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Questions et Réponses diverses

 

Nouvelle naissance et Sceau : Éph. 1:13 — Célébrer la fête 1 Cor. 5:7-8 —

Le corps de résurrection du Seigneur — L’Homme Christ Jésus  

Souffrir avec Christ

 

Christian Briem

Traduit de l’allemand. Questions et réponses, Ed. CSV, 2005, p. 114, 122, 166, 228, 237

Table des matières :

1       Nouvelle naissance et Sceau — Éph. 1:13

1.1        Question :

1.2        Réponse :

2       Célébrer la fête — 1 Cor. 5:7-8

2.1        Question :

2.2        Réponse :

3       Le corps de résurrection du Seigneur

3.1        Question :

3.2        Réponse :

4       L’Homme Christ Jésus

4.1        Question :

4.2        Réponse :

5       Souffrir avec Christ

5.1        Question :

5.2        Réponse :

 

Questions et réponses, p.237

 

1        Nouvelle naissance et Sceau — Éph. 1:13

1.1      Question :

Est-il possible que quelqu’un soit né de nouveau selon Jean 3, mais ne soit pas scellé du Saint Esprit (Éph. 1:13) ? N’est-ce pas sortir du cadre de l’Écriture que de le prétendre ? Toute personne sauvée possède pourtant le Saint Esprit comme Éph. 1 le montre.

 

1.2      Réponse :

Cette question touche un groupe de sujets important sur lesquels il est rare que les enfants de Dieu soient au clair. Cette mauvaise compréhension peut conduire à restreindre les privilèges de la position chrétienne et par-là à réduire l’honneur dû au Seigneur qui nous les a acquis.

Ce n’est pas aller au-delà de l’Écriture Sainte que d’affirmer ce qui suit : la Parole de Dieu distingue entre la nouvelle naissance et le salut d’un côté, entre la nouvelle naissance et le sceau du Saint Esprit d’un autre côté. En outre la question du salut du croyant est en relation étroite avec son sceau par le Saint Esprit.

Que la nouvelle naissance ne doive pas être confondue avec la réception du Saint Esprit est rendu clair par les considérations et exemples qui suivent. Les croyants de l’Ancien Testament étaient sans doute nés de nouveau et possédaient la vie divine ; car ils sont « morts dans la foi » (Héb. 11:13) et font partie de ceux qui sont « du Christ » à Sa venue (1 Cor. 15:23). Cependant le Saint Esprit n’habitait en aucun d’eux comme dans un temple (1 Cor. 6:19). Ceci suffit à rendre clair qu’on peut être né de nouveau sans pour autant posséder le Saint Esprit. Or le Nouveau Testament montre également la même chose. Durant la vie de notre Seigneur, les disciples possédaient la vie divine parce qu’ils croyaient au Seigneur Jésus (Jean 3:3 et suiv. ; 10:10). Mais ils ne reçurent le Saint Esprit qu’à la Pentecôte (Actes 2).

On a des exemples particulièrement instructifs postérieurs à la venue du Saint Esprit sur la terre et au commencement du temps de la grâce. Quand Saul de Tarse s’effondra devant le Seigneur glorifié en disant « Que dois-je faire Seigneur ? », il possédait déjà la vie nouvelle par la foi en Lui. Mais il se passa encore trois jours jusqu’à ce que Ananias lui imposa les mains et qu’il reçut le Saint Esprit (Actes 22:10 ; 9:9-18).

Déjà auparavant beaucoup de gens avaient reçu la Parole de Dieu en Samarie, et cependant le Saint Esprit n’était encore tombé sur aucun d’eux. Ils ne Le reçurent que par l’imposition des mains des apôtres (Actes 8:14-17).

Le centurion romain Corneille était également né de nouveau, car Dieu le déclare pieux et craignant Dieu, lui et toute sa maison. Pourtant pour recevoir le Saint Esprit, il dut attendre que Pierre vînt à lui et lui apportât des paroles de salut (Actes 10).

