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LES   ANGES

 

 

Adrien Ladrierre

 

Les sous-titres et le plan ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1937 p. 49, 63, 199, 223, 249.

 

Table des matières :

1     Des créatures autres que l’homme

2     Les bons anges

2.1      le nombre des anges — le groupe qu’ils constituent

2.2      ordres ou catégories d’anges

2.3      le service des anges dans l’Ancien Testament

2.4      le service des anges dans le Nouveau Testament

2.5      ce qui intéresse les anges

2.6      culte des anges ?

2.7      L’Ange de l’Éternel

3     Les mauvais Anges

3.1      leur chute

3.2      leur avenir

3.3      leur chef — Satan — sa chute

3.4      leur activité

3.5      leur domination sur les hommes

3.6      l’oeuvre de Dieu prévalant sur celle de Satan

3.7      l’activité de Satan au temps du Seigneur

3.8      Satan agit encore — le chef de ce monde

3.9      les chrétiens et l’activité de Satan — comment échapper ou vaincre

3.10      l’activité de Satan dans la période post-chrétienne

 

 

1                    Des créatures autres que l’homme

L’homme n’est pas la seule créature intelligente qui soit sortie des mains de Dieu. La Bible nous parle d’une multitude innombrable d’êtres qui peuplent les cieux et qui ont aussi leurs offices sur la terre. Ce sont les anges que l’Écriture mentionne si fréquemment. Voyons ce qu’elle nous enseigne à leur sujet.

 

1.1   Quelques caractéristiques

Le mot «ange» signifie «messager». Ce nom est donné à ces êtres célestes, parce que Dieu s’est servi souvent d’eux pour apporter de sa part des messages aux hommes. Mais quelle est leur nature ? Ce sont des esprits, nous dit l’Écriture : «Ne sont-ils pas tous des esprits administrateurs ?» lisons-nous dans l’épître aux Hébreux 1:14. Administrateurs, veut dire qu’ils remplissent certaines fonctions de la part de Dieu. Pour cela ils sont doués d’intelligence, de sagesse et de puissance. Le psalmiste s’adressant à eux, dit : «Bénissez l’Éternel, vous, ses anges puissants en force, qui exécutez sa parole» (Ps. 103:20). Ils sont revêtus de sainteté ; le Seigneur les appelle «les saints anges» (Luc 9:26) ; ils sont immortels ; Jésus dit d’eux qu’ils ne peuvent mourir (Luc 20:36).

 

1.2   Apparence des anges

Étant des esprits, ils sont invisibles à nos regards, bien que nous entourant et s’occupant de nous. Mais quand Dieu les emploie pour porter un message à des hommes, ils apparaissent comme ayant un corps. Ainsi un ange de Dieu est envoyé à Corneille, et quand celui-ci raconte la visite du messager divin, il dit : «Un homme se tint devant moi dans un vêtement éclatant» (Actes 10:30). Dans le récit de la résurrection du Seigneur, nous voyons aussi que deux anges (Jean 20:12), semblables à des hommes en vêtements éclatants de lumière (Luc 24:4), viennent annoncer à Marie de Magdala et à d’autres femmes que le Seigneur était ressuscité. Et on trouve bien d’autres exemples dans la Parole. Les anges peuvent aussi apparaître en flammes de feu, soit pour protéger les serviteurs de Dieu, comme dans le cas d’Élisée (2 Rois 6:17 ; voir aussi 2:11 ; comp. Ps. 68:17), soit pour exercer le jugement «Le Seigneur Jésus sera révélé du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, exerçant la vengeance contre les méchants» (2 Thess. 1:7, 8).

 

1.3   Créés avant la terre

L’Écriture nous apprend que les anges sont au nombre des choses créées par le Seigneur Jésus qui est ainsi au-dessus du plus grand et du plus puissant d’entre eux. «Par Lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles» (Col. 1:16). Les anges font partie de ces choses invisibles qui sont dans les cieux. Mais quand est-ce qu’ils ont été créés ? C’est avant que la terre ait été établie pour être la demeure de l’homme, car l’Éternel dit à Job : «Où étais-tu quand j’ai fondé la terre... quand les étoiles du matin chantaient ensemble et que tous les fils de Dieu éclataient de joie ?» (Job 38:4, 7). Ainsi ils contemplaient et admiraient les oeuvres de Dieu. Combien tout ce que Dieu nous révèle est beau et grand ! L’esprit de l’homme et tout son génie n’auraient pu nous faire voir une scène semblable : les cieux peuplés de créature immortelles se réjouissant dans les oeuvres magnifiques de Dieu. Ce verset nous apprend aussi que les anges sont «fils de Dieu» (comp. Job 1:6). Ils le sont parce que Dieu les a créés. C’est comme Créateur que Dieu est appelé «Père de tous» (Éph. 4:6). Mais nous, quand nous croyons au Seigneur Jésus, nous devenons enfants et fils de Dieu, comme nés de Dieu par son Esprit (Jean 1:12, 13 ; Gal. 4:6-7). C’est une grâce qui nous place bien plus près de Dieu que les anges même.

 

2                    Les bons anges

Ainsi que l’homme, les anges ont été soumis à l’épreuve de l’obéissance. Tous n’y ont pas persévéré. Il y en a qui ont péché (2 Pierre 2:4 ; Jude 6), nous parlerons plus tard de ces derniers.

Ceux qui sont restés fidèles sont appelés «les anges élus» (1 Tim. 5:21).

 

2.1   le nombre des anges — le groupe qu’ils constituent

Le nombre des anges est incalculable. Jean, ravi dans le ciel, les voit autour du trône proclamant les louanges de l’Agneau immolé, du Seigneur Jésus qui a souffert et qui est mort pour nous sauver, et «leur nombre», dit-il, «était des myriades de myriades et des milliers de milliers» (Apoc. 5:11). Daniel, dans une vision, contemple l’Ancien des jours, le Dieu éternel, assis sur son trône de flammes de feu et dont les roues sont un feu brûlant ; c’est un trône de jugement, et «mille milliers le servaient, et des myriades de myriades se tenaient devant lui» (Daniel 7:9-10). «Vous êtes venus», dit l’apôtre aux chrétiens hébreux, «aux myriades d’anges, l’assemblée universelle» (Héb. 12:22). Nous ne voyons pas de nos yeux cette vaste assemblée des êtres invisibles ; un jour viendra où nous la contemplerons ; c’est quand nous-mêmes nous serons dans le ciel, avec Jésus, entourés de cette sainte multitude dont nous connaîtrons les différent ordres et les attributions. Elle est nommée «l’armée des cieux», comme nous lisons en Luc 2:13, et aussi 1 Rois 22:19 ; 2 Chron. 18:18 et Néh. 9:6. Mais parfois aussi l’ensemble des astres qui brillent au firmament est appelé «l’armée des cieux» (Deut. 4:19 ; 2 Rois 17:16).

