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Mal moral et mal doctrinal

 

 

Table des matières:

1     Mal moral et mal doctrinal

 

 

1                        Mal moral et mal doctrinal

Questions et réponses p. 268

Question

On dit souvent que l’enseignement d’erreur est quelque chose de plus grave que le mal moral ? Est-ce juste, et si oui, pourquoi ?

 

Réponse

Même si aux yeux de Dieu le péché reste toujours le péché, et est incompatible avec son Être, la Parole de Dieu fait quand même elle-même certaines différences. Il y a par exemple le « péché à la mort » à la suite duquel Dieu, dans Ses voies en gouvernement, applique la mort temporelle ; et il y a le péché « qui n’est pas à la mort » (1 Jean 5:16, 17). Le péché peut porter un caractère plus ou moins offensant, nuisible, outrageant pour Dieu. Tel péché peut avoir des conséquences plus catastrophiques qu’un autre. En disant cela, on ne pense pas tant aux effets sur celui qui le commet, mais plutôt à l’effet exercé sur les autres. Le péché dans le domaine moral peut très bien avoir une influence directement destructrice sur la personne même qui le commet, ou sur sa propre vie. Des passages comme Rom. 1:24-27 et 1 Cor. 6:15-18 sont sans ambiguïté à cet égard : « le fornicateur pèche contre son propre corps » (1 Cor. 6:18).

Mais l’influence du mal moral sur autrui n’est pas néfaste au même degré que le mal doctrinal. En général le mal moral est assez facilement reconnu comme du mal, et classé comme tel, au moins par les enfants de Dieu. Même si aujourd’hui les références de mesure morale sont faussées de manière presque incroyable dans le monde chrétien, et sont même dégénérées, il y a quand même encore certaines formes de mal moral qui sont ressenties comme déviantes ou mauvaises. Par « mal moral », nous ne devons pas seulement penser aux péchés grossiers dont on a déjà parlé, mais aussi à tout ce qui est corrompu du point de vue moral, comme le mensonge, la fausseté, le parjure, l’irascibilité, l’envie, la querelle, le meurtre, et bien d’autres choses encore de ce genre. L’Écriture sainte nomme tout cela les « œuvres de la chair » (Gal. 5:19-21). C’est le « levain » au sens moral (1 Cor. 5:6).

Cependant en ce qui concerne la fausse doctrine en rapport avec les choses de Dieu, c’est-à-dire du « levain » du point de vue doctrinal (Gal. 5:9), on comprend bien que les gens du monde ne s’y intéressent pas du tout. Or les enfants de Dieu eux-mêmes manifestent aujourd’hui une étrange indifférence quant au contact avec la doctrine fausse ou mauvaise, et cela est d’autant plus étonnant qu’ils devraient savoir combien elle est dangereuse.

Et pourquoi est-elle si dangereuse ? Parce que Satan l’utilise pour attaquer et détruire les fondements de notre foi, et même la Personne et l’œuvre de notre Seigneur et Sauveur Lui-même. L’adversaire de Dieu et des hommes sait très bien, et souvent mieux que les croyants, que s’il arrive à détruire le sain enseignement, le fondement d’une vie de foi saine sera en même temps sapé. Et dès que la confiance en Dieu et la foi au Seigneur Jésus Christ est ébranlée, qui peut prévoir l’issue d’un tel chemin ? Sans l’opération de la grâce de Dieu (Tite 2:11-12), cette issue serait fatale !

Le danger du mal doctrinal réside en premier lieu en ce que très souvent il n’est pas pris au sérieux, et qu’il est considéré comme secondaire. Mais d’où vient cette indifférence de bien des enfants de Dieu vis-à-vis de la mauvaise doctrine ? Pourquoi la prennent-ils tant à la légère ? La réponse est double. D’abord c’est une manifestation d’un certain manque d’intérêt pour le Seigneur et pour Son honneur, d’un manque d’amour pour Lui. On peut ne pas le voir ainsi, mais c’est l’une des deux raisons de cette indifférence vis-à-vis de la mauvaise doctrine, — une raison qui doit nous humilier. Si nous aimons notre Seigneur et Sauveur qui s’est livré à la mort pour nous, pouvons-nous rester indifférent à ce que Sa Personne soit attaquée ou calomniée. Nous devons apprendre à comprendre que le but premier de Satan n’est pas de faire du tort au croyant, mais de dérober à Christ l’honneur et la gloire qui Lui reviennent. Et parce que Christ est au centre de l’Écriture et de son enseignement, il ne manque pas une occasion de frelater l’enseignement de la Parole de Dieu et de le remplacer par des enseignements de démons (1 Tim. 4:1).

Une seconde raison réside dans la manière de penser des gens, et pas seulement les modernes. On considère comme de l’étroitesse de cœur et de l’intolérance de ne pas laisser courir l’opinion d’autrui, de condamner tout ce qui ne correspond pas à ses propres vues ; et ce sont justement les gens cultivés qui ont cette tendance. Or autant la tolérance vis-à-vis des opinions des autres peut avoir sa place dans bien des cas, autant elle peut devenir dangereuse quand il s’agit des fondements de la doctrine chrétienne, ou de « la foi une fois enseignée aux saints » (Jude 3). Nous devons alors « combattre » pour cela, et c’est le contraire de la « tolérance ». L’enseignement de la Parole de Dieu n’est justement pas une simple construction de l’esprit humain qu’on peut traiter avec des idées libérales, mais c’est au contraire l’expression absolue de la volonté de Dieu (Col. 1:9).

Dieu lui-même fait de la différence entre le mal moral et le mal doctrinal ; c’est ce qui ressort clairement quand on compare la première épître aux Corinthiens et l’épître aux Galates. Bien qu’il y eut de graves défaillances du point de vue moral parmi les croyants de Corinthe, l’apôtre Paul pouvait faire ressortir plusieurs sujets de louange chez eux au début de son épître. La salutation de Paul en fin de lettre est même de sa propre main. On chercherait tout cela en vain dans l’épître aux Galates où le levain doctrinal corrompait l’évangile annoncé par Paul.

Pour terminer, il faut mettre en garde ne pas mettre tout de suite tout enseignement étranger au rang des enseignements d’erreur. La Parole de Dieu parle de « doctrines étrangères » (1 Tim. 1:3), de « doctrines diverses et étrangères » (Héb. 13:9), d’« enseignements des hommes » (Col. 2:22), d’« enseignements de démons » (1 Tim. 4:1). Ces enseignements ont tous Satan pour origine, et peuvent tous déboucher sur l’enseignement direct de l’erreur. Mais on se trouve en présence d’enseignement d’erreur quand les fondements du christianisme sont attaqués, quand la Personne de Christ et de Son œuvre sont attaqués (2 Jean 7, 11).