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PROBLÈMES de la JEUNESSE,

 

du MARIAGE et de la FAMILLE

 

Jacob GRAF

 

Table des matières abrégée :

1     Avant propos

2     Introduction

3     Chapitre 1 : Les problèmes moraux des jeunes.

4     Chapitre 2 : Le Célibat

5     Chapitre 3 : Le choix du conjoint (Genèse 24:1-27, 50-60)

6     Chapitre 4 : Les fiançailles

7     Chapitre 5 : Le mariage (Genèse 2:18-24 ; 5:1-2)

8     Chapitre 6 : Les époux (Éphésiens 5:22-33)

9     Chapitre 7 : Les parents et les enfants

10      Conclusion

 

 

Table des matières détaillée :

1     Avant propos

2     Introduction

3     Chapitre 1 : Les problèmes moraux des jeunes.

3.1      Est-ce que le désir est péché ?

3.2      Comment se comporter en face de ce désir ?

3.3      Comment réaliser cette pureté ?

3.4      L’affranchissement d’une servitude

3.5      Pas de demi-mesure

3.6      Fuyez les convoitises

4     Chapitre 2 : Le Célibat

5     Chapitre 3 : Le choix du conjoint (Genèse 24:1-27, 50-60)

5.1      Principes Fondamentaux

5.1.1      Pas de joug mal assorti avec les incrédules

5.1.2      Seulement dans le Seigneur.

5.1.3      Honore ton père et ta mère (Exode 20:12)

5.1.4      L’amour

5.1.5      La demande à Dieu d’une compagne

5.1.6      À quel moment se marier ?

5.1.7      Le lieu de rencontre

5.1.8      Une décision ferme

5.1.9      Une aide qui lui corresponde

5.2      Les dangers lors du choix du conjoint

5.2.1      L’amitié entre jeunes gens et jeunes filles

5.2.1.1    Avertissement aux jeunes gens :

5.2.1.2    Avertissement aux jeunes filles:

5.2.2      Entrer pur dans le mariage

5.2.3      Motifs douteux pour contracter un mariage

5.2.4      La vigilance

5.2.5      Conséquences

6     Chapitre 4 : Les fiançailles

7     Chapitre 5 : Le mariage (Genèse 2:18-24 ; 5:1-2)

7.1      Tel que Dieu le voit

7.1.1      Une sainte institution de Dieu

7.1.2      Le mariage, une sollicitude particulière de la part de Dieu

7.1.3      Ce que Dieu a uni (Matthieu 19:6)

7.1.4      Dieu a institué le mariage monogamique

7.1.5      Le mariage est une vie en commun pleine de responsabilités

7.1.6      Le lien du mariage est une union pour la vie, ferme et indissoluble

7.1.7      Le mariage est une unité

7.1.8      Le mariage implique la séparation d’avec les parents (Genèse 2:24)

7.1.9      Le mariage est un lien pour la terre

7.2      Ce que l’homme a fait du mariage institué par Dieu

7.2.1      L’homosexualité

7.2.2      La fornication

7.2.3      Le concubinage (union libre)

7.2.4      L’adultère

7.2.5      Séparation et divorce

7.2.6      L’interdiction de se marier

7.3      En Résumé :

8     Chapitre 6 : Les époux (Éphésiens 5:22-33)

8.1      La position du mari :

8.1.1      L’ordre selon Dieu

8.1.2      Sa position de prééminence comme chef de la femme implique la responsabilité envers sa famille

8.1.3      La fidélité personnelle du chef de famille est en bénédiction pour les siens

8.1.4      Le mari partage la responsabilité morale des écarts de son épouse

8.2      Les devoirs du mari :

8.2.1      Aimer son épouse.

8.2.2      Il la nourrit

8.2.3      Il la chérit

8.2.4      Avoir des égards

8.2.5      Les prières

8.3      L’épouse selon la pensée de Dieu :

8.4      Le domaine d’activité de l’épouse :

8.4.1      Son rayon d’activité est le foyer (Proverbes 31:13-27)

8.4.2      L’activité professionnelle de l’épouse et de la mère

8.4.3      Oisiveté et commérages

8.5      Position et devoirs de l’épouse

8.5.1      Aimer son mari

8.5.2      Être une aide pour son mari (Genèse 2:18)

8.5.3      Soumission ou égalité des droits ?

8.5.4      Craindre son mari (Éphésiens 5:33)

8.6      L’influence de l’épouse sur son mari

8.6.1      Une bonne influence couronnée de succès

8.6.2      Une bonne influence, mais sans succès

8.6.3      Mauvaises influences

8.6.4      Une mauvaise influence sans effet

8.7      Promesses particulières

8.8      Les époux

8.8.1      Comment Dieu les voit.

8.8.2      Être une seule chair

8.8.3      La tempérance

8.8.4      La régulation des naissances est-elle biblique ?

8.8.5      Disputes entre époux

8.8.6      Conclusion

9     Chapitre 7 : Les parents et les enfants

9.1      Les parents

9.1.1      Les enfants, un don de Dieu

9.1.2      Les parents sont un dans l’éducation des enfants

9.1.3      Les parents doivent être un bon exemple pour les enfants

9.1.4      Directives pour l’éducation

9.1.4.1    Tenir les enfants soumis en toute gravité

9.1.4.2    Bien conduire les enfants

9.1.4.3    Un règle d’éducation toute faite n’existe pas

9.1.5      Les buts de l’éducation

9.1.6      L’aide spirituelle des parents

9.1.6.1    Explications spontanées en ce qui concerne le culte

9.1.6.2    Questions que posent les enfants

9.1.6.3    L’Ancien Testament cite quatre de ces questions :

9.1.6.4    L’instruction des enfants

9.1.7      La prières des parents pour leurs enfants

9.1.8      Est-ce que les enfants doivent assister aux réunions ?

9.1.8.1    Enfants et nourrissons

9.1.8.2    Les petits enfants

9.1.8.3    Les enfants

9.1.8.4    Ceux qui avaient de l’intelligence

9.1.8.5    Des fils et des filles qui avaient de la connaissance et de l’intelligence

9.1.9      Le monde et les enfants

9.2      Les pères

9.2.1      Comment Dieu les voit

9.2.2      Avertissements

9.2.3      Les conseils positifs d’Éphésiens 6:4

9.2.3.1    La discipline

9.2.3.2    L’avertissement du Seigneur

9.2.4      Une mauvaise éducation

9.2.5      Bénédiction et malédiction des pères

9.2.5.1    Bénédictions

9.2.5.2    Les conséquences de l’iniquité des pères

9.2.6      Toi et ta maison

9.2.6.1    Les soins de Dieu

9.2.6.2    Les promesses de Dieu

9.2.6.3    Conséquence de la fermeté des pères

9.2.7      Le problème des générations en rapport avec la responsabilité des pères

9.3      Les mères

9.3.1      Comment Dieu les voit

9.3.2      L’éducation de l’enfant par la mère

9.3.3      À l’abri, près de la mère

9.3.4      L’influence de la mère

9.4      Les enfants

9.4.1      Comment Dieu les voit

9.4.2      Les soins vigilants de Dieu envers les enfants

9.4.3      Les enfants et les voies de Dieu en gouvernement

9.4.4      Avertissement aux enfants

9.4.5      Le comportement des enfants dans l’éducation

9.4.6      Comment réagit l’enfant à la discipline ?

9.4.7      Être plein d’égards pour les parents

9.4.8      Attitudes répréhensibles vis-à-vis des parents

9.4.9      Le problème des générations en rapport avec la responsabilité de la jeunesse montante

10      Conclusion

 

Original en allemand, 1981

 

1            Avant propos

 

Je me suis proposé dans les pages qui suivent, de présenter les principes généraux de la Parole de Dieu quant aux problèmes que rencontrent les jeunes, les époux, les parents et les enfants. J’ai essayé par ailleurs de les illustrer par des exemples positifs et négatifs puisés dans l’Écriture. Une large place a été faite aux citations bibliques, ce qui donne un caractère inhabituel à cet opuscule.

Veuille le Seigneur que par les moyens de ces lignes, maints lecteurs trouvent dans la Parole de Dieu la réponse aux problèmes qu’ils rencontrent.

Zürich, mai 1981.

 

2            Introduction

Cet écrit s’adresse en priorité aux jeunes qui désirent conformer leur vie aux enseignements de la Parole de Dieu. Sans la foi, cela est impossible, car une vie de foi réelle se fonde exclusivement sur l’œuvre rédemptrice du Seigneur Jésus à la croix.

 

Les directives divines valent pour tous les hommes, qu’ils soient croyants ou incroyants. L’obéissance à la Parole de Dieu est toujours la source de la bénédiction.

 

Néanmoins, cet écrit n’a pas pour but d’améliorer le monde, ni au point de vue moral, ni au point de vue social. Ce n’est pas là le but que Dieu poursuit. Mais puisque ici et là, et même parmi le peuple de Dieu, on tend de plus en plus à excuser, à tolérer, voire à appeler bien ce que la Parole de Dieu appelle péché, il est de notre devoir de mettre en garde le lecteur. Le mépris des principes divins entraîne toujours des conséquences graves, parfois irréparables. Personne ne vient à bout de ces problèmes par ses propres forces. La seule ressource est Christ. C’est seulement si nous pouvons dire avec l’apôtre Paul que « pour moi vivre c’est Christ » et que « Christ vit en moi » (Philippiens 1:21 ; Galates 2:20) que nous aurons à cœur et que nous serons aussi capables « d’éprouver ce qui est agréable au Seigneur » et « de marcher comme des enfants de lumière » (Éphésiens 5:8 et 10).

 

Naturellement, il n’est pas possible, et de loin, de trouver une réponse à toutes les questions. Nous ne pouvons pas non plus ne pas parler des problèmes que le péché fait naître. Si les croyants avaient une vie en accord avec leur haute position en Christ, de tels sujets sombres et honteux pourraient être passés sous silence. Aussi, en le faisant, nous ne cherchons point à les étaler, comme cela se pratique, hélas, si souvent de nos jours, mais à les mentionner dans la crainte de Dieu « comme il convient à des saints » (Éphésiens 5:3).

 

Puisse donc cet écrit contribuer à mieux comprendre et réaliser les pensées de Dieu à l’égard de ces choses.

« Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus en pureté ! » (Éphésiens 6:24).

 

3            Chapitre 1 : Les problèmes moraux des jeunes.

Si nous voulons connaître la vérité sur une chose, nous avons toujours intérêt à remonter à ses origines. C’est exactement ce que fait le Seigneur en Matthieu 19:4.

Nous trouvons la première déclaration divine quant aux problèmes qui nous occupent en Genèse 1:27-28 : « Dieu créa l’homme à son image … Il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit ; et Dieu leur dit : Fructifiez et remplissez la terre ».

Dieu créa l’homme et la femme en les dotant d’organes en vue des fonctions qu’ils auraient à remplir. Homme et femme ont donc été rendus aptes à reproduire la vie. En opposition aux plantes et aux animaux, les descendants d’Adam reçoivent une âme immortelle. Cette réalité confère à la question de la reproduction des êtres humains une gravité et une responsabilité bien particulières.

Dès avant la chute, Dieu mit dans l’homme le désir sexuel, de sorte que chaque homme et chaque femme sont normalement attirés vers l’autre sexe. Ce désir peut être plus fort chez l’un que chez l’autre.

 

3.1          Est-ce que le désir est péché ?

Il en est fait mention dans la Parole de Dieu aussi bien chez la femme que chez l’homme. Dieu dit à Ève : « Ton désir sera tourné vers ton mari » (Genèse 3:16) (*). Dans le Cantique des Cantique, la bien-aimée dit de son bien-aimé : « Son désir se porte vers moi » (7:10) (**). Cette inclination est naturelle et normale, et nulle part elle n’est désignée comme étant un péché. Notons cependant que dans le Cantique, la Sulamithe ne parle pas de son désir à elle mais de celui de son bien-aimé. Ses propres sentiments nous sont présentés dans les chapitres 5 et 6 ce qui nous amène à la question suivante :

 

(*) Il s’agit moins dans ce passage d’un désir sexuel, que du fait de regarder à son mari d’une position de soumission. Dieu a placé Ève dans cette position comme conséquence du péché, puisque Ève a mangé du fruit défendu sans en référer préalablement à Adam.

(**) Ce désir renferme le besoin d’obtenir une réponse à l’amour que l’on ressent, plus que de viser à la satisfaction charnelle. En réponse à son amour, il s’attend à être aimé, compris et respecté. Combien plus élevés sont les sentiments intimes d’affection de la personne divine et humaine du Seigneur envers sa bien-aimée, le Résidu futur d’Israël.

 

3.2          Comment se comporter en face de ce désir ?

Si le cœur et les pensées ne sont occupés que de ces choses, nous courons le danger de glisser dans des tentations charnelles.

« Chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jacques 1:14-15).

Dans ce passage, c’est la convoitise qui conduit au péché. Notre nature corrompue, appelée « péché » est toujours à l’origine de la convoitise (Romains 7:8), et celle-ci est suivie par l’accomplissement du péché. Cette convoitise est appelée en 1 Jean 2:16 : « la convoitise de la chair », c’est à dire les désirs effrénés de la nature adamique déchue. Aussi le Seigneur dit : « Ce qui sort de l’homme, c’est là ce qui souille l’homme ; car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications... » et d’autres péchés (Marc 7:20-23).

Bien des choses agissent sur nos cœurs, pensées et sentiments, et produisent la convoitise (Ézéchiel 23:14-46). C’est pourquoi l’apôtre met son enfant Timothée en garde contre les convoitises venant du dedans et du dehors. « Mais fuis les convoitises de la jeunesse » (2 Timothée 2:22). Parallèlement à cette exhortation que l’on peut qualifier de négative, il encourage son compagnon d’œuvre Timothée d’une manière positive : « Garde toi pur toi-même » (1 Timothée 5:22), « Soit le modèle ... en pureté » (1 Timothée 4:12), « Exhorte les jeunes femmes comme des sœurs, en toute pureté » (1 Timothée 5:2). Ces exhortations lui étaient personnellement adressées et visaient son comportement vis-à-vis des femmes.

 

3.3          Comment réaliser cette pureté ?

Le psalmiste lui aussi demande : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? » La réponse est : « Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (Psaume 119:9). Et comme tout effort personnel est voué à l’échec, il nous faut constamment demander comme le psalmiste : « Donne ta force à ton serviteur » (Psaume 86:16). La vigilance dans l’obéissance à la Parole de Dieu est indispensable pour l’homme comme pour la femme. Cette vigilance a manqué dans les cas suivants :

1 Dina, fille de Jacob, sortit pour voir les filles du pays, ce qui semble à priori, être une bien inoffensive association avec le monde. Mais elle y rencontre le jeune Sichem, ce qui entraîne sa perte. Le manque de vigilance a eu d’amères conséquences (Genèse 34:1-2).

2 Samson manqua tout autant de vigilance en descendant à Thimna. Il vit une femme d’entre les filles des Philistins (Juges 14:1). Il laissa ses regards errer dans un monde ennemi de Dieu au lieu de se tenir près du peuple de Dieu.

La vigilance nous garde du péché. Il y a certes bien des choses qui sont de nature à tenter un homme et à le séduire. Mais « La crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal ». (Proverbes 8:13).

« Ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises » (Romains 13:14). De quoi un jeune homme nourrit-il ses pensées et ses sentiments ? Bien des jeunes filles chrétiennes ne se rendent pas compte que par leur comportement, leur manière de s’habiller, etc., elles peuvent exciter les convoitises des jeunes gens, de sorte que ceux-ci risquent de tomber. Elles partagent ainsi leur responsabilité. Dans le cas de Bath-Shéba, David est tenu pour pleinement responsable de son acte, mais nous notons également que la parole mentionne le comportement imprudent de cette femme qui excita la convoitise de David (2 Samuel 11:2).

Si la personne du Seigneur Jésus et sa parole remplissent notre cœur, nous aurons la force de repousser les pensées et sentiments impurs et de les juger.

 

3.4          L’affranchissement d’une servitude

En négligeant la lecture de la Parole de Dieu et la prière, on crée un état de faiblesse spirituelle, un vide qui se remplit alors de pensées impures suggérées par les choses impures que l’œil voit et que l’oreille entend. Il suffit alors de peu de chose pour donner naissance à la tentation de satisfaire soi-même son désir sexuel. Ce que Dieu donna à l’homme en vue du mariage sert alors à sa propre satisfaction.

La recherche du plaisir solitaire est considéré parfois comme une chose innocente ou, à l’inverse, assimilé à la fornication. Il semble cependant qu’aucune de ces appréciations ne correspond à la pensée de Dieu. C’est le créateur lui-même qui a mis le désir sexuel dans l’homme, mais c’est un péché que d’en abuser pour sa propre satisfaction. C’est alors un lien qui asservit le croyant. Seule la réalisation par la foi de son affranchissement en Christ peut l’en libérer.

La Parole de Dieu est extrêmement réservée sur cette question, comme sur tant d’autres, dont elle déclare en (Éphésiens 5:12) qu’il est honteux même d’en parler. Cette discrétion s’impose à nous.

Bien des jeunes gens se débattent avec ce problème. Ils en sont abattus et malheureux. Des jeunes filles peuvent en souffrir. Le plus souvent, il ne s’agit pas d’un acte isolé. Après des rechutes, tout espoir de libération est perdu. Tous les efforts personnels entrepris en ce sens s’avèrent voués à l’échec. Essayer d’améliorer peu à peu soi-même sa nature corrompue est chose impossible à l’homme. Dieu, du reste, ne se contente jamais d’un rapiéçage.

Comment parvenir à cette libération ?

 

·             Par la puissance du Fils de Dieu. Jean 8:36 : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres ».

·             La confession du péché est le point de départ : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9 ; Proverbes 28:13). Mais le pardon ne veut pas dire délivrance.

·             Par le dépouillement du vieil homme, nous obtenons la libération. Celui qui se repent et qui croit dans son cœur au Seigneur Jésus, reçoit la rémission de ses péchés et la vie éternelle. Il est né de Dieu et participant à la nature divine (Actes 10:43 ; Jean 10:28 ; 1 Jean 5:1 ; 2 Pierre 1:4). C’est l’œuvre de la croix qui place le croyant dans cette merveilleuse position.

 

Cependant il découvre très vite qu’il lui arrive encore de pécher, bien que la Parole de Dieu affirme clairement : « Quiconque est né de Dieu ne pratique plus le péché » (1 Jean 3:9). Aussi, des doutes peuvent naître dans son cœur quant à l’authenticité de sa conversion.

Dieu donne au croyant une nouvelle vie, la vie divine. Cette vie venant de Dieu ne peut pas pécher, mais la vieille nature corrompue, elle qui ne peut que pécher, reste en lui tant qu’il vit ici-bas. Il se demande donc à juste raison : Comment puis-je m’en libérer ? Voici la réponse : d’une part en ayant dépouillé et mis de côté le vieil homme et en le tenant pour mort, d’autre part en vivant à Dieu, c’est à dire en menant une vie qui Lui est consacrée (Romains 6:11).

« Je suis crucifié avec Christ » (Galates 2:20), et « Sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché » (Romains 6:6). À la croix, Christ a subi en son corps le juste jugement de Dieu non seulement sur nos péchés, mais encore sur notre vieil homme corrompu.

« Ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair » notre vieille nature « avec les passions et les convoitises » (Galates 5:24).

Vous avez, en ce qui concerne votre première manière de vivre, « dépouillé  le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses » (Éphésiens 4:22).

Vous avez « dépouillé le vieil homme avec ses actions » (Colossiens 3:9). Remarquons bien que ces passages parlent d’un fait accompli et non d’efforts humains à accomplir ; je suis crucifié ; notre vieil homme est crucifié ; ils ont crucifié la chair ; vous avez dépouillé le vieil homme.