 

2.2   ordres ou catégories d’anges — séraphins, chérubins — Michel et Gabriel

Plusieurs passages nous parlent des anges comme partagés en différents ordres : les trône, les seigneuries, les principautés, les autorités (Col. 1:16 ; Éph. 3:10), ayant sans doute des attributions différentes et divers degrés de puissance et d’honneur. En Ésaïe, nous voyons les séraphins qui célèbrent la sainteté de l’Éternel des armées (Ésaïe 6:2, 3), et en plusieurs passages, il est question des chérubins qui sont les exécuteurs des jugements de Dieu. Après avoir chassé l’homme pécheur du jardin d’Eden, l’Éternel plaça des chérubins pour garder le chemin de l’arbre de vie, afin que l’homme n’en approchât point (Gen. 3:24). Deux anges sont nommés dans l’Écriture. L’un est Micaël ou Michel qui est appelé l’archange ou chef des anges (Jude 9). La signification glorieuse de son nom est : «Qui est semblable à Dieu ?» Il est présenté comme le défenseur du peuple juif. Dans Daniel, il est appelé un des premiers chefs et combat contre le roi de Perse en faveur des Juifs (Daniel 10:13, 21 ; 12:1), et dans l’Apocalypse, nous le voyons à la tête de ses anges combattre dans le ciel contre Satan et ses anges (Apoc. 12:7). Le second ange dont le nom nous est donné est Gabriel, c’est-à-dire «homme de Dieu». C’est lui que Dieu envoya à Zacharie pour lui annoncer la naissance de son fils Jean, qui devait être le précurseur du Seigneur, et à Marie pour lui dire qu’elle serait la mère du Sauveur (Luc 1:19, 26). Il fut aussi envoyé à Daniel pour lui révéler qu’au bout d’un temps déterminé, le Messie, le Christ paraîtrait (Daniel 9:21, 25), et pour lui faire connaître la fin d’un roi impie et persécuteur qui doit s’élever au dernier jour (Daniel 8:16, 24, 25). Dans ces divers cas, l’ange Gabriel était un messager de bonnes nouvelles.

 

2.3   le service des anges dans l’Ancien Testament

La demeure des anges est le ciel. Là ils se tiennent devant Dieu ; ils le célèbrent, l’adorent et sont toujours prêts à obéir aux ordres qu’Il leur donne. Mais comme nous l’avons vu, ils ne restent pas toujours dans le ciel. Dieu les envoie sur la terre dont ils ont contemplé avec joie la formation, et ils sont employés de diverses manières en rapport avec les hommes, ces créatures qui sont d’une manière si spéciale les objets des pensée de Dieu. On les voit fréquemment dans l’Ancien Testament porteurs de messages ou occupés à divers services. Ils viennent chez Abraham, puis vont sauver Lot de la destruction de Sodome. Et qui ne connaît pas la merveilleuse vision du pauvre Jacob s’enfuyant de la maison paternelle ? Des anges montent et descendent l’échelle dressée de la terre aux cieux, au sommet de laquelle se tient l’Éternel. Cela montrait à Jacob que Dieu avait soin de lui, et qu’il n’était pas seul dans son long voyage. Les anges s’occupaient de lui. Nous les voyons ensuite venir à sa rencontre lorsqu’il rentre en Canaan, comme pour saluer son retour (Gen. 28:12-17 ; 32:1, 2). C’est un ange qui vient fortifier le prophète Élie, lorsque tout découragé, il demande à l’Éternel de prendre son âme (1 Rois 19:4-8). Ce sont des anges qui l’emportent aux cieux, et des anges nombreux, invisibles à d’autres qu’au prophète, entourent Élisée pour le protéger (2 Rois 2:11 ; 6:17). Comme nous l’avons vu, un ange est envoyé à Daniel, et ce sont des anges qui parlent au prophète Zacharie et lui révèlent les mystères de Dieu.

 

2.4   le service des anges dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament nous apprend aussi bien des choses intéressantes sur les anges et leur service, surtout à l’égard du Seigneur Jésus. Nous avons déjà rappelé les deux visites de l’ange Gabriel à Zacharie et à Marie. Un ange apparaît plusieurs fois en songe à Joseph, l’époux de Marie afin de lui dire ce qu’il a à faire pour le petit enfant Jésus. Et ensuite quelle scène merveilleuse nous voyons dans les champs de Bethléhem. Un ange du Seigneur vient annoncer aux bergers la naissance du Sauveur, et aussitôt une multitude de l’armée céleste se trouve là et célèbre les louanges de Dieu qui a envoyé, avec son Fils, la paix et la bénédiction sur la terre. Quand Dieu introduit ainsi dans le monde son Fils, il dit : «Que tous les anges de Dieu lui rendent hommage» (Héb. 1:6). Le Fils de Dieu est descendu du ciel et est devenu un homme, voilant ainsi sa gloire, mais il n’en reste pas moins l’objet de l’adoration et du service des anges. En effet, ils le servent dans le désert où il est tenté (Marc 1:13), et quand il souffre en Gethsémané, un ange du ciel vient pour le fortifier (Luc 22:43). N’est-ce pas à la fois mystérieux et touchant de voir Jésus soutenu par un ange dans sa souffrance ? C’est qu’il était vraiment un homme, et, comme tel, il pouvait être abattu par la douleur et avoir besoin de secours. Mais c’est volontairement et en vue de nous qu’il souffrait. Il aurait pu demander à son Père douze légions d’anges pour le défendre contre ses ennemis qui venaient le prendre, mais il restait soumis à Dieu qui, dans sa Parole, avait dit qu’il devait souffrir (Matt. 26:53, 54).

Puis quand le Seigneur est ressuscité et sorti du tombeau, un ange vient rouler la pierre qui le fermait, montre que le sépulcre est vide, et dit aux femmes d’aller annoncer aux disciples que Jésus est ressuscité (Matt. 28:2-7). Ensuite deux anges apparaissent à Marie de Magdala qui pleurait son Seigneur, et lorsqu’il est monté au ciel dans une nuée et a disparu de devant les yeux de ses disciples, deux anges se trouvent près d’eux et leur annoncent son retour. Et qu’arrivera-t-il lors de son retour glorieux ? Il nous est dit qu’il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges (Marc 8:38). Il sera révélé du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, pour exercer le jugement (2 Thess. 1:7, 8).

Les anges qui ont été occupés à servir le Seigneur sur la terre et ont été témoins de sa résurrection, les anges qui l’accompagneront quand il reviendra dans sa gloire, ont été et sont encore employés au service des saints. «Ne sont-ils pas tous des esprits administrateurs envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut ?» (Héb. 1:14). C’est un ange qui est envoyé à Corneille, le centurion romain, pour lui dire de faire venir Pierre qui lui dirait des choses par lesquelles il serait sauvé (Actes 10:3 ; 11:13, 14) ; un ange délivre Pierre de la prison où Hérode l’avait fait jeter dans l’intention de le faire mourir (Actes 12:7-10 ; voir aussi 5:19-23). Un ange de Dieu dit à Paul, sur le vaisseau battu par la tempête, qu’à cause de lui personne ne périrait (Actes 27:23, 24).

