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Toutes sortes de vases

 

Jérémie 18:1-8

 

Pierre Combe

 

Méditation orale. 2005. Les sub-divisions et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières :

1     Langage figuré

2     L’état de l’homme naturel

3     Vases gâtés — Vases neufs

3.1      Réparateur de brèches ?

3.2      Pas de restauration pour le pécheur

3.3      Un autre vase. Dieu fait du neuf

3.4      Israël et la nouvelle alliance

3.5      Le racheté, une nouvelle création

4     Vases brisés

4.1      Israël et l’église chrétienne : des vases brisés par le jugement

4.2      Le cœur brisé. Le vase brisé à l’école de Dieu

4.3      Le brisement final

5     Vases vides

5.1      Vases neufs et vides

5.2      Pour que l’homme soit un vase plein, il faut qu’il soit d’abord vidé de lui-même

5.3      Des vases vides qu’il faut remplir

5.3.1       Piété et adoration

5.3.2       Occupations de la vie

5.3.3       Culte

6     Vases pleins

6.1      Remplis du fruit de la justice

6.2      Remplis de la connaissance de la volonté du Seigneur

6.3      Remplis de joie

6.4      Remplis de l’amour divin

6.5      Remplis de l’Esprit

7     Le travail du potier

7.1      Le potier au travail

7.2      Vases de miséricorde et Vases de colère

8     Vases à honneur et vases à déshonneur

 

 

1                        Langage figuré

Le langage figuré ou symbolique ou typique, illustré, est très fréquent dans les Écritures. Le prophète Osée nous dit (12:11) que Dieu parle en similitudes. Il y a de très nombreuses images dans les Écritures : elles viennent à la rencontre de nos esprits limités et nous accordent, si nous en percevons le sens, de saisir la pensée divine. C’est ainsi aussi que le Seigneur Lui-même a communiqué tant d’enseignements aux foules, à ses disciples, en puisant en quelque sorte, la teneur, l’essence même de ce qu’Il voulait leur faire comprendre dans des circonstances coutumières qu’Il rappelle, ou dans des éléments de la nature. La typologie est également très frappante et très abondante dans la Parole ailleurs que dans les évangiles. Nous avons une manifestation de ce mode d’enseignement dans ces passages, notamment dans les premiers versets de ce ch. 18 que nous venons de lire.

 

2                        L’état de l’homme naturel

Nous savons quelle est l’appréciation divine à l’égard de l’homme et de son cœur déchu. Le certificat divin à l’égard de la nature pécheresse nous est plusieurs fois donné dans l’Écriture, notamment au début de l’épître aux Romains, et tant d’autres passages encore. Le prophète Michée nous dit par exemple (7:4) quant à l’homme pécheur, à l’homme naturel dans son état de perdition, que le meilleur est comme une ronce, et le plus droit pire qu’une haie d’épines : cela nous met au clair ! La difficulté pour l’homme orgueilleux par nature, c’est d’accepter — on pourrait dire d’être d’accord, ou convaincu ce qui est mieux — de ce que Dieu dit quant à nous-mêmes, quant à ce que nous sommes par nature. « Finissez-en avec l’homme dont le souffle est dans ses narines, car quel cas peut-on faire de lui ? » nous est-il dit (Ésaïe 2:22). Pourtant c’est bien à l’égard de telles créatures éloignées, perdues, corrompues, ennemies de Dieu, sans Dieu dans le monde (Éphésiens 2:12), que cet amour, duquel nous avons chanté quelque chose, s’est manifesté dans ses ressources, divines, glorieuses et entières. L’amour divin a été constaté (démontré pleinement), nous dit l’épître aux Romains (5:8) en ce que lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.

 

3                        Vases gâtés — Vases neufs

Jérémie attentif à la pensée de Dieu et à Ses enseignements pendant tout le cours de son long ministère, obéit et descend dans la maison du potier. S’il est une activité évocatrice, instructive, significative, c’est bien le travail d’un potier, qui d’une masse informe va appeler à l’existence un vase appelé à lui plaire. De cette masse inerte et informe, il veut faire un vase, un instrument d’ornement. Le Psaume 139, dans une de ses parties, reprend en quelque sorte cette image. Jérémie descend dans la maison du potier en train de faire l’ouvrage sur son tour, et le vase qu’il fit fut gâté.