La foi, dans une profonde gratitude envers Dieu, saisit non pas une fois pour toutes, mais continuellement le fait que le vieil homme a trouvé sa fin à la croix.

·             « Mortifiez donc vos membres » : faites mourir les membres du corps du péché qui sont sur la terre en les privant de nourriture : la fornication, l’impureté, les affections déréglées (Colossiens 3:5). C’est par la force du Saint Esprit que nous pouvons faire face à cette responsabilité : « Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Romains 8:13 ; Galates 5:16).

·             En revêtant le nouvel homme. Vous avez « revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité » (Éphésiens 4:24). « Ayant revêtu le nouvel homme qui est renouvelé en connaissance, selon l’image de Celui qui l’a créé » (Colossiens 3:10). Là aussi, il est question d’un fait accompli dont la foi peut continuellement s’emparer.

 

Ce sont autant de résultats de la mort à la croix de notre bien-aimé Seigneur Jésus. Que de motifs de louange et d’adoration !

 

3.5          Pas de demi-mesure

« Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi… Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi » (Matthieu 18:8-9). Ce n’est pas la mutilation de nos membres si indispensables qui serait la solution, mais le fait de tenir le vieil homme pour mort. Arrache, coupe, jette loin de toi tout ce qui pourrait t’inciter à pécher. Si une chose (un livre, un illustré, par exemple) est une occasion de chute pour moi, je ne vais pas le garder dans ma maison où il serait un danger continuel, mais je le jette au feu. Il en sera de même de l’amitié avec une personne du monde susceptible de m’entraîner dans un mauvais chemin.

 

Par cette action je ne change en rien le vieil homme, mais une des occasions de chute pour la chair est ôtée.

 

Ne fais rien à moitié : obéis au Seigneur. Cette obéissance ne devrait pas être un choix difficile en regard de l’amour de Dieu et du Seigneur Jésus qui a subi à la croix le châtiment que nous avions mérité. Tout effort de la part du vieil homme, par contre, ne peut que conduire à l’échec.

 

3.6          Fuyez les convoitises

Les convoitises charnelles font la guerre à l’âme, et nous devons nous en abstenir (1 Pierre 2:11). Cela concerne l’usage abusif que nous pouvons faire de notre corps. Les tentations se manifestent souvent soudainement, de sorte que nous ne sommes toujours prêts à nous défendre. Le mot d’ordre est : « fuir », étant donné que la maîtrise de soi n’est pas précisément notre fort. La tempérance est le neuvième et dernier des caractères du fruit de l’Esprit qui sont énumérés en Galates 5:22. Au verset 16, il nous est dit : « Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les convoitises de la chair ». C’est là le résultat d’une vie dirigée par l’Esprit. Auprès de Jésus, nous trouvons pardon, restauration, délivrance, et la force pour vaincre. Grâces Lui soient rendues pour cela.

 

4            Chapitre 2 : Le Célibat

Souvent les célibataires s’estiment lésés et ressentent leur condition comme comportant une frustration, en se comparant à ceux qui sont mariés. Mais celui qui n’est pas marié a aussi son propre don de grâce de la part de Dieu (1 Corinthiens 7:7). Matthieu 19:12 distingue trois groupes de célibataires :

 

D’abord ceux qui ne s’estiment pas aptes à contracter mariage par suite d’une infirmité de naissance. Mais la sollicitude du Seigneur est tout particulièrement engagée en faveur de ceux qui sont atteints d’une infirmité et il est puissant pour se glorifier en elle (Jean 9:1-3 ; 2 Corinthiens 12:9).

Ensuite ceux qui ont été faits eunuques par les hommes. Ce sont ceux qui de nos jours sont obligés de renoncer au mariage en vertu d’ordonnances humaines. Ce qui était jadis opéré corporellement chez l’eunuque l’est actuellement par des interdictions religieuses contraires à l’enseignement de la Bible (interdiction de se marier).

Enfin ceux qui renoncent au mariage à la suite d’une décision de cœur de servir le Seigneur.

 

« Celui qui n’est pas marié a le cœur occupé des choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur ».

« Celle qui n’est pas mariée a le cœur occupé des choses du Seigneur, pour être sainte, et de corps et d’esprit » (1 Corinthiens 7:32 et 34).

Il ressort clairement des versets cités que les choses du Seigneur peuvent remplir une vie de célibataire et produire deux effets :

·             Quand aux hommes non mariés, le Seigneur sera le centre de leur vie et le désir de leur cœur sera de Lui plaire à tous égards. Un exemple éloquent est donné par l’apôtre Paul et la vie de bien des frères pieux, du reste.

·             Quand aux jeunes filles célibataires, leur désir sera la sainteté de corps et d’esprit, et le fait de vivre pour le Seigneur en séparation de tout mal, et de Le servir sans être accaparées par les exigences d’une famille.

 

Selon 1 Corinthiens 7:37, celui qui a la conviction que le Seigneur l’appelle à le servir sans être marié et reçoit la force de tenir ferme, ayant pris sa décision dans le secret du cœur, fait bien de rester tel qu’il est.

 

Celui qui accepte sa condition de la main du Seigneur comme un don de grâce, recevra de Sa part une vie remplie de Lui. Le souhait profond de mainte jeune fille chrétienne n’est pas exaucé. Il s’en suit bien des exercices cachés dont Lui seul connaît l’intensité. Il sait de quelles sollicitations elles peuvent être l’objet de la part de jeunes gens inconvertis et qu’un certain opprobre peut être éprouvé dans leur condition. Mais le Seigneur saura manifester au temps convenable les fruits portés pour Sa gloire dans un chemin d’obéissance à tout prix à Sa Parole. Plusieurs passages de l’Écriture nous montent la bénédiction finale des fidèles en contraste avec leur condition présente (Ésaïe 54:1 ; 56:3-5).

 

5            Chapitre 3 : Le choix du conjoint (Genèse 24:1-27, 50-60)

5.1          Principes Fondamentaux

« Un homme fidèle, qui le trouvera ? » (Proverbes 20:6). « Une femme vertueuse ! Qui la trouvera ? » (Proverbes 31:10).

De telles pensées sont bien de nature à occuper le cœur d’un jeune homme sérieux ou d’une jeune fille pieuse. Qui saura répondre comme il convient, sinon la Parole de Dieu ?

« Le chemin de l’homme vers la jeune fille » est merveilleux et tellement divers, à l’image du « chemin de l’aigle dans les cieux » et du « chemin d’un navire au cœur de la mer » (Proverbes 30:18-19). La parole de Dieu renferme des directives précises à cet égard, mais elle ne donne pas de modèle formel.

Le plus souvent, le choix se fait dans la jeunesse, pas dans l’âge mûr. Mais on doit noter que dans ce domaine il ne s’agit pas d’expérience mais d’obéissance à la Parole de Dieu, pour être conduit dans le vrai chemin. Au reste le conseil de sages parents ou de ceux qui les remplacent ne doit pas être négligé.

 

5.1.1       Pas de joug mal assorti avec les incrédules

Le passage de 2 Corinthiens 6:14 s’applique entre autres, à l’union de croyants avec des incrédules dans les liens du mariage.

Le souci d’Abraham était de ne pas donner à son fils une femme cananéenne — une idolâtre. Cela veut dire pour nous aujourd’hui : pas d’union avec quelqu’un qui n’est pas un enfant de Dieu, mais un enfant du monde au milieu duquel nous habitons (cf Genèse 24:3). Dieu met en garde les Israélites contre une telle liaison (Deutéronome 7:3-4).

Que de larmes amères ont déjà coulé parce que cette exhortation pourtant si claire a été foulée aux pieds. La désobéissance ne trouve aucune promesse de Dieu pour s’y appuyer.

Parfois, on essaie de justifier une union qui n’est pas selon Dieu en se référant à 1 Corinthiens 7:12-17, en oubliant cependant que ces versets s’appliquent uniquement au cas où l’un des conjoints vient à croire après avoir contracté mariage. Rien dans la Parole de Dieu n’autorise une union qui spéculerait sur une conversion ultérieure. Faire un tel calcul serait changer la grâce de Dieu en dissolution. Du reste, une conversion au moment des fiançailles ou du mariage est toujours sujette à caution. Il serait infiniment souhaitable qu’en pareil cas, on laisse s’écouler un temps suffisant avant de s’engager, pour se rendre compte si la conversion est réelle.

 

5.1.2       Seulement dans le Seigneur.

Cette injonction de 1 Corinthiens 7:39 s’adresse aux veuves, mais elle est valable pour tout croyant. L’union par le mariage dans le Seigneur va plus loin que le simple fait d’un mariage entre deux croyants. Elle signifie que les deux ont la conviction donnée par le Seigneur d’être destinés l’un à l’autre, et qu’ils sont fermement décidés à marcher dans la soumission au Seigneur. S’ils ne marchent pas dans le même chemin, mais cherchent à servir Dieu chacun à sa manière, comment pourront-ils faire face dans une parfaite entente aux importantes responsabilités et aux devoirs qui sont les leurs ? « Deux hommes peuvent-ils marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord ? » (Amos 3:3).

 

5.1.3       Honore ton père et ta mère (Exode 20:12)

Cette prescription de la loi de Moïse est citée six fois dans le Nouveau Testament. Elle n’a donc rien perdu de sa valeur. Il n’est pas selon Dieu que des fils ou des filles fassent le choix si important d’un conjoint sans auparavant s’en être ouvert à leurs parents. La réticence à cet égard est révélatrice d’une mauvaise conscience dans cette affaire.

 

Ruth, la Moabite, avait quitté son père et sa mère et son pays idolâtre pour chercher refuge auprès du Dieu vivant. Parvenue à Bethléhem, elle se montre attentive aux conseils de sa belle-mère. « Tout ce que tu as dit, je le ferai (Ruth 3:5). Elle ne devait jamais regretter par la suite son union avec Boaz.

Samson a malheureusement méprisé le conseil de ses pieux parents qui lui disaient de prendre une femme d’entre le peuple de Dieu. Il leur dit : « Prends celle-là pour moi, car elle plaît à mes yeux » (Juges 14:3). À cause de cette décision contraire à l’Écriture, Dieu le conduisit par un chemin d’épreuves et de discipline. Que cet exemple nous serve d’avertissement. Au lieu d’avoir les yeux illuminés par le commandement de Dieu (Psaume 19:8), il les perdit par suite de sa désobéissance (Juges 16:21).

 

5.1.4       L’amour

L’amour n’est-il pas la condition primordiale pour qu’une union soit heureuse ? On met souvent cela en avant. Et il est vrai que l’affection naturelle entre fiancés, entre époux, entre parents et enfants, est une chose que Dieu met dans le cœur des hommes. Ces sentiments sont un lien précieux entre deux êtres étroitement unis l’un à l’autre.

Mais dès l’antiquité païenne, cet amour fut dénaturé et tomba par la désobéissance de l’homme sous l’empire de la loi du péché et de la mort. L’absence d’affection naturelle caractérise aussi la chrétienté sans Christ des derniers temps (Romains 1:31 ; 2 Timothée 3:3).

L’amour naturel a tout à fait sa place dans les relations entre époux mais il doit être sanctifié pour ne pas être un amour charnel qui se manifeste avant tout par ses exigences, son égoïsme, son désir de posséder, sans se soucier de la volonté de Dieu. Samson (Juges 14:3 et 16 ; 16:4 et 15), Amnon (2 Samuel 13) en sont de solennels exemples. Un tel amour n’est jamais le sûr fondement d’une union heureuse, car il disparaît dès que l’on ne trouve plus ce qu’on cherchait dans la personne « aimée ». Le croyant n’est pas à l’abri de ce danger, et la vigilance est nécessaire.

 

L’amour que Dieu met dans un cœur, est un amour qui à la fois donne et se donne. Il ne cherche pas son propre intérêt (1 Corinthiens 13:5). Il trouve sa mesure en Christ qui a aimé l’Assemblée et s’est livré lui-même pour elle (Éphésiens 5:25). C’est son amour et son obéissance qui l’ont poussé à descendre du ciel et à se donner pour elle, comme un homme quitte son père et sa mère pour être à sa femme.

Une demande en mariage selon Dieu requiert de saintes affections pour la jeune fille pieuse qui en est l’objet. « Christ a aimé l’Assemblée ». À l’image de Christ, c’est donc à l’homme qu’il appartient de jouer un rôle actif en demandant la jeune fille en mariage. Une attitude passive de la part de l’homme ou des avances de la jeune fille, ne sont pas selon les pensées de Dieu.

Le véritable amour n’agit jamais en opposition à la volonté de Dieu. Il ne rend pas aveugle. Un sérieux jugement de soi-même devant le Seigneur est donc nécessaire pour en connaître le vrai mobile.

 

5.1.5       La demande à Dieu d’une compagne

Le serviteur d’Abraham nous fournit un bel exemple. Ce n’est pas une jeune fille gracieuse ou riche qu’il cherchait pour Isaac, mais une jeune fille qui voulait bien servir l’étranger qu’il était, et prendre soin de ses chameaux fatigués. Dieu ayant exaucé sa prière sur le champ, le serviteur se contenta tout d’abord de regarder avec étonnement et dans le silence. Profondément ému par la réponse divine, il ne dit pas un mot à la jeune fille, mais il commença par exprimer à son Dieu sa gratitude (Genèse 24:12, 21, et 27). C’est de cette manière qu’il reçut de la main du Seigneur la femme que Dieu destinait à Isaac.

 

5.1.6       À quel moment se marier ?

Il y a un ordre qu’il convient d’observer et qui nous est clairement indiqué en Genèse 2:24, cité en Matthieu 19:5 :

 

« Laisser son père et sa mère » insiste sur l’autonomie, liée à la responsabilité.

 

Vient ensuite, « être unis à sa femme » : une union publique devant Dieu et devant les hommes. Elle est réalisée dans notre société actuelle par l’inscription dans le registre de l’état civil.

 

C’est seulement après et non avant que les deux « seront une seule chair ».

 

Une autre condition préalable à la fondation d’un foyer est l’exercice d’un métier, après une formation professionnelle ou un apprentissage suffisant, permettant à l’homme de subvenir aux besoins d’une famille : « Prépare ton ouvrage au-dehors, et met en état ton champ, et après, bâtis ta maison » (Proverbes 24:27).

 

Le temps choisi par Dieu n’est pas toujours celui qui répond à nos désirs. « Nos temps sont en ta main » (Psaumes 31:15).

 

Les filles de Tselophkhad nous fournissent un exemple encourageant (Nombres 27 et 36). Elles éprouvèrent pour elles-mêmes les difficultés que rencontrent de nos jours beaucoup de jeunes filles croyantes, qui sont obligées de constater qu’il y a, dans leur entourage, trop peu de jeunes frères résolus (décidés pour Christ). Les filles de Tselophkhad auraient bien pu supplier Moïse de leur trouver un conjoint mais elles aimaient et désiraient avant tout obtenir leur héritage (figure de nos bénédictions spirituelles), et Dieu répondit aux deux souhaits à la fois.

 

5.1.7       Le lieu de rencontre

Le serviteur d’Abraham rencontra Rebecca près d’un puits. Là jaillissait l’eau — figure de la Parole de Dieu appliquée par le Saint Esprit.

Jeune homme, jeune fille, où veux-tu rencontrer ton futur époux ? Dans le monde sans eau ou dans ce lieu, choisi de Dieu, où la Parole rafraîchit le cœur ?

 

5.1.8       Une décision ferme

Rebecca n’a pas agi légèrement envers son futur époux. « J’irai », dit-elle, résolue.

 

5.1.9       Une aide qui lui corresponde

Dieu voulait pour Adam une aide qui lui corresponde. De trop grandes différences d’âge, d’éducation, de langue et de race, etc., ne sont pas contraires à la Parole, mais peuvent constituer au cours des années une charge dans la vie commune.

« Celui qui a trouvé une femme a trouvé une bonne chose, il a obtenu faveur de la part de l’Éternel » (Proverbes 18:22).

 

5.2          Les dangers lors du choix du conjoint

La Parole de Dieu ne se borne pas à donner des lignes de conduite, mais elle met également en garde contre les dangers qui menacent.

 

5.2.1       L’amitié entre jeunes gens et jeunes filles

Souvent des « connaissances » ou des relations d’amitié entre jeunes gens et jeunes filles font naître un penchant qui conduit, tôt ou tard, qu’on le veuille ou non à des flirts. On ne peut le nier sans se séduire soi-même. N’est-ce pas là jouer légèrement avec une chose sainte ? On ne connaît que trop les conséquences douloureuses d’un amour déçu par exemple. Pour cette raison, une certaine réserve de part et d’autre est donc indispensable — réserve mais pas isolement.

 

5.2.1.1                  Avertissement aux jeunes gens :

Ne pas regarder avec convoitise une femme mariée. C’est déjà de l’adultère, dit le Seigneur (Matthieu 5:28). Ceci est tout aussi valable pour les hommes mariés que pour les célibataires.

Ne pas toucher une femme. Boaz commandait à ses jeunes hommes de ne pas toucher Ruth, de ne pas lui faire de reproches et de ne pas la reprendre (Ruth 2:9 et 15-16). « Ainsi celui qui entre vers la femme de son prochain ... quiconque la touchera ne sera point innocent » (Proverbes 6:29).

Nous avons déjà mentionné l’enseignement donné à Timothée d’exhorter les jeunes femmes comme des sœurs ... en toute pureté (1 Timothée 5:2).

Le roi Abimélec ne jouait pas avec le péché. Il avait agi « dans l’intégrité de son cœur et dans l’innocence de ses mains », lorsqu’il envoya chercher Sara, la femme d’Abraham. Abraham l’avait trompé en affirmant que Sara était sa sœur. Dieu garda Abimélec de pécher et ne lui permit pas d’épouser Sara (Genèse 20:2-6).

 

Mais celui qui joue sciemment avec le feu ne peut pas s’attendre à la grâce du Seigneur pour être gardé. Le Saint Esprit avertit solennellement que le lien charnel d’un jeune homme non marié avec une femme aura des suites amères, parce qu’il aura laissé libre cours à ce désir illicite. « J’ai trouvé plus amère que la mort la femme dont le cœur est comme des filets et des rets, et dont les mains sont des chaînes : celui qui est agréable à Dieu lui échappera, mais celui qui pèche sera pris par elle » (Ecclésiaste 7:26).

 

5.2.1.2                  Avertissement aux jeunes filles:

Qu’elles aient devant elles l’exemple de Ruth. Boaz lui commanda : « Tiens toi ici auprès de mes jeunes filles ». Naomi, sa belle-mère, lui dit aussi : « Il est bon, ma fille, que tu sortes avec ses jeunes filles ». Boaz rendit témoignage plus tard de son comportement, qu’elle n’était pas allée après les jeunes gens, pauvres ou riches. Ainsi, elle put devenir son épouse. Sa réserve fut richement récompensée : son nom est mentionné dans la généalogie du Seigneur Jésus (Ruth 2:8 et 22 ; 3:10 ; Matthieu 1:5).

 

Nous laissons les lecteurs tirer les conséquences du jugement de Dieu sur les amitiés charnelles entre jeunes gens et jeunes filles. Personne ne peut revendiquer pour soi-même une exception. Je prie tous ceux qui les croient possibles, de chercher dans leur Bible s’il y a des principes et des exemples qui soutiennent leur manière de penser. Ils devraient plutôt se demander sérieusement devant Dieu quel est le motif qui conduit à rechercher de telles amitiés individuelles. Ils trouveront qu’il s’agit du désir que Dieu a expressément réservé au mariage.

 

5.2.2       Entrer pur dans le mariage

« Car c’est ici la volonté de Dieu, votre sainteté, que vous vous absteniez de la fornication, que chacun de vous sache posséder son propre corps en sainteté et en honneur » (1 Thessaloniciens 4:3-4).

