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Se reconnaître au ciel

 

Christian Briem

 

Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8

 

Table des matières :

1     Reconnaître quelqu’un d’autre au ciel

1.1      Question

1.2      Réponse

2     Se reconnaître à nouveau au ciel (1)

2.1      Question

2.2      Réponse

3     Se reconnaître à nouveau au ciel (2)

3.1      Question

3.2      Réponse

 

 

1                        Reconnaître quelqu’un d’autre au ciel

Questions et Réponses, page 139

1.1   Question

Nous reconnaîtrons-nous au ciel, y compris en rapport avec les relations où nous nous trouvons ici-bas sur la terre, les uns avec les autres ? Par exemple, les enfants reconnaîtront-ils leurs parents ? Un mari aura-t-il une joie particulière à voir sa femme ?

 

1.2   Réponse

On repose régulièrement ce genre de questions, et effectivement elles ne sont pas sans importance. En y réfléchissant, il est vrai que nous devons nous garder de spéculations, pour que notre force d’imagination ne nous fasse pas aller au-delà de « ce qui est écrit ». L’Écriture Sainte ne nous dit en effet que fort peu de choses sur la vie au ciel, mais cela suffit pour éclairer le sujet. Deux problèmes principaux sont contenus dans la question posée. L’un a trait à l’identité des individus (être identique, absence de confusion dans la reconnaissance), l’autre a trait aux relations spécifiques des personnes.

Le fait que l’on continue à voir au ciel l’identité des personnes ressort d’une série de passages. Prenons simplement l’exemple d’Abraham. C’est le même Abraham qui marchait autrefois au pays de Canaan devant la face de Dieu, qui sera un jour dans cette « cité qui a les fondements, dont Dieu est l’architecte et le Créateur » (Héb. 11:10). C’est la même personne, même si les conditions de vie et les manifestations de vie seront si différentes dans le royaume céleste ou dans l’état éternel ; car Dieu a dit : « voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc. 21:5).

En ce qui concerne les relations terrestres, nous avons le privilège d’apprendre la réponse directement de la bouche du Seigneur Lui-même : elles n’existeront plus au ciel. Les sadducéens étaient une fois venus à Lui ; ils prétendaient qu’il n’y avait ni résurrection, ni anges ni esprit (Actes 23:8). Dans le but de mettre le Seigneur dans l’embarras sur le sujet de la résurrection, ils Lui présentèrent un cas d’école bâti par eux : une femme sur terre avait eu successivement pas moins de sept maris, et ils demandaient sournoisement lequel d’entre eux l’aurait pour femme dans la résurrection. Il leur répondit par ces paroles désarmantes : « Les fils de ce siècle se marient et sont donnés en mariage ; mais ceux qui seront estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d’entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage, car aussi ils ne peuvent plus mourir ; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection » (Luc 20:34-36). Par ces paroles, Il montrait clairement que les relations telles que le mariage, qui sont données pour la terre, n’auront plus cours au ciel. Les fils de la résurrection seront comme les anges ; ils seront comme eux immortels et asexués.

Mais en même temps le Seigneur montre aussi que l’identité des croyants reste inchangée s’ils passent par la mort sans pour autant être déjà ressuscités. Bien que leur corps repose dans la terre et que seule leur âme soit au ciel, au paradis, les personnes en tant que telles restent donc pourtant les mêmes. C’est pourquoi Moïse peut appeler l’Éternel « le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob » (Luc 20:37). Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car pour Lui tous vivent — avec les mêmes noms et les mêmes personnalités qui les distinguaient sur la terre.

L’homme riche en Hadès a aussi reconnu aussi bien le « père Abraham » que Lazare dans son sein (Luc 16:23). Il n’avait jamais vu Abraham, et pourtant il l’a reconnu. Nous voyons la même chose sur la montagne de la transfiguration : Moïse et Élie apparurent en personne, sans qu’on puisse s’y tromper, avec le Seigneur en gloire, et les disciples les reconnurent (Luc 9:30-33). C’était les mêmes personnes, et ils portaient les mêmes noms qu’au temps où ils vivaient sur la terre. Enfin, le Sauveur, au moment de mourir, dit au brigand devenu croyant : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». La promesse s’est accomplie le jour même, sans même que les corps y aient aucune part.

Tous ces exemples concernent l’état intermédiaire avant la résurrection. Or il ressort clairement de 1 Cor. 15:35-44 que l’identité de la personne sera parfaitement perçue quand, en résurrection, nous recevrons un corps glorieux, un « corps spirituel ». Sachant ceci avec certitude, l’apôtre Paul pouvait se réjouir de revoir un jour dans la gloire les croyants de Thessalonique, amenés à la foi par le moyen de son service, comme étant sa joie et la couronne dont il se glorifiait (1 Thes. 2:19-20).

