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Le Saint Esprit dans l’épître aux Éphésiens

 

Louis Porret-Bolens

ME 1911 p. 407

Table des matières :

1     Introduction

2     Éphésiens 1:13, 14

3     Éphésiens 2:18-22

4     Éphésiens 3:1-7, 14-21

5     Éphésiens 4:1-4

6     Éphésiens 4:29-32

7     Éphésiens 5:17-20

8     Éphésiens 6:17, 18

 

 

1                        Introduction

Si l’importance d’une doctrine se mesure à la place qu’elle occupe dans l’Écriture, on peut dire que celle du Saint Esprit est au premier rang dans le Nouveau Testament. Les quatre évangiles font mention du témoignage de Jean le baptiseur, que Christ est celui qui baptise du Saint Esprit (Matth. 3:11 ; Marc 1:8 ; Luc 3:16 ; Jean 1:33).

Dans les derniers entretiens du Seigneur avec ses disciples, il leur annonce la venue d’un autre Consolateur qui devait demeurer éternellement avec eux, le Saint Esprit qu’il allait leur envoyer de la part du Père (Jean 14:25, 26 ; 15:26 ; 16:7-15). Et au commencement du livre des Actes des apôtres — que l’on pourrait appeler « les Actes du Saint Esprit » — nous avons l’accomplissement de la promesse du Seigneur. Dans les versets 2, 3 et 4 du chapitre 2, nous trouvons trois choses particulières relativement au don du Saint Esprit :

1° Il remplit la maison où les disciples étaient assis (v. 2) ;

2° Il se posa en langues de feu sur chacun d’eux (v. 3) ;

3° Et ils furent tous remplis du Saint Esprit (v. 4).

Dans la suite du livre, nous pouvons remarquer diverses manifestations du Saint Esprit en rapport avec l’état des croyants et les circonstances dans lesquelles ils se trouvaient (Actes 4:8, 31 ; 5:3 ; 6:3, 10 ; 7:55 ; 8:15 ; 9:31 ; 10:19, etc.).

Pour ce qui est des épîtres, c’est dans celle aux Éphésiens, où il est spécialement question de la position des croyants devant Dieu et du corps de Christ sur la terre qu’il est fait mention du Saint Esprit d’une façon particulière. Nous en comprenons la raison. Il en est parlé dans chacun des chapitres de cette épître, en rapport avec les sujets dont ils traitent. Arrêtons-nous un instant sur ces passages.

 

2                        Éphésiens 1:13, 14

« Ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre salut : auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage, pour la rédemption de la possession acquise, à la louange de sa gloire ».

Une chose particulière distingue le vrai chrétien dans ce monde : il possède le Saint Esprit. « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, » est-il écrit, « celui-là n’est pas de lui » (Rom. 8:9). Il n’est pas dans la position chrétienne, quoiqu’il puisse être en chemin pour y arriver. C’est précisément à Éphèse que l’apôtre Paul trouva certains disciples auxquels il demanda : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint après avoir cru ? Et ils lui dirent : Mais nous n’avons même pas ouï dire si l’Esprit Saint est. Et il dit : De quel baptême donc avez-vous été baptisés ? Et ils dirent : Du baptême de Jean. Et Paul dit : Jean a baptisé du baptême de la repentance, disant au peuple qu’ils crussent en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus. Et ayant ouï ces choses, ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus ; et Paul leur ayant imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils parlèrent en langues et prophétisèrent » (Actes 19:1-6).

D’après ce qui précède, et dans le passage d’Éph. 1:13, que nous venons de rappeler, nous voyons à quel moment une âme est rendue participante du Saint Esprit : Après avoir cru l’Évangile, ceux auxquels l’apôtre s’adresse furent scellés du Saint Esprit. Il ne s’agit pas ici d’une puissance ou d’une influence, mais du Saint Esprit comme personne divine habitant dans le croyant. Il y a une grande différence entre l’opération du Saint Esprit dans une âme en vue de la conversion, et son habitation en celui dans lequel il a travaillé. C’est de ce dernier fait qu’il est question dans notre passage ; et, nous l’avons dit, c’est le trait distinctif du vrai chrétien.