Deux dangers y sont signalés :

 

La fornication. Joseph a fui à l’heure de la tentation. Son attitude face à la femme de Potiphar est un exemple frappant de la manière dont la pureté morale doit être conservée. « Fuyez la fornication » (1 Corinthiens 6:18). La fuite n’est pas synonyme de lâcheté, mais le seul moyen de se mettre courageusement hors d’atteinte de l’emprise du péché.

Les relations intimes avant le mariage. Nous avons vu en Matthieu 19:5 que celui-ci débute tout d’abord à l’état civil. Cela est fréquemment mis en question aujourd’hui. En affirmant que c’est la promesse et non la célébration officielle qui est déterminante, on cherche à excuser, voire à approuver, les relations intimes pendant cette période. Mais le temps des fiançailles est-il vraiment entre vos mains ? On voudrait faire valoir que des relations avant le mariage ne sont pas mentionnées dans le nouveau testament. Mais 1 Corinthiens 7:34 fait bien la distinction entre la femme mariée et la vierge et poursuit : « Celle qui n’est pas mariée a le cœur occupé des choses du Seigneur, pour être sainte, et de corps et d’esprit ».

 

Les méthodes contraceptives peuvent empêcher certaines conséquences des relations illicites, mais elles ne peuvent jamais garder le corps pur, et devant le regard de Dieu, rien n’est caché. Plus loin, la Parole enjoint à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, « s’ils ne savent pas garder la continence qu’ils se marient » (il n’est ni question de fiançailles, ni de promesses) (1 Corinthiens 7:9).

 

Toutes n’ont pas la possibilité de se marier. Cela ne les dispense pas de la nécessité  d’être « saintes, et de corps et d’esprit ». Par la foi, elles recevront du Seigneur la grâce pour garder la continence. Dieu veillera à ce qu’elles trouvent une pleine satisfaction dans le Seigneur Jésus, malgré ce difficile renoncement (Comparer 2 Corinthiens 9:8).

 

La pureté avant le mariage est mentionnée dans de nombreux passages de la Parole :

 

a)     Jacob aimait Rachel mais attendit sept ans avant de l’épouser (Genèse 29:18-21). C’est une grande bénédiction pour les jeunes hommes et les jeunes filles d’avoir appris pendant leur célibat à l’école de Dieu à attendre et à tenir leur corps en bride.

b)     Rebecca était vierge (Genèse 24:16).

c)     En 2 Corinthiens 11:2 Paul emploie cette figure d’avoir en quelque sorte fiancé l’Assemblée à un seul mari pour la présenter à Christ comme une vierge chaste.

d)     Tamar, la fille de David, refusa énergétiquement les relations sexuelles avant le mariage. Elle les appela « une infamie » (2 Samuel 13:12-15). Mais Amnon ne voulut pas l’écouter et se conduisit envers elle d’une manière ignoble. Après avoir satisfait ses désirs, ses sentiments se tranformèrent en haine. Car la haine dont il la haït était plus grande que l’amour dont il l’avait aimée. Le mobile de son désir était la passion, non l’amour. C’est pour cela qu’il la fit chasser et rompit toutes les relations avec elle. D’une manière dure et inhumaine, il la repoussa sans égards pour ses sentiments blessés, ce qui pour elle fut encore plus dur à supporter que l’infamie subie.

 

Qui peut mesurer toute la souffrance qu’entraînent les relations intimes avant le mariage ?

On a comparé la pudeur à un barrage contre le péché. « L’inique ne connaît pas la honte » (Sophonie 3:5). Pour la femme, elle est un ornement, ce qui n’est pas une parure démodée (cf. 1 Timothée 2:9).

 

5.2.3       Motifs douteux pour contracter un mariage

Ce problème mérite également qu’on s’y arrête. Deux sortes de dangers existent :

·             Il se peut que des parents poursuivent dans le mariage de leurs enfants, des buts égoïstes : le roi Saül donna à David sa fille Mical — après lui avoir promis Mérab — dans l’espoir qu’elle lui serait un piège. Cette spéculation échoua (1 Samuel 18:17-22 et 25). Et cette union fut privée de la bénédiction divine.

·             Le conjoint lui-même est susceptible de contracter un mariage parce qu’il poursuit des avantages matériels. Mais alors la bénédiction de Dieu fera défaut.

 

1.     David épousa, conformément à son rang, la princesse « Maaca, fille de Talmaï, roi de Gueshur ». Mais elle n’appartenait pas au peuple de Dieu (2 Samuel 3:3 ; Josué 13:13). Leur fils Absalom s’enfuit auprès de son grand-père et ourdit un complot contre son propre père (2 Samuel 13:38). Combien fâcheuses furent les conséquences de ce faux pas !

2.     Ésaü prit en plus de ses deux femmes qui étaient une amertume pour le cœur d’Isaac et de Rebecca, Mahalath, fille d’Ismaël, pour adoucir un peu leur amertume (Genèse 26:34-35 ; et 28:8-9). Mais cela ne changea rien.

 

5.2.4       La vigilance

Elle est requise dans tous les domaines. Nous avons déjà mentionné le manque de vigilance de Dina et Samson. Deux choses méritent notre attention :

« Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Proverbes 4:23).

« Que tes yeux regardent droit en avant, et que tes paupières se dirigent droit devant toi » (Proverbes 4:25), et ne recherchez pas « les pensées de votre cœur, ni du désir des yeux, après lesquels vous vous prostituez » (Nombres 15:39 ; voir aussi Job 31:1).

 

Il est dit deux fois de Samson qu’il vit une femme (Juges 14:1 et 16:1). Il récolta les fruits amers de sa convoitise : la perte de ses deux yeux (comparer Galates 6:7).

 

5.2.5        Conséquences

Des péchés cachés et non jugés chez un croyant entravent l’avancement spirituel, et de lui-même et de l’assemblée locale. Celui qui découvre ses péchés et les confesse, obtient miséricorde, bien que parfois les conséquences puissent demeurer.

 

6            Chapitre 4 : Les fiançailles

La promesse de mariage est un engagement sérieux. Dieu se sert de l’image des fiançailles pour ses relations avec le peuple d’Israël : « Je te fiancerai à moi pour toujours … je te fiancerai à moi en vérité » (Osée 2:19-20).

Ensuite, l’apôtre Paul applique aussi l’exemple des fiançailles, comme nous l’avons vu, à la relation entre Christ et l’assemblée à Corinthe (2 Corinthiens 11:2). Nous voyons là quelque chose de la signification des fiançailles. C’est une période de transition. Le fiancé et la fiancée se sont promis. Ils sont convaincus qu’ils sont destinés l’un à l’autre, mais ils vivent encore séparés l’un de l’autre. Pendant cette période, l’amour réciproque grandit dans les deux cœurs. Ils apprennent à se connaître mieux et se rapprochent intérieurement. À la fin de cette époque de fiançailles, ils sont à même de comprendre quelque peu le désir ardent de l’Assemblée en tant qu’épouse de Christ lorsqu’elle appelle en Apocalypse 22:17 et 20 : « Viens Seigneur Jésus ».

 

Les fiançailles ne sont pas une période d’essai permettant de se rendre compte si l’on est fait l’un pour l’autre. On parle même dans le monde de mariage à l’essai qui n’est rien d’autre que de la fornication.

 

Le temps des fiançailles n’est pas celui du mariage, mais c’est l’union des cœurs, une préparation au mariage. Il ne devrait pas, si possible, durer longtemps.

 

La rupture des fiançailles est toujours une affaire douloureuse ; le manquement réside soit dans les fiançailles, soit dans la rupture elle-même. Celle-ci est la conséquence d’une première action inconsidérée, mais celui qui se fie au Seigneur ne se hâtera pas (Ésaïe 28:16).

Quand à celui qui est obligé de constater que ses fiançailles n’étaient pas la volonté de Dieu, il vaut mieux les rompre que de contracter un mariage malheureux dans un mauvais chemin. Cependant, en disant cela, nous ne voulons nullement encourager à contracter ou à rompre des fiançailles à la légère, ni à prolonger une fréquentation « ambiguë » par crainte de s’engager.

Dans tout faux pas le Seigneur est déshonoré, et le témoignage de l’Assemblée vis-à-vis du monde, peut en souffrir.

 

7            Chapitre 5 : Le mariage (Genèse 2:18-24 ; 5:1-2)

7.1          Tel que Dieu le voit

7.1.1       Une sainte institution de Dieu

Quelqu’un l’a décrit comme une sainte institution de Dieu issue du paradis.

 

Le verset de Genèse 2:24 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair », s’applique à proprement parler aux descendants d’Adam et Ève chassés du paradis. Adam n’avait pas de parents et ne pouvait donc pas les quitter.

 

7.1.2       Le mariage, une sollicitude particulière de la part de Dieu

Ce n’est pas Adam, mais Dieu qui estima que la solitude, à la longue, ne serait pas bonne pour Adam. Combien cet intérêt de Dieu pour Adam solitaire a dû être bienfaisant ! Dieu lui-même était soucieux du bien de l’homme. Il était Celui qui agissait, et lorsque l’heure choisie par Lui fut venue, il lui amena une compagne. Celui qui met sa confiance en Lui, en fera encore aujourd’hui l’expérience.

 

7.1.3       Ce que Dieu a uni (Matthieu 19:6)

Dieu voudrait unir les deux époux, parce que Lui seul est capable de sonder chaque homme, et sait lesquels sont fait l’un pour l’autre.

 

Le serviteur d’Abraham pria l’Éternel de lui faire connaître l’épouse qu’il avait destinée à Isaac. Le père et le frère de Rebecca reconnurent effectivement que cette chose procédait de Dieu (Genèse 24:14 et 50).

Après la chute, Adam fit à Dieu un reproche voilé : « La femme que tu m’as donnée » (Genèse 3:12). Quoi qu’il en soit, il reconnaissait que c’était Dieu qui la lui avait expressément donnée.

« Une femme sage vient de l’Éternel » (Proverbes 19:14). Dieu veut encore aujourd’hui la donner. Cependant, Il ne doit pas être rendu responsable des mariages malheureux : ils sont toujours le résultat de la volonté propre.

 

Si Dieu unit deux êtres, il donne la grâce pour résoudre tous les problèmes qui peuvent se présenter.

 

7.1.4       Dieu a institué le mariage monogamique

« C’est pourquoi l’homme s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair ». Ce verset de Genèse 2:24 est cité à quatre reprises dans le Nouveau Testament, avec une variante qui toutefois ne permet aucune autre interprétation : « Les deux seront une seule chair » (Matthieu 19:5 ; Marc 10:8 ; 1 Corinthiens 6:16 ; Éphésiens 5:31).

 

7.1.5       Le mariage est une vie en commun pleine de responsabilités

Il n’est pas seulement donné pour assurer la descendance à l’homme (Genèse 1:28), mais constitue une communion intime de l’esprit, de l’âme et du corps. Le mariage requiert des deux conjoints : amour désintéressé, fidélité, confiance mutuelle, sens des responsabilités ; ce n’est pas tout. Mais il procure beaucoup de joie et de satisfaction.

 

Les époux qui réalisent cet amour qui s’oublie et se livre, qui selon 1 Corinthiens 13:5 ne cherche pas son propre intérêt, feront l’expérience heureuse que l’estime et l’inclination réciproque ne font que s’approfondir, s’enrichir et s’embellir. Car « il est plus heureux de donner que de recevoir » (Actes 20:35). Mais dans cette vie en commun, la première place appartient au Seigneur.

 

7.1.6       Le lien du mariage est une union pour la vie, ferme et indissoluble

Dans nos pays, il est conclu et confirmé par l’état civil, et non par un simple consentement (Romains 13:1-2).

 

Remarquons l’exemple biblique de Rebecca en Genèse 24 : elle donna son consentement en disant : « j’irai » (v 58). C’est seulement neuf versets plus loin qu’il nous est dit : « elle fut sa femme » (v 67). Le premier verset présente le mariage comme un accord entre les époux, le dernier démontre plutôt l’acte public en rapport avec la société.

 

En outre, des passages comme ceux de 2 Corinthiens 8:21 et Romains 12:17 nous exhortent à veiller à « ce qui est honnête non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes ». En dehors des intéressés, il n’y a que Dieu qui entende le consentement réciproque, mais le mariage devant l’état civil est ratifié « devant les hommes ».

 

Dieu a aussi appliqué l’image du mariage à Israël. Il s’est plaint de ce que les pères aient rompu son alliance quoiqu’il les eût épousés (Jérémie 31:32).

Le mariage est un engagement qui ne doit pas être dissous tant que les deux conjoints sont en vie (Romains 7:2 ; 1 Corinthiens 7:39).

 

7.1.7       Le mariage est une unité

« Il les créa mâle et femelle, et les bénit ; et il appela leur nom Adam (homme) » (Genèse 5:1-2), et non pas hommes (au pluriel). Le mari et la femme constituent ensemble l’homme. Ils seront une seule chair. Nous reviendrons sur cette déclaration.

 

7.1.8       Le mariage implique la séparation d’avec les parents (Genèse 2:24)

Il arrive que des pères ou des mères trop étroitement liés à leurs enfants éprouvent de la peine à accepter cette ordonnance divine. Un jeune homme ou une jeune fille peut avoir aussi avec ses parents des liens si forts qu’ils dépassent une saine relation filiale. Dans les deux cas, une telle dépendance pèse sur le jeune couple.

Nous avons déjà attiré l’attention sur la nécessité de l’autonomie et de l’indépendance vis-à-vis des parents.

Les parents doivent s’assurer que leurs conseils ou leurs exhortations bien intentionnés ne constituent pas une ingérence dans le domaine qui appartient à la propre responsabilité des jeunes époux. En ce cas, ils ne peuvent pas revendiquer pour eux-mêmes le commandement déjà cité : « Honore ton père et ta mère » (Exode 20:12 ; Éphésiens 6:1-3). Qu’ils aient plutôt la sagesse de s’abstenir de manifester aucune volonté. « Le chef de la femme, c’est l’homme », non pas les parents ou les beaux-parents, et de même : « Le chef de tout homme, c’est le Christ » (1 Corinthiens 11:3).

 

7.1.9       Le mariage est un lien pour la terre

Matthieu 22:30 : « Car dans la résurrection, on ne se marie ni on n’est donné en mariage » : le mariage est pour la terre, ainsi que la procréation.

Bien entendu, les relations personnelles de l’un et de l’autre avec Christ sont indépendantes du mariage, car en Christ, « il n’y a ni mâle, ni femelle » (Galates 3:28), ce qui signifie qu’il n’y a pas de préférence pour Dieu.

 

7.2          Ce que l’homme a fait du mariage institué par Dieu

Depuis la chute, l’homme a gâté tout ce que Dieu lui avait confié. Il a donc également profané le mariage. Cela ne peut pas rester impuni : la décadence morale de l’homme devait en résulter, d’où les sérieux avertissements de l’Écriture :

« Que le mariage soit tenu en honneur » (Hébreux 13:4).

« Qu’aucune impureté... ne soit même nommée parmi vous, comme il convient à des saints » (Éphésiens 5:3).

Tout contact avec le mal souille. C’est pour cette raison que nous mentionnons ci-après avec crainte et une sainte horreur, comme il convient à des saints, certains égarements concernant le mariage, qui aujourd’hui, en contradiction avec la Parole de Dieu, ne sont parfois même plus considérés comme péchés.

 

7.2.1       L’homosexualité

La loi de Moïse condamne les relations intimes entre deux êtres du même sexe et les considère comme une abomination. Les deux devaient être punis de mort (Lévitique 18:22 ; 20:13). Dans le Nouveau Testament, ces passions honteuses ne sont pas moins fermement condamnées :

« Car leurs femmes ont changé l’usagé naturel en celui qui est contre nature ; et les hommes aussi pareillement, laissant l’usage naturel de la femme, se sont embrasés dans leur convoitise l’un envers l’autre, commettant l’infamie, mâles avec mâles, et recevant en eux-mêmes la due récompense de leur égarement ».

Ils ne se contentent pas de pratiquer les péchés, mais encore « trouvent leur plaisir en ceux qui les commettent » (Romains 1:26-27, 32).

 

Le jugement de la Parole de Dieu est clair. Elle place devant nous deux terribles exemples:

 

1. Les hommes de Sodome qui s’adonnaient à cette passion (Genèse 19:4-5), étaient méchants et grands pécheurs devant l’Éternel (Genèse 13:13). « Leur péché est très aggravé » (Genèse 18:20). Près de 2 000 ans plus tard, Jude fait allusion à ce péché dans son épître, et ajoute que les hommes de Sodome « sont là comme exemple, subissant la peine d’un feu éternel » (v. 7).

2. Les hommes de Guibha, contrairement aux païens de Sodome, étaient des Israélites, auxquels la crainte de Dieu manquait entièrement (Juges 19:22). De nombreux siècles plus tard, le prophète Osée affirme que leur conduite corrompue était péché (Osée 9:9 ; 10:9).

Des jeunes filles aussi pourraient être en danger d’être entraînées à de telles pratiques contre nature.

 

7.2.2       La fornication

C’est la recherche des satisfactions charnelles en dehors du mariage. Elle est appelée par l’apôtre : « pécher contre son propre corps » (1 Corinthiens 6:18). Cette expression n’amoindrit nullement la responsabilité, mais la renforce. À plusieurs reprises la fornication est aussi appelée un péché contre Dieu (Genèse 20:6 ; 39:9 ; 2 Samuel 12:13 ; Psaume 51:4). « Or le corps n’est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps » (1 Corinthiens 6:13).

L’homme et la femme peuvent tomber dans ce péché. Juda, le fils de Jacob, a péché ainsi (Genèse 38). Et la description de la prostituée séductrice en Proverbes 7:6-27, correspond en tous points à la déchéance morale actuelle.

C’est une erreur de prétendre que la fornication ne s’applique qu’au cas où les personnes se donnent pour de l’argent. S’il en était ainsi, le cas mentionné en 1 Corinthiens 5:1 ne pourrait porter ce nom. En outre, l’emploi de ce terme nous enseigne que l’on doit entendre par là tout entraînement vers des objets que la pensée de Dieu n’a pas destinés à cela. Lorsque Israël s’est tourné vers les idoles, la Parole de Dieu appelle cela « fornication », car « tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:3 ; comparer avec Exode 34:15-16 ; Lévitique 17:7, etc.).

 

Les conséquences de la fornication sont désastreuses.

 

Jephté, un fort et vaillant homme, était fils d’une prostituée. Il fut déshérité et chassé par ses frères, les fils légitimes de son père, et il dut s’enfuir (Juges 11:1-3). Combien d’enfants illégitimes (nés en dehors du mariage) ont à souffrir toute leur vie du péché de leur père ou de leur mère !

 

« La prostituée... augmente le nombre des perfides parmi les hommes » (Proverbes 23:27-28). « Le compagnon des prostituées dissipera son bien » (Proverbes 29:3). C’est ainsi en outre que le fils prodigue a dissipé son bien (Luc 15:30). Ce péché, comme celui de l’ivrognerie, ôte le sens (Osée 4:11). « Ceux qu’elle a tués sont très nombreux » (Proverbes 7:26).

 

Les fornicateurs seront dehors, avec d’autres pécheurs, privés de la bénédiction future.

 

« Leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort » (Apocalypse 21:8 ; 22:15).

 

Mais Dieu soit béni ! En rapport avec ce péché, la Parole de Dieu ne nous mentionne pas seulement des jugements, mais promet grâce et pardon à celui qui confesse sincèrement ses péchés (Psaume 51).

