quelques jalons qui permettront de chercher et saisir, chacun pour soi-même, cette merveilleuse histoire d’Hébron, qui pour nous est un symbole saisissant, un symbole des plus heureux de ce que nous possédons maintenant avec Christ, au-delà de la mort qu’Il a vaincue. La puissance de Satan a été détruite, selon la promesse que Dieu avait faite dès le commencement : « la semence de la femme » dit Dieu en s’adressant au serpent, « te brisera la tête » (Gen 3). Dans la défaite apparente de Christ sur la croix, — et quelle défaite marquante que celle-là ! Christ a été crucifié en faiblesse — mais dans cette faiblesse apparente, Christ a remporté une victoire totale sur la puissance de l’ennemi, car descendant dans le tombeau, Il va en sortir par sa propre puissance, victorieux et brisant le pouvoir de celui qui tenait le plus grand pouvoir dans ce monde, c’est-à-dire la mort.

En nous allant tout à l’heure, nous pourrons nous écrier, empruntant la parole du prophète, rappelée par l’apôtre (1 Cor. 15), « mort où est ta victoire » ? Cette victoire se situe à Hébron. La puissance de Satan se trouvait à Hébron. En effet, nous lisons dans le Livre des Nombres (13:22-23), deux noms à relier ensemble en relation avec Hébron (il s’agit de la reconnaissance du pays par les espions) : « et ils montèrent et reconnurent le pays, depuis le désert de Tsin jusqu’à Rehob, quand on vient à Hamath. Et ils montèrent par le midi, et vinrent jusqu’à Hébron ; et là étaient Akhiman, Shéshaï et Thalmaï, enfants d’Anak. Et Hébron avait été bâtie sept ans avant Tsoan d’Égypte ». Voilà donc Hébron citée, et en même temps (Nomb. 13:17), un nom remarquable, celui d’un homme de Dieu, Josué, dont le nom était Osée, et qui devient Josué. Les notes de Nomb. 13:17 et Deut. 32:44 donnent le sens de « délivrance » pour Osée, et « l’Éternel Sauveur » pour Josué. Josué est le nom hébraïque de Jésus en quelque sorte (dans la première édition du Nouveau Testament en français de JND, 1859, il était écrit « car si Jésus leur avait donné le repos » en Héb. 4:8, là où nous lisons maintenant « car si Josué leur avait donné le repos »). Alors dans ce changement du nom d’Osée en Josué, Dieu nous montre déjà que nous n’avions pas seulement besoin d’une délivrance, mais qu’il voulait nous donner un Sauveur, car « aujourd’hui dans la cité de David nous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur », « et tu appelleras son nom JÉSUS » (Luc 2:11 et Matt. 1:21). Osée change son nom en Josué, comme par promotion, Dieu récompensant sa fidélité. Mais pour nous, quelle manifestation de la grâce de Dieu ! Ce n’est pas seulement d’une délivrance que le pécheur avait besoin, mais d’un Sauveur, qui allait opérer un grand salut, et ce n’est pas sans raison que dans ce même chapitre (Nomb. 13), nous avons le nom de Josué et le nom d’Hébron.

À Hébron habitait Anak le géant avec ses trois fils, et cette ville d’Hébron avait été bâtie sept ans avant Tsoan d’Égypte. Pourquoi ce détail ? Si nous cherchons, le Seigneur va nous aider à trouver. Tsoan c’est Tanis de basse Égypte (Ps. 78:12 et És. 19:13 ; notes). Dans les Psaumes nous trouvons plusieurs fois la mention de Tsoan : C’est là que Moïse avait affirmé la puissance de Dieu de l’Éternel en délivrance, dans le delta du Nil, en délivrance en faveur du peuple (Ps. 78:12, 43). Dieu y avait manifesté sa puissance pour délivrer le peuple de l’esclavage du Pharaon, pour vaincre le Pharaon, pour briser la verge avec laquelle il dominait sur ce pauvre peuple d’esclaves. Mais en fait cette puissance du Pharaon qui maintenait Israël en servitude, se rattachait précisément à Hébron, cette ville bâtie sept ans avant Tsoan, mais reliée avec elle par le fait que la puissance que le Pharaon déployait contre ce pauvre peuple, il la tenait d’Hébron, il la tenait d’Anak, il la tenait du géant, c’est-à-dire de celui qui est le menteur et le meurtrier dès le commencement (Jean 8:44), Satan.

