[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

L’AUTEL DE L’ADORATION

 

Lév. 6:1-6 ; Jean 4:23, 24 ; 1 Cor. 11:23-26 ; Héb. 13:15

 

W.J. Hocking

ME 1941 p. 97, 113, 146

 

 

Table des matières :

1     L’adoration sur la montagne de Morija — Gen. 22

2     Adoration et holocauste — Lév. 6:1-6

3     L’autel et le nom de Dieu — Exode 20:24

4     Les cendres de l’holocauste — Lév. 6:2-4

5     Un holocauste continuel — Lév. 6:5a, 6

6     Les Psaumes : Un livre de louanges

7     L’adoration au temps actuel — Jean 3:14 et 4:21

8     L’adoration en esprit et en vérité — Jean 4:23-24

9     L’adoration et la Cène du Seigneur — 1 Cor. 11:23-26

10      Notre sacrifice de louanges continuel — Héb. 13:15

 

 

Le croyant a dans ce monde une occupation d’un caractère extrêmement élevé : l’adoration. Un homme qui est un vrai adorateur de Dieu atteint par elle le point culminant auquel sa nature lui permet de s’élever. Il est remarquable que dans le culte nous soyons capables de nous tenir devant Dieu, conscients de sa présence, la réalisant par la foi, et que nos cœurs puissent aller à Lui en toute liberté, sans restriction extérieure, sans obstacle intérieur, dans l’adoration et la louange parce qu’Il est Dieu, mais par-dessus tout parce qu’Il est notre Père.

Je dis que l’adoration est ce que nous pouvons faire ici-bas de plus élevé et de plus sublime. Elle appartient au croyant le plus simple et le plus jeune, aussi bien qu’à ceux qui sont plus âgés et qui, par Sa grâce, connaissent mieux l’amour de Dieu. Peut-être même oserai-je dire que plus simples sont le cœur et l’âme, plus pure et plus acceptable est l’adoration qui monte vers Dieu. « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tètent, tu as fondé ta force » (ou ta louange).

Du commencement à la fin de l’Écriture, les croyants sont invités à adorer, et ceux qui plurent à Dieu sur la terre, sont ceux qui L’adoraient. Lorsqu’ils seront dans les cieux, l’adoration de Dieu et de l’Agneau sera développée en toute plénitude dans les rachetés.

 

1                    L’adoration sur la montagne de MorijaGen. 22

 

Un des premiers exemples d’adoration, exemple bien instructif, se trouve dans le chapitre bien connu de la Genèse, le 22, qui relate l’épreuve d’Abraham. Cet incident, présenté ici dans tous ses détails, est en réalité un récit de l’adoration de Dieu par Abraham. Celui-ci avait été appelé à aller au pays de Morija, et là, sur une des montagnes que Dieu lui montrerait, à offrir Isaac, son fils, en holocauste. C’était l’épreuve suprême de sa foi en Dieu et de son amour ; mais il obéit immédiatement sans hésiter et sans poser une seule question et pour cela il se lève de bon matin.

Abraham savait ce qu’il allait faire, comme en témoigne ce qu’il dit à ses serviteurs : « Restez ici, vous, avec l’âne ; et moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; et nous reviendrons vers vous ». Il mentionne donc clairement l’adoration et il se rendit avec son fils sur cette montagne désignée, et là, sur l’autel qu’il avait bâti, il lia Isaac pour être l’holocauste, sur l’ordre de Dieu. Abraham vide son cœur et son âme sur cet autel, Lui remettant tout. Tout ce qui faisait d’Abraham ce qu’il était, dépositaire de la promesse divine faite au monde entier, reposait sur Isaac, et maintenant Isaac, la semence promise, était sur l’autel, et la main de son propre père, armée du couteau, était levée sur lui pour l’immoler !

Ce n’était pas la vision si touchante de l’enfant sur l’autel ni la physionomie émouvante du père sur le point d’égorger son fils, qui était si agréable au ciel. C’était l’acte d’adoration du patriarche ; c’était l’acte par lequel il disait à Dieu que pour lui, Abraham, Dieu et Sa parole étaient tout, et qu’il l’adorait en se confiant en Lui, bien qu’Il lui eût dit de prendre son propre fils pour l’offrir en holocauste.