On peut dire que nous avons dans ces quelques versets une parabole sur la terre, une parabole sur l’homme : le vase fut gâté, ce que Dieu fit fut gâté. Et on peut dire que l’homme placé dans un jardin de délices a anéanti en un instant le travail divin des 6 jours. Que va faire le Créateur, le divin potier ? Il en fit un autre vase « comme il plut aux yeux du potier de le faire ». Il est impossible de réparer le vase, il est gâté pour toujours. Dieu ne peut pas réparer, améliorer la nature pécheresse, il n’y a rien en elle qui corresponde à la nature divine ; Il ne peut ni l’employer, ni la recevoir. Il en fit un autre vase.

 

3.1   Réparateur de brèches ?

Nous savons que par ailleurs le prophète Ésaïe (58:12) nous dit qu’Il est le réparateur des brèches. Y a-t-il contradiction ? Pas du tout. Dieu ne peut pas réparer ce qui appartient au péché ; et la conversion d’un individu, d’une personne n’est en aucun cas l’amélioration de l’homme pécheur : c’est impossible, il est mis de côté. Sa qualité et Son service de réparateur des brèches consiste en la restauration de ce qui a la vie, mais qui a manqué. Un croyant qui pèche, qui manque, a les ressources du divin réparateur de brèches, et peut connaître une entière restauration par la confession, l’humiliation, le mener deuil ; c’est l’effet du Restaurateur des brèches, que ce soit individuellement, ou collectivement.

 

3.2   Pas de restauration pour le pécheur

Mais par l’homme le péché est entré dans le monde, et le péché est passé, selon l’épître aux Romains (5:12), à tous les hommes en ce que tous ont péché, et ont reçu cet héritage inévitable, celui de la nature pécheresse, qui passe inéluctablement de génération en génération ; il n’y a pas d’amélioration possible, il faut du nouveau.

C’est le cas, du reste, de tout ce que l’homme gâte ; nous savons bien que, en ce qui concerne toute créature humaine, le seul passage, le seuil à franchir — et il ne peut l’être que sans détour, sans aucun détour, — c’est celui de la confession de son état, de la reconnaissance de sa perdition, et de l’appel à la grâce qui ne saurait lui être refusée. Alors par la nouvelle naissance, un nouvel homme est appelé à l’existence, un vase nouveau, qui participe de la nature divine (2 Pierre 1:4) tout en demeurant une créature. D’où la double nature, les deux natures qui coexistent chez le racheté.

 

3.3   Un autre vase. Dieu fait du neuf

Il en fit un autre vase… Or ce vase doit satisfaire le divin potier, correspondre à Ses exigences, à Sa propre nature, à Ses caractères. C’est ainsi que la nouvelle nature qui anime le nouvel homme, ceux qui sont « créés », comme nous le dit plus d’une fois la Parole dans l’épître aux Éphésiens, (« nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus » Éph. 2:10), — ceux-là sont ce vase nouveau qui, quant à sa nature, ne peut pas pécher, et qui ne pèche pas. Le nouvel homme ne pèche pas, il ne peut que satisfaire et plaire aux yeux et aux exigences du potier.

Dieu d’une manière générale fait du neuf. Il crée donc un nouvel homme.

 

3.4   Israël et la nouvelle alliance

Si nous pensons à Israël, Il va appeler un nouvel Israël à l’existence au travers des souffrances, des persécutions et de la grande tribulation des disciples. Ce nouvel Israël, l’Israël de Dieu, sera mis au bénéfice d’une nouvelle alliance, — l’ancienne alliance ayant démontré l’incapacité de l’homme malgré ses engagements, malgré même sa bonne volonté, à répondre aux exigences divines. L’ancienne alliance a pris fin, Dieu étant satisfait en elle par Christ. Christ Lui-même a rendu la loi grande et honorable. La loi n’a plus d’exigence sur un mort (aucune loi ne peut avoir un pouvoir d’exécution sur un mort), et comme nous sommes par pure grâce morts et ressuscités avec Christ, la loi n’a plus d’exigences sur nous puisqu’elle ne peut opérer ni faire valoir ses droits que sur l’homme naturel. Nous sommes au bénéfice d’une grâce que rien ne peut arrêter ; la mesure dont nous en jouissons est de notre côté. Israël bénéficiera d’une nouvelle alliance ; Dieu va spirituellement et moralement changer leurs cœurs, des cœurs qui ont été démontrés être de pierre ; Il va les changer en des cœurs de chair : c’est Jérémie 31.

