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Questions et réponses

 

en rapport avec la mort du Seigneur

 

Christian Briem

 

Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières abrégée :

1     Le Seigneur s’est-Il écroulé sous le poids de la croix ?

2     Corps ou cadavre. Marc 15:43, 45

3     Mort pour réunir les enfants de Dieu dispersés : lesquels ? (Jean 11:51, 52)

Table des matières détaillée :

1     Le Seigneur s’est-Il écroulé sous le poids de la croix ?

Question

Réponse

Seulement une supposition

Silence de l’Écriture

Homme parfait. Le mystère de Sa personne

2     Corps ou cadavre. Marc 15:43, 45

3     Mort pour réunir les enfants de Dieu dispersés : lesquels ? (Jean 11:51, 52)

3.1      Question

3.2      Réponse

 

1                    Le Seigneur s’est-Il écroulé sous le poids de la croix ?

Questions et réponses, p. 77

Question

Les Juifs ont contraint Simon de Cyrène à porter la croix de Jésus (Matthieu 27:32 ; Marc 15:21). En Luc il est dit qu’ils « le chargèrent de la croix, pour la porter après Jésus » (Luc 23:26). Jean ne mentionne rien de cela, mais constate plutôt qu’Il a porté Lui-même la croix (Jean 19:17). Pouvons-nous en déduire que le Seigneur Jésus en chemin vers Golgotha se soit écroulé sous le poids de la croix ?

 

Réponse

Seulement une supposition

Quand on pense à la dureté de la flagellation que le Seigneur a dû endurer (*) — elle entraînait souvent l’évanouissement et même la mort —, il est tout à fait compréhensible humainement de se représenter celui qu’on menait au lieu du supplice en train de tomber tôt ou tard sous le poids de la croix. Mais cette déduction n’est qu’une tentative d’expliquer pourquoi on força Simon de Cyrène à porter la croix de Jésus. Cependant cette supposition ne s’impose pas. Il est aussi tout à fait pensable que les soldats romains aient seulement craint que le condamné faiblisse et s’écroule, et qu’ils ont voulu prévenir cela. Si on s’en tenait aux coutumes de l’époque, on ne manquerait pas de trouver encore d’autres possibilités d’explication. Peut-être était-ce même habituel d’ôter la croix aux condamnés ayant subi la flagellation, durant le dernier parcours menant au lieu du supplice.

 

(*) On rapporte que les lanières des fouets étaient garnies de morceaux de plomb ou de crochets barbelés laissant des traces terribles. En cas de crucifixion, la flagellation n’était appliquée que pour des crimes particulièrement graves.

 

Silence de l’Écriture

Mais il y a des raisons importantes pour lesquelles le Seigneur Jésus n’a pas montré de signes de faiblesse corporelle et ne s’est pas écroulé sous le poids de la croix. D’abord l’Écriture sainte ne mentionne rien du tout qui autoriserait de telles suppositions. Ni les récits historiques du Nouveau Testament ni les paroles prophétiques de l’Ancien Testament ne disent quoi que ce soit à ce sujet. Si nous pensons au passage saisissant du Psaume 129:3 : « Des laboureurs ont labouré mon dos, ils y ont tracé leurs longs sillons », on ne trouve aucune indication de faiblesse chez celui qui a été ainsi traité. Souvent opprimé dès Sa jeunesse, le Seigneur a pu dire prophétiquement : « cependant ils n’ont pas prévalu sur moi » (Ps. 129:2).

 

Homme parfait. Le mystère de Sa personne

Le Seigneur Jésus était vraiment homme ; mais il était et est aussi infiniment plus : une personne divine. En tant qu’homme parfait, Il a ressenti toutes les souffrances d’une manière absolue, qu’elles fussent du corps ou de l’âme. Mais Il n’a pas enduré Ses souffrances en nourrissant les regards des curieux. Cela a toujours été quelque chose entre Lui et Son Dieu et Père. Même pendu à la croix et subissant les souffrances indicibles dans Son corps et dans Son âme, nous ne L’entendons ni soupirer ni gémir. Il avait au contraire la force de prier pour Ses ennemis.

Nous arrivons ainsi à un troisième point qui me parait être d’importance décisive pour notre question : Le Seigneur n’est pas mort d’épuisement à la croix. Il a montré une force parfaite dans une faiblesse complète. Cela tient au mystère de Sa personne, à la fois Dieu et homme dans une personne (cf. 1 Timothée 3:16). Ce mystère, nous ne pouvons ni ne voulons le sonder. Personne ne Lui a pris la vie, mais Il l’a laissée de Lui-même (Jean 10:18). Il possédait en Lui-même la force et l’autorité pour le faire, et Il les a utilisées, tout en étant parfaitement obéissant en toute choses. Quand Il était sur le point de remettre Son esprit entre les mains du Père, et qu’Il a encore invoqué Son Père à ce sujet, Il l’a fait d’une « voix forte » (Luc 23:46).

Non, il n’y avait aucun signe de faiblesse chez Lui, ni sur le chemin menant à la croix ni à la croix elle-même. Il aurait pu continuer à porter la croix, si on ne la Lui avait pas ôtée. Et le poids encore plus lourd qu’Il a porté à la croix pour nous, c’était le poids de nos péchés innombrables sous le jugement de Dieu ; Il ne l’a pas porté en état de faiblesse, mais en pleine possession de Sa force et en pleine conscience de ce que signifiait la colère de Dieu contre le péché. Comment aurait-Il pu autrement accomplir l’œuvre de la rédemption ?