Là, sur l’autel, se trouvait la victime liée ; tout près aussi, le substitut que Dieu avait préparé, le bélier qui prit la place d’Isaac ; mais au jugement de Dieu Abraham avait pleinement accompli l’acte d’adoration dans la présence de Son nom. Là, à l’autel, Abraham apprit le nom de l’Éternel : en la montagne de l’Éternel il y sera pourvu. L’Éternel était le grand pourvoyeur, Il était tout pour Abraham et celui-ci exprimait cela dans son acte de soumission, l’acte d’adoration.

L’exemple du patriarche nous fait comprendre que l’adoration, pour être acceptable par Dieu, doit être de la nature du sacrifice. L’adoration doit nous coûter quelque chose. Nous donnons quelque chose à Dieu, non pas quelque chose de nous-mêmes, mais de Celui qui vit en nous, de Celui qui est à toujours agréable à Dieu.

Dieu attend notre adoration ; le Père cherche des adorateurs. Chaque croyant a le devoir de se rappeler le droit que Dieu a sur l’action la plus élevée de nos vies spirituelles, le culte et l’adoration. Non pas occasionnellement, ou à certains moments, mais constamment, continuellement. L’adoration doit être comme un fleuve coulant sans cesse, ayant sa source en Dieu et retournant à Lui sans interruption. Le cœur du vrai adorateur est toujours en parfait accord avec le Saint Esprit, et occupé à louer et à bénir Dieu.

 

2                    Adoration et holocauste — Lév. 6:1-6

 

Dans le chap. 6 du Lévitique, nous avons ce qui est appelé la loi de l’holocauste. De toutes les sortes de sacrifices, c’est l’holocauste qui parle d’adoration avec le plus de force. Pourquoi ? Parce qu’il fait contraste avec les autres sacrifices en ceci que l’holocauste, tout entier, qu’il s’agît d’un agneau, d’un bélier ou d’un taureau, quel que fût l’animal offert, tout était pour l’Éternel. Le corps entier était placé sur l’autel, et là, consumé par le feu ; sa fumée montait au ciel. En figure il représentait pour Dieu le parfum de bonne odeur de Christ dans son dévouement absolu à la volonté divine, son dévouement jusqu’à la mort de la croix.

L’adorateur présentait la victime et posait la main sur sa tête. Le sacrificateur l’offrait, mais l’adorateur voyait dans la fumée qui montait, l’acceptation, si je puis m’exprimer ainsi, de l’adoration de son cœur. « Éternel », pouvait-il dire, « tu m’as béni ; tu as fait des choses merveilleuses pour ton peuple ; que pourrais-je te rendre ? Que te donner pour montrer combien je te crains, combien je t’aime et je désire te servir ? Je veux te donner ce que j’ai de mieux. J’ai cherché dans tous mes troupeaux, et j’ai choisi le meilleur. Je ne puis donner plus, mais je te le donne en entier ». Cet esprit de dévouement dans le culte est l’essence de l’holocauste.

Dans le premier chapitre du Lévitique, qui est comme le guide du sacrificateur, il y a tous les détails de ce qui est dû à l’Éternel, mais au chapitre 6, c’est la loi de l’holocauste. Les paroles du chapitre 1 s’adressaient au peuple, à chaque adorateur dans la congrégation ; mais la loi du sacrifice au chapitre 6 était pour Aaron et ses fils, les sacrificateurs. Ils étaient admis, si l’on peut dire ainsi, à des secrets plus intimes en rapport avec la nature du culte.

Un trait qui ressort de cette loi de l’holocauste est le caractère de permanence qui lui est donné. Il fallait qu’il y eût à l’autel une marque continuelle d’activité au sujet de l’holocauste.

Cela faisait partie du rituel du peuple d’Israël d’offrir l’holocauste chaque matin et chaque soir. Dans le tabernacle comme dans le temple, il y avait cette expression de l’adoration au commencement et à la fin de chaque jour.