Nous trouvons enfin au ch. 19 quelques disciples de Jean le baptiseur qui, à la parole de l’apôtre Paul leur demandant s’ils avaient reçu le Saint Esprit après avoir cru, répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire si le Saint Esprit est » ; « et Paul leur ayant imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux » (Actes 19:1-7).

Les raisons pour lesquelles dans chacun de ces cas le Saint Esprit a été donné avec un certain retard, étaient tout à fait variables selon les cas et n’ont pas besoin d’être discutées ici davantage. Cependant le fait particulier lui-même est incontestable. Nous devons donc faire soigneusement la différence entre la nouvelle naissance et le sceau du Saint Esprit. Ces deux processus opérés par Dieu sont liés, et peuvent être très rapprochés dans le temps, mais ce sont quand même des privilèges distincts.

Les conditions pour l’un ou pour l’autre sont également différentes. Pour être né de nouveau on doit croire en Jésus, le Fils unique de Dieu (Jean 3:16-18, 36 ; 1 Jean 5:1, 13). Car celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie (1 Jean 5:12). Mais pour posséder le Saint Esprit, il faut davantage. Comme le passage d’Éph. 1 le montre, il faut mettre sa confiance dans la « parole de vérité », l’« évangile de votre salut ». Autrement dit : On ne peut être scellé du Saint Esprit que si l’on se soumet avec foi au plein évangile de Dieu sans plus faire des ‘si’ ou des ‘mais’, et que l’on cesse de vouloir contribuer soi-même en quelque chose à son propre salut. C’est une telle personne que la Parole de Dieu qualifie de « sauvée ». C’est dans cette mesure que l’affirmation mentionnée au début est exacte, à savoir que toute personne sauvée possède le Saint Esprit.

L’exemple du centurion romain d’Actes 10 montre cela tout à fait clairement. Bien que Corneille fût né de nouveau — ce qui ressort à l’évidence de ses aumônes et de ses prières continuelles à Dieu — il n’était pas encore sauvé au sens du Nouveau Testament. Car le Seigneur lui fait dire par l’ange : « Envoie à Joppé, et fais venir Simon qui est surnommé Pierre, qui te dira des paroles par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison » (Actes 11:13-14). Corneille connaissait bien le message de la grâce que Dieu avait envoyé aux fils d’Israël (Actes 10:36), mais il n’osait pas se l’appliquer en tant qu’étranger — ce en quoi il avait tout à fait raison. Ce n’est que quand il put entendre que quiconque croit au Seigneur Jésus reçoit la rémission des péchés par son nom, que l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui entendaient la parole (Actes 10:43-44). Le don du Saint Esprit est le sceau de la rédemption [l’action de racheter].

Ce sont donc de grands privilèges dont il est question ici : nouvelle naissance – salut – sceau. Heureux celui qui en a fait l’expérience et qui remercie Dieu de tout cœur pour cela !

 

 

2        Célébrer la fête — 1 Cor. 5:7-8

Questions et réponses, p.166

2.1      Question :

Après avoir parlé en 1 Cor. 5:7 de ce que notre Pâque, Christ, a été sacrifiée, il est ajouté au v. 8 : « C’est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain… ». La célébration de la fête dont il est ici question, est-elle la fête de la cène ?

 

2.2      Réponse :

Je voudrais d’abord examiner l’expression utilisée dans la question posée : « fête de la cène ». En fait nous ne lisons nulle part dans l’Écriture que la cène du Seigneur soit fêtée. Nous rompons le pain (Actes 20:7 ; 1 Cor. 10:16), nous participons tous à un seul et même pain (1 Cor. 10:17), nous avons part à cette sainte chose, cela est vrai ; mais nous ne la fêtons pas [nous n’en célébrons pas la fête]. Certes je ne peux guère me représenter ici-bas sur la terre quelque chose ayant davantage le caractère de fête [jour solennel], que quand les enfants de Dieu sont rassemblés pour se souvenir de leur Sauveur mort et pour L’adorer, Lui et le Père, en esprit et en vérité. Cependant nous ne fêtons pas [ni ne célébrons la fête de] « la mort du Seigneur » ; nous l’annonçons (1 Cor. 11:26).