Vous voyez l’identification : le Pharaon qui asservit Israël à Tsoan est mis en relation avec Hébron où siège le géant avec ses trois fils, illustration de celui qui a introduit le péché dans le monde et par le péché, la mort. Voilà, chers amis, un acte de foi incomparable fait par Abraham. Il vient donc s’établir à Hébron là où vit le géant avec ses trois fils, un lieu redoutable entre tous, mais la foi d’Abraham a saisi qu’un jour cette puissance serait détruite et que le pays appartiendrait à sa descendance selon la pensée de Dieu, le pays étant nettoyé de tous ses ennemis et enfin Israël jouissant, selon le propos de Dieu, en paix, en grâce et en bénédiction de tout ce que Dieu avait conçu pour lui.

Quelle image pour nous, chers amis ! Quelle image pour nous ! Nous pouvons maintenant nous tenir à Hébron, et tout à l’heure en quittant cette scène, nous allons nous écrier « Mort, puissance d’Hébron, puissance de Satan à l’oeuvre, où est ta victoire » ? Elle a été engloutie dit l’apôtre. Et nous allons dire cela, crier cela, puisque Satan sera brisé sous nos pieds dès que nous allons partir. Voyez cette première scène d’Abraham, nous n’avançons guère, mais elle est très importante.

Le fait qu’Abraham vienne s’établir à Hébron pose devant nous un acte de foi, un acte d’intelligence d’Abraham selon la pensée de Dieu ; il a compris que le pays n’appartiendra à sa semence, à sa descendance que lorsque les ennemis seraient détruits ; mais dans sa foi, la foi des élus de Dieu (Tite 1:1) qui tient comme acquises les choses qui ne se voient pas encore, il vient là en présence du géant établir ses tentes pour lui dire « un jour nous posséderons ce pays, et tu seras détruit ». C’est un acte de foi extraordinaire.

 

3                        Genèse 23 — La mort de Sara

3.1   Douleur de la mort

La preuve en est dans ce chapitre 23 où nous avons lu quelques versets. Abraham perd son épouse ; c’est une scène que nous ne pouvons pas lire sans profonde émotion. Elle illustre, elle rappelle ou annonce combien de deuils semblables dans la famille de la foi, combien de larmes répandues en présence de la mort qui intervient, et qui brise les liens les plus doux, les plus chers au coeur naturel, implacable comme elle est, redoutable sans doute, ne se laissant fléchir par aucune supplication, agissant brutalement ou lentement — avec une lenteur qui éprouve au suprême degré, et celui qui est atteint et ceux qui l’entourent, de quelle que manière que ce soit. Elle montre ce qu’est l’ennemi de l’homme, cruel, implacable, ne se laissant fléchir en aucune manière.

Mais quel bonheur pour nous, chers amis. Paul parlera des pleurs (Rom. 12:15 ; 1 Cor. 7:30). Sans doute nous versons des larmes, nous ne sommes pas des stoïques, nous sentons bien la douleur, et JND dira « plus un croyant a affaire avec Dieu, plus il est rendu sensible », le Saint Esprit opérant en lui pour le rendre sensible à toutes les souffrances qu’il rencontre, et à celles qu’il éprouve en particulier ; mais c’est aussi le Saint Esprit en lui qui le rend capable de soutenir cette peine. Car le Saint Esprit est un Esprit de consolation, « le consolateur » dit le Seigneur « que je vous enverrai d’auprès du Père ». Si l’Esprit en nous affine nos sentiments, et les transforme de bien des manières pour les sublimer, pour les rendre infiniment précieux, c’est aussi le Saint Esprit en nous qui nous aide à soutenir le chagrin, la peine que nous éprouvons quand les liens sont rompus.

 

3.2   Le deuil à Hébron

Vous voyez maintenant : Abraham perd son épouse, et nous lisons « Sara mourut à Kiriath-Arba, qui est Hébron ». Abraham n’a pas quitté cet endroit que nous venons de voir ensemble en Gen. 13:18. « Et Abraham vint pour mener deuil sur Sara, et pour la pleurer ». Voilà l’attitude de cet homme de Dieu, père de nous tous. Il vient pour mener deuil et pour pleurer sur Sara. C’est un homme brisé par la douleur, et qui la ressent d’autant plus qu’il a vécu si longtemps avec la compagne que Dieu lui avait donnée. Il vient pour mener deuil et pour pleurer. Voilà l’attitude d’un croyant.

 

3.3   Pleurs du croyant, larmes de Jésus — chagrin et sympathie

Mais, chers amis, ce n’est pas tout ce que le croyant réalise dans une situation semblable, car il ne reste pas là. Son petit-fils Jacob se lèvera aussi dans des conditions semblables, de devant le sépulcre (Gen. 35). Il ne reste pas là, brisé de douleur, dans le désespoir comme si tout était perdu, comme si tout était anéanti. S’il vient pour pleurer et mener deuil, ce n’est qu’une partie de son attitude. Nous pleurons sans doute, puisque Paul dit « nous ne pleurons pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance » (1 Thes. 4:14), mais nous versons des larmes. Cela serait-il étrange ?