Mais même pendant la nuit, quand les adorateurs ne venaient plus au temple, quand le service des sacrificateurs avait cessé, il fallait qu’il y eût encore sur l’autel de l’holocauste le signe du culte. Il fallait qu’une flamme y fût visible pendant toute la nuit. Elle brillait là, et l’holocauste du jour continuait à se consumer. Les veilles de la nuit passaient, mais l’holocauste continuait à exhaler son parfum excellent. Les adorateurs pouvaient être endormis, la flamme montait toujours de l’autel ils pouvaient ignorer cette adoration silencieuse, mais l’Éternel se réjouissait de la douceur, de l’excellence, de la gloire et de la grâce de son Fils bien-aimé, dont Lui parlait l’holocauste.

Le sacrifice fumait sur l’autel d’airain, et le Dieu qui ne dort jamais ni jour ni nuit, y trouvait son plaisir, même dans l’obscurité de la nuit. L’holocauste Lui était toujours agréable. Cela ne nous parle-t-il pas clairement de la valeur que Dieu attribue à l’adoration de son peuple ? Selon ce qu’Il a décrété, l’adoration doit être continuelle en sommeil ou en veille, les cœurs de son peuple doivent être en rapport avec Lui, jouissant de ce que son Fils est, éprouvant combien le Seigneur est plein de grâce et bon dans son dévouement parfait. C’est ce qui répond au feu consumant le sacrifice qui ne doit jamais s’éteindre et qui fait monter toujours son parfum.

On aura observé en lisant ces quelques versets combien cette continuité est répétée et mise au premier plan. « C’est l’holocauste ; il sera sur le foyer sur l’autel toute la nuit jusqu’au matin » (v. 2), « on ne le laissera pas s’éteindre » (v. 5). « Le feu brûlera continuellement sur l’autel ; on ne le laissera pas s’éteindre » (v. 6). Pourquoi ces mots reviennent-ils sans cesse ? Dieu ne répète rien dans sa Parole, si ce n’est pour l’imprimer plus profondément sur nos cœurs oublieux.

Dieu demande l’adoration continuelle de nos cœurs. Et cette adoration ne peut jamais s’élever vers Lui indépendamment de l’autel, de l’endroit où le sacrifice était offert, indépendamment de l’excellence, et de la valeur, et des gloires qui ont été mises en évidence lorsque le sacrifice a été offert sur la croix. Tout cela nous le trouvons en Christ, le sacrifice de bonne odeur pour Dieu.

 

3                    L’autel et le nom de Dieu — Exode 20:24

 

En rapport avec l’autel de l’holocauste, il y a quelque chose qui n’apparaît pas ici, mais que nous trouvons dans l’Exode. En quelque lieu que l’autel fût dressé, fût-il même de terre, c’est là que Dieu mettait son nom. C’était l’endroit où Il gravait son nom — et son nom et l’autel sont toujours associés, parce qu’Il parlait de Christ. — Dieu a été glorifié et manifesté à la croix du Calvaire ; Il a trouvé là, à la croix, tout ce que son amour cherchait, et ce que sa nature sainte réclamait. S’il en est ainsi, si Dieu a trouvé là son tout, n’y trouverai-je pas le mien ? Cet autel ne serait-il pas pour moi une part pleinement satisfaisante ? Me faut-il le monde en plus ? Me faut-il les choses temporelles et vaines des sens et du présent siècle à côté du nom et du sacrifice de son Fils ? Je ne puis avoir le monde et être un vrai adorateur de Dieu.

L’adoration en esprit et en vérité doit être remplie de la personne du Seigneur Jésus Christ. Quand je pense à sa bonté, à sa grâce et à son amour, mon cœur et mon être tout entiers ne peuvent que s’élever vers Lui en actions de grâces et en louanges. Nous ne pouvons les formuler avec les paroles, mais être occupés de Christ est la base de l’adoration de Dieu en esprit et en vérité.

Ce n’est pas notre esprit qui parle, quoiqu’il doive pénétrer nos chants et nos prières (1 Cor. 14). Notre esprit sent et pense, et Dieu le réclame dans notre culte. N’oublions pas, nous les enfants de Dieu, nous les membres du corps de Christ, la responsabilité que nous avons de donner à Dieu ce qui Lui revient en louange et en adoration, individuelle et collective.