 

1.                  Rahab la prostituée, en est un exemple frappant. Elle est citée plusieurs fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament, en relation avec sa vie de péché précédente. Mais il est toujours mentionné aussi qu’elle a été sauvée et justifiée par la foi, et elle a reçu une place d’honneur dans la généalogie du Seigneur Jésus (Josué 2:1 ; 6:22 et 25 ; Hébreux 11:31 ; Jacques 2:25 ; Matthieu 1:5).

2.                  Parmi d’autres pécheurs, des prostituées se repentirent de leur vie de péché. Elles ont cru à la prédication de Jean le Baptiseur et se repentirent (Matthieu 21:31-32).

 

Qu’on ne prétende pas que seuls les incrédules peuvent commettre ce péché ! Parmi les quatre choses indispensables qui ont été imposées aux croyants d’entre les nations, on trouve: « Qu’on s’abstienne... de la fornication » (Actes 15:20, 29). Et le croyant d’aujourd’hui n’est pas à l’abri de ce danger. L’apôtre craignait d’être affligé à l’occasion de plusieurs qui s’étaient convertis d’entre les Corinthiens dissolus, qui avaient péché auparavant et ne s’étaient pas repentis de l’impureté, de la fornication et de l’impudicité qu’ils avaient commises (2 Corinthiens 12:20-21).

 

7.2.3       Le concubinage (union libre)

On cherche parfois à justifier la vie commune sans mariage officiel. Cette union n’a rien de solide ni de définitif. Elle ne peut remplacer le mariage ni lui être assimilée.

Des jeunes croyants peuvent se laisser entraîner par les coutumes de leur entourage (passer seuls des vacances ensemble, cohabiter...). Ils s’exposent à des dangers réels, ne pouvant pas compter sur la grâce de Dieu pour être gardés de chute dans un chemin de propre volonté.

L’abandon des enseignements bibliques détruit le respect et la crainte de Dieu. Les exemples suivants montrent comment Dieu en juge:

1. La femme samaritaine au puits de Jacob avait été mariée cinq fois et vivait alors en concubinage. Le Seigneur lui déclare : « Tu as bien dit : je n’ai pas de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari » (Jean 4:17-18).

2. Dans les jours de Noé, on se mariait et on donnait en mariage, mais dans les jours de Lot, il n’en est guère fait mention. La décadence morale était manifeste à Sodome (Luc 17:27-28).

De nos jours des hommes et des femmes dans ce monde en viennent à vivre ensemble au mépris de tout sens moral. « C’est pourquoi Dieu les a aussi livrés dans les convoitises de leurs cœurs à l’impureté en sorte que leurs corps soient déshonorés entre eux-mêmes » (Romains 1:24). Avertissement des plus solennels.

 

7.2.4       L’adultère

Le fait pour l’homme marié ou la femme mariée d’avoir des relations charnelles avec une personne autre que le conjoint est appelé adultère par la Parole de Dieu. Il implique toujours la fornication. Les tribunaux civils sont à peine capables de constater ces péchés, c’est pourquoi les fornicateurs et les adultères seront jugés par Dieu lui-même (Hébreux 13:4).

 

David négligea ses devoirs comme conducteur du peuple. À cette occasion la Parole nous le présente se levant le soir de son lit de repos. Ce manque de vigilance fit de ce roi craignant Dieu, un adultère et un meurtrier (2 Samuel 11). Ses efforts pour dissimuler la chose échouèrent. Toute sa vie durant, il eut à souffrir des conséquences de ce péché.

 

La loi mosaïque punissait de mort l’adultère (Lévitique 20:10). Salomon écrivit dans les Proverbes:

 

« Un homme prendra-t-il du feu dans son sein sans que ses vêtements brûlent ? Si un homme marche sur des charbons ardents, ses pieds ne seront-ils pas brûlés ? Ainsi, celui qui entre vers la femme de son prochain... quiconque la touchera ne sera point innocent. Celui qui commet adultère avec une femme manque de sens ; celui qui le fait détruit son âme : il trouvera plaie et mépris et son opprobre ne sera pas effacé » (Proverbes 6:27-29, 32-33).

 

La jalousie en est une conséquence amère. « Car dans l’homme, la jalousie est une fureur, et il n’épargnera pas au jour de la vengeance ; il n’acceptera aucune propitiation, et ne se tiendra pas pour satisfait, quand tu multiplierais les présents » (Proverbes 6:34-35).

 

En Deutéronome 22:13-21, nous trouvons les prescriptions de la loi en cas de jalousie au début d’un mariage. Si un mari imputait injustement à sa femme des actes qui donnaient occasion de parler, il devait être châtié et mis à l’amende et il ne devait jamais la renvoyer. Si le soupçon se révélait juste, c’était la femme qui subissait le châtiment. Si le mari devenait jaloux plus tard, avec ou sans motif, on devait faire appel à Dieu pour la malédiction ou la bénédiction (Nombres 5:11-28).

 

Combien il importe que chacun des époux ait une conduite irréprochable vis-à-vis de l’autre sexe. C’est ainsi que cette mauvaise œuvre de la chair sera évitée, car « qui subsistera devant la jalousie ? » (Proverbes 27:4 ; Galates 5:20).

On met parfois en avant, comme excuse pour les relations extra-conjugales, la polygamie des croyants de l’Ancien Testament (Abraham, Jacob, David, etc.). La polygamie a été introduite par le descendant de Caïn, Lémec. Mais l’Ancien Testament fait ressortir toutes les difficultés qui résultent de la polygamie, telles que jalousie, haine et chagrin (Sara, Agar, Léa, Rachel, Anne, Péninna). Même la loi de Moïse contient des prescriptions pour celles qui sont frustrées (Deutéronome 21:15-17). Dès les temps du Nouveau Testament, les surveillants et les serviteurs dans l’Assemblée ne devaient avoir qu’une seule femme. S’ils ont épousé plusieurs femmes avant leur conversion, ils ne peuvent pas exercer l’un de ces services.

 

7.2.5       Séparation et divorce

Le mariage est un engagement qui ne doit pas être dissous sinon par la mort de l’homme ou de la femme (Romains 7:2 ; 1 Corinthiens 7:39). Il est sur la terre, bien que si faiblement, une image de l’indissoluble union de Christ et de son assemblée. Cela interdit la dissolution du mariage. Les pharisiens prétendaient que Moïse avait ordonné le divorce. Cependant, celui-ci n’était que toléré à cause de la dureté de cœur des Israélites. Dieu dit clairement : « Je hais la répudiation » (Malachie 2:16). Dans le Nouveau Testament, le Seigneur les ramène au commencement, où le mariage ne pouvait être rompu. On impute souvent à la légère la responsabilité de la désunion d’un ménage à l’autre conjoint. Mais les causes sont généralement plus profondes. Combien de souffrances dans les familles résultent du divorce ! Les blessures causées aux enfants sont difficilement guérissables. Les problèmes ne sont nullement résolus par ce moyen.

 

La Parole de Dieu ne connaît aucune situation dite insupportable qui justifie la dissolution du mariage « si ce n’est pour cause de fornication ». Voici ce que dit la Parole de Dieu:

 

« Mais moi, je vous dis que quiconque répudiera sa femme, si ce n’est pour cause de fornication, la fait commettre adultère ; et quiconque épousera une femme répudiée, commet adultère » (Matthieu 5:32).

 

« Et je vous dis que quiconque répudiera sa femme, non pour cause de fornication, et en épousera une autre, commet adultère ; et celui qui épouse une femme répudiée, commet adultère » (Matthieu 19:9).

 

« Il leur dit : Quiconque répudiera sa femme et en épousera une autre, commet adultère envers la première ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet adultère » (Marc 10:11-12 ; voir aussi Luc 16:18).

 

À celle qui est séparée, il est ordonné : « Qu’elle demeure sans être mariée, ou qu’elle se réconcilie avec son mari » (1 Corinthiens 7:10-11).

 

Nous laissons le lecteur en présence des déclarations du Seigneur.

 

7.2.6       L’interdiction de se marier

Le Saint Esprit « dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons... défendant de se marier » (1 Timothée 4:1-3). C’est en contradiction absolue avec le propos divin quant à l’existence de l’homme sur la terre et n’a rien de commun avec le renoncement volontaire dont nous avons parlé au chapitre 2.

 

7.3          En Résumé :

C’est avec un cœur bouleversé et une indignation intérieure que nous avons dû passer en revue les tristes aspects du mépris de l’ordre selon Dieu dans ce monde, qui résultent de la décadence des mœurs. Cette horreur s’applique aux péchés, non aux personnes concernées. Il est impossible de saisir toute l’étendue des conséquences qui sont de bien des manières sans remède. Il en résulte souvent des problèmes insolubles. Peut-être un lecteur est-il amené à reconnaître l’un des péchés signalés. Que faire ?

 

1. À celui qui a commis un péché de cette nature avant sa conversion, la Parole de Dieu dit:

« Ne vous y trompez pas : ni fornicateurs,... ni adultères, ni efféminés, ni ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes... n’hériteront du royaume de Dieu. Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Corinthiens 6:9-11).

Combien grands sont les résultats en grâce qui découlent de l’œuvre de Christ !

2. À tous ceux qui n’ont pas encore reçu le pardon de leurs péchés s’adresse cet appel:

« Repentez-vous donc et vous convertissez, pour que vos péchés soient effacés » (Actes 3:19).

« ... pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu ; pour qu’ils reçoivent la rémission des péchés et une part avec ceux qui sont sanctifiés, par la foi » au Seigneur Jésus (Actes 26:18).

3. Pour ceux qui tombent dans le péché après leur conversion, le cas est plus grave. Nous avons un exemple en 1 Corinthiens 5 de quelqu’un, qui est appelé « frère ». Celui-ci devait être exclu par l’assemblée locale à cause de son grave péché : « Otez le méchant du milieu de vous-mêmes ». Ce n’était pas pour se débarrasser de lui, mais en vue de sa restauration. Une tristesse selon Dieu chez celui qui est tombé, et le deuil de l’assemblée sont les conditions de la restauration.

4. « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point » (Proverbes 28:13). Cela s’applique à tous ceux qui, incrédules ou croyants, peuvent cacher leurs péchés, parce qu’ils sont restés sans conséquences visibles.

Le Seigneur « mettra en lumière les choses cachées des ténèbres » (1 Corinthiens 4:5).

 

8            Chapitre 6 : Les époux (Éphésiens 5:22-33)

« Il les créa mâle et femelle » (Genèse 1:27 ; 5:2). L’homme et la femme ont été doués différemment par le Créateur. L’homme possède en général une plus grande capacité de jugement objectif, la femme se laisse plus facilement guider par ses sentiments et ses sympathies.

 

De nos jours, on cherche de plus en plus à effacer ce qui distingue la femme de l’homme, dans les vêtements, la coiffure, le comportement, etc., ce qui n’est pas la volonté de Dieu.

 

Nous voulons maintenant envisager comment les relations de Christ avec l’Assemblée sont un modèle pour le mariage. L’Assemblée comprend tous les vrais croyants. Christ est le chef de l’Assemblée. Elle lui est soumise. Déjà dans le passé Christ a aimé l’Assemblée et s’est donné Lui-même pour elle à la croix. Dans le temps présent, il la sanctifie en la purifiant par le lavage d’eau par la Parole. Son but dans l’avenir est de se la présenter à Lui-même glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable. C’est pour cela que Christ nourrit et chérit l’Assemblée. Quel modèle élevé pour les époux.

Considérons d’abord la position et les devoirs du mari.

 

8.1          La position du mari :

8.1.1       L’ordre selon Dieu

L’ordre divin mentionné en 1 Corinthiens 11:3 : Dieu — Christ — l’homme — la femme — est encore valable aujourd’hui. L’homme est le chef de la femme. À ce propos, les hommes citent volontiers Éphésiens 5:22 : « femmes, soyez soumises à vos propres maris comme au Seigneur ». Cependant ce verset est adressé aux femmes. Elles devraient d’elles-mêmes être prêtes à occuper leur place selon l’ordre divin. Combien cela leur est facile si réellement c’est « dans le Seigneur ». À travers leur mari, elles devraient toujours avoir en vue le Seigneur. Il n’est donc pas ici ni de supériorité, ni d’infériorité, mais d’un ordre établi par Dieu que l’on n’enfreint pas impunément.

Cet ordre est déjà perturbé dès que l’homme en appelle, vis-à-vis de sa femme, au verset cité, et on ne peut trouver de secours que dans l’humiliation commune devant le Seigneur, afin que la femme prenne d’elle-même sa vraie place. Les anciens et les serviteurs d’une assemblée locale sont exhortés à bien conduire leur propre maison. N’est ce pas à souhaiter aussi pour chaque époux croyant ?

 

8.1.2       Sa position de prééminence comme chef de la femme implique la responsabilité envers sa famille

L’Éternel avait dit à Abram : « Va-t’en »... « et Abram s’en alla... et Abram prit Saraï, sa femme... et ils sortirent » (Genèse 12:1-5).

Dieu dit à Jacob : « Lève-toi... Et Jacob dit à sa maison : ôtez les dieux étrangers... et nous monterons... Et ils donnèrent à Jacob tous les dieux étrangers... et Jacob les enterra » (Genèse 35:1-4).

 

Dans l’exemple suivant, le chef de famille n’a pas assumé sa responsabilité :

À cause de la famine, Élimélec quitta Bethléhem, la maison du pain, avec sa femme et ses fils, et s’en alla dans le pays de Moab sans avoir reçu un ordre de Dieu et sans s’enquérir de sa volonté. Il y mourut ainsi que ces deux fils (Ruth 1:1-5).

 

8.1.3       La fidélité personnelle du chef de famille est en bénédiction pour les siens

C’est à cause de la fidélité de son père Abraham qu’Isaac reçut la promesse: « Toutes les nations de la terre se béniront en ta semence : parce qu’Abraham a écouté ma voix, et a gardé mon ordonnance, mes commandements, mes statuts et mes lois » (Genèse 26:4-5 ; comp. Genèse 12:3 ; 18:18 ; 22:18 et 28:14).

Josué choisit indépendamment de la conduite du peuple : « Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24:15).

Le Seigneur de la cour crut la parole du Seigneur Jésus et obéit, après quoi, son fils mourant fut guéri. Et en résultat : « Il crut, lui et toute sa maison » (Jean 4:50 et 53).

Paul écrivait : « Le Seigneur fasse miséricorde à la maison d’Onésiphore, car il m’a souvent consolé et n’a pas eu honte de ma chaîne » (2 Timothée 1:16-18).

 

8.1.4       Le mari partage la responsabilité morale des écarts de son épouse

 

Ève tomba dans la transgression (1 Timothée 2:14, mais en Romains 5:14, il est parlé de la transgression d’Adam et non pas celle d’Ève. Dieu a demandé à Adam et pas à Ève : « As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai commandé de ne pas manger ? » (Genèse 3:11).

Achab partageait la responsabilité des mauvaises actions de sa femme Jésabel : Tu as tué (1 Rois 21:19). Mais le jugement l’atteint elle aussi.

Ananias et Sapphira étaient de connivence pour n’apporter aux pieds des apôtres qu’une partie du prix de vente. Ils se donnaient l’apparence de tout abandonner volontairement. Ananias n’eut plus l’occasion de se repentir. Cette occasion, par contre, fût donnée à Sapphira qui la laissa passer en persévérant dans le refus de se repentir (Actes 5).

 

Malheureusement, on prête en général trop peu d’attention à la responsabilité du mari.

 

8.2          Les devoirs du mari :

8.2.1       Aimer son épouse.

Cette injonction répétée trois fois en Éphésiens 5:25, 28, 33 est bien justifiée. Un des caractères des hommes au temps du déclin de la chrétienté et de la décadence morale consiste en ceci, qu’ils sont « sans affection naturelle » (2 Timothée 3:3) comme les païens en Romains 1:31. Être affectueux ou être aimable, ce n’est pas encore aimer. L’amour réciproque est plus que l’attirance physique.

En Colossiens 3:19, l’Esprit de Dieu ajoute : « et ne vous aigrissez pas contre elles ». La femme n’est pas la cible ni le paratonnerre du caractère facilement emporté du mari, pour qu’il passe sur elle sa mauvaise humeur. Au contraire, l’amour ne cherche pas son propre intérêt et ne s’irrite pas. Quel esprit de dévouement et de sacrifice ne voyons-nous pas dans l’amour de Christ pour l’Assemblée !

La femme a tout spécialement besoin d’être entourée d’amour. Elle a une sensibilité plus délicate que l’homme et peut ressentir plus douloureusement les choses.

 

8.2.2       Il la nourrit

Ce devoir dépasse le cadre de la nourriture du corps, il comprend aussi la présentation de la Parole de Dieu par la méditation journalière à la maison. Il doit connaître le degré de croissance intérieur des membres de la famille. Voici quelques exemples :

En Égypte, l’Israélite avait la responsabilité de prendre « un agneau par maison... vous compterez pour l’agneau d’après ce que chacun peut manger » (Exode 12 :3-4). Cela suppose bien une connaissance précise des besoins des siens.

Dans le désert, Dieu lui ordonna au sujet de la manne : « Recueillez-en... un omer par tête, selon le nombre de vos personnes ;... chacun pour ceux qui sont dans sa tente » (Exode 16:16).

Le mari doit répondre aux besoins spirituels de son épouse : « vos femmes,... si elles veulent apprendre quelque chose, qu’elles interrogent leur propre mari chez elles » (1 Corinthiens 14:35).

 

Combien il importe donc pour les maris de se nourrir eux-mêmes abondamment de la parole de Dieu (Colossiens 3:16), afin qu’ils soient à même de remplir ce devoir vis-à-vis de leurs femmes ! De nos jours les conséquences de cette défaillance de bien des maris sont effrayantes.

8.2.3       Il la chérit

C’est l’affaire du mari de prendre soin du bien corporel et spirituel de son épouse.

Elkana donna à sa femme Anne une portion double du sacrifice, car il aimait Anne (1 Samuel 1:5). En figure, il lui faisait apprécier la personne et le sacrifice du Seigneur comme source de salut, de paix et de joie.

 

8.2.4       Avoir des égards

Il est aussi ordonné au mari d’avoir des égards pour l’état physique de sa femme. Il doit demeurer avec elle selon la connaissance (ou avec discernement), « comme avec un vase plus faible… leur portant honneur » (1 Pierre 3:7). Il tiendra compte comme il convient des sentiments et de la sensibilité de sa femme et apportera à son état de santé toute la considération nécessaire.

 

8.2.5       Les prières

Combien il importe que les maris élèvent aussi des mains saintes pour la prière dans la famille ! Et la mésentente qui résulte du manque d’égards envers l’épouse peut constituer une réelle entrave (1 Timothée 2:8 ; 1 Pierre 3:7).

 

8.3          L’épouse selon la pensée de Dieu :

« Une femme vertueuse est la couronne de son mari » (Proverbes 12:4 ; 31:10).

« La femme qui craint l’Éternel, c’est elle qui sera louée » (Proverbes 31:30). Être vertueuse, craindre Dieu, être une aide, avoir du bon sens ou le sens de la bienséance (Proverbes 11:22), être sage sont les vertus qui parent l’épouse croyante.

 

8.4          Le domaine d’activité de l’épouse :

8.4.1       Son rayon d’activité est le foyer (Proverbes 31:13-27)

Beaucoup de mères de famille ont à affronter dans leur ménage une surabondance de travaux et d’obligations, malgré l’appareillage moderne qui facilite leur dur travail, ce qui est un bienfait. Quand est-ce que le Seigneur reprit Marthe ? Seulement quand les soucis matériels du ménage occupaient son cœur à tel point qu’elle négligeait la communion personnelle avec Lui et Sa Parole (Luc 10:40-42).