Quel est le plus court verset du Nouveau Testament ? Un sujet et un verbe « Jésus pleura » (Jean 11). Lui-même a mélangé ses larmes avec son breuvage (Ps. 102:9), a mangé de la cendre comme du pain, mais la différence entre ses larmes et les nôtres c’est que les siennes sont l’expression (le mot n’est pas le même dans l’original) d’une sympathie parfaite, les nôtres c’est le chagrin, c’est la peine qui nous étreint, qui nous écrase dans un sentiment d’impuissance lorsque nous sommes séparés de ceux que nous aimons. Mais avant de déployer sa puissance, Jésus pleura. Il a mêlé ses larmes à celles de ceux qui pleuraient, avant de parler, avant de consoler, avant d’intervenir en puissance. Il a d’abord mêlé ses larmes avec ceux qui pleuraient. Quelle sympathie parfaite !

Eh bien Abraham vient pour mener deuil et pour pleurer, mais il ne connaît pas encore l’évangile selon Jean, Jésus n’est pas encore venu dans ce monde, mais il connaît quelque chose du coeur de Dieu, des compassions de Dieu, et il n’en reste pas là à mener deuil et à pleurer.

 

3.4   Misère de l’incrédulité

Vous savez ce qu’un de vos grands philosophes disait à l’égard de la mort en l’évoquant ; mais quand il a dû se trouver confronté lui-même à ce seuil redoutable, — nous avons lu ce que cet homme (il s’agit de Voltaire) a pu dire, ainsi que la scène horrible à laquelle ont assisté ceux qui ont été témoins de sa fin : « misérable fou que j’étais », disait-il, dans une scène que ceux qui l’ont vu, ont dit que plus jamais ils ne voudraient assister à quelque chose de semblable. Il s’était moqué de Dieu, disant : « la mort, mais qu’est ce que c’est ? c’est un sommeil, la mort ; et la mort ressemble au sommeil comme une goutte d’eau ressemble à une goutte d’eau, sauf que l’on ne s’éveille plus ». Mais il a compris trop tard que la mort n’était pas une goutte d’eau qui ressemble à une autre goutte d’eau, — que c’était la comparution devant Dieu, que mourir c’était le jugement de Dieu, la sanction de Dieu sur le pécheur, et qu’après la mort suit le jugement. C’était trop tard, maintenant, après s’être moqué de Dieu. Plus de salut pour quelqu’un qui s’était moqué de Dieu, qui s’était plongé dans l’incrédulité, et qui avait entraîné à sa suite tant de misérables sur ce chemin d’incrédulité.

La mort n’est pas une goutte d’eau qui ressemble à une autre goutte d’eau. C’est quelque chose d’infiniment douloureux. Mais voilà la ressource du croyant : « Abraham vint pour mener deuil sur Sara, et pour la pleurer », et tout de suite après, au verset 3 : « et Abraham se leva de devant son mort ». D’un côté les affections brisées, les sentiments qu’elles produisent en nous, mais d’un autre côté la foi des élus de Dieu : voilà l’attitude que la foi donne de manifester, de montrer pour un croyant vis-à-vis de ceux qui n’ont pas d’espérance. Voilà ce qu’Abraham est, un élu de Dieu, un croyant et il peut être dit de lui qu’ « il se lève de devant son mort », dans la dignité de la foi.

 

3.5   L’enterrement à Hébron

Où va-t-il enterrer son mort ? Il va acheter dans cette terre de Canaan, un petit champ dans lequel il y a une caverne, à Hébron justement, là où siègent Anak et ses fils, des géants redoutables.

Quand Moïse parlera de ces géants dans le Deutéronome, il rappellera au peuple que lorsqu’il fallait monter à l’assaut de ces forteresses tenues par les géants, c’était quelque chose de redoutable. Mais comme l’avaient affirmé Josué et Caleb, Dieu marchait devant son peuple et « si Dieu est avec nous qui sera contre nous » ? (Rom. 8). C’est la différence entre Josué et Caleb d’un côté, et les espions qui eux n’avaient vu que les géants, et qui disaient « sans doute, le pays est beau ; vous voyez ce que nous en rapportons, mais nous sommes incapables d’aller contre ces géants ; nous étions comme des sauterelles à côté d’eux » (Nombres 13 et 14).

