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Service religieux et Culte

 

 

Christian Briem

 

Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8.

Sous-titres ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     Adoration et service — Place de l’édification dans le culte

2     Le service religieux. Romains 12:1 et Jacques 1:27

3     Sacrifices de louanges. Hébreux 13:15 et 1 Pierre 2:5

Table des matières détaillée :

1     Adoration et service — Place de l’édification dans le culte

Question

Réponse

Différence entre adoration et service de la parole

Cantiques d’édification pendant le culte

2     Le service religieux. Romains 12:1 et Jacques 1:27

3     Sacrifices de louanges. Hébreux 13:15 et 1 Pierre 2:5

3.1      Question

3.2      Réponse

 

 

 

 

1                    Adoration et service — Place de l’édification dans le culte

Questions et réponses p. 24

Question

Quelle est la différence entre l’adoration et l’annonce de la parole (ou : prédication) ? N’est-ce pas que dans l’adoration nous apportons quelque chose à Dieu (cf. 1 Pierre 2:5), tandis que par la prédication de la Parole nous recevons quelque chose de Dieu ? Lors de la réunion pour l’adoration, doit-on aussi laisser de la place pour l’édification de ceux qui sont rassemblés, par exemple en permettant que des cantiques édifiants puissent être chantés ?

 

Réponse

Différence entre adoration et service de la parole

La différence entre l’adoration et le service de la parole (Actes 6:4) n’est malheureusement pas comprise dans une grande partie de la chrétienté. Si on parle de « culte », on entend par là en général une prédication. Pourtant la parole de Dieu fait très bien la différence entre le culte (adoration) et le service de la parole. Des vérités importantes sont perdues, si on perd de vue cette différence.

Il en est précisément comme vous l’écrivez, et le passage que vous évoquez dans la première épître de Pierre le confirme clairement : dans l’adoration nous apportons quelque chose à Dieu, plus précisément des sacrifices spirituels. Ce que cela signifie est clairement indiqué en Hébreux 13:15 : « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ». Tous les enfants de Dieu rachetés sont de saints sacrificateurs et sont rendus capables de rendre ce culte à Dieu, et sont appelés à le faire. Si tous donnent suite à cet appel, c’est une autre question. L’adoration est le résultat de l’exercice de la sainte sacrificature. Elle va des hommes vers Dieu. Comme dans l’Ancien Testament l’odeur agréable des choses ou des animaux offerts montait vers Dieu, ainsi aujourd’hui la bonne odeur de ce que les cœurs des rachetés ressentent au sujet de Christ s’élève vers Dieu.

En revanche le service de la parole, qui consiste par exemple à présenter la parole, est l’exercice d’un don conféré par Dieu (cf. Rom. 12:3-8 ; 1 Cor. 12 ; Éph. 4). Ce service va de Dieu vers les hommes. Il n’est pas du tout exercé par tous les enfants de Dieu ; car tous ne sont pas appelés par Dieu à être serviteurs de la parole, et tous n’ont pas reçu le don de grâce spirituel nécessaire pour faire ce service. Cependant tous sont sacrificateurs. Le service de la parole a pour but d’apporter la vérité divine aux cœurs et aux consciences des hommes, et par là, de les édifier (1 Cor. 14:3, 4)

 

Cantiques d’édification pendant le culte

Nous arrivons ainsi à la deuxième partie de votre question. Tandis que d’un côté l’annonce de la parole a donc pour but l’édification de l’assemblée de Dieu, d’un autre côté le but de l’adoration, c’est Dieu lui-même, et c’est de Lui rendre gloire. Si on garde cela présent à l’esprit, on est préservé de mélanger les deux pensées. Naturellement quand nos cœurs s’épanchent vers Dieu en adoration, ils sont aussi édifiés eux-mêmes au plus haut degré, mais ce n’est pas le but de l’adoration. On pourrait plutôt appeler cela un effet secondaire. Mais Dieu attend l’adoration de Ses enfants : « Le Père en cherche de tels qui l’adorent » (Jean 4:23). Or si tel est le désir du Père, devrions-nous, lors de la réunion pour la fraction du pain où l’adoration trouve pourtant son expression la plus élevée, chanter des cantiques qui ne L’ont pas Lui pour objet, ni Son Fils, mais nous et notre édification ? Cela ne correspond absolument pas aux pensées de Dieu. Nous devrions toujours commencer par donner à Dieu ce qui Lui revient, et ne pas toujours penser tout de suite à nous. Par Sa grâce, Dieu nous a rendus capables, nous qui étions autrefois perdus, de L’adorer en esprit et en vérité. Cela reviendrait à inverser les priorités établies par Dieu, si l’on estimait la proclamation de l’évangile, ou une prédication ou tout autre service, plus important que l’adoration de Dieu. Nous ne devrions pas qualifier de « gaspillage », comme les disciples l’ont fait autrefois, le fait de répandre le nard précieux sur le corps du Seigneur. Ils s’étaient laissés entraîner par Judas Iscariote à poser la question : « À quoi bon cette perte ? » (Matt. 26:6-8 ; Jean 12:5). Nous connaissons la réponse du Seigneur.