 

3.5   Le racheté, une nouvelle création

Celui qui est en Christ, le racheté, est une nouvelle création. Il n’est pas dit dans la traduction fidèle dont nous avons le privilège de jouir, « une nouvelle créature », mais « une nouvelle création », ce qui va beaucoup plus loin : la créature reste la même, mais elle est en elle-même une nouvelle création, un être qui a pris naissance à la nouvelle naissance. Nous sommes nés de Dieu. Et on peut dire qu’à la réalisation du conseil divin, nous avons ce nouveau cœur produit par la puissance même de Dieu, celle qui amènera même à l’existence de nouveaux cieux et une nouvelle terre dans lesquels la justice habite (2 Pierre 3:13).

 

4                        Vases brisés

4.1   Israël et l’église chrétienne : des vases brisés par le jugement

En ce qui concerne Israël nous trouvons encore, au ch. 19:10, la poursuite des propos, de la communication faite à Jérémie : « Et tu briseras le vase devant les yeux des hommes » (c’est Israël) « qui sont allés avec lui, et tu leur diras : Ainsi dit l’Éternel des armées : Je briserai ainsi ce  peuple et cette ville, comme on brise un vase de potier qui ne peut être raccommodé ». Il n’est pas raccommodé, il n’est pas réparable. Le prophète Ésaïe emploie aussi l’expression « il sera brisé sans ménagement» (Ésaïe 30:14) : c’est l’exécution des jugements annoncés tant de fois par les prophètes, par la Parole, à l’égard d’Israël infidèle.

Mais n’oublions pas qu’il en sera de même à l’égard de la profession chrétienne, l’Église professante sans vie. Lisons simplement le passage d’Apoc. 2:26-28, il s’agit de Thyatire qui, nous le savons bien, est l’expression du romanisme ; il y a ceux qui en Thyatire, bien qu’ayant peu de connaissance, sont attachés au Seigneur, et auxquels il est demandé de tenir ferme jusqu’à la fin. « Et celui qui vaincra, et celui qui gardera mes œuvres jusqu’à la fin, — je lui donnerai autorité sur les nations et il les paîtra avec une verge de fer, comme sont brisés les vases de poterie, selon que moi aussi j’ai reçu de mon Père ; et je lui donnerai l’étoile du matin ».

Dans les circonstances ténébreuses de cette Église professante sans réalité, n’ayant même plus à ce moment-là la forme de la piété, les justes sont associés en quelque sorte au divin Juge, le Seigneur, qui exerce son jugement sur cette Babylone dont nous occupe le chapitre 18 d’Apocalypse, et qui sera brisée comme un vase de potier : « elle est tombée Babylone la grande ! » ; trois fois nous lisons cette expression qui trouvera sa réalisation dans la période apocalyptique.

 

4.2   Le cœur brisé. Le vase brisé à l’école de Dieu

Un vase brisé. On peut constater que le vase brisé peut être considéré sous différents aspects. Ce que nous venons de citer à l’égard d’Israël, à l’égard de l’Église professante, ce sont des vases brisés par le jugement de Dieu, un jugement sans appel. Mais il y a aussi le cœur de l’homme qui est appelé à être brisé. Nous avons ce double aspect dans le vase brisé : d’une part le vase brisé sous le jugement de Dieu, et d’autre part le vase (c’est-à-dire le cœur de l’homme) brisé, c’est-à-dire rendu sensible malgré sa dureté, comme l’ont été les rochers au jour où le Seigneur a achevé son œuvre ; ce cœur de l’homme, si dur, peut se briser ; Dieu veuille que ce soit le cas dans le cœur endurci des hommes. Le vase brisé dans le cœur des hommes, c’est un brisement salutaire.