Josué et Caleb étaient-ils des visionnaires ? des aveugles ? Pas du tout. Mais eux, au contraire des dix espions qui font fondre le coeur du peuple par leur incrédulité, Josué et Caleb ont mis tout simplement l’Éternel entre les ennemis et le peuple d’Israël. Et si l’Éternel marche devant son peuple, chers amis, quel ennemi peut empêcher le peuple d’avancer, si redoutable soit-il ?

Eh bien voilà la foi d’Abraham à Hébron, là où se trouve cette puissance déployée par Anak, figure ou image de Satan. C’est là qu’Abraham vient demander aux fils de Heth d’avoir un petit champ qu’il veut payer, dans une terre qui lui appartienne, montrant bien son caractère d’étranger : sa tente et son autel le prouvaient déjà suffisamment, et son attitude ici le corrobore entièrement.

Il va acheter ce champ pour y enterrer son mort, affirmant ainsi qu’un jour, c’est là que la victoire aurait lieu, que la défaite des ennemis seraient opérée par Celui qui devait venir, et Abraham sait bien qu’à partir du sacrifice de son fils qui a été entièrement consommé pour Dieu, Abraham sait bien que Dieu lui a confirmé les promesses qu’il lui avait faites : parce que tu as fait cette chose-là, parce que Christ a été offert, parce qu’il a donné Sa vie, parce que Dieu l’a livré, n’ayant personne de plus grand par qui jurer, l’Éternel dit à Abraham « je jure par moi-même... Parce que tu as fais cette chose-là... je te bénirai » (Gen. 22:16), de sorte que par deux choses immuables, la Parole de Dieu et le serment qui la confirme, nous avons maintenant une ferme consolation (Héb. 6:18). Certes en te bénissant, je vais te bénir et tu vas avoir « une semence comme les étoiles des cieux », celle parmi laquelle nous avons place maintenant, croyants de cette dispensation, — et tu auras une semence comme la poussière de la terre, c’est la semence pour la terre, c’est Israël et les nations qui lui sont associées, — car l’Éternel n’oublie pas qu’il y a les nations en même temps qu’Israël pour la terre, pour la bénédiction qu’il va répandre sur celle-ci. Dieu n’est pas seulement le Dieu des Juifs, mais aussi des nations et tout repose sur le sacrifice d’Isaac, sur la semence d’Abraham qui est, comme le dira l’apôtre, qui est Christ. « Parce que tu as fait cette chose-là », Dieu lui a confirmé les promesses qu’il lui avait déjà faites auparavant et Abraham montre ici le prix que cette promesse a pour son cœur : c’est à Hébron qu’il vient enterrer son épouse.

 

4                        Genèse 49 — Hébron en attendant les collines éternelles

Nous avons maintenant dans le court récit que nous avons lu, à la fin de la vie de Jacob l’affirmation de cet homme, ce patriarche. C’est un coucher de soleil magnifique, a-t-on dit, après une vie tourmentée. Quel magnifique tableau nous laisse Jacob !

Bénissant ses fils, disant à chacun de la part de Dieu, quel serait son histoire, ce que l’histoire a confirmé entièrement :

l’histoire passée jusqu’à la croix,

l’histoire présente depuis la croix et qui va se terminer,

l’histoire à venir qui va commencer lorsque le Seigneur va à nouveau s’occuper d’eux,

 

ces trois parties de l’histoire correspondant à :

 

trois noms des fils de Jacob pour le passé,

trois noms pour le présent actuel (c’est saisissant),

trois noms pour demain,

 

et, en plus, trois noms pour nous parler de Celui sur lequel tout repose, Christ : Juda, Joseph et Benjamin, le loup qui déchire.

 

Eh bien, tous ses fils sont là autour de lui : l’aîné a 65 ans, et le plus jeune a une cinquantaine d’années ; ces douze hommes sont là et Jacob va leur dire en quelques mots saisissants, ― un raccourci extraordinaire, quelle est l’histoire prophétique pour chacun d’entre eux.

À la fin, Jacob s’appuie sur son chevet ou sur son bâton, (textes de Gen. 49 et de Héb. 11. Le mot dans l’original paraît-il est semblable), et le bâton illustre évidemment la position d’étranger, de voyageur, la position de Jacob, comme de tous les fils de la famille de la foi. L’attitude qu’ils ont c’est le bâton du voyageur, ― attendant ce que Dieu va opérer un jour, et Jacob porte ses regards, bien qu’il soit presque aveugle, voyant jusqu’au bout des collines éternelles ; il saisit déjà quelque chose de ce que nous allons voir tout à l’heure, l’héritage céleste qui se résume en une phrase que personne ne saurait expliquer sans doute quant à sa densité : « Dieu est tout, et en tous » (1 Cor. 15:28).

