[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

Avec Dieu dans le désert — Exode 15 à 17

 

Ch. Briem

Mit Gott in der Wüste - Exode 15 à 17
Traduit dans « Avec Dieu dans le désert — Exode 15 à 17 » édité par EBLC, 2005

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction

2     De la mer Rouge au désert

3     À Mara et à Élim

4     Christ — la nourriture des siens — Exode 16

5     Contestation et combats — Exode 17

6     Conclusion

 

Table des matières détaillée :

1     Introduction

2     De la mer Rouge au désert

2.1     Un type de la rédemption — Exode 12 à 14

2.2     Dans le désert — Exode 15:1-22

2.3     Pas d’eau

3     À Mara et à Élim

3.1     De la mer Rouge au Sinaï — Exode 15:23-25

3.1.1     La leçon de Mara

3.2     L’obéissance — Exode 15:25-26

3.3     Rafraîchissement et protection — Exode 15:27

4     Christ — la nourriture des siens — Exode 16

4.1     Murmures dans le désert de Sinaï

4.2     En « marche » — Exode 16:1

4.2.1     Entre Élim et Sinaï

4.3     Des murmures contre Dieu — Exode 16:1-3

4.3.1     Soif et faim

4.3.2     Manquer de la grâce de Dieu

4.3.3     Charnel — dans la chair

4.3.4     La grâce souveraine de Dieu

4.4     Pourquoi la faim ? — Exode 16:4-7

4.5     La gloire de Dieu — Exode 16:10-12

4.6     Que signifient les cailles ? — Exode 16:13

4.7     Le pain du ciel — Exode 16:13-15

4.7.1     Le véritable pain qui vient du ciel — Jean 6

4.7.2     La vie au monde

4.7.3     L’incarnation de Christ

4.7.4     Identification avec la mort de Christ

4.7.5     Communion

4.7.6     Résultats

4.7.7     « Manne » et « grain rôti » — Exode 16:15

4.8     Chacun en proportion de ce qu’il peut manger — Exode 16:16-18

4.9     Chaque matin — Exode 16:19-21

4.10      Un sabbat consacré de repos — Exode 16:22-31

4.11      La manne dans la cruche — Exode 16:32-34

5     Contestation et combats — Exode 17

5.1     Tenter Dieu — Exode 17:1-3

5.2     Le rocher frappé — Exode 17:4-6

5.2.1     La verge de Moïse

5.2.2     Et le rocher était le Christ

5.3     Le combat contre Amalek — Exode 17:8-10

5.3.1     Amalek

5.3.2     Un combat de l’Éternel

5.3.3     Ressources et résultats — Exode 17:10-13

5.3.4     Satan — écrasé sous nos pieds — Exode 17:14-16

6     Conclusion

 

 

1                    Introduction

L’Ancien Testament contient une multitude d’enseignements qui nous sont donnés, en grande partie, au travers d’événements historiques. Ceux-ci se rattachent soit à des individus, soit à des nations entières. À cet égard, Israël — le peuple que Dieu s’était choisi pour lui-même — occupe une place particulière. Or, c’est précisément de l’histoire de ce peuple que nous pouvons tirer un nombre extraordinaire de leçons, et cela, à un double point de vue. D’une part, Dieu nous révèle, par ses voies envers ce peuple, ses critères moraux, qui demeurent les mêmes en tout temps ; et, d’autre part, les événements que ce peuple a connus ont une signification prophétique et symbolique. Ce dernier aspect revêt une importance d’autant plus grande qu’il nous enseigne un principe capital : Tout dans les Saintes Écritures mène à Christ. Si nous nous en souvenons, l’étude de ces cinq livres de Moise, dans lesquels nous trouvons le début des voies de Dieu envers Israël, nous sera en bénédiction.

L’Exode commence par la description de la misère dans laquelle était plongé le peuple d’Israël en Égypte, sous l’esclavage du Pharaon. Puis nous avons la naissance de Moïse, le libérateur choisi de Dieu. Au chapitre 3, nous lisons ces paroles saisissantes prononcées par Dieu : « J’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu le cri qu’il a jeté à cause de ses exacteurs ; car je connais ses douleurs. Et je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays-là dans un pays bon et spacieux, dans un pays ruisselant de lait et de miel » (v. 7, 8).

Les deux divisions principales de l’Exode se trouvent indiquées par ce que Dieu veut faire pour les Israélites (v. 8) : Il était descendu pour les délivrer de la main des Égyptiens, et il voulait les faire monter de ce pays d’esclavage et les introduire dans un bon pays, abondant en bénédictions. La délivrance d’Israël de la servitude d’Égypte fait l’objet des chapitres 1 à 14. La seconde partie du livre, qui commence au chapitre 15, décrit le pèlerinage du peuple à travers le désert jusqu’au pays promis.

Dans les pages qui suivent, nous désirons nous occuper de la seconde partie, le pèlerinage du peuple d’Israël au travers du désert, et chercher, avec l’aide de Dieu, ce que nous pouvons en tirer pour nous aujourd’hui.

 

2                    De la mer Rouge au désert

Dix plaies ont été nécessaires avant que le Pharaon laisse enfin partir les fils d’Israël. Après avoir mangé la Pâque la dernière nuit qu’ils ont passée en Égypte, ils étaient montés de Ramsès à Succoth. Dieu les fit contourner le pays des Philistins ; il les conduisit « par le chemin du désert de la mer Rouge » (Ex. 13:18).

 

2.1   Un type de la rédemption — Exode 12 à 14

Si nous considérons maintenant le chapitre 14 de l’Exode, nous y trouvons un type clair de la rédemption. À peine délivré par la main puissante de Dieu de l’esclavage du Pharaon et conduit hors d’Égypte, le peuple d’Israël se trouvait placé dans une situation extrêmement critique, même dangereuse. Devant lui, la mer Rouge, derrière lui, le Pharaon et ses armées lancées à sa poursuite : Comment pouvait-il échapper à la destruction par les Égyptiens ? « Et les fils d’Israël eurent une grande peur, et crièrent à l’Éternel » (v. 10). Mais bien que, dans leur situation apparemment sans issue, ils n’aient pas vraiment compté sur Dieu, comme le montrent clairement les versets qui suivent, l’ange de Dieu s’est néanmoins interposé en grâce souveraine entre eux et les Égyptiens. La colonne de nuée vint « entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël ; et elle fut pour les uns une nuée et des ténèbres, et pour les autres elle éclairait la nuit ; et l’un n’approcha pas de l’autre de toute la nuit » (v. 20). Puis, par la verge de Moïse, Dieu fendit la mer devant son peuple et fit traverser les fils d’Israël à pied sec. Et lorsque les Égyptiens les poursuivirent, Dieu fit retourner les eaux de la mer sur eux et détruisit toute l’armée des Égyptiens, il n’en resta pas même un seul. « Et l’Éternel délivra en ce jour-là Israël de la main des Égyptiens, et Israël vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer » (v. 30). Quelle image merveilleuse de la rédemption que nous, enfants de Dieu, connaissons dans le Seigneur Jésus Christ aujourd’hui pendant le temps de la grâce !

Quant à la signification typique, une différence — souvent ignorée — existe entre la fête de la Pâque au chapitre 12 et le passage des fils d’Israël à travers la mer Rouge au chapitre 14. Il est vrai que les deux événements parlent en image de la mort de Christ ; mais, contrairement à ce qui est fréquemment avancé, la Pâque n’est pas le type véritable de la rédemption. À la Pâque, Dieu s’est révélé comme le Dieu de jugement, et par le sang de l’agneau pascal, il a délivré les fils d’Israël du jugement. Mais, à elle seule, la délivrance du jugement mérité n’est pas ce que l’Écriture appelle la rédemption, malgré l’importance et la nécessité extrêmes d’une telle délivrance. Elle revêtait aussi davantage le caractère d’une protection que celui d’un salut. Au sens strict du mot, les Israélites n’étaient pas encore sauvés. Néanmoins, à la mer Rouge, Dieu les a sauvés du cruel ennemi ; là, il s’est manifesté comme leur Sauveur. Nous avons ici le véritable type de la rédemption. Les eaux qu’ils redoutaient et par lesquelles ils risquaient de tomber entre les mains du Pharaon sont devenues dans la main de Dieu le moyen de leur salut. De même, le Seigneur Jésus aussi, par la mort, a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et a délivré tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude (Héb. 2:14, 15).

Nous nous sommes servis à plusieurs reprises des mots « type » ou « typique » et il paraît important d’en indiquer ici la signification. Très souvent dans le Nouveau Testament il est parlé de « type » dans le sens qu’une personne et sa conduite nous sont présentées comme modèle à imiter. Telle ou telle personne doit alors nous servir d’exemple pour notre propre comportement. Le mot « type » est employé là moralement. Mais outre cet usage, une autre signification est encore donnée en 1 Corinthiens 10 : « Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints » (v. 11). Ce verset nous indique que les événements que Dieu a fait venir sur le peuple d’Israël ont une signification typique, cachée — aux yeux d’alors. Par les divers incidents et leur ordre, Dieu nous donne aujourd’hui des enseignements concernant des grandes vérités chrétiennes, qui ne sont révélées pleinement que dans le Nouveau Testament.

Ce que nous avons dit jusqu’ici au sujet de la rédemption en donne un exemple frappant. À la mer Rouge, les fils d’Israël n’ont connu qu’une délivrance temporelle et, de plus, d’ennemis terrestres uniquement. Au sens spirituel, ils étaient eux-mêmes bien loin d’être « délivrés ». Sinon, le Seigneur Jésus n’aurait pas dû venir, des siècles plus tard, pour les sauver de leurs péchés (Matt. 1:21). L’œuvre de la rédemption n’a été accomplie qu’à la croix de Golgotha (Jean 19:30 ; Héb. 9:12). Alors seulement et en lui seul, la rédemption est connue, le pardon des péchés (Éph. 1:7 ; Col. 1:14). Mais la délivrance temporelle d’Israël de ses ennemis terrestres est une image merveilleuse de la délivrance que, par son œuvre, le Seigneur Jésus a accomplie pour ceux qui croient en lui. Par ces images et les divers faits qui s’y rattachent, nous découvrons de nombreux traits de la vérité chrétienne, que nous ne pourrions guère apprendre de manière aussi approfondie autrement. En nous occupant, dans les pages qui suivent, de l’histoire du peuple d’Israël et de son pèlerinage à travers le désert, nous trouverons une telle abondance d’enseignements spirituels détaillés, que nous en serons surpris — et réjouis aussi, je l’espère.

 

2.2   Dans le désert — Exode 15:1-22

Le cantique glorieux de la rédemption (Ex. 15:1-21), chanté sur l’autre rive de la mer Rouge, s’était tu :

 

« Chantez à l’Éternel, car il s’est hautement élevé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait ».

 

Et maintenant ? Où le peuple racheté se retrouve-t-il ? Chose des plus curieuses : dans le désert ! Était-ce là le sens de la rédemption ? N’avaient-ils pas chanté : « Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté ; tu l’as guidé par ta force jusqu’à la demeure de ta sainteté » (15:13) ? Et un peu plus tard, Dieu ne leur rappelle-t-il pas lui-même qu’il les a amenés à lui ? « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi » (19:4). Par la rédemption, ils étaient effectivement venus jusqu’à la demeure de sa sainteté, ils avaient été amenés à lui. Mais cela ne signifiait rien d’autre qu’ils étaient conduits en même temps dans le désert. Les fils d’Israël ne s’étaient probablement pas attendus à cela, et nous-mêmes nous montrons souvent surpris de nous retrouver comme rachetés, contre toute attente, dans le « désert ».

 

« Et Moise fit partir Israël de la mer Rouge, et ils sortirent vers le désert de Shur ; et ils marchèrent trois jours dans le désert, et ne trouvèrent point d’eau » (15:22).

 

Nous apprenons ici une vérité essentielle, la réponse à une question très importante. Quel est le résultat de la rédemption accomplie, quel est le résultat de la délivrance de la puissance de Satan ? Que nous n’arrivons pas directement en Canaan, mais que nous sommes conduits dans le désert. Tant que les fils d’Israël séjournaient en Égypte, ils ne pouvaient pas connaître les « expériences du désert ». Et tant qu’ils n’étaient pas délivrés de la puissance du Pharaon, il n’y avait pas de combat. Comment d’ailleurs auraient-ils pu lutter contre le Pharaon ? Ils n’ont même pas essayé ; il les avait asservis et ils soupiraient sous le dur joug de l’esclavage. Ils devaient d’abord être amenés à Dieu avant de pouvoir livrer ses combats. Et il en va de même pour nous aujourd’hui. Nous n’avons aucune force pour lutter contre Satan tant que nous sommes encore ses esclaves. Il nous faut d’abord être délivrés de sa puissance avant de pouvoir le combattre. Or, le combat est une des nombreuses expériences que nous faisons dans le désert. Nous en parlerons plus en détail quand nous arriverons au chapitre 17.

Mais, comme nous venons de le voir, la rédemption nous conduit, d’un certain point de vue, directement dans le désert. Notre salut en est-il pour autant incertain ou contestable ? Bien au contraire ! Notre cheminement au travers du désert est plutôt la preuve que nous sommes un peuple racheté. Les Israélites ne pouvaient pas faire les expériences de Mara ou d’Élim, tant qu’ils demeuraient en Égypte.

Si seulement nous en étions plus conscients ! Il est vrai que la traversée du désert entraîne une quantité d’épreuves et d’humiliations. Mais celles-ci nous montrent simplement que nous ne sommes plus en Égypte et que Dieu nous a amenés à lui. Dans sa miséricorde, il marche avec nous dans le désert et nous porte sur des ailes d’aigle, qui ne connaissent aucune défaillance. Dans les circonstances les plus adverses, il nous fait expérimenter sa bonté, sa présence et son secours — des expériences particulièrement précieuses, dont nous ne voudrions plus nous passer.

L’acquisition d’une meilleure connaissance de nous-mêmes, la réalisation de la corruption totale de notre nature sont également des conséquences inévitables de la marche à travers le désert. Dieu ne peut ni ne veut nous les épargner. Aussi nous conduit-il selon sa sagesse et son amour dans le désert. Il ne nous dirige pas à le contourner soigneusement, mais nous mène en plein milieu. Il veut nous y avoir tout pour lui ; c’est le lieu où nous apprenons à jouir pratiquement de sa grâce inexprimable. Soyons-en assurés, bien-aimés : Nous avons beaucoup à apprendre dans le désert.

 

2.3   Pas d’eau

Quelle situation terrible dans la vie de traverser un désert sans ressources et de ne pas trouver d’eau ! Cela signifie une mort certaine. En fait, les trois jours pendant lesquels le peuple a marché dans le désert sans trouver d’eau parlent aussi de mort. L’expression « trois jours » revient plusieurs fois dans les Saintes Écritures, et souvent elle est en relation avec la mort (cf. par exemple Gen. 22:4 ; 40:19 ; Matt. 12:40). Eh bien ! nous devons apprendre à appliquer la mort à tout ce que nous trouvons en nous-mêmes et dans ce monde. Dans sa grâce, Dieu nous a placés, par la mort de Christ (la « mer Rouge »), dans une position entièrement nouvelle, une position parfaite ; il nous a amenés à lui. Mais s’il nous unit à Christ dans sa mort, s’il nous voit, quant à notre position, comme morts et ressuscités avec Christ, le but de ses voies envers nous est de nous mettre pratiquement en accord avec cette nouvelle position.

Selon la doctrine de l’épître aux Romains, le croyant est mort tant au péché (chap. 6) qu’à la loi (chap. 7). Et l’épître aux Galates nous montre le troisième aspect : nous sommes aussi morts au monde (chap. 6). Nous ne ferons aucun progrès dans notre vie de foi, si nous ne nous tenons pas véritablement pour morts au péché, si nous n’acceptons pas d’une manière pratique la mort comme étant le seul moyen par lequel nous sommes délivrés de l’activité de la chair en nous. Croyons-nous vraiment pouvoir croître intérieurement si nous portons continuellement nos regards vers le monde qui a rejeté et qui rejette Christ ?

Paul voyait la croix de Christ entre lui et le monde. Cela réglait tout pour lui. Or c’est une chose de renoncer de soi-même au monde, et c’en est une autre, plus douloureuse, quand le monde, de son côté, ne veut pas de nous. Paul les connaissait toutes deux. « Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde » (Gal. 6:14). Les fils d’Israël ont dû apprendre qu’en conséquence de leur délivrance hors d’Égypte, le monde était devenu pour eux un désert. Et telle est la leçon que nous devons aussi apprendre.

Mais que signifie en réalité considérer le monde comme un « désert » dans lequel on ne trouve « pas d’eau » ? La réponse est à la fois simple et réjouissante : Dans ce monde, comme système de Satan, il n’y a rien, absolument rien qui puisse offrir quoi que ce soit à la vie nouvelle, que nous avons reçue à la nouvelle naissance (Jean 3:3-8). Rien dans le monde ne peut nourrir ou soutenir la vie nouvelle en nous, la vie de Christ. À cet égard, toutes les sources de ce monde sont effectivement desséchées, taries, pour le croyant.

Si nous saisissons cette vérité par le cœur, nous cesserons d’être affectés en pensant au « désert ». Nous constaterons plutôt l’exactitude de ce qui vient d’être dit : C’est une vérité qui nous réjouit. Apprenons donc que la vie nouvelle qui nous a été donnée n’est pas plus « du monde » que la source divine dont elle provient.

« Ils ne trouvèrent point d’eau ». C’est précisément ce à quoi nous devions nous attendre ici, « dans une terre aride et altérée, sans eau » (Ps. 63:1). Au lieu de cela, nous nous montrons souvent surpris que les sources auxquelles nous avons bu précédemment soient taries pour le nouvel homme. Pourtant, toutes les ressources terrestres ressemblent à des puits asséchés : elles ne peuvent en aucune manière aider et soutenir l’homme intérieur, qui est créé selon Dieu (Éph. 4:24). Cela, nous devons en fait l’apprendre par des expériences pratiques souvent amères, nous devons apprendre à marcher les « trois jours » dans le désert et à réaliser ainsi la distance que la mort a établie entre nous et le monde.

 

3                    À Mara et à Élim

3.1   De la mer Rouge au Sinaï — Exode 15:23-25

 

« Et ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire des eaux de Mara, car elles étaient amères : c’est pourquoi son nom fut appelé Mara. Et le peuple murmura contre Moïse, disant : Que boirons-nous ? Et il cria à l’Éternel ; et l’Éternel lui enseigna un bois, et il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces » (Ex. 15:23-25).

 

Le pèlerinage du peuple d’Israël dans le désert, tel qu’il est décrit dans les chapitres 15 à 18 de 1’Exode, porte un caractère tout à fait particulier. Il couvre une période inférieure à trois mois (19:1).

La traversée du désert a toutefois duré quarante ans, comme nous le savons. Mais cette première étape comporte ceci de particulier, quelle était entièrement placée sous le signe, le principe, de la grâce de Dieu. C’est aussi la raison pour laquelle cette courte période se termine par un beau type du Millénium (chap. 18). Nous ne considérerons cependant pas ce chapitre dans le cadre de cet ouvrage.

Comme nous l’avons déjà vu, après avoir délivré d’une manière miraculeuse les fils d’Israël de leurs ennemis, Dieu, dans sa grâce illimitée, les a conduits à travers le désert. Mais maintenant, dans chacun des chapitres 15, 16 et 17, nous trouvons des murmures de leur part, des murmures d’incrédulité, d’obstination. Voyons-nous alors aussi Dieu les reprendre ou même les punir pour cela ? Absolument pas ! Leurs murmures n’étaient-ils donc pas répréhensibles aux yeux de l’Éternel ? Oui, certainement ! Mais Dieu les portait et les supportait avec une grande grâce et une grande patience, parce que les fils d’Israël n’étaient pas sous la loi, mais sous la grâce. Tel était le véritable motif des voies pleines de patience de Dieu envers eux. Plus leurs murmures étaient violents, plus il faisait abonder sa grâce à leur égard. Cela nous rappelle malgré nous un verset de Romains 5 : « Mais là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (v. 20). Parce que précisément ce principe caractérise aujourd’hui notre position, nous trouvons dans les chapitres mentionnés de nombreux enseignements qui peuvent s’appliquer directement à nous. En fait, ils nous offrent un témoignage extrêmement précieux de la grâce de Dieu — la faveur dans laquelle nous sommes aujourd’hui (Rom. 5:2).