Dans l’expression « fête de la cène » qui figure dans la question posée, il n’y a certainement rien d’erroné quant au sens. Je ne dis pas qu’elle soit entièrement inexacte. Seulement il ne faudrait pas attacher à cette institution la pensée d’une décoration festive avec toute la force inventive de l’homme. Le Seigneur Jésus a établi Son repas en toute simplicité, et c’est en toute simplicité que les premiers chrétiens ont rompu le pain (Actes 2:42 et suiv.). Nous devrions en rester là. Tous les ajouts de l’homme, y compris ceux qui ont un caractère de fête, ne sont pas du Seigneur. Or n’est-ce pas Son repas, Sa cène, Sa table, (1 Cor. 11:10 ; 10:21) auxquels il nous est permis de participer ? Nous ne pouvons pas en faire ce qui nous plait.

En ce qui concerne maintenant l’expression de « célébrer la fête » de 1 Cor. 5, il ne s’agit pas d’une allusion à la table du Seigneur, mais à la fête des pains sans levain qui était en liaison directe avec le repas de la Pâque, et était fêtée dans les sept jours qui suivaient immédiatement (Exode 12). Pendant le repas de la Pâque et la fête des pains sans levain qui la suivait sans interruption, il n’était pas permis qu’il y ait aucun levain dans les maisons des Israélites. C’est cette image dont se sert l’apôtre Paul pour corriger la mauvaise conduite et le mauvais état des croyants de Corinthe. Ils avaient permis que du levain se trouve parmi eux, du levain de malice et de méchanceté.

Dans l’Écriture Sainte, le « levain » parle sans exception du péché, qui opère en mal et a tendance à communiquer son caractère à toute la masse. « Un peu de levain fait lever la pâte toute entière ». C’est un principe propre au péché : il ne reste pas limité à une chute ponctuelle ni à un individu dans un groupe, s’il n’est pas éliminé par le jugement de soi ou par la discipline, en tant que de besoin.

Le « levain » peut représenter du mal moral ou du mal doctrinal. Chez les Corinthiens, il s’agissait de mal moral, chez les Galates de mal doctrinal (Gal. 5:9). Le Seigneur Jésus nous met en outre en garde contre le levain des Pharisiens et des Sadducéens, qui est l’hypocrisie (Matt. 16:6 ; Luc 12:1).

Nous devons veiller très sérieusement à juger et ôter tout mal, à la fois dans nos vies personnelles et dans l’assemblée de Dieu, — et à « ôter le vieux levain » afin que, quant à notre état pratique, nous présentions ceci (c’est une « nouvelle pâte ») à l’extérieur : ce que nous sommes selon notre position par l’œuvre de Christ (c’est-à-dire « sans levain »). C’est pourquoi l’apôtre dit : « ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain » (1 Cor. 5:7).

Nous devons donc, nous enfants de Dieu, célébrer cette « fête ». Combien de temps, ou à quelle fréquence ? Chaque premier jour de la semaine quand nous rompons le pain ? — Non, non pas un jour dans la semaine, mais sept jours sur sept — toute la durée de notre vie ici-bas sur la terre. Car le nombre « sept » indique toujours quelque chose de complet dans les choses divines. Combien il est saisissant, combien est solennelle cette motivation pour célébrer la fête : La mort de notre Seigneur ! « Car aussi notre Pâque, Christ, a été sacrifiée ». S’Il a été immolé (Apoc. 5:9), pour nous délivrer des conséquences éternelles de notre péché, c’est alors pour nous une impossibilité morale de vivre dans le péché. Nous le jugeons, et le jugeons impitoyablement — cependant dans la conscience heureuse de la grâce qui l’a ôté aux yeux de Dieu.