 

2.5   ce qui intéresse les anges

Combien grand aussi est l’intérêt que les anges prennent à l’accomplissement des desseins de Dieu envers les hommes. Ils désirent regarder de près dans les choses que les prophètes annonçaient touchant les souffrances de Christ et les gloires qui suivraient ; ils voudraient sonder le mystère infini de l’amour de Dieu pour les hommes pécheurs (1 Pierre 1:11, 12). Quelle part ne prennent-ils pas à la conversion et au salut d’un seul pécheur ! Ils chantaient de joie quand la terre, l’habitation de l’homme, fut fondée, et ils se réjouissent avec le bon Berger, lorsque Celui-ci a trouvé sa brebis perdue (Luc 15:10). Les anges s’intéressent aussi à ce qui se passe dans l’Assemblée de Dieu sur la terre ; les chrétiens, dans l’assemblée, doivent leur présenter le spectacle de l’ordre (1 Cor. 11:10). Dans le ciel, ils apprennent à connaître et ils contemplent la sagesse merveilleuse de Dieu manifestée dans ses desseins et ses voies à l’égard de l’Assemblée (Éph. 3:10). Enfin nous voyons un ange, dans l’Apocalypse, introduire Jean dans les choses du ciel et les lui montrer, tandis que d’autres annoncent et exécutent les jugements de Dieu sur les hommes coupables.

 

2.6   culte des anges ?

On voit quel rôle important est celui des anges dans l’univers et à l’égard des hommes. Ces êtres intelligents, invisibles à nos yeux, remplissent le ciel et nous entourent aussi comme des serviteurs de Dieu pour accomplir ses ordres. Est-ce une raison pour nous adresser à eux et leur rendre une sorte de culte ? Non, certainement. Bien loin de nous y autoriser, la parole de Dieu dit «que personne... ne fasse sa volonté propre... dans le culte des anges» (Col. 2:18). Dans l’Apocalypse, Jean tombe à terre devant l’ange qui lui montre les choses du ciel, pour lui rendre hommage ; mais l’ange lui dit : «Garde-toi de le faire ; je suis ton compagnon d’esclavage et celui de tes frères les prophètes et de ceux qui gardent les paroles de ce livre : rends hommage à Dieu» (Apoc. 22:8, 9). Ils sont des serviteurs de Dieu, comme aussi les fidèles.

 

2.7   L’Ange de l’Éternel

Parmi les anges, il en est un que l’Ancien Testament mentionne souvent et qui est appelé l’Ange de l’Éternel. C’est l’Éternel lui-même qui, sous cette forme, vient parler aux hommes. Au chapitre 18 de la Genèse, il est dit que l’Éternel apparut à Abraham, — et plus loin que trois hommes étaient près de lui (v. 1, 2). Mais l’un des trois était l’Éternel lui-même qui reste avec Abraham, tandis que les deux anges (chap. 19:1) poursuivent leur chemin vers Sodome. Quand Abraham est sur la montagne pour sacrifier son fils Isaac, l’Ange de l’Éternel arrête son bras et lui crie des cieux : «J’ai juré par moi-même, dit l’Éternel... que certainement je te bénirai» (Gen. 22:15, 16). Ici encore nous voyons que l’Ange de l’Éternel, c’est l’Éternel. Nous trouvons la même chose en Exode 3. L’Ange de l’Éternel apparut à Moïse dans le buisson en feu qui brûlait sans être consumé, mais c’est l’Éternel qui appelle Moïse et lui dit : «Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob», et ensuite l’Éternel dit : «J’ai vu l’affliction de mon peuple», puis il se nomme de son nom sublime «JE SUIS». Au chapitre 6 du livre des Juges, l’Ange de l’Éternel apparaît à Gédéon, mais, dans la suite du récit, nous lisons : «L’Éternel le regarda», et «l’Éternel lui dit» (comp. vers. 12, 14, 16). L’histoire de la naissance de Samson nous apprend la même chose (Juges 13). L’Ange de l’Éternel, qui est apparu à Manoah et à sa femme, dit : «Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux». Et Manoah, saisi de crainte, s’écrie : «Nous mourrons, car nous avons vu Dieu». Gédéon aussi avait craint de mourir, parce qu’il avait vu Dieu. Et l’Éternel le rassura en lui disant : «Paix te soit ; ne crains point, tu ne mourras pas» (Juges 6:22, 23). Ainsi Dieu lui-même se manifestait aux hommes, voilant sa gloire qu’ils n’auraient pu contempler sans mourir, et venant leur parler.

Mais la parole de Dieu nous apprend une autre chose non moins merveilleuse. C’est que l’Ange de l’Éternel, l’Éternel lui-même, n’est autre que le Fils de Dieu, Jésus dont le nom signifie l’Éternel Sauveur. C’est ce qui ressort de la comparaison de plusieurs passages. Quand Manoah, le père de Samson, demande à l’Ange de l’Éternel : «Quel est ton nom ?» l’Ange lui répond : «Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux (ou admirable)» (Juges 13:17, 18). Et le prophète Ésaïe annonçant la naissance du Fils glorieux qui devait monter sur le trône de David et établir un règne de paix qui n’aurait pas de fin, énumère ses titres dont le premier est : «Merveilleux» ou Admirable (Ésaïe 9:6, 7). Si nous comparons. le chapitre 6 du même prophète avec les versets 37 à 41 du chapitre 12 de l’évangile de Jean, nous voyons que le Seigneur, l’Éternel des armées, dont les séraphins proclament la sainteté et la gloire, est le même que Jésus, que les Juifs rejetaient, car il est dit : «Ésaïe dit ces choses quand il vit sa gloire et qu’il parla de lui».

Nous savons donc qui était ce personnage mystérieux qui apparut à Abraham, qui lutta avec Jacob (comparer Gen. 32:24-30 avec Osée 12:4-6), qui parlait avec Moïse dans le buisson, avec Gédéon dans l’aire et avec Manoah. C’était l’Éternel, Jéhovah, et c’était Celui qui vint sur la terre et fut l’humble Jésus de Nazareth, Celui dont il est dit : «Il vint chez soi», chez ce peuple d’Israël qu’il avait tiré d’Égypte, conduit et protégé dans le désert, introduit en Canaan, si souvent délivré et si longtemps supporté, mais quand il vint plein de grâce et de vérité, «les siens ne l’ont pas reçu» (Jean 1:11). «Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom» (v. 12). Quelle immense grâce de faire partie de ceux-là !

 

3                    Les mauvais anges

La parole de Dieu nous apprend que, parmi les anges, il en est qui sont tombés en se révoltant contre Dieu. Nous avons vu que les anges demeurés fidèles sont appelés les anges élus (1 Tim. 5:21), les saints anges (Luc 9:26), et ils sont employés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut (Héb. 1:14). Les anges déchus, les mauvais anges, les démons, comme ils sont nommés, ont, au contraire, une activité qui s’exerce pour faire du mal aux hommes. Il est important que nous soyons instruits par l’Écriture à l’égard de ces êtres invisibles à nos regards, mais qui ont une existence aussi réelle que celle des bons anges. De même que ceux-ci, ils sont appelés des principautés et des autorités, pour nous montrer leur puissance en intelligence, mais en intelligence de méchanceté (Éph. 6:12 ; Col. 2:15). La grande ruse de Satan, leur chef, est de chercher à persuader aux hommes que lui et ses anges n’existent pas, et cela afin de les faire tomber plus aisément dans leurs pièges. Plusieurs se sont laissés entraîner dans l’incrédulité à cet égard. Mais les esprits de malice nous entourent et nous avons à les combattre. Pour cela, Dieu donne aux siens une armure complète (Éph. 6:11-18), et nous avons un Chef, le Seigneur Jésus, à la suite duquel nous sommes toujours vainqueurs.