Deux choses sont dites du Saint Esprit dans ce passage : Il est le sceau mis sur le croyant, et les arrhes de son héritage : le sceau de ce qu’il possède, et les arrhes de ce qu’il espère.

Comme nous l’avons remarqué, ce n’est que lorsqu’une âme a cru l’Évangile qu’elle est scellée. Dieu ne peut mettre son sceau sur quelqu’un qui est encore dans ses péchés, fût-il même amené à les déplorer ; mais dès que la foi en 1’œuvre de Christ existe, Dieu scelle cette foi qu’il peut reconnaître — elle est son don (Éph. 2:8). Ainsi, le croyant a, en quelque sorte, mis son sceau sur la parole de Dieu (Jean 3:33) et, en retour, Dieu met son sceau, à Lui, sur cette âme, en témoignage qu’elle lui appartient. Le croyant n’est pas seulement pardonné et vivifié, mais il possède le Saint Esprit comme Personne divine en lui. C’est par le Saint Esprit qu’il jouit des choses qu’il possède en vertu de la rédemption. Cependant il n’a pas encore tout reçu, car le Saint Esprit est le gage — les arrhes — de ce que nous attendons. Quelqu’un l’a remarqué : Nous possédons la rédemption par son sang, le pardon de nos transgressions, la justice divine, la vie éternelle, etc. Nous connaissons aussi notre part par l’onction qui nous enseigne toutes choses ; mais la possession qui nous est acquise par Christ n’est pas encore délivrée ; nous attendons encore par l’Esprit, par la foi, l’espérance de la justice, c’est-à-dire la gloire (Gal. 5:5). Le Saint Esprit nous est donné comme gage de cette espérance.

 

3                        Éphésiens 2:18-22

« Car par lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit. Ainsi donc vous n’êtes plus étrangers, ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints, et gens de la maison de Dieu, ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin, en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur ; en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit ».

L’épître aux Éphésiens, nous l’avons remarqué, nous présente la position individuelle des croyants devant Dieu et aussi les croyants comme ensemble : des pierres vivantes de la maison de Dieu et des membres du corps de Christ. Dans le commencement du passage que nous venons de rappeler, on peut voir une allusion à la famille de Dieu, sujet particulier des écrits de l’apôtre Jean : le croyant est enfant de Dieu, il connaît le Père, et, de ce fait, il fait partie de sa famille avec tous ceux qui partagent la même foi, quelle qu’ait pu être leur condition antérieure ; mais les croyants sont aussi des pierres vivantes de la maison de Dieu, édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes (du Nouveau Testament), Jésus-Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin.

Nous le voyons, l’Église a pris naissance à la suite de la mort et de la résurrection de Christ ; les apôtres en ont été les fondements ; elle n’est pas encore complète ; elle croît pour être un temple saint dans le Seigneur. Toutefois les croyants, actuellement sur la terre, sont l’habitation de Dieu par l’Esprit. Ici, ce n’est pas de l’habitation du Saint Esprit dans l’individu, qu’il est question ; mais de la place qu’il occupe dans l’Église, dans l’ensemble des croyants.

Nous l’avons rappelé, en citant le commencement du chap. 2 des Actes : Dieu a inauguré, pour ainsi dire, sa maison sur la terre, composée des croyants réunis dans la chambre haute, en venant y habiter par le Saint Esprit. Ainsi, le Saint Esprit, comme Personne divine, habite dans le croyant — son corps en est le temple — et aussi dans la maison de Dieu sur la terre, composée des croyants dans leur ensemble. Combien on est porté à oublier cette importante vérité ! Pendant bien des siècles, elle fut complètement perdue de vue ; elle était ignorée dans les sombres temps du moyen âge et dans ceux qui suivirent. Avec la vérité concernant le retour de Christ, celle relative à la présence du Saint Esprit dans l’Église fut aussi remise en lumière. Heureux sommes-nous de la connaître ; mais puissions-nous y conformer avec soin notre marche pour notre bénédiction collective et pour la gloire de Dieu !