Voilà les collines éternelles. Le sommet des collines éternelles, Jacob, bien qu’il soit aveugle, le discerne dans le lointain, et il énonce pour chacun quelle sera sa part dans l’héritage terrestre. Mais pour Joseph, type de Christ, il voit déjà quelque chose se réaliser de ce qui sera réalisé un jour « Dieu tout et en tous » :

Dieu tout comme objet pour chacun, Dieu remplissant chacun

et en tous comme capacité divine de jouir de Dieu.

C’est le sommet, c’est l’éternité bienheureuse afin que Dieu soit tout et en tous. Jacob a saisi quelque chose de cela.

Mais il veut ― et dans ce jour-là nous pensons bien qu’il y avait une signification pratique, une signification qui ne manquait pas d’impressionner, et de donner la preuve que quelqu’un était dans ces sentiments avec Dieu. Jacob ne veut pas d’un mausolée en Égypte : étant assis à côté du trône de Joseph, il aurait pu avoir quelque chose qui ressemblait sans doute à ces pyramides qu’on bâtissait à l’époque, et dont on a les vestiges encore aujourd’hui extraordinaires. Ce que Jacob veut n’a rien de commun avec ce que les hommes édifient pour établir leur nom, si somptueux que soit leur sépulcre. Non, ce que Jacob veut, c’est qu’on le remonte de l’Égypte en Canaan. Il le fait jurer à ses fils, et il précise de manière à ne laisser aucun doute, aucune équivoque, l’endroit où ses os doivent être placés, à côté d’Abraham, de Sarah, d’Isaac, et de Léa, et de sa mère Rebecca : c’est là qu’il faut placer ses os, parce que cet homme de foi a mis sa confiance aussi dans la Parole de Dieu, et il estime (il le croit) qu’un jour, c’est à Hébron que Dieu va opérer cette puissance renversant les ennemis, et en même temps ressuscitant ceux qui sont de la foi de Jésus. C’est dans cette caverne, avec le père de la foi que je veux être enterré, non pas dans un mausolée en Égypte.

Le coeur de Jacob rejoint la foi d’Abraham, c’est là dans cette caverne qu’il faut être enterré.

Quel exemple pour nous. L’endroit où nos pauvres restes sont déposés n’a aucune espèce d’importance, nous le savons bien. À la voix puissante du Seigneur, la terre va jeter dehors ses trépassés. Le Seigneur, à son cri de commandement, à sa voix puissante, va d’abord réveiller ceux qui se sont endormis, les premiers, puis nous, nous serons changés, et nous partirons de tous les endroits de la terre pour nous rencontrer sur la nuée. Mais pour Abraham et sa descendance, le dépôt de leur corps à Hébron était un acte de foi, certifiant leur assurance du jour de la victoire sur la mort, et portant les regards sur ce grand jour de la résurrection qui va bientôt être accompli : c’est à Hébron qu’il faut que leurs os soient enterrés.

 

5                        Josué 14 — le choix de Caleb

Nous pourrions encore voir quelque chose d’Hébron en relation avec notre position actuelle comme croyant. Si vous le voulez bien nous allons ouvrir le Livre de Josué. C’est un autre aspect du tableau mais infiniment précieux pour nous. Dans le chapitre 14, nous ne faisons qu’effleurer les bords de cette époque incomparablement belle, — il faut prendre le temps de méditer sur ces différents aspects que Dieu nous donne de cet endroit d’Hébron, si significatif pour nous. Nous sommes arrivés à la fin des guerres de possession du pays ; chacun va recevoir maintenant la part d’héritage à laquelle il a droit. Et voici qu’un homme s’avance au ch. 14 ; c’est un homme extraordinaire, c’est Caleb, fils de Jephunné le Kenizien.

Tout d’abord son origine : pour un Israélite orthodoxe, dirions nous, et imbu de ses privilèges, c’est un homme douteux, un Kenizien. Caleb, nous l’avons au verset 6 du chapitre 14, « Caleb fils de Jephunné le Kenizien ». Or si nous ouvrons le livre de la Genèse (Gen. 15:19), les Keniziens sont une peuplade comme les Kéniens, les Héthiens, les Cananéens qui devaient disparaître de la terre d’Israël.

Qu’apprenons-nous par cette mention ? Caleb, fils de Jephunné le Kenizien, devient le prince qui sera désigné par Moïse pour aller découvrir le pays de Canaan. Comment se fait-il qu’un étranger, qui aurait dû disparaître de la scène, en vienne tout à coup à être propulsé à cette hauteur de privilèges incomparables d’être un prince en Israël ?