Dieu ne changea de manière d’agir à l’égard des fils d’Israël que lorsqu’ils arrivèrent dans le désert de Sinaï et que, « devant la montagne », ils se placèrent volontairement sous la loi (Ex. 19) : il les jugea dès lors, eux et leurs transgressions, selon la justice de son gouvernement. Ils s’étaient mis sous la loi, ils avaient pensé pouvoir faire « tout ce que l’Éternel a dit ». Dieu s’est alors vu contraint de juger immédiatement toute transgression et toute révolte de leur part selon les exigences de la loi et de Sa sainteté. Voilà ce qui a caractérisé la seconde grande étape de la traversée du désert, d’environ quarante ans. Il est cependant manifeste — et à la gloire de Dieu également — que la loi n’a pas régné sans mélange, mais que la grâce divine est aussi toujours intervenue.

 

3.1.1       La leçon de Mara

Dieu fit marcher les fils d’Israël trois jours dans le désert sans qu’ils trouvent d’eau. Et quand ils arrivèrent finalement à Mara et en ont enfin découvert, elle était si amère qu’ils ne pouvaient pas la boire. Pourquoi donc ? Dieu prenait-il plaisir à les tourmenter ? Telle est toujours la pensée que Satan cherche à nous suggérer, quand Dieu permet que nous soyons assaillis par des tentations. Non, « ce n’est pas volontiers qu’il afflige et contriste les fils des hommes » (Lam. 3:33). La leçon que les Israélites devaient apprendre alors et que nous avons à apprendre aujourd’hui est celle-ci : qu’ici-bas, nous dépendons de Dieu pour chaque goutte d’eau. Il n’y a absolument rien en nous à quoi nous puissions nous fier. Qu’il s’agisse du service, du combat ou de la marche, nous ne disposons d’aucune ressource en nous-mêmes. Combien nous avons de peine à l’apprendre ! Qu’il nous est difficile de réaliser que nous sommes absolument sans force et impuissants ! Dieu se sert de telles mises à l’épreuve dans le désert pour nous enlever toute confiance en nous-mêmes. Nous devons nous en remettre totalement à lui. Existe-t-il quelque chose de meilleur dans ce monde que de dépendre entièrement de lui ?

Dieu doit parfois nous montrer ce qui est dans notre cœur pour nous amener à discerner alors aussi ce qu’il y a dans son cœur pour nous. Nous faisons souvent la même expérience que les Israélites à Mara. Après trois jours de marche sans trouver d’eau, ils crurent avoir atteint enfin l’objet de leurs désirs et, dans l’indépendance de Dieu, ils étendirent leurs mains pour se servir. Et quand ensuite ils eurent ces eaux à leur disposition, ils durent constater qu’elles étaient amères. Qui d’entre nous n’a pas déjà essayé d’obtenir une chose ou une autre indépendamment de Dieu ? Mais combien les résultats d’actions de propre volonté sont amers, combien les circonstances aussi sont amères, quand nous les traversons sans Dieu !

« Et le peuple murmura contre Moïse, disant : Que boirons-nous ? » Ce qui était dans leurs cœurs : l’incrédulité, se manifeste ici, et cet état devait leur être révélé. Quelques jours seulement s’étaient écoulés depuis qu’ils avaient chanté avec des cœurs débordant de joie pour louer et célébrer leur Rédempteur. Maintenant, le cantique de la délivrance s’était subitement arrêté sur leurs lèvres et ils murmuraient contre Moïse. Était-il imaginable que Dieu les ait délivrés en leur faisant traverser la mer Rouge pour les laisser mourir de soif dans le désert ? Pourrait-il jamais abandonner les objets de son amour ? S’agissait-il d’un manque d’amour de sa part si maintenant les eaux de Mara aussi s’avéraient amères ?

Nous pouvons retenir ici deux leçons, quand nous avons à traverser des circonstances semblables. La première est que les eaux amères de Mara ne révèlent pas ce qui est dans le cœur de Dieu. Ce cœur a été manifesté à un tout autre endroit et d’une manière complètement différente : à la croix de Golgotha et dans la rédemption. C’est ce dont parle le « bois » que 1’Éternel enseigna à Moïse et qui, jeté dans les eaux amères, les rendit douces. Dieu ne nous conduit pas à « Mara » pour nous faire douter de son amour. À la croix de Christ, il a établi le constat complet de son amour envers nous (Rom. 5:8), de sorte que la seule réponse que nous pouvons apporter quand nous sommes à « Mara » est que nous avons quelque chose à apprendre. Et qu’avons-nous toujours à apprendre ? Que nous dépendons totalement de Dieu pour chaque goutte d’eau, pour tout ce qui rafraîchit notre âme. Mais en elles-mêmes les circonstances éprouvantes ne sont pas le miroir du cœur de Dieu. Toutefois, si nous introduisons la croix de Christ comme expression suprême de l’amour de Dieu dans nos circonstances, elles perdent leur amertume. Nous serons ainsi gardés de douter de l’amour de Dieu dans les épreuves.

Mais ensuite nous devons aussi apprendre à appliquer la mort à la chair. Dieu s’est servi de ce qui signifiait la mort (les eaux amères de Mara) pour la vie. Après avoir été guéri de sa grave maladie, Ézéchias a exprimé cette vérité en ces termes : « Seigneur, par ces choses on vit, et en toutes ces choses est la vie de mon esprit » (És. 38:16). Le Nouveau Testament la rend ainsi : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Rom. 8:13). Si nous apportons de cette manière aussi la croix de Christ dans l’amertume des eaux de Mara, acceptant les épreuves comme moyen pour être délivrés de l’activité de la chair et, par là, comme moyen pour être bénis, les eaux amères deviendront douces. Nous serons même capables de nous glorifier dans les tribulations (Rom. 5:3), parce qu’au travers de ce qui nous paraît si amer, le rafraîchissement et la guérison sont obtenus. L’énigme de Samson se vérifie à nouveau : « De celui qui mange est sorti le manger, et du fort est sortie la douceur » (Juges 14:14). Je crois que nous pouvons lier les deux pensées au « bois », à la croix de Christ.

 

3.2   L’obéissance — Exode 15:25-26

Nous trouvons ensuite un principe extrêmement important, qui s’appliquait aux croyants de l’Ancien Testament et qui conserve toute sa validité pour ceux du Nouveau Testament aussi : la bénédiction de Dieu dépend de l’obéissance des rachetés et, de ce fait, de leur marche.

 

« Là il lui donna un statut et une ordonnance, et là il l’éprouva, et dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l’Éternel, ton Dieu, et si tu fais ce qui est droit à ses yeux, et si tu prêtes l’oreille à ses commandements, et si tu gardes tous ses statuts, je ne mettrai sur toi aucune des maladies que j’ai mises sur l’Égypte, car je suis l’Éternel qui te guérit » (v. 25, 26).

 

Dieu les préserverait des maladies de l’Égypte s’ils écoutaient attentivement la voix de l’Éternel, leur Dieu et faisaient ce qui lui plaisait. Ne pensons pas que cela concerne uniquement le peuple terrestre de Dieu sous la loi ! En effet, d’une part, comme nous l’avons vu, Israël n’était à cette époque pas encore sous la loi. Et d’autre part, ce principe se retrouve partout dans les Saintes Écritures, dans le Nouveau Testament y compris : Les paroles du Seigneur en Jean 14, par exemple, en sont aussi l’expression : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (v. 23). À part le fait que l’obéissance est le vrai test de l’amour, nous apprenons ici que l’amour du Père diffère selon son gouvernement envers ses enfants et qu’il dépend de la mesure de leur obéissance.

Nous ne pourrons jamais assez insister sur ce principe. Le Père vient à ceux qui sont obéissants, il fait sa demeure chez eux. Il s’agit ici de la jouissance de la proximité de Dieu, et non pas simplement de l’habitation du Saint Esprit dans le croyant. Nous craignons que de nombreux enfants de Dieu ne jouissent guère de leurs bénédictions. Une marche négligente, indépendante en est pratiquement toujours la raison. On ne recherche pas la volonté de Dieu ; on fait plutôt ce qui paraît bon à ses propres yeux. Est-il étonnant que le cœur se refroidisse, qu’il devienne superficiel et indifférent ? Un tel état ne permet pas de jouir de l’amour du Père, ni de faire l’expérience que le Seigneur Jésus se révèle au cœur (v. 21).

Les bénédictions spirituelles appartiennent certes à tous les rachetés (Éph. 1:3), mais seuls en jouissent ceux qui étudient avec zèle la parole de Dieu, pour y trouver les pensées de Dieu et les mettre ensuite en pratique. À cet égard, rien n’égale une marche dans l’obéissance à la parole de Dieu. Toutes les bénédictions et la joie que nous avons perdues par notre indépendance et notre désobéissance seront un jour pleinement révélées devant le tribunal de Christ.

Les fils d’Israël en tout cas prenaient maintenant conscience qu’ils avaient affaire à Dieu. Il leur faisait connaître sa volonté par des commandements et des statuts. Et du fait qu’ils n’avaient plus à faire au Pharaon mais au Dieu vivant, ils ont appris à connaître Dieu sous un nouveau caractère : comme l’Éternel qui les guérissait. Il est vrai que Dieu les a éprouvés et il nous éprouve. Il sait ce qu’il y a dans nos cœurs, alors que nous l’ignorons souvent. Aussi nous met-il à l’épreuve. Mais il le fait par amour, pour se révéler comme le Seigneur qui nous guérit.

 

3.3   Rafraîchissement et protection — Exode 15:27

 

« Puis ils vinrent à Élim, où il y avait douze fontaines d’eau et soixante-dix palmiers ; et ils campèrent là, auprès des eaux » (v. 27).

 

Ce n’est certes pas sans raison qu’il est parlé d’abord de la bénédiction résultant de l’obéissance et ensuite seulement d’Élim avec ses fontaines et ses palmiers. Après toutes leurs épreuves, les fils d’Israël ont trouvé là un plein rafraîchissement et une parfaite protection.

Le Berger d’Israël qui « mène Joseph comme un troupeau » (Ps. 80:1), qui paît son troupeau comme un berger (És. 40:11), leur faisait éprouver maintenant ses compassions. Et ce que le prophète Ésaïe dit dans un autre passage à Son sujet s’est vérifié : « Car celui qui a compassion d’eux les conduira et les mènera à des sources d’eau » (És. 49:10).

Il nous conduit aussi continuellement à des sources surabondantes de rafraîchissement, qu’il s’agisse de notre marche personnelle ou collective. Que notre Seigneur est bon ! Nous avons déjà fait des expériences avec lui dans le désert et nous pouvons dire avec hardiesse : « L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien » (Ps. 23:1). Seul un cœur qui se confie entièrement en Lui, qui regarde à Lui et non pas aux circonstances du désert, peut s’exprimer ainsi.

Les nombres « douze » et « soixante-dix » sont deux symboles différents de la perfection. Ils figurent ici d’une part un rafraîchissement parfait (« douze fontaines d’eau ») et d’autre part une protection parfaite (« soixante-dix palmiers »). Il est alors remarquable qu’en relation avec l’envoi de ses disciples, le Seigneur Jésus se serve de ces deux nombres. Il envoie une fois les douze (Luc 9:1, 2) et, dans le chapitre suivant, les soixante-dix (Luc 10:1). Dans les deux cas, il voulait, par leur moyen, faire parvenir au peuple les bénédictions qui lui étaient destinées. Ainsi, les douze fontaines d’eau et les soixante-dix palmiers à Élim semblent également indiquer certains instruments que Dieu a appelés et qu’il emploie pour la bénédiction et la consolation des siens. N’avons-nous pas déjà souvent expérimenté un de ces « Élim » alors que nous étions réunis au nom du Seigneur Jésus et qu’il nous a dispensé sa bénédiction par ses serviteurs, qu’il nous a donné la « nourriture au temps convenable » (Matt. 24:45) ?

Mais remarquons l’ordre : « Mara » précède « Élim » ! Les fleuves de rafraîchissement d’« Élim » ne peuvent se déverser librement que lorsque nous avons appris à « Mara » ce que signifie se tenir pour morts au péché et se confier en Dieu plutôt qu’en la chair. Il est vrai que nous n’aurons jamais terminé d’apprendre ces choses tant que nous serons sur la terre. Mais, quant au principe, nous devrions toutefois en avoir fait l’expérience et nous efforcer de rester dans une telle attitude. Alors le Seigneur, plein de grâce, nous sera en aide dans toute notre imperfection, et veillera à ce que nous ne manquions de rien. Mais sans la foi, nous ne pouvons pas suivre le chemin de la foi, et la chair n’est pas la foi.

 

4                    Christ — la nourriture des siens — Exode 16

Au chapitre 16 de l’Exode, nous trouvons dans la manne une image remarquable du Seigneur Jésus comme la nourriture des siens. Nous désirons, à l’aide de ce chapitre, nous occuper de ce thème béni, un thème qui concerne tout croyant et est absolument « vital ». Sans nourriture, on dépérit. Pour l’âme, il en va de même que pour le corps. Qu’on soit engagé depuis longtemps dans le chemin de la foi ou qu’on soit converti depuis peu de temps seulement, il est important pour tout enfant de Dieu de se nourrir suffisamment et de prendre la bonne nourriture au bon moment. Notre chapitre contient à cet égard aussi une multitude d’indications pratiques qui rendent son étude très profitable. Mais considérons d’abord les circonstances dans lesquelles les fils d’Israël se trouvaient alors et leur comportement dans celles-ci ! Nous pourrons en tirer plus d’une leçon pour notre vie.

 

4.1   Murmures dans le désert de Sinaï

Les premiers versets du chapitre mentionnent de nouveaux murmures des fils d’Israël dans le désert. Dans ce court intervalle, ils avaient déjà fait quelques expériences. Ils avaient marché trois jours dans le désert de Shur sans trouver d’eau et lorsqu’ils étaient arrivés à Mara et en avaient découvert, ils n’avaient pas pu boire ces eaux parce qu’elles étaient amères. À la suite de leurs murmures, Dieu, dans sa grâce, avait enseigné à son serviteur Moïse un bois qui, jeté dans les eaux, les rendit douces. À Élim, ils avaient de nouveau expérimenté la riche sollicitude de Dieu et ils avaient trouvé du rafraîchissement et une protection contre les rayons brûlants du soleil.

 

4.2   En « marche » — Exode 16:1

Mais ils ne pouvaient pas rester dans ce lieu de bénédiction, car ils étaient en chemin pour le pays promis. Aussi lisons-nous :

 

« Et ils partirent d’Élim, toute l’assemblée des fils d’Israël, et vinrent au désert de Sin, qui est entre Élim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d’Égypte » (Ex. 16:1).

 

Comme les fils d’Israël, nous sommes en « marche ». Notre but, il est vrai, est la patrie céleste. Mais nous aussi ne l’atteignons qu’après la traversée du « désert ». De même qu’aux Israélites, Dieu nous accorde continuellement, dans sa bonté, des moments et des périodes où, retirés du monde et sans être inquiétés par lui, sous l’opération du Saint Esprit, nous trouvons du rafraîchissement pour l’esprit et l’âme par la parole de Dieu. C’est ce qu’évoquaient les « fontaines d’eau ». Mais ensuite, il s’agit de repartir et de continuer. Nous resterions souvent volontiers plus longtemps à « Élim », nous voudrions bien « retenir » les moments de bénédiction particulière. Mais les pensées de Dieu sont différentes. I1 désire que nous mettions en pratique dans la vie de chaque jour ce que nous avons appris dans sa communion. Les heures passées à s’occuper de sa Parole sont particulièrement bénies et nécessaires, mais elles sont suivies de temps d’épreuve. Nous n’apprenons que dans la pratique de la vie journalière combien les choses que nous avons saisies dans notre cœur sont vraies.

Lorsque les trois disciples étaient avec le Seigneur Jésus sur la sainte montagne, ils auraient eux aussi préféré rester là. « Seigneur, il est bon que nous soyons ici » (Matt. 17:4). La proposition de Pierre de faire trois tentes venait de cette appréciation, juste en soi. Sans nous attarder maintenant davantage sur la faute qu’il commettait, notons que pour les disciples, ce n’était pas non plus le temps de demeurer dans cette sphère de gloire plus longtemps. Cette expérience devait servir à fortifier leur foi pendant qu’ils avançaient sur le chemin de disciples et de renoncement à soi (16:24 et suiv.). Mais ensuite, ils ont dû, eux aussi, redescendre de la montagne pour faire d’autres expériences dans la vallée de la mise à l’épreuve humaine. Si nous ne pouvons pas non plus rester à « Élim » ou sur la « montagne de la transfiguration », nous pouvons néanmoins poursuivre notre chemin avec le Seigneur, dans l’heureuse conscience de ce que nous avons vu et vécu là, et cela en vaut la peine.

 

4.2.1       Entre Élim et Sinaï

En relation avec le verset 1, remarquons encore qu’en quittant leur campement près de la mer Rouge (Nomb. 33:10), les fils d’Israël sont arrivés d’abord dans le désert de Sin ; et ici, il est ajouté : « qui est entre Élim et Sinaï ». Cette mention semble bien être faite pour marquer une période précise dans le pèlerinage du peuple d’Israël. Même si celle-ci n’a connu que la durée relativement courte de trois mois, les Israélites ont néanmoins expérimenté la grâce de Dieu d’une manière particulière pendant ce temps. Des murmures fréquents de leur part, comme nous allons le voir de nouveau bientôt, un grand support et une patience infinie du côté de Dieu, voilà ce qui a caractérisé cette étape significative de leur voyage. Plus tard, au cours des quelque quarante ans pendant lesquels ils ont erré dans le désert, combien de fois n’ont-ils pas dû se souvenir de ces jours bénis, alors qu’ils étaient sous la grâce de Dieu seulement et que Dieu était intervenu pour eux ! Mais ont-ils jamais pris conscience qu’ensuite, dans le Sinaï, ils ont commis une de leurs fautes les plus fatales ? Là, se confiant en leur propre capacité, ils se sont placés volontairement sous la loi de Dieu (19:8). Et alors, un tournant décisif s’est produit dans les voies de Dieu envers eux.

Cela s’est manifesté notamment en ce que Dieu les punissait désormais sérieusement lorsqu’ils murmuraient contre lui. Pensons seulement à Nombres 11, où il est parlé, comme dans notre chapitre, de la manne et des cailles. Malgré de nombreuses ressemblances, il s’agit pourtant d’une autre circonstance, qui a eu lieu environ une année plus tard. En Exode 16, les fils d’Israël ont murmuré avant que la loi soit donnée, et Dieu leur a dispensé sans restriction le soir les cailles et le matin la manne. Mais en Nombres 11, ils pleurèrent, après le don de la loi, et la colère de Dieu s’embrasa contre eux et l’Éternel les frappa d’un fort grand coup (v. 10 et 33).

 

4.3   Des murmures contre Dieu — Exode 16:1-3

 

« Et ils partirent d’Élim, toute l’assemblée des fils d’Israël, et vinrent au désert de Sin, qui est entre Élim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d’Égypte. Et toute l’assemblée des fils d’Israël murmura contre Moïse et contre Aaron, dans le désert. Et les fils d’Israël leur dirent : Ah ! que ne sommes-nous morts par la main de l’Éternel dans le pays d’Égypte, quand nous étions assis auprès des pots de chair, quand nous mangions du pain à satiété ! Car vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette congrégation » (v. 1-3).

 

Toute 1’assemblée des fils d’Israël murmure de nouveau. Mentionnés à plusieurs reprises dans ce court passage (v. 2, 7, 8, 9, 12), leurs murmures ne s’élèvent cette fois-ci qu’en apparence contre Moïse et Aaron. En réalité, ils s’adressent à Dieu lui-même. « Vos murmures ne sont pas contre nous, mais contre l’Éternel » ; « ... parce que l’Éternel a entendu vos murmures que vous avez proférés contre lui » (v. 8). La pensée solennelle que tout péché est dirigé en premier lieu contre Dieu lui-même devrait nous faire réfléchir. David l’avait compris. Bien qu’il ait péché très gravement contre Urie, il se tourne pourtant vers Dieu pour confesser : « Contre toi, contre toi seul, j’ai péché » (Ps. 51:4).