 

4                    Les cendres de l’holocauste — Lév. 6:2-4

 

Les sacrificateurs devaient prendre soin des cendres même de l’holocauste. Il fallait, le matin, les enlever de l’autel pour faire place au nouveau sacrifice, et les mettre à côté de l’autel avec le respect de la sainteté, car le sacrificateur devait être revêtu de vêtements purs. Elles devaient tout d’abord être mises à côté de l’autel. Puis le sacrificateur devait ôter ses vêtements et en mettre d’autres, puis emporter les cendres hors du camp, en un lieu pur qui leur était réservé. Elles devaient donc être soigneusement manipulées et conservées. Pourquoi ? Parce qu’elles étaient un mémorial de ce sacrifice. À côté de l’autel elles étaient un témoignage pour les sacrificateurs eux-mêmes, pour ceux qui habitaient dans le parvis du tabernacle, mais en dehors elles étaient un témoignage pour le camp tout entier. Ainsi la mort de Christ a sa place dans la vie de la famille de Dieu, et dans le culte du peuple de Dieu, mais elle a aussi sa place comme témoignage envers le monde entier.

Je ne m’arrête pas davantage sur ce point, sinon pour rappeler que l’holocauste était inséparable de l’autel d’airain, l’autel où le jugement de Dieu tombait sur le sacrifice offert pour le péché. Il était à la porte du tabernacle et le saint nom de Dieu était là aussi. C’est à cet endroit que l’adorateur devait venir avec l’holocauste. L’autel était l’endroit où se trouvait le nom de Dieu, et c’est là qu’il devait présenter son sacrifice de louanges.

 

5                    Un holocauste continuel — Lév. 6:5a, 6

 

Mais une troisième chose dans la loi de l’holocauste était qu’il devait être perpétuel, non pas occasionnel, un sacrifice continuel dans leurs générations. L’Écriture insiste sur cette perpétuité. Cet holocauste continuel, matin et soir et pendant toute la nuit, était un trait marqué du culte juif. Quand Salomon éleva son temple, il pourvut à l’holocauste continuel, et quand Esdras bâtit le sien, l’holocauste continuel fut de nouveau offert, même avant qu’il ne fût élevé. Pourquoi ? parce que l’Éternel exigeait que ce fût le trait principal du culte de son peuple.

 

6                    Les Psaumes : Un livre de louanges

 

Maintenant, dans le livre des Psaumes, nous trouvons une sorte de transition du système mosaïque d’adoration avec sacrifices. Il mentionne d’une manière voilée le fait que Dieu ne trouvait pas son plaisir dans les offrandes de taureaux et de boucs, dans le sacrifice d’un animal qui a des cornes et l’ongle divisé. Il attendait autre chose : ce qu’il y a dans le cœur. « Au sacrifice et à l’offrande de gâteau tu n’as pas pris plaisir… tu n’as pas demandé d’holocauste ni de sacrifice pour le péché ». Ses délices étaient dans le langage du cœur, qui dit : « Voici, je viens… c’est mes délices de faire ta volonté ». Dieu a trouvé son entière satisfaction dans son Fils bien-aimé.

Mais la loi ne rendait rien parfait, et il y a des indices de quelque chose qui devait changer le caractère du culte, culte de formes qu’il était, en culte spirituel. Je recommande ce sujet à votre étude, dans le livre des Psaumes. Quelque chose, devait prendre la place des acteurs extérieurs d’adoration que Dieu avait institués par Moïse. Ces sacrifices matériels n’étaient que temporels. Dieu n’y trouvait pas son plaisir, il lui fallait les sacrifices du cœur et de l’esprit.

Un autre caractère de l’adoration est mis en relief dans les Psaumes. Ils ne parlent pas tant de l’holocauste continuel ou du sacrifice journalier des agneaux, que de l’attitude de louange continuelle que prennent ses saints. « Je bénirai l’Éternel en tout temps ; sa louange sera continuellement dans ma bouche ». « Je louerai ton nom à toujours et à perpétuité ». Un flot constant de louanges s’élève des adorateurs vers Lui. Tout au travers des Psaumes cet esprit continue, et à la fin revient toujours l’alléluia. Louez l’Éternel ! Cela est répété maintes et maintes fois, de sorte que le livre des Psaumes se termine en des alléluias. Il est l’expression de la louange spontanée que l’Éternel recevra de son peuple terrestre pendant le royaume millénaire.