Mais le croyant est aussi parfois appelé à connaître le cœur brisé, le vase brisé, à l’école de Dieu à laquelle tous les rachetés sont soumis (c’est une école toujours individualisée, une école personnelle). Il forme un vase, mais non pas selon la forme d’un autre. Le Seigneur nous appelle à être à Son école et nous le sommes jusqu’au dernier pas de notre vie ; nous devons bien reconnaître que nous échouons souvent lorsque nous sommes mis à l’épreuve. Ah ! tous les examens ne sont pas une réussite, à notre confusion ; et cela nous amène souvent à avoir le cœur brisé, mais c’est souvent nécessaire, et combien salutaire ! Il n’y a pas de restauration chez un croyant qui a fauté, qui a perdu la jouissance de sa communion avec le  Seigneur, sans qu’il y ait le vase brisé ; c’est impossible autrement. Et on peut dire ici dans ce sens-là, qu’il y a des vases brisés qui valent davantage qu’un vase entier. N’a-t-il pas fallu que les cruches soient brisées pour que la lumière brille au jour de Gédéon (Juges 7:15-22) ? Tu ne mépriseras pas, dit David au Psaume 51 en s’adressant à son Dieu, — tu ne mépriseras pas un cœur brisé et humilié : c’est un brisement salutaire.

 

4.3   Le brisement final

Mais bien sûr, il y a aussi le brisement final, lorsque le dernier soupir est rendu sur cette terre, que le chemin est terminé ici bas. Cela peut être dit aussi bien pour l’homme non croyant que pour le racheté, quant à la terre, quant à son corps. C’est ce que nous dit l’Ecclésiaste à la fin de son livre : « avant que le câble d’argent se détache, que le vase d’or se rompe, que le seau se brise à la source, et que la roue se casse à la citerne » (Éccl. 12:6). C’est la fin de tout ce qui nous rattache à cette première création ; pour le croyant bien sûr, c’est l’épanouissement dans ce qui est pour lui les choses nouvelles, célestes, glorieuses et inaltérables.

 

5                        Vases vides

5.1   Vases neufs et vides

Nous trouvons aussi dans certains passages de la Parole, des vases neufs et vides. On connaît les scènes du début du deuxième livre des Rois (2 Rois 2:20) lorsque les fils des prophètes à Jéricho constatent que le lieu est agréable, qu’il ferait bon y habiter, mais voilà, les eaux sont amères. L’Homme de Dieu intervient en versant du sel dont il avait rempli un vase, et il le verse dans les eaux qui dès lors ne sont plus amères, — image de l’intervention de l’Homme divin qui amène une scène de pureté, de sanctification dans une scène de souillure : Lui seul peut le faire.

 

5.2   Pour que l’homme soit un vase plein, il faut qu’il soit d’abord vidé de lui-même

En rapport avec des vases vides, il y a un aspect positif et un aspect négatif. L’aspect positif c’est quand le cœur de l’homme est vidé de lui-même. C’est un aspect positif, mais qui n’est pas toujours réalisé, quoiqu’il soit indispensable pour que la grâce puisse le remplir. Il est impossible de mettre quelque chose dans un vase plein ; le Seigneur lui-même et la grâce ne peuvent pas œuvrer pour remplir un vase, c’est-à-dire un cœur qui est plein de lui-même : il faut d’abord qu’il soit débarrassé de lui-même, ce qui est le plus difficile. Si le rachat de nos âmes, si l’assurance du salut éternel pouvaient être acquis par la fortune, tous s’inscriraient, et que ne dépenserait-on pas pour cela. Mais l’homme qui, par nature et en raison de la chair qui est en lui, est orgueilleux, éprouve la plus grande difficulté à être vidé de lui-même, parce que c’est le brisement de l’homme dans la chair, le brisement de l’orgueil ; cet homme éprouve nécessairement la plus grande réticence à reconnaître ce qu’il est devant Dieu.

Disons-le au passage, le critère déterminant pour la condition de l’homme c’est de savoir ce qu’il est devant Dieu ; la jouissance la plus grande qui soit la part du racheté du Seigneur, c’est de savoir et de jouir de ce qu’il est devant Dieu, c’est-à-dire en Christ. Mais pour cela, pour être rempli de Christ, il faut être vidé de soi-même ; tout ce qui reste du moi dans mon cœur ne peut pas accorder de place à Celui qui veut y prendre la place et l’occuper. C’est un peu la même image que nous voyons en abondance dans le livre des Nombres : il fallait entrer dans le pays de la promesse, mais pour cela il fallait commencer par le déposséder parce qu’il était occupé. Les fils d’Israël ne sont pas entrés dans une terre vierge, inoccupée, mais dans des terres fertiles, précisément occupées par des ennemis ; et il a fallu commencer à lutter pour déposséder les ennemis, afin de posséder le pays. Il faut que nos cœurs naturels soient dépossédés de nous-mêmes, et c’est le plus ardu pour l’orgueil de l’homme, pour la chair qui est en nous. Être vidés de nous-mêmes, c’est nécessaire pour être rempli de Celui qui veut y verser son amour jusqu’à plein bord.