Mais il est aussi grave de s’élever contre des serviteurs de Dieu. En le faisant, on s’en prend au Seigneur lui-même. Il considère l’attaque comme dirigée contre lui. Le Seigneur a dit à ses disciples : « Celui qui vous écoute, m’écoute ; et celui qui vous rejette, me rejette ; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé » (Luc 10:16). C’est un principe général : Dieu lie son message aux messagers qui l’annoncent. Si ses messagers sont rejetés, son message et, par conséquent, lui-même, le sont aussi.

Encore un mot sur la signification des murmures. Murmurer exprime le mécontentement du cœur à l’égard de ce que Dieu fait. Le désert représente toujours quelque chose d’exerçant pour la chair, parce quelle n’est absolument pas en mesure de faire confiance à Dieu. Si nous sommes dans un état charnel, les murmures contre Dieu jaillissent tout naturellement. Nous pouvons avoir expérimenté les bontés de Dieu de mille façons ; et pourtant il suffit dune seule circonstance qui ne plaise pas à la chair en nous, pour que le manque de foi se manifeste aussitôt en ce que nous trouvons quelque chose à redire aux voies de Dieu à notre égard. En fin de compte, nous mettons par là en doute l’amour et la sagesse de notre Dieu en ce qui nous concerne. Satan attise vigoureusement de telles pensées d’incrédulité en nous. Elles sont alors les « dards enflammés du méchant », par lesquels il cherche à ébranler notre confiance en Dieu et en son amour (Éph. 6:16). Seul le « bouclier de la foi » pourra les repousser.

Sommes-nous conscients que toutes nos plaintes et nos gémissements de mécontentement ne font que manifester notre manque de confiance en Dieu et notre ingratitude ? Cela ne devrait-il pas nous amener à penser que, dans notre cas aussi, Dieu prend parfaitement connaissance des murmures, qu’il les « entend » ? Bien que le Seigneur Jésus n’ait pas été physiquement présent quand Thomas a exprimé des paroles d’incrédulité, il les a pourtant entendues et il a dû réprimander son disciple : « Ne sois pas incrédule, mais croyant » (Jean 20:27). Est-ce que tous les murmures concernant les voies de Dieu à notre égard ne mourraient pas sur nos lèvres, si nous étions plus reconnaissants de toutes les bontés que Dieu a déjà manifestées envers nous ? « Remercier préserve de vaciller » dit avec justesse un vieux proverbe.

 

4.3.1       Soif et faim

Dans le désert de Shur, le motif des murmures de la congrégation d’Israël avait été le manque d’eau ; ici, ils murmurent parce qu’ils n’ont pas de pain. Or la caractéristique du désert est qu’il ne peut apaiser ni la soif de l’âme ni la faim de l’homme intérieur. À ce sujet, il semble y avoir, au sens figuré aussi, une différence entre la « soif » et la « faim ».

Spirituellement parlant, avoir « soif » signifie éprouver un désir intérieur, produit par le Saint Esprit, pour les choses spirituelles, divines. La « soif » peut caractériser le pécheur aussi bien que le croyant. Quand l’Esprit de Dieu travaille l’âme d’un pécheur, celui-ci en vient à avoir soif de la paix avec Dieu. À cet assoiffé, le Seigneur Jésus offre gratuitement de l’eau de la vie (Apoc. 22:17). Que l’âme du croyant aussi puisse avoir soif de Dieu (et dans un sens, qu’elle doive avoir soif), nous le voyons dans plusieurs passages des Psaumes, par exemple au psaume 42 : « Comme le cerf brame après les courants d’eau, ainsi mon âme crie après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant » (v. 1, 2).

Lorsqu’elle est réveillée, l’âme humaine cherche la satisfaction intérieure, et celle-ci ne peut venir que de Dieu. À cet égard, le monde est un « désert » pour le croyant : Il n’a absolument rien à lui offrir qui puisse véritablement satisfaire son être intérieur. Telle est l’expérience de « Mara » — une expérience parfois bien douloureuse, car elle n’est souvent acquise qu’au travers de la souffrance « dans la chair » (1 Pierre 4:1).

Fondamentalement, pour la « faim » de l’âme il en va de même, sauf qu’elle désigne quelque chose d’autre. La faim se porte sur la nourriture, et la « nourriture » est ce qui nous donne la force pour notre marche pratique. C’est seulement lorsque, au sens spirituel, nous absorbons de la bonne « nourriture », que nous pouvons aller notre chemin ici-bas comme chrétiens en nouveauté de vie. Christ est cette nourriture pour nous, comme nous allons le voir de plus près dans un instant. Les ressources les plus diverses que le monde nous offre ne peuvent pas nous fournir pour l’homme intérieur de nourriture propre à nous donner la force de vaincre et de persévérer. Même si beaucoup de choses du monde ne sont pas mauvaises en elles-mêmes et que nous puissions en faire usage (1 Cor. 7:31), toutes ont cependant un défaut capital : Christ n’est pas en elles, elles ne contiennent pas de nourriture pour notre âme. En sommes-nous toujours conscients ? Cela nous inciterait à la plus grande prudence à leur égard.

 

4.3.2       Manquer de la grâce de Dieu

Et puis, nous l’avons déjà rappelé, le danger de nous soustraire à l’influence de la grâce de Dieu existe toujours, comme nous le voyons pour les Israélites. Dieu les avait fait sortir de la maison de servitude par des miracles ; dans sa puissance et sa grâce, il les avait complètement délivrés du terrible pouvoir de l’ennemi. Et les voilà qui languissent de retourner précisément en Égypte ! Ils préfèrent retrouver l’esclavage du Pharaon plutôt que de traverser le désert sous la conduite miséricordieuse de Dieu, pour entrer dans le pays ruisselant de lait et de miel qu’il leur avait promis (Ex. 3:8). Par le sang de l’agneau pascal, Dieu les avait mis à labri du jugement mérité, et maintenant ils prétendent qu’il aurait mieux valu pour eux mourir alors par la main de l’Éternel. Quel dédain de la grâce de Dieu et de ses pensées à leur égard, quel mépris aussi de la délivrance qu’ils avaient connue ! Ils oublient complètement le vrai caractère de l’Égypte, ils oublient aussi à quel genre de vie avait été liée la jouissance des pots de chair en Égypte. Le Saint Esprit commente leur conduite par ces paroles du psalmiste : « Ils oublièrent vite ses œuvres, ils ne s’attendirent point à son conseil. Et ils furent remplis de convoitise dans le désert, et ils tentèrent Dieu dans le lieu désolé » (Ps. 106:13, 14).

Quel tableau de la corruption totale du cœur humain ! Si nous perdons conscience de la grâce de Dieu, par laquelle nous avons reçu une rédemption éternelle, la chair prend le dessus en nous aussi et nous trouvons ce que le monde nous offre plus attrayant que ce que Dieu veut nous donner. Nous perdons le discernement de ce qu’est « l’Égypte » dans sa nature. Même Lot n’a plus pu percevoir la différence entre le « pays d’Égypte » et le « jardin de l’Éternel » ; pour lui, les deux se valaient (Gen. 13:10).

Ne pas avoir « les sens exercés à discerner le bien et le mal » (Héb. 5:14) est toujours un triste indice du fait que nous ne nous tenons pas assez près du Seigneur et que nous sommes pratiquement de « petits enfants ».

Combien facilement il peut arriver que nos pensées ne procèdent plus de la foi, mais qu’elles trouvent leur origine dans la chair ! Nous manquons alors de la grâce de Dieu. Il est effrayant de constater avec quelle rapidité nous sommes dès lors prêts à abandonner ce qui est de la foi, de la grâce. Mais connaissant la corruption du cœur humain — et l’histoire d’Israël la place d’une manière vivante devant nos yeux — encourageons-nous d’autant plus à nous rejeter entièrement sur la grâce de Dieu. Dieu ne nous abandonne jamais et nous pouvons toujours compter sur sa grâce.

 

4.3.3       Charnel — dans la chair

Lorsque nous appliquons les expériences d’Israël à ce qui nous concerne, nous devons toutefois prendre en considération une différence. Le peuple d’Israël, vu comme un ensemble, était « dans la chair » ; nous, les enfants de Dieu, ne le sommes pas (Rom. 8:9). Nous pouvons certes aussi être charnels, c’est-à-dire nous laisser conduire par la chair — les Corinthiens en sont un triste exemple (1 Cor. 3:1) —, mais nous ne sommes plus « dans la chair ». Nous sommes « dans l’Esprit » : caractérisés par l’Esprit de Dieu qui habite en nous, et non plus par la chair. Telle est la position dans laquelle tout enfant de Dieu a été placé par l’œuvre rédemptrice de Christ. La masse du peuple d’Israël était en revanche dans l’incrédulité, aussi ne devons-nous pas être surpris de voir cette incrédulité ressurgir à presque chaque occasion.

Il faut donc distinguer très soigneusement l’état véritable du peuple terrestre de Dieu d’une part, et la signification typique que nous pouvons en tirer pour nous, d’autre part.

Nous ne serons préservés des erreurs fatales en relation avec la certitude du salut des croyants que si nous tenons compte de cette différence. Et alors seulement nous comprendrons aussi que Dieu puisse dire, lorsqu’il résume les années de pèlerinage d’Israël dans le désert : « Quarante ans j’ai eu cette génération en dégoût, et j’ai dit : C’est un peuple dont le cœur s’égare, et ils n’ont point connu mes voies, de sorte que j’ai juré dans ma colère : S’ils entrent dans mon repos ! » (Ps. 95:10, 11).

Ces paroles sont citées en Hébreux 3. Elles nous sont données là comme avertissement contre « un méchant cœur d’incrédulité » (v. 12). Mais le Saint Esprit montre tout à fait clairement qu’elles ont trouvé leur accomplissement direct en ceux « qui ont désobéi », qui « ont péché », qui « à cause de l’incrédulité » ne purent pas entrer dans le pays, « dont les corps sont tombés dans le désert » (v. 17-19). Elles ne s’appliquent en aucun cas à des enfants de Dieu, et ne mettent nullement en doute leur salut.

 

4.3.4       La grâce souveraine de Dieu

L’état moral si déplorable du peuple d’Israël dans le désert rend d’autant plus admirable la grâce souveraine que Dieu manifestait continuellement envers lui. Du côté des Israélites, nous ne voyons que des murmures et des manquements ; du côté de Dieu, rien que la grâce. Dieu aurait eu suffisamment de motifs pour leur adresser des reproches et des blâmes, mais rien de tel ne paraît ici. Dans une grâce incompréhensible, l’Éternel prête attention aux murmures du peuple et dit à Moïse :

 

« Voici, je vais vous faire pleuvoir des cieux du pain… Au soir vous saurez que l’Éternel vous a fait sortir d’Égypte ; et, au matin, vous verrez la gloire de l’Éternel, parce qu’il a entendu vos murmures contre l’Éternel ; car que sommes-nous, que vous murmuriez contre nous ? » (v. 4-7).

 

4.4   Pourquoi la faim ? — Exode 16:4-7

Il est vrai que l’Éternel a permis que son peuple ait faim dans le désert, mais en cela aussi, il y avait de la grâce : Il les a fait avoir faim, afin de leur donner. C’est une expérience exerçante de se voir privé de tout ce en quoi la chair trouve sa satisfaction et d’être rejeté complètement sur ce que Dieu désire accorder pour la satisfaction des siens. Mais, afin d’incliner le cœur des fils d’Israël à accepter ses soins pleins de grâce, l’Éternel a permis qu’ils ressentent d’abord leurs besoins et leurs privations, avant de leur donner ce qui leur était nécessaire.

Aujourd’hui, Dieu n’agit pas différemment envers nous. Dune manière générale, par ces épreuves, il veut approfondir la foi des siens et la conscience de leur complète dépendance de lui. Mais en outre, Dieu nous fait parfois aussi connaître la détresse de la faim pour le motif qui vient d’être évoqué : Il voudrait nous délivrer du désir charnel qui nous porte vers les « pots de l’Égypte » et nous occuper entièrement de la personne de son Fils et de sa Parole. Le verset 3 de Deutéronome 8 le montre clairement : « Et il t’a humilié, et t’a fait avoir faim ; et il t’a fait manger la manne que tu n’avais pas connue et que tes pères n’ont pas connue, afin de te faire connaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel ».

« Il t’a humilié, et t’a fait avoir faim ». N’avons-nous jamais fait une telle expérience ? Au moment où nos cœurs se tournaient vers les choses du monde, où la chair en nous cherchait sa satisfaction en « Égypte », Dieu a dû nous faire sentir que le cœur restait désespérément vide, nous montrer que nous qui sommes « dans l’Esprit » ne pouvons pas vivre « selon la chair » (Rom. 8:12, 13). Le chrétien est mort avec Christ, mort au péché. Il doit donc se tenir pour mort au péché et ne pas suivre les convoitises de la chair (Rom. 6:1-11). De telles expériences, exprimées par : « Il t’a fait avoir faim », sont humiliantes mais salutaires. Car le but de Dieu, par une telle humiliation, est de rendre nos cœurs réceptifs à la nourriture qu’il veut nous dispenser : « Et il t’a fait manger la manne ».

Mais remarquons bien : cela doit être soit la nourriture de l’Égypte soit celle de Dieu. Nous ne pouvons pas avoir les deux ensemble. Nous nous trompons parfois à cet égard, mais nous devons apprendre que Dieu nous a donné dans le Seigneur Jésus une nourriture propre à nous satisfaire entièrement et à nous rendre heureux dans toutes les circonstances de la vie journalière.

 

4.5   La gloire de Dieu — Exode 16:10-12

« Et il arriva, comme Aaron parlait à toute l’assemblée des fils d’Israël, qu’ils se tournèrent vers le désert ; et voici, la gloire de l’Éternel parut dans la nuée. Et l’Éternel parla à Moïse, disant : J’ai entendu les murmures des fils d’Israël. Parle-leur, disant : Entre les deux soirs vous mangerez de la chair, et au matin vous serez rassasiés de pain ; et vous saurez que je suis l’Éternel, votre Dieu » (v. 10-12).

 

Le lien entre les murmures des fils d’Israël et l’apparition de la gloire de Dieu est cependant très remarquable. Sur le sombre arrière-plan des manquements de l’homme, Dieu manifeste sa gloire, montre quelque chose de ce qu’il est en lui-même. La « gloire » est en fait la révélation de quelque trait de la nature de Dieu. Et ici, la gloire de sa Personne brille d’un éclat d’autant plus vif, qu’il a pris l’incrédulité et les péchés des hommes pour la révéler. C’est là un principe que l’on peut souvent observer dans la manière d’agir de Dieu envers les hommes : Il se sert du mal comme motif pour manifester sa grâce.

Nous le voyons déjà en relation avec le premier homme. Quand Adam et Ève furent tombés dans le péché, Dieu les revêtit de ce qui parle de l’œuvre expiatoire de son Fils (Gen. 3:21). La femme coupable, trompée par Satan, se tient là devant Dieu — et Dieu pense à son Fils et à l’œuvre qu’il accomplirait pour sauver l’homme déchu ! Il parle prophétiquement de la « semence de la femme » qui briserait la tête du serpent (v. 15). Christ est la première pensée de Dieu face à toute la méchanceté de l’homme. Quelle grâce merveilleuse !

Lorsque Dieu donna la loi au peuple d’Israël, celui-ci la transgressa immédiatement. Moïse entendit le bruit des danses des fils d’Israël autour du veau d’or et que fit-il ? Il brisa sans hésiter les deux tables de la loi, exprimant par là que le peuple était coupable d’avoir transgressé la loi. Vu le péché commis, il n’osa pour ainsi dire pas apporter les tables de la loi intactes au milieu du peuple coupable : Cela aurait signifié la destruction de tout le camp des fils d’Israël ; car tous étaient impliqués dans cet affreux péché, depuis Aaron jusqu’au dernier d’entre eux. C’était un acte de foi hardi de la part de Moïse (Ex. 32). Lorsque Dieu donna ensuite deux nouvelles tables de pierre écrites de son doigt, il prescrivit à Moïse de ne pas les apporter cette fois à découvert parmi le peuple, mais de les mettre dans une « arche » de bois de sittim (Deut. 10:1-5). Nous voyons de nouveau que Dieu, dans sa grâce, pensait à Christ et l’introduisait (en image) dans la scène souillée par le péché. Lui serait la vraie « arche » ; il ne porterait pas seulement la loi au-dedans de ses entrailles (Ps. 40:8), mais il accomplirait toutes les exigences de la sainteté de Dieu en relation avec le péché de l’homme. Il rachèterait de la malédiction de la loi ceux qui étaient sous la loi et, par conséquent, sous la malédiction de celle-ci (parce qu’ils l’avaient enfreinte), en devenant lui-même malédiction pour eux (Gal. 3:13).

Et ensuite, tous les types ont trouvé leur accomplissement lorsque le Fils de l’homme est « descendu » du ciel sur la terre (Jean 3:13). En lui, la grâce de Dieu est apparue en personne pour apporter le salut à tous les hommes (Tite 2:11). Il a été la manifestation, l’incarnation de l’amour et de la bonté de Dieu parmi les hommes. Quelle réponse ceux-ci ont-ils donnée à son amour ? Ils l’ont haï, l’ont cloué à une croix ! Tel a été le point culminant de la méchanceté de l’homme. Mais comment Dieu a-t-il réagi au meurtre de son Fils ? Sur le fondement de l’œuvre accomplie de l’expiation, il offre sa grâce, son salut en Christ, non seulement aux Juifs mais également à tous ceux d’entre les nations. Effectivement, « là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5:20) !

Comme nous l’avons dit, Dieu a pris le péché de l’homme comme motif pour se manifester dans la gloire de sa grâce. Que son nom en soit à jamais loué et béni ! Notre bonheur éternel en est la conséquence. Toutefois rappelons-nous aussi que Dieu ne tient pas le coupable pour innocent, mais le jugera s’il refuse la grâce offerte.

 

4.6   Que signifient les cailles ? — Exode 16:13

Avant de nous occuper de plus près de la manne et de sa signification, demandons-nous encore ce que les cailles ont à nous dire. Alors que la description de la manne et les instructions qui s’y rattachent font l’objet d’un long paragraphe, les cailles sont mentionnées par une seule phrase :

 

« Et il arriva, le soir, que des cailles montèrent et couvrirent le camp » (v. 13).

 

Voilà donc la « chair » qu’ils devaient manger « entre les deux soirs » !

Les commentateurs ont des avis divergents quant à la signification spirituelle de ces cailles. Certains discernent une figure du Seigneur Jésus en elles également. Mais il semble bien que nous devons retirer un enseignement tout différent de l’épisode des cailles et que, contrairement à la manne, elles ne sont pas un type de Christ. À part la brièveté frappante de leur mention dans l’Ancien Testament, les cailles ne sont pas du tout évoquées dans le Nouveau Testament, alors qu’il est parlé en détail du « pain venant du ciel » (Jean 6:31 et suiv.). Et puis, nous avons la citation suivante, tirée du psaume 106, qui dirige nos pensées dans une autre direction : « Et ils furent remplis de convoitise dans le désert, et ils tentèrent Dieu dans le lieu désolé ; et il leur donna ce qu’ils avaient demandé, mais il envoya la consomption dans leurs âmes » (v. 14, 15).

Il est possible et malheureusement il est souvent arrivé que, suivant nos penchants naturels ou même charnels, nous demandions à Dieu des choses qu’il ne voulait pas nous donner. En général, Dieu n’exauce pas de telles prières, car elles ne sont pas le fruit de la communion avec le Seigneur et sa Parole (Jean 15:7). Nous ne pouvons en aucun cas arracher en quelque sorte à Dieu ce que notre volonté propre convoite ardemment. Si parfois il accède malgré tout à de telles requêtes, il le fait pour nous former. Aussi aucune bénédiction immédiate n’est-elle liée à l’obtention des choses demandées. Au contraire, toutes sortes de peines et des difficultés de nature insoupçonnée surviendront. En même temps que le « succès » extérieur, un vide intérieur s’installe, qui assombrit la jouissance de ce qui a été obtenu ; la vie de foi personnelle dépérit de plus en plus.