Les jeunes femmes doivent être instruites à s’occuper des soins de la maison (Tite 2:4-5). Plusieurs les négligent et pensent beaucoup plus à des activités spirituelles à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison. De tels services sont nécessaires, mais il faut prendre garde que cela n’empiète pas sur les tâches journalières, au détriment de la famille, ce qui serait contraire à la volonté de Dieu. D’autres jeunes femmes sont moins chargées. Comment peuvent elles employer leur temps libre ? La Parole de Dieu leur recommande de loger les étrangers, de secourir ceux qui sont dans la tribulation, de visiter les malades, etc. (1 Timothée 5:10 ; Proverbes 31:20).

 

8.4.2       L’activité professionnelle de l’épouse et de la mère

Il y a certains cas où la famille ne peut pas se passer du salaire ou de la collaboration de l’épouse (par exemple dans l’agriculture ou dans l’artisanat : Actes 18:3 ; Proverbes 31:24). Mais si le mobile de cette activité hors de la famille vient de ce qu’elle ne se trouve pas satisfaite dans la sphère qui est la sienne ou bien dans l’appât du gain, une telle activité se déploiera au grand détriment de la vie de famille, et spécialement des enfants. Après des périodes de nécessité passagère (par exemple maladie, chômage), la mère de jeunes enfants devrait s’interroger devant le Seigneur au sujet de son activité professionnelle. L’accoutumance aux facilités que procure un revenu supplémentaire est un piège de l’ennemi.

Une pratique de plus en plus courante pour la femme consiste à assurer seule la subsistance du ménage tandis que le mari poursuit ses études, par exemple. Cela renverse l’ordre que Dieu a établi. Si un jeune homme pense ne pas pouvoir attendre la fin de ses études pour se marier, et prend ainsi un gagne-pain qui le place au-dessous du niveau auquel ses études l’auraient conduit, c’est une décision estimable que le Seigneur bénira, dans la mesure où elle est prise avec Lui.

Au cas où l’épouse est contrainte au travail par la loi, ce qui, hélas, est le cas dans certains pays et surtout en temps de guerre, il ne lui reste qu’à se soumettre aux autorités (Romains 13:1-2), tant que cela n’est pas contraire à la volonté de Dieu.

 

8.4.3       Oisiveté et commérages

Les Saintes Écritures mettent aussi en garde contre ce danger : on ne doit donner aucune occasion à l’adversaire (1 Timothée 5:13-14). La femme vertueuse ouvre sa bouche avec sagesse, et la loi de la bonté est sur sa langue (Proverbes 31:26). Une vie remplie des devoirs et des soins selon Dieu préserve la femme de l’oisiveté et de ses mauvaises conséquences.

 

8.5          Position et devoirs de l’épouse

8.5.1       Aimer son mari

Contrairement aux exhortations répétées aux époux d’aimer leur propre femme, cette exhortation n’est adressée qu’une seule fois aux jeunes femmes. La femme en a moins besoin que l’homme, étant donné que l’amour est, chez elle, une disposition naturelle. Toutefois, il est immédiatement ajouté : aimer leurs enfants. L’ordre suivi par la Bible mérite que l’on s’y arrête. Ainsi, l’amour pour les enfants ne doit pas prendre la première place, mais céder le pas à l’amour pour le mari (Tite 2:4).

 

8.5.2       Être une aide pour son mari (Genèse 2:18)

C’est Dieu qui lui attribue cette place qui s’applique à tous les domaines : matériel, moral et spirituel ; tandis que le mari doit diriger sa propre maison, « elle surveille les voies de sa maison » (Proverbes 31:27). C’est ainsi qu’elle peut être une aide pour son mari. La Sunamite aimait savoir qui entrait et qui sortait de sa maison. Elle observa bien son hôte, le prophète Élisée, et dit à son mari : « Voici je connais que c’est un saint homme de Dieu qui passe chez nous continuellement » (2 Rois 4:9). Cette vigilance est plus que jamais requise de nos jours dans une maison chrétienne.

 

8.5.3       Soumission ou égalité des droits ?

Être soumise à son mari implique qu’une femme n’a pas à se mettre à sa place ou au-dessus de lui. Cette position était déjà établie dans la loi de Moïse (1 Corinthiens 14:34). Les injonctions d’Éphésiens 5:22 et 24 ainsi que Colossiens 3:18 sont très importantes : « soumises... comme au Seigneur,... en toutes choses,... comme il convient dans le Seigneur ». Quelle règle élevée ! Elle comprend toutefois une restriction qui s’applique seulement où le mari demande quelque chose qui ne convient pas dans le Seigneur.

 

Prôner l’égalité de l’homme et de la femme comme on le fait aujourd’hui tend en réalité à renverser l’ordre voulu de Dieu pour la bénédiction de l’un et de l’autre. Mais ces passages ne doivent pas non plus être mal appliqués par le mari. Le Seigneur Jésus a toujours pris d’une manière exemplaire, la place de soumission envers son Dieu. C’était sa nourriture de faire la volonté de son Père (Jean 4:34). Et il appartient à l’épouse de prendre de bon gré la place que Dieu lui a donnée.

Les exemples qui suivent illustrent notre propos :

Après que la femme de Sunem a discerné qu’Élisée, qui passait fréquemment chez elle, était un homme de Dieu, elle dit à son mari : « Faisons, je te prie, une petite chambre haute en maçonnerie, et mettons-y pour lui, un lit, et une table, et un siège et un chandelier » (2 Rois 4:9-10). Elle parle de la chose avec son mari et n’agit pas de façon indépendante.

Le couple de Aquilas et Priscilla (ou Prisca) est mentionné six fois ; trois fois la femme est nommée la première. Elle prend toujours la place qui convient dans chaque cas et qui est bien plus précieuse que celle que l’égalité des droits pourrait lui offrir.

 

La Parole de Dieu ne passe pas non plus sous silence les cas où la soumission a été méconnue.

 

Ève discuta avec le serpent au lieu de le renvoyer à Adam à qui les commandements avaient été donnés. Nous souffrons encore aujourd’hui de suites de cette désobéissance (Genèse 3).

Séphora, la femme de Moïse, paraît s’être opposée au commandement divin, donné pour Israël, de faire circoncire son fils. Et Dieu dut sévir sévèrement sur le chemin vers l’Égypte, dans le caravansérail, en cherchant à tuer Moïse. C’est seulement alors qu’elle cessa de résister et obéit. En le faisant, non seulement elle sauva la vie de son mari, mais elle ôta cet obstacle que Dieu ne pouvait supporter, qui aurait empêché Moïse de remplir avec la force d’en-haut, le mandat et le service que Dieu lui avait confiés (Exode 4:24-26 ; comp. 1Timothée 3:5).

 

La réalisation de la soumission peut cependant être soumise à des épreuves sévères.

 

« Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission » (1 Timothée 2:11). Mais comment apprendra-t-elle d’un époux non spirituel qui n’étudie pas lui-même la parole de Dieu ? Ou bien comment doit-elle se conduire si son mari n’assume pas sa position de responsabilité dans la famille, ou s’il s’oppose à ce qu’elle assiste aux réunions, ou s’il exerce une mauvaise influence sur les enfants ? La réponse de la Parole de Dieu est toujours : la soumission. Que de fois l’indépendance a été un obstacle dans le changement d’état d’esprit du mari. Mais Dieu ne déçoit point la confiance et l’obéissance et donne la force pour persévérer.

 

C’est par la soumission, par un témoignage sans paroles et une conduite pure dans la crainte que de tels maris qui ne veulent pas écouter la parole de Dieu pourront être gagnés (1 Pierre 3:1). Mais ces épouses ont besoins des intercessions de leurs frères et sœurs, parce qu’il n’est pas facile pour elles de se conduire ainsi.

 

8.5.4       Craindre son mari (Éphésiens 5:33)

Craindre ne signifie pas pour la femme avoir peur ou trembler devant son mari. Il faut l’entendre dans le sens où l’on parle de la crainte de Dieu dans l’amour. Il s’agit pour la femme de reconnaître sa position et l’ordre selon Dieu qui a confié au mari la responsabilité pour elle-même et pour toute sa famille.

 

8.6          L’influence de l’épouse sur son mari

Elle est bien plus grande que ce que l’on pense généralement, ainsi qu’il ressort des exemples bibliques suivants :

 

8.6.1       Une bonne influence couronnée de succès

Manoah ne connaissait pas bien son Dieu. Il pensait qu’après leur rencontre avec l’Ange de l’Éternel, ils allaient mourir tous deux. La confiance illimitée de sa femme en Dieu surmonta son manque de foi (Juges 13:22-23).

 

8.6.2       Une bonne influence, mais sans succès

Abigaïl informa Nabal, son mari, du grand danger qu’il courait à cause de sa conduite ignoble et ingrate à l’égard de David. Par sa sage intervention, le pire avait pu être écarté. Mais le cœur de Nabal était si endurci qu’il ne put pas apprécier la délivrance opérée par le moyen de sa femme. Son influence resta vaine (1 Samuel 25:36-38).

 

8.6.3       Mauvaises influences

Les femmes étrangères du roi Salomon détournèrent son cœur vers d’autres dieux dans son âge avancé (1 Rois 11:4). Environ 600 ans plus tard, Néhémie posa la question: « Salomon, roi d’Israël n’a-t-il pas péché en cela ?... et il était aimé de son Dieu... ; lui aussi les femmes étrangères l’ont fait pécher ! » (Néhémie 13:26).

 

Il s’agit ici de l’influence de femmes païennes. Malheureusement, une femme croyante, mais non spirituelle, peut aussi influencer défavorablement son mari.

C’est bien ce que fit Saraï avec Agar. Elle proposa à son mari une solution charnelle. « Et Abram écouta la voix de Saraï ». S’il avait agi par la foi, il aurait dû dire « non ». Plus tard il dit : « Voici, ta servante est entre tes mains ». Il livra Agar aux mains de sa femme au lieu d’assumer lui-même la responsabilité des conséquences de son faux-pas (Genèse 16:2 et 6). Mais Dieu avait entendu l’affliction d’Agar (v. 11).

 

Sara décida plus tard : « Chasse cette servante et son fils ». Abraham ne voulait pas satisfaire aux exigences de sa femme à cause de son fils Ismaël. Sara agissait de sa propre initiative, et cependant ses paroles correspondaient à la volonté de Dieu. Abraham était incapable de prendre une décision à cause de sa mauvaise conscience. Mais Dieu intervint. Et le même Dieu entendit aussi la voix de l’enfant mourant et fit voir à Agar un puits d’eau (Genèse 21:10 et 17). Les conséquences de ce faux pas sont encore visibles aujourd’hui au Proche Orient.

 

8.6.4       Une mauvaise influence sans effet

La femme de Job vit son mari couvert d’un ulcère malin et lui dit : « Maudit Dieu et meurs ! » Mais « en tout cela, Job ne pécha point de ses lèvres » (Job 2:7-10).

Mical, la femme de David, a comparé son mari à un homme de rien. Cependant, David désirait être plus vil encore et être abaissé à ses propres yeux, pourvu que Dieu soit honoré (2 Samuel 6:20-22).

 

8.7          Promesses particulières

La femme sera sauvée en enfantant, « si elles persévèrent dans la foi et l’amour et la sainteté avec modestie » (1 Timothée 2:15). Après la chute, où Ève, comme suite au rôle qu’elle avait joué, s’entendit dire : « Je rendrai très grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants » (Genèse 3:16), la promesse de 1 Timothée 2:15 apporte les ressources de la grâce sans porter atteinte aux voies gouvernementales de Dieu.

 

8.8          Les époux

8.8.1       Comment Dieu les voit.

Ils sont « ensemble héritiers de la grâce de la vie » (1 Pierre 3:7). Quel appel élevé !

 

8.8.2       Être une seule chair

Dieu avait établi les relations intimes des époux dans l’état d’innocence de l’homme. « Fructifiez et remplissez la terre » (Genèse 1:28). L’Écriture ne tient pas pour péché l’acte lui-même ou le fait d’en parler. Le Saint Esprit se sert de diverses expressions pour en parler. Mais c’est un sujet que la Bible, et en particulier le Nouveau Testament, évoque avec une dignité et un grand sérieux, tout à l’opposé de la légèreté actuelle. « Que le mariage soit tenu en honneur à tous égard » (Hébreux 13:4). En 1 Corinthiens 6:15-19, l’apôtre écrit que notre corps, membre du corps de Christ, est le temple du Saint Esprit ; et par la suite, au chapitre 7, il s’étend plus en détail sur cette question. Une sainte réserve en même temps qu’un grand sérieux doivent nous caractériser.

 

Les relations intimes n’ont pas uniquement pour but d’engendrer des enfants, mais sont la conséquence normale d’une heureuse communion de cœur et d’esprit, l’expression d’une union harmonieuse de l’esprit, de l’âme et du corps, dans le respect mutuel. C’est pourquoi un Israélite qui avait récemment pris une femme ne devait pas aller à la guerre. Il devait réjouir sa femme (Deutéronome 24:5), et se réjouir en elle (Proverbes 5:18-19). Dans cette harmonie, il n’y a pas de prééminence de l’un ou de l’autre (1 Corinthiens 7:4).

 

8.8.3       La tempérance

Avant leur conversion, les Corinthiens vivaient sans frein dans la jouissance des plaisirs charnels. Il est à supposer qu’ils considérèrent ensuite comme un péché toute relation intime et s’en abstinrent, ce qui devait forcément conduire à des difficultés dans leur vie conjugale. Parce qu’ils connaissait leur incontinence, l’apôtre répondait à leurs questions et leur recommandait de ne pas se priver l’un l’autre « à moins que ce soit d’un consentement mutuel, pour un temps, afin que vous vaquiez à la prière, et que vous vous trouviez de nouveau ensemble, afin que Satan ne vous tente pas à cause de votre incontinence » (1 Corinthiens 7:5). Combien le danger est grand de satisfaire aux désirs charnels sans qu’il y ait harmonie de l’esprit et du cœur !

 

La maîtrise de soi est comme nous l’avons vu un des caractères du fruit de l’Esprit qui devrait être abondamment manifesté parmi nous (2 Pierre 1:6-8).

 

L’Ancien Testament contient quelques exhortations et exemples en ce qui concerne la tempérance :

 

La loi de Moïse exige ainsi le respect de certaines prescriptions relatives à la pureté extérieure en Lévitique 18:19 ; 20:18 ; Ézéchiel 18:6.

Lorsque Dieu descendait aux yeux de tout le peuple d’Israël sur la montagne du Sinaï, les Israélites devaient s’y préparer ainsi : « Moïse sanctifia le peuple, et ils lavèrent leurs vêtements et ils ne s’approchèrent pas de leurs femmes pour être prêt le troisième jour » (Exode 19:15).

 

Dieu allait se révéler à son peuple dans sa sainteté. L’attention totale du peuple lui était due. Leurs intérêts personnels ou familiaux devaient être mis à l’arrière-plan. N’y a-t-il pas aussi dans notre vie de famille des moments qui appartiennent au Seigneur seul ?

 

Dans ce cas, il s’agissait d’une continence exceptionnelle et limitée dans le temps.

 

Abstraction faite d’empêchements éventuels, la continence volontaire ne peut être que le fruit d’un exercice spirituel « pour vaquer à la prière », ou par égard à l’état de santé de sa femme (1 Pierre 3:7).

 

8.8.4       La régulation des naissances est-elle biblique ?

C’est là un problème à l’ordre du jour dans le monde actuel, et qui préoccupe aussi certains époux croyants.

 

Quelles sont les pensées de Dieu quand à ce sujet ?

 

Dieu bénit Adam aussi bien qu’Ève dans leur état d’innocence : « Fructifiez et multipliez, et remplissez la terre » (Genèse 1:28). Dieu dit plus tard la même chose à Noé et Jacob (Genèse 9:1 et 7 ; 35:11). Le Nouveau Testament n’en parle pas.

 

Ces passages, comme aussi Jean 1:13, où l’homme est né de la convoitise de la chair, ou de la volonté de l’homme, pourraient être interprétés comme une possibilité d’influencer d’une manière ou d’une autre, la procréation. Qu’en est-il ?

 

La naissance d’un être humain a pour base la volonté et la puissance du créateur ; mais Dieu a confié à l’homme la faculté de la procréation ; l’homme n’est qu’un instrument dans sa main.

 

Le psalmiste admire l’opération de Dieu : « Car tu as possédé mes reins ; tu m’as tissé dans le ventre de ma mère. Je te célèbrerai de ce que j’ai été fait d’une étrange et admirable manière... Tes yeux ont vu ma substance... de jour en jour, ils (les membres) se formaient (Psaume 139:13-16).

 

La responsabilité d’époux craignant Dieu est parfois mise à l’épreuve lorsqu’il existe des motifs qui tendraient à limiter le nombre d’enfants à cause par exemple d’un état de santé déficient.

 

Lorsque le Pharaon voulait mettre à mort tous les enfants mâles israélites, Amram et Jokébed, les parents de Moïse, auraient pu y voir un motif valable pour ne plus avoir d’enfants. Mais leur foi dans le Dieu vivant et qui maintient la vie était si forte qu’ils ne craignirent pas l’édit du roi (Exode 1:22 ; 2:2-3 ; Hébreux 11:23). Cet exemple montre clairement l’importance que Dieu attache à la foi.

 

La recherche des aises personnelles ou la crainte de ne pouvoir nourrir ou éduquer nos enfants ne sont pas des raisons pour refuser cette bénédiction d’en haut. De telles raisons sont en opposition avec le Psaume 104:27-28 : « Tous s’attendent à toi, afin que tu leur donnes leur nourriture... Tu leur donnes, ils recueillent ; tu ouvres ta main, ils sont rassasiés de biens ». Les promesses matérielles étaient valables pour le peuple terrestre. Néanmoins, nous sommes exhortés à rejeter tout notre souci sur celui qui prend soin de nous (1 Pierre 5:7).

 

On ne doit cependant pas en conclure qu’un mariage de croyant doit conduire à avoir le plus possible d’enfants sans aucune réserve. Il est important que les époux soient exercés ensemble devant le Seigneur quand à leur responsabilité pour élever leurs enfants. Nous avons déjà noté quels égards sont prescrits au mari envers sa femme (1 Pierre 3:7).

 

Il est vrai que l’Écriture ne donne pas de règle de conduite expresse à ce sujet. Cependant, un couple qui craint Dieu, qui se trouve confronté à ce problème, doit s’assurer que ses mobiles sont selon Dieu, et qu’il agit selon sa foi personnelle. Personne ne peut se conduire avec la foi de l’autre. « Toi, tu as de la foi ; aie-la par devers toi-même devant Dieu » (Romains 14:22).

 

Les parents d’une famille nombreuse sont souvent jugés avec mépris dans le monde. Les croyants feront bien de se garder de toute critique légère à l’égard des parents qui ont une nombreuse famille comme envers ceux qui n’ont pas d’enfants. Dieu seul connaît la foi qui est en exercice à l’égard de ces problèmes.

 

La régulation des naissances, pour laquelle on fait tant de propagande aujourd’hui, prétend s’occuper de la question de savoir quand les enfants sont désirés et combien, comme si cela était entièrement laissé à la discrétion des époux, quels que soient leurs buts ou leurs principes. D’après ce que nous avons vu, nous concluons que ces façons de voir ne trouvent aucun appui dans la Parole de Dieu.

 

8.8.5       Disputes entre époux

Dans ce monde, tant de mariages sont ruinés par les querelles et les disputes. Qui pourrait mesurer toute la souffrance qui en résulte ? Dans un mariage chrétien, même des tensions entre époux ne devraient pas se produire, car cela déshonore le Seigneur, et les enfants en pâtissent.

 

Une dispute éclate bien vite, mais que de peine ensuite pour rétablir la paix et la confiance ! (Proverbes 17:14). Bien des querelles proviennent de la jalousie, mais le livre des Proverbes cite d’autre causes telles que l’orgueil (13:10), la colère (15:18), la moquerie (22:10), celui qui a l’âme altière (28:25), la parole blessante (15:1).