 

3.1   leur chute

Voyons ce que la parole de Dieu nous dit au sujet de Satan et de ses anges. Dans la seconde épître de Pierre, nous lisons : «Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais les ayant précipités dans l’abîme, les a livrés pour être gardés dans des chaînes d’obscurité pour le jugement» (2 Pierre 2:4). Jude nous apprend que «Dieu a réservé dans des liens éternels, sous l’obscurité, pour le jugement du grand jour, les anges qui n’ont pas gardé leur origine, mais qui ont abandonné leur propre demeure» (Jude 6). Ces versets nous disent donc que ces anges ont péché. «Le péché est l’iniquité» dit Jean (1 Jean 3:4), la révolte contre Dieu, et l’apôtre ajoute : Le diable pécha dès le commencement» (v. 8). En péchant, les anges déchus n’ont pas gardé leur origine. Quelle était leur origine ? Ils étaient fils de Dieu, étoiles du matin, brillant d’un vif éclat dans le ciel, leur demeure (Job 1:6 ; 38:7). Comme les autres anges, ils étaient des serviteurs de Dieu. Ils n’ont pas gardé cette position bénie, mais se sont élevés par orgueil, et ont désobéi. Ils ont ainsi abandonné leur propre demeure, le ciel, la présence de Dieu, devant qui ils ne voulaient ni ne pouvaient subsister. Ils voulaient être indépendants de leur Créateur, et ont été bannis loin de Lui.

 

3.2   leur avenir

La conséquence de leur chute fut bien terrible. Au lieu d’être des étoiles du matin, ils sont dans les ténèbres, privés de la lumière divine ; au lieu d’être heureux dans la jouissance du souverain bien qui est Dieu, ils sont livrés au mal, aux pensées de mal, et ainsi misérables. Et ils sont liés de chaînes d’obscurité, dans des liens éternels, de manière à rester pour toujours dans ce triste état, dans l’impossibilité absolue de recouvrer jamais leur première condition. Il n’y a aucun salut possible pour eux, aucune rédemption. Ils sont et resteront une puissance spirituelle de méchanceté, constamment opposée à Dieu. Leur demeure, qui autrefois était le ciel, est maintenant l’abîme, lieu ténébreux où ne pénètre pas un seul rayon de lumière consolante ou d’espérance. Et ils ont à attendre un dernier et plus terrible châtiment devant lequel ils tremblent et qui leur sera infligé lors du jugement du grand jour. Actuellement ils ont un certain répit. Mais ils savent que cela ne durera pas. Les démons, qui s’étaient emparés d’un homme, se prosternaient devant Jésus en s’écriant par la bouche du malheureux possédé : «Jésus, Fils de Dieu, es-tu venu pour nous tourmenter avant le temps ? Et ils le priaient pour qu’il ne leur commandât pas de s’en aller dans l’abîme» (Matt. 8:29 ; Luc 8:31). Et le Seigneur dira aux méchants lorsqu’il jugera les vivants : «Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges» (Matt. 25:41). Tel est le sort qui les attend au jugement du grand jour.

 

3.3   leur chef — Satan — sa chute

De même qu’à la tête des anges fidèles se trouve l’archange Micaël ou Michel, de même à la tête des anges déchus, il y en a un qui excelle en grandeur et aussi en méchanceté au-dessus de tous les autres : celui que l’Écriture nomme Satan ou l’adversaire, celui qui s’oppose à Dieu. Elle l’appelle aussi le diable, c’est-à-dire le calomniateur ; le serpent à cause de sa ruse, et parce qu’il se servit de cet animal pour s’adresser à Ève et la séduire ; serpent ancien, parce qu’il entraîna l’homme au mal dès le commencement. Il est aussi nommé le dragon lorsqu’il se sert des puissances du monde pour faire le mal (Apoc. 12:3, 7-9 ; 2 Cor. 11:3 ; Genèse 3:1).

En Ézéchiel 28:11-17, nous apprenons, sous la figure du roi de Tyr, ce qu’était Satan avant sa chute, et ce qui l’a fait tomber. Il était «un chérubin oint» c’est-à-dire consacré «pour protéger», «la forme accomplie de la perfection», aucune qualité ne lui manquait ; il était «plein de sagesse, parfait en beauté». Il resplendissait des différents rayons de la gloire de Dieu représentés par les pierres précieuses et par l’or (voir Exode 28:17-20 ; Apoc. 21:18-20) ; il en était revêtu. Sa place était Eden, un lieu de délices ; le jardin de Dieu, non sur la terre, mais dans le ciel, où il jouissait de la présence de Dieu (voir Apoc. 2:7, où le paradis de Dieu est mentionné en contraste avec le paradis terrestre). La joie, une joie harmonieuse comme produite par une musique céleste, l’accueillit et le remplit au jour qu’il fut créé. Car il n’était qu’une créature, mais une créature ornée des plus excellents dons de Dieu. Il occupait une place éminente de puissance, au milieu des autres anges, autorités, principautés et puissances ; il était dans la sainte montagne de Dieu. Quelle n’était pas la grandeur et l’excellence de cette créature de Dieu !

Il fut ainsi «parfait dans ses voies depuis le jour où il fut créé, jusqu’à ce que l’iniquité se trouve en lui». En voyant l’excellence de ses dons et la splendeur de sa beauté, son coeur s’est élevé, sa sagesse s’est dévoyée ; rempli d’orgueil, il a péché (1 Tim. 3:6), c’est-à-dire qu’il s’est révolté contre Dieu. Quelle en a été la conséquence ? Ayant profané ou souillé le sanctuaire divin, il a été précipité de sa haute position qu’il occupait, précipité de la montagne de Dieu. Il a été dépouillé de sa gloire, et est devenu le prince des ténèbres, entraînant dans sa désobéissance et sa chute d’autres anges, des principautés et des autorités qui sont devenues les dominateurs des ténèbres, la puissance du mal (Éph. 6:12), combattant sous ses ordres contre Dieu (Apoc. 12:7-8). Sa puissance est devenue une énergie redoutable pour le mal, son intelligence supérieure ne lui sert qu’à combiner des plans afin de s’opposer à Dieu, sa sagesse autrefois divine est devenue une sagesse perverse inventant des ruses pour séduire les hommes. Créé pour protéger, il ne s’emploie qu’à détruire comme l’indique son nom, Apollyon — le destructeur (Apoc. 9:11 ; Jean 10:10). Ange de lumière d’abord, il est devenu un ange de ténèbres, mais qui sait se déguiser en ange de lumière pour séduire les âmes (2 Cor. 11:14). Oh ! quel être redoutable ! Et il est toujours là, rôdant autour de nous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pierre 5:8). Il est plus fort que nous, mais Christ est plus fort que lui, Christ l’a vaincu, et en nous attachant à Christ, nous n’avons rien à craindre.

Quand a eu lieu la chute de Satan et de ses anges ? L’Écriture n’en fixe pas l’époque, mais nous voyons que c’est avant la création de l’homme. En effet, aussitôt qu’Adam et Ève ont été placés dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder, Satan y pénètre et, sous la forme du serpent, séduit Ève qui entraîne son mari dans sa désobéissance. Satan s’empare ainsi du coeur de l’homme et le domine par le moyen des convoitises.