Il faut en général un certain temps avant que l’enfant de Dieu placé sous la discipline de son Père réalise que c’est Lui qui a envoyé la disette dans l’âme. Alors peut commencer la restauration que le Père, dans son amour pour son enfant, a toujours devant les yeux. Toutefois le fait de languir dans son cœur après l’« Égypte » est et demeure une chose grave. Et si nous ne nous laissons pas détourner de nos penchants mondains d’une autre manière, Dieu peut nous accorder l’objet de notre convoitise. Mais alors les soucis à venir sont déjà programmés. Si, reniant sa position chrétienne, quelqu’un veut s’enrichir à tout prix, Dieu peut le permettre. Mais dans sa Parole, il ne laisse subsister aucun doute quant aux conséquences qui s’ensuivront : « Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition » (1 Tim. 6:9). Il est à peine nécessaire de préciser que l’amour de l’argent n’est qu’une des innombrables facettes de l’amour du monde.

Chers amis, combien nous pouvons être heureux que Dieu ne nous accorde en général pas « nos convoitises », mais qu’il nous donne quelque chose d’infiniment meilleur : le « pain du ciel ». Voilà ce dont nous désirons nous occuper maintenant.

 

4.7   Le pain du ciel — Exode 16:13-15

 

« ... Et, au matin, il y eut une couche de rosée autour du camp ; et la couche de rosée se leva, et voici sur la surface du désert quelque chose de menu, de grenu, quelque chose de menu comme la gelée blanche sur la terre. Et les fils d’Israël le virent, et se dirent l’un à l’autre : Qu’est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c’était. Et Moïse leur dit : C’est le pain que l’Éternel vous a donné à manger » (v. 13-15).

 

La manne doit son nom à la question des fils d’Israël : « Man hu ? » — « Qu’est-ce que cela ? » Comme nous l’apprenons ici, c’est la nourriture que Dieu destinait à son peuple pour la traversée du désert. Et parce que c’est la nourriture de Dieu pour son peuple, elle ne peut pas manquer et n’a jamais manqué.

Les Israélites ont mangé de la manne pendant toutes les années de leur pèlerinage dans le désert ; elle a toujours suffi à leur subsistance. Dans toutes leurs circonstances, que ce soit pour la marche ou pour le combat, ils recevaient ce qui leur était nécessaire en mangeant la manne.

N’en est-il pas ainsi du Seigneur Jésus ? N’est-il pas la nourriture pour notre homme intérieur, donnée par Dieu afin de nous fortifier dans le chemin à travers le désert ? Que peut offrir le monde pour nourrir et fortifier le nouvel homme ? Rien ! Mais en Christ nous trouvons tout ce dont nous avons besoin pour ne pas être lassés ou affaiblis par les innombrables peines et épreuves que nous rencontrons ici-bas. Et de même qu’autrefois la manne n’était pas concevable sans la rosée — une forme particulière de l’eau — (comp. Nomb. 11:9), de même le Seigneur Jésus ne peut être notre nourriture qu’en relation avec la parole de Dieu. Nous savons que, dans les Saintes Écritures, « l’eau » est souvent une image de la parole de Dieu dans sa puissance purificatrice et vivifiante. Ce ne sont pas nos pensées au sujet de Christ qui constituent notre nourriture, mais ce que la parole de Dieu nous en dit. Si nous ne nous occupons pas de cette Parole, nous ne pouvons pas jouir intérieurement de Christ, ni croître et nous fortifier spirituellement. Et la manne présentée ici comme quelque chose de menu, de grenu, comme la gelée blanche sur la terre, nous parle de l’humilité et de la pureté du Seigneur comme homme sur la terre. Sous ces caractères, il est toujours un modèle pour nous.

Le chapitre 16 de l’Exode nous fournit encore une série de détails intéressants sur la manne, dont nous pouvons tirer de nombreuses instructions pratiques. Nous les laisserons cependant de côté pour le moment, afin de nous occuper d’un passage important du Nouveau Testament, le chapitre 6 de l’évangile selon Jean. Nous y trouvons les paroles du Fils de Dieu lui-même concernant le « pain du ciel ». Elles revêtent une signification et une profondeur extraordinaires.

 

4.7.1       Le véritable pain qui vient du ciel — Jean 6

À maintes reprises déjà, les Juifs avaient demandé au Seigneur Jésus de leur montrer un signe, afin de « voir » et de « croire », déclaraient-ils. En Jean 6, ils disent au Seigneur que leurs pères ont mangé la manne au désert et lui demandent : « Quelle œuvre fais-tu ? » Ils pensaient que Moïse leur avait donné à manger le pain qui vient du ciel, et si Jésus était le prophète, il devait se manifester par un signe semblable (Jean 6:30, 31). Le Seigneur reprend la pensée de la manne et répond :

 

« En vérité, en vérité, je vous dis : Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde... Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jean 6:32-35).

 

Le Seigneur montre aux Juifs que ce n’était pas Moïse qui leur avait donné le pain qui vient du ciel. Il ne continue toutefois pas en disant : « mais c’est Dieu ». Il montre clairement que la manne n’était qu’une image du « véritable pain » que son Père voulait leur donner. Il était lui, Christ, ce pain véritable ; il était descendu du ciel comme le « pain de Dieu », afin de donner la vie au monde. Pour cette raison, il était aussi le « pain de vie », et quiconque venait avec foi à lui, n’avait plus faim ni soif.

 

4.7.2       La vie au monde

Avant de mettre ces versets en relation avec les versets 48 à 59, considérons encore quelques détails qui nous sont présentés ici. Si Christ lui-même était le pain qui vient du ciel, il n’était pas nécessaire de leur donner un signe : il était lui-même, dans sa Personne, le signe que Dieu se révélait en lui comme Père et que, dans sa grâce, le Père intervenait pour donner la vie non pas seulement au peuple juif, mais au monde. La vietel était le premier besoin de l’homme, et dans le Seigneur Jésus, la « Parole » devenue chair, était la vie (Jean 1:4).

Et nous voyons ici qu’un type ne peut jamais exprimer la vérité tout entière. Il dirige bien nos pensées dans la bonne direction, nous montre la ligne principale de ce qui doit être communiqué ; mais les choses matérielles ne peuvent jamais représenter dans toute leur plénitude les choses spirituelles. Dans le domaine naturel, le pain ne peut pas donner la vie ; il peut en assurer le maintien, mais ne peut pas la communiquer. Le Seigneur Jésus pouvait toutefois aussi bien communiquer la vie spirituelle, divine, que la maintenir.

Si le Seigneur se compare au pain et se désigne comme étant le « pain de vie », cette manière figurée de s’exprimer montre que, pour tirer profit de ce qu’il représente ainsi, il faut manger de ce pain, le « savourer ». Nous considérerons de plus près ce que signifie « manger » du pain de vie quand nous parviendrons aux versets 48 et suivants. Nous apprenons ici d’abord que la foi est nécessaire pour recevoir la vie. Les Juifs se représentent la chose de façon plus superficielle et disent : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là » (Jean 6:34). Mais, dans le verset qui suit, le Seigneur montre qu’il doit être lui l’objet de la foi. Si quelqu’un venait à lui avec foi et mangeait ainsi de ce pain de vie, il trouverait en lui sa profonde satisfaction pour toujours et n’aurait plus jamais faim ni soif.

Quelle pensée précieuse nous est présentée ici ! En Christ habite toute la plénitude de la déité corporellement (Col. 2:9), et jouir de lui comme de Celui qui manifeste parfaitement Dieu signifie la plus profonde satisfaction pour l’âme. C’est là, dans son essence, la vie éternelle (Jean 17:3) ; et quiconque croit au Fils, en qui la vie éternelle est descendue du ciel sur la terre, la possède (6:47). Quel fait merveilleux !

Mais l’homme doit venir. Venir à Christ ne signifie rien d’autre que croire en Christ. Cela ressort clairement du verset 35, comme de l’évangile selon Jean d’une manière générale. Sous cet aspect, « venir » et « croire » sont synonymes. Seul le point de vue diffère un peu. « Venir » désigne le mouvement de l’âme vers Christ et « croire » indique la confiance qu’elle place en lui.

 

4.7.3       L’incarnation de Christ

Au verset 48, le Seigneur reprend la pensée de la manne et enseigne de manière plus approfondie ce que signifie le « manger » Lui comme pain de vie.

 

« Moi, je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne au désert, et sont morts ; c’est ici le pain qui descend du ciel, afin que quelqu’un en mange et ne meure pas. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6:48-51).

 

Les Juifs avaient rappelé au Seigneur la manne que leurs pères avaient mangée au désert, mais maintenant, dans un certain contraste, le Seigneur Jésus se présente comme le « pain vivant ». Nous pouvons aussi dire : Il montre comment lui, dans sa personne, surpassait infiniment le type. Les pères avaient effectivement mangé la manne, mais ils étaient néanmoins tous morts. Il en allait tout autrement de celui qui mangerait de ce pain vivant. Christ était descendu du ciel et habitait sur cette terre dans l’humilité, parfaitement accessible à tout homme. Telle est la grande vérité présentée ici : Le Fils de Dieu est devenu homme (Jean 1:14) ; la vie qui était auprès du Père nous a été manifestée (1 Jean 1:2).

Si donc quelqu’un mangeait de ce « pain », il ne mourrait pas, mais vivrait éternellement. Malgré la manne, leurs pères, pour la majorité d’entre eux, étaient non seulement morts physiquement — « à cause de l’incrédulité » (Héb. 3:19), comme nous l’avons déjà rappelé —, mais spirituellement ils avaient aussi été morts. En revanche, celui qui mangeait du pain descendu du ciel ne mourrait pas spirituellement, quoi qu’il puisse advenir de son corps.

Rappelons ici encore une fois ce que signifie « manger » et « boire » dans ce contexte. Quand nous mangeons ou buvons quelque chose, nous en faisons usage pour notre bien, nous nous l’approprions, nous nous identifions si étroitement avec l’aliment que nous consommons qu’il devient une partie de nous-mêmes. C’est exactement ce que fait aussi la foi. Elle s’empare des choses spirituelles, les « savoure » et les adopte.

Se nourrir du Seigneur Jésus comme du véritable pain signifie donc faire usage par la foi de la « Parole » faite chair, en qui est la vie, se l’approprier par la foi. La vie éternelle est liée à cela, dit le Fils de Dieu.

 

4.7.4       Identification avec la mort de Christ

Mais ensuite, le Seigneur ne laisse subsister aucun doute sur le fait qu’il est devenu homme afin de mourir ici-bas. Personne ne pouvait être sauvé autrement.

 

« Or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6:51b).

 

Si, dans la première partie du verset, le Seigneur a parlé de son incarnation, maintenant, par les mots « donner ma chair », il indique sa mort expiatoire. Il anticipe la croix. Là il subirait la mort pour le « monde » ou en faveur de tous, comme nous pouvons aussi l’exprimer. Pour avoir la vie éternelle, il fallait s’identifier personnellement au Fils de l’homme et à Sa mort comme sacrifice.

Pourtant, quelle grâce parfaite ces paroles du Seigneur manifestent aussi ! Il a voulu prendre la place que nous avions méritée. Et nous savons qu’il l’a effectivement prise.

À Lui la louange, la reconnaissance et l’adoration dès maintenant et pour toute l’éternité ! — À l’objection des Juifs, incrédules : « Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? » le Seigneur répond d’une manière plus détaillée encore :

 

« En vérité, en vérité, je vous dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage » (Jean 6:53-55).

 

Plusieurs ont pensé que le Seigneur fait allusion à la Cène, lorsqu’il parle de manger sa chair et de boire son sang. La nuit où il fut livré, après avoir pris un pain et rendu grâces, il avait dit à ses disciples : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11:24-26 ; comp. Luc 22:19 et suiv.).

Mais il y a plusieurs raisons qui permettent de dire qu’en Jean 6, le Seigneur ne parle pas de son repas. Nous en mentionnerons brièvement quelques-unes ici. D’abord, l’apôtre Jean n’avait pas le mandat d’écrire sur des sujets et institutions « ecclésiastiques » tels que le baptême et la cène. La mission de présenter les privilèges et les devoirs de l’Assemblée de Dieu a été confiée principalement à l’apôtre Paul. Aussi se désigne-t-il comme « serviteur de l’assemblée » (Col. 1:24). L’apôtre Jean ne parle nulle part dans ses écrits de la communion ecclésiastique. Il voit l’ensemble des croyants non pas comme l’assemblée du Dieu vivant ou le corps de Christ, mais comme la famille de Dieu. Tel est le point de vue que Dieu nous a donné par lui. Et lorsque le Seigneur Jésus dit, en Jean 3, qu’il faut être « né d’eau et de l’Esprit », il ne pensait pas plus au baptême qu’il n’évoque la cène quand il parle de manger sa chair et de boire son sang.

Et puis, la citation de 1 Corinthiens 11 montre clairement qu’il n’est absolument pas question là de manger la « chair » et de boire le « sang » de Christ. Lors de la cène du Seigneur, les croyants mangent le « pain » et boivent la « coupe ». Une transformation des éléments en chair et sang est totalement étrangère à l’enseignement des Saintes Écritures. En 1 Corinthiens 10 également, où l’apôtre Paul mentionne la même institution, mais sous l’angle de la « table du Seigneur », il parle du « pain » que nous rompons et de la « coupe » de bénédiction que nous bénissons (1 Cor. 10:16), et ajoute dans le verset qui suit : « car nous participons tous à un seul et même pain ».

En outre, faire dépendre la réception de la vie éternelle de la participation à la cène du Seigneur serait une pensée incompréhensible et insupportable. Non seulement cela ouvrirait toute grande la porte au formalisme et à la superstition, mais de nombreux croyants qui ont été empêchés, par les circonstances les plus diverses de la vie, de prendre la cène, par exemple parce qu’ils ne se sont convertis que sur leur lit de mort, seraient perdus.

Ce passage ne présente plus de difficulté, lorsque nous avons compris ce que le Seigneur veut dire en Jean 6 par manger et boire, à savoir s’identifier avec Lui comme Celui qui peut véritablement satisfaire le cœur de l’homme et lui donner la vie éternelle. « Manger sa chair » et « boire son sang » ne sont que des expressions imagées exprimant que quelqu’un s’identifie par la foi à un Christ mort. Et de nouveau, cela signifie uniquement que le croyant est conduit par la grâce de Dieu à reconnaître son propre état dans la mort de Christ. Celui qui le fait a la vie éternelle ; celui qui ne le fait pas n’a pas la vie en lui-même.

Plus simplement, nous pouvons dire que ces versets nous présentent ce qui, dans d’autres passages du Nouveau Testament, est appelé le « salut ». Mais ce salut dépend de la foi dans un Sauveur mort, de la foi en son sang (Rom. 3:25). La connaissance d’un Christ vivant, à laquelle beaucoup veulent se limiter, ne conduit pas à la vie éternelle. De nombreuses personnes seraient toutes prêtes à prendre la vie de Christ comme modèle, mais s’offusquent de sa mort.

Aussi le Seigneur passe-t-il sans transition du « pain » aux expressions « ma chair » et « mon sang ». Celui qui croit véritablement en sa Personne croit au miracle de son incarnation aussi bien qu’à celui de sa mort. Seule une telle foi est liée à la vie éternelle.

L’ordre dans lequel nous comprenons ces choses est l’inverse de la suite historique. Il est évident que le Seigneur Jésus a d’abord dû devenir homme pour pouvoir mourir ensuite. Pourtant, nous commençons par manger sa chair et par boire son sang — pour rester dans l’image employée ici —, et seulement après, nous mangeons le pain. Nous devons avoir compris d’abord la signification de sa mort pour être à même de nous réjouir de la signification de sa vie merveilleuse — une vie d’humilité, d’abaissement et de consécration à son Dieu. Ce sujet béni va nous occuper maintenant.

 

4.7.5       Communion

Quand le Seigneur Jésus dit au verset 51 : « Si quelqu’un mange de ce pain », et au verset 53 : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang », il parle d’un acte unique, achevé, il décrit la chose en elle-même. Les formes verbales employées en grec pour « manger » et « boire » le montrent clairement.

Comme nous l’avons vu, il s’agit de l’identification fondamentale avec Christ et sa mort, à laquelle, dans la grâce de Dieu, est liée la vie éternelle. Par la foi, l’individu participe aux conséquences bénies de la mort expiatoire du Seigneur. Sans cela, il n’y a pas de vie éternelle.

Cet acte de foi intervient au début du chemin chrétien et porte un caractère unique. On ne peut se convertir qu’une seule fois.

Mais dans les versets 54 et 56, le Seigneur emploie une autre forme verbale, qui exprime un processus de plus longue durée ou une action répétée :

 

« Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour... Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jean 6:54-56).

 

Littéralement, il est dit : « Le mangeant ma chair et le buvant mon sang ». « Le mangeant » et « le buvant » — voilà comment le Seigneur désigne le croyant individuel qui se nourrit continuellement ou de façon répétée de lui et de sa mort.

Nous apprenons ici quelque chose de très important : La vie éternelle ne peut pas être séparée de sa source. Nous ne l’avons pas indépendamment de Lui, mais la possédons seulement « dans son Fils » ; et « celui qui a le Fils a la vie » (1 Jean 5:11, 12).

« Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez », a dit le Seigneur dans un autre passage (Jean 14:19).

Aussi est-il nécessaire pour le croyant de toujours manger de la chair du Seigneur et boire de son sang. La vie éternelle que nous possédons doit être nourrie en permanence, et elle l’est par le souvenir vivant en nous de Son amour jusqu’à la mort et la joie que nous y trouvons. Pourrions-nous nous contenter de l’avoir fait une fois ? Et pourtant, nous avons souvent tout lieu d’éprouver une honte profonde à cet égard. Nous sommes si peu occupés, au cours de nos journées, de l’amour qu’Il a manifesté dans le don de sa vie ! Tant l’auteur de ces lignes que le lecteur ont bien des motifs de s’examiner à ce sujet, car une grande partie de la faiblesse et de l’indifférence parmi nous provient sans aucun doute du fait que cet amour occupe trop peu nos cœurs. Un bel exemple à suivre nous est donné dans l’apôtre Paul. Il pouvait dire : « Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20).

 

4.7.6       Résultats

Considérons aussi les précieux résultats découlant du fait de « manger » et de « boire ». Nous avons déjà vu que, dans un sens général, le salut et, dans un sens spécial, la vie éternelle y sont liés (Jean 6:51, 53).

Mais au verset 54, le Seigneur ajoute encore un autre résultat : Il le ressusciterait au dernier jour. Lorsque le jour de l’homme aura pris fin, le Seigneur fera participer à sa résurrection tous ceux qui ont cru en lui. Le « dernier jour », souvent mentionné dans l’évangile selon Jean, commence par la résurrection et l’enlèvement des croyants (comp. Jean 6:39 et suiv. ; 11:24) et se termine par le jugement de ceux qui n’ont pas accepté Christ (Jean 12:48). Il comprend la période intermédiaire du Millénium. Ce « dernier jour » ne désigne pas la fin du monde, mais indique la dernière époque en rapport avec la responsabilité de l’homme envers Dieu. La vie éternelle que les croyants possèdent en Christ serait inconciliable avec le fait que leurs corps restent dans le tombeau.

Mais ensuite, Jean 6:56, le Seigneur indique encore un résultat : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». Il s’agit ici de la communion. Par le fait de manger et de boire, nous devenons un avec lui et il devient un avec nous. C’est l’union avec le Seigneur Jésus dans la vie qu’il nous donne par grâce. « Demeurer » signifie aussi « habiter », et qui peut comprendre l’immensité d’une telle bénédiction ? La patrie de notre âme est en Christ et Christ voit en nous son habitation !