Le prophète Élisée avait eu affaire à une femme en 2 Rois 4:1-7, qui souffrait non seulement du veuvage — image de l’interruption des relations d’amour, — mais de dettes écrasantes sur ses épaules — image de la conscience de la dette contractée par le péché devant Dieu. Elle était insolvable comme nous ; et le prophète lui dit d’amener le plus grand nombre de vases vides, « amenez des vases vides, et pas peu » ; avec ses fils qui lui aidaient en apportant des vases vides, elle va successivement les remplir les uns après les autres, au moyen du peu d’huile qui lui restait et que la grâce entretient ; le filet d’huile est entretenu et coule jusqu’au dernier vase. Elle dit alors « apportez encore un vase ! » ; ah ! il n’y a plus de vase ! Image combien précieuse, éloquente, significative, — à savoir que la mesure de la jouissance des choses de Dieu et du Saint Esprit dont l’huile est une figure, a ses limites de notre côté mais pas du côté de Dieu. Ce sont les vases qui manquent, ce n’est pas l’huile qui tarit. « Apportez encore un vase », il n’y a plus de vases vides, mais les autres sont pleins.

 

5.3   Des vases vides qu’il faut remplir

Quelques pensées encore au sujet des vases vides — il y en aurait beaucoup d’autres. Il y a le vase vide dans un sens positif, et dans un sens négatif.

 

5.3.1        Piété et adoration

Même comme rachetés du Seigneur, nos cœurs sont-ils pleins du Seigneur ? Est-Il véritablement l’objet de nos affections premières, Dieu le veuille ! Si tel est le cas quel sera le désir, le besoin de nos âmes, si ce n’est d’être occupés, nourris de Lui ? Quelle place aura alors Sa Parole, l’exercice de la piété quotidienne — laquelle n’est pas un don, « exerce-toi à la piété » (1 Timothée 4:7). Ce n’est pas un don : on n’a jamais vu, dans la Parole, de mention du don de la piété, pas plus que de la fidélité, pas plus que de la sainteté : c’est un exercice permanent ; la piété d’aujourd’hui n’assure pas celle de demain : une lampe est si facilement éteinte !

Si le cœur du croyant n’est pas nourri de l’Auteur de son salut, son vase sera vide de Lui. Et lorsque nous arrivons dans la présence du Seigneur, notamment au moment de la louange, de l’adoration, du culte, qu’aurons-nous à dire ? qu’aurons-nous à dire si nous n’avons pas été occupés de sa personne, si nos yeux n’ont pas été fixés sur Lui, et si nos pensées n’ont pas été entretenues de sa personne.

 

5.3.2        Occupations de la vie

Nous savons bien qu’il y a les occupations quotidiennes, les charges de famille et tout ce qui constitue les occupations légitimes ; le Seigneur le sait, c’est bien la raison pour laquelle Il ne nous demande pas de Lui accorder toute la place, mais qu’Il ait en toute chose la première place. Dieu veuille que tel soit le choix de nos affections et les critères de choix, chers jeunes sollicités par ce monde, comblés des faveurs, peut-on dire, par une société qui vit dans l’abondance, qui offre tout, qui offre tout ce qui peut satisfaire les besoins de la nature humaine, mais qui n’offre rien de ce qui peut satisfaire les besoins de l’âme. Quels sont les critères de choix, dans nos vies, dans nos décisions, dans ce que nous proposons ? Dieu veuille, pour vous, jeunes, au début d’une vie chrétienne, que les critères de choix soient véritablement que Christ ait la première place.

Quelle place le Seigneur a-t-il dans la détermination que je prends ? Cela impliquera nécessairement d’avoir à rompre des amarres, de faire des choix, des renoncements, peut être très lourds et très difficiles ; mais il faut les faire afin de jouir de la bénédiction qui se rattache au choix qui est heureux. Sur le moment, ce choix sera peut-être dur, parce qu’il faut souvent renoncer à ce que notre être naturel apprécie hautement ; il faut y renoncer ; mais si on le fait pour le Seigneur, il faudra peu de temps pour jouir de son approbation et oublier même ce à quoi nous avons renoncé. Si on le fait par contrainte, cela ne durera pas, n’aura aucune valeur et aucune appréciation de la part du Seigneur. Faites toute chose, toute chose, pour le Seigneur (Colossiens 3:23).