 

3.4   leur activité

Dès ce moment nous avons l’histoire de Satan en rapport avec la terre et les hommes qui y habitent, histoire que la Bible nous rapporte comme étant celle d’un être puissant et redoutable par sa méchanceté. La terre est devenue le lieu où il l’exerce sans trêve (Job 1:7-22 ; 2), tout en ayant encore accès dans le ciel pour accuser les hommes. Ensuite du péché d’Adam, Satan et ses anges ont envahi tout le domaine soumis à l’homme. Ils agissent en opposition permanente et plus ou moins ouverte contre Dieu, séduisant les hommes, les entraînant dans le mal, et cherchant constamment à contrecarrer les desseins de la grâce de Dieu en faveur de l’homme coupable. C’est lui, Satan, qui incite Caïn à tuer son frère Abel. «Caïn était du méchant et tua son frère» (1 Jean 3:12), nous est-il dit, et dès lors il y a eu sur la terre deux classes d’hommes, les enfants de Dieu et les enfants du diable — chacune caractérisée par sa ressemblance avec son père — les uns ayant pour signe distinctif la justice, la vérité et l’amour, les autres le péché, le mensonge et la haine (1 Jean 3:8, 10 ; Jean 8:44). Le Seigneur dit du diable : «Lui est meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge» (Jean 8:44). N’est-ce pas une chose qui fait frémir de se dire : tant que je ne suis pas un enfant de Dieu, je suis un enfant du diable ? Il n’y a pas de milieu : on est l’un ou l’autre.

 

3.5   leur domination sur les hommes

Satan, dominant sur les esprits des hommes, les a entraînés loin de Dieu dans l’idolâtrie avec toutes ses abominations, ses pratiques cruelles et impures (Rom. 1:17-25). Les faux dieux que les païens adoraient et adorent ne sont au fond que des démons : «Les choses que les nations sacrifient, elles les sacrifient à des démons, dit l’apôtre Paul (1 Cor. 10:20 ; voir aussi Lév. 17:7 ; Deut. 32:16, 17 ; Ps. 106:36, 37). Satan est appelé «le chef de d’autorité de l’air, l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance» (Éph. 2:2-3). Ce n’est pas seulement dans les païens qu’il opère, mais même dans tous ceux qui, se disant chrétiens, mais n’étant pas soumis à Christ par la foi, sont des fils de la désobéissance et des enfants de colère. Depuis que le monde, conduit par Satan, la puissance des ténèbres (Luc 22:53), a rejeté le Seigneur Jésus, Satan est devenu «le prince de ce monde» qu’il domine et conduit (Jean 14:30). C’est le terrible état de tous ceux qui ne sont pas conduits par Christ, le bon Berger.

 

3.6   l’oeuvre de Dieu prévalant sur la perpétuelle inimitié de Satan

Nous disions que Satan, l’adversaire, a cherché dès le commencement à s’opposer à l’accomplissement des desseins de Dieu. Et quels étaient ces desseins ? C’était de magnifier son amour et sa grâce envers l’homme coupable, en le sauvant. Pour cela, il voulait envoyer sur la terre son Fils, devenu un homme, pour vaincre le diable et détruire ses oeuvres (1 Jean 3:8). Satan avait réussi à faire tomber le premier homme dans le péché, à ruiner ainsi la belle création de Dieu, et toute la postérité d’Adam, car «par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). Mais en Éden, après la désobéissance de l’homme, l’Éternel Dieu annonça au serpent, à Satan, que la semence de la femme, un Libérateur à venir, lui briserait la tête et annulerait sa puissance. Depuis ce moment, tous les efforts du diable ont tendu à empêcher l’accomplissement de cette prophétie. Cela a été le grand combat de l’adversaire contre Dieu, le Tout-Puissant. Nous en voyons toutes les phases dans les différents grands événements de l’Ancien Testament. C’est certainement sous l’action de Satan que le monde, avant le déluge, se livra à une violence et une corruption sans frein, malgré les avertissements divins. Dieu ne pouvait supporter davantage ces hommes impies. Mais s’il les détruisait tous, que devenait l’annonce du Libérateur ? Satan aurait remporté la victoire. Mais il y avait un homme intègre qui trouva grâce devant l’Éternel. Noé fut épargné et un nouveau monde commença.

Alors Satan conduisit les hommes dans l’idolâtrie, l’éloignement de Dieu et l’assouvissement de toutes leurs passions et de leurs convoitises. Où naîtrait le Libérateur dans un semblable monde ? Dieu se choisit un homme, Abraham, pour être le père d’un peuple qui, au milieu des nations, conserverait son Nom, et à qui il confierait ses oracles. Dans le sein de ce peuple devait naître le Libérateur annoncé, comme l’Éternel l’avait promis à Abraham (Genèse 22:18 ; comp. Galates 3:16). Ce peuple, Israël, se forma en Égypte où Jacob était venu habiter avec sa famille, sous la protection de Joseph. Les fils d’Israël s’y multiplièrent considérablement. Satan, qui savait que de ce peuple devait sortir son vainqueur, se servit des craintes politiques du Pharaon pour le pousser à détruire Israël en faisant mourir tous les enfants mâles (Exode 1:10, 15-22). C’était anéantir le dessein de Dieu. L’Éternel alors déploie sa puissance, et en dépit des efforts de l’ennemi, fait sortir son peuple du pays d’Égypte et l’amène en Canaan, où il le maintient, malgré les péchés redoublés d’Israël.

Le peuple désire un roi, et, après Saül, Dieu lui donne un roi selon son coeur, David, et promet à celui-ci un fils, un descendant, dont le règne durerait à toujours (1 Chron. 17:11-14). C’était le Messie, le Roi d’Israël, le grand Libérateur, dont tous les prophètes parlent (Luc 1:31-33). Que fait Satan ? Il pousse la méchante reine Athalie, fille de Jézabel, une Cananéenne, à détruire la famille royale de Juda, afin de régner seule. Si toute la postérité de David périt, la promesse de Dieu ne pourra pas s’accomplir : Satan aura le dessus. Mais l’Éternel sauve un rejeton de la famille royale, Joas, l’enfant-roi, que sa tante Jéhoshéba dérobe aux meurtriers, et qu’elle cache jusqu’au moment où il pourra être reconnu roi (2 Rois 11:1-3). Israël et Juda, suivant l’exemple de leurs rois infidèles, tombent dans l’idolâtrie sous l’action de Satan, et quand il n’y a plus de remède, sont emmenés en captivité. La famille royale est à Babylone, esclave des rois de ce pays (Daniel 1:3). Comment s’accompliront les prophéties qui disent que le Messie naîtra à Bethléhem ? (Michée 5:2). L’Éternel incline le coeur de Cyrus, roi de Perse, vainqueur de Babylone, et par son ordre, les captifs retournent dans leur pays, sous la conduite de Zorobabel, prince de Juda, descendant de David (Esdras 1:8 ; 2:2 ; 3:8 ; Aggée 1:1 ; 1 Chron. 3:17-19 ; Matt. 1:12). La ruse de Satan est encore déjouée. Mais il ne se lasse pas et veut frapper encore un grand coup. Il incite Haman, le favori d’Assuérus, roi de Perse, à faire périr tous les Juifs (Esther 3:6) répandus dans ses états, au nombre desquels étaient aussi ceux qui étaient retournés en Judée. Mais Dieu, comme on le voit dans le livre d’Esther, met à néant le dessein d’Haman, et Satan encore une fois a fait une oeuvre qui le trompe. Il a marché de défaite en défaite.