 

 

2                    Le service religieux. Romains 12:1 et Jacques 1:27

Questions et réponses, particularités du texte de l’Écriture Sainte, p. 440

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, [ce qui est] votre service intelligent » (Romains 12:1)

« Le service religieux pur et sans tache devant Dieu le Père, est celui-ci : de visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, de se conserver pur du monde » (Jacques 1:27)

 

Dans ces deux versets, il y a deux termes différents pour désigner le « service religieux », ou « service de Dieu ». Le premier, en Romains 12:1, dérivé du verbe « latreuo », signifie à l’origine « servir en vue d’une rémunération ». Or, dans le grec biblique le verbe « latreuo » et le substantif correspondant « latreia » ont un sens anobli, de sorte qu’ils ne sont jamais utilisés pour aucun autre service que celui rendu au vrai Dieu ou à de fausses idoles.

Ce « servir-Dieu », ou service religieux, est dans son sens le plus élevé, l’adoration. C’est la signification qu’on trouve par exemple en Heb. 9:14 ; 12:28 ; Apoc. 7:15 ; 22:3. En Actes 7:42 avec « latreuo » et en Romains 1:25 avec « latreia », c’est le culte des idoles qui est en vue. Ces deux mots sont également utilisés pour désigner le service sous la première alliance (Luc 2:37 ; Actes 26:7 ; Rom. 9:4 ; Héb. 8:5 ; 9:16 ; 10:2). Saul servait (latreuo) le Dieu de ses pères (Actes 24:14) ; il Le servait depuis ses ancêtres avec une conscience pure (2 Tim. 1:3). Pendant le voyage en bateau vers Rome, il parla aux passagers du Dieu « à qui je suis et que je sers (latreuo) » (Actes 27:23).

Nous concluons donc de ces exemples que l’adoration est bien la forme la plus élevée du service religieux, et que fondamentalement ce service n’est pas équivalent à l’adoration. Romains 12:1 le montre aussi clairement : Présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce n’est pas adorer, mais c’est notre service religieux intelligent. Le service religieux est un service rendu à Dieu. C’est pour cela que, dans l’Écriture, l’écoute d’une prédication n’est pas appelé service religieux, car là, c’est plutôt Dieu qui nous sert, si l’on peut parler ainsi. La prédication de la parole est un service rendu aux hommes.

En Jacques 1:27, il y a un autre mot pour « service religieux » ; c’est « threskeia » qui signifie proprement « religion, culte » dans le sens d’une vénération religieuse, cérémonielle. Il désigne plutôt le côté extérieur du service religieux. Ainsi, Paul avait autrefois vécu en tant que pharisien selon la secte la plus exacte du culte (threskeía) juif (Actes 26:5).

Or on peut être certain que Jacques, inspiré par l’Esprit, n’a pas utilisé sans raison précise les mots « religieux » (1:26) et « service religieux » (1:26 et 1:27). L’homme a toujours tendance à se contenter de formes religieuses sans contenu réel. Mais Dieu attache de l’importance à la vérité dans l’être intérieur ; pour Lui le fruit se trouve dans les motivations. Il y avait beaucoup de gens autrefois, et aujourd’hui encore, qui se considèrent religieux comme s’ils servaient Dieu. Mais s’ils ne savent pas tenir leur langue en bride, ils montrent qu’ils ne sont pas soumis à la volonté de Dieu. Alors tout leur service religieux extérieur est vain, et ils se séduisent eux-mêmes, car leur service religieux est entaché et profané par des motivations égoïstes.

Jacques poursuit ensuite ce courant de pensée, et n’en reste pas simplement à ces termes ou expressions de « religieux » ou « service religieux » du verset 27, mais il leur adjoint deux qualificatifs : « Un service religieux pur et sans tache ». C’est comme s’il disait : « Tu te glorifies de tes exercices religieux ? Or voilà un service pur et sans tache qui découle de la vie divine et de la soumission à Dieu, et qui n’a pas de motivations égoïstes ». Il cite alors deux choses que nous méconnaissons ou oublions si facilement : visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, et se conserver pur du monde. Certes, ces choses ne constituent pas tout le service religieux, mais Dieu les choisit justement, car elles manifestent une vraie crainte de Dieu et un amour authentique.