 

5.3.3        Culte

Des cœurs vides… et qu’arrive-t-il si nous venons à l’heure de la louange avec des corbeilles vides, alors qu’elles doivent être remplies avant de franchir le seuil du sanctuaire, comme on l’a dit cent fois ? Il est très difficile de parler d’une personne que l’on ne connaît pas et aux côtés de laquelle on n’a pas vécu ! On ne paraîtra pas à vide devant ma face (Exode 34:20) : c’est une injonction donnée plus d’une fois à l’intention d’Israël, et qui a sans doute la même valeur pour nos cœurs, — la même importance.

Des vases vides… On sait bien que dans la Parole nous avons plusieurs exemples où les vases (spirituellement les cœurs) sont remplis : « mon cœur déborde » disaient les fils de Coré au Psaume 45 ; leur cœur déborde d’une bonne parole, il bouillonne ; il était chauffé d’avance, et la corbeille de l’Israélite de Deutéronome 26 était pleine avant qu’il la dépose devant le sacrificateur. Que dire de Marie qui minutieusement, avec tout son amour pour le Seigneur, avait accumulé le nard pur pour remplir son vase !

 

6                        Vases pleins

6.1   Remplis du fruit de la justice

Il y a plusieurs expressions en rapport avec les vases pleins. En Philippiens 1:11 nous avons une expression : « afin que vous soyez purs et que vous ne bronchiez pas jusqu’au jour de Christ étant remplis du fruit de la justice qui est par Jésus Christ à la gloire et à la louange de Dieu », — être remplis du fruit de la justice.

 

6.2   Remplis de la connaissance de la volonté du Seigneur

Dans l’épître aux Colossiens au ch. 1, dans une des nombreuses prières de l’apôtre Paul en faveur des croyants, que demande-t-il ? Que nous soyons remplis de la connaissance de la volonté du Seigneur pour marcher d’une manière digne de Lui et Lui plaire à tous égards (Col. 1:9-10), — être remplis de la connaissance. Et pour être remplis il faut puiser, et puiser à la bonne source : c’est dans la mesure où nous puiserons cette connaissance (qui doit être un besoin du cœur et non de l’intelligence seulement), que le cœur du croyant sera rempli de la connaissance de Sa volonté ; et si son cœur est attaché à Lui, qu’en résulte-t-il ? ce sera le désir de marcher selon cette volonté, pour Lui plaire à tous égards.

 

6.3   Remplis de joie

L’apôtre écrivant à Timothée souhaitait aussi qu’il soit rempli de joie (2 Tim. 1:4). L’apôtre se souvenait de lui, il avait un ardent désir de le voir, se souvenant de ses larmes, parce que tout n’avait pas été facile pour Timothée. Mais il désirait qu’il soit rempli, que son cœur soit rempli de joie, et de cette joie qui a sa source dans le Seigneur. « La joie de l’Éternel sera (est) votre force » (Néh. 8:10) disait déjà Néhémie au peuple découragé. Il n’y a pas d’autre source de joie ; cette joie est en elle-même inaltérable, car elle a sa source dans le Seigneur. Par Sa pure grâce, l’âme attachée à Sa personne traverse toutes les circonstances : « réjouissez vous toujours dans le Seigneur, encore une fois je vous le dirai réjouissez vous » (Phil. 4:4). Et c’est un apôtre dans les fers, en prison, qui a appris cette leçon : « j’ai appris a être content dans les circonstances où je me trouve » (Phil. 4:11). Nous pouvons dire pour nous-mêmes que nous n’avons pas encore rejoint ce niveau là, de bien loin.

 

6.4   Remplis de l’amour divin

Dans l’épître aux Éphésiens au ch. 3, nous lisons au v. 19 : « connaître l’amour [divin, connaître] l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » ; et l’apôtre dit cela après avoir évoqué ce qu’on peut appeler la mesure incommensurable de l’amour divin : il a parlé de la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, quatre expressions, quatre dimensions qui sont pleines d’instructions pour nous en rapport avec l’amour divin, — et cet amour est appelé à remplir nos cœurs jusqu’à la plénitude de Dieu parce que l’amour est à la mesure de Dieu, parce que Dieu est amour ; donc l’amour est à la mesure divine, laquelle ne peut que remplir nos cœurs.