 

Un mari querelleur échauffe les disputes (Proverbes 26:21). Une femme querelleuse est comparée deux fois à une gouttière continuelle en un jour de pluie (Proverbes 19:13 ; 27:15). Elle empoisonne le foyer le plus uni et provoque l’irritation (Proverbes 21:9 ; 25:24 ; 21:19).

 

Bien des époux qui se reprochent mutuellement un état d’esprit querelleur oublient cependant qu’il suffit que l’un des deux soit lent à la colère pour que la dispute s’apaise (Proverbes 15:18).

 

Se repentir sincèrement du mal, juger le péché à la racine et reconnaître mutuellement sa propre faute et son péché sont les conditions indispensables pour une pleine restauration. La séparation n’apporterait pas la solution et elle est contraire à la volonté de Dieu.

 

8.8.6       Conclusion

L’union intime entre mari et femme soulève maintes questions personnelles. Les époux doivent examiner ensemble devant Dieu les mobiles de leurs actes, et mettant en tout leur confiance en Lui. Sa grâce donnera la vraie solution à tous leurs problèmes, et les gardera d’une entente qui ne serait que connivence pour faire ensemble l’opposé de la volonté de Dieu (Actes 5:2).

 

9            Chapitre 7 : Les parents et les enfants

« Par la foi, Moïse, étant né, fut caché trois mois par ses parents, parce qu’ils virent que l’enfant étaient beau ; et ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi » (Hébreux 11:23).

 

« Et il fut nourri trois mois dans la maison du père » (Actes 7:20).

 

« Et comme elle (la mère) ne pouvait plus le cacher, elle prit pour lui un coffret de jonc... et mis dedans l’enfant » (Exode 2:3).

 

C’est dans cet ordre, les parents ensemble, puis le père, et la mère, que nous envisagerons leur responsabilité et leur position. Un paragraphe spécial sera consacré aux enfants.

 

9.1          Les parents

Ils sont appelés à donner naissance à des enfants. Chaque petit enfant, avec son âme immortelle, est d’un prix immense devant Dieu. Le devoir des parents est donc d’élever leur enfant, né dans le péché comme descendant d’Adam, pour le Seigneur, pour son peuple, et pour le ciel. Cela ne va pas sans fatigues et sans sacrifice de ses forces et de son temps. Mais il en vaut la peine, puisqu’il est destiné à être un citoyen du ciel. Quelle terrible responsabilité pour les parents s’ils mettent cette mission de côté ou simplement la négligent.

 

9.1.1       Les enfants, un don de Dieu

C’est un grand honneur pour les parents de recevoir un petit enfant des mains de l’Éternel (Psaume 127:3). Le Créateur forme l’enfant qui va naître d’une façon merveilleuse. Le psalmiste célèbre cette sagesse admirable de Dieu (voir Psaume 139:13-16 ; Job 10:11-12). Dieu intervient aussi à la naissance de l’enfant (Ésaïe 66:9).

 

Quelle chose affreuse que l’homme ose supprimer ce que Dieu fait.

 

De nombreuses femmes de l’Ancien Testament, telles que Sara, Rebecca, Rachel, la femme de Manoah, Anne, et dans le Nouveau, Élisabeth désiraient ardemment un petit enfant. En attendant l’exaucement de la part de Dieu, elles souffraient beaucoup de leur stérilité.

 

Sara chercha à y remédier par ses propres moyens. Par manque de foi et de persévérance dans les promesses de Dieu, elle ne moissonna dans le cas d’Agar que des difficultés (Genèse 16). Elle rit des promesses de Dieu (Genèse 18). Cependant, en son terme, l’année suivante, l’Éternel accomplit sa promesse. Par la foi Sara elle-même reçut la force de fonder une postérité (Hébreux 11:11).

La femme de Manoah était stérile. Un ange lui promit un fils et lui enjoignit de l’élever comme nazaréen (consacré à Dieu). Les paroles de l’ange ne suffisant pas à son mari, il supplia l’Éternel de leur montrer ce qu’ils devaient faire. Dieu exauça sa demande, mais sans rien ajouter de plus aux paroles de son messager (Juges 13).

 

Dans chacun de ces cas où le manque de foi était évident, Dieu restait fidèle à Sa promesse.

Isaac et Zacharie ont prié pour avoir une postérité, et Dieu exauça leur prière (Genèse 25:21 ; Luc 1:13). Il entendit aussi la prière de Rachel et lui donna un fils (Genèse 30:22).

Lorsque Anne supplia Dieu et qu’Il lui accorda un fils (1 Samuel 1:27), que fit-elle ensuite de ce don de Dieu ? Déjà avant sa naissance, elle promit solennellement : « Je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie » (1 Samuel 1:11). Il devait être un nazaréen, consacré à Dieu non pour un temps, mais pour toujours. Aussi renonça-t-elle à tous ses droits personnels sur son enfant en faveur de son Dieu, et accomplit sa promesse : « Et aussi moi, je l’ai prêté à l’Éternel » (1 Samuel 1:28). Dieu ne resta pas son débiteur, car « le jeune garçon Samuel allait grandissant, agréable à l’Éternel et aux hommes » (1 Samuel 2:26).

 

La pratique du vœu n’a pas été reprise dans le Nouveau Testament, mais combien l’attitude d’une Anne peut-elle servir d’exemple pour nous-mêmes, et nous inciter à considérer nos enfants comme « beaux à Dieu » (Actes 7:20 : note). Puisse-t-il y avoir beaucoup plus d’Anne parmi nous qui désirent un fils non pour elles-mêmes, mais pour « servir dans le sanctuaire ».

 

Encore aujourd’hui, la stérilité peut être une source de chagrins cachés et profonds. Plusieurs souffrent d’avoir à renoncer aux enfants. Mais il y en a qui mettent cet état à profit pour s’occuper d’autres enfants dans le but de les amener au Seigneur. Ainsi, la prophétie d’Ésaïe 54:1 qui se réalisera pleinement dans l’avenir, trouve déjà une application de nos jours : « les fils de la désolée sont plus nombreux que les fils de la femme mariée ».

 

Citons le cas de Mardochée qui, lorsque Esther perdit ses parents, l’éleva lui-même (Esther 2:7). Notons que la Parole reconnaît la filiation par adoption (Galates 4:5 ; Romains 8:15) à côté de la filiation par naissance.

 

9.1.2       Les parents sont un dans l’éducation des enfants

Il est toujours préjudiciable que les parents (où l’un deux) aient une préférence pour un enfant. Isaac aimait Ésaü, mais Rebecca, Jacob (Genèse 25:28). Nous en connaissons les tristes conséquences (Genèse 27:6-17, 45).

 

Les enfants ont tous un caractère différent. Ésaü par exemple, était chasseur, homme des champs, Jacob, par contre, était plus calme, plus casanier, et restait dans la tente. Dès le jeune âge, on peut discerner ces dispositions.

 

Les enfants ont besoin de l’unanimité des parents et de leur parfait accord pour leur éducation. Pour cela, il est indispensable que le père et la mère restent chacun à la place assignée par Dieu.

 

9.1.3       Les parents doivent être un bon exemple pour les enfants

Le propre des enfants est d’imiter à la fois le bien et le mal des adultes.

 

Lorsque le Seigneur Jésus fit son entrée à Jérusalem, la foule criait : « Hosanna au Fils de David ! ». Peu de temps après, les enfants firent de même dans le temple. Ils répétaient ce qu’ils avaient entendu et — quelle grâce — le Seigneur l’appréciait. « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tètent tu as établi ta louange » (Matthieu 21:9, 15-16).

Tite devait exhorter les jeunes hommes et être lui-même un modèle (Tite 2:6-7). Nous devons personnellement vivre ce que nous prêchons.

Les parents de Moïse ne craignirent pas l’ordonnance du roi d’Égypte. Leur fils imita leur foi et ne craignit pas la colère du roi. Il était le vrai fils d’une famille qui vivait par la foi (Hébreux 11:23, 27).

Achazia « marcha dans la voie de son père, et dans la voie de sa mère ». Et ainsi, suivant leur exemple, il rendit hommage aux idoles (1 Rois 22:53).

 

Le bon et le mauvais exemple des parents a plus d’effet sur les enfants qu’on ne le pense. Persévérer dans le bon exemple nécessite de la part des parents un exercice constant.

 

9.1.4       Directives pour l’éducation

9.1.4.1                  Tenir les enfants soumis en toute gravité

Cette exigence demandée aux surveillants (1 Timothée 3:4), est valable dans chaque foyer chrétien. Il ne s’agit pas de céder aux caprices d’un enfant, ni de verser dans le despotisme ; le sérieux et la dignité doivent caractériser les parents.

 

9.1.4.2                  Bien conduire les enfants

Cette qualité exigée du serviteur (1 Timothée 3:12), doit également caractériser les parents chrétiens et elle demande de leur part qu’ils persévèrent dans le sentiment de leur responsabilité pour l’éducation de leurs enfants. Mais ils doivent par la foi, demander l’aide du Seigneur. « Si quelqu’un... manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement..., et il lui sera donné » (Jacques 1:5).

 

9.1.4.3                  Un règle d’éducation toute faite n’existe pas

« Élève le jeune garçon selon la règle de sa voie (ou conformément au caractère du garçon ; note de la traduction allemande) » (Proverbes 22:6). Cela suppose à l’égard de chaque enfant une manière d’agir adaptée qui peut parfois ne pas être comprise par ses frères et sœurs. Il est besoin d’une grande dépendance pour éviter les erreurs.

 

« Même lorsqu’il vieillira, il ne s’en détournera pas » (Proverbes 22:6). Une éducation, qu’elle soit bonne, mauvaise, inexistante, se répercute sur toute la vie.

 

9.1.5       Les buts de l’éducation

Le père et la mère ont à examiner devant le Seigneur, si les buts qu’ils poursuivent pour leurs enfants sont véritablement selon Sa volonté, et pour leur bien, et non pour satisfaire leur propre ambition (Romains 12:16).

 

Jokébed, la mère de Moïse, n’eut pas beaucoup de temps pour s’occuper de l’éducation de son fils. Combien rapidement nos enfants, élevés dans le cercle protégé de la famille, sont placés dans un monde où les dangers les entourent de toutes parts. Mais Jokébed, et sans doute son mari, ont implanté dans le cœur de Moïse cette semence qui l’amena, lorsqu’il fut devenu grand, à refuser, par amour pour son peuple, « d’être appelé fils de la fille du pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte » (Hébreux 11:24-26. Elle a dû livrer son enfant à un milieu ennemi de Dieu et n’a pas été confuse. À l’âge de 40 ans, Moïse eut à cœur de sortir vers ses frères, les fils d’Israël. La semence avait germé.

L’apôtre Jean n’avait pas de plus grande joie que d’apprendre que ses enfants marchent dans la vérité (3 Jean 4 ; comp. 2 Jean 4). Il appliquait probablement ces paroles à des croyants pour lesquels il était devenu un père en Christ. N’est-ce pas là le but que tous les parents chrétiens devraient constamment avoir en vue, à savoir que leurs enfants ne soient pas seulement au Seigneur, mais qu’ils marchent aussi dans la vérité et la saine doctrine.

 

De nos jours, les parents courent le danger de poursuivre des buts ambitieux qui ne font que nuire à la vie spirituelle de leurs enfants.

 

Lémec, un descendant de Caïn, en est un exemple frappant. Ses fils firent leur chemin dans le monde. Ils jetèrent les bases de la société humaine. Jabal fut père de ceux qui habitent sous des tentes et ont du bétail (agriculture et élevage), Jubal fut père de tous ceux qui manient la harpe et la flûte (art et musique), Tubal-Caïn fut forgeur de tous les outils d’airain et de fer (artisanat et industrie) (Genèse 4:19-22). Le commerce ne fit son apparition que plus tard, dans les jours de Sodome.

 

Tout croyant se trouve dans le monde. Il doit manger son propre pain en travaillant paisiblement (2 Thessaloniciens 3:12). Mais s’il n’aspire qu’à grimper dans l’échelle sociale pour atteindre la place la plus élevée, au détriment de son état spirituel, il en souffrira du dommage.

 

Le monde sans Dieu offre tout ce qui peut satisfaire le cœur naturel, et l’aide à obtenir le succès, mais sa fin est le jugement.

 

Il exerce aussi, de notre temps, une grande influence sur les croyants. N’a-t-il pas déjà causé de grands ravages à cause du manque de vigilance ?

 

D’autres parents amassent des trésors pour leurs enfants et se retranchent derrière 2 Corinthiens 12:14 : « car ce ne sont pas les enfants qui doivent amasser pour leurs parents, mais les parents pour leurs enfants ». Il est clair que l’apôtre voulait seulement justifier son comportement vis-à-vis des Corinthiens auxquels il ne voulait pas être à charge.

 

Les parents prennent soin de leurs enfants par amour et amassent pour eux premièrement des trésors dans les cieux qui ne périront pas (Matthieu 6:20).

 

9.1.6       L’aide spirituelle des parents

Elle est particulièrement précieuse et nécessaire dans le cercle de la famille. L’instruction spirituelle des enfants peut être assurée de diverses manières.

 

9.1.6.1                  Explications spontanées en ce qui concerne le culte

Si les enfants n’assistent pas au culte, ce qui est toujours regrettable, il leur manque d’être enseignés par ce qu’ils voient. Pour l’Israélite, la fête des pains sans levain était une excellente occasion de raconter à son fils ce que l’Éternel avait fait pour lui en le conduisant hors d’Égypte, et de lui parler de ses propres expériences (Exode 13:8).

 

Ainsi, les parents chrétiens ont tant de possibilités de parler aux enfants des vérités de la Parole et de leurs propres expériences dans la foi, que ce soit dans la vie d’Assemblée ou dans la vie de famille.

 

9.1.6.2                  Questions que posent les enfants

Les enfants sont très observateurs et posent des questions très pertinentes, même dans le domaine spirituel. Les enfants sont lésés lorsque les parents jugent que leurs enfants sont trop petits pour obtenir une réponse. Ou bien ne répondent-ils pas parce qu’ils en sont incapables ?

 

9.1.6.3                  L’Ancien Testament cite quatre de ces questions :

 

« Que signifie pour vous ce service ? » (Exode 12:26-27). Dieu indique lui-même aux parents ce qu’ils devaient répondre: « C’est le sacrifice de la pâque à l’Éternel qui passa par-dessus les maisons des fils d’Israël en Égypte, lorsqu’il frappa les Égyptiens et qu’il préserva nos maisons. » L’orgueil de ce monde conduit au jugement.

 « Qu’est-ce que ceci ? » (Exode 13:14-15). C’est la question que pouvait poser un fils à ses parents lorsqu’il voyait que l’on rachetait par un agneau tout premier-né de l’âne et tout premier-né de l’homme. Alors le père israélite parlait au fils de sa délivrance de l’esclavage, du jugement de Dieu sur les premier-nés égyptiens, et de la mort de l’agneau comme substitut. « C’est pourquoi je sacrifie à l’Éternel tout ce qui ouvre la matrice, les mâles et je rachète tout premier-né de mes fils. »

Lorsque le fils désirait s’enquérir plus tard et savoir : « Que sont les témoignages, les statuts, et les ordonnances que l’Éternel, notre Dieu, vous a commandé ? » (Deutéronome 6:20), Dieu avait préparé une réponse pour la bouche du père (v. 21-25). Ils avaient été délivrés de la servitude de l’Égypte, ils étaient en chemin pour la terre promise. « L’Éternel nous a commandé de pratiquer tous ces statuts, de craindre l’Éternel, notre Dieu, pour notre bien, toujours,... Et ce sera notre justice que nous prenions garde... »

« Que signifie pour vous ces pierres ? » (Josué 4:6, 21). Là encore, Dieu donna aux parents la réponse exacte : les eaux du Jourdain furent coupées devant l’arche de l’alliance de l’Éternel. Israël a traversé le Jourdain à pied sec.

 

Dieu donne toujours la bonne réponse à ceux qui s’attendent à Lui. Prendre le temps, demander à Dieu la sagesse, avoir de la patience, jouir de la confiance l’un de l’autre : voilà les conditions indispensables pour que les entretiens entre parents et enfants soient utiles. Mais Dieu veuille également donner la grâce de savoir répondre à des questions qui mettent parfois mal à l’aise, ou de ne pas répondre, car le Seigneur Jésus Lui-même n’a pas répondu à des questions provocantes (Marc 11:33).

 

9.1.6.4                  L’instruction des enfants

Dieu enseigna son peuple sur la manière dont ils avaient à instruire leurs enfants :

 

« Mes paroles…, qu’ils apprendront… et qu’ils enseigneront à leurs fils » (Deutéronome 4:10).

Cela suppose tout d’abord que les parents eux-mêmes connaissent la Parole de Dieu. Il y a ensuite une autre condition : « Mettez ces miennes paroles dans votre cœur et dans votre âme » (Deutéronome 11:18). Il s’agit donc pour les pères et les mères de recevoir la Parole avant tout dans le cœur et non seulement avec l’intelligence, pour ensuite l’enseigner aux enfants.

Deutéronome 6:6 confirme cette indication : « Ces paroles... seront sur ton cœur ». Combien il est important de garder la Parole d’un cœur droit. L’injonction d’en parler aux enfants est donnée seulement après.

 

Il est frappant de voir à quel point le Deutéronome contient des enseignements à l’intention des enfants. C’est parce que, au moment où les fils d’Israël s’apprêtaient à entrer dans le pays de la promesse, Moïse avait à cœur de diriger toute leur attention là-dessus.

 

Les parents chrétiens peuvent se réjouir de leur appel céleste en Christ. Ils vivent, eux et leurs enfants, dans un monde rempli de dangers, qui ne se soucie pas de la Parole de Dieu. Cependant, le Seigneur prend soin des siens et désire que les parents sachent instruire leurs enfants, quant au chemin qui mène au ciel.

 

« Que tu fasse connaître à tes fils et aux fils de tes fils... » (Deutéronome 4:9). Il est clair que les parents ont le devoir d’instruire leurs enfants. Il serait inconcevable qu’ils s’en remettent uniquement aux moniteurs d’école du dimanche. Les père et mère sont tous deux responsables de leur instruction (Proverbes 1:8 ; 6:20). Le père et la mère ne peuvent se soustraire à ce devoir. Celui qui croit ne pas être capable doit prier et lire la Bible avec zèle.

 

Les devoirs familiaux rendent difficiles la lecture familiale journalière de la Parole. Mais le Seigneur récompense richement cette fidélité. La bénédiction en découle particulièrement sur les enfants. Par ailleurs, les parents sauront adapter leur enseignement au degré de réceptivité de l’enfant.

 

Quand et où ces instructions doivent-elles être dispensées ? La Parole de Dieu indique plusieurs possibilités. Les Israélites devaient instruire leurs enfants dans la maison, en chemin, le matin et le soir (Deutéronome 11:19). Plus encore, une fois que les paroles divines étaient enracinées dans leur propre cœur, ils étaient en mesure de les inculquer (Deutéronome 6:6-7) et de commander à leur fils afin qu’ils prennent garde à les pratiquer (Deutéronome 32:46). Deutéronome 4:9 étend cette obligation aux petits enfants.

 

9.1.7       La prières des parents pour leurs enfants

Manoah supplia l’Éternel de l’instruire au sujet du fils qu’il allait recevoir (Juges 13:8).

 

Anne pria pour avoir un fils. Après que sa prière fut exaucée, elle continua à prier (1Samuel 1:10 ; 2:1). C’est un exemple pour les mères et celles qui vont le devenir.