 

 

3                    Sacrifices de louanges. Hébreux 13:15 et 1 Pierre 2:5

Questions et réponses, p. 241

3.1   Question

Depuis longtemps le verset d’Hébreux 13:15 me préoccupe : « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ». Il me semble que ce verset est une invitation adressée aux croyants Hébreux (et par suite à nous aussi), à s’approcher de Dieu et à L’adorer sur le terrain chrétien et non sur le terrain de la loi.

Ce verset est souvent exposé, comme s’il s’agissait d’une expression de l’activité du Seigneur dans le sens que par Ses soins, notre adoration faible et insuffisante serait rendue plus parfaite et plus agréable quand Il la présente devant Dieu. Cette interprétation n’est-elle pas déraisonnable ? Et elle n’est pas rendue plus correcte par 1 Pierre 2:5.

 

3.2   Réponse

Dans ce verset d’Hébreux 13, il s’agit sans aucun doute d’une exhortation aux croyants, et non pas d’une indication sur ce que le Seigneur fait. La pensée que tout ce qui nous apportons à Dieu en prière et en adoration, doive préalablement transiter par les mains du Seigneur pour pouvoir être agréable à Dieu, me semble n’avoir aucun fondement dans le Nouveau Testament. À mon avis, on ne devrait pas exposer ou expliquer de cette manière les expressions « par lui » de Héb. 13:15 et « par Jésus Christ » de 1 Pierre 2: 5. La parole de Dieu ne part pas du principe que nos « sacrifices spirituels » seraient en partie charnels, en partie spirituels, et que le Seigneur devrait ôter ce qui est humain ou charnel pour que Dieu puisse agréer ce qui est spirituel. Ces « sacrifices de louange » sont bien plutôt et justement composés de ce que le Saint Esprit peut produire dans nos cœurs, lorsqu’Il nous occupe de la personne du Seigneur et de Son œuvre, et de ce qui vient alors sur nos lèvres. Et tout ce qui parle de Christ, tout ce qui est produit par l’Esprit Saint est agréable à Dieu. Bien sûr il y a toujours le danger d’apporter du « feu étranger » (Lév. 10:1 ; Nombres 3:4) et de mélanger ce qui est humain avec ce qui est spirituel, mais ces deux passages n’en parlent pas.

Pour quelle raison, est-il quand même ajouté : « par lui » et « par Jésus Christ » dans ces deux passages ? Je pense d’abord que ces mots doivent nous rappeler, que tout ce que nous faisons vis-à-vis de Dieu, n’est possible que par le Seigneur Jésus. Tout ce que nous avons et ce que nous sommes, nous ne le possédons qu’en Lui, et c’est devenu nôtre que par Lui.

Un passage de l’épître aux Éphésiens peut nous apporter quelque aide sur ce courant de pensée : « car par lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit » (Éph. 2:18). On retrouve ici la même expression « par lui ». Cela ne signifie-t-il pas que nous ne pouvons approcher le Père qu’en vertu de ce que Christ a accompli à la croix pour glorifier le Père — que comme ceux qui sont pour ainsi dire revêtus de la valeur de Son œuvre ? C’est le seul moyen, ce n’est que par Lui que nous pouvons avoir cet accès auprès du Père. Mais cela a également lieu par un « seul Esprit », c’est à dire dans la force du seul Esprit. Car c’est la signification de la préposition « par » dans ce passage : non pas « au moyen de » (en grec : dia), comme au début du verset, mais « en » ou « dans la force de » (en grec : en).

Si nous sommes ainsi exhortés à offrir sans cesse des actions de grâces à Dieu, l’adjonction de l’expression « par lui » montre clairement, que cela n’est possible que si nous avons devant nous le Seigneur Jésus comme l’objet de notre cœur, et si nous sommes conscients de la relation que nous possédons en Lui. Nous n’avons pas de sacrificateur terrestre ni d’autel terrestre, comme Israël autrefois. Non, mais nous avons un Souverain Sacrificateur qui a traversé les cieux et qui est maintenant à la droite de Dieu. Et nous avons un « autel » dont ceux qui servent le tabernacle n’ont pas le droit de manger (Héb. 13:10). Cela veut dire : pour nous, le chemin vers Dieu, c’est Christ et Son œuvre. Qu’il s’agisse du chemin vers Dieu (épître aux Hébreux) ou du chemin vers le Père (Jean 14:6) — c’est toujours Christ.

Il y a encore une vérité générale de l’Écriture Sainte que nous devons avoir en vue pour de tels passages : Ce que le Père fait, Il le produit par le Fils ; et ce que le Fils opère en nous, Il le produit par le Saint Esprit, que nous possédons. « Par lui » ne peut ainsi pas être séparé de la personne et de l’activité du Saint Esprit. Et cela facilite beaucoup la compréhension de ces tournures de phrases.