 

7                    L’adoration au temps actuel — Jean 3:14 et 4:21

 

Maintenant dans le Nouveau Testament, nous trouvons notre Seigneur parlant du nouvel ordre de culte (Jean 4) et révélant sa nature essentielle. Il ne parle pas à un docteur des Juifs, non pas à un maître en Israël, mais à une pécheresse samaritaine. À Nicodème, Il parle de la nécessité de la nouvelle naissance, mais à cette pécheresse, d’adoration, et il lui montre que le cœur de Dieu a, pour ainsi dire, faim et soif de l’adoration de nos âmes, ici dans ce monde. Et qui, sinon Dieu, peut changer un pécheur en adorateur pour donner gloire à Son nom ?

Dans l’évangile de Jean, comme dans l’économie lévitique, nous voyons que le culte est en rapport avec l’autel. Ne trouvons-nous pas au chap. 3 une allusion à la croix ? « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé ». C’est la croix qui est la juste base de toute adoration. Quand le fils de l’homme sera élevé, Il attirera tous les hommes à Lui-même, mais il faut qu’Il soit élevé. Ainsi l’on ne peut séparer le culte de l’autel, l’endroit du sacrifice. La mort de Christ est le fondement de la vie et de l’adoration. Toute notre adoration doit donc être remplie de la pensée de la mort de notre Seigneur Jésus Christ dans la puissance de l’Esprit de vie et de vérité.

À la femme de Samarie, le Seigneur montre que le lieu n’entrait plus en question dans le culte du Père. Dieu ne cherchait pas l’adoration sur cette montagne, ni à Jérusalem. Il avait certainement mis Son nom à Jérusalem, et la montagne de Sion était le centre tant pour Israël que pour les nations parce que le nom de l’Éternel y était. Mais l’heure venait, et elle était même là, où la question d’un lieu autorisé pour l’adoration, disparaissait entièrement.

Il y avait eu un temps où un lieu central était nécessaire pour l’adoration. Si l’on avait un taureau que l’on voulait sacrifier, il fallait bien aller quelque part pour l’offrir. Si l’on avait à apporter une offrande matérielle, il fallait aller à l’endroit du culte. Mais quand l’adoration est rapportée au cœur et à l’esprit, de quelle importance est le lieu ? Nous pensons parfois qu’un endroit spécial est essentiel, mais nous ne trouvons pas cela en Jean 4. Le Seigneur parle de la nécessité que l’adoration soit « en esprit et en vérité ».

 

8                    L’adoration en esprit et en vérité — Jean 4:23-24

 

L’esprit est cette partie de notre être qui est absolument indépendante du lieu. Nos corps peuvent être dans tel ou tel endroit, et nos esprits dans le ciel. L’esprit que Dieu nous a donné ne peut pas être confiné dans un endroit ou un autre. C’est ce trait important de l’adoration que le Seigneur révélait à la pauvre femme. Plongée depuis si longtemps dans ses péchés, elle avait néanmoins un esprit qu’Il voulait racheter et faire sien ; il voulait la laver par l’eau et par le sang et la rendre capable d’offrir la louange et les actions de grâces à son Père et son Dieu.

Le Seigneur Jésus se trouvait dans la Samarie à la recherche de quelque âme prête à recevoir l’amour qui remplissait Son cœur, débordant dans les sables du désert. Il désirait que cet amour pût remonter à la source d’où il venait, dans la puissance d’une vie éternelle. Il pouvait donner à cette femme une eau qui serait en elle une source de vie éternelle.

Telle est la vraie adoration. C’est le résultat d’une puissance intérieure s’écoulant vers un objet extérieur. Elle découle du cœur vers Dieu. Elle est indépendante des circonstances. Le Saint Esprit nous en donne la capacité et, par son action, elle remonte à la source d’où elle est venue, au Dieu et Père d’amour et de grâce. Quelle merveille d’être faits les vaisseaux du Saint Esprit en cela, pour louer et adorer Dieu d’une manière acceptable et continuelle !