Mais la tournure « lui en moi et moi en lui », souvent répétée dans l’évangile selon Jean, n’est pas un simple jeu de mots. Il semble aussi qu’elle n’a pas exactement le même sens dans tous les cas. Selon le contexte, l’un ou l’autre de ses aspects est mis en évidence. Toutefois, nous pouvons dire d’une manière générale : Quand le croyant est vu en Christ, la position chrétienne dans laquelle il est devant Dieu est soulignée. La responsabilité de répondre à cette position par la dépendance s’y relie. Lorsqu’il est dit que Christ est dans le croyant, la manifestation que Christ donne de lui dans le croyant est indiquée. À cela se rattache la responsabilité d’avoir Christ comme modèle pour notre marche et de le manifester devant les hommes.

Quand nous considérons tout ce que le Seigneur a dit de lui comme le pain de vie dans ce chapitre, nous sommes tout disposés à confirmer ses paroles : « Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage » (Jean 6:55). Et nous éprouvons le désir de jouir davantage de lui, dans sa personne et dans son œuvre — pour notre bénédiction et pour sa gloire.

 

4.7.7       « Manne » et « grain rôti » — Exode 16:15

Les ordonnances concernant la manne, dans l’Exode, renferment une série de détails importants, dont nous pouvons retirer plus d’un enseignement pour notre vie de foi quotidienne. Considérons donc maintenant ces instructions pratiques.

Si nous revenons sur la première partie du chapitre 16 et nous souvenons de ce que nous avons appris en Jean 6, nous pouvons dire en résumé : Pour nous, la manne c’est Christ comme Celui qui est venu à nous dans ce monde, pour vivre ici-bas comme homme dans l’abaissement et pour mourir ; en tant que tel, il est la nourriture des siens dans le désert. De plus, nous avons vu qu’il fallait d’abord avoir part en lui comme un Christ mort (« manger sa chair » et « boire son sang »), avant de jouir de lui comme du « pain » qui vient du ciel, avant de pouvoir puiser de la force dans sa vie merveilleuse. Mais comme « pain », il est la nourriture des siens pendant leur marche au travers du désert.

Les paroles que Moïse adresse au peuple d’Israël en Exode 16 le montrent très clairement : « C’est le pain que l’Éternel vous a donné à manger » (v. 15). Dieu avait ouvert les portes des cieux et fait pleuvoir sur eux la manne « pour manger », et il leur avait donné « le blé des cieux » (Ps. 78:23:24). Dans un autre psaume nous lisons : « Il les rassasia du pain des cieux » (Ps. 105:40). Mais quand, après quarante ans de marche dans le désert, ils « entrèrent dans un pays habité » (Ex. 16:35), la manne cessa et ils mangèrent « du vieux blé du pays, des pains sans levain et du grain rôti » (Josué 5:11). Le « grain rôti » parle aussi de Christ comme nourriture pour les siens ; mais il s’agit de Christ ressuscité et élevé dans le ciel ; les saints se nourrissent de lui, le Christ glorifié, lorsque par la foi ils demeurent dans les lieux célestes (Éph. 2). La « manne » ne parle pas de cet aspect céleste, mais de Christ pour nous sur la terre. En revanche, le « grain rôti » est une image de Christ dans la gloire, au-delà de la mort et du jugement de Dieu.

Ce qui a été donné successivement comme nourriture aux fils d’Israël au cours de leur histoire, la manne d’abord puis le vieux blé du pays, les enfants de Dieu du temps de la grâce en disposent simultanément. Cela ne signifie pas que nous pouvons jouir au même moment de ces deux aspects du Seigneur. Dans la pratique, c’est absolument impossible. Notre connaissance est toujours fragmentaire, partielle (1 Cor. 13:9), et nous ne pouvons pas nous occuper de plusieurs côtés à la fois. Pourtant il est vrai que, quant à notre position, nous pouvons marcher dans les lieux célestes et être occupés d’un Christ glorifié, alors qu’en même temps nous nous trouvons, quant à nos expériences, dans le désert et avons besoin de lui comme la manne. Ce second aspect retient ici d’abord notre attention, parce que nous considérons le chemin dans le désert. Mais ce côté aussi — comme tout ce qui parle de Lui — est d’une grande beauté.

La pensée que le Seigneur Jésus a marché ici-bas et qu’il a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché (Héb. 4:15), n’est-elle pas propre à nous consoler ? Ne peut-il alors pas sympathiser avec nous dans nos difficultés et nos tentations ? Y a-t-il quelqu’un qui sache mieux que lui combien le chemin de la foi est difficile et plein de privations dans un monde dont Satan est le prince et le dieu ? Avec quelle tendresse il sait relever celui qui est fatigué, encourager celui qui est abattu, diriger celui qui s’interroge, apaiser les craintes de celui qui est angoissé ! I1 a passé par les mêmes circonstances que nous. Ne pouvons-nous pas lui faire pleinement confiance et compter sur sa profonde compréhension ? Il connaît ce que nous ressentons et il nous dispense sa grâce selon les circonstances dans lesquelles sa sagesse nous a conduits.

Sa grâce et son amour sont illimités. Il nous aime tels que nous sommes : « ... ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin », jusqu’à l’extrémité (Jean 13:1). Il les a aimés tels qu’ils étaient dans le monde, et il nous aime de la même manière, nous qui sommes aujourd’hui dans le monde. Le Seigneur est absolument le même, autrefois quand il était ici-bas ou aujourd’hui dans le ciel. Pensée infiniment précieuse : Il n’a pas changé, malgré tout ce qu’a signifié pour lui de passer de la terre à la maison de son Père ! Cela n’a modifié en rien son amour. Et, bien-aimés, souvenons-nous-en, il n’a pas oublié les expériences qu’il a faites.

Comprenons-nous un peu ce que signifie se nourrir du Seigneur Jésus comme la « manne » ? Avons-nous déjà appris à prendre de ce « pain », quand la puissance des difficultés nous assaille fortement ou quand Il nous accorde un temps de repos ? Que notre barque vogue sur des eaux calmes ou agitées, nous avons toujours besoin de Christ, de sa grâce surabondante. « Ma grâce te suffit » — cette assurance comblera ceux qui savent ce que signifie se nourrir de lui comme la « manne ».

Manger la manne signifie cependant le considérer et jouir de lui comme Celui qui a marché sur cette terre en homme parfait. « Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes » (Héb. 12:3). Nous manquons tous plus ou moins dans la mise en pratique de cette invitation du Saint Esprit. Nous « considérons » souvent d’autres objets que Lui, des choses terrestres — et nous nous étonnons d’avoir ensuite si peu de force spirituelle, si peu de véritable joie. La vie nouvelle en nous est Christ (Col. 3:3, 4) ; seul Christ, sa source, peut l’alimenter.

Il est la source de la grâce nécessaire à chacun de nos pas ici-bas. Certes, nous trouvons aussi en lui le parfait modèle pour notre chemin, notre conduite, nos pensées. Mais il y a plus dans la « manne » : Le Seigneur Jésus nous donne aussi la force de l’imiter dans la vie pratique, si nous demeurons en communion avec lui.

Penchons-nous donc sur les Saintes Écritures afin d’y chercher et d’y trouver Celui qui est le « pain » venu du ciel ! Avons-nous besoin de persévérance dans une situation donnée ? Le Saint Esprit placera devant notre âme Christ et ses paroles (Jean 14:26 ; 16:13-15) et, de cette manière, Christ deviendra pour nous la « manne » adaptée à ce cas. Il nous montrera comment Christ, dans des circonstances encore plus critiques, s’est attendu parfaitement à Dieu et a été exaucé. Manquons-nous de l’énergie de la foi pour pouvoir affronter les obstacles ? Nous la trouverons en considérant l’exemple du Seigneur. N’avait-il pas toujours devant lui la maison de son Dieu, la poursuite des intérêts de son Père — et il a triomphé ? Il veut ainsi être de la « manne » pour nous dans chaque détail de notre vie et nous accorder toute la grâce qui nous est nécessaire dans le moment présent.

Si nous avons parlé plusieurs fois de force en relation avec la manne, cela n’infirme en rien l’autre vérité, que la force pour l’homme intérieur ne peut pas être séparée de Christ glorifié. Mais, comme nous l’avons déjà relevé, cet aspect nous est présenté dans le « grain rôti ». La source véritable de la force se trouve uniquement dans la conscience que Celui qui a marché une fois ici-bas dans l’abaissement, a maintenant « vaincu » (Apoc. 5:5), a « obtenu une rédemption éternelle » (Héb. 9:12), et « s’est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux » (Héb. 1:3). Dans l’épître aux Colossiens (1:11), le Saint Esprit l’exprime en ces termes : « ... Fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et constance, avec joie ».

Cela signifie pratiquement pour nous que quand nous pensons à Christ comme la « manne » — et il n’existe guère d’occupation plus bénie que de considérer sa vie merveilleuse —, nous pouvons en même temps nous souvenir qu’il est maintenant au-delà de la mort et qu’il a déjà atteint le but de sa course, la gloire de Dieu. Il en sera de même pour nous. Et cette connaissance fortifie l’âme du croyant. Lorsque nous contemplons le Seigneur Jésus, nous ne devrions pas trop séparer ces deux aspects de sa Personne — les distinguer certes, mais non pas les séparer. Il s’agit d’une seule et même Personne. Tel est également le cas pour les sacrifices de l’Ancien Testament. Ils nous montrent eux aussi les différents aspects du sacrifice de notre Seigneur, bien qu’il s’agisse d’une seule offrande.

Remarquons encore que nous trouvons Christ comme la « manne » particulièrement dans les évangiles. Si nous lisons avec prière cette partie merveilleuse de la parole de Dieu, si nous y recherchons le Seigneur et le contemplons, il deviendra la nourriture pour notre vie quotidienne.

Mais quant à la réalisation pratique, il y a quelques points à observer, sans lesquels nous éprouverions malgré tout une perte et des déceptions. Nous les trouvons dans la suite de notre chapitre.

 

4.8   Chacun en proportion de ce qu’il peut manger — Exode 16:16-18

« Voici la parole que l’Éternel a commandée : Recueillez-en, chacun en proportion de ce qu’il peut manger, un omer par tête, selon le nombre de vos personnes ; vous en prendrez chacun pour ceux qui sont dans sa tente. Et les fils d’Israël firent ainsi, et ils recueillirent, l’un beaucoup, l’autre peu. Et ils mesurèrent à l’omer : et celui qui avait beaucoup, n’eut pas trop ; et celui qui avait peu, n’en manqua pas ; ils avaient recueilli, chacun en proportion de ce qu’il mangeait » (Ex. 16:16-18).

 

Nous ne pouvons ni ne voulons « spiritualiser » tous les détails de cet épisode. Beaucoup tient aussi du miracle dans la manière dont Dieu a donné aux Israélites ce pain du ciel. Mais une chose s’impose immédiatement à notre compréhension : les fils d’Israël devaient faire des efforts pour recueillir la manne. Quelque grande que soit la grâce de Dieu dans ses soins envers eux, ils devaient sortir et la recueillir eux-mêmes. La manne était sur la surface du désert, et pour la ramasser, il fallait qu’ils se baissent ou se mettent sur leurs genoux.

De ce point de vue, tout ne nous tombe pas non plus simplement du ciel. À la jouissance de la manne se lient nécessairement de la peine et du travail. Dieu attend que nous usions de zèle pour nous approprier les bénédictions qui nous sont destinées. Certes, toutes nos ressources sont en lui et sans sa grâce, nous n’avons rien. Mais nous devons quand même tendre vers elles et les désirer.

Une telle détermination spirituelle, une telle « vertu » (2 Pierre 1:5) nous fait bien souvent défaut. « C’est pourquoi, frères, étudiez-vous d’autant plus à affermir votre appel et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais » (v. 10). L’apôtre Pierre lui-même, à un âge avancé, « s’étudiait » à leur présenter ces choses de son vivant (v. 15). Et Jude aussi usait de « toute diligence » pour écrire aux croyants « de notre commun salut ».

Mais avec cela nous avons passé sans nous en apercevoir au domaine du service. Nous pouvons donc affirmer : qu’il s’agisse de recueillir pour soi ou du service pour le Seigneur, le zèle et la dépendance sont indispensables.

Il semble que la pensée de la dépendance se trouve également exprimée dans le fait que ceux qui recueillaient devaient se pencher sur le sol. Car pouvons-nous vraiment manger de la « manne » sans nous mettre nous aussi sur nos genoux et nous tenir en prière devant Dieu ? Le zèle dans le domaine spirituel à lui seul ne suffit pas ; « la bénédiction de l’Éternel est ce qui enrichit, et il n’y ajoute aucune peine » (Prov. 10:22). Ces deux principes dans les voies de Dieu, le zèle de l’homme et la grâce souveraine de Dieu, ne se contredisent nullement. Nous devrions toujours être conscients que nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes. Mais outre le zèle et la dépendance, nous apprenons encore quelque chose : Certains recueillaient beaucoup, d’autres peu ; pourtant personne n’avait trop et personne n’en manquait. Ils avaient recueilli « chacun en proportion de ce qu’il mangeait ».

Il en est de même aujourd’hui. La grâce de Dieu tient compte de tous les besoins. Dieu s’occupe de chacun des siens en particulier, chacun reçoit son « omer ». Mais la « proportion de ce que chacun mange » varie et Dieu donne en fonction de cette proportion.

Chers amis, quelqu’un a une fois très justement remarqué — et tel est effectivement le cas : ce Chacun de nous n’a de Christ que ce qu’il veut avoir à tout prix, ni plus ni moins. Nous ne saurions graver ce principe divin assez profondément dans notre cœur.

Notre appétit spirituel est variable. Il dépend entièrement des priorités que nous nous fixons, c’est-à-dire de la grandeur du besoin que nous éprouvons de Christ et, par conséquent, de la manière dont nous gérons notre vie. Si nous consacrons notre temps libre principalement aux choses de la terre, de sorte que nous trouvons à peine le temps de lire un court passage de la Bible, Dieu bénira certainement ce peu et ne permettra pas que nous mourions de faim.

Si nous nous plaçons sous l’influence de sa Parole, il en résultera toujours de la bénédiction. Telle est sa grâce. Il nous fera goûter quelque chose de Christ ; mais parce que nous n’avons pas désiré beaucoup, ce sera relativement peu.

Mais d’un autre côté, combien il est honoré quand nous désirons recevoir plus de lui et de son Fils ! « Ouvre ta bouche toute grande, et je la remplirai » (Ps. 81:10) ; cette affirmation est encore valable pour nous aujourd’hui. À cet égard, nous ne pouvons pas attendre trop de lui. Plus nous avons conscience de sa grâce et plus nous sentons combien nous en avons besoin, plus richement aussi il nous la dispensera dans son Fils. Il nous accordera de jouir profondément de la personne de Christ et par là fortifiera notre âme, afin que nous puissions accomplir dans ce monde ce qui répond à sa volonté.

Dans ce sens, nous pouvons aussi « éprouver » Dieu, comme autrefois son peuple terrestre a été invité à le faire en rapport avec les dîmes : « Éprouvez-moi par ce moyen, dit l’Éternel des armées, si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux, et ne verse pas sur vous la bénédiction, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place » (Mal. 3:10). Voulons-nous avoir beaucoup de Christ ? Il nous le donnera.

 

4.9   Chaque matin — Exode 16:19-21

« Et Moïse leur dit : Que personne n’en laisse de reste jusqu’au matin. Mais ils n’écoutèrent pas Moïse, et quelques-uns d’entre eux en laissèrent de reste jusqu’au matin ; et il s’y engendra des vers, et cela puait : et Moïse se mit en colère contre eux. Et ils en recueillaient chaque matin, chacun en proportion de ce qu’il mangeait ; et à la chaleur du soleil cela fondait » (v. 19-21).

 

Nous trouvons ici un autre enseignement encore : Nous ne pouvons pas stocker ni accumuler la « manne ». Ce qui nous a servi de nourriture hier ne peut pas nous fortifier aujourd’hui. Cela ne veut absolument pas dire que nous ne puissions pas nous pencher une nouvelle fois sur ce qui nous a occupés la veille ! Mais nous ne pouvons pas vivre aujourd’hui également des expériences que nous avons faites hier avec Dieu et sa grâce. Nous devons nous nourrir chaque jour de Christ, dans une foi vivante. Dieu avait dit au peuple d’Israël de sortir et de recueillir « chaque jour la portion d’un jour » (v. 4). Si nous négligeons de le faire, nous n’aurons pas de force pour la journée. La défaite sous une forme ou une autre est dès lors inévitable.

Qui d’entre nous n’a jamais commis l’erreur de penser que ce qu’il avait vécu avec le Seigneur la veille suffisait pour aujourd’hui également, le gardait et le soutenait pour la nouvelle journée aussi ? Quelle illusion ! Si telle est notre pensée, nous avons en réalité déjà perdu la dépendance du Seigneur, sans nous en être forcément rendu compte. Mais le Seigneur Jésus désire nous avoir toujours tout près de lui, et nous devons apprendre que nous avons besoin de sa grâce, de sa Personne, chaque jour, chaque heure, à tout moment de notre vie.

Dieu avait prévenu les fils d’Israël de ne pas garder de la manne recueillie jusqu’au lendemain. Malgré cet avertissement, quelques Israélites en ont conservé, et qu’en est-il résulté ? Il s’y engendra des vers et la manne commença à puer. Nous nous glorifions facilement d’expériences passées faites avec le Seigneur ! Peut-être en parlons-nous volontiers sans que nos interlocuteurs perçoivent la légère pointe de fierté qui s’y mêle. Mais aux yeux de Dieu, les « vers » sont déjà là. S’occuper de soi-même n’est en fait jamais sans danger. Même nos expériences les plus heureuses peuvent nous être en piège, si nous ne restons pas près du Seigneur et ne le considérons pas comme la source de tout. Il est clair que nous pouvons et devons nous réjouir de nos expériences et de tout ce que nous avons discerné du Seigneur Jésus et vécu avec lui, et que nous pouvons l’en glorifier. Mais nous ne trouvons pas en cela la force nécessaire pour le jour présent.

Nous devons être « exercés » dans notre être intérieur à nous nourrir quotidiennement de Christ comme le pain de Dieu. Et la part que Dieu nous donne aujourd’hui, il ne nous la donne pas pour que nous l’accumulions dans notre tête pour plus tard, mais afin que nous l’appliquions aujourd’hui dans la vie pratique. Les « vers » se mettent très facilement dans les connaissances amoncelées dans la tête. Dieu désire que nous mettions aussi en pratique ce que nous avons appris de Christ. Nous devrions tout au moins nous y efforcer. Sinon, la connaissance ne fait que nous enfler (1 Cor. 8:1). Dieu ne nous permet pas d’amasser des biens spirituels pour les jours à venir. Nous deviendrions rapidement indépendants de lui ! Même la grâce si précieuse de Dieu ne peut pas être « stockée ».

Mais n’avons-nous pas aussi une instruction dans le fait que les Israélites devaient recueillir la manne de bon matin, avant que le soleil soit chaud ? Il n’est pas difficile de se représenter ce que signifie la chaleur du soleil qui faisait fondre la « manne ». Lorsque nous nous trouvons pris dans la routine de la vie quotidienne, avec ses préoccupations et ses tâches, il est en général trop tard pour s’équiper.

Tout le monde ne peut certes pas se lever de très bonne heure le matin pour se consacrer à l’étude approfondie de la parole de Dieu. Pour certains, une telle pratique est vraiment trop pénible, et assez souvent même elle dépend de la santé. Aussi plusieurs préfèrent-ils s’occuper de la Parole le soir, après les activités journalières. Restons-en là et admettons-le ! Beaucoup d’entre nous ont étudié la Parole la nuit et Dieu y a mis sa bénédiction.

Mais cela nous amène à relever deux points. Comme pour la « manne », il n’existe effectivement pas de moment plus propice que le matin pour s’occuper de Christ. Que peut-il y avoir en effet de plus béni au début d’une nouvelle journée que d’avoir ses premières pensées imprégnées par la personne de Christ alors qu’on est encore seul avec lui ? Plus tard, il faut beaucoup de force et d’énergie pour se libérer de toutes les impressions et influences du monde qui se présentent.