Voilà des vases pleins, pleins du fruit de la justice, qui sont pleins de la connaissance de sa volonté, remplis de la joie, remplis de la plénitude de l’amour divin.

 

6.5   Remplis de l’Esprit

On pourrait multiplier les exemples : être remplis de l’Esprit. Lorsque Moïse s’entretenait avec l’Éternel sachant que son ministère touchait à sa fin, l’Éternel lui dit : « prends Josué, un homme en qui est l’Esprit » (Nomb. 27:18).

Plus tard il y aura un service à accomplir dans l’assemblée chrétienne, et on va choisir des frères pour son accomplissement. Étienne en fera partie ; il nous est dit de lui « qu’il était rempli de l’Esprit Saint » (Actes 6:5). De Josué il n’est pas dit qu’il fût rempli de l’Esprit Saint : cela n’était pas possible ; l’Esprit Saint agissait en lui, et par lui, mais Josué n’avait pas encore l’Esprit Saint habitant en lui ; il était sous le régime légal. Étienne, lui, était déjà au bénéfice des ressources de la grâce, rempli de l’Esprit Saint, — cet Esprit qui habite dans le racheté. Mais on peut avoir, et non seulement cela est possible, mais tout croyant a l’Esprit, sans pour autant être rempli de l’Esprit ; est-ce que tout croyant est rempli de l’Esprit ? certes pas.

 

7                        Le travail du potier

7.1   Le potier au travail

Le Seigneur forme donc les siens dans ce but et comme un potier. Nous savons que c’est un travail d’art et nous sommes son ouvrage. Nous sommes entre les mains du potier et pour nous former, (on l’a dit plusieurs fois, chacun a vu travailler un potier sur son tour), il use des deux mains, il emploie toujours les deux mains. Le tour, pourrait-on dire, ce sont les voies de Dieu, les circonstances par lesquelles il juge bon de nous faire passer pour nous former et qui sont constamment en mouvement dans le cours de notre vie et de notre formation.

Ce tour tourne toujours, et par dessus lui les mains du divin potier travaillent, l’une en dedans, l’autre au dehors. Elles travaillent en parallèle, mais c’est principalement celle du dedans qui forme le galbe du vase : ce n’est pas possible autrement : c’est par le travail intérieur dans nos cœurs et dans nos affections, un travail divin, que Sa main d’amour œuvre pour nous former.

La main extérieure : les circonstances qui nous environnent, tout ce qui est extérieur à nous mêmes, cela est exprimé par la main qui est à l’extérieur ; elle travaille en parallèle avec celle de l’intérieur, elle suit le même mouvement pour donner au vase son aspect, et en faire un vase qui plait au potier.

 

7.2   Vases de miséricorde et Vases de colère

Quel travail d’amour sur cette masse qui en elle-même n’a ni forme ni attrait ; or la grâce va en faire sortir un vase qui correspond au désir du potier. Nous sommes dans les mains de ce potier-là : sommes-nous une argile malléable ? Dieu veuille qu’Il puisse faire de nous un vase. Il y a des impuretés à enlever : « ôtez de l’argent les scories, il en sortira un vase pour l’orfèvre » (Prov. 25:4).

Nous savons que nous sommes des vases de miséricorde, ce qui nous fait penser à cette expression de Rom. 9:19-23 : « Tu me diras donc : Pourquoi se plaint-il encore ? car qui est-ce qui a résisté à sa volonté ? — Mais plutôt, toi, ô homme, qui es-tu, qui contestes contre Dieu ? La chose formée dira-t-elle à celui qui l’a formée : Pourquoi m’as-tu ainsi faite ? Le potier n’a-t-il pas pouvoir sur l’argile pour faire de la même masse un vase à honneur et un autre à déshonneur ? Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère tout préparés pour la destruction ; — et afin de faire connaître les richesses de sa gloire dans des vases de miséricorde qu’il a préparés d’avance pour la gloire... ? ». L’homme dans son orgueil inconscient, inné même, conteste avec Dieu : pourquoi m’as-tu fait ainsi ? S’il y a des difficultés, des épreuves, des circonstances douloureuses vécues par l’humanité, combien facilement on accuse le potier : pourquoi m’as-tu fait ainsi, s’il y avait un Dieu ces choses n’arriveraient pas ! Pourquoi contestes-tu avec Dieu, pourquoi te plains-tu encore, résistant à Sa volonté, au lieu de réaliser (Rom. 9:20) qu’il y a deux qualités de vase, des vases de colère et des vases de miséricorde.