 

C’est un grand privilège pour les parents chrétiens de placer ainsi leurs enfants, dans la prière, entre les mains du Seigneur. Dans le nouveau testament, nous avons quatre cas : trois pères et une mère, qui se sont adressés au Seigneur dans leur détresse :

 

Le seigneur de la cour de Capernaüm avait un fils qui allait mourir. La prière du père tenait en sept mots : « Seigneur, descend avant que mon enfant meure ». Le père crut la parole du Seigneur: « Va, ton fils vit ». Et le fils fut guéri de sa maladie (Jean 4:46-54).

La femme cananéenne dut persévérer dans la prière, parce qu’elle se trouvait en dehors du cercle des bénédictions d’Israël, et que le Seigneur voulait mettre sa foi à l’épreuve. Sa première prière était courte, mais la seconde, plus encore : « Seigneur assiste-moi ». Après que, par la foi, elle eut pris sa vraie place, sa fille fut guérie (Matthieu 15:21-28).

La fille unique de Jaïrus était à l’extrémité. Son père se jeta aux pieds de Jésus et le supplia instamment de guérir sa fille. Tandis que le Seigneur s’attardait ailleurs, la jeune fille de douze ans mourut. Plus tard, le Seigneur vint à la maison, prit l’enfant par la main, et elle se leva (Marc 5:21-24 et 35-43).

L’homme qui avait un fils lunatique l’avait amené aux disciples, et ceux-ci n’avaient pu le guérir. Le père tomba sur ses genoux et pria : « Seigneur, aie pitié de mon fils ». Jésus tança le démon et le démon sortit de lui et le jeune garçon fut guéri à cette heure-là (Matthieu 17:14-18).

 

Le secours de la part des hommes peut manquer, mais jamais celui du Seigneur, ni de notre Père céleste. Il n’exauce pas toujours nos souhaits, mais il répond toujours, dans sa sagesse et pour la gloire de son nom, ayant en vue notre bien et celui de nos enfants. La réponse peut parfois être un « non ». Mais les parents chrétiens doivent toujours prier avec foi et confiance pour leurs enfants inconvertis, car cette requête est selon la volonté de Dieu.

 

9.1.8       Est-ce que les enfants doivent assister aux réunions ?

C’est une question qui se pose en particulier aux parents dont les enfants sont agités, mais elle exerce aussi tous ceux qui fréquentent les réunions de culte, de prières ou d’édification. Dans les directives que nous trouvons dans la Parole de Dieu, on découvre des nuances suivant la maturité des enfants. En tenant compte du discernement spirituel des Corinthiens, par exemple, l’apôtre Paul leur parle comme à des enfants (2 Corinthiens 6:13).

 

9.1.8.1                  Enfants et nourrissons

En Joël 2:16, est annoncée une assemblée solennelle pour la repentance et la conversion du résidu futur d’Israël : « Assemblez le peuple, sanctifiez la congrégation, réunissez les anciens, assemblez les enfants et ceux qui tètent les mamelles ». Il est évident qu’un nourrisson est incapable de se repentir ou de se convertir. Aux principaux des Juifs indignés, le Seigneur Jésus dut dire : « N’avez-vous jamais lu : « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tètent, tu as établi ta louange ? » (Matthieu 21:16). La présence de ces fragiles créatures qui non seulement ne comprennent pas, mais encore peuvent même parfois déranger, est agréable à Dieu dans la présentation de la louange et dans l’humiliation. « Jeunes hommes et les vierges aussi ; vous, vieillard, avec les jeunes gens : qu’ils louent le nom de l’Éternel ! » (Psaume 148:12-13).

 

9.1.8.2                  Les petits enfants

« Tu réuniras le peuple, hommes et femmes, et enfants (version allemande : petits enfants)… afin qu’ils entendent, et afin qu’ils apprennent, et qu’ils craignent l’Éternel, votre Dieu » (Deutéronome 31:12).

 

Il n’est jamais trop tôt pour apprendre la crainte de Dieu.

 

Josaphat et tout Juda, avec les femmes et les petits enfants et les fils, se tenaient devant l’Éternel (2 Chroniques 20:13). Dans leur détresse, ils s’assemblèrent tous devant Dieu pour la prière.

 

9.1.8.3                  Les enfants

« Vous vous tenez tous aujourd’hui devant l’Éternel, votre Dieu,... tout homme d’Israël, vos enfants, vos femmes... afin que tu entres dans l’alliance de l’Éternel, ton Dieu » (Deutéronome 29:10-12).

 

Josué lut les paroles de la loi devant toute la congrégation d’Israël, et les femmes, et les enfants (Josué 8:35).

Une grande congrégation d’hommes et de femmes et d’enfants se rassembla vers Esdras pour l’humiliation (Esdras 10:1). Si les enfants ont assisté aux pleurs du peuple, femmes et enfants ont aussi participé à la grande joie que Dieu a donnée lors de la restauration de la muraille de Jérusalem (Néhémie 12:43).

Après que Paul fut resté sept jours avec les disciples à Tyr, tous les accompagnèrent avec les femmes et enfants jusqu’en dehors de la ville. Et s’étant mis à genoux, ils prièrent (Actes 21:5). Les enfants se tenaient auprès du peuple de Dieu.

 

9.1.8.4                  Ceux qui avaient de l’intelligence

Esdras apporta la loi devant la congrégation aussi bien des hommes que des femmes, et devant tous ceux qui avaient de l’intelligence. Ce troisième groupe comprenait les adolescents qui avaient déjà de l’intelligence pour écouter la loi et pour en comprendre le sens (Néhémie 8:2-3). Où se trouve aujourd’hui la jeunesse de nombreux foyers chrétiens ?

 

9.1.8.5                  Des fils et des filles qui avaient de la connaissance et de l’intelligence

Des fils et des filles entièrement responsables s’étaient séparés du mal, avec le peuple, et s’engageaient par serment à observer et à pratiquer les commandements de Dieu. Ceci implique une maturité affirmée (Néhémie 10:28-29).

 

Dans les divers rassemblements mentionnés ci-dessus pour l’humiliation, la manifestation de la joie, l’entrée dans l’alliance et la prestation d’un serment, l’âge des jeunes était la condition d’une meilleure compréhension. Lors d’une réunion pour la louange, la repentance, pour la prière et pour apprendre, les plus jeunes, et cela indépendamment de leur degré de compréhension, devaient être présents. Le Seigneur Jésus lui-même n’a-t-il pas pris les petits enfants dans ses bras, posé sur eux les mains et ne les a-t-il pas bénis ? (Marc 10:16). Sa bénédiction ne dépendait ni de l’instruction ni de la compréhension ou encore moins de l’âge.

Quels sont les parents qui voudraient priver leurs enfants d’une telle bénédiction que l’on ne peut recevoir que dans la proximité du Seigneur ? Sans doute, tous les parents auront à veiller à ce que les perturbations causées ainsi dans les réunions soient réduites au minimum, pour ne pas mettre à trop rude épreuve la patience des personnes présentes.

 

9.1.9       Le monde et les enfants

Les enfants font partie intégrante de la famille. Ils sont l’avenir d’un peuple. Le pharaon ne consentait à laisser partir que les hommes israélites. Il était ainsi assuré de conserver la main mise sur tout le peuple. Mais Moïse exigea : « nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, avec nos fils et nos filles » (Exode 10:8-9).

Itthaï, qui lui-même n’était pas israélite, passa le torrent du Cédron pour aller dans le désert avec tous ses hommes et tous les enfants, pour suivre le roi David dans sa réjection (2 Samuel 15:22). Quel modèle pour nous et pour nos enfants dans ce monde qui a rejeté le Seigneur ! Être de son côté entraînera peut-être une vie d’isolement, mais lorsque nous suivons le Seigneur, nous ne sommes jamais perdants.

 

Les parents ont besoin de toute la grâce du Seigneur pour élever leurs enfants dans la crainte de Dieu.

 

Considérons maintenant particulièrement le côté des pères.

 

9.2          Les pères

9.2.1       Comment Dieu les voit

Dieu se sert parfois de l’image d’un père pour parler de Lui-même. « Comme un père porte son fils » (Deutéronome 1:31). « Comme un homme épargne son fils qui le sert » (Malachie 3:17). « Comme un père a compassion de ses fils » (Psaume 103:13). « Celui que l’Éternel aime, il le discipline, comme un père le fils auquel il prend plaisir » (Proverbes 3:12), cité en Hébreux 12:6. L’apôtre exhortait et consolait les croyants de Thessalonique « comme un père ses propres enfants » (1 Thessaloniciens 2:11). Une sollicitude pleine d’amour doit caractériser le père dans ses relations avec les enfants.

 

9.2.2       Avertissements

Il est remarquable que les avertissements d’Éphésiens 6:4 et Colossiens 3:21 soient adressés aux pères et non aux mères. L’éducation par le père comporte les deux dangers :

 

De provoquer les enfants à la colère ;

De les irriter, et ainsi les décourager.

 

L’avertissement de ne pas irriter les enfants est particulièrement important dans le cas d’enfants difficiles. Les enfants sensibles également peuvent être irrités et découragés par des paroles dures, irréfléchies, voire par des remontrances ou punitions injustes de la part du père. Mais le fait, qui caractérise les temps actuels, de refuser l’autorité, comporte aujourd’hui le danger d’une trop grande indulgence.

 

9.2.3       Les conseils positifs d’Éphésiens 6:4

9.2.3.1                  La discipline

Elle a le sens de correction et n’est pas synonyme de châtiment corporel, mais n’exclut pas celui-ci, car « la verge et la répréhension donnent la sagesse » (Proverbes 29:15).

 

Les répréhensions de la discipline sont le chemin de la vie (Proverbes 6:23). Tout d’abord, l’enfant doit être convaincu dans l’amour, mais dans la fermeté, de ses mauvaises actions et de sa conduite, puis instruit de ce qui est bien. La remontrance à elle seule décourage, mais le fait de montrer le droit chemin engage à l’obéissance. Si la réprimande ne produit pas son effet, la verge devra s’y ajouter.

La verge de la correction éloignera la folie qui est liée au cœur du jeune enfant (Proverbes 22:15). L’utiliser dans un moment de colère ou à sa fantaisie reste sans effet et n’entraîne que des difficultés (Comp. Proverbes 19:18 ; 22:8 et Hébreux 12:10). Une discipline selon Dieu s’exerce dans la dépendance que donne la prière, la crainte de Dieu, et le calme intérieur. La menace de sanctions qui ne sont jamais appliquées est lourde de conséquences : elle conduit les enfants à ne plus prendre au sérieux ni les parents, ni la Parole de Dieu concernant la discipline. Bien que de nos jours, la punition corporelle soit en mauvaise odeur, les exhortations données aux pères en Proverbes 23:13-14 ; 13:24 gardent toute leur valeur. La discipline a en vue le salut de l’âme (Proverbes 23:14). Celui qui n’aura pas appris de bonne heure à obéir aux parents obéira-t-il plus tard à l’évangile ?

 

9.2.3.2                  L’avertissement du Seigneur

Un exemple frappant est donné par Abraham. Avant même qu’Isaac fut né, Dieu pouvait déjà dire de son père : « Je le connais et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel pour pratiquer ce qui est juste et droit » (Genèse 18:19).

 

Le prophète Ésaïe affirme à son tour : « Le père fera connaître aux fils ta vérité » (Ésaïe 38:19).

 

9.2.4       Une mauvaise éducation

Éli apprit la mauvaise conduite de ses fils, et les reprit avec amour, mais il ne les retint pas (1 Samuel 2:22-25 ; 3:13). Dans ce cas les avertissements ne suffisaient pas, il manquait la discipline.

David n’avait jamais chagriné son fils Adonija en lui disant : « Pourquoi fais-tu ainsi ? » 1Rois 1:6. Dans une coupable négligence, il lui permit tout. L’exhortation manquait.

 

9.2.5       Bénédiction et malédiction des pères

9.2.5.1                  Bénédictions

Les patriarches Isaac et Jacob promirent à leurs fils des bénédictions terrestres, y compris la prospérité des descendants selon les promesses faites à Israël (Hébreux 11:20-21 ; comp. Genèse 49:26 ; Deutéronome 28:4). Mais les fils d’Aaron, Éléazar et Ithamar ne prospérèrent pas de la même manière. La maison d’Éléazar fut bénie à cause de la fidélité de Phinées et de son zèle pour les intérêts de l’Éternel, alors qu’Éli, un descendant d’Ithamar, attira sur lui et sa maison le jugement de Dieu à cause du péché de ses fils (1 Chroniques 24:4 ; Nombres 25:11-13 ; 1 Samuel 2:22-23, 31-33). De nos jours, les bénédictions des croyants ont un caractère spirituel.

 

Le Seigneur Jésus prend comme exemple le fait que les pères ne donnent à leurs enfants que de bonnes choses (Luc 11:11-13). Les pères croyants devraient toujours avoir en vue le bien spirituel avant le bien matériel de leurs enfants.

 

9.2.5.2                  Les conséquences de l’iniquité des pères

 

Dieu visite l’iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération (Exode 20:5). La justice et la sainteté irrévocables de Dieu l’exigeaient de ceux qui servaient les idoles et le haïssaient. Bien qu’en apparente contradiction avec ce passage, le principe divin posé en Ézéchiel 18:20 n’en demeure pas moins vrai : « L’âme qui a péché, celle-là mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité du père ».

 

Les exemples suivants de l’Ancien Testament illustrent ces vérités :

 

Pendant 40 ans, les enfants des Israélites portèrent dans le désert les péchés que les pères avaient commis pendant les 40 jours (Nombres 14:33-34). Au temps de la transportation des fils de Juda à Babylone, le prophète Jérémie se lamentait: « nos pères ont péché, ils ne sont plus, et nous portons la peine de leurs iniquités » (Lamentations de Jérémie 5:7). Bien que nous ne soyons plus sous la loi, nombre de personnes souffrent des conséquences des péchés de leurs ascendants, et dans leur corps, et dans leur famille. Même l’Assemblée de Dieu n’en est pas épargnée. La sainteté de Dieu est immuable, mais aussi Sa bonté envers ceux qui l’aiment.

 

À côté de ces exemples collectifs, il y en a aussi d’individuels que nous citerons rapidement :

L’homme de Dieu devait dire à Éli : « Tu honores tes fils plus que moi... Il n’y aura plus de vieillard dans ta maison... et tout l’accroissement de ta maison : — Ils mouront à la fleur de l’âge » (1 Samuel 2:29-33). Ces paroles s’accomplirent littéralement (1 Samuel 22:18 ; 1 Rois 2:27).

Voir aussi Joab (2 Samuel 3:28-29), Guéhazi (2 Rois 5:27), Dathan et Abiram (Nombres 16:27-32), Acan (Josué 7:24-26).

 

Peut-être avons-nous de la peine à comprendre que d’innocents enfants aient à ressentir en eux-mêmes les conséquences des péchés commis par les ascendants (par exemple suite de l’alcool, de la drogue...). Mais les voies de Dieu envers les hommes sont selon sa sainteté. Il est trop pur pour voir le péché en sa présence.

 

Cependant, Dieu distingue entre le jugement du péché et les conséquences du péché. Il agit justement. « Les pères ne seront pas mis à mort pour les fils et les fils ne seront pas mis à mort pour les pères ; ils seront mis à mort chacun pour son péché » (Deutéronome 24:16). Cette instruction s’adressait aux juges en Israël.

 

Le jugement tombe sur le coupable lui-même. Les conséquences du péché peuvent atteindre les enfants. Mais bien des fois, la miséricorde de Dieu se glorifie vis-à vis du jugement (Jacques 2:13).

 

Contrairement à ce qui arriva aux fils de Dathan et d’Abiram, les fils de Coré ne périrent pas avec leur père. Ce n’étaient certes pas facile pour eux de prendre position contre leur propre père, quelque impur qu’il fût, mais ils se mirent résolument du côté de Dieu et suivirent Moïse lorsqu’il dit : « Éloignez-vous... d’auprès des tentes de ces méchants hommes, et ne touchez rien qui leur appartienne, de peur que vous ne périssiez dans tous leurs péchés » (Nombres 26:11 ; 16:26). Dans leurs psaumes, ils ont béni Dieu qui les a sauvés. Nous vivons dans le temps de la grâce. Nous ne sommes plus sous la loi. Si nous confessons nos péchés, Dieu les pardonne en Christ, mais souvent, les conséquences de notre désobéissance à la Parole de Dieu peuvent subsister.

9.2.6       Toi et ta maison

Il nous a déjà été donné précédemment d’insister sur la responsabilité du chef de famille, et sur les conséquences que sa fidélité ou son infidélité envers sa famille peuvent entraîner. L’intérêt que Dieu porte à un foyer chrétien revêt un caractère d’extrême bonté.

 

9.2.6.1                  Les soins de Dieu

Ils s’étendent à toute la famille

L’Éternel dit à Noé : « Entre dans l’arche, toi et toute ta maison, car je t’ai vu juste devant moi en cette génération » (Genèse 7:1). Et il bâtit une arche pour la conservation de sa maison (Hébreux 11:7). Ainsi Dieu les épargna tous.

Pendant cinq ans, il mit au cœur de Joseph d’entretenir Jacob et sa maison, de peur qu’ils ne soient réduits à la misère (Genèse 45:11).

Dieu préserva la femme de Sunem, dont le fils avait été rendu à la vie par Élisée, et sa maison avec elle, des conséquences amères de la famine prochaine (2 Rois 8:1).

 

9.2.6.2                  Les promesses de Dieu

 

Elles sont au bénéfice de toute la maison.

 

Corneille était un homme pieux et craignait Dieu avec toute sa maison. L’ange lui dit : « Fais venir Simon. Il te dira des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison » (Actes 11:14). Et « L’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui entendaient la Parole » (Actes 10:44).

En réponse à son cri de détresse : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé », le geôlier de Philippes reçut cette invitation et cette promesse : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta maison. » C’est ce qu’il fit et « il se réjouit avec toute sa maison » (Actes 16:30, 31, 34).

Dans les deux cas, la promesse de Dieu s’accomplit parce qu’elle ne rencontre pas une profession simplement extérieure.

 

9.2.6.3                  Conséquence de la fermeté des pères

 

Crispus, le chef de synagogue de Corinthe, crut au Seigneur avec toute sa maison (Actes 18:8). La foi du père entraîna tous les siens sur le même chemin.

Le Saint Esprit rend ce témoignage au sacrificateur Jéhoïada, qu’il avait fait du bien en Israël et pour Dieu et pour sa maison (2 Chroniques 24:16).

Sa femme Jehoshabhath, fille du roi, prit son neveu Joas et le déroba du milieu des fils du roi, qu’on mettait à mort, et pendant six ans, le cacha dans la maison de Dieu. Après la mort de Jéhoïada, cependant, les chefs de Juda décidèrent le roi et le peuple à servir les idoles. Dans ces temps sombres, la fidélité à Dieu porta ses fruits dans la maison du sacrificateur. L’Esprit de Dieu se servit de son fils Zacharie pour qu’il avertisse sérieusement le peuple. Mais le roi et le peuple ne l’écoutèrent pas et le tuèrent (2 Chroniques 24:20-22). Cependant Dieu n’oublie ni la fidélité du père ni celle du fils.

Après que le roi David eut reçu les promesses ; il s’assit devant l’Éternel et dit : « Qui suis-je Seigneur Éternel ! Et quelle est ma maison que tu m’aies amené jusqu’ici ?... Tu connais ton serviteur... » (2 Samuel 7:18, 20). Regardant en arrière à ses manquements et à son infidélité dans sa maison, David, à la fin de sa vie doit reconnaître : « Quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu » (2 Samuel 23:5).

 

N’en est-il pas ainsi de nous ? D’un côté, nous sommes confondus par les multiples soins et bontés du Seigneur à l’égard de notre famille, et de l’autre, attristés et humiliés qu’il se trouve tant de négligences et de manquements dans notre famille.