 

4                        Éphésiens 3:1-7, 14-21

« C’est pour cela que moi, Paul, le prisonnier du Christ Jésus pour vous, les nations, — si du moins vous avez entendu parler de l’administration de la grâce de Dieu qui m’a été donnée envers vous : comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître…, lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit : savoir que les nations seraient cohéritières et d’un seul corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus, par l’évangile ».

C’est pour cela que je fléchis mes genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, duquel est nommée toute famille dans les cieux et sur la terre ; afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur ; de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs, et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour ; afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, — et de connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance ; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, à lui gloire dans l’Assemblée dans le Christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen ».

Nous avons transcrit ce passage tout au long pour que le lecteur puisse avoir sous les yeux ce qui est relatif au Saint Esprit dans ces versets. D’abord, nous apprenons que c’est par le Saint Esprit que la révélation du « mystère » — inconnu dans les âges passés — fut faite à l’apôtre Paul. Aux termes de ce passage, le mystère comprend ces trois choses :

 

1° Les nations sont cohéritières ; elles ont part à l’héritage sur le même pied que les Juifs.

2° Elles sont d’un même corps, le corps de Christ, dont il va être question au chapitre suivant.

3° En recevant l’Évangile, le don du Saint Esprit leur a été accordé.

 

Quelle admirable prière dans ce qui suit !

L’apôtre, administrateur de la grâce de Dieu envers les nations, demande pour ceux auxquels il s’adresse qu’ils soient fortifiés en puissance par le Saint Esprit quant à l’homme intérieur. Nous l’apprenons, le Saint Esprit est, non seulement la révélation du mystère, mais encore celui qui rend le croyant capable de connaître ces choses et d’en jouir. Observons-le, il n’y a aucune connaissance, ni aucune jouissance des choses divines, sans le secours du Saint Esprit, et c’est dans la réalisation de la dépendance du Seigneur par la prière — comme l’apôtre nous en donne un exemple — que ce secours nous est fourni. Combien cela est de nature à nous garder dans l’humilité !

Remarquons la différence qu’il y a entre cette admirable prière et celle du chap. 1. La première était pour que les saints comprissent leur place en Christ, leur vraie position devant Dieu ; la seconde que Christ eût sa place dans leurs cœurs, qu’ils fussent actuellement fortifiés intérieurement par le Saint Esprit. Il s’agit :

1° Que les affections soient occupées de Christ ; qu’il habite dans le cœur par la foi.

2° D’être enracinés et fondés dans l’amour.

3° Et d’être ainsi rendus capables de comprendre ce qui, en réalité est sans mesure. Combien cela est grand et merveilleux ! Comment serions-nous à même d’entrer dans ces glorieuses réalités, si ce n’est par le secours du Saint Esprit ? La largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur ont évidemment rapport au mystère dont l’apôtre a parlé, mystère maintenant dévoilé et qui donne à connaître aux principautés et aux autorités dans les lieux célestes, la sagesse si diverse de Dieu. L’Église occupe une place particulière dans les pensées et les conseils de Dieu et subsistera éternellement, comme nous le donne à comprendre la fin de notre passage ; et la gloire lui sera rendue, par ceux qui la composent, au siècle des siècles.

Mais il y a encore quelque chose de plus insondable et que nous sommes appelés à connaître : c’est l’amour de Christ qui surpasse toute connaissance, afin que nous soyons remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Qu’y a-t-il de comparable à cela ?

 

L’âme reste confondue

Devant cet amour béni,

Plus vaste que l’étendue,

Profond comme l’infini.

 

N’est-il pas question ici du vrai progrès chrétien et de la condition du cœur après que ce qui est relatif à notre position a été placé devant nous ? Ce qui suit a rapport à la marche et à la conduite.