Et Dieu recherche cette adoration de la part des fils des hommes rachetés. « Le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité ». « Ce qui est né de l’Esprit est esprit », et c’est ainsi qu’une nouvelle nature nous est donnée. Quand, avec cet esprit, nous avons aussi la vérité en nous, nous avons les deux éléments de l’adoration de Dieu.

Nous pouvons chanter mélodieusement de nos lèvres un hymne de louanges, mais si notre esprit n’y est pas, ce n’est pas une adoration acceptable par Dieu. Je dois chanter avec l’esprit et avec l’intelligence. Mon cœur doit être droit plutôt que mes lèvres. Pourquoi ? Parce que j’adore le Père, et Il recherche l’adoration en esprit.

L’adoration doit aussi être en vérité, et si elle est en Christ et de Christ, elle sera en vérité, elle montera vers le Père parce que Lui est la vérité, aussi bien que le chemin et la vie. Par son Esprit, Christ est Celui qui revêt nos paroles et nos pensées de l’acceptation de Dieu. Il prend, pour ainsi dire, de son propre parfum et de sa propre beauté pour les mettre dans nos pauvres pensées et nos faibles paroles et les rendre ainsi acceptables. Ce service est indépendant de nous-mêmes ; le Saint Esprit fait ce qui est nécessaire pour les plus simples et les plus jeunes des saints qui adorent Dieu. Le parfum de l’adoration ne réside pas en ce que nous disons ou pensons, mais en ce que Christ est pour le cœur. Le Saint Esprit agit pour sa part, et le tout est acceptable par Dieu.

« Le Père en cherche de tels qui l’adorent ». Le Fils de Dieu, le bon Berger, est sorti sur les montagnes pour chercher la brebis perdue. Il la ramène à la maison, sur ses épaules, tout joyeux, mais le Père cherche des adorateurs. Le bon Berger cherche des pécheurs, le Père des adorateurs. Il en cherche aujourd’hui, dans notre ville, dans le monde. Il y a dans le monde, pour l’adoration, de vastes édifices publics ou des cloîtres retirés, il y a des services rituels et de splendides vêtements et tout l’appareil extérieur que la nature de l’homme aime, mais le Père dans le ciel cherche toujours des adorateurs en esprit et en vérité. Et nous pouvons vous et moi donner au Père ce qu’Il cherche.

« Dieu est esprit ». Il est esprit dans Son essence même. Non seulement dans son caractère, mais dans son être, dans sa personne. Il n’a pas de forme corporelle. Il n’est pas limité comme nous, Il est un esprit présent partout, et c’est pourquoi, bien que dans le ciel, Il est ici, et nous qui sommes esprit, sommes dans sa présence.

« Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité ». Ce n’est pas laissé à notre choix, c’est une nécessité. Mais nous ne pouvons pas l’adorer sans l’action de l’Esprit en nous, et sans la vérité que Christ a exprimée dans sa vie et dans sa mort. Combien simple, mais combien solennel !

 

9                    L’adoration et la Cène du Seigneur — 1 Cor. 11:23-26

 

Voyons maintenant le passage bien connu de 1 Cor. 11 qui nous montre que certains des éléments essentiels de l’adoration sont en rapport avec la cène du Seigneur, car c’est là que se trouve certainement le nom du Seigneur. Israël avait le nom de l’Éternel en rapport avec l’autel de l’holocauste. Son nom se trouvait là, comme plus tard en Sion. De même, nous avons le nom du Seigneur en rapport avec la grande observance chrétienne.

Nous nous réunissons en Son nom, et le Seigneur a attaché son nom à son souper. C’est la table du Seigneur et la Cène du Seigneur d’une façon particulière. L’expression originale est telle qu’elle montre que la Cène Lui appartient spécialement. Son nom est sur elle, désignant son souper propre, comme le premier jour de la semaine est distingué comme étant le jour du Seigneur.

Le passage de 1 Cor. 11 fait une distinction entre le souper que prend un frère pour lui-même et le souper du Seigneur. Ainsi le nom du Seigneur est attaché à ce mémorial comme le nom de l’Éternel l’était à l’autel. La cène du Seigneur à sa table est le grand point de rassemblement pour l’adoration collective des saints de Dieu, particulièrement le jour du Seigneur.