Est-ce tellement étrange ? Ne trouvons-nous pas à la même époque une pauvre fille dont la Parole de Dieu rappelle l’origine si ténébreuse, si misérable, Rahab la prostituée ? Et où la trouvons nous ? Nous la trouvons pour devenir une princesse en Israël, comme Ruth la Moabite, tribu, peuplade à l’égard de laquelle l’Éternel avait dit : « jamais le Moabite n’entrera dans ma maison, même pas la dixième génération » (Deutéronome 23:3). Après Rahab, nous avons Ruth la Moabite qui devient l’arrière grand-mère du roi David. Et nous trouvons le nom de Rahab et de Ruth dans la généalogie la plus prestigieuse qui soit, celle du Roi des Rois, du Seigneur des Seigneurs : Matt. 1 montre d’où Dieu a tiré ces pauvres créatures et les sommets auxquels Il les établit, en vertu de Celui qui naît et qui va donner sa vie ; elles sont dans la généalogie de Jésus, fils d’Abraham, fils de David, le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs.

Grâce à l’œuvre de Christ, voilà le Kénizien qui devient un prince en Israël, et une prostituée qui devient une princesse ; voilà l’oeuvre de Dieu, voilà la grâce de Dieu dont nous avons déjà des aperçus dans l’Ancien Testament. Eh bien ce Kénizien, ce Caleb devient donc un prince en Israël, de la tribu de Juda, et nous savons son histoire, comment il va affirmer que Dieu est bien capable de donner ce pays à son peuple : si Dieu est pour nous, qu’est-ce que les ennemis peuvent faire si grands et si redoutables soient-ils ?

Il vient auprès de Josué, et lui dit : « Josué, tu sais qu’il y a 45 ans nous étions ensemble, j’ai 85 ans aujourd’hui », et dans ces jours là (c’est le récit que nous avons) il rappelle à Josué la scène comme elle s’est déroulée et il peut dire « j’ai suivi pleinement l’Éternel » avec la grâce qui m’a été donnée ; la chose est dite plusieurs fois : quel exemple pour nous, chers amis !

Si le Seigneur pouvait dire de nous, en lisant dans le secret de nos voies, « eh bien ce croyant comme cet homme, il me suit pleinement », quel bonheur nous éprouverions dans notre coeur si nous pouvions marcher de cette manière ! Suivre pleinement le Seigneur, pas à moitié, pas en boitant, mais suivre pleinement le Seigneur comme cet homme l’a fait ! et maintenant, dit-il à Josué, il faut que tu me donnes l’héritage auquel j’ai droit. Qu’est-ce que tu vas choisir, Caleb ? tu peux choisir les vignobles les plus productifs, les plaines les plus fertiles, tu as le droit, tu peux choisir, tout ce que tu vas demander t’appartient.

Qu’est-ce Caleb va choisir, chers amis ? Pour l’homme, il fait un choix étrange, un choix d’un homme déraisonnable. Il dit à Josué : « eh bien, donne moi Hébron, donne moi la caverne de Hébron dans laquelle est le père de la nation, le père de nous tous », car je suis un homme de foi ; bien que je ne sois pas Israélite de naissance, j’appartiens à la famille de la foi, et je souhaite obtenir cette part d’Hébron, là où la mort a fait son oeuvre, où reposent les os de nos chers devanciers, car je sais que là, Dieu va opérer en puissance lorsque la résurrection triomphante aura lieu et que tous les ennemis, la mort sera vaincue.

Or il y avait là des ennemis redoutables, comme nous le lisons à la fin du chapitre 14 : « Or le nom de Hébron était auparavant Kiriath-Arba ; Arba était le grand homme parmi les Anakim » ; c’était un endroit redoutable. C’est bien cela que Caleb vient demander à Josué.

 

Qu’est-ce que Josué fait ? Josué regarde cet homme. Josué, son coeur certainement rempli d’émotion en voyant ce vieux compagnon, ce vieux guerrier, encore fort comme il y a 45 ans, qui veut mettre son épée au service de Dieu pour se mesurer à l’ennemi, au lieu de chercher le repos, au lieu de jouir d’une plaine fertile, et des vignobles qui auraient pu le combler. Non ! il veut continuer la guerre, car la guerre ne cessera pas ; il le sait bien que ce n’est pas le moment du repos ; c’est le moment de la guerre ; le moment du repos s’approche, mais jusque là nous avons à lutter ; Caleb le sait.