C’est dans la dépendance exprimée dans la prière que ceci se réalise : mais Dieu, dans sa grâce, dépasse infiniment nos pensées et nos demandes, car il agit en nous par la puissance du Saint Esprit. Il a opéré pour nous dans l’œuvre de son Fils, afin d’accomplir sa volonté à notre égard, et il opère en nous maintenant par son Esprit pour nous donner entrée dans son amour et dans la plénitude de Dieu.

Quelles gens ne devrions-nous pas être en sainte conduite et en piété !

 

5                        Éphésiens 4:1-4

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés ; avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ; vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel ».

Les exhortations commencent ici et sont en rapport avec le sujet de l’épître. L’humilité, la douceur, la longanimité doivent être à la base de nos rapports avec nos frères et avec ceux qui nous entourent, car nous avons à reproduire dans ce monde le caractère de Christ. Comment serions-nous capables de réaliser l’unité de l’Esprit, sans revêtir de telles dispositions ? Ne l’oublions pas, l’unité dont il s’agit est celle de l’Esprit. Si l’on nous demandait en quoi elle consiste, nous dirions : c’est la réalisation pratique de l’unité du corps. Nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps : le corps dont Christ glorifié est la Tête, et les croyants, sur la terre, les membres (1 Cor. 12:13). L’unité du corps existe ; elle est inaltérable, ayant été opérée par le Saint Esprit qui unit chaque croyant à Christ dans la gloire, comme membre de son corps. Sa manifestation sur la terre est une autre chose : malheureusement nous y avons fait défaut, mais l’exhortation est toujours là pour nous y conformer ; et ce n’est que par le Saint Esprit que nous pouvons la réaliser. Quel prix cela a pour Christ !

Au sein de la ruine, amenée par l’infidélité de l’homme, nous n’avons rien de nouveau à mettre en avant, afin de réunir pratiquement les chrétiens dispersés dans les diverses sectes de la chrétienté. Si nous avons compris qu’il y a sur la terre un seul corps de Christ dont tous les croyants font partie et un seul Esprit qui anime ce corps, il ne nous sera pas difficile de conformer notre marche personnelle à cette vérité ; et si d’autres agissent de la même manière, nous serons amenés, même sans nous être concertés, sur le même terrain, le seul que l’Écriture reconnaisse. Si la personne de Christ remplit nos cœurs, nous comprendrons sans peine qu’Il suffit comme centre de rassemblement.

 

6                        Éphésiens 4:29-32

« Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent. Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. Que toute amertume, et tout courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soient ôtés du milieu de vous, de même que toute malice ; mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné ».

Quand nous pensons à ce qu’est le chrétien — caractérisé par l’habitation du Saint Esprit en lui — nous comprenons que tout ce qui est indigne de Dieu doit être banni, dans ses paroles et dans ses actions. Il doit se laisser diriger par l’hôte béni qui habite en lui, et se garder de l’attrister. Si Christ est en réalité l’objet de notre cœur — et c’est de sa personne que le Saint Esprit veut nous occuper — notre homme intérieur sera formé par Lui, et nous manifesterons dans notre marche les caractères de Christ ; mais si nous négligeons le jugement de nous-mêmes et la dépendance de Dieu, nous serons portés à céder à la chair, et le Saint Esprit sera attristé. Dans ces conditions, nous ne pouvons qu’affirmer les tristes caractères de la vieille nature, toujours prête à revendiquer ses droits et à s’élever, et nous oublions que le Seigneur est déshonoré.

Il y a une différence entre : « N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu » et « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Thess. 5:19). Dans ce dernier passage, nous avons le solennel avertissement de ne pas empêcher la moindre manifestation réelle du Saint Esprit dans un saint, quelque faible qu’il puisse être. Tandis que le premier concerne chaque croyant en particulier et ses conversations journalières.

 

7                        Éphésiens 5:17-20

« C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Et ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit, vous entretenant par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur, rendant toujours grâces pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à Dieu le Père ».

