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LA SENTENCE DIVINE CONTRE SATAN

 

Adrien Ladrierre

Sous-titres ajoutés par Bibliquest ; ME 1938 p. 153

 

Table des matières :

1     Les questions de Dieu pour produire la confession

2     Confesser ou trouver des excuses ?

3     Le jugement du tentateur

3.1      Pour faire briller la grâce

3.2      Contre le serpent

3.3      Contre Satan — La révélation fondamentale de la Bible

4     Le victoire de Christ

5     Tenir ferme contre un ennemi vaincu qui n’a de force qu’autant que nous lui cédons

 

 

 

1                    Les questions de Dieu pour produire la confession

Lorsque l’homme et sa femme furent tombés dans le péché et se furent cachés derrière les arbres du jardin, «l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ?» Le Dieu, dont le Psalmiste dit : «Tu connais quand je m’assieds et quand je me lève, tu discernes de loin ma pensée ; tu connais mon sentier et mon coucher, et tu es au fait de toutes mes voies» (Ps. 139:2, 3), savait ce qu’Adam et Éve avaient fait, les sentiments qui troublaient leur coeur, et le lieu où ils se cachaient, couverts de honte, et tremblants de peur. En disant à Adam : «Où es-tu ?» c’est comme s’Il lui avait dit : «Dans quel état es-tu, que tu te caches ainsi aux yeux de ton Créateur dont tu aimais entendre la voix ?» Dieu, par sa question, s’adressait à leur conscience et voulait faire rentrer Adam et Ève en eux-mêmes pour qu’ils vissent bien leur triste état, et c’est dans leur état de honte et de frayeur qu’ils sont forcés de se présenter devant Dieu, le Juge redoutable.

À la question de l’Éternel Dieu, Adam répond : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché». La raison qu’Adam donne de sa frayeur : «car je suis nu», montre qu’il sentait très bien que sa ceinture de feuilles de figuier ne pouvait cacher son état devant Dieu. L’homme naturel peut cacher aux yeux des hommes son état de péché, sa laideur morale, sous des dehors de politesse, d’amabilité, d’honnêteté, de bonnes qualités, mais devant Dieu toutes choses sont nues, et Il le voit tel qu’il est en réalité, pauvre misérable pécheur. Adam a donc confessé qu’il était nu et que c’était la cause de sa frayeur. Mais il n’a pas avoué ce qu’il a fait, et c’est là ce qui est le plus difficile au coeur de l’homme.

Puisqu’il n’a pas confessé ce qu’il a fait, Dieu va le lui dire, en l’interrogeant. «Qui t’a montré que tu étais nu ?» demande l’Éternel. Il veut qu’Adam descende en lui-même et discerne dans tout ce qui a eu lieu, son ingratitude envers son Créateur, son péché, et la perte de son innocence. Et comme Adam ne répond pas, Dieu met la main sur la plaie et dit : «As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai commandé de ne pas manger ?» Remarquons les deux choses sur lesquelles Dieu insiste :  d’abord son commandement de ne pas manger du fruit de l’arbre. Le Dieu souverain et tout-puissant a l’autorité de commander à sa créature, et elle est sous l’obligation d’obéir. Ensuite la transgression, la désobéissance de la créature, sa révolte contre l’autorité de Dieu.

 

2                    Confesser ou trouver des excuses ?

La réponse d’Adam fait voir un nouveau trait du triste état où il était tombé. Au lieu de confesser son péché, il cherche à s’excuser, à atténuer sa faute, et va même en quelque sorte jusqu’à en accuser Dieu. «La femme que tu m’as donnée pour être avec moi», dit-il, «elle m’a donné de l’arbre et j’en ai mangé». Ainsi il reconnaît bien qu’il a désobéi, mais ce n’est pas sa faute. C’est la faute d’Éve qui lui a présenté le fruit, c’est la faute de Dieu qui lui a donné Ève. Quelle lâcheté d’accuser celle qu’il devait aimer, et quelle ingratitude de reprocher à Dieu le don qu’il lui avait fait pour le rendre heureux ! Lorsque l’homme s’est rendu coupable de quelque faute, il a toujours de la peine à la confesser sans s’excuser, sans chercher à rejeter la faute sur un autre, au lieu de se reconnaître seul coupable.

L’Éternel Dieu continue son solennel interrogatoire. Il se tourne vers celle qu’Adam a accusée, et lui dit : «Qu’est-ce que tu as fait ?» Ève s’excuse aussi et rejette la faute sur le serpent. «Le serpent m’a séduite», dit-elle, «et j’en ai mangé». C’était vrai, mais qu’est-ce qui la forçait à se laisser séduire ? Elle ne devait rien au serpent, et elle devait tout à Dieu. Ce qui faisait la grandeur de son péché, c’était de croire le serpent plutôt que Dieu qui l’avait comblée de tant de biens.

 

3                    Le jugement du tentateur

3.1   Pour faire briller la grâce

À Satan, Dieu ne fit aucune question, mais Il prononça immédiatement contre lui la sentence de condamnation. C’est que Dieu savait qu’il était dans la nature méchante de Satan, le père du mensonge, d’agir comme il l’avait fait. Dieu le connaissait comme son adversaire déclaré, cherchant toujours à annuler ses desseins et à détruire ce qu’Il avait fait. Et c’est devant les deux coupables que le diable avait séduits et entraînés dans le mal, que Dieu prononce le jugement du tentateur. Pourquoi ? Était-ce pour les effrayer ? Non ; mais c’était afin qu’ils apprissent par cette sentence que, dans les pensées de Dieu, il y avait pour l’homme une porte d’espérance. Ainsi, dès le premier péché, Dieu fait briller sa grâce.