Mais en outre, le sacrifice de Christ y est aussi exprimé. Il y a le pain et la coupe ; le premier, emblème du corps de Christ, la seconde, celui du sang ; emblèmes séparés, mais exprimant tous deux que la mort de Christ est annoncée dans la cène. Nous annonçons la mort du Seigneur. C’est ce qui, sous la direction de l’Esprit, est la grande force agissante dans l’adoration des croyants à cette occasion. La mort du Seigneur éveille les plus vives actions de grâces et la louange en son nom, envers notre Seigneur Jésus Christ et le Dieu qui l’a donné.

Quel sujet ! Comment saisir proprement que c’est celui qui était Dieu de toute éternité, le Créateur et le soutien de toutes choses, qui a dû s’offrir Lui-même comme propitiation pour les péchés ? Quand nous prenons la cène nous pensons à cela, nous sommes assis ensemble sous l’influence du Saint Esprit, désirant qu’Il élargisse nos cœurs et nous donne des vues plus élevées, des pensées plus profondes, des idées plus exactes de la merveilleuse beauté de la mort du Seigneur Jésus.

Devant nous brille plus que sa grandeur et sa puissance, le sujet de l’obéissance de Christ dans sa mort. Cela fait vibrer toutes les fibres de notre être de penser qu’Il nous a aimés jusqu’à la mort, glorifiant Dieu au sujet même de nos péchés. Et c’est là le moyen que Dieu emploie pour ranimer notre nature froide et pour qu’elle ne devienne pas insensible et indifférente aux souffrances du Seigneur. Nous les repassons dans notre méditation ; elles ne perdent jamais leur force. Mais Dieu veut réveiller notre adoration en plaçant toujours de nouveau devant nous la mort du Seigneur. Il est maintenant ressuscité, Il est monté au ciel, mais Il se trouve cependant au milieu de ceux qui sont réunis en son nom.

N’est-ce pas parce que nous ne savons pas comprendre la raison de notre rassemblement que notre adoration est souvent si pénible, difficile, vide et morte ? S’il en est ainsi, c’est que nous avons perdu de vue le grand objet pour lequel le Seigneur a institué la cène. Elle doit être un souvenir de Lui. Comme les cendres du sacrifice placées à côté de l’autel qui porte son Nom parlaient aux sacrificateurs, elles nous parlent à nous, les sacrificateurs, de Lui-même, de ce qu’Il a fait, et de ce qu’Il a subi sur l’autel du sacrifice. C’est quand nous contemplons le véritable objet de notre rassemblement que l’adoration convenable monte vers le Père et vers le Fils avec tout le parfum de sa personne.

En outre, rappelons-nous que l’holocauste devait être perpétuel. Il devait y avoir sur l’autel un feu continuel, qui ne devait jamais s’éteindre. De même nous devons annoncer la mort du Seigneur « jusqu’à ce qu’Il vienne ». La cène est une occupation constante dans le corps de Christ, une observance continuelle. Combien de fois vous êtes-vous souvenus de la mort du Seigneur ? Un grand nombre de fois pour beaucoup d’entre nous, mais elle nous est toujours nouvelle ; et c’est la volonté du Seigneur qu’il en soit ainsi. C’est sa volonté que le feu sur l’autel ne s’éteigne jamais, qu’il continue semaine après semaine, jusqu’à ce que le Seigneur vienne.

Vous direz : « Nous mangeons tous la cène du Seigneur quand nous nous réunissons ensemble ». Parfaitement ; c’est le souvenir collectif et l’adoration dont il est parlé, en 1 Cor. 11, l’acte de ceux qui sont assemblés dans ce but ; voyons donc Héb. 13:15 pour ce qui est plus général et, aussi individuel.

 

10               Notre sacrifice de louanges continuel — Héb. 13:15

 

« Offrons donc sans cesse, par lui », — c’est-à-dire par le Seigneur Jésus, qui nous a sanctifiés par son sang, et a souffert hors de la porte « à Dieu un sacrifice de louanges, le fruit des lèvres qui confessent Son nom ». Cette exhortation doit être prise dans un sens général, et elle s’adresse aussi bien à eux qui sont empêchés d’assister à la commémoration de la mort du Seigneur à sa Cène le premier jour de la semaine, qu’aux autres. Elle s’applique aux croyants individuellement, et aux sept jours de la semaine, et aux vingt-quatre heures du jour. Chaque croyant doit offrir un sacrifice, continuel de louanges par Lui, le Seigneur Jésus Christ. L’adoration doit être une habitude journalière ininterrompue.