 

 

2                    Corps ou cadavre. Marc 15:43, 45

Questions et réponses, particularités du texte de l’Écriture Sainte, p. 477

« Joseph qui était d’Arimathée… vint et prit sur lui d’entrer auprès de Pilate, et lui demanda le corps de Jésus » (Marc 15:43)

« Et l’ayant appris du centurion, il donna le corps à Joseph » (Marc 15:45).

 

Dans les deux passages cités de Marc 15, il est question du corps mort de notre cher Seigneur Jésus. Mais les mots utilisés pour « corps » ne sont pas les mêmes.

Au verset 43 se trouve le mot normal « soma » utilisé partout pour le corps vivant des gens et des animaux. Mais ce mot peut aussi servir à désigner un corps mort, car c’est le terme le plus noble des deux mots en question. Quand il est parlé du corps du Seigneur mort dans le Nouveau Testament, c’est toujours, à une exception près, ce mot « corps » (soma) qui est utilisé.

L’exception se trouve au verset 45 du même chapitre. Certes il faut noter, qu’un grand nombre de manuscrits, et avant tout le Codex Alexandrin, utilise ici aussi le mot « soma ». Mais les manuscrits qui ont le plus de poids témoignent en faveur du mot « ptoma » ou « Ptoma » qui signifient respectivement « ce qui est tombé », « celui qui est tombé », ce qui est sans rapport avec la corruption. Les grecs utilisaient ce mot pour décrire un mur brisé, une maison effondrée. Mais s’agissant du corps humain ou animal, cela veut dire « cadavre ».

Lorsque les disciples de Jean le Baptiseur vinrent enlever son corps mort pour l’enterrer, c’est le mot « ptoma » = cadavre qui est utilisé pour désigner le « corps » (Matt. 14:12 ; Marc 6:29). En Matthieu 24:28, ce mot est traduit par « corps mort » en français (JND), et « charogne » en allemand. En dehors de cela, ce mot se retrouve encore trois fois dans l’Apocalypse (11:8, 9), chaque fois traduit par « corps mort ».

Il n’est pas facile de conclure sur la question de savoir pourquoi le mot « ptoma » n’est utilisé qu’une seule fois pour désigner le corps mort du Seigneur. L’évangéliste Marc est le seul à montrer une différence nette d’appréciation de Christ mort entre Joseph d’Arimathée et Pilate : Joseph utilise le mot noble « soma » (corps) pour désigner le corps de Jésus, tandis que pour Pilate ce n’était qu’un « ptoma » (cadavre).

 

 

3                    Mort pour réunir les enfants de Dieu dispersés : lesquels ? (Jean 11:51, 52)

Questions et réponses, p. 359

3.1   Question

En Jean 11, il est dit « que Jésus allait mourir pour la nation ; et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11:51, 52). La dernière phrase présente une difficulté pour moi : les enfants de Dieu étaient-ils déjà dispersés, de sorte que le Seigneur Jésus devait mourir pour cela ? Pourtant au commencement, ils étaient un cœur et une âme (Actes 4:32). Ou bien l’expression « les enfants de Dieu dispersés » se rapporte-t-elle prophétiquement au peuple Juif ?

 

3.2   Réponse

L’expression « enfants de Dieu dispersés »  ne peut pas se rapporter au peuple Juif pour au moins deux raisons. L’une est que les versets cités de Jean 11 distinguent justement la « nation » d’avec les « enfants de Dieu dispersés ». Il s’agit donc de deux groupes de personnes différents, pour lesquels le Seigneur Jésus est mort. L’autre raison est que les Juifs ou Israël ne sont jamais qualifiés, en tant que tels, d’« enfants de Dieu ». Tout au début de l’évangile, nous apprenons ce qu’il faut comprendre par « enfants de Dieu » : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, [savoir] à ceux qui croient en son nom ; lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jean 1:12, 13).

Faire la liaison entre l’idée de « dispersion» et de « tombé en ruine » induit sûrement en erreur, et le Saint Esprit ne l’envisage pas. La pensée se rapporte beaucoup plus à des enfants de Dieu vivant sur la terre isolément ou séparément, que le Seigneur voulait réunir par sa mort. Au milieu de la nation juive, il y en avait déjà qui croyaient au Seigneur Jésus, et qui étaient donc des enfants de Dieu. Mais ils étaient plus ou moins dispersés, isolés les uns des autres. Par sa mort, le Seigneur ne voulait pas seulement les sauver, mais aussi les réunir. Lorsque le Saint Esprit vint sur la terre au jour de la Pentecôte, c’est justement ce qui eut lieu, et il en naquit l’assemblée, mais le Seigneur Jésus avait posé la base pour cela par Sa mort.

Le fait que le Seigneur en avait encore d’autres personnes en vue, ressort clairement de deux passages de l’évangile de Jean. Au chapitre 10, le Seigneur parle d’autres brebis qu’Il avait, et qui n’étaient pas de la bergerie d’Israël. Il devrait les amener elles aussi, et il y aurait alors un seul troupeau et un seul berger (v. 16). Et lorsqu’Il priait Son Père, Il ne priait pas seulement pour les apôtres vivant à ce moment-là, mais aussi pour ceux qui viendraient à croire en Lui par leur parole (Jean 17:20). Là aussi Il avait leur unité en vue : « afin que tous soient un… ». Certes Jean ne parle pas du corps de Christ qui est un. Ce qu’il présente, c’est l’unité de la famille de Dieu. Mais cette unité est toujours vue sous l’angle particulier de l’unité des enfants de Dieu, une unité produite à partir de croyants provenant à la fois des Juifs et des nations. Afin de la produire, le Bon Berger a dû laisser Sa vie. Il n’y avait aucune autre manière possible de produire l’unité des croyants avec Lui et entre eux. Sans cette mort, le « grain de blé » aurait été seul.