La Parole règle tout dans notre vie de chaque jour, nos rapports avec nos frères comme aussi notre conduite envers ceux du dehors. Nous sommes appelés à marcher avec sagesse et à profiter des occasions pour rendre attentives à leurs voies les âmes étrangères à Christ. Et comment serions-nous à même de le faire en négligeant l’exhortation du verset 18 ? Il faut tout d’abord prendre à la lettre ces paroles ; mais elles trouvent encore, par analogie, leur application à tout ce qui peut enivrer le cœur et nous faire perdre le discernement spirituel. Le Saint Esprit devrait pouvoir prendre pleinement possession de nos pensées et de nos affections, et nous gouverner sans cesse. Nous réaliserions ce que c’est que d’être rempli du Saint Esprit. C’est, évidemment, plus que de ne pas l’attrister. Nous avons, dans le livre des Actes, plusieurs exemples de croyants remplis du Saint Esprit. Le bienheureux apôtre Paul — qui a suivi de si près les traces de Christ — en était rempli pour vivre, et Étienne, le premier martyr chrétien, pour mourir (Actes 7:55 ; 13:9).

Nous n’avons pas à demander le Saint Esprit, comme on le fait parfois dans quelques sections de la chrétienté, puisqu’il a été donné et que chaque croyant le possède : cependant ne négligeons pas de demander d’en être remplis pour rendre au Seigneur un témoignage digne de Lui, à l’exemple des premiers disciples. Nous avons remarqué cela en Actes 2:4.

Si l’exhortation d’être rempli de l’Esprit est réalisée, ce qui est mentionné dans la suite du passage se manifestera inévitablement : il y aura des louanges et des actions de grâces rendues à Dieu, ce « fruit des lèvres » qui lui est agréable. Nous pouvons dire qu’un homme occupé de Christ est rempli de l’Esprit : si tel est le cas, une bénédiction particulière sera sa part, de même que pour tous ceux qui se trouvent dans son entourage.

 

 

8                        Éphésiens 6:17, 18

« Prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu : priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints ».

Nous pouvons remarquer que l’épître aux Éphésiens est au Nouveau Testament ce que le livre de Josué est à l’Ancien. Le croyant est introduit dans les lieux célestes où se trouvent ses bénédictions. Il est appelé à en prendre possession par le combat, comme Israël autrefois. Seulement « notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre... la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes ». C’est pourquoi il est appelé à se fortifier dans le Seigneur et à revêtir l’armure complète de Dieu. Le chrétien a besoin de force non seulement en vue de l’accomplissement des divers devoirs qui lui incombent, mentionnés précédemment, mais surtout eu égard au combat dont il s’agit dans ce chapitre. Remarquons que ce n’est pas contre la puissance du diable, si redoutable soit-elle, que nous sommes mis en garde — il a été vaincu à la croix — mais contre ses artifices.

L’armure défensive, rappelée ici, consiste dans un bon état pratique. Alors seulement le combattant peut manier l’arme offensive, « l’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu ». Quel exemple le Seigneur lui-même nous donne lors de la tentation dans le désert ! À trois reprises l’adversaire fut réduit au silence par une parole de l’Écriture. Mais ne le perdons pas de vue, pour se servir de la Parole comme d’une arme contre l’ennemi, il importe qu’elle ait tout d’abord son autorité sur nous, et que nous la mettions en pratique. Satan est impuissant contre celui qui marche dans l’obéissance au Seigneur.

Mais, retenons-le soigneusement, à la base de tout ce qui précède se trouve la réalisation de la dépendance du Seigneur par la prière, mentionnée dans ce qui suit. Que de choses relativement à la prière individuelle nous trouvons dans ces quelques mots ! Le Saint Esprit nous rend capables non seulement de manier l’épée de la Parole, mais encore d’adresser au Seigneur nos demandes, afin qu’elles soient selon sa volonté. Nous avons besoin d’être maintenus constamment dans un esprit de dépendance par le Saint Esprit ; et nos prières doivent embrasser tous ceux qui sont dans le vaste champ où Dieu travaille et dans lequel il nous appelle à être ouvriers avec Lui.

 

Nous terminons en mentionnant le beau souhait de la fin de l’épître :

« Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ en pureté ! »