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Œuvres et Travail du Seigneur. Acquis comme esclave

 

 

 

Christian Briem

 

Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8

Questions et réponses, p.  174

Table des matières :

1     L’homme m’a acquis comme esclave dès ma jeunesse — Zacharie 13:5

2     Qui fait les œuvres ? — Jean 9:4

 

 

1                        L’homme m’a acquis comme esclave dès ma jeunesse — Zacharie 13:5

Question

Que signifie en Zacharie 13:5 la phrase : « car l’homme m’a acquis [comme esclave] dès ma jeunesse » ? Qui est celui qui parle ?

 

Réponse

Le chapitre 13 du prophète Zacharie poursuit directement le courant de pensées du chapitre 12, et parle à nouveau de « ce jour-là » — le jour de l’apparition du Messie en puissance pour instaurer Son royaume terrestre (voir 12:11 ; 13:1, 2, 4). En ce jour-là, le Seigneur purifiera non seulement les « habitants de Jérusalem » de leur péché et de leur impureté (13:1), mais aussi le pays d’Israël de ses idoles et de ses faux prophètes (13:2). Et le peuple juif restauré sera tellement en harmonie avec les pensées de Dieu qu’il ne permettra pas plus aux faux prophètes de proférer des mensonges. S’ils le feront quand même, leurs propres parents, « qui les ont engendrés » « les transperceront », c’est-à-dire les tueront (13:3 ; cf. Deut. 13:6-11). Ces saints aimeront plus Dieu et Sa parole que leurs propres enfants, étant fidèles à la parole que le Seigneur Jésus a dit pour notre temps : « Celui qui aime fils ou fille plus que moi, n’est pas digne de moi » (Matt. 10:37). Il n’est pas rare aujourd’hui que des parents croyants suivent leurs enfants sur leurs mauvaises voies. Mais dans ce temps du royaume dont nous parlons, on attribuera une haute valeur à la vérité de Dieu, et on n’en fera pas une question d’opinion personnelle, comme cela arrive souvent aujourd’hui. Ces juifs pieux ne nous font-ils pas profondément honte ?

Le verset 13:4 nous montre alors que les faux prophètes disparaîtront du pays et ne se vêtiront plus d’un manteau de poil (le signe du prophète (*)) pour mentir. Ils auront bien plutôt honte de leurs fausses visions.

 

(*) Le manteau rêche et résistant fait de poil de chameaux était un symbole de la séparation du mal environnant. L’exemple d’Élie et de Jean le baptiseur montrent clairement que des prophètes le portaient (2 Rois 1:8 ; Matt. 3:4).

 

Puis un changement brusque intervient au verset 5, chose qu’on observe fréquemment dans les livres prophétiques : « Et il dira : Je ne suis pas prophète ; je suis un homme qui laboure la terre ; car l’homme m’a acquis [comme esclave] dès ma jeunesse ». Manifestement, il n’est plus question maintenant de « ce jour-là », mais il semble que par ces paroles, c’est le Messie Lui-même qui apparaît, — mais non pas le Messie lors de Sa seconde venue en gloire et en puissance, mais le Messie lors de Sa première venue en abaissement et en humilité. Les versets qui suivent confirment cette manière de voir. À partir du verset 13:5, on a une sorte de vue rétrospective sur ce qui a dû d’abord avoir lieu pour que les bénédictions promises deviennent une réalité. Ainsi le verset 13:5 montre le rejet du vrai prophète, puis il est parlé de Ses souffrances endurées tant de la main des hommes (13:6) que de la main de Dieu (13:7).

Dieu avait déjà fait annoncer par Moïse qu’Il susciterait du milieu du peuple un prophète comme lui (Moïse) ; et qu’ils devraient L’écouter (Deut. 18:15). Mais lorsque le prophète a été au milieu d’eux dans la personne de Jésus, ils ne L’ont pas écouté, mais L’ont rejeté. Face à cette sombre situation, les paroles du Seigneur acquièrent une signification profonde, lorsqu’Il dit : « Je ne suis pas prophète … ». Il accepte le rejet de la part de Son peuple ; mais au lieu de tomber dans la résignation ou d’exercer le jugement, Il accepte, dans sa grâce infinie, de prendre le caractère d’un homme « qui laboure la terre » et qui ne s’épargne aucune peine pour cela. Si Son peuple le repousse comme le prophète de Dieu, alors Il veut entreprendre une nouvelle œuvre comme « semeur », Il veut apporter une nouvelle vie dans le « champ » (Matt. 13:3 et suivants), et servir par là leurs véritables intérêts. Aussi hostiles qu’aient été les hommes, tant les Juifs que les nations, Il s’est fait serviteur de leurs besoins — que Son nom en soit éternellement béni ! Il a pu dire : « Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22:27). Dès le commencement Sa vocation a été selon le décret divin. Mais Il était venu, non pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs (Matt. 20:28). C’est dans cette mesure qu’on l’avait « acquis [comme esclave] dès sa jeunesse ».