Nous arrivons ainsi au temps où Christ, la semence de la femme, va paraître dans le monde. L’Écriture ne nomme pas Satan comme celui qui est le premier auteur dans les évènements que nous avons vus ; mais on y voit sa main et son esprit. Mais dans l’intervalle de temps que nous venons de parcourir, la parole de Dieu rapporte quelques faits où l’on voit le rôle de l’adversaire et où il est nommé. Ainsi, dans le livre de Job, il nous est montré comme accusant le patriarche devant l’Éternel. Dieu permet à Satan de frapper Job dans ses biens, dans ses enfants et dans sa personne, afin que Job soit éprouvé. Job garde son intégrité, et la méchanceté de Satan est déjouée. Satan incite David à dénombrer Israël ; cela flattait l’orgueil du roi de voir combien était nombreux le peuple sur lequel il régnait. Cela déplut à Dieu qui châtia David en envoyant la peste en Israël. David s’humilia, et l’Éternel pardonna (1 Chron. 21). Dans le livre du prophète Zacharie, nous voyons Satan accuser Israël à cause de ses péchés (Israël est représenté par le grand sacrificateur vêtu d’habits sales). C’est comme si Satan avait dit à Dieu : «Ta justice demande que ce peuple coupable périsse». Et alors comment s’accomplirait la promesse ? Mais la grâce de Dieu s’élève au-dessus du jugement, et l’Éternel lui-même justifie le peuple. Qui alors peut condamner ? (Zach. 3:1-5 ; comp. Ésaïe 50:8 ; Rom. 8:34).

3.7   l’activité de Satan au temps du Seigneur

Dans ces temps de l’Ancien Testament, Satan et ses anges avaient agi d’une manière plus ou moins cachée ; il n’y est nommé que trois ou quatre fois. Mais dès que le Fils de Dieu, le Seigneur Jésus, paraît dans le monde, l’action de Satan et de ses anges se manifeste clairement, pleine d’énergie malfaisante. Il semble déployer toutes ses forces contre Dieu et pour opprimer les hommes. Nous voyons dans les évangiles combien souvent il est question de démoniaques, d’hommes et de femmes dont les démons se sont emparés corps et âmes, et qu’ils font horriblement souffrir. D’où viennent à cette époque ces efforts si puissants de Satan ? C’est qu’une puissance nouvelle et bienfaisante, une puissance divine et spirituelle, est apparue sur la terre dans la Personne adorable du Christ, le Fils de Dieu, manifesté «afin qu’il détruisît les oeuvres du diable» (1 Jean 3:8). Alors Satan engage la lutte suprême contre le Seigneur Jésus.

Quand le Christ, le Sauveur, fut né à Bethléhem, aux acclamations de joie et de triomphe de l’armée céleste, Satan qui reconnut en Lui la postérité de la femme annoncée en Eden comme devant détruire sa puissance (Gen. 3:15), fit un suprême effort pour faire périr le petit enfant. En Apocalypse 12, nous lisons qu’un grand dragon roux ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes, se tient devant la femme qui allait mettre au monde un fils, afin de le dévorer dès qu’il naîtrait. Qui est ce grand dragon ? C’est le serpent ancien, appelé diable et Satan (Apoc. 12:9). Pourquoi est-il vu avec sept têtes et dix cornes, et des diadèmes sur sa tête ? Parce qu’il est représenté comme se servant de la puissance civile, de l’autorité dans le monde, pour accomplir ses desseins contre Dieu. La femme est la figure d’Israël, du peuple au sein duquel devait naître le Messie. Et l’enfant, c’est Christ. C’est ce qui eut lieu quand Jésus fut né à Bethléhem ; les mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent où était le Roi des Juifs dont Dieu, dans leur pays lointain, leur avait fait connaître la naissance. Le méchant et cruel roi Hérode, poussé par Satan, et craignant que ce Roi des Juifs ne voulût un jour lui ôter le royaume, fit tuer tous les petits enfants de Bethléhem et des environs. Il croyait dans sa folie, annuler les desseins de Dieu, écrits dans les livres des prophètes. C’était bien l’oeuvre de Satan, du grand dragon. Mais Dieu veillait sur son Fils et déjoua la méchanceté d’Hérode et le dessein du diable, comme nous le lisons en Matthieu 2:12-15.

Que fera maintenant Satan ? Il cherchera à entraîner Jésus dans le péché. Le Seigneur ayant été baptisé par Jean, le Saint Esprit descendit sur lui, et Il fut emmené par l’Esprit dans le désert. Satan s’y suivit, espérant le séduire et le faire tomber, comme il avait fait tomber Adam et Israël. Ah ! s’il pouvait induire Jésus à douter de Dieu, à lui désobéir, à être orgueilleux, à se prosterner devant lui, Satan, quel triomphe ! sa tête ne serait pas brisée, sa puissance ne serait pas détruite, Dieu serait déshonoré et vaincu, les hommes resteraient sous l’empire du mal et ne seraient pas sauvés. Mais Jésus, l’homme saint et parfait en tout, resta dans la soumission, la dépendance et l’obéissance à Dieu ; il ne céda pas au diable, mais le repoussa par la parole de Dieu, l’épée de l’Esprit (Éph. 6:17). À chaque assaut de l’ennemi, il répondait par : «Il est écrit», et le diable confus dut se retirer de Lui pour un temps (Luc 4:13). Quel exemple pour nous ! Que la parole de Dieu demeure en nous, et par elle nous repousserons et vaincrons le méchant (1 Jean 2:14).

Satan ne se découragea pas après cet échec. Notre précieux Sauveur poursuivait sa course bénie sur la terre, «faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance» (Actes 10:38) ; «les démons sortaient de plusieurs, criant et disant : Tu es le Fils de Dieu» (Luc 4:41) ; «on lui apportait beaucoup de démoniaques, et il chassait les esprits par une parole» (Matt. 8:16) ; en un mot, il avait vaincu et lié l’homme fort, Satan, et il délivrait ceux que Satan tenait captifs (Luc 11:21, 22). Jésus déployait sa puissance de grâce envers ceux que les esprits malins tourmentaient (Matt. 12:22 ; Marc 5:1-20 ; 7:24, 30 ; 9:17-29 ; Luc 8:2 ; 13:10-17). Mais pendant ce temps Satan agissait aussi. Les chefs du peuple juif haïssaient le Seigneur, parce qu’il mettait à nu leur avarice, leur hypocrisie, leur orgueil et leur propre justice, et Satan les poussa à le faire mourir (voir Jean 8:37, 38, 40, 41, 44 ; Luc 19:47 ; 20:19 ; 22:53). C’est lui qui mit au coeur de Judas de trahir son Maître : «Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote» dit la Parole (Luc 22:3 ; Jean 13:27). Quelle chose terrible que le diable ait pu s’emparer ainsi d’un homme qui avait vécu avec le Seigneur pendant trois années ! C’est que Judas avait laissé une mauvaise passion, l’amour de l’argent, dominer dans son coeur. Il aurait voulu qu’on vendît le parfum que Marie, dans son amour, versa sur les pieds de Jésus, et qu’on en donnât l’argent aux pauvres. Mais, dit l’évangéliste, «ce n’est pas qu’il se souciât des pauvres, mais parce qu’il était voleur, et qu’il avait la bourse» (Jean 12:5, 6). C’est par les convoitises de notre coeur, si nous ne les réprimons pas, que Satan trouve accès en nous : prenons-y garde !