Pour nous aujourd’hui, ce n’est plus une lutte contre le sang et la chair, mais nous aurons quand même la guerre de génération en génération contre celui qui a introduit le mal en ce monde. Caleb fait son choix, celui de la foi : « c’est Hébron que je désire » ― la caverne avec tous les ossements, car là Dieu opérera la délivrance, et je veux m’identifier avec ce propos de Dieu qui triomphera un jour, grâce à l’oeuvre de Celui qui doit venir.

Enfin, vous voyez c’est une chose extraordinaire : maintenant Caleb va se battre et il va posséder. Ce n’est pas un homme rempli de lui-même, prompt à prendre une décision inconsidérée ; comme vous le verrez dans le récit, il y a un « peut-être » et le « peut-être » n’est pas un « peut-être » de doute, mais il est celui de la dépendance : Dieu sera avec lui. Ce n’est pas un homme qui se base sur lui-même, sur ses capacités, il compte sur Dieu. Mais est-ce que Dieu ne va pas mettre Ses ressources à la disposition d’un homme de foi tel que lui ? Et nous lisons, dans ce chapitre, qu’il va remporter la victoire sur le géant et sur ses trois fils.

Et pour nous qu’est ce que c’est, chers jeunes amis ? Que veut dire Anak pour nous ? Et ses trois fils ? Vous avez affaire avec eux. Nous avons affaire avec eux, jeune homme, jeune fille, qui que nous soyons, et nous ne pouvons pas éviter ce combat, si nous sommes croyants. Car la possession de la vie en nous, et la réception du Saint Esprit fait qu’il y a un combat incessant en nous : « la chair convoite contre l’Esprit et l’Esprit convoite contre la chair ». Voilà une manière de s’exprimer de l’apôtre.

Nous avons toujours la chair en nous, sur laquelle Anak et ses trois fils agissent, ce sont leurs alliés ; et le principal ennemi avec lequel nous avons à faire, où est-il, où se trouve-t-il ? Il se trouve en moi, il se trouve en vous : c’est notre pauvre coeur naturel que Anak et ses trois fils séduisent, dans l’enceinte duquel ils mettent en mouvement les convoitises, qui ayant conçu, enfantent le péché, et le péché étant consommé produit la mort (Jacq. 1), quel triste cortège !

Quelle est la délivrance, chers amis ? La délivrance, c’est de nous tenir nous mêmes pour mort au péché, et comme impuissant parce que le Seigneur l’a vaincue, le Seigneur a détruit les oeuvres du diable ; c’est de tenir pour impuissant celui qui dompte les hommes, mais qui devant le croyant doit s’enfuir comme un oiseau de nuit : « arrière de moi Satan », « résistez au diable, et il s’enfuira de vous », voilà le secret de la victoire.

Eh bien ce Caleb va se mesurer avec ce géant et ses trois fils. Et pour nous, pour vous, chers jeunes amis, qui est-il ce géant ? C’est évidemment Satan et ses trois fils. Nous pouvons dire que l’épître de Jean situe avec exactitude les trois fils du géant : la convoitise des yeux, la convoitise de la chair, l’orgueil de la vie, voilà les trois fils du géant qui domptent les hommes — mais j’ai reçu de la part de Dieu les ressources, la capacité pour vaincre, pour surmonter ce qui dompte les hommes car je ne suis plus vaincu, je suis du côté du vainqueur.

Quelle est maintenant, en terminant, la destination de Hébron : la mort ? Caleb a fait un choix pour l’homme absolument déraisonnable, mais il sait que la mort est maintenant une servante que Dieu donne à notre disposition : « mortifiez vos membres qui sont sur la terre ». La mort, Dieu me la donne, la met à mon service pour mortifier les membres moraux (Col. 3). Vous voyez, Caleb a déjà saisi quelque chose de ce grand mystère.

 

6                        Josué 21 — la ville de refuge

Et enfin dans le chapitre 21, vous allez voir, chers amis, comme cette ville de Hébron est précieuse : à qui va-t-elle être donnée ? Dans ces chapitres nous sommes confrontés, en présence de la division du pays, et une famille particulière, les Lévites, n’a pas d’héritage, sauf qu’ils reçoivent de chaque tribu quelques villes dont certaines sont des villes de refuge.

Si nous avons lu un peu la Parole de Dieu, nous savons que la ville de refuge, c’est une image du salut que Dieu offre aujourd’hui ; la ville de refuge, c’est l’Église, car nous sommes sauvés et introduits dans l’Église.