 

 

3        Le corps de résurrection du Seigneur

Questions et réponses, p.114

3.1      Question :

Est-il juste de dire que le Seigneur Jésus en résurrection a eu un autre corps que celui qu’Il avait sur la terre ? Pourriez-vous exprimer quelques pensées sur le corps de résurrection du Seigneur ? J’avais pensé que c’était en principe le même corps puisqu’il avait encore la marque des clous.

3.2      Réponse :

Vous touchez un point qui a déjà occupé bien des croyants, et sur lequel nous n’avons pourtant pas grand-chose à dire. En ce qui concerne le corps du Seigneur en résurrection, remarquons d’abord ceci : Ce n’est pas un corps complètement autre, que le Seigneur possédait ou possède en résurrection. Il est d’un autre caractère, d’une sorte plus élevée, certainement — mais il n’est pas complètement autre. Car quand les femmes entrèrent dans le sépulcre, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus (Luc 24:3). Pourquoi ne le trouvèrent-elles pas ? Parce que le Seigneur Jésus était ressuscité dans ce corps. « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, mais Il est ressuscité » dirent les anges. Il s’agissait donc du même corps humain, qui, il est vrai, a subi en résurrection une transmutation inimaginable pour nous.

Nous l’apprenons à nouveau un peu par Jean 20:19 : avec ce corps de résurrection, le Seigneur pouvait traverser des portes fermées sans qu’un ange ait à les Lui ouvrir, comme plus tard pour Pierre (Actes 5:19 ; 12:10). Ici il n’y eut pas un miracle de ce genre, mais nous apprenons quelque chose de la capacité surnaturelle que possède le corps de résurrection. Ce corps de résurrection est un miracle en soi, et nous ne pouvons rien dire de plus que ce que l’Écriture nous communique.

Bien que ce fût un corps réel, humain, un corps qu’on pouvait toucher, qui comprenait de la chair et des os (Luc 24:39) et qui portait les marques de ses souffrances, c’était pourtant aussi un corps spirituel qui n’était pas assujetti aux lois physiques de la première création, de sorte que le Seigneur pouvait avec ce corps traverser des portes fermées, puis apparaître, puis de nouveau disparaître : « et Lui devint invisible » (Luc 24:31). Dans ce corps, les disciples Le virent finalement s’en aller au ciel, tandis qu’il était élevé jusqu’à ce qu’une nuée l’emporta de devant leurs yeux (Actes 1:9). Maintenant le Seigneur Jésus est glorifié à la droite de la Majesté dans les hauts lieux (Héb. 1:3), mais il y est avec Son corps humain, avec « Son corps glorieux » sur la constitution duquel l’Écriture ne dit rien.

Un mystère insondable repose sur le corps de résurrection. Pour en comprendre davantage, nous devrons attendre jusqu’à ce que ce qui est parfait soit venu (1 Cor. 13:10). Mais déjà maintenant nous nous réjouissons de la ferme assurance qu’Il transformera le corps de notre abaissement en la conformité de Son corps de gloire (Phil. 3:21), et que nous ne endormirons pas tous, mais que nous serons tous changés, en un instant, en un clin d’œil (1 Cor. 15:52). Alors nous Le verrons comme Il est (1 Jean 3:2). La gloire du corps que nous porterons alors ne nous occupera pas, je pense. Il ne sera qu’un instrument qui nous rendra capable de Le contempler et de jouir de Celui qui nous aime de manière si inexprimable.

 

 

4        L’Homme Christ Jésus 

Questions et réponses, p.122

4.1      Question :

Dieu a-t-Il été pendu à la croix ?