Satan livra encore un combat au Seigneur Jésus. Il le suit au jardin de Gethsémané. Jésus anticipe là les terreurs de la mort qu’il devait subir et dont Satan avait le pouvoir (Héb. 2:14) ; devant l’âme du Sauveur sont placées les souffrances du jugement divin contre le péché, et il est saisi de tristesse jusqu’à la mort. Satan cherche à en profiter pour détourner Jésus de l’accomplissement de son oeuvre. Mais notre adorable Sauveur prie, se soumet et accepte de la main de son Père la coupe amère des douleurs (Matt. 26:36-46 ; Jean 18:14), et Satan encore une fois est vaincu. Alors l’ennemi met en oeuvre la puissance du monde. Animés par lui et conduits par Judas, des soldats et les serviteurs des chefs des Juifs s’emparent de Jésus ; le sanhédrin le condamne injustement et le livre au gouverneur romain qui, contre sa conscience, le fait crucifier. C’était l’acte suprême du péché de l’homme et de l’effort de Satan. Celui-ci semble triompher. Son adversaire est mort ; il a disparu de la terre ; Satan est désormais le prince du monde qui a rejeté et mis à mort le Fils de Dieu. Mais le dessein de Dieu peut-il être anéanti ? Dieu avait envoyé son Fils dans le monde pour sauver les pécheurs ; Satan aurait-il le dessus ? Non, le diable a fait une oeuvre qui le trompe. La mort de Jésus accomplit la parole que la semence de la femme aurait le talon brisé en écrasant la tête du serpent. De la mort de Jésus jaillit la lumière, la vie, la paix, le salut pour l’homme pécheur. La puissance du diable est brisée ; et la preuve en est la résurrection de Christ, son ascension et sa séance à la droite de Dieu. «Par la mort, il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable» (Héb. 2:14). «Ayant dépouillé les principautés et les autorités, il les a produites en public, triomphant d’elles en la croix» (Col. 2:15). Et nous lisons encore : «Étant monté en haut, il a emmené captive la captivité» (Éph. 4:8) ; c’est-à-dire que Satan qui tenait captif les pécheurs, est lui-même réduit en captivité.

 

3.8   Satan agit encore après la résurrection — le pouvoir des ténèbres

Christ, notre puissant et précieux Sauveur, a donc vaincu Satan sur la croix. Cet ennemi de Dieu n’a-t-il donc plus le pouvoir de nuire ? Oui, il l’a ; il n’est pas encore lié, comme il le sera pendant un temps, ni jeté dans l’étang de feu et de soufre, ce qui sera sa fin pour l’éternité (Apoc. 20:1-3, 10). C’est encore maintenant le temps de l’épreuve de l’homme, et Dieu permet à Satan d’agir dans ce but.

Le monde, qui a rejeté le Seigneur, est sous sa puissance : Satan est le chef de ce monde. C’est lui qui le conduit (Jean 16:11). Il est «l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance» (Éph. 2:2). Pour nous montrer la triste condition du monde, de ceux qui ne sont pas à Christ, la parole de Dieu dit : «Le monde entier gît dans le méchant» (1 Jean 5:19). Il retient les âmes dans ses chaînes ; elles sont par nature sous son pouvoir (Actes 26:18), et ceux qui lui sont assujettis à cause du péché et qui pratiquent le péché, sont appelés «enfants du diable» (1 Jean 3:8, 10). Quelle affreuse condition ! Être enfants du diable, conduits par lui, enchaînés par lui comme des captifs qu’il entraîne à la perdition, cela ne devrait-il pas faire frémir ceux qui ne sont pas convertis ? Il n’y a point de milieu, on est enfant de Dieu ou enfant du diable. Mais, béni soit Dieu ; le Seigneur a vaincu Satan, et celui qui croit en Lui est délivré du pouvoir de l’ennemi : il passe «des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu» (Actes 26:18). Le Père le délivre «du pouvoir des ténèbres, et le transporte dans le royaume du Fils de son amour (Col. 1:13). Quel heureux changement ! Être affranchi de la puissance de celui qui ne veut que notre mal et qui voudrait nous entraîner en enfer, et être placé sous l’heureuse domination de Celui qui nous aime et a donné sa vie pour nous ! Mais Satan fait tous ses efforts pour retenir les âmes sous sa domination. C’est pourquoi, lorsque la parole de Dieu, qui produit la vie dans le coeur qui la reçoit, est prêchée, et que les auditeurs sont indifférents, insouciants, inattentifs, comme un sol dur où la semence ne pénètre pas, Satan, toujours aux aguets, vient et ôte la parole de leur coeur, de peur qu’en croyant, ils ne soient sauvés (Luc 8:11-12).

 

3.9   les chrétiens et l’activité de Satan — comment échapper et vaincre

Mais quand on a cru au Seigneur Jésus, on lui appartient ; on a échappé à la puissance du diable, on est dans les bras de Jésus qui nous donne la vie éternelle, et tous les efforts de l’ennemi ne peuvent nous arracher à ses bras puissants ni nous séparer de son amour (Rom. 8:35-39). Mais, Satan, toujours actif et opposé à Christ, cherche à nous nuire de toutes sortes de manières. Dans les temps passés, quelquefois encore de nos jours en certains endroits, il a soulevé la haine du monde contre les enfants de Dieu, et a suscité contre eux de terribles persécutions pour les décourager, leur faire renier Christ, et les détruire (Apoc. 2:10). Il est comme un lion rugissant, qui rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pierre 5:8). Il cherche ainsi à s’opposer à la prédication de l’Évangile, en entravant les serviteurs de Dieu (Actes 13:8-10 ; 1 Thess. 2:18). Et quand il ne se sert pas de la violence par le moyen des hommes incrédules qu’il pousse et conduit, il a recours à toutes sortes de ruses et d’artifices pour séduire les croyants et les faire tomber dans le mal et dans l’erreur, et ainsi les rendre malheureux et les faire déshonorer Christ. Il s’était emparé du coeur d’Ananias pour le faire mentir à l’Esprit Saint (Actes 5:3). Il se déguise en ange de lumière, et, par le moyen des faux docteurs, cherche à introduire des erreurs parmi les chrétiens (2 Cor. 11:13-15). Il cherche à entraîner dans le piège de l’orgueil, et à séduire par les convoitises du coeur (1 Tim. 3:6, 7 ; 1 Jean 2:15, 16). Quel ennemi redoutable ! Il est plus fort que nous ; il a une intelligence étendue, une énergie puissante pour le mal. Comment lui échapper ?