Il est vrai que les relations terrestres ne jouent aucun rôle dans la gloire, simplement parce qu’elles n’existent plus. Mais ce que nous avons vécu sur la terre avec Christ dans ces relations, subsiste. Le mari reverra sa femme au ciel, et la femme reverra son mari. Mais ils ne seront plus dans une relation de mari et femme l’un vis-à-vis de l’autre. Pourtant il reste que ce qu’ils auront vécu ensemble en Christ demeurera éternellement — parce que tout ce qui vient de Dieu a une existence éternelle. C’est une pensée qui remplit de joie. Le Seigneur Jésus Lui-même, maintenant dans la gloire, n’a pas oublié Ses expériences terrestres d’autrefois. Bien plus, elles constituent le fondement de Son service de souverain sacrificateur envers nous aujourd’hui (Héb. 2:18 ; 4:15).

Avec toutes ces considérations, nous ne voulons pas oublier que le Seigneur Jésus dans la gloire sera L’objet qui fixera toute notre attention et qui attachera à Lui toutes nos affections. Il est seul digne d’être pour l’éternité le point central de nos cœurs. Et tout l’environnement et le contexte ne font finalement que diriger vers Lui.

 

 

2                        Se reconnaître à nouveau au ciel (1)

Questions et Réponses, page 345

2.1   Question

L’Écriture Sainte nous enseigne que, dans la gloire, nous verrons la face de notre Seigneur. Mais qu’en est-il vis-à-vis des croyants avec lesquels nous aurons été liés si intimement ici-bas sur la terre ? Les verrons-nous et les reconnaîtrons-nous eux aussi ? Reverrons-nous nos bien-aimés endormis ?

 

2.2   Réponse

Si ce n’était pas le cas, alors le ciel serait à cet égard plus pauvre que la terre ! Mais sur ce sujet, l’Écriture nous fournit des indications positives. L’homme riche en Hadès, leva ses yeux et vit « Abraham de loin et Lazare dans son sein » (Luc 16:23). Bien qu’il ne fût qu’en Hadès et en outre dans les tourments et sans corps, il vit Lazare qu’il avait connu, et Abraham qu’il n’avait pas connu. Ceux qui sont « endormis en Jésus », qui se trouvent dans la félicité au-delà du « grand gouffre », dans le Paradis de Dieu, devraient-ils ne pas pouvoir se reconnaître à nouveau, même n’ayant pas encore de corps ? Et si telle est déjà la part de ceux qui sont dans cet état « intermédiaire », comment cela ne serait-il pas aussi la part des rachetés dans la gloire, dans la résurrection ?

Une indication supplémentaire sur le sujet se trouve dans les paroles si sérieuses que le Seigneur adressait aux Juifs non croyants en Luc 13:28 ; Il leur parlait là du jugement éternel : « Là seront les pleurs et les grincements de dents, quand vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, mais vous, jetés dehors » (Luc 13:28). Cela ne veut-il pas dire aussi qu’il y a une pleine reconnaissance dans l’au-delà, après la mort des corps ?

Mais la meilleure preuve de ce que nous nous reconnaîtrons à nouveau dans la gloire, se trouve à la montagne de la transfiguration où Pierre et ses deux condisciples furent « témoins oculaires de sa majesté » et entendirent la voix du Père, provenant de « la gloire magnifique », au sujet de Son Fils bien-aimé. Ils avaient alors vu le Seigneur Jésus et « sa gloire » ; ils avaient aussi vu deux hommes, Moïse et Élie, apparaissant en gloire et parlant de sa mort à Jérusalem (Luc 9:28-36). D’où ces disciples savaient-ils qu’il s’agissait de Moïse et Élie ? Comment Pierre pouvait-il dire : « Faisons trois tentes : une pour toi, et une pour Moïse, et une pour Élie » (Luc 9:33), alors que pourtant il n’avait jamais vu Moïse ni Élie auparavant ? En outre ils apparaissaient « en gloire » ! Pourtant les disciples savaient sans aucune présentation préalable qui étaient ceux qui parlaient avec le Seigneur glorifié.