 

9.2.7       Le problème des générations en rapport avec la responsabilité des pères

Déjà dans l’Ecclésiaste, nous pouvons lire : « Une génération s’en va, et une génération vient » (Ecclésiaste 1:4). Après la mort de Josué et toute cette génération, se leva une autre génération qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’il avait faite pour Israël (Juges 2:10). Pourquoi cela ? Peut-être cette génération qui montait ne pouvait-elle pas dire de ses pères : « Il m’a enseigné et m’a dit : Que ton cœur retienne mes paroles ; garde mes commandements et tu vivras » (Proverbes 4:4). Le psalmiste témoigne :

Ce que nous avons entendu et connu et ce que nos pères nous ont raconté... nous raconterons à la génération à venir les louanges de l’Éternel, et sa force, et ses merveilles qu’il a faites... afin que la génération à venir, les fils qui naîtront, les connaissent, et qu’ils se lèvent et les annoncent à leurs fils, et qu’ils mettent leur confiance en Dieu et qu’ils n’oublient pas les œuvres de Dieu, et qu’ils observent ses commandements (voir Psaumes 78:3-7 ; 71:18).

 

Les problèmes entre les générations ne sont-ils pas survenus parce que les pères ont omis d’enseigner la crainte de Dieu à leur descendance et leur donner l’exemple ? Si cela avait eu lieu, même la troisième génération aurait accédé à la jouissance des bénédictions.

La Parole de Dieu donne des indications sur la solution de ce problème. Le dernier verset de l’Ancien Testament fait la promesse d’un temps futur où « Il fera retourner le cœur des pères vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères » (Malachie 4:6). Cette promesse est tout aussi valable pour aujourd’hui. Mais remarquons bien que Dieu commence par les pères (Comp. Luc 1:17). La solution des ces problèmes commence donc dans le cœur des pères.

 

9.3          Les mères

9.3.1       Comment Dieu les voit

Il se sert également de l’image de la mère pour illustrer ses propres caractères. « Comme quelqu’un que sa mère console, ainsi moi, je vous consolerai » (Ésaïe 66:13). « Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, pour ne pas avoir compassion du fruit de son ventre ? » (Ésaïe 49:15). Après avoir conduit les fils d’Israël hors d’Égypte, « il prit soin d’eux dans le désert comme une mère » (Actes 13:18). Au  milieu des croyants de Thessalonique, l’apôtre était doux, « comme une nourrice chérit ses propres enfants » (1 Thessaloniciens 2:7).

 

9.3.2       L’éducation de l’enfant par la mère

Dans la Parole de Dieu, il n’y a pas d’exhortations à cet égard qui soient spécialement adressées aux mères. Mais si des enfants lui ont été confiés, c’est son premier devoir de les élever (1 Timothée 5:10). Le Créateur l’a qualifiée pour cela.

 

Les conséquences d’une mauvaise éducation, ou d’une éducation qui est restée sans effet, sont tout particulièrement ressenties par les mères :

 

« Le jeune garçon abandonné à lui-même fait honte à sa mère » (Proverbes 29:15).

« Un fils insensé est le chagrin de sa mère » (Proverbes 10:1).

« L’homme insensé méprise sa mère » (Proverbes 15:20).

 

9.3.3       À l’abri, près de la mère

Dans le Psaume 131:2, nous trouvons cette expression qui ne nous est peut-être pas très familière, l’allaitement maternel étant peu répandu : « Comme un enfant sevré auprès de sa mère ». Dans cette image apparaissent les relations de la mère, lieu de refuge, et de l’enfant qui ne dépend plus de sa mère comme un nourrisson, mais qui a tout de même bien besoin de ce lieu de refuge qui est tout à fait selon la pensée de Dieu. Où pourrait-il se tourner dans ses tracas et dans ses joies ? Quelle grande perte lorsqu’il ne peut jouir de ce refuge ! (Comp. Proverbes 14:26 et la note).

 

Malheureusement, des enfants sont quelquefois laissés à eux-mêmes parce que la mère, poursuivant des buts matériels ou pour son plaisir, préfère gagner de l’argent plutôt que de répondre à sa haute dignité de mère. Le sort des ces enfants, qui rentrent seuls à la maison, munis d’une clef, est triste et entraîne de nombreux problèmes.

 

D’autres mères s’en remettent aux grands-parents pour élever les enfants. Cette manière d’agir ne peut se justifier qu’en cas de nécessité absolue, comme par exemple la maladie, un décès, etc.... Si ce n’est pas le cas, ce comportement ne répond pas à la volonté de Dieu.

 

Quel bel exemple, par contre, avons-nous en Mardochée ! Esther n’avait plus son père, ni sa mère. C’est son oncle qui l’éleva, et même plus tard, il resta soucieux de son bien matériel et moral (Esther 2:7, 11, 13-17).

 

9.3.4       L’influence de la mère

Comme nous l’avons déjà vu, Anne était une femme de prière. Est-il étonnant alors de trouver le nom de Samuel cité dans la liste de ceux qui prient ? (1 Samuel 1:27 ; Psaume 99:6). La vie et le service de Samuel furent caractérisés par la prière et l’intercession avec des cris montant vers Dieu (1 Samuel 7:9 ; 15:11, etc.).

Une foi sincère habitait en Eunice et en son fils Timothée. Celui-ci ne l’avait pas obtenue comme un héritage, mais personnellement, par l’exemple que lui donnait sa pieuse mère (2 Timothée 1:5).

L’influence d’une mère, en revanche, peut être pernicieuse: Athalie était issue de la maison impie d’Achab et était pour son fils Achazia une conseillère à mal faire, pour sa ruine. Elle l’incita à aller à la guerre avec le roi d’Israël, de sorte qu’il tomba sous le jugement de Dieu, par l’épée de Jéhu (2 Chroniques 22:3-5).

Puisse ce proverbe, employé péjorativement en Ézéchiel 16:44 « Telle mère, telle fille », trouver sa confirmation, dans un bon sens, dans les foyers chrétiens !

 

9.4          Les enfants

9.4.1       Comment Dieu les voit

Ils sont l’objet de la miséricorde divine. « Ninive, la grande ville, dans laquelle il y a plus de 120 000 êtres humains qui ne savent pas distinguer entre leur droite et leur gauche » (Jonas 4:11). C’est un bel exemple d’enfants qui n’ont pas atteint l’âge de la responsabilité (Comp 2 Chroniques 30:9 ; Matthieu 18:5-6 ; Marc 9:37).

Le Seigneur aime les petits enfants. Il les prit dans ses bras, les serrant pour ainsi dire contre son cœur, leur imposa les mains et les bénit (Marc 10:16).

9.4.2       Les soins vigilants de Dieu envers les enfants

Il forme l’enfant qui va naître (Psaume 139:13-16). Dès avant sa naissance, Jérémie fut sanctifié ; dès le ventre de sa mère Paul fut mis à part, et Jean le Baptiseur rempli de l’esprit (Jérémie 1:5 ; Galates 1:15 ; Luc 1:15).

 

« Qui a fait le muet, ou le sourd, ou le voyant, ou l’aveugle ? N’est ce pas moi, l’Éternel ? (Exode 4:11). La sagesse de Dieu est au-dessus de ce que nous pouvons comprendre. Il ne commet aucune erreur, même si de petits enfants sont atteints d’infirmités.

 

Dans le cas de l’aveugle-né, les disciples interrogèrent le Seigneur, disant : « Rabbi, qui a péché ; celui-ci ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Il résulte clairement de la réponse du Seigneur qu’il ne s’agissait pas d’un jugement divin sanctionnant un péché, comme les hommes le pensent parfois, « mais afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui », de sorte que l’homme qui avait été guéri se jeta à ses pieds et lui rendit hommage (Jean 9:2-3, 38).

 

« Ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux, qu’un seul de ces petits périsse ». C’est pour cela que « le fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu » (Matthieu 18:14 et 11). En ce qui concerne les adultes, par contre le fils de l’homme doit les chercher et les sauver (Luc 19:10).

Dieu a très à cœur la prospérité des enfants (Deutéronome 4:40 ; 5:29).

Les enfants ne doivent en aucune manière être lésés. Les choses révélées sont aussi leur part (Deutéronome 29:29). Il était en tout point agréable devant Dieu que la connaissance du Père Céleste et l’incarnation du Christ soient révélées aux enfants. Ces choses étaient cachées aux sages et aux intelligents parce qu’ils avaient rejeté le Seigneur Jésus (Matthieu 11:25-26).

Quiconque méprise un des petits ou lui est une occasion de chute sera jugé ; mais quiconque les reçoit au nom du Seigneur, le reçoit lui-même (Matthieu 18:1-14).

 

9.4.3       Les enfants et les voies de Dieu en gouvernement

Le peuple d’Israël dans le désert fut désobéissant et n’eut pas confiance en son Dieu. Ils ajoutèrent davantage foi aux paroles des espions. C’est pourquoi toute cette génération dut périr dans le désert. Ce furent les enfants qui, par contre, purent entrer trente-huit ans plus tard dans le pays promis (Deutéronome 1:39). Mais le peuple continua à se corrompre, rejeta la connaissance et oublia la loi de son Dieu. C’est pourquoi Dieu devait plus tard aggraver le jugement en oubliant leurs enfants (Osée 4:6). Le jugement atteindra toutes les générations (Luc 19:44).

 

Mais leurs enfants verront la restauration du royaume de Christ et y auront leur place : « Ils vivront avec leurs fils et reviendront ». « Et leurs fils le verront et se réjouiront, leur cœur s’égayera en l’Éternel » (Zacharie 10:7 et 9). Durant le règne millénaire, « les places de la ville seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles, jouant dans ses places » (Zacharie 8:5). Ils ne seront pas comme leurs pères « une génération indocile et rebelle » (Psaume 78:8). Nous ne pouvons absolument pas nous représenter un tel changement. Leurs fils seront enseignés de l’Éternel et leur paix sera grande (Ésaïe 54:13 ; comp. Joël 2:28-29). Dès maintenant, nous contemplons avec étonnement les voies futures de Dieu en relation avec les enfants.

 

9.4.4       Avertissement aux enfants

Ils tiennent en deux mots-clés : « obéir » et « honorer ». L’obéissance aux parents a comme effet d’un côté le bien des enfants, et de l’autre l’approbation du Seigneur. Obéir dans le Seigneur est toujours lié au commandement d’honorer son père et sa mère. Ce commandement comporte des promesses à l’égard des enfants (Éphésiens 6:1-3).

 

Obéir en toutes choses est agréable au Seigneur (Colossiens 3:20). Cela ne laisse aux enfants aucune place pour faire leur propre volonté lorsque les parents ont parlé.

 

« Un fils honore son père » (Malachie 1:6 ; comp. Exode 20:12 ; Deutéronome 5:16 ; Matthieu 15:4-5).

 

En Lévitique 19:3, Dieu commanda aux fils d’Israël que chacun craigne son père et sa mère. Il s’agit ici, comme nous l’avons déjà remarqué en rapport avec Éphésiens 5:33, non d’une crainte faite de peur, mais simplement de reconnaître l’autorité des parents.

 

Le Seigneur Jésus est le plus bel exemple : « Il leur était soumis » (Luc 2:51).

 

Jusqu’à quand l »enfant doit-il obéir à ses parents ? Esther était reine « faisait ce que Mardochée disait, comme lorsqu’elle était élevée chez lui » (Esther 2:20). Pourtant, son histoire nous montre qu’elle n’était pas sans volonté. Plus tard, elle mit sa vie en jeu pour sauver son peuple.

 

La soumission à l’autorité des parents ne cesse pas à la majorité. Des fils et des filles qui craignent Dieu, aiment demander conseil à leurs parents lorsqu’ils sont indépendants. Après le mariage, l’homme, comme chef de famille, prend la responsabilité.

 

Un des signes caractéristiques de la décadence morale actuelle, comme aussi de la chrétienté apostate, est la désobéissance aux parents (Romains 1:30 ; 2 Timothée 3:2).

Nous trouvons, et dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau, des exemples de désobéissance :

 

Le fils indocile et rebelle qui persistait dans sa désobéissance, malgré le châtiment de la part des parents devait être amené aux anciens de la ville qui prononçaient le jugement sur lui, afin que tout Israël l’entende et craigne : quelle douleur que celle des parents ! (Deutéronome 21:18-21).

Un homme avait deux fils qu’il envoya dans sa vigne pour y travailler. L’un dit: « j’y vais » et n’y alla pas (Matthieu 21:30). Une bonne intention n’est pas synonyme d’obéissance.

 

9.4.5       Le comportement des enfants dans l’éducation

Quelle sagesse est nécessaire pour élever chaque enfant selon son caractère ! Acceptera-t-il l’instruction des parents (voir Proverbes 1:8 ; 4:1 ; 6:20), ou bien s’en moquera-t-il ? Heureux celui qui a appris de bonne heure à obéir. Par contre, s’il rejette leurs instructions, c’est la discipline qui se substitue aux exhortations. C’est ainsi que Dieu agit vis-à-vis de ses enfants : « Mon fils, ne méprise pas la discipline du Seigneur, et ne perd pas courage quand tu es repris par Lui, car celui que le Seigneur aime, il le discipline, et il fouette tout fils qu’il agrée » (Hébreux 12:5-6). Cette citation de Proverbes 3:11-12, se rapporte aux principes divins relativement à la discipline de ses enfants, mais donne aussitôt comme exemple un père qui châtie le fils qu’il agrée.

 

9.4.6       Comment réagit l’enfant à la discipline ?

La Parole de Dieu mentionne divers effets :

 

Mépriser ou rejeter la discipline (Hébreux 12:5) signifie qu’on la refuse ou qu’on s’y soumet comme on se résigne à un destin inéluctable (fatalisme) sans s’y soumettre de cœur.

Le découragement peut être un effet de la discipline. L’enfant peut se lasser sous la discipline (Hébreux 12:5).

Si le cœur est réellement exercé sous la discipline (Hébreux 12:11), il en résulte de l’humiliation (comp. Psaume 119:67, 71, 75). Pour le temps présent, la discipline est un sujet de tristesse.

Le fruit pour le Seigneur (Hébreux 12:11) est le but final de la discipline.

 

Veuille le Seigneur donner aux parents chrétiens une grande mesure de grâce et de discernement dans cette tâche délicate. Que le sentiment de leur incapacité ne leur fasse pas négliger cette discipline, car Dieu la reconnaît malgré son imperfection (Hébreux 12:9-10).

 

9.4.7       Être plein d’égards pour les parents

Ce n’est pas seulement une question de bienséance ou de bonnes mœurs.

Dieu ne permettait pas aux Israélites de prendre dans un nid d’oiseaux, la mère et les petits en même temps. Ils devaient laisser aller la mère (Deutéronome 22:6-7). Un chevreau ne devait pas être cuit dans le lait de sa mère (Exode 23:19 ; 34:26 ; Deutéronome 14:21).

 

Le Seigneur agissait selon ce principe important lorsqu’il rendit le jeune homme de Naïn, qu’il venait de ressusciter, à sa mère. Il ne lui dit pas de le suivre, mais il eut égard aux sentiments et aux besoins de la mère (Luc 7:11-15).

 

À la croix, il dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils » et au disciple Jean : « Voilà ta mère » (Jean 19:26-27). Même dans les souffrances indicibles de la croix, le Seigneur se souciait d’elle. Quelle parfaite déférence à son égard ! « Et dès cette heure-là le disciple la prit chez lui » (v. 27). Exemple à imiter par tous ceux dont le père ou la mère ont besoin de tels soins.

 

Quelle ingratitude par contraste vis-à-vis de parents âgés dans les paroles du prophète : « De tous les fils qu’elle a enfantés il n’y en a pas un qui la conduise, de tous les fils qu’elle a élevés, il n’y en a pas un qui la prenne par la main » (Ésaïe 51:18). C’est le devoir des enfants ou des petits enfants de subvenir aux besoins matériels de leur mère ou grand-mère veuve. La retraite pour personnes âgées, instituée légalement dans de nombreux pays, ne dispense pas de la responsabilité individuelle (1 Timothée 5:4). La première place appartient cependant au Seigneur. Les parents ne peuvent l’occuper dans le cœur d’un enfant : « Celui qui aime père ou mère plus que moi, n’est pas digne de moi » (Matthieu 10:37). Il s’agit ici de mettre les sentiments naturels à leur place s’ils devaient nous empêcher d’obéir au Seigneur, mais cela ne peut être invoqué comme prétexte pour ne pas apporter aux parents les soins dont ils ont besoin (Marc 7:10-13 ; Matthieu 23:23).

 

9.4.8       Attitudes répréhensibles vis-à-vis des parents

« Maudit qui méprise son père et sa mère ! » (Deutéronome 27:16).

 

« L’œil qui se moque d’un père et qui méprise l’obéissance envers la mère, les corbeaux du torrent le crèveront, et les petits de l’aigle le dévoreront (Proverbes 30:17).

 

« Celui qui ruine son père et chasse sa mère, est un fils qui fait honte et apporte l’opprobre » (Proverbes 19:26).

 

« Qui dépouille son père et sa mère et dit : Ce n’est point une transgression, celui-là est compagnon du destructeur » (Proverbes 28:24).

 

« Qui maudit son père et sa mère, — sa lampe s’éteindra au sein des ténèbres » (Proverbes 20:20 ; comp. Exode 21:17).

 

« Celui qui dit à son père : Qu’as-tu engendré ? et à sa mère : Qu’as-tu enfanté ? », ne reste pas impuni. Dieu prend lui-même la responsabilité du châtiment à la place des parents et prononce un : « Malheur ! » (Ésaïe 45:10). Dans tous les cas, Dieu intervient en faveur des parents.

 

9.4.9       Le problème des générations en rapport avec la responsabilité de la jeunesse montante

L’apôtre Paul nous donne le mot-clé lorsqu’il dit de Timothée : « Il a servi avec moi dans l’évangile, comme un enfant sert son père » (Philippiens 2:22). Pas contre moi ou à côté de moi, mais avec moi. Il s’agit donc d’une collaboration étroite.

 

« Interroge ton père » (Deutéronome 32:7) plutôt que de lui faire des reproches ou de parler en mal de lui avec d’autres. Une explication franche et ouverte avec les parents ôtera du chemin bien des obstacles et des malentendus. Roboam préféra tenir conseil avec les jeunes de son âge et les écouter, ce qui ne lui apporta que des conséquences fâcheuses (1 Rois 12:6-11 et 16-19).

 

Combien les jeunes peuvent contribuer à la solution de ce problème ! « Écoute ton père qui t’a engendré, et ne méprise pas ta mère quand elle aura vieilli » (Proverbes 23:22).

 

10       Conclusion

Nous sommes parvenus à la fin du sujet que nous nous étions proposé. La Parole de Dieu répond aux questions qui se posent avant et pendant le mariage, et donne les principes fondamentaux de la vie de la famille chrétienne. J’espère que, malgré de nombreuses lacunes, bien des lecteurs auront pu en tirer profit.

Par la Parole de Dieu et la prière, la jeunesse, les époux, les pères, les mères et les enfants de tout âge, trouveront en tout temps, auprès du Seigneur Jésus, du secours pour marcher dans les relations où ils sont placés, d’une manière digne de l’appel dont ils ont été appelés (Éphésiens 4:1).

 

« Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite » (1 Pierre 1:15).

 

La vraie grâce de Dieu 1 Pierre 5:12, est seule suffisante pour nous maintenir dans la sanctification pratique, et nous y restaurer. Qu’elle remplisse notre cœur  d’un réel jugement de nous-mêmes et d’un vraie miséricorde pour autrui !

 

« Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité » (Colossiens 3:12-13).

 

Le Seigneur a dit à l’apôtre Paul : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12:9).