4.2      Réponse :

Avant d’aborder cette question légèrement provocante, je voudrais faire l’observation qu’on ne doit pas forcément imputer de mauvaises intentions à ceux qui ont donné lieu à cette question. Au contraire, il leur tenait à cœur en sincérité de cœur d’honorer leur Seigneur et Sauveur, et de défendre la grande vérité que Jésus Christ est Dieu. De nos jours où la divinité de Christ est largement reniée, c’est un effort nécessaire et louable. On ne peut pas avoir recours à des moyens ou des paroles fausses pour défendre la vérité, mais on doit autant que possible s’en tenir absolument à la Parole de Dieu, spécialement quand il s’agit de la personne du Seigneur Jésus. Autrement nous dénigrons le Seigneur au lieu de L’honorer.

En ce qui concerne la question de savoir si Dieu a été pendu à la croix, il n’y a qu’une réponse à donner : l’Écriture Sainte ne parle pas de cette manière, et nous ne devons  pas non plus le faire. Car si Dieu pendait à la croix, alors Il y est aussi finalement mort.

La mort de Dieu ! Terrible égarement ! Impossibilité absolue !

Il y a effectivement des chants chrétiens qui induisent tout à fait en erreur dans les expressions qu’ils utilisent. Celui qui a posé la question pensait à un cantique particulier qui commence à parler de Dieu, puis qui continue en disant « tu es l’Agneau ». C’est faux, tout simplement. Ce n’est pas Dieu qui est l’Agneau, mais le Seigneur Jésus est l’Agneau de Dieu (Jean 1:29 ; 1 Pierre 1:19).

L’erreur de telles affirmations réside en ce qu’on ne fait pas la différence entre la Personne de Dieu d’un côté et la Personne de Jésus Christ d’un autre côté. Nous devons absolument distinguer les Personnes dans la Déité, sans cependant les séparer l’une de l’autre dans nos pensées. Ainsi on ne peut pas utiliser au hasard l’un ou l’autre des titres ou des noms de « Dieu » et de « Jésus Christ » ; on ne peut pas les échanger l’un l’autre à la légère — parce que le Seigneur Jésus Christ est vraiment Dieu. Si on le fait quand même, on en arrive à dire ce qui est au mieux malheureux, au pire faux. Cela vaut par exemple pour l’exclamation suivante attribuée à Luther : « Dieu abandonné de Dieu — qui peut le comprendre ! ». Le Seigneur Jésus comme homme a été abandonné de Dieu, mais non pas comme Dieu, le Fils (Jean 1:18). Ce n’est que comme homme qu’Il pouvait aussi parler de Dieu comme de « mon Dieu » (Ps. 22:10).

Nous ne sommes pas capables d’entrer dans le mystère de la Personne de Christ, nous ne pouvons pas saisir avec intelligence qu’Il est à la fois Dieu et homme dans une seule et même Personne. Mais nous devons différencier ces deux cotés ; l’Écriture le fait aussi. Que dit-elle sur le seul médiateur entre Dieu et les hommes ? Celui qui « s’est donné lui-même en rançon pour plusieurs » ? C’est « l’homme Christ Jésus » (1 Tim. 2:5). Naturellement le Seigneur Jésus est absolument Dieu, comme le Père l’est. Mais Il a souffert et est mort à la croix, c’est comme homme qu’Il a alors souffert et est mort là.

Et si nous pensons au commencement de Son chemin comme homme, le fait qu’Il est « devenu chair » (Jean 1:14), qu’Il est « né de femme » (Gal. 4:4), Il a donc eu une « mère » (Matt. 1:18 ; 2:13 ; Jean 19:25-26). Mais faisons attention avec quel soin la Parole de Dieu parle d’elle ! Elle est nommée « la mère de Jésus » (Jean 2:1, 3 ; Actes 1:14), la « mère de mon Seigneur » (Luc 1:43), mais jamais la « mère de Dieu » (*). Dieu n’a pas de mère. Toutefois le Sauveur en avait une, comme homme. — Laissons les choses en cet état ! Si nous allons plus loin, nous péchons.

 

(*) Note Bibliquest : titre reconnu à tort par les églises catholiques et orthodoxes suite au concile d’Éphèse de 431.