Remarquons la distinction des expressions : les vases de colère sont préparés pour le jugement (« des vases de colère tout préparés pour la destruction »). Il n’est pas dit « qu’Il a préparés pour la destruction », car Dieu ne destine personne à la perdition : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2:4) ; mais ils se sont préparés eux-mêmes, par leur nature pécheresse, et par l’incrédulité qu’elle a produite et qui subsiste dans le cœur, rejetant les ressources de la grâce ; c’est ainsi que l’homme se prépare comme vase de colère pour le jugement. Mais est-il dit des vases de miséricorde, qu’ils se sont préparés eux-mêmes ? non, c’est la grâce de Dieu qui les a préparés ; le Seigneur, Dieu Lui-même, a préparés d’avance des vases de miséricorde pour la gloire, — travail divin que seul Dieu dans sa grâce peut opérer dans un cœur brisé devant Lui. Il les prépare pour les noces, pour la gloire.

 

8                        Vases à honneur et vases à déshonneur

Il y aurait encore beaucoup de sujets à considérer, Dieu peut conduire les uns et les autres à les rechercher dans les Écritures. Nous terminons par celui qui nous est très connu, mais que nous ne pouvons pas laisser de côté avant d’achever (2 Tim. 2:19-21) : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur. Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre ».

Grande maison, chrétienté professante, de laquelle nous faisons partie comme rachetés (nous ne pouvons pas sortir de la maison, sinon il faudrait renier le christianisme), — nous sommes dans la grande maison dans laquelle il y a des professants sans vie et des professants qui ont la vie de Dieu. Un professant sans vie peut-il être un vase à honneur ? Impossible. Un croyant, un vrai professant qui a la vie de Dieu est-il toujours un vase à honneur ? Certainement pas. Mais chaque croyant est appelé à être un vase à honneur. Et comment sera-t-il un vase à honneur ? En se séparant du mal, en se séparant du monde ; si le cœur est attaché au Seigneur, il le fera sans contrainte.

Il ne nous est pas demandé de qualifier les vases : le Seigneur le fera dans sa toute sagesse. Nous ne sommes pas en mesure de les qualifier : il y a des vases à honneur, d’autres à déshonneur. Sommes-nous toujours des vases à honneur, comme rachetés du Seigneur ? le croyant qui marche comme un homme du monde est-il un vase à honneur ? Et lorsque nous commettons des écarts dans notre vie (qui n’en n’a pas connu ?), sommes-nous en ce moment-là, à cette période-là, des vases à honneur ? Pourtant les ressources sont là, nous les avons déjà évoquées, et la Parole nous les fait connaître.

Mais pour être un vase à honneur, il n’y a qu’une seule condition : « qu’il se retire de l’iniquité », — non pas de la grande maison, nous resterons dans la grande maison. Le Seigneur fera la distinction entre les qualifications des vases, mais en attendant, « qu’il se retire de l’iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur ». Prononcer le nom du Seigneur, c’est reconnaître les droits de Sa seigneurie, les droits qu’Il a sur nos cœurs, sur nos vies. Qu’il se retire alors de l’iniquité, de l’injustice, de ce qui n’est pas en accord avec la pensée de Dieu, avec la nature de Dieu, la justice de Dieu, la volonté de Dieu. Et ce n’est que dans le chemin de la séparation de ce monde, et de tout ce qui en est le train animé par l’Ennemi lui-même, que le croyant pourra alors être un vase à honneur. Que ce soit le désir de nos cœurs. Alors nous serons, par cela même, rendus capables d’avoir en nous-mêmes des cœurs libérés de tout ce qui prend la place de Christ, et disposés à accorder cette place dans des affections plus réelles au Seigneur ; Lui fera déborder nos cœurs de reconnaissance, de paix, de louange. Alors à l’instar de Marie, nous ne serons pas à vide devant Lui, mais heureux d’être remplis de ce dont Il a voulu Lui-même remplir les cœurs, de Sa personne et de Ses pensées, et nous trouvant avec bonheur à Ses pieds, nous serons heureux de répandre, dans la louange et la reconnaissance ce que sa grâce y aura versé.