Béni soit le Seigneur ! si nous sommes au Seigneur, «celui qui est en nous», Jésus, par son Esprit, «est plus grand que celui qui est dans le monde, c’est-à-dire Satan (1 Jean 4:4). Et c’est par Jésus que nous sommes vainqueurs de Satan. Mais nous sommes exhortés à veiller et à prier pour ne pas nous laisser surprendre par quelque convoitise ou par quelque erreur. Si nous résistons à l’ennemi en criant au Seigneur qui a remporté la victoire sur lui, «il s’enfuira de nous» (Jacq. 4:7, 8 ; 1 Pierre 5:9). Et puis Dieu nous a donné toutes les armes nécessaires pour combattre ce puissant adversaire. «Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force» dit l’apôtre Paul. Satan a éprouvé toute la puissance du Seigneur Jésus qui l’a vaincu au désert, sur la croix, dans le tombeau, car «par la mort, il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable» (Héb. 2:14). Jésus, malgré tous les efforts du diable, a triomphé de lui, et est allé s’asseoir à la droite de Dieu, et c’est Lui qui est notre force. Pour être en état de se servir d’une armure, il faut avoir de la force ; nous avons celle de Christ, et alors nous pouvons revêtir «l’armure complète de Dieu, afin de tenir ferme contre les artifices du diable» (Éph. 6:10-18). Mais ne perdons jamais de vue que nous avons affaire à un ennemi redoutable qui ne nous laisse pas un moment de répit, c’est pourquoi nous devons «veiller et prier». Bientôt le Seigneur viendra pour nous prendre auprès de Lui, dans la maison du Père, où Satan n’a pas accès. Les luttes seront finies, nous jouirons du repos, et nous posséderons la couronne de gloire réservée aux vainqueurs. Nous participerons à la pleine victoire de Jésus : Satan sera brisé sous nos pieds, et ce sera bientôt (Rom. 16:20).

3.10                   l’activité de Satan dans la période post-chrétienne

Voyons maintenant quelle sera l’activité de Satan quand les saints seront auprès du Seigneur, et à quelle fin il est réservé. Lorsque les croyants auront été enlevés au ciel, et que les incrédules, ceux «qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ» (2 Thess. 1:8), auront été laissés sur la terre, des temps terribles surviendront. Les hommes qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés, seront abandonnés à l’erreur, au mensonge et à l’iniquité (2 Thess. 2:9-11), et Satan les conduira toujours plus avant dans le mal. Ils le suivront, malgré les jugements de Dieu qui fondront sur eux pour les avertir, et ne se repentiront pas (Apoc. 9:20, 21). Satan et ses anges ont encore maintenant accès dans le ciel, non pour en jouir sans doute, mais là ils accusent les fidèles (voir Job 1 ; Éph. 6:12 ; Luc 10:18). Mais un grand combat aura lieu dans le ciel ; l’archange Michel et ses anges combattront contre Satan et ses anges. Satan voudrait garder cette place de puissance et d’autorité, mais il sera vaincu et précipité sur la terre, lui et ses anges, pour ne plus jamais retrouver leur place dans le ciel. Alors, nous est-il dit, «malheur à la terre et à la mer», c’est-à-dire à toutes nations et peuples, «car le diable est descendu vers vous, étant en grande fureur, sachant qu’il a peu de temps» (Apoc. 12:7-12).

Et que fera-t-il sur la terre ? Deux choses : séduire les hommes et les entraîner à la révolte ouverte contre Dieu, car il est «celui qui séduit la terre habitée tout entière», et persécuter les saints qui seront alors sur la terre. Ces saints ne seront pas comme ceux d’aujourd’hui tirés de toutes les nations, car dans l’Église, il n’y a ni Juif, ni Grec ; aucune nationalité : Christ est tout en tous (Col. 3:11). Mais à l’époque dont nous parlons, il y aura au milieu des nations un résidu juif fidèle qui attendra la délivrance et qui, au milieu des souffrances, rendra témoignage à Dieu. C’est contre ces fidèles que le diable exercera sa fureur. «Le dragon fut irrité contre la femme (qui représente Israël) et s’en alla faire la guerre contre le résidu de la semence de la femme, ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus» (Apoc. 12:17). Sans doute que, parmi les nations, il y aura des personnes converties par le moyen des missionnaires du résidu juif qui annonceront l’Évangile du royaume. Ceux-là aussi seront persécutés.

Le diable aura pour instruments de sa méchanceté deux hommes revêtus d’un pouvoir royal, et qui sont représentés sous l’image de deux bêtes. À l’un, qui sera un empereur puissant, régnant sur l’Occident, «le dragon donne sa puissance, et son trône, et un grand pouvoir», «et il ouvre sa bouche en blasphèmes contre Dieu» et «il fait la guerre aux saints et les vaincra». L’autre instrument de Satan est l’Antichrist, le faux prophète, l’homme de péché, qui prétendra être le Christ en Judée, et qui s’associera avec la première bête et lui prêtera le concours de ses ruses diaboliques, accomplissant de grands miracles, séduisant les hommes, les induisant à adorer l’image de la première bête, et faisant mettre à mort tous ceux qui refuseront de commettre cet acte d’idolâtrie (*) (Apoc 13 et 2 Thess. 2:4-10). Ensuite le dragon, la bête et le faux prophète enverront des messagers impurs, revêtus de la puissance diabolique et faisant des miracles, vers les rois de la terre pour les assembler afin de combattre contre Dieu, le Tout-Puissant (Apoc. 16:13, 14). Quelle folie, quelle audace ! Mais c’est là la puissance de Satan sur ceux qui rejettent la vérité. Ensuite nous voyons ce rassemblement des rois de la terre et de leurs armées, conduits par la bête et le faux prophète, mais animés par Satan, livrer combat au Seigneur qui descend du ciel, armé de sa grande puissance. Il détruit les rois et leurs armées ; la bête et le faux prophète sont jetés vifs dans l’étang de feu, et Satan, saisi par un ange, est lié et jeté dans l’abîme, sa demeure, pour mille années durant lesquelles il ne pourra pas exercer sa malice. La terre, heureuse sous le sceptre de justice et de paix du Seigneur Jésus, sera débarrassée de la présence de cette puissance du mal. Mais les mille ans accomplis, Satan sera délié pour la dernière épreuve de l’homme. Sa longue captivité ne l’aura pas changé ; il sera encore le séducteur, le père du mensonge, et il ne sortira de prison que pour égarer les hommes. Ceux d’entre eux qui ne se soumettront à Christ qu’«en dissimulant» (Ps. 18:44), n’auront pas été changés par les bénédictions dont ils auront joui sous le règne du Seigneur. Ils prêteront l’oreille aux séductions de Satan, et se rassembleront pour faire la guerre aux saints, et dans leurs personnes, à Dieu lui-même. Le feu descendra du ciel de la part de Dieu et les dévorera. Et quant à Satan, l’adversaire, son temps est fini, son histoire est close, la victoire de Christ est complète. Satan est jeté dans l’étang de feu et de soufre, d’où il ne sort plus. Il va y rejoindre la bête et le faux prophète, et hélas ! dans ce feu préparé pour lui et ses anges, seront jetés aussi tous ceux qui auront écouté sa voix plutôt que celle de Dieu (Apoc. 19:19-21 ; 20). Quel bonheur d’appartenir à Jésus pour échapper à une fin si terrible, et d’être sous son aile à l’abri des ruses du Méchant.

(*) Dans les premiers temps du christianisme, on voulait forcer les chrétiens à brûler de l’encens devant les statues de l’empereur romain. Ceux qui refusaient étaient mis â mort, livrés aux bêtes dans le cirque.