 

 

5        Souffrir avec Christ

Questions et réponses, p.228

5.1      Question :

En Romains 8:17 il est dit : « si … du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui » (Rom. 8:17). S’agit-il là d’une souffrance avec Christ ? Comment faut-il comprendre la condition « si du moins » ?

 

5.2      Réponse :

Cette « souffrance avec » est bien certainement une souffrance avec Christ, comme aussi il y aura le « régner ensemble avec Lui ». Seulement il ne faut pas tourner cette phrase d’une manière que Christ aujourd’hui dans la gloire souffrirait encore. Le regard est beaucoup plus tourné vers le passé au temps où Il séjournait ici-bas sur la terre.

Dans ce monde de péché, dominé par Satan, tout ce qu’Il a trouvé ici-bas était contre Lui et contre Son Être. Cela se traduisait pour Lui par de la souffrance — une souffrance constante. Il révélait ici-bas l’amour et la sainteté de Dieu, mais Il ne rencontrait ici-bas que la contradiction des pécheurs contre Lui-même, — Il l’a endurée, nous dit l’apôtre aux Hébreux (12:3). S’Il montrait la grâce et l’amour divins, il Lui était répondu par de la haine. S’Il révélait la sainteté de Dieu, du côté de l’homme il ne se trouvait que du péché. Son autorité ne rencontrait que révolte et rébellion ; et malgré toutes les circonstances humiliantes, la dignité de Sa personne se faisait connaître, de sorte que l’incrédulité et même la moquerie Le frappaient. Et de combien d’incompréhension Il dut faire l’expérience, y compris de la part de ses propres disciples ! Car quelqu’un l’a-t-Il jamais réellement compris, hormis Marie de Béthanie ? Si nous suivons Son chemin d’amour avec des yeux attentifs, alors nous verrons que Son amour Le laissait toujours plus isolé.

Tout cela, le Seigneur le ressentait profondément, comme bien des passages l’attestent, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament. Il était le Saint, le Pur. Combien le péché et l’injustice chez les hommes autour de Lui, Lui ont causé de douleur ! et n’a-t-Il pas versé des larmes quand Il voyait les conséquences du péché chez Sa créature (Jean 11:35) ?

Or cette manière de souffrir n’a pas été seulement Sa part. Dans la mesure où nous allons de l’avant dans la puissance de l’Esprit Saint, nous ressentirons et nous souffrirons aussi comme Lui. Christ est notre vie (Col. 3:4), et Sa vie est notre vie ; nous l’avons en Lui (Jean 14:19 ; 1 Jean 5:11-12). Mais alors la vie en nous doit se manifester en principe de la même manière qu’en Lui, sauf que chez Lui tout était parfait. Tous ceux qui L’ont, Lui, comme leur vie, tous ceux qui possèdent la nature divine, souffrent dans un monde méchant, ennemi de Dieu : ils sont constamment blessés par celui-ci dans leurs sentiments saints. Le Seigneur Jésus savait à l’avance que nous pleurerions, ici et maintenant (Luc 6:21). La mesure de cette souffrance dépend cependant, comme on l’a déjà remarqué, de la proximité avec laquelle nous vivons avec le Seigneur. Mais en principe ici, tous les enfants de Dieu souffrent à cause du péché, qui les environne.

Ce qui vient d’être dit, est encore confirmé par la manière dont le Saint Esprit s’exprime dans notre verset, et nous arrivons par-là à la deuxième partie de la question. La langue grecque du Nouveau Testament connaît plusieurs sortes de propositions (phrases) conditionnelles. Le « si » utilisé ici correspond à une condition accomplie, c’est-à-dire qu’avec cette construction de phrase, l’écrivain part du fait que ce qui est introduit par le « si » est effectivement accompli. C’est pourquoi il est mieux de traduire « si, pour préciser, nous souffrons avec » ou « si du moins nous souffrons avec », au lieu de la traduction précédente allemande « si autrement nous souffrons ». En traduisant ainsi, la seconde proposition est considérée comme quelque chose de sûr, de vrai : nous serons glorifiés.