Ainsi, ce verset dévoile non seulement le rejet de Christ par le peuple Juif, mais aussi l’amour merveilleux du Seigneur, par lequel Il s’est abaissé et est devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix. La richesse des bénédictions qui en découlent est infinie pour ce peuple — et encore plus pour nous.

 

 

2                        Qui fait les œuvres ? — Jean 9:4

Questions et réponses, p. 353

2.1   Question

En Jean 9:4 le Seigneur dit : « Il me faut faire les œuvres de celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ». Beaucoup d’autres traductions de la Bible rendent ces paroles par : « Il nous faut faire les œuvres… ». Ma question est celle-ci : Qu’est-ce qui est juste, le singulier ou le pluriel ? Si c’est le pluriel, qui est désigné par le pronom « nous » ? Le Seigneur s’unit-Il aux disciples dans Son service ? J’ai entendu récemment cette pensée.

 

2.2   Réponse

La première question est de savoir quel manuscrit grec les traducteurs ont suivi. Effectivement quelques anciens manuscrits, et non des moindres, utilisent ici le pluriel : « il nous faut faire les œuvres ». Certains d’entre eux ont même mis au pluriel la proposition subordonnée qui suit juste après : « de celui qui nous a envoyés ». Il est vrai que cette dernière manière de lire n’est suivie par presque aucun traducteur. En fait, les preuves internes, c’est à dire celles basées sur le contexte, jouent à l’encontre du « nous » au début du verset [« il me/nous faut faire les œuvres »].

Ceci nous amène à la deuxième question. Admettons que le « nous » était dans l’original ; il serait impossible d’appliquer cela au Seigneur Jésus et à ses disciples. Il faudrait bien plutôt comprendre qu’il s’agit du « nous » divin, comme par exemple au chapitre 3 : « Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu » (Jean 3:11). Seule une personne divine peut parler pareillement —le Fils de l’homme qui est dans le ciel (Jean 3:13). Familier des secrets du ciel, Il était descendu du ciel afin de rendre témoignage à la vérité. Et quoiqu’il parlât avec Nicodème sur la terre, Il était en même temps aussi dans le ciel.

J’aimerais montrer à cette occasion un principe important souvent perdu de vue : Tant que l’œuvre de la rédemption n’était pas accomplie, le Seigneur Jésus, dans Sa sainteté et Sa dignité, ne pouvait pas s’associer ou s’unir à des hommes, même ceux qui croyaient déjà en Lui. Sa déclaration en Jean 12 le confirme sans ambiguïté : « En vérité, en vérité, je vous dis : À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Sans sa mort expiatoire, aucun homme ne serait sauvé, Il serait resté seul. C’est pourquoi il était impossible que le « nous » signifie Lui et Ses disciples.

Maintenant que le Sauveur a accompli l’œuvre de rédemption et qu’Il s’est assis à la droite de Dieu, à la suite de cela Il s’est lié aux Siens en un seul Corps. Il est la tête glorifiée dans le ciel, et ceux qui croient en Lui sont les membres sur la terre (1 Cor. 12:13 ; Éph. 2:15, 16 ; 4.4 ; Col. 1:18). Vérité bénie, merveilleuse, unité indissociable ! Cependant le Seigneur est et reste infiniment plus grand que nous, même avec tout ce qu’Il a fait pour nous et ce qu’Il nous a offert par Sa grâce.

C’est pourquoi nous devons nous garder de toutes les expressions qui vont dans le sens de nous placer au même rang que Lui. Lorsque le Seigneur Jésus est ressuscité d’entre les morts et qu’il a confié à Marie de Magdala un message pour « ses frères », comment s’est-Il exprimé ? A-t-Il dit : « Je monte vers notre Père et notre Dieu » ? Non, Il a dit : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17). Quoique par Sa grâce infinie, Son Père soit aussi notre Père, et Son Dieu soit aussi notre Dieu, le Seigneur évite d’utiliser l’expression raccourcie et globalisante : « notre Dieu (que nous avons en commun) et notre Père (que nous avons en commun) ».

Si nous revenons maintenant à l’œuvre que le Seigneur faisait, on est frappé de ce que, dans l’évangile de Jean, Il parle de Son œuvre en relation avec celle du Père : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4:34). « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5:17). « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu’il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, cela, le Fils aussi de même le fait » (Jean 5:19). « Les œuvres que le Père m’a données pour les accomplir, ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé » (Jean 5:36).

Nous comprenons bien que les disciples n’avaient aucune part à ces œuvres. C’est le Fils qui fait les œuvres du Père. C’est pourquoi « Il me faut faire les œuvres de celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour » (Jean 9:4).