 

3.2   Contre le serpent

«L’Éternel Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit par dessus tout le bétail, et par-dessus toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie». Le serpent n’était que l’instrument dont Satan s’était servi pour s’approcher d’Éve, mais Dieu le frappe pour montrer son horreur pour le mal, et pour tout ce qui touche au mal, et sous la malédiction qui l’atteint, nous voyons celle qui repose sur Satan. La forme du serpent et son allure restent le signe de la sentence prononcée contre lui, et l’horreur, la frayeur, la répulsion qu’il inspire, sont bien propres à nous rappeler à quoi il a servi. On sait aussi qu’un grand nombre de serpents portent un venin mortel, image du péché qui conduit à la mort.

 

3.3   Contre Satan — La révélation fondamentale de la Bible

Mais ce qui se rapporte au serpent n’est qu’une partie de la sentence divine. Il y en a une autre qui s’adresse, non plus au serpent, mais directement à celui qui parlait par le serpent. L’Éternel Dieu ajoute : «Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon». On sait qu’au sens propre, l’homme est l’ennemi du serpent ; il le redoute, et partout où il le rencontre, il le tue, s’il le peut. Il y a ainsi inimitié entre la postérité du serpent et celle de la femme. Mais ici il ne s’agit pas seulement du serpent, instrument de Satan, mais de Satan lui-même, l’ennemi de Dieu et de l’homme ; il ne s’agit pas non plus des hommes qui devaient naître d’Adam et d’Ève, mais de quelqu’un qui serait un descendant de la femme et qui détruirait Satan et sa puissance. Le sûr moyen de tuer un serpent, c’est de lui écraser la tête. La tête, c’est la puissance, le siège de la vie ; c’est aussi là que se trouve le venin mortel, la puissance de la mort. Ainsi quelqu’un, un homme, la semence ou la postérité de la femme, naîtrait un jour, et détruirait la puissance de Satan, du péché et de la mort. L’Éternel Dieu annonçait ainsi à Satan son sort final, et Adam et Ève étaient là, écoutant la parole de l’Éternel, et la retenant dans leur coeur. C’était une parole de jugement, mais aussi une parole de grâce. Dieu leur découvrait ses desseins. Ils ne mourraient donc pas tout de suite, mais auraient une postérité qui vaincrait leur ennemi. Ils étaient tombés sous son pouvoir, mais il y aurait un Libérateur qui les affranchirait. Quelle merveilleuse révélation ! Et c’est là le fond de toute la Bible : l’homme déchu, pécheur, sous la puissance du diable, et Dieu lui donnant un Sauveur. Il est remarquable que l’annonce de la victoire finale sur Satan, ne s’adresse pas à l’homme, mais à l’Adversaire.

 

4                    Le victoire de Christ

Mais la victoire devait être chèrement achetée. L’écrasement de la tête du serpent n’aurait lieu qu’au prix de la blessure au talon. Il y aurait effort et souffrance. Adam et Ève ne pouvaient saisir qu’obscurément ce que Dieu révélait dans les paroles adressées au serpent, mais maintenant Dieu les a accomplies. La sentence de la femme, Jésus, le Fils de Dieu, né ici-bas, de la vierge Marie, est venu pour détruire les oeuvres du diable et le diable lui-même (Galates 6:4 ; 1 Jean 3:8). Le diable, contre qui la sentence avait été rendue, a combattu Jésus de toutes ses forces, cherchant à annuler le dessein de Dieu. Il a voulu le faire mourir par les mains d’Hérode ; il a suscité contre Lui les principaux des Juifs, et enfin il a réussi à le faire crucifier et mettre à mort. C’était là la blessure infligée au talon. Mais là, par la croix, la tête du serpent était brisée. La puissance du diable était détruite, car «par la mort, il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable» (Héb. 2:14), et le péché était ôté de devant les yeux de Dieu, car Christ «en la consommation des siècles, a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice» (Héb. 9:26). Ainsi la semence de la femme, Jésus, a triomphé de Satan sur la croix.

 

5                    Tenir ferme contre un ennemi vaincu qui n’a de force qu’autant que nous lui cédons

Il est bien vrai que Satan exerce encore sa méchanceté sur la terre. Il n’est ni lié, ni dans l’étang de feu. Il cherche à retenir les hommes dans les ténèbres, loin de Dieu. Il s’efforce, par ses ruses, de séduire et faire tomber ceux qui, en croyant en Jésus, ont échappé à son pouvoir. Mais c’est un ennemi vaincu qui n’a de force qu’autant que nous lui cédons. C’est pourquoi il nous est recommandé de tenir ferme contre ses artifices, en nous abritant sous la puissance du Seigneur, en nous fortifiant dans sa force, en revêtant l’armure de Dieu, en veillant, en priant et en lui résistant (Éph. 6:10-18 ; 1 Pierre 5:8, 9 ; Jacq. 4:7).

Satan sera lié pendant les mille années du règne du Seigneur, puis le sort de l’Adversaire sera fixé dans l’étang de feu et de soufre pour l’éternité, et alors seront accomplies pleinement les paroles prononcées en Eden : «La semence de la femme te brisera la tête». En attendant, pour les croyants, cette promesse demeure : «Le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds» (Rom. 16:20), ce qui aura lieu à la venue de Jésus pour les saints. Puissions-nous être gardés des pièges de Satan, et pour cela, demeurons attachés à Celui qui l’a vaincu.