Telle est donc la première chose qui devrait nous occuper. Reprendre le matin consciemment le fil de l’heureuse communion qui nous est échappé la veille quand nous nous sommes endormis, est en tout cas une expérience heureuse faite par le psalmiste déjà : « Si je me réveille, je suis encore avec toi » (Ps. 139:18).

Mais, secondement, il est absolument nécessaire de manger la « manne » de bonne heure. Aucun d’entre nous ne sait ce que la journée qui s’ouvre apportera d’épreuves et de dangers. Or il s’en présentera certainement. Comment pourrions-nous commencer notre journée sans avoir été en contact avec le Seigneur Jésus et avoir été fortifiés par lui quant à notre homme intérieur ? Sous la chaleur du jour, comment voulons-nous trouver la force de discerner et de faire la volonté de Dieu dans la situation du moment ? Devons-nous nous étonner de nos fréquentes défaillances, si nous avons négligé de nous occuper de Christ — ne serait-ce même que pendant un court instant ?

Le Seigneur exauce certes les prières instantes qui s’élèvent à lui lors des luttes de la journée ; l’auteur de ces lignes l’a souvent expérimenté. Mais avoir commencé sa journée avec Christ, dans un certain recueillement, demeure quelque chose de précieux et de pratiquement indispensable.

Ne nous laissons donc pas encore ravir par Satan les premières minutes matinales ! Il mettra tout en œuvre pour nous en priver peu à peu complètement. Car il sait souvent mieux que nous combien elles sont importantes pour surmonter les dangers et les difficultés de la journée.

 

4.10                   Un sabbat consacré de repos — Exode 16:22-31

Le devoir des Israélites de recueillir chaque jour de bonne heure la manne ne connaissait qu’une exception. Le sabbat, ils devaient rester dans leurs tentes. Mais le sixième jour, Dieu leur donnait une double quantité, sans que ce qui était gardé pour le sabbat ne devienne puant.

 

« Et il arriva que, le sixième jour, ils recueillirent du pain au double, deux omers pour chacun ; et tous les principaux de l’assemblée vinrent et le rapportèrent à Moïse. Et il leur dit : C’est ici ce que l’Éternel a dit : Demain est le repos, le sabbat consacré à l’Éternel ; faites cuire ce que vous avez à cuire, et faites bouillir ce que vous avez à faire bouillir, et tout le surplus serrez-le pour vous, pour le garder jusqu’au matin. Et ils le serrèrent jusqu’au matin, comme Moïse l’avait commandé ; et cela ne pua point, et il n’y eut point de vers dedans » (v. 22-24).

 

Il est très remarquable qu’en relation avec les instructions concernant la manne, Dieu introduise pour la première fois le sabbat comme institution que l’homme devait observer. Dans le récit de la création, nous lisons : « Et Dieu eut achevé au septième jour son œuvre qu’il fit... Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia ; car en ce jour il se reposa de toute son œuvre que Dieu créa en la faisant » (Gen. 2:2, 3) ; après cela, il n’est plus rien dit du sabbat, ni au temps des patriarches ni pendant les siècles que le peuple d’Israël passa en Égypte. Mais maintenant que Dieu donnait la manne aux fils d’Israël pour le pèlerinage dans le désert, il introduit immédiatement le sabbat. Avec Son aide, nous allons essayer d’en découvrir la raison.

Les deux citations de la Genèse et de l’Exode qui précèdent montrent sans équivoque que le sabbat ne désigne pas notre dimanche, mais le septième jour de la semaine. Le dimanche est le premier jour de la semaine, la « journée dominicale » (ou du Seigneur) (Apoc. 1:10). Et parce qu’il s’agit du jour de la résurrection de notre Seigneur, il symbolise en quelque sorte le christianisme et est caractéristique de la nouvelle création de Dieu (2 Cor. 5:17 ; Col. 1:18 ; Apoc. 3:14). Le sabbat a une autre signification. En contraste avec le premier jour de la semaine, il ne marque pas le commencement d’une chose nouvelle, mais indique la fin de quelque chose, en l’occurrence de l’œuvre de Dieu. Dieu s’est reposé au septième jour de toute son œuvre de création. Ainsi, le sabbat est une image du repos, du repos éternel de Dieu, mais une image du repos à la suite du travail.

En figure, nous voyons ici un peuple racheté, auquel Dieu donne le pain du ciel pour le voyage jusqu’au pays promis. Mais en même temps, il lui donne aussi le sabbat (remarquons l’expression au verset 29 : « Voyez que l’Éternel vous a donné le sabbat... »). Le sabbat était un don de Dieu au même titre que le pain du ciel. Le désir du cœur de Dieu était de faire participer son peuple racheté à son propre repos. Grâce merveilleuse : Par le fait qu’ils devaient recueillir le double le sixième jour et se reposer le septième jour (comp. v. 30 : « Et le peuple se reposa le septième jour »), il leur rappelle que le pèlerinage aurait une fin et qu’ils entreraient une fois dans son repos ! Ils n’auraient alors plus besoin de sortir dans le désert pour recueillir la manne. Les expériences du désert seraient terminées pour toujours.

Mais avant de considérer ce que cela signifie pratiquement pour nous, relevons encore un point : Le repos de Dieu dont il est question en Genèse 2 a été brusquement interrompu par l’entrée du péché dans le monde. Dieu voulait introduire l’homme dans son repos, mais l’homme n’en a pas voulu et a désobéi aux commandements divins. Nous trouvons la même chose dans le récit d’Exode 16 qui nous occupe :

 

« Et il arriva, le septième jour, que quelques-uns du peuple sortirent pour en recueillir, et ils n’en trouvèrent point. Et l’Éternel dit à Moïse : Jusques à quand refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois ? » (v. 27, 28).

 

Le péché de l’homme a violé le repos de Dieu, il l’a interrompu. En effet, comment Dieu pourrait-il se reposer, quand le péché est entré dans le monde qu’il a créé « bon » ? Malgré le péché, il n’a pas renoncé et ne renonce pas à son plan d’introduire l’homme dans son propre repos. Sans se laisser arrêter, il poursuit le dessein de son cœur. Aussi a-t-il envoyé au temps convenable dans le monde Celui dont parlait la manne — son Fils unique. Comme le pain qui descend du ciel, il donnerait la vie au monde (Jean 6:33).

À cet égard, il est remarquable que dans les évangiles, chaque fois que le Seigneur Jésus est mentionné en relation avec le sabbat, il l’a violé. Du moins, c’est ainsi que les hommes qualifiaient son comportement. Un de ces jours de sabbat, après avoir guéri un malade, le Seigneur répondit aux Juifs indignés : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5:17). Tel est le véritable motif pour lequel le Sauveur guérissait souvent des malades précisément le jour du sabbat. Il indiquait par là que le sabbat du repos de Dieu a été violé par le péché de l’homme et que, par conséquent, afin d’assurer néanmoins ce repos à l’homme pécheur, une œuvre était nécessaire — 1’œuvre de la rédemption.

Dans le Nouveau Testament, nous trouvons la pensée du repos de Dieu dans les chapitres 3 et 4 de l’épître aux Hébreux. Lorsqu’il y est dit : « Car nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (Héb. 4:3), i1 s’agit du repos éternel de Dieu, encore futur, et non pas du repos de la conscience dont le Seigneur Jésus parle en Matthieu 11:28. Ce repos de Dieu n’est donc pas encore atteint, mais maintenant déjà il appartient aux croyants. Ils y entrent par la foi, ils sont convaincus qu’il sera aussi leur part un jour. Au chapitre 4 des Hébreux, l’expression du verset 9 : « Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu » montre clairement qu’il s’agit là de cet aspect futur du repos de Dieu. Il ressort également de ce passage qu’Israël, à cause de son incrédulité, n’a pas pu entrer dans ce repos.

En mettant en parallèle une fois encore ce que nous trouvons en Exode 16 et en Hébreux 4 concernant le repos sabbatique, nous discernons la ligne merveilleuse de la grâce de Dieu et celle de ses voies envers nous. Aujourd’hui, nous sommes encore dans le « désert », mais Dieu nous fortifie par la vraie « manne » et affermit par elle notre foi au milieu de circonstances difficiles. En même temps, il dirige nos regards vers le repos qui reste, dont nous jouirons pour toujours avec lui quand toutes les difficultés et les luttes, les peines et le travail auront pris fin. Christ en est le garant.

Le règne millénaire apportera dans une certaine mesure ce repos au peuple d’Israël, et toute la terre jouira du repos et de la paix sous la domination de Christ. Mais, au sens propre, le repos sabbatique de Dieu ne sera atteint que dans 1’état éternel (Apoc. 21:1-8), quand Dieu sera tout en tous (1 Cor. 15:28). Ce sera un repos définitif pour Dieu et tous les rachetés de tous les temps — un repos que plus rien ne pourra troubler. Dieu se reposera en ce qui réjouit son cœur et tous ceux qui ont été achetés pour Dieu par le sang de l’Agneau auront part à ce repos éternel.

Le fait que, dans la prévoyance de Dieu en vue du septième jour, les fils d’Israël recueillaient une double quantité la veille, signifie-t-il pour nous que nous jouirons de Christ comme la « manne » dans l’éternité aussi ? Considérons cette question en relation avec le dernier paragraphe de ce chapitre.

 

4.11                   La manne dans la cruche — Exode 16:32-34

« Et Moïse dit : Voici la parole que l’Éternel a commandée : Qu’on en remplisse un omer pour le garder pour vos générations, afin qu’elles voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, lorsque je vous ai fait sortir du pays d’Égypte. Et Moïse dit à Aaron : Prends une cruche, et mets-y plein un omer de manne, et pose-la devant l’Éternel, pour la garder pour vos générations. Comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse, Aaron la posa devant le témoignage pour être gardée » (v. 32-34).

 

Si nous nous souvenons que le sabbat parle en image du repos sabbatique éternel de Dieu et de celui de son peuple, ces versets nous enseignent que nous serons occupés de Christ comme la « manne » dans l’éternité aussi. Il est clair que nous ne devrons alors plus « recueillir » péniblement la « manne », mais nous n’aurons pas oublié les expériences faites avec lui pendant notre pèlerinage. Au contraire, là-haut seulement nous pourrons comprendre dans toute sa plénitude la grâce dont nous avons été les objets sur la terre, et cela tournera à la gloire éternelle de Dieu.

Il existera donc, dans une certaine mesure, une relation entre ce que nous avons vécu avec Christ sur la terre, et ce dont nous pourrons jouir de lui comme la « manne » au ciel. Ce qui était recueilli le sixième jour constituait en partie la nourriture du septième jour. Cette seule pensée ne devrait-elle pas nous stimuler à « recueillir » ici-bas déjà autant que possible de Christ, non pas seulement un omer, mais deux ? Lorsque le moment du repos éternel sera arrivé pour nous, nous retrouverons là-haut ce que nous aurons acquis de Christ ici-bas. Cela nous réjouira et nous rafraîchira durant toute l’éternité.

Mais une autre pensée semble encore se rattacher à la manne conservée dans la cruche. La promesse du Seigneur au vainqueur à Pergame fait manifestement allusion à celle-ci. « À celui qui vaincra, je lui donnerai de la manne cachée » (Apoc. 2:17). Que faut-il entendre par « la manne cachée » ?

Par le verset 4 de Hébreux 9, nous apprenons que dans l’arche de l’alliance, en plus de la verge d’Aaron et des deux tables de la loi, il y avait « la cruche d’or qui renfermait la manne ». Elle est même mentionnée en premier. Or depuis le pèlerinage d’Israël dans le désert, cette cruche avec la manne était restée cachée aux yeux du peuple de Dieu pendant des siècles. Elle se trouvait dans l’arche, et nous savons que personne n’osait soulever le propitiatoire qui fermait l’arche. Ainsi Dieu seul voyait la manne dans l’arche. Les hommes n’y avaient pas accès : elle demeurait cachée à leurs regards.

Il en était de même lorsque le Seigneur Jésus marchait ici-bas comme l’homme humble et obéissant. Seul l’œil du Père pouvait discerner toutes les perfections de la vie de Jésus, et seul Dieu pouvait les apprécier parfaitement. Qui d’entre nous est capable de percevoir ou de comprendre, même quelque peu, tous les détails de la vie du Seigneur rapportés dans les quatre évangiles ? Et n’est-il pas remarquable que Jean termine celui qu’il a rédigé par ces paroles : « Et il y a aussi plusieurs autres choses que Jésus a faites, lesquelles, si elles étaient écrites une à une, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qui seraient écrits ».

L’écrivain enthousiasmé se serait-il laissé emporter par son élan poétique ? Absolument pas ! Nous apprenons au contraire que, selon la sagesse de Dieu, seule une petite partie de ce que le Seigneur Jésus a fait sur la terre nous a été communiquée. Nous ne parvenons déjà pas aujourd’hui à épuiser et à sonder ce qui nous a été rapporté ! Mais que sera-ce, bien-aimés, quand dans la gloire du ciel et en communion avec le Père nous pourrons contempler ce que Lui a toujours vu et apprécié : les perfections infinies de la vie de son Fils ici-bas !

 

5                    Contestation et combats — Exode 17

En Exode 16, les cailles et la manne ont été la manifestation pleine de grâce de la sollicitude de Dieu pour répondre aux besoins de son peuple pendant la période de son pèlerinage ; nous voyons ensuite, au chapitre 17, le peuple poursuivre sa marche. De nouvelles difficultés et épreuves surgissent. Pourtant, il est remarquable que l’avant-dernier verset du chapitre 16, nous amène pratiquement à la fin des quarante ans de la traversée du désert :

 

« Et les fils d’Israël mangèrent la manne quarante ans, jusqu’à ce qu’ils entrèrent dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu’à leur arrivée à la frontière du pays de Canaan » (Ex. 16:35).

 

La manne, ce « pain des cieux », ce « blé des cieux » (Ps. 105:40 ; 78:24), était si excellente qu’elle a parfaitement suffi à la conservation du peuple pendant la longue période de quarante ans. « Et tu leur donnas ton bon Esprit pour les rendre intelligents, et tu ne refusas pas ta manne à leur bouche, et tu leur donnas de l’eau pour leur soif. Et tu les entretins quarante ans dans le désert : ils ne manquèrent de rien ; leurs vêtements ne s’usèrent point, et leurs pieds n’enflèrent point » (Néh. 9:20, 21).

Le chapitre 17 de l’Exode nous ramène aux premiers jours et semaines du pèlerinage. Le Saint Esprit place deux sujets devant nos cœurs dans ce passage : la contestation des fils d’Israël à Rephidim et leur combat contre Amalek. Ces deux épisodes ont beaucoup à nous apprendre pour notre marche dans ce monde.

 

5.1   Tenter Dieu — Exode 17:1-3

Avant d’arriver à Rephidim, les Israélites avaient campé à Dophka et à Alush (Nomb. 33:12, 13). Mais au commandement de l’Éternel, ils étaient partis du désert de Sin.

 

Et ils campèrent à Rephidim ; et il n’y avait point d’eau à boire pour le peuple. Et le peuple contesta avec Moïse, et ils dirent : Donnez-nous de l’eau pour que nous buvions. Et Moïse leur dit : Pourquoi contestez-vous avec moi ? Pourquoi tentez-vous l’Éternel ? Et là, le peuple eut soif d’eau ; et le peuple murmura contre Moïse, et dit : Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte, pour nous faire mourir de soif, moi, et mes enfants, et mon bétail ? » (v. 1-3).

 

De nouveau le peuple murmure. « Génération ingrate, têtue ! » est-on tenté de dire. Mais ne voyons-nous pas notre propre image dans le comportement incrédule des fils d’Israël ? N’avons-nous pas bien souvent fait, comme eux, l’expérience des soins miséricordieux de notre Dieu ? Ne nous a-t-il pas aussi prouvé à de nombreuses reprises sa fidélité et son amour, et réconfortés par la « manne » céleste ? Au milieu des expériences humiliantes du « désert », notre Dieu plein d’amour ne nous a-t-il pas déjà maintes fois rafraîchis et réjouis par les fleuves débordants de sa grâce ? N’avions-nous pas appris à chanter et à dire : « L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien » ? En tout cas, nous l’avions cru.

Mais ensuite, Dieu a permis une nouvelle mise à l’épreuve. Une circonstance imprévue a surgi, qui a exercé notre foi d’une manière semblable ou nouvelle. Et quel a été le résultat ? Lui avons-nous fait confiance, sachant qu’il ferait encore toute chose bien ? Ou le vieux cœur d’incrédulité avec tous ses doutes concernant la bonté de Dieu s’est-il immédiatement manifesté ? Dieu sait, chers amis, et nous savons, ce qui est souvent arrivé : nous nous sommes conduits exactement comme le peuple d’Israël autrefois.

Dieu avait en fait donné à ce peuple toutes les raisons de lui faire confiance. Avec une puissance et une grâce merveilleuses, il les avait délivrés de la servitude d’Égypte et les avait amenés « à lui » (Ex. 19:4). Et n’avaient-ils pas expérimenté, tant dans le désert de Shur (chap. 15) que dans celui de Sin (chap. 16), la grâce avec laquelle l’Éternel avait répondu à leurs besoins et leur avait donné de l’eau, de la chair et du pain en abondance ? Et maintenant qu’ils partaient du désert de Sin, et qu’à Rephidim ils ne trouvaient de nouveau pas d’eau à boire pour le peuple — que se passa-t-il ? Est-ce que tout ce que Dieu avait fait pour eux était oublié ? Une prière est-elle montée sur leurs lèvres pour demander à leur Rédempteur du secours dans leur détresse ? Ah ! non, ils contestèrent plutôt avec Moïse et tentèrent l’Éternel. Si nous ne connaissions pas nos propres cœurs trompeurs, la conduite des fils d’Israël nous ferait branler la tête.

Nous avons déjà relevé, au chapitre 16 (v. 7, 8), que les murmures des Israélites contre Moïse s’adressaient en fait à Dieu lui-même. Aussi Moïse dit-il ici au peuple : « Pourquoi contestez-vous avec moi ? Pourquoi tentez-vous l’Éternel ? » Puisque Dieu leur avait donné ce conducteur, contester avec lui signifiait tenter l’Éternel.

Combien il est nécessaire que nous nous en souvenions ! Nous parlons souvent avec tant de légèreté contre les serviteurs du Seigneur, qu’il nous a donnés pour notre bénédiction (Éph. 4:11-13). Sommes-nous conscients, que nous nous en prenons alors directement à Lui ? La plupart du temps, nous ne connaissons pas les faits et leur contexte, ni si ce que nous entendons est véridique. Malgré cela nous osons porter un jugement sur l’un ou l’autre des serviteurs du Seigneur. Ils sont évidemment eux aussi loin d’être infaillibles et peuvent même tomber dans maints excès, même dans de graves péchés. Mais gardons-nous de transformer en généralité un cas particulier, inhabituel et rare ! Cela manifesterait une mauvaise disposition de notre part.

Revenons-en aux murmures des fils d’Israël contre Dieu : La méfiance à l’égard de Dieu représente un véritable péché. Il ne s’agit pas seulement d’une sorte de « faute légère » dans laquelle nous pourrions bien tomber aussi une fois. Nous réalisons tous certainement trop peu la gravité du péché que nous commettons quand nous témoignons de la méfiance envers notre Dieu et Père, quand nous nous demandons s’il nous aidera dans nos difficultés et satisfera nos besoins dans le chemin au travers de ce monde. Par la rédemption, il nous a introduits dans ce « désert » et il s’est chargé de nous y conduire. Et même si nous, ses enfants, devions suivre un chemin de volonté propre, il ne nous abandonnera pas. Il nous disciplinera certainement, mais il ne nous laissera pas ni ne nous abandonnera. Se demander avec doute s’il est « pour nous » ou non signifie le tenter, et c’est un péché.

Lorsque le Seigneur Jésus fut tenté par le diable dans le désert, le tentateur voulut l’amener à s’exposer à un risque, pour voir si Dieu était vraiment aussi bon qu’il disait 1’être. « Mets donc une fois sa parole à l’épreuve, et jette-toi du faîte du temple en bas pour vérifier s’il tiendra aussi sa promesse dans un tel cas ! » Si le Seigneur l’avait écouté — ce qui était impossible —, la véracité et la bonté de Dieu auraient été mises en doute. Aussi répond-il également par un « Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » (Matt. 4:7). N’ayons jamais la pensée de soumettre en quelque sorte la fidélité de Dieu à un test, pour voir s’il exécute ce qu’il a dit ! Nous le tenterions.