On donne alors les villes de refuge aux fils de Lévi. Ils n’avaient pas d’héritage en Israël, ils sont exactement ce que nous sommes également aujourd’hui. Si nous avions rencontré un fils de Lévi et demandé : « où habites tu, quel est l’héritage que tu possèdes » ? il aurait répondu : « moi je n’ai pas d’héritage, Dieu ne m’a pas donné d’héritage, je suis dans la terre d’Israël sans héritage, mais l’Éternel a dit « je suis ton héritage ». C’est moi l’Éternel ton héritage. Voyez quel sort précieux pour cet homme ! Il n’avait pas de lieu qui lui appartienne en propre, il était un étranger dans la terre d’Israël, mais Dieu était son héritage. Il n’y avait pas de lot plus précieux que celui là.

 

Alors vous lisez dans le chapitre 21:10 : « ces villes-ci, qu’on nomma par leurs noms, et qui furent pour les fils d’Aaron, des familles des Kehathites, d’entre les fils de Lévi ; car le premier lot fut pour eux ». Aaron et ses fils, c’est donc une image des croyants que nous sommes aujourd’hui, Christ et les siens (Héb. 3) ; eh bien, Dieu leur donne le premier lot, le meilleur des lots.

Quel sera-t-il pour Aaron et pour ses fils, pour la famille la plus privilégiée en Israël, et qui est le type de ce que nous sommes aujourd’hui, en association vivante avec Christ et étant faits tous d’un selon Héb. 2, étant un avec Lui, vivifiés ensemble avec Lui, assis ensemble avec Lui dans les lieux célestes selon Éph. 2. Qu’est-ce que Dieu nous a donné ? Qu’est ce que Dieu donne à Aaron et à ses fils dans ce jour là ? Voyez ce que nous lisons, et qui est merveilleux : « là pour les fils d’Aaron, des familles des Kehathites, d’entre les fils de Lévi ; car le premier lot fut pour eux. On leur donna : Kiriath-Arba (Arba était père d’Anak), c’est Hébron dans la montagne de Juda ». Voilà le premier lot, le sort le plus précieux, à l’estimation de Dieu, qui est donné à Aaron et à ses fils.

 

Eh bien, chers amis, n’est pas ce que nous allons chanter demain [dimanche], n’est-ce pas ce que nous allons célébrer demain ? n’allons nous pas entourer la Table du Vainqueur, de Celui qui est ressuscité, et n’allons nous pas célébrer le meilleur des lots que Dieu nous a donné ? Par sa mort, nous avons la vie, et la mort dont nous allons nous souvenir, est celle qui nous a ouvert le chemin nouveau, vivant jusqu’au séjour suprême où Dieu va nous accueillir tous ensemble, lorsque le Seigneur va nous présenter en disant : « Me voici et tous ceux que tu m’as donnés » (Héb. 2).

 

7                        2 Samuel 2:1 — la gloire après les souffrances

La preuve c’est le dernier passage, mais nous n’avons plus le temps ; vous le lirez dans le deuxième livre de Samuel. Un homme est maintenant au bout de ses peines, de ses tribulations, c’est David, et le chemin du trône est ouvert devant lui. David est un homme dépendant, jusque là en tout cas, et il demande à Dieu : voilà maintenant tous mes ennemis sont mis de côté, tu m’as pris des parcs où je paissais le menu bétail de mon père, et tu m’as dit que j’allais être Prince sur Israël. Où veux-tu que je me rende pour recevoir la couronne ? Qu’est-ce que Dieu va dire à David ? Nous lisons encore ce verset, qui nous rappelle ce que nous venons de voir, le but vers lequel tout converge, et que nous allons connaître peut-être ce soir, peut-être cette nuit.

L’Éternel lui dit : « Monte, je vais mettre la couronne sur ta tête » ; et David dit : « où monterai je, où vais-je monter, Éternel, pour recevoir la couronne du royaume » ?

Les prophètes ont rendu témoignage aux souffrances qui devaient être sa part, mais aussi aux gloires qui suivraient (1 Pier. 1:11). Où vas-tu monter David ? eh bien, David monte à Hébron, et c’est là que David dans ce lieu de mort, près de cette caverne qui rappelle la mort, mais la mort vaincue, c’est là que Dieu met la couronne sur David, celui qui représente un Christ victorieux et David n’est pas seul pour jouir de son triomphe, il a ses deux femmes avec lui :

1. il a Akhinoam, le résidu, le résidu d’Israël qui est le noyau du peuple futur, son nom veut dire « grâce du fils »,

2. et il a Abigaïl l’autre femme, femme de Nabal, le résidu d’Israël, qui est devenu l’Église en Actes 2, et dont le nom veut dire « la joie de mon père », la joie que le Père a de donner l’épouse à Son Fils, et qu’Il va se présenter à lui-même tout à l’heure glorieuse.