Le Seigneur Jésus est le sacrifice et le sacrificateur. Comme Souverain Sacrificateur sur la maison de Dieu, Il est toujours actif et prêt. Il est continuellement un intermédiaire et où que je sois, quelles que soient les circonstances, pénibles ou difficiles, je puis adresser un chant de louanges à mon Dieu et mon Père, par Jésus Christ son Fils. N’est-ce pas vrai ?

La plupart du temps un Israélite n’assistait pas journellement aux cérémonies du tabernacle, mais les choses ordonnées étaient accomplies pour lui matin et soir. Le sacrificateur était là et veillait à ce que la flamme ne s’éteignît jamais. Nous avons notre sacrificateur, notre ministre du sanctuaire. Il est toujours là, attendant de recevoir les faibles expressions de nos cœurs lorsqu’ils reconnaissent la grâce, la bonté et la sollicitude du Père et présentent des holocaustes de louanges, acceptables pour Dieu par Jésus Christ.

Vous doutez peut-être de la possibilité d’accomplir ce précepte chrétien. Vous pouvez penser que, c’est impossible. Vous me direz : « vous ne connaissez pas mes circonstances, sinon vous ne penseriez jamais que je puisse offrir à Dieu, continuellement, un sacrifice de louanges ». Ce dont je suis certain, c’est que Dieu dans sa Parole, ne nous ordonne jamais quelque chose que nous ne puissions faire. S’il place devant nous un devoir ou une responsabilité, nous ne devons pas dire : « Je n’ai pas de force pour le faire », car Il pourvoit aux moyens. La question est : « Avez-vous le désir de le faire ? » Satan cherche à enlever de nos bouches le sacrifice de louanges, pour les remplir de plaintes, d’amertume, de mépris ; mais nous devons veiller à ce que le nom de Dieu soit loué avant toutes choses, comme Il le veut.

Nous trouverons toujours un sujet de louanges. Il y a un objet éternel de louanges, le Seigneur Jésus Christ, et n’y aurait-il aucun sujet de reconnaissance ? Dieu nous a fait don de son Fils, et avec Lui, librement, de toutes choses, de sorte que ma bouche se remplit immédiatement de louanges. Cela est vrai non seulement aujourd’hui, mais hier et cela sera vrai dans les jours à venir.

C’est la volonté de Dieu que nous offrions continuellement un sacrifice de louanges. « Le fruit des lèvres », c’est de dire à Dieu quelle beauté et quelle satisfaction nous avons trouvées en Christ selon les Écritures. Cette joie dans le Seigneur Lui est forcément acceptable. Dieu ne refuse jamais de recevoir de telles louanges. Elles Lui sont agréables, à Lui qui trouve tout son plaisir dans son Fils bien-aimé.

« Qui confessent son nom ». Il a attaché son nom à la Cène, et Il l’a attaché aussi à nous-mêmes. Nous sommes appelés de son nom. Nous portons le nom du Seigneur. Nous ne sommes pas à nous-mêmes, nous Lui appartenons. Le Fils nous a révélé le nom du Père, pour que nous adorions le Père et le Fils.

Nous sommes connus dans ce monde comme ceux qui sont du Christ, comme ceux qui portent son nom, et nous devenons nous-mêmes, pour ainsi dire, un autel d’actions de grâces. Son amour, Sa grâce ont allumé un feu dans nos cœurs ; son Esprit le maintiendra ; il ne s’éteindra jamais.

Mais la flamme pourrait brûler plus brillamment qu’elle ne le fait, si nos cœurs étaient plus remplis par Christ, si nous cherchions à vivre davantage comme Lui, à Lui ressembler dans ce monde. Alors nos vies, et nos lèvres, porteraient habituellement le nom de Jésus, et elles seraient toujours à la louange de Dieu notre Père ; ce serait un sacrifice vivant de louanges. Puisse-t-il en être ainsi, pour l’amour de son nom.