Toutefois, tenter Dieu peut revêtir une autre forme : qu’on n’éprouve pas seulement la véracité de Dieu et celle de sa Parole en général, mais qu’on mette en question cette vérité particulière : est-il encore au milieu de son peuple ou non ? Nous trouvons cela au verset 7, qui termine la première section de notre chapitre :

 

« Et il appela le nom du lieu Massa et Meriba, à cause de la contestation des fils d’Israël, et parce qu’ils avaient tenté l’Éternel, en disant : L’Éternel est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ? » (v. 7).

 

Le péché particulier des fils d’Israël a été de prendre ce nouveau manque d’eau comme prétexte pour demander si Dieu était vraiment encore au milieu d’eux. Leur effronterie avait ceci d’effroyable, qu’ils mettaient purement et simplement en doute la présence de Dieu au milieu d’eux. « L’Éternel est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ? »

Paroles téméraires ! Depuis leur sortie d’Égypte, Dieu ne les avait-il pas conduits d’une main sûre à travers le désert, le jour par une colonne de nuée et la nuit par une colonne de feu ? Les aurait-il abandonnés maintenant ? Mais leurs paroles obstinées correspondaient d’une manière humiliante à leur conduite. Car s’ils avaient retenu par la foi la vérité que Dieu demeurait au milieu d’eux, ils ne se seraient jamais laissé entraîner à de tels murmures et contestations contre lui.

Nous est-il difficile de reconnaître dans l’attitude inconvenante des fils d’Israël la racine de nombreuses, sinon de toutes les défaillances qui surgissent parmi le peuple de Dieu aujourd’hui ? Sommes-nous par exemple vraiment encore pleinement persuadés que le Seigneur Jésus est au milieu de ceux qui sont assemblés à son nom (Matt. 18:20) ? Nous ne voulons pas examiner ici la condition nécessaire pour être assemblés à son nom. Nous l’avons fait en détail ailleurs. Mais quand nous professons 1’être, demandons-nous si nous sommes encore convaincus de la présence personnelle du Seigneur Jésus dans nos réunions. Si par infidélité et incrédulité nous n’avons plus cette conviction, nous avons perdu l’essentiel : le vrai centre. La porte est alors grande ouverte à toute forme de désordre, de péché même.

Dans l’histoire du début de l’Église, lorsque pour la première fois du péché s’est manifesté dans l’Assemblée de Dieu (Actes 5), Ananias et Sapphira avaient aussi perdu la conscience de la présence de Dieu dans le rassemblement. Ils avaient mis de côté une partie du produit de la vente et n’avaient déposé que l’autre aux pieds des apôtres, laissant entendre qu’il s’agissait de la somme complète. C’était une tromperie. Mais ils avaient menti non pas aux apôtres, ni aux croyants, mais au Saint Esprit et, donc, à Dieu. Voilà ce qui rend leur péché si grave. Ils avaient complètement oublié que Dieu était venu sur la terre dans la personne du Saint Esprit et qu’il habitait maintenant ici-bas dans sa maison. Ananias n’a pas tenu compte de sa sainte présence dans l’assemblée. En règle générale, l’origine de tous nos manquements réside dans le fait que nous ne percevons plus ce que Dieu a établi dans sa grâce comme des réalités. Les mettre en doute ou simplement les perdre peu à peu de vue, parce que pour nous d’autres choses sont plus importantes, nous place sur un chemin qui ne peut que descendre. Aussi permettez-moi de formuler ma question différemment : Croyons-nous vraiment que Dieu habite dans son Assemblée (1 Cor. 3:9, 16), et aussi dans le corps de chaque croyant individuellement (1 Cor. 6:17-19) ? Des changements profonds ne se produiraient-ils pas dans notre comportement, si nous étions véritablement convaincus de ces réalités ?

Ananias et Sapphira avaient tenté l’Esprit du Seigneur (Actes 5:9) ; ils avaient éprouvé Dieu pour voir jusqu’où ils pouvaient aller ; ils avaient en quelque sorte mis Dieu au défi : « L’Éternel est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ? » Un tel non-respect, une telle mise en question de la présence de Dieu dans son Assemblée caractérisent aussi notre époque d’une manière alarmante.

Toutefois, nous ne voulons pas terminer cette partie concernant le fait de tenter Dieu sans avoir encore une fois attiré l’attention sur la patience et la bonté merveilleuses de Dieu. Cela nous amène d’ailleurs au passage qui suit.

Lorsque les Lévites évoquent les jours passés, dans la prière qu’ils adressent à leur Dieu au temps de Néhémie (Néh. 9), ils rappellent eux aussi un épisode particulièrement sombre de l’histoire du peuple rebelle. Ils louent le « Dieu de pardons » et reconnaissent : « Mais toi, tu es un Dieu de pardons, faisant grâce, et miséricordieux, lent à la colère, et grand en bonté, et tu ne les as point abandonnés. Même quand ils se firent un veau de fonte, et dirent : C’est ici ton dieu qui t’a fait monter d’Égypte, — et qu’ils te firent de grands outrages, toi, dans tes grandes compassions, tu ne les abandonnas point dans le désert » (v. 17-19).

Retenons fermement par la foi, bien-aimés, que Dieu ne nous abandonnera jamais pendant la traversée du désert, quelles que soient les difficultés par lesquelles il nous fait passer !

 

5.2   Le rocher frappé — Exode 17:4-6

« Et Moïse cria à l’Éternel, disant : Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront. Et l’Éternel dit à Moïse : passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d’Israël ; et prends dans ta main ta verge avec laquelle tu as frappé le fleuve, et va. Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d’Israël » (Ex. 17:4-6).

 

Malgré la contestation du peuple contre lui, Dieu, dans sa grâce, indique à Moïse un moyen par lequel les fils d’Israël obtiendraient l’eau dont ils avaient un besoin si pressant. Quelle bonté admirable ! Nous n’entendons pas la moindre parole d’indignation de sa part à l’égard du peuple obstiné. Toute sa manière d’agir porte l’empreinte d’une grâce parfaite. Souvenons-nous que le peuple n’était alors pas encore sous la loi du Sinaï, mais que le principe de la grâce de Dieu caractérisait cette première étape de la traversée du désert. Plus les Israélites murmuraient, plus Dieu manifestait richement les merveilles de sa grâce. « Là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5:20).

 

5.2.1       La verge de Moïse

Moïse devait prendre sa verge avec laquelle il avait frappé le fleuve d’Égypte et en frapper maintenant le rocher. La verge de Moïse parle de la puissance de Dieu, exercée en jugement. En cela elle se distingue clairement de la verge d’Aaron, qui avait bourgeonné, poussé des boutons et produit des fruits (Nomb. 17:8). Cette verge-là est un symbole de la grâce de Dieu par le moyen de la sacrificature — la grâce sacerdotale donc.

Cela nous amène à une brève comparaison entre notre passage en Exode 17 et ce qui nous est rapporté en Nombres 20. À première vue, les deux cas se ressemblent à tel point que des commentateurs bibliques sont partis de l’idée qu’il s’agissait du même fait, mais que chacun des récits comportait une série d’erreurs et de divergences.

En réalité cependant, les quelque quarante ans de la traversée du désert séparent ces deux événements. Et tandis qu’en Exode 17 l’homme de Dieu était appelé à frapper le rocher avec sa verge, en Nombres 20, il devait, sur le commandement de l’Éternel, prendre « la verge », à savoir la verge d’Aaron, de devant l’Éternel et parler au rocher. Moïse frappa alors le rocher deux fois, et avec sa verge, attirant une sévère discipline de Dieu sur lui et sur Aaron : I1 ne leur fut pas accordé, ni à l’un ni à l’autre, d’introduire le peuple dans le pays. À plusieurs reprises, Moïse supplia l’Éternel de le faire quand même entrer en Canaan et voir le bon pays.

« Et l’Éternel fut irrité contre moi à cause de vous, et il ne m’écouta point ; et l’Éternel me dit : C’est assez, ne me parle plus de cette affaire » (Deut. 3:25, 26). Moïse mourut dans le pays de Moab, bien que son œil n’ait pas été affaibli et que sa vigueur ne s’en soit pas allée, comme le rapporte l’Écriture ; c’est là que l’Éternel l’enterra, parce que « vous ne m’avez pas sanctifié au milieu des fils d’Israël » (Deut. 32:48-52).

Il nous est peut-être difficile de comprendre la sévérité de Dieu envers Moïse. Mais il faut en chercher la raison dans le fait que, par son action, cet éminent homme de Dieu a entaché un type précieux, fondamental du Seigneur Jésus. Nous allons tout de suite le comprendre encore mieux.

 

5.2.2       Et le rocher était le Christ

En 1 Corinthiens 10, il est clairement indiqué que le « rocher » est une image du Seigneur Jésus : « Car ils buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ » (v. 4).

Si nous gardons cela à l’esprit, quelle émotion éveille alors en nous la déclaration d’Exode 17:6 : « Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher » ! Dieu lui-même se tenait sur le rocher qui était frappé à son commandement ! Cela ne nous rappelle-t-il pas que « Dieu était en Christ », et que « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous » (2 Cor. 5:19, 21) ?

Avant que l’eau puisse sortir du rocher pour le peuple, le rocher devait être frappé. Pour nous, cela signifie : Avant que Dieu puisse nous accorder la vie divine, nous donner le Saint Esprit, il a dû faire tomber le jugement sur Christ, il a dû le traiter comme le méritait le péché à ses yeux.

Mystère insondable ! Qui peut saisir, même dans une très faible mesure, ce que cela a signifié pour Dieu de livrer à la mort pour nous son Fils unique, Celui qui l’avait glorifié sur la terre dans chaque trait de son Être ? Et qui peut comprendre ce que cela a été pour notre Seigneur et Sauveur d’être abandonné de Dieu — à cause de notre péché ? La communion avec son Dieu était d’une valeur inestimable pour Lui. La perte de cette communion pendant les trois heures de ténèbres a dû dès lors représenter pour lui une douleur indicible. Le cri déchirant qui a percé l’obscurité de la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ne nous fait que très vaguement pressentir la souffrance qui a rempli son âme.

Oui, le rocher frappé est le Christ crucifié. À la croix, il a fait l’expiation, là il a été « la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » (1 Jean 2:2). Parce que les exigences d’un Dieu juste et saint à l’égard du péché ont été parfaitement satisfaites par l’œuvre de son Fils, Dieu peut maintenant adresser à tous les pécheurs dans le monde cet appel : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22:17).

Mais à côté de l’aspect de la propitiation, nous avons encore celui de la substitution. La propitiation a été faite pour le monde entier ; mais le Seigneur Jésus est mort comme substitut de ceux seuls qui croiraient en lui et en son œuvre. Il a été fait péché par Dieu « pour nous » ; il a porté « nos péchés » en son corps sur le bois (1 Pierre 2:24). En relation avec les péchés qu’il a portés, il ne s’agit pas des péchés de tous, mais des péchés de plusieurs (Héb. 9:28 ; És. 53:12). Si grands et puissants que soient les résultats de l’œuvre de Christ, il n’y aura jamais de réconciliation de tous les hommes (de réconciliation universelle).

Nous comprenons maintenant que le rocher ne devait être frappé qu’une fois avec la verge du jugement et que, la seconde fois, Moïse aurait dû prendre la verge d’Aaron et parler au rocher. L’œuvre de Christ est accomplie (Jean 17:4 ; 19:30), elle ne peut pas être répétée et rien ne peut lui être ajouté (Héb. 9:25, 26 ; 10:14). Quel bonheur pour nous de savoir que par sa seule offrande, il nous a rendus « parfaits à perpétuité » ! Notre Dieu et Père, qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous (Rom. 8:32) n’est-il pas digne de toute reconnaissance et adoration ? Et nos cœurs ne devraient-ils pas brûler de zèle pour Celui « qui nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous » (Éph. 5:2) ? En fait, nous ne pourrons jamais être occupés assez souvent ni trop intensément de la croix de Christ et de Celui qui y a été cloué ! Rien n’attire davantage nos affections pour lui.

Mais nous comprenons maintenant aussi pourquoi le rocher devait être frappé avant que de l’eau puisse jaillir pour le peuple. La question du péché devait d’abord être réglée. En effet, arrêtons-nous un peu ici : Même dans la figure employée, le péché du peuple a été la cause pour laquelle le rocher a dû être frappé. Mais maintenant que, pour les croyants, le chemin, l’accès à Dieu est ouvert « par le sang de Jésus » (Héb. 10:19-22), Dieu peut laisser son amour et sa grâce se répandre librement. Et le don le plus grand qu’il peut faire après celui de son Fils, est le don du Saint Esprit comme puissance de la vie éternelle. L’eau jaillissant du rocher frappé en est bien une image appropriée.

Ainsi, les chapitres 16 et 17 de l’Exode sont liés comme le sont les chapitres 6 et 7 de l’évangile selon Jean. Exode 16 correspond à Jean 6 et Exode 17, à Jean 7. Exode 16 parle de la manne, et Jean 6 montre le Seigneur comme le pain de vie. Et l’eau d’Exode 17 correspond à ce que le Seigneur Jésus dit du Saint Esprit en Jean 7.

Déjà en Jean 4, au puits de Sichar, le Seigneur avait dit à la femme samaritaine : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (v. 13, 14). Au chapitre 7, il reprend cette image et dit : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (v. 37, 38). Le commentaire inspiré est donné dans le verset qui suit : « Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (v. 39).

Avant que le don du Saint Esprit puisse être fait, Christ devait non seulement mourir, mais encore être glorifié. L’effusion du Saint Esprit le jour de la Pentecôte (Actes 2) est en effet le sceau établissant que l’œuvre de la rédemption est accomplie. Aussi le baptême du Saint Esprit (Actes 1:5) ne pouvait-il pas avoir lieu avant que le Seigneur Jésus soit sorti victorieux de la mort et qu’il ait été élevé dans la gloire du ciel. Mentionnons ici en passant, bien qu’il s’agisse d’une vérité fondamentale de la doctrine du Nouveau Testament, que par ce baptême du Saint Esprit le corps de Christ a été constitué : « Nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Cor. 12:13).

Si ce baptême a eu lieu une seule fois à la Pentecôte, il n’en demeure pas moins que chaque croyant qui, aujourd’hui, dans la période de la grâce, s’appuie sur l’œuvre rédemptrice de Christ, reçoit personnellement le Saint Esprit. « Et, parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba, Père » (Gal. 4:6). Cette « réception » du Saint Esprit dont le Seigneur Jésus a parlé en Jean 7, n’est jamais appelée « baptême du Saint Esprit » dans les Écritures ; il est parlé du « sceau », des « arrhes », et de « l’onction » (2 Cor. 1:21, 22 ; Éph. 1:13, 14 ; 4:30 ; 1 Jean 2:20).

Posséder l’Esprit de Dieu habitant en nous (Jean 14:16, 17 ; 1 Cor. 6:19) est une bénédiction d’une portée et d’une valeur inestimables. En relation avec la « fontaine d’eau », il suffira ici de relever un point : Bien qu’au sens le plus élevé le Saint Esprit soit une personne, il est la puissance qui opère dans la vie éternelle que le croyant possède. Et par cette puissance, le croyant n’est pas seulement lui-même rafraîchi et fortifié, mais l’opération de l’Esprit en lui déborde aussi vers l’extérieur en bénédiction à d’autres et pour la gloire de Dieu, qui est la source de tout. Que le Seigneur nous aide à ne pas attrister le Saint Esprit (Éph. 4:30) et à ne pas l’empêcher d’agir afin qu’aujourd’hui encore des fleuves d’eau vive coulent !

 

5.3   Le combat contre Amalek — Exode 17:8-10

En relation avec les murmures des fils d’Israël dans le désert, trois types importants nous sont donnés en Exode 16 et 17. La manne parle de Christ devenu chair ; le rocher frappé dirige nos regards sur Christ crucifié ; et dans l’eau qui jaillit du rocher frappé, nous voyons le Saint Esprit. On ne peut pas inverser l’ordre de ces trois types sans détruire l’image tout entière.

Effectivement, la précision avec laquelle les types de l’Ancien Testament présentent déjà souvent des vérités chrétiennes du Nouveau Testament est frappante. Même l’ordre des événements n’est la plupart du temps pas sans importance. Une telle impression est encore renforcée quand nous en arrivons au second paragraphe d’Exode 17 et y découvrons un quatrième élément : À Rephidim, après avoir bu l’eau vive, le peuple de Dieu se trouve immédiatement engagé dans le combat contre les ennemis.

 

« Et Amalek vint, et combattit contre Israël, à Rephidim. Et Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Et Josué fit comme Moïse lui avait dit, pour combattre contre Amalek ; et Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline » (Ex. 17:8-10).

 

Lorsque Dieu donna la manne à son peuple terrestre, le sabbat fut introduit : Christ amène l’âme au repos, il conduit son peuple au repos éternel de Dieu. Mais après avoir bu « le breuvage spirituel » et avoir ainsi été fortifié, le peuple se trouve, comme conséquence immédiate, engagé dans le combat contre l’ennemi.

Eh bien, c’est précisément ce que nous avons à apprendre ici, mais que nous avons parfois de la peine à réaliser. Comme rachetés, lorsque nous avons été délivrés de la servitude de Satan et nous trouvons dès lors du côté de Christ, nous nous trouvons immédiatement engagés dans le combat. Il se peut que nous nous y soyons aussi peu attendus que les fils d’Israël autrefois y étaient préparés. Lorsqu’ils avaient été délivrés de la puissance du Pharaon par le bras fort de l’Éternel et avaient traversé la mer Rouge, ils ont pu penser qu’ils allaient entrer tout de suite dans le pays promis et jouir de son lait et de son miel (comp. Ex. 3:8). Mais au lieu de cela, ils se sont retrouvés dans le désert et confrontés, après avoir été fortifiés par la manne et l’eau du rocher, à un ennemi puissant — Amalek et son peuple. Certes, Dieu les avait amenés à lui ; il leur dit en effet un peu plus tard : « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi » (Ex. 19:4). Combien ce « à moi » est précieux ! Et cependant, quant à leurs circonstances extérieures et à leurs expériences, ils étaient toujours dans le désert avec toutes ses privations et tous ses dangers.

Pour nous, bien-aimés, il n’en va pas autrement. Nous sommes rachetés par la grâce, nous avons été amenés en fait « à Dieu » ; mais il n’en demeure pas moins que nous nous trouvons aussi dans le désert. Toutefois, à cela s’ajoute quelque chose que nous n’avons pas connu au début. Par la réception du Saint Esprit en vertu de l’œuvre accomplie de Christ, nous n’avons pas seulement été fortifiés et rafraîchis afin de poursuivre notre chemin, mais nous avons aussi été rendus capables de combattre contre l’adversaire de Dieu. Nous ne connaissions pas une telle lutte quand nous étions encore en « Égypte » et sous la puissance de Satan.

Or, il est un point qui nous surprend souvent : Dieu ne nous épargne pas ce combat, le combat chrétien ! Au contraire, il permet à « Amalek » de venir et de nous résister, de sorte que nous nous voyons contraints de nous battre contre lui. Nous entendons, nous aussi, l’ordre de Dieu : « Combats contre Amalek ! » Et il ne s’agit pas là seulement d’expériences personnelles, mais nous le constatons aussi dans l’histoire de l’Assemblée de Dieu. Le combat des premiers chrétiens contre les puissances du mal a commencé peu après le don du Saint Esprit au jour de la Pentecôte et la constitution de l’Assemblée.

Naturellement toute une série de questions surgissent en relation avec notre « combat contre Amalek ». Il convient d’y répondre si nous voulons tirer profit du passage qui est placé devant nous. Quel ennemi « Amalek » représente-t-il pour nous aujourd’hui ? Pourquoi Dieu permet-il ce combat pour son peuple ? En quoi consiste le combat contre « Amalek » et comment est-il mené ? De quelles ressources disposons-nous pour le livrer ? Combien de temps dure-t-il ? Les versets 8 à 10 de notre chapitre 17 nous permettent, me semble-t-il, de trouver la réponse que la parole de Dieu donne à ces questions.