Or c’est exactement ce qui nous arrivera. Nous verrons le Seigneur Jésus dans Sa gloire, et nous nous verrons l’un l’autre dans Sa gloire et nous nous reconnaîtrons, et même, nous verrons et nous reconnaîtrons dans le ciel ceux que nous n’aurons jamais vu auparavant. Par exemple nous verrons Paul et Job, et nous saurons sur le champ qui ils sont. Paul se réjouissait de revoir ses bien-aimés frères et sœurs de Philippe là-haut dans la gloire : Ils y seraient sa couronne (Phil. 4:1). Et au sujet des Thessaloniciens, il dit : « Car quelle est notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifions ? N’est-ce pas bien vous devant notre seigneur Jésus, à sa venue ? » (1 Thes. 2:19).

Les caractéristiques de la personnalité créées par Dieu existeront toujours sans qu’on puisse s’y tromper, même dans la gloire, et nous serons capables de les reconnaître. Quelle bienheureuse part nous avons devant nous !

 

3                        Se reconnaître à nouveau au ciel (2)

Questions et Réponses, page 347

3.1   Question

Dans l’échange question-réponse précédent, il est indiqué que les croyants se reconnaîtront à nouveau au ciel, et que ce sera un sujet de joie. Mais ne devrions-nous pas constater d’autre part l’absence de beaucoup de nos proches sur la terre, par exemple des enfants, des parents, des frères et sœurs ? Cela ne devrait-il pas déclencher un sentiment de tristesse ? Certes il n’y aura pourtant plus de tristesse au ciel selon Apoc. 21:4 ! J’incline à croire que nous ne reconnaîtrons pas à nouveau les individus dans le ciel. Nous-mêmes conserverons bien entendu notre personnalité dans le ciel, et nous aurons la conscience d’y être ensemble avec tous les croyants et de L’adorer. Est-ce que je pars d’hypothèses fausses ?

 

3.2   Réponse

Le passage de Luc 16 cité dans l’échange question-réponse précédent montre de manière claire et nette que nous nous reconnaîtrons à nouveau là-haut dans la résurrection. Et quand Paul parle des Philippiens comme étant sa « couronne », et des Thessaloniciens comme étant ses compagnons de travail et « notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifions… à sa venue », il est évident qu’il prend comme point de départ qu’ils se reverront là-haut et qu’ils se reconnaîtront à nouveau.

Si vous admettez comme allant de soi que nous conserverons notre personnalité — cette hypothèse est juste — il est alors contradictoire de croire que nous ne pourrons pas reconnaître les autres comme tels, alors qu’ils auront aussi conservé leur personnalité. Nous nous reconnaîtrons de nouveau l’un l’autre. Mais de même que les relations terrestres qui nous aurons liés les uns aux autres ici-bas auront alors entièrement cessé, ainsi aussi les sentiments qui s’y rattachent auront entièrement perdu leur signification : nous serons comme les anges de Dieu (Matt. 22:30).

La pensée que nous, comme personnalité individuelle, soyons pour ainsi dire noyés dans la masse des adorateurs, va à l’encontre de l’esprit de toute l’Écriture. Dieu tient les individus pour très importants : Il a élu en Christ les croyants individuellement dès avant la fondation du monde, et les a destinés pour être des fils ; c’est pour les individus que le Seigneur Jésus est mort et qu’Il a porté leurs péchés ; chaque individu devra Lui rendre compte ; chaque individu paraîtra au tribunal de Christ et sera manifesté dans ses œuvres ; pour chaque individu Il aura une place particulière dans le royaume, une récompense particulière et une relation particulière. C’est pourquoi dans les sept lettres d’Apoc. 2 et 3, il est constamment répété « À celui qui vaincra… je lui donnerai ». Et pourquoi en Jean 14, le Seigneur ne parle-t-il pas d’une grande salle, mais de plusieurs [beaucoup de] demeures dans la maison de Son Père, si ce n’est qu’il avait pensé aux croyants individuellement ? Bien sûr il y a aussi le côté collectif, qui est très important et très précieux, mais il me semble que le côté personnel est le plus grand et plus à la source.

Vous avez bien sûr parfaitement raison de remarquer qu’il n’y aura plus de tristesse au ciel. Mais indépendamment du fait que les relations et sentiments terrestres ne joueront plus aucun rôle, nous jugerons toutes choses selon le jugement de Dieu. Le Seigneur Jésus sera tellement attirant pour nous dans toute Sa gloire et tout Son amour, et Il sera si merveilleux devant nous et Il saisira tellement nos affections qu’il ne restera plus place pour d’autres pensées. En ce qui concerne les croyants individuels glorifiés, nous verrons Christ en eux, le reflet de Sa gloire. Il est impossible de nous représenter la félicité du ciel ! « Et ils verront Sa face » (Apoc. 22:4) — ce sera le ciel.