 

5.3.1       Amalek

Plusieurs ont cru devoir discerner en « Amalek » la chair, le péché qui habite en nous. Une telle pensée n’est certes pas à rejeter sans hésitation, comme si la chair n’avait absolument rien à faire avec « Amalek ». Mais elle paraît un peu trop étroite, trop unilatérale. Dans le Nouveau Testament, Dieu ne nous demande pas non plus directement de combattre contre la chair en nous, contre le péché comme nature. Au contraire, nous devons nous tenir nous-mêmes pour « morts au péché » (Rom. 6:11). « Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (Gal. 5:24). En revanche, nous devons « faire mourir » par la puissance de l’Esprit les « actions du corps » (Rom. 8:13). Mais nous ne combattons pas contre le péché en nous. Si toutefois il a porté des fruits et produit des « actions », nous sommes tenus de les condamner sans ménagement devant Dieu dans le jugement de nous-mêmes. Le verset 4 de Hébreux 12, dans lequel nous lisons que les croyants d’entre les Juifs n’avaient « pas encore résisté jusqu’au sang en combattant contre le péché » ne contredit nullement ce qui vient d’être avancé ; en effet, il est question ici d’un combat contre le péché venant de l’extérieur, donc de persécutions, qu’ils enduraient de la part de personnes leur étant opposées, et qui pouvaient aller jusqu’à la mort.

Amalek était un ennemi déclaré des Israélites, il cherchait à arrêter le peuple dans sa progression à travers le désert et, si possible, à l’anéantir. Les autres ennemis d’Israël n’étaient pas moins dangereux, mais leurs méthodes de combat portaient un caractère différent. Les Philistins procédaient avec politique, les Jébusiens se distinguaient par leur bravoure. Au contraire, les Amalékites menaient leur combat d’une manière abjecte. Dieu ne voulait pas que cela tombe dans l’oubli : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek, en chemin, quand vous sortiez d’Égypte : comment il te rencontra dans le chemin, et tomba en queue sur toi, sur tous les faibles qui se traînaient après toi, lorsque tu étais las et harassé, et ne craignit pas Dieu » (Deut. 25:17, 18). « Ainsi dit l’Éternel des armées : J’ai considéré ce qu’Amalek a fait à Israël, comment il se plaça contre lui sur le chemin quand il montait d’Égypte » (1 Sam. 15:2).

Nous trompons-nous en voyant en « Amalek » une image de Satan lui-même et de sa puissance, par laquelle il cherche à arrêter aujourd’hui le peuple de Dieu dans son chemin au travers du désert et à lui faire du tort ? Certes, il ne peut pas nous replacer dans la servitude en « Égypte », sous sa puissance, mais il peut nous frapper et nous blesser de manière sensible. À cet effet, il se sert de tous les moyens possibles, du monde autour de nous et en particulier de la chair en nous, sa fidèle alliée « derrière les fortifications ». Combien les ruses d’« Amalek » sont redoutables ! Il nous attaque précisément lorsque nous sommes faibles, las et harassés ; il nous éprouvera justement quand, comme Israël à Rephidim, nous avons péché et sommes ainsi d’autant plus vulnérables ! Chers amis, soyons-en conscients : En cédant à nos convoitises charnelles, au lieu de porter sur elles l’arrêt de mort de Dieu, nous ne combattons pas contre « Amalek », mais nous nous livrons à lui. Satan cherchera toujours à introduire des principes charnels, mondains, dans notre vie. De cette manière, il nous affaiblit et nous empêche de faire des progrès dans le chemin de la foi.

Résumons brièvement ce qui vient d’être dit : Le combat propre du chrétien n’est pas dirigé contre la chair, mais contre Satan qui se sert de la chair. Nous ne sommes capables de combattre « Amalek » par la puissance de l’Esprit habitant en nous que quand nous réalisons notre mort avec Christ au péché. Soulignons encore que nous ne combattons pas non plus contre nos semblables ou même contre des frères. Satan peut évidemment utiliser comme instruments des hommes ou des frères (Matt. 16:23), mais nous ne combattons pas contre eux.

 

5.3.2       Un combat de l’Éternel

Le combat contre « Amalek » n’a pas lieu dans les lieux célestes (comp. Éph. 6:10 et suiv.) : il se déroule dans le désert (Satan exerce son pouvoir dans différentes sphères), mais reste cependant le combat de Dieu. Il le livre contre l’adversaire, mais il le fait par son peuple. Voilà ce qui lui confère un caractère si élevé à nos yeux, et nous donne aussi le courage de le mener. C’est bien le combat de Dieu, dans lequel il veut se glorifier. En même temps, nous apprenons également ici pourquoi il doit être livré : Dieu veut enlever à Satan du « terrain » dans ce monde, et cela, par notre moyen. Aussi devons-nous non seulement ne pas être battus par « Amalek », mais encore gagner du terrain sur lui.

D’une part, cela peut se réaliser en amenant des hommes à Christ par la prédication de l’Évangile. Le monde gît dans les ténèbres. Pourtant, la vraie lumière luit déjà, et avec chaque âme qui est conduite des ténèbres à la lumière, « les ténèbres s’en vont » (1 Jean 2:8). — Quelle pensée réjouissante !

Mais d’autre part, dans la sphère individuelle de chaque chrétien, il existe aussi de nombreuses possibilités de gagner du terrain sur Satan. Pensons un peu à la lumière et aux ténèbres. Par le moyen de l’ignorance, Satan s’efforce toujours de maintenir l’âme loin de la lumière divine. Il le fait pour nous croyants également. Combien de recoins de notre cœur restent encore fermés au Seigneur !

Le diable a intérêt à ce que cela demeure ainsi. Nous connaissons souvent si peu les pensées et la volonté de Dieu ! Pour nous aussi, « les ténèbres s’en vont » dans la mesure où nous laissons l’Esprit de Dieu agir en nous et croissons dans la connaissance de Dieu et de notre Seigneur Jésus. Les progrès dans la sanctification pratique, la consécration à Dieu, l’amour pour les frères, la patience et la persévérance constituent un « gain de terrain » sur l’adversaire et une victoire sur celui qui veut empêcher la manifestation de telles vertus.

Cependant, cela signifie qu’il faut combattre, chaque pouce doit être gagné. Il s’agit certes du combat de l’Éternel, mais nous devons le mener. Il est en ce point fondamentalement différent du combat de l’Éternel au chapitre 14. Dans ce passage, c’est lui qui a anéanti le Pharaon et toute son armée — une image merveilleuse de la rédemption. Cette œuvre, il l’a accomplie tout seul, de sorte que Moïse a pu dire au peuple : « Tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel, qu’il opérera pour vous aujourd’hui ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus, à jamais. L’Éternel combattra pour vous, et vous, vous demeurerez tranquilles » (Ex. 14:13, 14).

Dans le combat contre « Amalek », en revanche, nous devons combattre ; à cet égard, rien ne nous tombe du ciel. Un ennemi puissant veut nous empêcher d’avancer, et par nos propres forces, nous ne pouvons rien contre lui. Quel bonheur de disposer de ressources, venant de Dieu, afin de ne pas succomber dans la lutte !

 

5.3.3       Ressources et résultats — Exode 17:10-13

« Et Josué fit comme Moïse lui avait dit, pour combattre contre Amalek ; et Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline. Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu’Israël avait le dessus ; et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus. Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s’assit dessus ; et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un deçà, et l’autre delà ; et ses mains furent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et Josué abattit Amalek et son peuple au tranchant de l’épée » (Ex. 17:10-13).

 

Nous voyons ici d’abord Josué et la manière dont il a dirigé ses frères dans le combat contre Amalek. Josué est sans aucun doute un type de Christ qui, dans la puissance du Saint Esprit, conduit son peuple racheté au combat. Quelle paix et quelle tranquillité inondent notre cœur lorsque nous saisissons cette vérité ! Les circonstances par lesquelles nous passons peuvent être très décourageantes, les attaques de l’ennemi contre le témoignage du Seigneur se révéler hardies, mais c’est son combat que nous menons et dans celui-ci, il marche à la tête. Faisons donc abstraction des hommes et appuyons-nous uniquement sur lui et sur la puissance de son Esprit, qui seule nous permettra de résister à l’ennemi et de remporter la victoire !

Mais même quand nous livrons le combat de l’Éternel avec « Josué » comme chef dans les plaines du désert, nous avons besoin de Lui d’une autre manière encore. Cela nous est présenté en Moïse au sommet de la colline. La personne et le service de notre Seigneur sont si grands, qu’une seule image ne suffit pas pour nous en donner une illustration. Aussi, à côté de Josué dans la plaine, nous trouvons maintenant la personne de Moïse — Moïse sur la colline avec la verge de la puissance de Dieu dans sa main. Les combattants placés sous Josué dans la plaine avaient le dessus sur Amalek seulement lorsque, au sommet de la colline, soutenu par Aaron et Hur, Moïse élevait ses mains.

Deux vérités extrêmement importantes se dégagent de cette image. La première concerne le service de notre Seigneur et Sauveur pour nous dans le ciel. À la droite de Dieu, dans la dignité de sa sacrificature (« Aaron ») et le maintien de la sainteté et de la justice divines (« Hur » = « lumière »), il intercède pour les saints selon Dieu (Rom. 8:34). Il paraît maintenant devant la face de Dieu pour nous et peut « sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux » (Héb. 9:24 ; 7:25).

Nous ne comprendrons pleinement tout ce que nous devons ici-bas sur la terre à ce service de notre Souverain Sacrificateur dans le ciel que lorsque nous aurons atteint le but de notre pèlerinage. Toutefois, l’image qui nous occupe montre très clairement que notre victoire sur l’ennemi dépend entièrement de Lui.

Le type lui-même ne peut jamais égaler la réalité ; il n’est qu’une ombre des choses célestes. Nous comprenons donc que les mains de notre grand Souverain Sacrificateur ne faiblissent jamais : elles sont fermes, jusqu’au coucher du soleil. Il est toujours (c’est-à-dire sans interruption) vivant pour intercéder pour nous ; et son service ininterrompu ne peut pas demeurer sans effet et sans résultat. Quel réconfort nous offre une telle certitude !

La seconde vérité nous concerne directement : la nécessité de la dépendance envers notre Seigneur et Maître dans le ciel. Souvenons-nous toujours que nous dépendons totalement de lui et de son service, qu’il s’agisse, d’une manière générale, de notre marche dans le désert ou, en particulier, de notre combat contre « Amalek ». Le Seigneur Jésus a dit : « Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5), et cette affirmation est et reste vraie à tous égards.

Et pourtant nous perdons si vite la conscience de notre dépendance du Seigneur en toute chose ! C’est le domaine de la vie pratique où nous manquons le plus facilement ! Lui avons-nous vraiment demandé si nous devions entreprendre ceci ou cela ? Et même quand nous avons commencé quelque chose dans sa dépendance, il arrive que la chair prenne la direction pour la suite. Cela peut même se produire dans le service que nous accomplissons pour le Seigneur ou pendant que nous prions. Non seulement nous perdons alors la bénédiction, mais nous nous exposons à une chute. Un serviteur béni du Seigneur a dit une fois dans une méditation : « Si en vous parlant maintenant, je devais cesser de le faire dans la dépendance du Seigneur, je perdrais toute bénédiction pour mon âme... Je ne peux pas parler et vous ne pouvez pas écouter avec profit sans dépendance envers le Seigneur ».

La bénédiction de Dieu pendant la traversée du désert réside dans une marche réalisée dans la dépendance. Si notre vie est caractérisée au contraire par l’indépendance, Satan marquera des points et fera du tort à notre âme, malgré tous les soins de Dieu. Et si, dans un tel état, nous ne retournons pas rapidement à Dieu, il se peut que notre vie entière de rachetés soit inutile au Seigneur. Cependant, en toute circonstance, nous pouvons compter sur sa grâce et sa bonté. Il veut et peut nous maintenir debout dans le combat et assurer toute bénédiction par la puissance de sa sacrificature et de sa justice.

Tout cela nous fournit une réponse de plus à la question : Pourquoi Dieu permet-il à « Amalek » de venir contre nous ? C’est seulement dans le combat que certaines vertus spirituelles, dont la plus importante est la dépendance du Seigneur, se développent et prospèrent sous l’opération du Saint Esprit. Et où apprendrions-nous mieux que dans le combat contre « Amalek » les vertus que sont le courage, la bravoure, la détermination, la disposition au renoncement, la maîtrise de soi, la persévérance, la méfiance à l’égard de soi-même et la confiance en Dieu ?

Restons donc près du Seigneur et ne nous laissons pas décourager dans les luttes ! Car nous ferons l’expérience de ce qui, dans notre passage, est exprimé de la manière suivante : « Et Josué abattit Amalek et son peuple au tranchant de l’épée » (Ex. 17:13) — la victoire sur Satan et ses séductions. Toutefois, souvenons-nous que jamais le diable ne s’enfuira de devant nous. Mais si nous lui résistons, étant en communion avec Christ, alors il s’enfuira de nous (Jacq. 4:7). Et pourquoi ? Parce qu’en nous il a rencontré Christ.

 

5.3.4       Satan — écrasé sous nos pieds — Exode 17:14-16

Avec la victoire de Josué sur Amalek, l’ennemi était-il définitivement vaincu et la guerre terminée ? Absolument pas !

Certes, en cette occasion la victoire avait été remportée, mais, comme nous le montrent les derniers versets du chapitre, la guerre devait se poursuivre « de génération en génération ».

 

« Et l’Éternel dit à Moïse : Écris ceci pour mémorial dans le livre, et fais-le entendre à Josué, que j’effacerai entièrement la mémoire d’Amalek de dessous les cieux. Et Moïse bâtit un autel, et appela son nom : Jéhovah-Nissi ; et il dit : Parce que Jah a juré, l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (Ex. 17:14-16).

 

Il fallait pourtant d’abord que Moïse écrive pour mémorial dans un livre ce qui s’était passé avec Amalek à Rephidim. Cela devait permettre à l’avenir aux fils d’Israël de se souvenir de ce que l’Éternel avait fait pour eux autrefois. Moïse bâtit alors l’autel « Jéhovah-Nissi », en signe de reconnaissance et d’adoration, proclamant ainsi devant tout le peuple que l’Éternel était son enseigne et que la délivrance face à l’ennemi venait de lui seul.

Avons-nous aussi écrit dans nos cœurs ce que le Seigneur Jésus, « notre enseigne », a fait pour nous au cours des années écoulées de notre marche à travers le désert ? Ne nous a-t-il pas accordé, dans une grâce infinie, son secours contre l’ennemi en d’innombrables occasions ? Nous n’avons d’ailleurs pas toujours été conscients de son soutien. Et pourtant, nous pouvons aussi nous rappeler maintes circonstances dans lesquelles nous avons ressenti profondément son aide. Ces victoires nous ont-elles conduits à adorer Celui qui nous les a données et à l’apprécier davantage ? Ah ! combien de fois n’avons-nous pas même oublié de l’en remercier ! Apprenons à dire de lui : « l’Éternel mon enseigne » ! N’est-il pas digne de notre entière consécration et de notre confiance sans réserve ?

Mais ensuite, les regards sont détournés du passé et dirigés vers l’avenir, cela pour deux motifs. Le premier est que le combat contre Amalek ne cesserait pas. C’était le combat de l’Éternel, et il le livrerait de génération en génération. Il devait non seulement être mené pendant la durée de toute une génération, mais se poursuivre dans les générations futures.

Nous devons, nous aussi, apprendre que le combat contre « Amalek » n’est pas terminé lorsqu’une victoire a été remportée sur lui. Dans sa bonté, notre Seigneur nous donne certes la promesse de la victoire, et toute assurance pour le temps de notre pèlerinage, mais il ne nous promet pas que le combat cessera. Après une victoire, nous ne pouvons pas nous relâcher, satisfaits ; nous devons au contraire être constamment exercés à demeurer dépendants de lui, nous attendant à de nouvelles attaques. Certes, nous pouvons désirer ardemment le repos sabbatique éternel, et nous l’atteindrons. Mais tant que nous sommes ici-bas dans le désert, le Seigneur conduit sa guerre contre Satan et veut se servir de nous pour la mener. Dans toutes les difficultés, quel réconfort de savoir qu’il ne s’agit pas de notre guerre, mais de celle du Seigneur ! Quel privilège alors d’y avoir part et, pour ainsi dire, de combattre sous sa bannière !

Deuxièmement, Moïse devait communiquer à Josué que l’Éternel « effacerait entièrement la mémoire d’Amalek de dessous les cieux ». Ici, nos regards sont de nouveau portés vers l’avenir — au-delà du temps présent. Un jour, Agag, l’Amalékite, sera mis en pièces devant l’Éternel (1 Sam. 15:33). Oui, bientôt le Dieu de paix brisera Satan sous nos pieds (Rom. 16:20). Parole forte ! Quel triomphe Dieu accordera à ceux qui ont été prêts à mener le combat de l’Éternel contre Satan pendant le temps de leur pèlerinage sur la terre !

En nous permettant de remporter des victoires sur Satan, Dieu nous donne aujourd’hui déjà un certain avant-goût de ce que signifiera l’élimination définitive du vieil adversaire de Dieu et des hommes. Elle se produira en trois étapes. D’abord, trois ans et demi avant l’établissement du Millénium, le « grand dragon... le serpent ancien, celui qui est appelé diable et Satan » sera précipité sur la terre (Apoc. 12:9). Il perd ainsi, avec ses anges, son champ d’activité dans le ciel (comp. Jude 9 ; Dan.10:13, 20, 21), où, comme « l’accusateur de nos frères », il accusait devant Dieu jour et nuit le résidu fidèle du temps de la fin. Il n’y retournera jamais.

Puis, immédiatement avant l’établissement du règne de paix de Christ, il sera lié et jeté dans l’abîme pour la durée du royaume millénial (Apoc. 20:1-3). Il est impossible que Christ règne et qu’en même temps le « chef de ce monde » puisse exercer son influence corruptrice ! Mais ce que Dieu a dit tout au début au « serpent » — que la « semence de la femme » lui briserait la tête (Gen. 3:15) — ne trouvera son plein accomplissement que lorsque le diable, après une brève libération, sera jeté définitivement dans l’étang de feu et de soufre, pour y être tourmenté aux siècles des siècles (Apoc. 20:7-10).

En Romains 16, le Saint Esprit parle cependant de ces événements si solennels en des termes très encourageants pour nous : « Or le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds ». Il est le Dieu de paix, rien ne peut troubler sa paix ni ébranler son trône. Et il effacera entièrement la mémoire d’« Amalek » de dessous les cieux : nous n’aurons plus jamais à nous souvenir de lui ! Notre bienheureuse occupation sera Christ, qui a fait la paix par le sang de sa croix et qui a posé ainsi le fondement de tout ce que le cœur du Dieu de paix désirait pour nous.

 

6                    Conclusion

Notre chemin traverse encore le désert, bien-aimés, et nous le ressentons parfois profondément. Mais nous ne marchons pas seuls : Dieu est avec nous. Il a pris les dispositions nécessaires pour tout ce qui nous concerne : la faim et la soif, les privations et les difficultés, les dangers et le combat, la vie et la mort. Faisons-lui confiance ! Quoi qu’il puisse arriver — Dieu amène les fils à la gloire (Héb. 2:10). Tel est le résultat final des voies de Dieu en grâce, et c’est pour cela que le Seigneur Jésus a goûté la mort.

Ainsi nous voyons déjà apparaître le but. Dieu veut nous faire partager son repos sabbatique éternel en gloire. Autrefois, à notre conversion, nous nous sommes trouvés sans nous y attendre dans le désert ; de même tout à coup aussi notre pèlerinage va prendre fin. Le Seigneur Jésus viendra et nous enlèvera de ce monde pour nous introduire dans la maison de son Père. Après toutes les peines, nous échangerons le désert et ses expériences contre la gloire incomparable de Dieu ; « et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles » !